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En 2017, être « marginal » avec Marx : « Glose marginale 1 », aux racines de la transition socialiste prolétarienne!

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En 2017

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être « marginal »

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avec Marx ?

Glose marginale 1

de la Critique du Programme de Gotha

Première esquisse

des principes économiques

de la transition socialiste…

(1875)

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En 1875, Marx écrit ce texte comme analyse critique des principaux points du programme d’unification des socialistes allemands, dont Ferdinand Lassalle ( …rien à voir avec notre Jean Lassalle) est l’un des principaux leaders.

Dans les circonstances concrètes de l’Europe de l’époque, cela l’amène à préciser les principes économiques qui sont ceux de la transition vers la première phase du communisme, couramment désignée, par la suite, comme socialisme, mot qui a depuis longtemps perdu cette signification, au profit du réformisme, puis de l’opportunisme, et actuellement, en France, de l’affairisme et de la corruption.

A l’échelle d’un pays, ces idées n’ont jamais été réellement prises en compte, sauf très provisoirement, en URSS, au XIXème congrès du PCUS, où elles ont servi de base à un projet de remise en ordre de l’économie, mais rejeté peu après par Khrouchtchev et ses successeurs.


Le débat, au XIXème Congrès, portait sur la possibilité d’utiliser la loi de la valeur (fondée sur la valeur-travail) non à la manière capitaliste, pour le profit, mais pour un développement rationnel et harmonieux de l’économie socialiste.


Dans un contexte différent et sous des formes différentes, c’est exactement ce que Marx envisage dans ce texte de 1875, publié seulement après sa mort, mais qui, quant à ses idées et principes fondamentaux, n’a pas pris une ride, voire même, reste plus que jamais d’actualité, en tenant compte, évidemment, là aussi, de la différence de contexte!

Luniterre

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A ce sujet, articles connexes sur TML:

Marx au banc d’essai de l’Histoire

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/09/marx-au-banc-dessai-de-lhistoire_vf.pdf

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2017, Pour sortir de l’impasse…

La Révolution du retour au réel !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/03/02/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/

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Documents historiques sur la préparation du XIXème congrès:
Les problèmes économiques du socialisme en URSS

http://michel.delord.free.fr/jstal-probecosoc.pdf

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/11/j-staline-reponse-a-sanina-et-venger.pdf

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Rejet par Mao de ces principes,

lors de son tragique « Grand Bond en Avant »:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/05/en-commentaire-general-a-propos-des-inedits-de-mao/

 

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1875, le texte

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1. – Le travail est la source de toute richesse et de toute culture, et comme le travail productif n’est possible que dans la société et par la société, son produit appartient intégralement, par droit égal, à tous les membres de la société.

PREMIÈRE PARTIE DU PARAGRAPHE : «Le travail est la source de toute richesse et de toute culture. »

Le travail n’est pas la source de toute richesse [1]. La nature est tout autant la source des valeurs d’usage (qui sont bien, tout de même, la richesse réelle !) que le travail, qui n’est lui-même que l’expression d’une force naturelle, la force de travail de l’homme. Cette phrase rebattue se trouve dans tous les abécédaires, et elle n’est vraie qu’à condition de sous-entendre que le travail est antérieur, avec tous les objets et procédés qui l’accompagnent. Mais un programme socialiste ne saurait permettre à cette phraséologie bourgeoise de passer sous silence les conditions qui, seules, peuvent lui donner un sens. Et ce n’est qu’autant que l’homme, dès l’abord, agit en propriétaire à l’égard de la nature, cette source première de tous les moyens et matériaux de travail, ce n’est que s’il la traite comme un objet lui appartenant que son travail devient la source des valeurs d’usage, partant de la richesse. Les bourgeois ont d’excellentes raisons pour attribuer au travail cette surnaturelle puissance de création : car, du fait que le travail est dans la dépendance de la nature, il s’ensuit que l’homme qui ne possède rien d’autre que sa force de travail sera forcément, en tout état de société et de civilisation, l’esclave d’autres hommes qui se seront érigés en détenteurs des conditions objectives du travail. Il ne peut travailler, et vivre par conséquent, qu’avec la permission de ces derniers.

Mais laissons la proposition telle qu’elle est, ou plutôt telle qu’elle boite. Quelle conclusion en devrait-on attendre ? Evidemment celle-ci :

« Puisque le travail est la source de toute richesse, nul dans la société ne peut s’approprier des richesses qui ne soient un produit du travail. Si donc quelqu’un ne travaille pas lui-même, il vit du travail d’autrui et, même sa culture, il la tire du travail d’autrui. »

Au lieu de cela, à la première proposition, on en ajoute une seconde par le moyen du mot-cheville : « et comme » pour tirer de la seconde, et non de l’autre, la conséquence finale.

DEUXIÈME PARTIE DE LA PROPOSITION : « Le travail productif n’est possible que dans la société et par la société. »

D’après la première proposition, le travail était ta source de toute richesse et de toute culture, donc pas de société possible sans travail. Et voilà que nous apprenons au contraire que le travail « productif » n’est pas possible sans société.

On aurait pu dire, tout aussi bien, que c’est seulement dans la société que le travail inutile, et même socialement nuisible, peut devenir une branche d’industrie, que c’est seulement dans la société qu’on peut vivre de l’oisiveté, etc., etc. – bref recopier tout Rousseau [2].

Et qu’est-ce qu’un travail « productif » ? Ce ne peut être que le travail qui produit l’effet utile qu’on se propose. Un sauvage, – et l’homme est un sauvage après avoir cessé d’être un singe -, qui abat une bête d’un coup de pierre; qui récolte des fruits, etc., accomplit un travail « productif ».

TROISIÈMEMENT, LA CONSEQUENCE : « Et comme le travail productif n’est possible que dans la société et par la société, son produit appartient intégralement, par droit égal, à tous tes membres de la société. »

Belle conclusion ! Si le travail productif n’est possible que dans la société et par la société, son produit appartient à la société, et, au travailleur individuel, il ne revient rien de plus que ce qui n’est pas indispensable au maintien de la société, « condition » même du travail.

En fait, cette proposition a toujours été défendue par les champions de l’ordre social existant, à chaque époque. En premier viennent les prétentions du gouvernement, avec tout ce qui s’ensuit, car le gouvernement est l’organe de la société chargé du maintien de l’ordre social; puis viennent les prétentions des diverses sortes de propriété privée qui, toutes, sont le fondement de la société, etc. On le voit, ces phrases creuses peuvent être tournées et retournées dans le sens qu’on veut.

Il n’y a de lien logique entre la première et la seconde partie du paragraphe que si l’on adopte la rédaction suivante :

« Le travail n’est la source de la richesse et de la culture que s’il est un travail social », ou, ce qui revient au même : « que s’il s’accomplit dans la société et par elle ».

Cette proposition est incontestablement exacte, car le travail isolé (en supposant réalisées ses conditions matérielles), s’il peut créer des valeurs d’usage, ne peut créer ni richesse ni culture.

Non moins incontestable cette autre proposition :

« Dans la mesure où le travail évolue en travail social et devient ainsi source de richesse et de culture, se développent, chez le travailleur, la pauvreté et l’abandon, chez le non-travailleur, la richesse et la culture. »

Telle est la loi de toute l’histoire jusqu’à ce jour. Au lieu de faire des phrases générales sur le « travail » et la « société », il fallait donc indiquer ici avec précision comment, dans la société capitaliste actuelle, sont finalement créées les conditions matérielles et autres qui habilitent et obligent le travailleur à briser cette malédiction sociale.

Mais, en fait, tout ce paragraphe, aussi manqué au point de vue de la forme que du fond, n’est là que pour qu’on puisse inscrire sur le drapeau du Parti, tout en haut, comme mot d’ordre, la formule lassalienne du « produit intégral du travail ». Je reviendrai plus loin sur le « produit du travail », le « droit égal », etc., car la même chose reparaît sous une autre forme un peu différente.

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2.- Dans la société actuelle, les moyens de travail sont le monopole de la classe capitaliste. L’état de dépendance qui en résulte pour la classe ouvrière est la cause de la misère et de la servitude sous toutes ses formes.

La proposition, empruntée aux statuts de l’Internationale, est fausse sous cette forme « améliorée ».

Dans la société actuelle, les moyens de travail sont le monopole des propriétaires fonciers (le monopole de la propriété foncière est même la base du monopole capitaliste) et des capitalistes. Les statuts de l’Internationale, dans le passage en question [3], ne nomment ni l’une ni l’autre classe monopoleuse. Ils parlent du « monopole des moyens de travail, c’est-à-dire des sources de la vie ». L’addition des mots : « sources de la vie » montre suffisamment que la terre est comprise parmi les moyens de travail.

On a introduit cette rectification parce que Lassalle, pour des raisons aujourd’hui connues, attaquait seulement la classe capitaliste et non les propriétaires fonciers [4]. En Angleterre, le plus souvent, le capitaliste n’est pas même le propriétaire du sol sur lequel est bâtie sa fabrique.

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3. – L’affranchissement du travail exige que les instruments de travail soient élevés à l’état de patrimoine commun de la société et que le travail collectif soit réglementé par la communauté avec partage équitable du produit.

« Les instruments de travail élevés à l’état de patrimoine commun », cela doit signifier sans doute : « transformés en patrimoine commun ». Mais ceci seulement en passant.

Qu’est-ce que c’est que le « produit du travail » ? L’objet créé par le travail ou sa valeur ? Et, dans ce dernier cas, la valeur totale du produit ou seulement la fraction de valeur que le travail est venu ajouter à la valeur des moyens de production consommés ?

Le « produit du travail » est une notion vague qui tenait lieu, chez Lassalle, de conceptions économiques positives.

Qu’est-ce que le « partage équitable [5] » ?

Les bourgeois ne soutiennent-ils pas que le partage actuel est « équitable » ? Et, en fait, sur la base du mode actuel de production, n’est-ce pas le seul partage « équitable » ? Les rapports économiques sont-ils réglés par des idées juridiques ou n ‘est-ce pas, à l’inverse, les rapports juridiques qui naissent des rapports économiques ? Les socialistes des sectes [6] n’ont-ils pas, eux aussi, les conceptions les plus diverses de ce partage « équitable» ?

Pour savoir ce qu’il faut entendre en l’occurrence par cette expression creuse de « partage équitable », nous devons confronter le premier paragraphe avec celui-ci. Ce dernier suppose une société dans laquelle «les instruments de travail sont patrimoine commun et où le travail collectif est réglementé par la communauté », tandis que le premier paragraphe nous montre que « le produit appartient intégralement, par droit égal, à tous les membres de la société ».

« A tous les membres de la société » ? Même à ceux qui ne travaillent pas ? Que devient alors le « produit intégral du travail » ? – Aux seuls membres de la société qui travaillent ? Que devient alors le « droit égal » de tous les membres de la société ?

Mais « tous les membres de la société » et le « droit égal » ne sont manifestement que des façons de parler. Le fond consiste en ceci que, dans cette société communiste, chaque travailleur doit recevoir, à la mode lassalienne, un « produit intégral du travail ».

Si nous prenons d’abord le mot « produit du travail » (Arbeitsertrag) dans le sens d’objet créé par le travail (Produkt der Arbeit), alors le produit du travail de la communauté, c’est « la totalité du produit social » (das gesellschaftliche Gesamtprodukt).

Là-dessus, il faut défalquer :
Premièrement : un fonds destiné au remplacement des moyens de production usagés;
Deuxièmement : une fraction supplémentaire pour accroître la production;
Troisièmement : un fond de réserve ou d’assurance contre les accidents, les perturbations dues à des phénomènes naturels, etc.

Ces défalcations sur le « produit intégral du travail » sont une nécessité économique, dont l’importance sera déterminée en partie, compte tenu de l’état des moyens et des forces en jeu, à l’aide du calcul des probabilités; en tout cas, elles ne peuvent être calculées en aucune manière sur la base de l’équité.

Reste l’autre partie du produit total, destinée à la consommation.

Mais avant de procéder à la répartition individuelle, il faut encore retrancher :

Premièrement les frais généraux d’administration qui sont indépendants de la production.
Comparativement à ce qui se passe dans la société actuelle, cette fraction se trouve d’emblée réduite au maximum et elle décroît à mesure que se développe la société nouvelle.

Deuxièmement : ce qui est destiné à satisfaire les besoins de la communauté : écoles, installations sanitaires, etc.
Cette fraction gagne d’emblée en importance, comparativement à ce qui se passe dans la société actuelle, et cette importance s’accroît à mesure que se développe la société nouvelle.

Troisièmement : le fonds nécessaire à l’entretien de ceux qui sont incapables de travailler, etc., bref ce qui relève de ce qu’ on nomme aujourd’hui l’assistance publique officielle.

C’est alors seulement que nous arrivons au seul « partage » que, sous l’influence de Lassalle et d’une façon bornée, le programme ait en vue, c’est-à-dire à cette fraction des objets de consommation qui est répartie individuellement entre les producteurs de la collectivité.

Le « produit intégral du travail » s’est déjà métamorphosé en sous-main en « produit partiel », bien que ce qui est enlevé au producteur, en tant qu’individu, il le retrouve directement ou indirectement, en tant que membre de la société.

De même que le terme de « produit intégral du travail » s’est évanoui, de même nous allons voir s’évanouir celui de « produit du travail » en général.

Au sein d’un ordre social communautaire, fondé sur la propriété commune des moyens de production, les producteurs n’échangent pas leurs produits; de même, le travail incorporé dans des produits n’apparaît pas davantage ici comme valeur de ces produits, comme une qualité réelle possédée par eux, puisque désormais, au rebours de ce qui se passe dans la société capitaliste, ce n’est plus par la voie d’un détour, mais directement, que les travaux de l’individu deviennent partie intégrante du travail de la communauté. L’expression : « produit du travail », condamnable même aujourd’hui à cause de son ambiguïté, perd ainsi toute signification.

Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue. Le producteur reçoit donc individuellement – les défalcations une fois faites – l’équivalent exact de ce qu’il a donné à la société. Ce qu’il lui a donné, c’est son quantum individuel de travail. Par exemple, la journée sociale de travail représente la somme des heures de travail individuel; le temps de travail individuel de chaque producteur est la portion qu’il a fournie de la journée sociale de travail, la part qu’il y a prise. Il reçoit de la société un bon constatant qu’il a fourni tant de travail (défalcation faite du travail effectué pour les fonds collectifs) et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux d’objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail. Le même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour, sous une autre forme [7].

C’est manifestement ici le même principe que celui qui règle l’échange des marchandises pour autant qu’il est échange de valeurs égales. Le fond et la forme diffèrent parce que, les conditions étant différentes, nul ne peut rien fournir d’autre que son travail et que, par ailleurs, rien ne peut entrer dans la propriété de l’individu que des objets de consommation individuelle. Mais pour ce qui est du partage de ces objets entre producteurs pris individuellement, le principe directeur est le même que pour l’échange de marchandises équivalentes : une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme.

Le droit égal est donc toujours ici dans son principe… le droit bourgeois, bien que principe et pratique ne s’y prennent plus aux cheveux, tandis qu’aujourd’hui l’échange d’équivalents n’existe pour les marchandises qu’en moyenne et non dans le cas individuel.

En dépit de ce progrès, le droit égal reste toujours grevé d’une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu’il a fourni; l’égalité consiste ici dans l’emploi DU TRAVAIL comme unité de mesure commune.

Mais un individu l’emporte physiquement ou moralement sur un autre, il fournit donc dans le même temps plus de travail ou peut travailler plus de temps; et pour que le travail puisse servir de mesure, il faut déterminer sa durée ou son intensité, sinon il cesserait d’être unité. Ce droit égal est un droit inégal pour un travail inégal. Il ne reconnaît aucune distinction de classe, parce que tout homme n’est qu’un travailleur comme un autre; mais il reconnaît tacitement l’inégalité des dons individuels et, par suite, de la capacité de rendement comme des privilèges naturels. C’est donc, dans sa teneur, un droit fondé sur l’inégalité, comme tout droit. Le droit par sa nature ne peut consister que dans l’emploi d’une même unité de mesure; mais les individus inégaux (et ce ne seraient pas des individus distincts, s’ils n’étaient pas inégaux) ne sont mesurables d’après une unité commune qu’autant qu’on les considère d’un même point de vue, qu’on ne les saisit que sous un aspect déterminé; par exemple, dans le cas présent, qu’on ne les considère que comme travailleurs et rien de plus, et que l’on fait abstraction de tout le reste. D’autre part : un ouvrier est marié, l’autre non; l’un a plus d’enfants que l’autre, etc., etc. A égalité de travail et par conséquent, à égalité de participation au fonds social de consommation, l’un reçoit donc effectivement plus que l’autre, l’un est plus riche que l’autre, etc. Pour éviter tous ces inconvénients, le droit devrait être non pas égal, mais inégal.

Mais ces défauts sont inévitables dans la première phase de la société communiste, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste, après un long et douloureux enfantement. Le droit ne peut jamais être plus élevé que l’état économique de la société et que le degré de civilisation qui y correspond.

Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l’asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l’horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! »

Je me suis particulièrement étendu sur le « produit intégral du travail », ainsi que sur le « droit égal », le « partage équitable », afin de montrer combien criminelle est l’entreprise de ceux qui, d’une part, veulent imposer derechef à notre Parti, comme des dogmes, des conceptions qui ont signifié quelque chose à une certaine époque, mais ne sont plus aujourd’hui qu’une phraséologie désuète, et d’autre part, faussent la conception réaliste inculquée à grand-peine au Parti, mais aujourd’hui bien enracinée en lui, et cela à l’aide des fariboles d’une idéologie juridique ou autre, si familières aux démocrates et aux socialistes français.

Abstraction faite de ce qui vient d’être dit, c’était de toute façon une erreur que de faire tant de cas de ce qu’on nomme le partage, et de mettre sur lui l’accent.

A toute époque, la répartition des objets de consommation n’est que la conséquence de la manière dont sont distribuées les conditions de la production elles-mêmes. Mais cette distribution est un caractère du mode de production lui-même. Le mode de production capitaliste, par exemple, consiste en ceci que les conditions matérielles de production [8] sont attribuées aux non-travailleurs sous forme de propriété capitaliste et de propriété foncière, tandis que la masse ne possède que les conditions personnelles de production : la force de travail. Si les éléments de la production sont distribués de la sorte, la répartition actuelle des objets de consommation s’ensuit d’elle-même. Que les conditions matérielles de la production soient la propriété collective des travailleurs eux-mêmes, une répartition des objets de consommation différente de celle d’aujourd’hui s’ensuivra pareillement. Le socialisme vulgaire (et par lui, à son tour, une fraction de la démocratie) a hérité des économistes bourgeois l’habitude de considérer et de traiter la répartition comme une chose indépendante du mode de production et de représenter pour cette raison le socialisme comme tournant essentiellement autour de la répartition. Les rapports réels ayant été depuis longtemps élucidés, à quoi bon revenir en arrière ?

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4.- L’affranchissement du travail doit être l’œuvre de la classe ouvrière, en face de laquelle toutes les autres classes ne forment qu’une masse réactionnaire.

Le premier couplet provient du préambule des statuts de l’internationale, mais sous une forme « améliorée [9] ». Le préambule dit : « L’affranchissement de la classe des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes»; tandis qu’ici c’est la « classe des travailleurs » qui doit affranchir – quoi ? le « travail ». Comprenne qui pourra.

En compensation l’antistrophe est, par contre, une citation lassalienne de la plus belle eau « [la classe ouvrière] en face de laquelle toutes les autres classes ne forment qu’une masse réactionnaire ».

Dans le Manifeste communiste, il est dit : « De toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. »

La bourgeoisie est ici considérée comme une classe révolutionnaire, – en tant qu’elle est l’agent de la grande industrie, – vis-à-vis des féodaux et des classes moyennes résolus à maintenir toutes les positions sociales qui sont le produit de modes de production périmés. Féodaux et classes moyennes ne forment donc pas avec la bourgeoisie une même masse réactionnaire.

D’autre part, le prolétariat est révolutionnaire vis-à-vis de la bourgeoisie parce que, issu lui-même de la grande industrie, il tend à dépouiller la production de son caractère capitaliste que la bourgeoisie cherche à perpétuer. Mais le Manifeste ajoute que «les classes moyennes… sont révolutionnaires… en considération de leur passage imminent au prolétariat ».

De ce point de vue, c’est donc une absurdité de plus que de faire des classes moyennes, conjointement avec la bourgeoisie, et, par-dessus le marché, des féodaux « une même masse réactionnaire » en face de la classe ouvrière.

Lors des dernières élections, a-t-on crié aux artisans, aux petits industriels, etc., et aux paysans : « Vis-à-vis de nous, vous ne formez, avec les bourgeois et les féodaux, qu’une seule masse réactionnaire » ?

Lassalle savait par cœur le Manifeste communiste, de même que ses fidèles savent les saints écrits dont il est l’auteur. S’il le falsifiait aussi grossièrement, ce n’était que pour farder son alliance avec les adversaires absolutistes et féodaux contre la bourgeoisie.

Dans le paragraphe précité, sa maxime est d’ailleurs bien tirée par les cheveux, sans aucun rapport avec la citation défigurée des statuts de l’internationale. Il s’agit donc ici simplement d’une impertinence et, à la vérité, une impertinence qui ne peut-être nullement déplaisante aux yeux de M. Bismarck : une de ces grossièretés à bon compte comme en confectionne le Marat berlinois [10].

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5.- La classe ouvrière travaille à son affranchissement tout d’abord DANS LE CADRE DE L’ETAT NATIONAL ACTUEL, sachant bien que le résultat nécessaire de son effort, qui est commun aux ouvriers de tous les pays civilisés, sera la fraternité internationale des peuples.

Contrairement au Manifeste communiste et à tout le socialisme antérieur, Lassalle avait conçu le mouvement ouvrier du point de vue le plus étroitement national. On le suit sur ce terrain et cela après l’action de l’internationale !

Il va absolument de soi que, ne fût-ce que pour être en mesure de lutter, la classe ouvrière doit s’organiser chez elle en tant que classe et que les pays respectifs sont le théâtre immédiat de sa lutte. C’est en cela que sa lutte de classe est nationale, non pas quant à son contenu, mais, comme le dit le Manifeste communiste, « quant à sa forme». Mais le « cadre de l’Etat national actuel », par exemple de l’Empire allemand, entre lui-même, à son tour, économiquement, « dans le cadre » du marché universel, et politiquement « dans le cadre » du système des Etats. Le premier marchand venu sait que le commerce allemand est aussi commerce extérieur et la grandeur de M. Bismarck réside précisément dans le caractère de sa politique internationale.

Et à quoi le Parti ouvrier allemand réduit-il son internationalisme ? A la conscience que le résultat de son effort « sera la fraternité internationale des peuples » – expression ronflante empruntée à la bourgeoise Ligue de la liberté et de la paix [11], que l’on voudrait faire passer comme un équivalent de la fraternité internationale des classes ouvrières dans leur lutte commune contre les classes dominantes et leurs gouvernements. Des fonctions internationales de la classe ouvrière allemande par conséquent, pas un mot ! Et c’est ainsi qu’elle doit faire paroi [12] face à sa propre bourgeoisie, fraternisant déjà contre elle avec les bourgeois de tous les autres pays, ainsi qu’à la politique de conspiration internationale de M. Bismarck !

En fait, la profession d’internationalisme du programme est encore infiniment au-dessous de celle du parti libre-échangiste. Celui-ci prétend, lui aussi, que le résultat final de son action est la « fraternité internationale des peuples ». Mais encore fait-il quelque chose pour internationaliser l’échange et ne se contente-t-il pas du tout de savoir… que chaque peuple fait, chez lui, du commerce.

L’action internationale des classes ouvrières ne dépend en aucune façon de l’existence de l’Association internationale des travailleurs. Celle-ci fut seulement la première tentative pour doter cette action d’un organe central; tentative qui, par l’impulsion qu’elle a donnée, a eu des suites durables, mais qui, sous sa première forme historique, ne pouvait survivre longtemps à la chute de la Commune de Paris.

La Noradeutsche [13] de Bismarck était pleinement dans son droit quand elle annonçait, pour la satisfaction de son maître, que le Parti ouvrier allemand a, dans son nouveau programme, abjuré l’internationalisme.

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( La source de la présente traduction est

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500a.htm

sauf pour les mots « DU TRAVAIL », bizarrement supprimés de cette phrase essentielle:

« Le droit du producteur est proportionnel au travail qu’il a fourni; l’égalité consiste ici dans l’emploi DU TRAVAIL comme unité de mesure commune. »

et que nous avons donc remis, et en majuscules, tant qu’à en souligner l’importance!

Mais on pourra vérifier le texte original ici:

http://www.mlwerke.de/me/me19/me19_013.htm

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et sa version anglaise:

https://www.marxists.org/archive/marx/works/1875/gotha/ch01.htm

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Notes :

[1] Marx : Le Capital, tome 1° : « Le travail n’est donc pas l’unique source des valeurs d’usage qu’il produit, de la richesse matérielle. Il en est le père, et la terre, la mère, comme dit Wlliam Petty (Célèbre économiste et statisticien anglais – NdE). »

[2] Rousseau, J.-J. (1712-1778): Philosophe français de l’ « époque des lumières ». Représentant l’aile gauche de la bourgeoisie (le tiers état), de la démocratie bourgeoise ascendante, il fut l’éloquent avocat de la lutte contre l’exploitation féodale et l’absolutisme et défendit la théorie de la « souveraineté populaire » qui fut réalisée dans la lutte révolutionnaire plébéienne des Jacobins. Rousseau établit sa critique du système féodal sur la conception abstraite et nullement historique de l’égalité naturelle, de la condition heureuse de l’homme dans le communisme primitif et de la supériorité de la nature et des relations naturelles sur celles de la société.

[3] Le passage en question se trouve dans le célèbre préambule (rédigé par Marx en 1864) des statuts de la première Internationale : « [Considérant] que l’assujettissement économique des travailleurs aux détenteurs des moyens de travail, c’est-à-dire des sources de la vie, est la cause première de la servitude dans toutes ses formes : misère sociale, avilissement intellectuel et dépendance politique… »

[4] Lassalle avait passé un accord avec Bismarck, représentant politique des grands propriétaires fonciers. Voir la lettre de Marx à Kugelmann sur le sujet plus loin dans ce document.

[5] Voir l’article critique d’Engels « Un salaire équitable pour une journée de travail équitable », dans l’ouvrage de Marx : Salaire, prix et profit.

[6] C’est-à-dire les saints-simoniens, fouriéristes, icariens, owenistes, etc.

[7] Marx nous a déjà donné une fois le tableau d’une société communiste dans laquelle « le temps de travail joue un double rôle » : « D’un côté, sa distribution dans la société règle le rapport exact des diverses fonctions aux divers besoins; de l’autre, il mesure la part individuelle de chaque producteur dans le travail commun et en même temps la portion qui lui revient dans la partie du produit commun réservée à la consommation. » (Le Capital, t. I. p. 90).

[8] C’est-à-dire les instruments de production (terre, bâtiments, outillage, etc).

[9] Voir l’ Adresse inaugurale de l’Association Internationale des Travailleurs.

[10] Marx désigne, sous cette appellation ironique, Hasselmann, le rédacteur en chef du Neuer Sozial-Demokrat, organe central des lassalliens.

[11] La Ligue internationale pour la paix et la liberté, fondée à Genève en 1867, était une organisation internationale de démocrates bourgeois et de pacifistes partisans du libre-échange, contre laquelle Marx et la I° Internationale menèrent une lutte résolue.

[12] Faire paroli : doubler la mise, renchérir.

[13] La Noradeutsche Allgemeine Zeitung (Gazette générale de l’Allemagne du Nord), fondée en 1861, était l’un des principaux journaux bismarckiens.

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Élections, Marx, Ce qu’il en pensait… Un rappel utile!

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Ce qu’il en pensait…

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Les conceptions de Marx sur les élections, la révolution et la démocratie ont été considérablement obscurcies par un siècle de lectures biaisées. Voici quelques rappels de base sur ce qu’il en disait. 

Dans les dernières années de sa vie, Marx s’est consacré à l’organisation des partis ouvriers qui étaient en train de naître en Europe. Il attachait une grande importance à la question électorale et parlementaire. Après son décès, Engels a poursuivi ce travail. Tous deux mettaient à profit leur aura de théoriciens socialiste, de vétérans de la révolution de 1848 et de l’Association internationale des travailleurs, leur immense réseau épistolaire, pour influencer les créateurs de ces partis, avec plus ou moins de succès.

Dans les années 1880, Engels suivait de près les progrès électoraux du parti ouvrier social-démocrate en Allemagne. Par ses articles, par ses lettres, par ses préfaces et ses ouvrages, il essayait de poser un cadre tactique à l’emploi des élections, à l’action des députés et aux perspectives du parti. En 1895, il écrivait par exemple :

« Mais en utilisant ainsi efficacement le suffrage universel le prolétariat avait mis en œuvre une méthode de lutte toute nouvelle et elle se développa rapidement. On trouva que les institutions d’État où s’organise la domination de la bourgeoisie fournissent encore des possibilités d’utilisation nouvelles qui permettent à la classe ouvrière de combattre ces mêmes institutions d’État. On participa aux élections aux différentes Diètes, aux conseils municipaux, aux conseils de prud’hommes, on disputa à la bourgeoisie chaque poste dont une partie suffisante du prolétariat participait à la désignation du titulaire. Et c’est ainsi que la bourgeoisie et le gouvernement en arrivèrent à avoir plus peur de l’action légale que de l’action illégale du Parti ouvrier, des succès des élections que de ceux de la rébellion. Car, là aussi, les conditions de la lutte s’étaient sérieusement transformées. La rébellion d’ancien style, le combat sur les barricades, qui, jusqu’à 1848, avait partout été décisif, était considérablement dépassé. » (Introduction à la réédition des Luttes de classe en France, de Karl Marx).

Certains commentateurs ont déduit de déclarations de ce type que le vieil Engels, qui avait servi comme officier dans l’armée révolutionnaire en 1848, était devenu réformiste dans son vieil âge. Cela a même été versé comme pièce au débat sur les possibles divergences entre Marx et Engels (thèse de Jean-Paul Sartre, par exemple), ou pour faire d’Engels le créateur d’un marxisme ossifié, éloigné de la pensée de Marx (idée développée notamment par Maximilien Rubel). C’est une discussion complexe, dans laquelle je n’entrerais pas ici. Si divergence il y a, elle ne porte certainement pas sur la question électorale.La sympathie de Marx pour le suffrage universel s’exprime d’abord, au début des années 1840, sous une forme philosophique (particulièrement dans la Critique de la philosophie du droit et dans l’Introduction à la Critique de la philosophie du droit). Pour lui, puisque le peuple est le contenu véritable de l’État, la démocratie est la seule forme qui coïncide avec ce contenu. Avant même d’avoir découvert les auteurs socialistes et les ouvriers communistes, le jeune Marx des années 1840 s’intéressait de près à la question de la réforme électorale en Angleterre, autrement dit du mouvement chartiste. Ce premier parti ouvrier réclamait, par une charte en six points, l’établissement du suffrage universel masculin – quoique certaines franges du chartisme fussent ouvertes à l’idée d’un suffrage féminin [sur le chartisme, je renvoie au livre de Malcolm Chase, Le chartisme, Aux origines du mouvement ouvrier britannique (1838-1858)].

Plus tard, la description qu’en fit Engels dans la Condition de la classe ouvrière en Angleterre, un ouvrage décisif pour Marx, le confortera dans cette opinion. Immigré en Grande-Bretagne, il se liera d’amitié avec plusieurs leaders du mouvement chartiste, avec lesquels il formera une ligue pour la réforme électorale, liée à l’association internationale des travailleurs. C’est cette longue proximité avec le chartisme qui le poussera à classer l’Angleterre dans la liste des pays où le parti ouvrier peut s’emparer du pouvoir par la voie électorale. Il ne négligeait pourtant pas la possibilité que cela déclenche une guerre civile. A un journaliste américain qui l’interroge sur la possibilité d’une victoire électorale du parti ouvrier sujet, il répond en 1871 :

« Je ne suis pas aussi optimiste que vous. La bourgeoisie anglaise a toujours accepté de bonne grâce le verdict de la majorité, tant qu’elle se réservait le monopole du droit de vote. Mais, croyez-moi, aussitôt qu’elle se verra mise en minorité sur des questions qu’elle considère comme vitales, nous verrons ici une nouvelle guerre esclavagiste ».

Le problème n’est donc pas pour lui la conquête du pouvoir par les urnes, dans un pays où les élections existent, mais sa conservation. En arrière-plan, on trouve constamment chez Marx la référence, plus ou moins explicite, à la Révolution française, qui commence par les élections aux États Généraux et qui se poursuite dans la guerre européenne contre les armées de la réaction [les textes de Marx sur ce sujet sont rassemblés en annexes du livre de François Furet, Marx et la révolution française].

Les adversaires « marxistes » d’un Marx favorable au suffrage universel et aux élections, arguent généralement de sa désillusion après l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte en France, qui clos la révolution de 1848. Il y consacre effectivement des pages amères dans ses articles publiés à chaud dans la presse germano-américaine, rassemblés ensuite dans la brochure Les luttes de classe en France. Pourtant, son analyse ne peut être lue comme un rejet des élections. Marx y montre à plusieurs reprises comment les luttes électorales expriment, de manière plus ou moins claire, les luttes entre les classes sociales pour le pouvoir politique. Il montre comment le  futur Napoléon III a su capter le vote paysan, dans le contexte spécifique de la France, où les paysans propriétaires de leur parcelle forment une classe importante et la paysannerie dans son ensemble reste majoritaire. Ce qu’il constate donc, c’est que la classe ouvrière ne peut espérer prendre le pouvoir seule dans un pays où elle forme une minorité. C’était déjà, après tout, son opinion dans la révolution allemande de 1848, où il constatait que le capitalisme, et donc la classe ouvrière, était insuffisamment développé pour qu’on puisse sauter directement au socialisme. Pour la classe ouvrière, la possibilité d’employer les élections pour s’emparer du pouvoir politique dépend donc de son développement et de son organisation.

Même dans les cas où la classe ouvrière ne disposait pas d’un parti organisé et indépendant, Marx ne considérait pas les élections comme indifférentes. Le cas le plus flagrant est celui des élections américaines. Rédacteur à la New York Daily Tribune, l’organe de l’aile gauche du parti républicain, Marx suivait de près la situation politique américaine, la lutte contre l’esclavage et le développement de la guerre civile. Il prenait clairement parti pour le Nord, appelait le mouvement ouvrier anglais à faire de même, et s’informait de l’évolution de la situation militaire par ses anciens camarades de la Ligue des communistes, dont certains s’étaient engagés comme officiers dans l’armée de l’Union. Pour exprimer ce soutien, Marx rédigea, au nom du conseil central de l’association internationale des travailleurs, une lettre de félicitations à Lincoln pour sa réélection (30 décembre 1864). La lutte contre l’esclavage et contre les grands propriétaires terriens du sud justifiait ce soutien :

« Depuis le début de la lutte titanesque que mène l’Amérique, les ouvriers d’Europe sentent instinctivement que le sort de leur classe dépend de la bannière étoilée », écrivait alors Marx.

[sur l’importance de cette question, je renvoie à Robin Blackburn, Une révolution inachevée : Sécession, guerre civile, esclavage et émancipation aux États-Unis, ainsi qu’aux analyses de Raya Dunayeskaya dans Marxisme et liberté].

Le célèbre débat entre « marxistes » et « anarchistes », qui conduisit à l’éclatement de l’Internationale, ne peut être réduit à une seule dimension, mais il tourne largement autour de la question électorale. Faut-il, comme le suggérait Marx, que les socialiste participent aux élections, entrent aux parlements, prennent le pouvoir par ce moyen ? Ou faut-il s’en défier absolument comme d’une corruption, comme le soutenaient notamment les anarchistes ? Ce n’est pas une question simple [les notes marginales de Marx à Étatisme et Anarchie de Bakounine, illustrent bien ce débat]. Elle traverse toute l’Europe et réapparaît périodiquement de part et d’autres. C’est la preuve que le débat n’est pas seulement et purement idéologique, mais qu’il est lié à la place de la classe ouvrière dans la société, à sa relation pratique à l’État, à son état d’esprit. Le débat traversait tout le mouvement ouvrier. Les Considérants du programme du parti ouvrier françaisemploient la formule :

« Considérant que cette appropriation collective ne peut sortir que de l’action révolutionnaire de la classe productive – ou prolétariat – organisée en parti politique distinct; Qu’une pareille organisation doit être poursuivie par tous les moyens dont dispose le prolétariat, y compris le suffrage universel transformé en d’instrument de duperie qu’il a été jusqu’ici en instrument d’émancipation. »

Cette formule est de Marx, qui l’a dictée à Jules Guesde, en présence d’Engels. Elle témoigne à la fois des débats au sein du parti naissant et de la position personnelle de Marx sur le sujet. Si on la compare aux lettres contemporaines d’Engels, qui dénonce la propension chez Guesde et les socialistes français à vouloir parler de Révolution à toutes les phrases, il s’agit d’une forme de compromis acceptable. Il fallait convaincre les fondateurs du Parti ouvrier français d’entrer dans la bataille électorale [voir Émile Bottigelli, La fondation du parti Ouvrier Français].Pour comprendre la stratégie de Marx, il faut garder plusieurs points en mémoire. Tout d’abord, même si contrairement à Proudhon et bon nombre de socialistes du XIXe siècle, il n’est pas hostile aux grèves, il n’en attend rien de plus que la satisfaction des revendications des grévistes. Il sait qu’une grève générale, dont l’idée est d’origine chartiste, sape ses propres bases puisque la classe ouvrière produit et transporte ce qui est nécessaire à la vie quotidienne. Il a pu constater à maintes reprises la difficulté à organiser le soutien international aux grévistes,  puisque c’était l’une des activités pratiques du conseil central de l’Association internationale des travailleurs.

En outre, s’il considère que le but de la classe ouvrière est la prise du pouvoir politique, il rappelle que l’indépendance des syndicats doit être respectée. Lors de la création du Parti ouvrier français, il est satisfait que, à quelques points prêts, les propositions soient issues de la réalité du mouvement ouvrier et non des idées préconçues d’une secte. Le parti exprime politiquement les demandes de la classe ouvrière, et non le contraire.
Ensuite, Marx a connu les défaites des révolutions de 1848 et de la commune de Paris, dont il cherche à tirer des leçons, et il raisonne en termes militaires autant que politiques. Il partage avec Engels la conviction que les moyens traditionnels du prolétariat – les barricades, les prises d’armes, les insurrections préparées par une minorité,… – sont devenus stratégiquement et tactiquement inadéquats face à l’État et son armée. Dès la révolution de 1848, en préférant les organisations ouvrières publiques et le travail de journaliste politique, Marx a montré sa méfiance pour les sociétés secrètes, y compris laLigue des communistes dont il était l’un des dirigeants. Quand il explique son installation en Angleterre, c’est à la liberté d’association qu’il fait référence.

Par contre, après la disparition de l’Association internationale des travailleurs, les succès électoraux rapides des partis ouvriers laissent entrevoir la possibilité d’une conquête du pouvoir par ce moyen. Cela correspond à ses préoccupations de longue date : suffrage universel (qui, presque partout en Europe, sera une conquête du mouvement ouvrier, puis féministe), organisation publique, force de la majorité, éducation ouvrière, stratégie orientée vers la conquête du pouvoir politique, inspiration dans la Révolution française. Jamais il ne considère que la radicalité des idées socialistes et démocratiques ne puisse être un obstacle à la victoire. L’obstacle le plus puissant vient après : c’est la violence militaire de la réaction de la bourgeoisie. L’énergie révolutionnaire ne réside pas dans les moyens pour conquérir le pouvoir, mais pour le conserver et pour mettre en application les réformes socialistes dans ce contexte.

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http://solidariteouvriere.info/notre-classe/marx-les-elections-et-la-revolution/

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Fils de berger,

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Fils d’ouvrier…

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le film…

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Nous ne partageons évidemment pas pas toutes les options politiques de Jean Lassalle, mais la réalité de son combat, par elle-même, dresse un acte d’accusation implacable contre le système, et à ce titre, sur le plan humain, nous en sommes solidaires.

A rappeler, également, parmi d’autres de sa part, son acte extrêmement courageux de témoignage en faveur de la Syrie martyrisée par l’impérialisme et ses sbires terroristes, avec la complicité de l’Etat Français…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/09/liberation-dalep-le-temoignage-de-jean-lassalle/

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Le site de Jean Lassalle:

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http://jeanlassalle2017.fr/

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« Parce que je n’avais pas le choix,

parce que je ne peux pas la fermer…

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…Ce système qui s’est imposé à nous,

et qui, aujourd’hui, brise nos vies,

avant de broyer, demain,

celle de nos enfants… »

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Jean Lassalle

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2017, Pour sortir de l’impasse… La Révolution du retour au réel !2017,

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( ÉDITION DE SYNTHÈSE CHRONOLOGIQUE )

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2017

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Pour sortir                         

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                    de l’impasse…

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La Révolution

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du retour au réel !.

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Toutes les richesses crées, en biens et services socialement utiles, sont le fruit du travail, devenu précaire et de plus en plus mal payé, des forces vives productives qui sont la force essentielle de la société.

Leur fonction naturelle est de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent les services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète.

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Rendre aux forces productives vives leur fonction sociale première,

c’est l’exigence de l’heure.

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Dans ce but, il est nécessaire de rendre à chacun le pouvoir de s’y impliquer, en y participant par son travail, afin de recevoir en échange la juste part qui lui en revient, pour soi-même et sa famille.

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 Les 7 points du débat de fond :

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___1_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.

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__2_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__3_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__4_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__5_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__6_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__7_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

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Point par point, quelques explications,

destinées à nourrir concrètement le débat :

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Point 1:

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« __Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels. »

************

Il est clair que si les forces productives, tant en biens qu’en services, peuvent être réorganisées pour répondre à l’ensemble des besoins essentiels de base, le problème restant n’est plus que de déterminer la place que chacun peut et doit y prendre, pour participer à cette ouvrage collectif.

L’équilibre peut alors s’établir entre la somme des part de travail dévolues à chacun et la somme des parts de biens et services nécessaires à chacun pour un niveau de vie décent.

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Point 2:

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__Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

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La définition des besoins sociaux élémentaires qui nécessitent d’être satisfaits de manière appropriée est le type même d’exercice du débat démocratique, notamment local, pour lequel les moyens modernes de communication et d’échanges sont particulièrement adaptés.

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 Point 3:

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__Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

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Même remarque que pour le point 2, en ce qui concerne l’utilisation de procédés modernes d’expression de la démocratie, aussi directe et concrète que possible.

Concernant l’évaluation des forces productives, ont voit bien, ici surtout, comment l’évaluation en termes de temps de travail moyen socialement nécessaire, pour la réalisation de l’objectif, peut différer de l’utilisation abusive qui en est faite par le capital aux fins d’accumuler de la plus-value, sans contre-partie socialement efficace, avec la crise.

 .

Point 4:

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__Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

***************

La production des biens et services nécessaires à l’objectif étant évaluée en temps de travail moyen socialement nécessaire, la notion de valeur-travail se trouve de par le fait substituée à celle de capital.

C’est la somme globale du temps de travail ainsi défini qui devient la base du « budget » de la société, en base valeur-travail, et non plus en capital.

C’est, pratiquement, l’heure de travail, considérée comme une fraction individuelle de cette somme totale, qui devient l’unité de compte.

Le fait qu’elle soit exprimée sous une forme monétaire ou une autre, cela n’est plus un problème, à partir du moment où cette gestion collective exclut, par nature, l’accumulation de capital.

 .

Point 5:

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__Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

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La somme totale du temps de travail nécessaire à l’objectif une fois définie démocratiquement par l’interaction des participants, le fait d’avoir à la diviser entre tous ceux qui sont en âge et en capacité de travailler, selon également une formation adaptée, redonne tout son sens à la notion de durée hebdomadaire moyenne du temps de travail, qui cesse d’être arbitraire, mais se trouve elle aussi évaluée comme une fraction correspondante du temps global nécessaire à la réalisation de l’objectif.

Il est donc absurde de présumer d’un chiffre, à 39, 35, 32, 30 heures, comme le font actuellement tout les démagogues de service électoral.

Il semble simplement logique de penser qu’elle sera réduite par rapport à l’actuelle, sans préjuger du résultat final de l’étude de terrain nécessaire.

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Point 6:

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__Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

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La durée du travail individuel étant ainsi définie, il est clair que par nature la somme individuelle des unités de valeur-travail ainsi produites correspond à une fraction suffisante de la production globale, tant en biens qu’en services, pour obtenir un niveau de vie décent.

De l’évaluation de la production en termes d’unités de valeur-travail découle aussi son évaluation en termes de « prix », quelque soit l’unité de compte choisie, pour formaliser cette valeur-travail.

Là encore, le débat démocratique, par les moyens modernes, permettra d’ajuster cette équivalence au mieux, permettant de définir un « SMIC » en termes d’unités de valeur-travail, correspondant à un niveau de vie décent.

Il est à noter que dans cet équilibre, la « gratuité » formelle de certains services, rendue ainsi possible extensivement, prend un sens comme expression de cet équilibre entre besoins et production, partout où il n’y a pas d’utilité à le formuler « monétairement ».

Dans la mesure où cela reste compatible avec une gestion équilibrée, en termes de valeur-travail.

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Point 7:

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__Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

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Il va de soi que les exigences de solidarité sociale, le plus souvent démagogiquement évoquées, dans le système actuel, tant en ce qui concerne les retraites que la santé ou le handicap, trouveront enfin un juste équilibre, également, comme juste part de cet équilibre global.

Ces exigences seront évidemment réévaluées dans ce cadre, comme une part de l’objectif global.

Elle seront d’autant plus surement réalisées qu’elles constitueront une part de l’œuvre de tous les acteurs opérationnels, et qu’il n’y aura plus la charge du chômage et de la précarité.

Et encore moins, celle du parasitisme capitaliste. Comme le dit la chanson:

« L’oisif ira loger ailleur ! » (Eugène Pottier)

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Au delà des besoins les plus immédiats, la collectivité pourra décider démocratiquement des secteurs d’activité à développer pour améliorer utilement son sort.

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En conclusion, il ne s’agit pas ici de fixer de manière rigide le programme d’un parti politique, mais d’ouvrir des pistes de réflexion économique et sociale réintégrant le principe classique et marxiste de la loi de la valeur, basée sur la notion de valeur-travail, pour une approche réaliste d’une transformation sociale non seulement possible, mais nécessaire pour éviter la catastrophe vers laquelle se dirige inexorablement le système actuel, en dépit de tous les emplâtres, RU et autres, que les opportunistes et démagogues de tous poils tentent de coller sur ses jambes de bois vermoulues.

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Luniterre

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2 revendications

immédiates :

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__1_Abrogation de la Loi « El Khomri »

__2_Refus de la précarité « RU-Hamon »

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FM_TML_2

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ÉLÉMENTS DU DÉBAT:

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Partage du travail ou « réduction du temps de travail », c’est pas la même chose 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

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Plan Mélenchon : l’« extrême-gauche » doit choisir… !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/23/plan-melenchon-l-extreme-gauche-doit-choisir/

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Sur AGORAVOX, le keynésianisme en question: Mélenchon, Keynes or not Keynes ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/25/sur-agoravox-le-keynesianisme-en-question-melenchon-keynes-or-not-keynes/

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Le RU, c’est la RUine sociale,

le partage en valeur-travail, c’est la seule issue !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/10/le-ru-cest-la-ruine-sociale-le-partage-en-valeur-travail-cest-la-seule-issue/

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Sur AGORAVOX, deux nouveaux débats sur le « revenu universel », version Hamon et autres…

Dont un à propos d’un article du PRCF…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/08/sur-agoravox-deux-nouveaux-debats-sur-le-revenu-universel-version-hamon-et-autres/

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« Gauche » de l’arnaque ou Gauche Prolétarienne… Extraits du débat sur AGORAVOX

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/03/gauche-de-larnaque-ou-gauche-proletarienne-extraits-du-debat-sur-agoravox-2/

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« Gauche » de l’arnaque ou Gauche prolétarienne ? La question de volonté politique…!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/30/gauche-de-larnaque-ou-gauche-proletarienne-la-question-de-volonte-politique/

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Hamon, 2ème tour, Ou l’arnaque relookée…!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/26/hamon-2eme-tour-ou-larnaque-relookee/

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2017, Les 7 points, quelques explications

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2017

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Les 7 points…

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2017 : 7 points du débat de fond, 2 revendications immédiates

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/27/2017-7-points-du-debat-de-fond-2-revendications-immediates/

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Point par point, quelques explications,

destinées à nourrir concrètement le débat :

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Point 1:

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« __Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital, cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels. »

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Il est clair que si les forces productives, tant en biens qu’en services, peuvent être réorganisées pour répondre à l’ensemble des besoins essentiels de base, le problème restant n’est plus que de déterminer la place que chacun peut et doit y prendre, pour participer à cette ouvrage collectif.

L’équilibre peut alors s’établir entre la somme des part de travail dévolues à chacun et la somme des parts de biens et services nécessaires à chacun pour un niveau de vie décent.

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Point 2:

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__Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

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La définition des besoins sociaux élémentaires qui nécessitent d’être satisfaits de manière appropriée est le type même d’exercice du débat démocratique, notamment local, pour lequel les moyens modernes de communication et d’échanges sont particulièrement adaptés.

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 Point 3:

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__Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

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Même remarque que pour le point 2, en ce qui concerne l’utilisation de procédés modernes d’expression de la démocratie, aussi directe et concrète que possible.

Concernant l’évaluation des forces productives, ont voit bien, ici surtout, comment l’évaluation en termes de temps de travail moyen socialement nécessaire, pour la réalisation de l’objectif, peut différer de l’utilisation abusive qui en est faite par le capital aux fins d’accumuler de la plus-value, sans contre-partie socialement efficace, avec la crise.

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Point 4:

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__Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

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La production des biens et services nécessaires à l’objectif étant évaluée en temps de travail moyen socialement nécessaire, la notion de valeur-travail se trouve de par le fait substituée à celle de capital.

C’est la somme globale du temps de travail ainsi défini qui devient la base du « budget » de la société, en base valeur-travail, et non plus en capital.

C’est, pratiquement, l’heure de travail, considérée comme une fraction individuelle de cette somme totale, qui devient l’unité de compte.

Le fait qu’elle soit exprimée sous une forme monétaire ou une autre, cela n’est plus un problème, à partir du moment où cette gestion collective exclut, par nature, l’accumulation de capital.

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Point 5:

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__Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

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La somme totale du temps de travail nécessaire à l’objectif une fois définie démocratiquement par l’interaction des participants, le fait d’avoir à la diviser entre tous ceux qui sont en âge et en capacité de travailler, selon également une formation adaptée, redonne tout son sens à la notion de durée hebdomadaire moyenne du temps de travail, qui cesse d’être arbitraire, mais se trouve elle aussi évaluée comme une fraction correspondante du temps global nécessaire à la réalisation de l’objectif.

Il est donc absurde de présumer d’un chiffre, à 39, 35, 32, 30 heures, comme le font actuellement tout les démagogues de service électoral.

Il semble simplement logique de penser qu’elle sera réduite par rapport à l’actuelle, sans préjuger du résultat final de l’étude de terrain nécessaire.

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Point 6:

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__Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

****************

La durée du travail individuel étant ainsi définie, il est clair que par nature la somme individuelle des unités de valeur-travail ainsi produites correspond à une fraction suffisante de la production globale, tant en biens qu’en services, pour obtenir un niveau de vie décent.

De l’évaluation de la production en termes d’unités de valeur-travail découle aussi son évaluation en termes de « prix », quelque soit l’unité de compte choisie, pour formaliser cette valeur-travail.

Là encore, le débat démocratique, par les moyens modernes, permettra d’ajuster cette équivalence au mieux, permettant de définir un « SMIC » en termes d’unités de valeur-travail, correspondant à un niveau de vie décent.

Il est à noter que dans cet équilibre, la « gratuité » formelle de certains services, rendue ainsi possible extensivement, prend un sens comme expression de cet équilibre entre besoins et production, partout où il n’y a pas d’utilité à le formuler « monétairement ».

Dans la mesure où cela reste compatible avec une gestion équilibrée, en termes de valeur-travail.

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Point 7:

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__Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

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Il va de soi que les exigences de solidarité sociale, le plus souvent démagogiquement évoquées, dans le système actuel, tant en ce qui concerne les retraites que la santé ou le handicap, trouveront enfin un juste équilibre, également, comme juste part de cet équilibre global.

Ces exigences seront évidemment réévaluées dans ce cadre, comme une part de l’objectif global.

Elle seront d’autant plus surement réalisées qu’elles constitueront une part de l’œuvre de tous les acteurs opérationnels, et qu’il n’y aura plus la charge du chômage et de la précarité.

Et encore moins, celle du parasitisme capitaliste. Comme le dit la chanson:

« L’oisif ira loger ailleur ! » (Eugène Pottier)

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Au delà des besoins les plus immédiats, la collectivité pourra décider démocratiquement des secteurs d’activité à développer pour améliorer utilement son sort.

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En conclusion, il ne s’agit pas ici de fixer de manière rigide le programme d’un parti politique, mais d’ouvrir des pistes de réflexion économique et sociale réintégrant le principe classique et marxiste de la loi de la valeur, basée sur la notion de valeur-travail, pour une approche réaliste d’une transformation sociale non seulement possible, mais nécessaire pour éviter la catastrophe vers laquelle se dirige inexorablement le système actuel, en dépit de tous les emplâtres, RU et autres, que les opportunistes et démagogues de tous poils tentent de coller sur ses jambes de bois vermoulues.

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Luniterre

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ÉLÉMENTS DU DÉBAT:

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Partage du travail ou « réduction du temps de travail », c’est pas la même chose 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

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Plan Mélenchon : l’« extrême-gauche » doit choisir… !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/23/plan-melenchon-l-extreme-gauche-doit-choisir/

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Sur AGORAVOX, le keynésianisme en question: Mélenchon, Keynes or not Keynes ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/25/sur-agoravox-le-keynesianisme-en-question-melenchon-keynes-or-not-keynes/

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Le RU, c’est la RUine sociale,

le partage en valeur-travail, c’est la seule issue !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/10/le-ru-cest-la-ruine-sociale-le-partage-en-valeur-travail-cest-la-seule-issue/

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Sur AGORAVOX, deux nouveaux débats sur le « revenu universel », version Hamon et autres…

Dont un à propos d’un article du PRCF…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/08/sur-agoravox-deux-nouveaux-debats-sur-le-revenu-universel-version-hamon-et-autres/

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« Gauche » de l’arnaque ou Gauche Prolétarienne… Extraits du débat sur AGORAVOX

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/03/gauche-de-larnaque-ou-gauche-proletarienne-extraits-du-debat-sur-agoravox-2/

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« Gauche » de l’arnaque ou Gauche prolétarienne ? La question de volonté politique…!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/30/gauche-de-larnaque-ou-gauche-proletarienne-la-question-de-volonte-politique/

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Hamon, 2ème tour, Ou l’arnaque relookée…!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/26/hamon-2eme-tour-ou-larnaque-relookee/

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2017 : 7 points du débat de fond, 2 revendications immédiates

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2017

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Anti-chômage

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Anti-précarité

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Pour en finir avec la crise,

En finir avec le système,

et construire une alternative

au capitalisme !

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Toutes les richesses crées, en biens et services socialement utiles, sont le fruit du travail, devenu précaire et de plus en plus mal payé, des forces vives productives qui sont la force essentielle de la société.

Leur fonction naturelle est de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent les services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète.

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Rendre aux forces productives vives leur fonction sociale première,

c’est l’exigence de l’heure.

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Dans ce but, il est nécessaire de rendre à chacun le pouvoir de s’y impliquer, en y participant par son travail, afin de recevoir en échange la juste part qui lui en revient, pour soi-même et sa famille.

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 Les 7 points du débat de fond :

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___1_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital, cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.

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__2_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__3_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__4_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__5_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__6_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__7_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

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2 revendications

immédiates :

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__1_Abrogation de la Loi « El Khomri »

__2_Refus de la précarité « RU-Hamon »

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ÉLÉMENTS DU DÉBAT:

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Partage du travail ou « réduction du temps de travail », c’est pas la même chose 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

Plan Mélenchon : l’« extrême-gauche » doit choisir… !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/23/plan-melenchon-l-extreme-gauche-doit-choisir/

Sur AGORAVOX, le keynésianisme en question: Mélenchon, Keynes or not Keynes ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/25/sur-agoravox-le-keynesianisme-en-question-melenchon-keynes-or-not-keynes/

Le RU, c’est la RUine sociale,

le partage en valeur-travail, c’est la seule issue !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/10/le-ru-cest-la-ruine-sociale-le-partage-en-valeur-travail-cest-la-seule-issue/

Sur AGORAVOX, deux nouveaux débats sur le « revenu universel », version Hamon et autres…

Dont un à propos d’un article du PRCF…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/08/sur-agoravox-deux-nouveaux-debats-sur-le-revenu-universel-version-hamon-et-autres/

« Gauche » de l’arnaque ou Gauche Prolétarienne… Extraits du débat sur AGORAVOX

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/03/gauche-de-larnaque-ou-gauche-proletarienne-extraits-du-debat-sur-agoravox-2/

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« Gauche » de l’arnaque ou Gauche prolétarienne ? La question de volonté politique…!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/30/gauche-de-larnaque-ou-gauche-proletarienne-la-question-de-volonte-politique/

Hamon, 2ème tour, Ou l’arnaque relookée…!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/26/hamon-2eme-tour-ou-larnaque-relookee/

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Plan Mélenchon : l’« extrême-gauche » doit choisir… !!

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Un article repris sur le blog TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/23/plan-melenchon-l-extreme-gauche-doit-choisir/

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NOUVELLE ÉDITION
(Synthèse réactualisée pour Agoravox)

Avec les « ralliements » de Bayrou et De Rugy, on voit bien, aujourd’hui, que le candidat de « barrage » anti-Le Pen choisi par la bourgeoisie libérale, c’est Macron.

Le rôle d’Hamon était d’introduire le vers « revenu universel » dans les restes de la « gauche sociale » en voie de décomposition.

C’est malheureusement chose faite.

Mélenchon, aussi peu sympathique que soit le personnage, représente le dernier carré de résistance de cette « gauche sociale », ou du moins à prétentions telles.

Pour accréditer ces prétentions, il trouve malgré tout le courage de maintenir la revendication d’abrogation de la loi El Khomri, d’une part, et continue de refuser la solution « revenu universel », d’autre part, mais ce qui est cohérent, le « RU » étant bien le petit frère de la loi El Khomri…

http://mai68.org/spip/spip.php?article12105

Pour le reste, son « coup de manivelle à 100 Milliards »,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/19/plan-melenchon-attention-au-retour-de-manivelle/

c’est un pur programme de relance keynésienne bourgeoise, mais en tant que tel, c’est un pis-aller par rapport à ce que les autres candidats ont dans leurs « programmes », soit utra-réacs (de Macron à Fillon ), soit ultra-démagos, (trotsko-réformisme d’ « extrême-gauche »…), soit un peu les deux, Hamon, Le Pen…

Pour l’instant, il est donc préférable d’espérer encore que l’ »union de la gauche » se fasse autour de Mélenchon, ce qui en ferait un candidat de « barrage » en décalage relatif par rapport à la vague ultra-droite en cours…

Agir en conséquence ? C’est simplement rappeler les revendications immédiates, qui peuvent éventuellement aboutir avec Mélenchon, à savoir, refus du RU et abrogation de la loi El Khomri.

Mais cela implique aussi de distinguer ces revendications immédiates des revendications plus fondamentales, autour du partage socialiste du travail, qui n’aboutiront évidemment pas avec un simple changement de président, fut-il formellement d’ »extrême-gauche ».

Il faut donc tenter de regrouper les bonnes volontés prolétariennes autour de ces deux simples revendications immédiates, et dans la foulée, poursuivre le débat sur la valeur-travail que le candidat Hamon a réintroduit, bien involontairement, avec son projet « RU ».

A quelque chose malheur est bon, surtout si on en tire les leçons qui s’imposent !

L’une des premières est qu’avec la « vague » Benoît Hamon revient l’écume médiatique d’une prétendue « raréfaction du travail »…

Avec cette vague, remonte aussi, à la surface des illusions dificiles à perdre, le mythe de la « réduction du temps de travail » comme antidote « efficace » contre le chômage… ( 1 )

En attendant la « disparition totale » du travail, qui serait ainsi promue par le capital lui-même, et vantée comme « abolition du travail » également par les libéraux et par leurs « camarades marxiens » de la « wertkritik » … !! ( 2 )

Alors que cet « argument » ne résiste pas à une analyse économique un tant soit peu sérieuse ( 3 ) ni même au simple bon sens, vu l’ampleur des besoins sociaux élémentaires encore insatisfaits sur la planète.

Ni même, simplement à quelques images…

Il est évident, on l’a déjà vu au cours du débat sur le RU ( 4 ), que l’investissement « robotique » n’est rentable qu’à deux conditions,

__1_qu’il existe un marché solvable pour le produit…

__2_qu’il procure un avantage « concurrentiel » par rapport à ceux qui n’utilisent pas encore cette technologie… (avantage qui disparait donc assez vite…)

C’est pourquoi la « croissance »-accumulation du capital nécessite à la fois et le maintien d’une classe prolétarienne productive et celui d’un « volant de chômage » assez élevé pour en limiter le coût…

C’est aussi pourquoi le « partage du travail entre tous » est tout à fait impossible en régime capitaliste.

C’est aussi pourquoi la « réduction du temps de travail » à 35 heures ne pouvait pas aboutir, ni à un repartage du travail, ni à une baisse du chômage…

C’est aussi pourquoi il en ira de même, avec la revendication purement démagogique des 32 heures, et même la perspective tout aussi démagogique des 30 heures, dans ces conditions…

C’est pourquoi le « débat » sur le RU vient à propos, pour le capital, ébaucher une solution pour faire accepter la précarité, l’institutionnaliser, à court ou moyen terme, comme une forme de « droit social », se substituant, en pratique( 5 ), à ceux laborieusement conquis par les générations précédentes.

Le RU est donc bien le petit frère de la loi El Khomri, et on comprend l’empressement de Hamon à en conserver dans son « écurie présidentielle » l’inspiratrice supposée…

Mais parmi les supposés « ennemis » de la loi El Khomri et du RU, on trouve principalement les tenants d’ »extrême-gauche » de la revendication des 32 heures…

Et certains qui osent en plus s’affirmer « anticapitalistes »…

On comprend aisément que leur influence sur le prolétariat soit en chute libre depuis quelques années, mais ils n’en continuent pas moins à prétendre représenter une alternative sociale crédible…

Voyons déjà ce qu’il en est pour l’inénarrable NPA et ses pathétiquement célèbres duettistes Poutou et Besancenot…

Au lendemain de la « défaite » de Valls aux primaires, voici comment Poutou se posait en alternative à Benoît Hamon :

« Avec sa proposition de revenu universel, Hamon propose de mettre en place un faible filet de sécurité de quelques centaines d’euros (pas financé), pour un monde du travail qui serait condamné au chômage de masse et à la précarité généralisée… A l’opposé de cette résignation qui se pare des atours de la nouveauté, il faut se battre pour la continuité du salaire même en cas de perte de son emploi, l’interdiction des licenciements, un Smic à 1700 euros net, l’augmentation des salaires et une réduction massive du temps de travail, véritables moyens de faire reculer durablement le chômage et de garantir de nouveaux droits sociaux. »

http://www.revolutionpermanente.fr/Declaration-de-Philippe-Poutou-Valls-prend-une-bonne-claque-mais-rien-n-est-regle?fb_comment_id=1397614420278082_1397629260276598#f523827710fe12

Et si l’on avait encore un doute sur l’aspect « réformiste », c’est à dire supposé compatible avec le capitalisme, de ce « processus », cette logorrhée démagogique, devrait-on dire, il est clairement levé dans ce « document de campagne » :

http://sante-secu-social.npa2009.org/IMG/pdf/fiche_16_revenu_de_base_ou_salaire_a_vie.pdf

« …une autre revendication essentielle, celle du droit au travail pour toutes et tous, grâce au partage du travail. Il ne faut pas abolir les 35 heures, mais au contraire passer immédiatement aux 32 heures, sans diminution de salaire, avec embauche proportionnelle à la réduction et continuer à abaisser le temps de travail pour arriver à l’extinction du chômage. »

On ne peut mieux résumer l’absurdité du raisonnement qui prétend « imposer » mécaniquement une réduction du chômage par une réduction du temps de travail, ainsi présentée comme une forme de « partage », alors que quinze ans de pratique des 35 heures ont démontré à suffisance l’ineptie de ce concept !

Mais il est vrai que pour tenter de « crédibiliser » sa démarche manipulatoire, le NPA se pose en « grand défenseur » de la Sécu, voulant même y faire fusionner l’assurance chômage et la transformer finalement en un remake encore plus réformiste et improbable du « salaire à vie », le « super-RU » du non moins inénarrable Bernard Friot…

http://www.lci.fr/elections/olivier-besancenot-lci-le-revenu-universel-est-une-fausse-bonne-idee-2023192.html

En même temps, on n’en comprend pas vraiment l’utilité, puisque Poutou propose également l’ »interdiction des licenciements », toujours comme mesure compatible avec le capitalisme…

https://www.poutou2017.org/actualite/pour-combattre-le-chomage-il-faut-interdire-les-licenciements

(Notamment à partir de 6 minutes, mais l’ensemble vaut par son comique, même si bien involontaire…)

Ratisser tous azimuts, dans le spectre le plus large possible de la démagogie « réformiste », telle semble être la stratégie politique obsessionnelle de fuite au néant du NPA…

Et avec quel « enthousiasme », quelle « conviction », il faut le voir pour le croire…

https://fr-fr.facebook.com/poutou.philippe/videos/1225610910825437/

Dans la mesure où il apparait maintenant improbable que la candidature Poutou aboutisse, cela peut sembler être, surtout au vu de cette vidéo, tirer sur une ambulance, mais dans la mesure où le NPA continue de « drainer » diverses forces militantes entretenant l’illusion qui avait présidé à sa création, il n’était donc pas inutile de procéder à son autopsie…

Du côté de « Lutte Ouvrière » on aurait presque pu croire à une « renaissance par clonage », lors de la « transmission de relai » entre Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud… Mais manifestement, la greffe médiatique est ratée, et quant au fond, il faut encore à l’ »héritière » tenter de se démarquer « à gauche » du fiasco Poutou…

Elle ne reprend pas formellement la démagogie des 32 heures, mais tente d’ébaucher un « partage du travail » sur une base à priori correcte, correspondant mieux aux besoins sociaux, mais dont la réalisation est toujours supposée compatible avec le capitalisme :

« Et pour imposer les embauches nécessaires, il faut recenser les besoins dans tous les secteurs, dans toutes les professions et dans toutes les régions. Pour donner un travail utile, il faut faire le compte de tout ce qui manque aujourd’hui en matière de construction de logements, d’écoles, d’hôpitaux, de moyens de transport, de routes, etc. Cela nécessite que les travailleurs et la population exercent un contrôle sur l’organisation de l’économie.

Ce ne sont pas les bulletins de vote qui obligeront la classe capitaliste à abandonner une part de ses profits passés, présents et à venir. « 

Autrement dit, un simple « contrôle populaire » de type « cogestion », tel que supposé « renaitre » à la Sécu par le NPA, permettrait de « partager », en fait, les profits du capital… !

Le but de la « lutte ouvrière » ne serait donc pas ainsi de socialiser les moyens de production, mais de coller, par la lutte, quelques bouts d’ailes au patronat pour le transformer en un club d’anges de charité…

Et si l’on avait encore un doute sur le fond réformiste de ce « contrôle populaire », il suffit là aussi de lire dans les premières lignes du « document de campagne » de la candidate :

http://www.nathalie-arthaud.info/sites/default/files/documents/4pages_presidentielle2017.pdf

« Alors, il faut interdire les licenciements et les plans de suppression d’emplois, à commencer par les entreprises qui font des profits. Et il faut répartir le travail entre tous les travailleurs, sans perte de salaire. Le grand patronat a largement de quoi payer. »

A vot’ bon cœur, M’sieu’Dames… !

Et pour le reste, finalement :

« Voter pour elle c’est voter pour des revendications qui seules pourront mettre fin au drame du chômage et de tout ce qui l’accompagne. »

Fin de la pirouette…

Alors qu’à l’évidence, la construction d’un équilibre économique entre besoins sociaux et forces productives exige la définition d’un modèle recensant ces deux aspects du problème, mais établi sur un budget lui-même en équilibre, c’est à dire défini en base valeur-travail, et non en fonction du profit capitaliste, avec lequel il est tout à fait incompatible par nature, comme simplement exposé en début de cet article.

Le débat et le combat ne peuvent mener à une solution que autour de la valeur-travail, de la loi de la valeur, et de la façon dont elle doit s’appliquer directement dans cette phase de transition que constitue le socialisme prolétarien.

Vouloir entretenir l’illusion d’une phase de transition à l’intérieur même du capitalisme est voué à l’échec et ne peut qu’aboutir à renforcer l’emprise du social-fascisme sur les classes populaires, par la démagogie qu’elle implique.

Luniterre

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Rappel,

2 revendications immédiates,

7 points du débat de fond.

La candidature Mélenchon ne vaut

pour les prolétaires que sur 2 points :

_RETRAIT de la « Loi El Khomri »

_REFUS de la solution « RU-Hamon »

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Les 7 points du débat de fond :

__L’avenir du mouvement social n’existe réellement qu’autour des revendications pour un réel partage socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels :

__Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

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NOTES :

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( 1 Partage du travail ou « réduction du temps de travail », c’est pas la même chose 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

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( 2 https://tribunemlreypa.wordpress.com/___-marx-au-banc-dessai-de-lhistoire-contre-la-wertkritik-trois-articles-sur-leconomie-politique-du-socialisme-___/

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Marx-au-banc-d’essai-de-l’histoire  )

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( 3 http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2015/06/01/le-mythe-de-la-robotisation-detruisant-des-emplois-par-millions-1/

http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2017/01/08/l%E2%80%99hypothese-de-%C2%AB-la-fin-du-travail-%C2%BB-qui-fonde-le-projet-de-revenu-universel-de-benoit-hamon-est-tres-contestable/

http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-166273-demain-tous-chomeurs-le-mythe-de-la-rarefaction-du-travail-2065172.php

http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-decryptage-eco/le-decryptage-eco-faut-il-vraiment-croire-a-la-rarefaction-du-travail_2028424.html )

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( 4 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/08/sur-agoravox-deux-nouveaux-debats-sur-le-revenu-universel-version-hamon-et-autres/

Voir le 2ème débat, à propos de l’article du PRCF… )

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( 5 sur Tribune Marxiste-Léniniste

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/26/hamon-2eme-tour-ou-larnaque-relookee/

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Sur SOLYDAIRINFO  :

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/02/10/le-ru-cest-la-ruine-sociale-le-partage-en-valeur-travail-cest-la-seule-issue/ )

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*****************

Sources de l’article sur TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE :

Plan Mélenchon : attention au retour de manivelle !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/19/plan-melenchon-attention-au-retour-de-manivelle/

Combattre le capital ou « cogérer-Kollaborer », l’ »extrême-gauche » doit choisir !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/19/combattre-le-capital-ou-cogerer-kollaborer-lextreme-gauche-doit-choisir/

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Partage du travail ou « réduction du temps de travail », c’est pas la même chose!

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Un article de Pierre Grindsable,

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Repris sur 

FRONT
des LAïCS

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https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

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gpc-ago



« Loi El Khomri, précarité à vie, cette société là, on n’en veut pas ! »

Tel était le mot d’ordre au printemps dernier…

Un nouveau « printemps » approche, avec la présidentielle, et la précarité a continué de s’installer, déjà avec le passage en force de la Loi EL Khomri, et aujourd’hui, la seule perspective « sociale » qui nous est officiellement présentée dans ces élections est celle du « revenu universel », c’est à dire une institutionnalisation définitive de la précarité, et en fait, de la misère qui va avec.

Dès sa première « étape » la mise en place du programme de Benoît Hamon implique la suppression de nombreux droits sociaux existants, mais qui n’auront plus leur équivalent dans le « revenu universel », notamment et de façon flagrante pour les familles monoparentales, réduites à vivre en tout et pour tout avec le montant du seul « revenu universel » indépendamment du nombre d’enfant à élever!

Ce n’est donc pas le prétendu « partage des richesses » qui nous est proposé, et encore moins, celui du travail, mais simplement celui de la misère et du chômage.

Un peu d’histoire sociale… Remontons en Septembre 1996… Un peu plus de 20 ans, déjà…

Le temps de travail était alors à 39 heures… (Suite aux « efforts » de Mitterrand en 1982…), …La perspective des 35 heures était à l’horizon 2000…

Voici donc, en Septembre 1996, ce qu’écrivait le « Réseau AC!-Agir contre le chômage et la précarité » (*), qui semble encore exister de nos jours, du reste…:

« LA REDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL, une histoire ancienne

En 1896, en France, un salarié travaillait en moyenne 2 913 heures par an, la population active occupée était de 20,6 millions de travailleurs. L’économie employait donc 60,1 milliards d’heures de travail humain.

En 1991, un salarié travaillait en moyenne 1 537 heures par an. la population active occupée était de 22,2 millions de travailleurs. L’économie n’utilisait donc plus que 34,1 milliards d’heures de travail humain.

Si les salariés d’aujourd’hui travaillaient 2 913 heures par an comme en 1896, la population active occupée ne serait que de 11,7 millions. Dans ce cas, la France compterait 10,5 millions de chômeurs de plus. »

Aujourd’hui, les 35 heures sont une réalité déjà ancienne et carrément remise en cause…

Le chômage n’a cessé de progresser, et le retour au plein emploi est déclaré impossible par de prétendus « spécialistes », « experts », « économistes », etc…

Par rapport à la réduction du temps de travail historiquement constatée, AC! osait prétendre ceci:

« C’est la réduction de près de la moitié de la durée du travail qui a créé ces dix millions d’emplois. »

Si cela était la vérité, pourquoi la nouvelle réduction du temps de travail a-t-elle accru le chômage…?

La réalité est évidemment tout autre: le capitalisme crée plus d’emploi qu’il n’en détruit seulement en période de forte croissance, et alors que réduction du temps de travail va avec augmentation de la productivité.

Dans la période de crise actuelle, il y a longtemps que l’augmentation de la productivité, qui s’est pourtant encore accrue, ne compense plus pour la faiblesse de la « croissance », quasi nulle.

C’est pourquoi la simple réduction du temps de travail, effectuée de manière arbitraire, à 35, 32, voire 30 heures, ne peut pas mener mécaniquement à un réel partage du travail.

Accouplée à un système de « revenu universel », elle ne peut mener qu’à un accroissement de la précarité, par une baisse généralisée des salaires, une stagnation, et même très certainement, une remise en cause du SMIC, déjà effective à travers les emplois « uberisés »!

La véritable leçon à tirer de la « réduction du temps de travail » en régime capitaliste, c’est précisément qu’elle n’a rien à voir avec le principe du « partage du travail »! « Réduction du temps de travail » et « partage du travail » sont en réalité deux notions très différentes:

Le partage du travail, destiné à réduire, et même à supprimer le chômage et la misère, est, quant à lui, tout à fait incompatible avec le capitalisme.

En effet, le partage du travail n’a de sens que si une fois le partage du travail effectué, il en ressort pour tout le monde un niveau de vie décent, et en tout cas, supérieur au seuil de pauvreté.

Cela signifie que le produit du travail ainsi partagé, tant en biens qu’en services, correspond aux besoins sociaux réels des travailleurs et de leurs familles, ainsi qu’aux besoins sociaux de ceux qui sont en retraite ou dans l’incapacité de travailler.

Dans ce cas, les critères de productivité et même de « rentabilité », n’ont plus le même sens.

Leur influence ne concerne alors plus que la durée totale du travail à partager…

La durée moyenne hebdomadaire du travail n’est plus fixée de manière arbitraire à 39, 35, 32 heures, voire 30 heures ou moins, mais simplement en fonction de la durée totale du travail à partager pour satisfaire les besoins sociaux essentiels et biens réels, définis démocratiquement.

Cela s’appelle le socialisme, au véritable sens du terme, et non pas l’ersatz que nous subissons encore, ni même ce miroir aux alouettes que constitue le piège qui nous est tendu par Benoît Hamon.

La question actuelle du candidat unique de la « gauche sociale » n’est toujours pas celle d’une voie au socialisme, car aucun ne parle d’un réel partage du travail, au delà d’une éventuelle « réduction du temps de travail », qui ne mène à rien, sinon à plus de chômage et de misère, même et surtout avec un « revenu universel » qui entérinera définitivement la précarité, l' »uberisation », et partant de là, la réduction drastique des droits sociaux encore actuellement existants.

Dans la mesure où la question ne porte plus que sur la sauvegarde hypothétique de ces droits, il est clair que c’est le candidat Hamon qui doit se retirer en faveur du candidat Mélenchon.

Mais l’avenir du mouvement social n’existe réellement qu’autour des revendications pour un réel partage socialiste du travail:

__Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

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Pierre Grindsable

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( *30 Septembre 1996:   http://www.ac.eu.org/spip.php?article40    )

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(A savoir: cet article clos la série des mises à jour sur la pétition petition

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Article repris également sur:

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TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

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finale

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