solydairinfo

Plan Mélenchon : l’« extrême-gauche » doit choisir… !!

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Un article repris sur le blog TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/23/plan-melenchon-l-extreme-gauche-doit-choisir/

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NOUVELLE ÉDITION
(Synthèse réactualisée pour Agoravox)

Avec les « ralliements » de Bayrou et De Rugy, on voit bien, aujourd’hui, que le candidat de « barrage » anti-Le Pen choisi par la bourgeoisie libérale, c’est Macron.

Le rôle d’Hamon était d’introduire le vers « revenu universel » dans les restes de la « gauche sociale » en voie de décomposition.

C’est malheureusement chose faite.

Mélenchon, aussi peu sympathique que soit le personnage, représente le dernier carré de résistance de cette « gauche sociale », ou du moins à prétentions telles.

Pour accréditer ces prétentions, il trouve malgré tout le courage de maintenir la revendication d’abrogation de la loi El Khomri, d’une part, et continue de refuser la solution « revenu universel », d’autre part, mais ce qui est cohérent, le « RU » étant bien le petit frère de la loi El Khomri…

http://mai68.org/spip/spip.php?article12105

Pour le reste, son « coup de manivelle à 100 Milliards »,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/19/plan-melenchon-attention-au-retour-de-manivelle/

c’est un pur programme de relance keynésienne bourgeoise, mais en tant que tel, c’est un pis-aller par rapport à ce que les autres candidats ont dans leurs « programmes », soit utra-réacs (de Macron à Fillon ), soit ultra-démagos, (trotsko-réformisme d’ « extrême-gauche »…), soit un peu les deux, Hamon, Le Pen…

Pour l’instant, il est donc préférable d’espérer encore que l’ »union de la gauche » se fasse autour de Mélenchon, ce qui en ferait un candidat de « barrage » en décalage relatif par rapport à la vague ultra-droite en cours…

Agir en conséquence ? C’est simplement rappeler les revendications immédiates, qui peuvent éventuellement aboutir avec Mélenchon, à savoir, refus du RU et abrogation de la loi El Khomri.

Mais cela implique aussi de distinguer ces revendications immédiates des revendications plus fondamentales, autour du partage socialiste du travail, qui n’aboutiront évidemment pas avec un simple changement de président, fut-il formellement d’ »extrême-gauche ».

Il faut donc tenter de regrouper les bonnes volontés prolétariennes autour de ces deux simples revendications immédiates, et dans la foulée, poursuivre le débat sur la valeur-travail que le candidat Hamon a réintroduit, bien involontairement, avec son projet « RU ».

A quelque chose malheur est bon, surtout si on en tire les leçons qui s’imposent !

L’une des premières est qu’avec la « vague » Benoît Hamon revient l’écume médiatique d’une prétendue « raréfaction du travail »…

Avec cette vague, remonte aussi, à la surface des illusions dificiles à perdre, le mythe de la « réduction du temps de travail » comme antidote « efficace » contre le chômage… ( 1 )

En attendant la « disparition totale » du travail, qui serait ainsi promue par le capital lui-même, et vantée comme « abolition du travail » également par les libéraux et par leurs « camarades marxiens » de la « wertkritik » … !! ( 2 )

Alors que cet « argument » ne résiste pas à une analyse économique un tant soit peu sérieuse ( 3 ) ni même au simple bon sens, vu l’ampleur des besoins sociaux élémentaires encore insatisfaits sur la planète.

Ni même, simplement à quelques images…

Il est évident, on l’a déjà vu au cours du débat sur le RU ( 4 ), que l’investissement « robotique » n’est rentable qu’à deux conditions,

__1_qu’il existe un marché solvable pour le produit…

__2_qu’il procure un avantage « concurrentiel » par rapport à ceux qui n’utilisent pas encore cette technologie… (avantage qui disparait donc assez vite…)

C’est pourquoi la « croissance »-accumulation du capital nécessite à la fois et le maintien d’une classe prolétarienne productive et celui d’un « volant de chômage » assez élevé pour en limiter le coût…

C’est aussi pourquoi le « partage du travail entre tous » est tout à fait impossible en régime capitaliste.

C’est aussi pourquoi la « réduction du temps de travail » à 35 heures ne pouvait pas aboutir, ni à un repartage du travail, ni à une baisse du chômage…

C’est aussi pourquoi il en ira de même, avec la revendication purement démagogique des 32 heures, et même la perspective tout aussi démagogique des 30 heures, dans ces conditions…

C’est pourquoi le « débat » sur le RU vient à propos, pour le capital, ébaucher une solution pour faire accepter la précarité, l’institutionnaliser, à court ou moyen terme, comme une forme de « droit social », se substituant, en pratique( 5 ), à ceux laborieusement conquis par les générations précédentes.

Le RU est donc bien le petit frère de la loi El Khomri, et on comprend l’empressement de Hamon à en conserver dans son « écurie présidentielle » l’inspiratrice supposée…

Mais parmi les supposés « ennemis » de la loi El Khomri et du RU, on trouve principalement les tenants d’ »extrême-gauche » de la revendication des 32 heures…

Et certains qui osent en plus s’affirmer « anticapitalistes »…

On comprend aisément que leur influence sur le prolétariat soit en chute libre depuis quelques années, mais ils n’en continuent pas moins à prétendre représenter une alternative sociale crédible…

Voyons déjà ce qu’il en est pour l’inénarrable NPA et ses pathétiquement célèbres duettistes Poutou et Besancenot…

Au lendemain de la « défaite » de Valls aux primaires, voici comment Poutou se posait en alternative à Benoît Hamon :

« Avec sa proposition de revenu universel, Hamon propose de mettre en place un faible filet de sécurité de quelques centaines d’euros (pas financé), pour un monde du travail qui serait condamné au chômage de masse et à la précarité généralisée… A l’opposé de cette résignation qui se pare des atours de la nouveauté, il faut se battre pour la continuité du salaire même en cas de perte de son emploi, l’interdiction des licenciements, un Smic à 1700 euros net, l’augmentation des salaires et une réduction massive du temps de travail, véritables moyens de faire reculer durablement le chômage et de garantir de nouveaux droits sociaux. »

http://www.revolutionpermanente.fr/Declaration-de-Philippe-Poutou-Valls-prend-une-bonne-claque-mais-rien-n-est-regle?fb_comment_id=1397614420278082_1397629260276598#f523827710fe12

Et si l’on avait encore un doute sur l’aspect « réformiste », c’est à dire supposé compatible avec le capitalisme, de ce « processus », cette logorrhée démagogique, devrait-on dire, il est clairement levé dans ce « document de campagne » :

http://sante-secu-social.npa2009.org/IMG/pdf/fiche_16_revenu_de_base_ou_salaire_a_vie.pdf

« …une autre revendication essentielle, celle du droit au travail pour toutes et tous, grâce au partage du travail. Il ne faut pas abolir les 35 heures, mais au contraire passer immédiatement aux 32 heures, sans diminution de salaire, avec embauche proportionnelle à la réduction et continuer à abaisser le temps de travail pour arriver à l’extinction du chômage. »

On ne peut mieux résumer l’absurdité du raisonnement qui prétend « imposer » mécaniquement une réduction du chômage par une réduction du temps de travail, ainsi présentée comme une forme de « partage », alors que quinze ans de pratique des 35 heures ont démontré à suffisance l’ineptie de ce concept !

Mais il est vrai que pour tenter de « crédibiliser » sa démarche manipulatoire, le NPA se pose en « grand défenseur » de la Sécu, voulant même y faire fusionner l’assurance chômage et la transformer finalement en un remake encore plus réformiste et improbable du « salaire à vie », le « super-RU » du non moins inénarrable Bernard Friot…

http://www.lci.fr/elections/olivier-besancenot-lci-le-revenu-universel-est-une-fausse-bonne-idee-2023192.html

En même temps, on n’en comprend pas vraiment l’utilité, puisque Poutou propose également l’ »interdiction des licenciements », toujours comme mesure compatible avec le capitalisme…

https://www.poutou2017.org/actualite/pour-combattre-le-chomage-il-faut-interdire-les-licenciements

(Notamment à partir de 6 minutes, mais l’ensemble vaut par son comique, même si bien involontaire…)

Ratisser tous azimuts, dans le spectre le plus large possible de la démagogie « réformiste », telle semble être la stratégie politique obsessionnelle de fuite au néant du NPA…

Et avec quel « enthousiasme », quelle « conviction », il faut le voir pour le croire…

https://fr-fr.facebook.com/poutou.philippe/videos/1225610910825437/

Dans la mesure où il apparait maintenant improbable que la candidature Poutou aboutisse, cela peut sembler être, surtout au vu de cette vidéo, tirer sur une ambulance, mais dans la mesure où le NPA continue de « drainer » diverses forces militantes entretenant l’illusion qui avait présidé à sa création, il n’était donc pas inutile de procéder à son autopsie…

Du côté de « Lutte Ouvrière » on aurait presque pu croire à une « renaissance par clonage », lors de la « transmission de relai » entre Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud… Mais manifestement, la greffe médiatique est ratée, et quant au fond, il faut encore à l’ »héritière » tenter de se démarquer « à gauche » du fiasco Poutou…

Elle ne reprend pas formellement la démagogie des 32 heures, mais tente d’ébaucher un « partage du travail » sur une base à priori correcte, correspondant mieux aux besoins sociaux, mais dont la réalisation est toujours supposée compatible avec le capitalisme :

« Et pour imposer les embauches nécessaires, il faut recenser les besoins dans tous les secteurs, dans toutes les professions et dans toutes les régions. Pour donner un travail utile, il faut faire le compte de tout ce qui manque aujourd’hui en matière de construction de logements, d’écoles, d’hôpitaux, de moyens de transport, de routes, etc. Cela nécessite que les travailleurs et la population exercent un contrôle sur l’organisation de l’économie.

Ce ne sont pas les bulletins de vote qui obligeront la classe capitaliste à abandonner une part de ses profits passés, présents et à venir. « 

Autrement dit, un simple « contrôle populaire » de type « cogestion », tel que supposé « renaitre » à la Sécu par le NPA, permettrait de « partager », en fait, les profits du capital… !

Le but de la « lutte ouvrière » ne serait donc pas ainsi de socialiser les moyens de production, mais de coller, par la lutte, quelques bouts d’ailes au patronat pour le transformer en un club d’anges de charité…

Et si l’on avait encore un doute sur le fond réformiste de ce « contrôle populaire », il suffit là aussi de lire dans les premières lignes du « document de campagne » de la candidate :

http://www.nathalie-arthaud.info/sites/default/files/documents/4pages_presidentielle2017.pdf

« Alors, il faut interdire les licenciements et les plans de suppression d’emplois, à commencer par les entreprises qui font des profits. Et il faut répartir le travail entre tous les travailleurs, sans perte de salaire. Le grand patronat a largement de quoi payer. »

A vot’ bon cœur, M’sieu’Dames… !

Et pour le reste, finalement :

« Voter pour elle c’est voter pour des revendications qui seules pourront mettre fin au drame du chômage et de tout ce qui l’accompagne. »

Fin de la pirouette…

Alors qu’à l’évidence, la construction d’un équilibre économique entre besoins sociaux et forces productives exige la définition d’un modèle recensant ces deux aspects du problème, mais établi sur un budget lui-même en équilibre, c’est à dire défini en base valeur-travail, et non en fonction du profit capitaliste, avec lequel il est tout à fait incompatible par nature, comme simplement exposé en début de cet article.

Le débat et le combat ne peuvent mener à une solution que autour de la valeur-travail, de la loi de la valeur, et de la façon dont elle doit s’appliquer directement dans cette phase de transition que constitue le socialisme prolétarien.

Vouloir entretenir l’illusion d’une phase de transition à l’intérieur même du capitalisme est voué à l’échec et ne peut qu’aboutir à renforcer l’emprise du social-fascisme sur les classes populaires, par la démagogie qu’elle implique.

Luniterre

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Rappel,

2 revendications immédiates,

7 points du débat de fond.

La candidature Mélenchon ne vaut

pour les prolétaires que sur 2 points :

_RETRAIT de la « Loi El Khomri »

_REFUS de la solution « RU-Hamon »

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Les 7 points du débat de fond :

__L’avenir du mouvement social n’existe réellement qu’autour des revendications pour un réel partage socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels :

__Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

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NOTES :

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( 1 Partage du travail ou « réduction du temps de travail », c’est pas la même chose 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

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( 2 https://tribunemlreypa.wordpress.com/___-marx-au-banc-dessai-de-lhistoire-contre-la-wertkritik-trois-articles-sur-leconomie-politique-du-socialisme-___/

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Marx-au-banc-d’essai-de-l’histoire  )

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( 3 http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2015/06/01/le-mythe-de-la-robotisation-detruisant-des-emplois-par-millions-1/

http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2017/01/08/l%E2%80%99hypothese-de-%C2%AB-la-fin-du-travail-%C2%BB-qui-fonde-le-projet-de-revenu-universel-de-benoit-hamon-est-tres-contestable/

http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-166273-demain-tous-chomeurs-le-mythe-de-la-rarefaction-du-travail-2065172.php

http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-decryptage-eco/le-decryptage-eco-faut-il-vraiment-croire-a-la-rarefaction-du-travail_2028424.html )

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( 4 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/08/sur-agoravox-deux-nouveaux-debats-sur-le-revenu-universel-version-hamon-et-autres/

Voir le 2ème débat, à propos de l’article du PRCF… )

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( 5 sur Tribune Marxiste-Léniniste

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/26/hamon-2eme-tour-ou-larnaque-relookee/

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Sur SOLYDAIRINFO  :

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/02/10/le-ru-cest-la-ruine-sociale-le-partage-en-valeur-travail-cest-la-seule-issue/ )

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Sources de l’article sur TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE :

Plan Mélenchon : attention au retour de manivelle !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/19/plan-melenchon-attention-au-retour-de-manivelle/

Combattre le capital ou « cogérer-Kollaborer », l’ »extrême-gauche » doit choisir !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/19/combattre-le-capital-ou-cogerer-kollaborer-lextreme-gauche-doit-choisir/

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Partage du travail ou « réduction du temps de travail », c’est pas la même chose!

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Un article de Pierre Grindsable,

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Repris sur 

FRONT
des LAïCS

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https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

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gpc-ago



« Loi El Khomri, précarité à vie, cette société là, on n’en veut pas ! »

Tel était le mot d’ordre au printemps dernier…

Un nouveau « printemps » approche, avec la présidentielle, et la précarité a continué de s’installer, déjà avec le passage en force de la Loi EL Khomri, et aujourd’hui, la seule perspective « sociale » qui nous est officiellement présentée dans ces élections est celle du « revenu universel », c’est à dire une institutionnalisation définitive de la précarité, et en fait, de la misère qui va avec.

Dès sa première « étape » la mise en place du programme de Benoît Hamon implique la suppression de nombreux droits sociaux existants, mais qui n’auront plus leur équivalent dans le « revenu universel », notamment et de façon flagrante pour les familles monoparentales, réduites à vivre en tout et pour tout avec le montant du seul « revenu universel » indépendamment du nombre d’enfant à élever!

Ce n’est donc pas le prétendu « partage des richesses » qui nous est proposé, et encore moins, celui du travail, mais simplement celui de la misère et du chômage.

Un peu d’histoire sociale… Remontons en Septembre 1996… Un peu plus de 20 ans, déjà…

Le temps de travail était alors à 39 heures… (Suite aux « efforts » de Mitterrand en 1982…), …La perspective des 35 heures était à l’horizon 2000…

Voici donc, en Septembre 1996, ce qu’écrivait le « Réseau AC!-Agir contre le chômage et la précarité » (*), qui semble encore exister de nos jours, du reste…:

« LA REDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL, une histoire ancienne

En 1896, en France, un salarié travaillait en moyenne 2 913 heures par an, la population active occupée était de 20,6 millions de travailleurs. L’économie employait donc 60,1 milliards d’heures de travail humain.

En 1991, un salarié travaillait en moyenne 1 537 heures par an. la population active occupée était de 22,2 millions de travailleurs. L’économie n’utilisait donc plus que 34,1 milliards d’heures de travail humain.

Si les salariés d’aujourd’hui travaillaient 2 913 heures par an comme en 1896, la population active occupée ne serait que de 11,7 millions. Dans ce cas, la France compterait 10,5 millions de chômeurs de plus. »

Aujourd’hui, les 35 heures sont une réalité déjà ancienne et carrément remise en cause…

Le chômage n’a cessé de progresser, et le retour au plein emploi est déclaré impossible par de prétendus « spécialistes », « experts », « économistes », etc…

Par rapport à la réduction du temps de travail historiquement constatée, AC! osait prétendre ceci:

« C’est la réduction de près de la moitié de la durée du travail qui a créé ces dix millions d’emplois. »

Si cela était la vérité, pourquoi la nouvelle réduction du temps de travail a-t-elle accru le chômage…?

La réalité est évidemment tout autre: le capitalisme crée plus d’emploi qu’il n’en détruit seulement en période de forte croissance, et alors que réduction du temps de travail va avec augmentation de la productivité.

Dans la période de crise actuelle, il y a longtemps que l’augmentation de la productivité, qui s’est pourtant encore accrue, ne compense plus pour la faiblesse de la « croissance », quasi nulle.

C’est pourquoi la simple réduction du temps de travail, effectuée de manière arbitraire, à 35, 32, voire 30 heures, ne peut pas mener mécaniquement à un réel partage du travail.

Accouplée à un système de « revenu universel », elle ne peut mener qu’à un accroissement de la précarité, par une baisse généralisée des salaires, une stagnation, et même très certainement, une remise en cause du SMIC, déjà effective à travers les emplois « uberisés »!

La véritable leçon à tirer de la « réduction du temps de travail » en régime capitaliste, c’est précisément qu’elle n’a rien à voir avec le principe du « partage du travail »! « Réduction du temps de travail » et « partage du travail » sont en réalité deux notions très différentes:

Le partage du travail, destiné à réduire, et même à supprimer le chômage et la misère, est, quant à lui, tout à fait incompatible avec le capitalisme.

En effet, le partage du travail n’a de sens que si une fois le partage du travail effectué, il en ressort pour tout le monde un niveau de vie décent, et en tout cas, supérieur au seuil de pauvreté.

Cela signifie que le produit du travail ainsi partagé, tant en biens qu’en services, correspond aux besoins sociaux réels des travailleurs et de leurs familles, ainsi qu’aux besoins sociaux de ceux qui sont en retraite ou dans l’incapacité de travailler.

Dans ce cas, les critères de productivité et même de « rentabilité », n’ont plus le même sens.

Leur influence ne concerne alors plus que la durée totale du travail à partager…

La durée moyenne hebdomadaire du travail n’est plus fixée de manière arbitraire à 39, 35, 32 heures, voire 30 heures ou moins, mais simplement en fonction de la durée totale du travail à partager pour satisfaire les besoins sociaux essentiels et biens réels, définis démocratiquement.

Cela s’appelle le socialisme, au véritable sens du terme, et non pas l’ersatz que nous subissons encore, ni même ce miroir aux alouettes que constitue le piège qui nous est tendu par Benoît Hamon.

La question actuelle du candidat unique de la « gauche sociale » n’est toujours pas celle d’une voie au socialisme, car aucun ne parle d’un réel partage du travail, au delà d’une éventuelle « réduction du temps de travail », qui ne mène à rien, sinon à plus de chômage et de misère, même et surtout avec un « revenu universel » qui entérinera définitivement la précarité, l' »uberisation », et partant de là, la réduction drastique des droits sociaux encore actuellement existants.

Dans la mesure où la question ne porte plus que sur la sauvegarde hypothétique de ces droits, il est clair que c’est le candidat Hamon qui doit se retirer en faveur du candidat Mélenchon.

Mais l’avenir du mouvement social n’existe réellement qu’autour des revendications pour un réel partage socialiste du travail:

__Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

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Pierre Grindsable

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( *30 Septembre 1996:   http://www.ac.eu.org/spip.php?article40    )

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(A savoir: cet article clos la série des mises à jour sur la pétition petition

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Article repris également sur:

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TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

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finale

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Le RU, c’est la RUine sociale, le partage en valeur-travail, c’est la seule issue !!

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Un article de Pierre Grindsable,

Repris sur 

FRONT
des LAïCS

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/10/le-ru-cest-la-ruine-sociale-le-partage-en-valeur-travail-cest-la-seule-issue/

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kduk

petition

Bonjour,

Aujourd’hui, il est bientôt temps de clore cette pétition (*), qui n’a plus de sens, et qui n’en a pas eu longtemps, il est vrai…

La problématique du « revenu universel » a en effet largement supplanté celle de la loi El Khomri…

Aujourd’hui, selon le dernier sondage diffusé

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN15P17G

Hamon (16%), et Mélenchon (13%), représentent ensemble une dynamique potentielle (29%), avec le renfort éventuel des « verts » (+1% >>>total aux environs de 30%), pour amener la gauche d’inspiration « sociale » au second tour, c’est à dire à la victoire, en fait…

Pour autant, l’alliance n’est pas encore faite…

Le candidat qui parait presque « crédible » au regard des critères de notre pétition, reste Mélenchon, dans la seule mesure où il continue à ne pas intégrer le RU dans son programme et à maintenir l’option d’abrogation de la loi El Khomri.

Parmi ses militants, dont nous ne sommes pas, certains avaient déjà osé mettre en doute la « crédibilité » de Hamon sur plusieurs points, et y compris sur le RU.

L’approche définie par ce groupe de militants,

https://blogs.mediapart.fr/yvster14/blog/310117/larnaque-hamon

https://comptoir.org/2017/01/30/benoit-hamon-lennemi-autorise-du-capital/

cette approche est assez proche de la notre pour ce qui concerne la question du partage du travail, qui reste la seule solution viable à la crise, si on a la volonté de régler ce partage correctement, c’est à dire en rupture avec le capitalisme.

Ce site reprend notamment cette approche d’un « économiste atterré », qui, sur ce point, fait un constat évident:

« __Dany Lang : « C’est une proposition qui acte l’idée de la fin du travail, c’est-à-dire que le plein emploi ne pourra plus être assuré pour tous. Or, dans une société où il y a beaucoup de besoins sociaux non satisfaits, parce que les mécanismes du marché n’arrivent pas à les satisfaire et parce que l’État et les collectivités ne prennent pas leurs responsabilités, il y a de la place pour davantage de travail et pour un travail mieux partagé. Acter l’idée de la fin de la possibilité du plein emploi au vu de l’immensité des besoins sociaux non satisfaits me paraît quelque peu curieux. »

Désastreux, en réalité…!

Mais même en dehors de cette citation, particulièrement significative, l’article présente le RU dans son contexte concret et ses conséquences:

« __Le revenu universel a vocation à remplacer une bonne partie des prestations sociales en fournissant aux individus une allocation inconditionnelle pour tous. Pourtant, la multiplication des prestations sociales a justement pour but de répondre à des besoins bien spécifiques. Un bénéficiaire de l’allocation handicapé ou de l’allocation pour mère isolée n’a pas les mêmes besoins financiers qu’un couple de cadres dynamiques. La création d’un revenu universel autour de 700 euros risque de défavoriser ceux qui ont le plus besoin de la solidarité nationale. Enfin, la mise en œuvre par l’État d’un tel revenu est une totale remise en cause du consensus issu de 1945, qui permettait une gestion paritaire de la Sécu entre les partenaires sociaux. Si les gouvernements possèdent les pleins pouvoirs sur la fixation ou les modalités du revenu de base, comment sera-t-on en mesure d’assurer sa pérennité et un niveau décent lors de l’élection d’un gouvernement ultra-libéral ? »

Faut-il pour autant appeler à voter Mélenchon? En l’état actuel des choses, c’est Hamon, porté par l’intox médiatique démagogique autour du RU, qui occupe la position stratégique dans une alliance éventuelle. Il est difficile d’anticiper, comme le prouve la très courte vie de notre pétition, mais il est peu probable qu’une alliance à trois (Hamon-Jadot-Mélenchon), ou même à deux, puisse maintenant revenir en arrière sur ce point du RU, sauf sous la pression populaire en faveur d’autres revendications…

Ce qui devient donc important, c’est plutôt de remettre en avant le principe du partage du travail, non pas dans l’esprit d’une « réduction » au pifomètre du temps de travail hebdomadaire, décidée par une bureaucratie politique quelconque, mais bien au contraire dans l’esprit d’une répartition du travail en fonction des besoins sociaux réels à satisfaire.

Ce qui implique une rupture avec le capitalisme.

En effet, si le travail partagé entre tous est réparti de façon à répondre aux besoins sociaux essentiels, c’est la durée moyenne pour remplir cet objectif qui devient la nouvelle règle du temps de travail, et quelle que soit cette durée, le salaire, même au « SMIC », qui en découlera, sera par définition réajusté en correspondance pour accéder à ces besoins, notamment au logement.

Et le système de santé s’en trouvera non seulement préservé, mais amélioré, et non plus en « peau de chagrin », comme aujourd’hui.

Le travail, partagé collectivement, doit inclure évidemment une part pour assurer les besoins de solidarité avec les retraités, les handicapés, sur tous les plans, et notamment sur le plan logement.

En résumé:

__Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

Pierre Grindsable

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( *  https://www.change.org/p/adress%C3%A9e-%C3%A0-tous-les-candidats-de-gauche-r%C3%A9cup%C3%A9rant-ce-slogan-en-2017-abolir-enfin-la-loi-el-khomri   )

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Catherine Joffroy : « J’ai voulu prendre, à 18 ans, la nationalité soviétique »

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Catherine Joffroy  :
«  J’ai voulu prendre,
à 18 ans,
la nationalité soviétique  »

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Catherine Joffroy

est avocate associée au sein du cabinet Dentons.

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Venue en Russie en 1978,

alors qu’elle n’était qu’une adolescente,

elle ne s’en est jamais détournée

et y séjourne, depuis, plusieurs mois par an.

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Rencontre avec une férue de la Russie.

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Une interview reprise du site Le Courrier de Russie 

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Le Courrier de Russie  : D’où venez-vous  ?

Catherine Joffroy  : Je suis née dans l’est de la France, puis ai grandi à Toulouse.

LCDR  : Pourquoi la Russie  ?

C.J.  : Mon père, professeur de médecine, voulait que j’apprenne le russe  : en tant qu’anti-communiste, il pensait qu’il fallait connaître la langue de l’«  ennemi  ». Il disait  : Si ton ennemi d’aujourd’hui devient ton ami de demain, ce que je te souhaite par-dessus tout, tu auras dix ans d’avance sur tout le monde. Ce qui était assez visionnaire  ! Si ça a d’abord impliqué de changer de lycée, ça voulait dire aussi me rendre en URSS dès l’adolescence. Au départ, j’étais contre, évidemment, mais ensuite, je suis tombée totalement amoureuse de la langue russe  : ça a été pour moi une véritable révélation, un coup de foudre.

LCDR  : À quand remonte votre premier séjour en Russie  ?

C.J.  : À 1978 – j’avais 15 ans. Pour les mineurs, à l’époque, la seule possibilité de voyager en Union soviétique était de passer par l’association France-URSS, très engagée dans le combat pour le communisme.

LCDR  : Et ça vous a plu  ?

C.J.  : À partir de cette année 1978, j’ai passé en URSS deux à trois mois par an tous les ans, soit la totalité des vacances scolaires – même l’hiver  ! J’étais complètement accro  ! Nous apprenions le russe et le marxisme-léninisme, et nous séjournions dans des camps de pionniers. Plus je découvrais le pays, plus ça me plaisait.

«  Rien dans les magasins, rien sur les étagères, mais tout sur la table  »

LCDR  : Qu’est-ce qui vous plaisait  ?

C. J.  : J’ai découvert des gens de tous horizons, de toutes cultures, ce furent des années vraiment fabuleuses. Ces années n’avaient rien à voir avec la Russie d’aujourd’hui. Les gens n’avaient rien, et moins ils possédaient, plus ils donnaient  : rien dans les magasins, rien sur les étagères, mais tout sur la table. Il y avait une solidarité très spécifique, une entraide véritablement fraternelle qui, j’imagine, a probablement existé en France après la guerre. Et puis, les étrangers étaient accueillis de façon incroyable (et vous savez à quel point les Russes aiment les Français, ça, ça n’a pas changé malgré tout)  : les gens avaient soif d’échanger, ils venaient nous parler, nous invitaient chez eux – et prenaient des risques en le faisant. Bref, j’étais adolescente, et je ne voyais que le bon côté des choses.

LCDR  : Aucun souvenir négatif, vraiment  ?

C. J.  : Il y a une seule expérience qui m’a traumatisée. Un jour, je suis allée dans une ville interdite aux étrangers – je voulais faire une surprise à des amis qui y habitaient. Je ne l’ai su que des années après, mais j’ai été trahie par quelqu’un de mon entourage  : trois hommes du KGB m’attendaient à la descente du train, et j’ai subi plusieurs heures d’interrogatoire – comme dans les films. J’ai été renvoyée en France sur-le-champ et j’ai bien cru que je ne pourrais jamais revenir. Mais les services ont rapidement compris que j’étais tout sauf une espionne, que j’étais juste… eh bien, une jeune fille.

LCDR  : Comment étaient perçus ces voyages répétés par votre entourage, en France  ?

C.J.  : Tout le monde craignait  que je sois endoctrinée. Mes parents surtout ont pris peur à mes 18 ans – à juste titre, car à l’époque, je voulais prendre la nationalité soviétique  ! J’étais tellement passionnée  ! Le tout s’est soldé par une année complète sans voyage en Russie. Je ne sais pas si j’étais endoctrinée… j’étais totalement déconnectée de la politique. Pour moi, ce qui comptait, c’étaient les êtres humains, la culture, la langue russe… tout était tellement convivial, amical, aux antipodes de l’individualisme. Je n’ai jamais été ni pour, ni contre  : et ça, en France, à l’époque, ce n’était pas compréhensible.

«  La chute du mur a constitué la deuxième plus grande aventure de ma vie  »

LCDR  : Quand êtes-vous finalement venue en Russie pour des raisons professionnelles  ?

C.J.  : En 1990, j’ai prêté serment  : j’avais suivi des études de droit des affaires en France. J’ai tout fait pour que mon métier me permette de continuer à voyager et parler russe. J’étais la seule avocate française à l’époque, je pense, à avoir déjà une telle connaissance du pays, et j’ai rejoint un cabinet d’avocats parisien, où j’étais chargée de la zone de l’ex-URSS. Pendant neuf ans, j’ai fait des allers-retours en Russie tous les mois, car j’étais responsable du bureau de Moscou. La chute du mur a donc constitué la deuxième plus grande aventure de ma vie  : c’était le Far East  !

LCDR  : Quels dossiers vous ont le plus marquée, en tant qu’avocate  ?

C.J.  : Un des dossiers les plus incroyables que j’aie eu à traiter fut celui d’un Français qui voulait implanter des usines de transformation de bois en république de Komi, pour concurrencer la Finlande toute proche. Pendant des mois et des mois, nous avons négocié avec le ministre des forêts de l’époque, Pouchkov, le premier bail forestier jamais rédigé en Russie. En 1992-93, j’ai également créé la filiale de la Société Générale à Moscou  : la première banque étrangère, à l’époque, à avoir reçu une licence de la Banque centrale.

LCDR  : Et puis  ?

C.J. : En 1999, le cabinet Jeantet, où j’exerçais, a explosé, et les bureaux étrangers ont fermé. J’ai donc rejoint Salans – aujourd’hui Dentons. Et je viens toujours très régulièrement en Russie, environ une semaine à dix jours par mois.

«  Je ne peux pas vivre sans ce pays  »

LCDR  : Pourquoi ne vous êtes-vous jamais installée définitivement  ?

C.J.  : On me l’a proposé. J’adore ce pays. Je ne peux pas vivre sans ce pays. Mais je ne peux pas vivre dans ce pays non plus. Précisément parce que j’y ai vécu. Je le connais. Je sais.

LCDR  : Vous savez quoi  ?

C.J.  : Que j’ai besoin d’être physiquement ici, souvent. Mais que si je l’étais tout le temps, ce serait trop. Tout est trop. Comme j’ai moi-même un caractère entier, excessif, je tomberais rapidement dans cet excès russe… Et je m’y perdrais. J’ai donc trouvé un équilibre qui me convient bien. En France, je reçois aussi des hommes d’affaires russes, je les aiguille. Je peux accompagner les entreprises dans les deux sens. Je conseille des entreprises russes en France et des entreprises françaises en Russie.

 

LCDR  : Quelles sont les plus grandes difficultés des Russes en France, actuellement  ?

C.J.  : Elles résident dans le fait de décoder la complexité de notre système… et de se faire comprendre – aussi parce qu’ils n’ont pas toujours l’art et la manière de faire et peuvent se heurter à des incompréhensions. Et puis, il faut dire qu’ils sont parfois, malheureusement, mal reçus. Aujourd’hui, par exemple, il est devenu extrêmement difficile pour un Russe d’ouvrir un compte bancaire en France, même s’il souhaite juste acquérir une maison.

«  Les banques françaises ne financent presque plus rien en direction de la Russie  »

LCDR  : Et qu’en est-il des sociétés françaises en Russie, après les sanctions  ?

C. J.  : Je n’ai pas eu affaire à des sociétés qui se seraient retirées du marché russe. Tous ceux qui se sont implantés sont toujours là  ; ils font le dos rond en attendant que ça passe, mais ils restent. En revanche, certains projets non réalisés avant la crise ont été mis en sommeil  : essentiellement parce que les banques françaises ne financent presque plus rien en direction de la Russie.

LCDR  : Ressentez-vous un climat de méfiance vis-à-vis de la Russie  ?

C. J.  : La Russie demeure, dans la tête de beaucoup de Français, associée à tout un tas de clichés terrifiants. Les gens sont généralement méfiants, ils n’ont pas la curiosité d’aller au-delà de ce qu’ils peuvent entendre et lire facilement. Ça s’est même empiré avec le temps  ! Une fois sur deux, lorsque l’on propose aux entreprises françaises, PME ou PMI, de s’implanter en Russie, la réponse est négative, sous prétexte que c’est «  trop compliqué  ».

LCDR  : Et est-ce en effet plus compliqué qu’ailleurs  ?

C.J.  : Si on a la volonté de décoder les choses et l’intelligence de bien s’entourer – et je ne parle pas seulement des avocats, mais de manière générale –, ce n’est pas un pays plus difficile qu’un autre  ! Mais tout est relatif, n’est-ce pas  ? Moi je conseille toujours de venir voir – et de ne surtout pas rester dans la capitale. La Russie ce n’est pas Moscou, ce n’est surtout pas Moscou. La Russie, ce sont les villages, c’est là où personne ne va, ce sont les gens, avant tout. Et de là-bas, tout le monde sans exception revient enchanté  !

LCDR  : En tout cas, il est clair que vous, vous l’êtes toujours, enchantée…

C.J.  : Je suis consciente, je pense, de beaucoup de défauts de ce pays – on les connaît tous, et ici, tout n’est pas idéal, évidemment. Mais on parle tellement toujours de ce qui ne va pas – essayons de parler aussi du positif. Les gens arrivent ici angoissés, pleins de ces images négatives en tête, et pourtant généralement, sur place, ils adorent  ! Et nous, Français, nous avons beaucoup de chance, car il suffit de dire d’où l’on vient pour, déjà, être aimé.

«  Les Russes sont entiers, spontanés, excessifs  »

LCDR  : Qu’est-ce qui caractérise les Russes, selon vous  ?

C.J.  : Les Russes sont entiers, spontanés, excessifs, plus «  collectifs  » que nous peut-être, même encore aujourd’hui. Je me souviens, à l’époque soviétique surtout, de cette sensation d’être toujours en groupe. J’étais choyée, jamais seule, on chantait beaucoup… Mais c’est une époque révolue – et j’en éprouve une grande nostalgie.

LCDR  : Alors, laissez-vous aller à cette nostalgie. Racontez-nous Moscou en 1980.

C.J.  : Il y avait une voiture qui circulait par heure, et quand on en apercevait une, c’était quelque chose  ! Tout était absolument gris – mais gris, à tel point  ! Je me souviens aussi de l’odeur. Dans les avions d’Aeroflot, dans les années 1980, ça sentait la naphtaline. C’est bête à dire, mais cette odeur me manque. Comme si vous alliez dans le grenier et que vous retrouviez l’habit d’une grand-mère…

LCDR  : Votre meilleur souvenir  ?

C.J.  : À chaque fois que je reviens, même encore actuellement, je me fais un «  meilleur  » souvenir. Différent, beau à sa manière, émouvant…

LCDR  : Êtes-vous optimiste sur l’avenir de la Russie  ?

C.J.  : Je suis optimiste parce que ça fait presque quarante ans que je vois évoluer ce pays. La Russie est tombée très bas – mais elle est toujours remontée très haut. Ce n’est pas pour rien qu’on dit les «  montagnes russes  », d’ailleurs  ! Elle va surprendre le monde. Les gens ont vécu tellement de choses dures, que j’ai d’ailleurs vues de mes yeux… Imaginez que dans les années Eltsine, ici, aux environs de Moscou, c’était la famine. Les Russes faisaient la queue dès 6h du matin, et s’ils arrivaient à avoir un morceau de beurre l’après-midi, c’était la fête  ! Alors les sanctions, c’est bien peu comparé à tout ce que la Russie a connu.

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http://www.lecourrierderussie.com/societe/des-grenouilles-dans-la-vodka/2015/07/catherine-joffroy-nationalite-sovietique/

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Fillon, Fillonette, fille honnête… (Suite) Ne pas confondre…!!

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Lettre d’une infirmière,
à la famille Fillon :

 

http://www.20minutes.fr/high-tech/2008847-20170205-lettre-ouverte-infirmiere-famille-fillon-devient-virale-facebook

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« Je suis infirmière depuis plus de 12 ans et j’ai reçu la paie de janvier hier. Je travaille en 12 heures et comme j’ai fait 3 week-ends et 10 nuits en décembre, je touche 1745 euros nets d’impôts. On est très loin des sommes à 6 ou 7 chiffres dont j’entends parler à la télé depuis une semaine.
« Dans la famille Fillon, je voudrai le père ». Monsieur est payé depuis 1976 sur nos impôts car j’ai regardé son cv et entre assistant parlementaire, député, sénateur, ministre, premier ministre, président conseil général, monsieur n’a jamais bossé autrement que comme un parasite politicien qui voudrait maintenant présider la France pour mieux s’en mettre plein les poches. Hier soir, on apprenait via Médiapart que monsieur aurait aussi trempé les mains dans la magouille côté sénat. Pourquoi j’suis même plus étonnée ? Il y a quelques semaines on apprenait aussi que monsieur avait investit 1000 euros dans une société de conseil qui lui a rapporté 1500000 euros en 18 mois.
« Dans la famille Fillon, je voudrai la mère ». Madame, réputée femme au foyer, est depuis peu médiatiquement assistante parlementaire de monsieur. Elle a gagné entre 3200 et 7900 euros par mois pendant des années. Avant que Saint Canard Enchaîné n’ébruite, madame était éloignée de la vie politique de son époux. On apprend aussi que madame a été payée 100.000 euros en 16 mois par une maison d’édition pour rédiger 3 ou 4 notes de lecture.
« Dans la famille Fillon, je voudrai les enfants ». Là aussi les enfants ont été employés dans la holding parlementaire Fillon. Même quand ils étaient encore étudiants en droit, ils gagnaient déjà plus que moi chez papa.
Monsieur Fillon rebaptisé Monsieur Propre a fait du nettoyage son cheval de bataille et son programme électoral. Il a manifestement oublié de balayer devant sa porte. A lui qui veut supprimer 500.000 fonctionnaires et nous faire bosser 39 heures payées 35, je dis que moi, citoyenne contribuable, décrète qu’il faut supprimer toute cette racaille mafieuse politicienne qui nous pourrit la France. Le pire dans cette histoire est que la seule qui profite en se taisant est Marine Lepen.
Quand on fait la liste des familles Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Juppé, Hollande, Valls, Fillon qui ont conduit la France dans la merde actuelle avec 8 millions de chômeurs et autant de pauvres, il y a de quoi vomir. Quand on voit comment les gens se privent de soins parce que les mutuelles sont devenues trop chères, quand on voit comment Touraine nous ment en permanence sur la santé, il y a de quoi gerber. Quand on fait la liste des scandales politiques, la liste des scandales sanitaires pour ne citer que ceux-ci, il y a de quoi ne plus aller voter car oui ils sont tous pourris. »

linfirmiere

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Egalement republié sur FRONTdesLAïCS:

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/05/fillon-fillonette-fille-honnete-suite-ne-pas-confondre/

 

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ET sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/05/fillon-fillonette-fille-honnete-suite-ne-pas-confondre/

 

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Hamon, 2ème tour, Ou l’arnaque relookée…!

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Un article repris sur le blog TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/26/hamon-2eme-tour-ou-larnaque-relookee/

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Hamon, 2ème tour,

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Ou l’arnaque relookée…!

 

 

Par une série de faux-fuyants, en grande partie entretenus par les médias, Hamon continue à faire avancer l’idée du « revenu universel » dans la société française.

Secouru, en outre par un quarteron d' »économistes distingués »… c’est à dire essentiellement par le système, même si ce sont plutôt ceux qui se font parfois les portes-paroles des critiques petits bourgeois du capitalisme, qui, précisément, visent à le « réformer » au sens de leur intérêt de classe.

L' »utopie » ainsi relookée permet de maintenir l’attention du public, mais devient à géométrie variable, selon les objections, le plus souvent de simple bon sens, qui lui sont opposées.

Mais en réalité, la dernière « mouture », sortie à l’occasion du débat d’entre deux tours, n’en contient pas moins les mêmes aberrations que les précédentes, reposant d’entrée de jeu, dès sa « première phase », sur une coupe sombre des budgets sociaux, y compris en matière d’allocations familiales et d’allocations logement.

A l’horizon très prochain de 2020, et de sa « deuxième phase », elles sont donc bien condamnées à disparaitre, comme en attestent différentes études sur le sujet (*), ce qui est d’autant plus absurde et même monstrueux que cette « nouvelle mouture » spécifie bien que ce revenu dit « universel » de 750 euros ne commencera en fait qu’à partir de 18 ans… Ainsi, une famille monoparentale devra survivre avec 750 euros, comme nous l’avions déjà signalé dans d’autres articles (**).

A noter que pour un couple, avec 1500 euros et éventuellement plusieurs enfants à élever, la situation n’est guère différente, économiquement.

Cette question de la liquidation de ces aides sociales est notamment abordée dans l’étude comparative du Journal « le Monde », entre les « variantes » du « projet Hamon…:

« De fait, le revenu universel est le point saillant du programme de M. Hamon, et probablement le plus dispendieux. L’ex-ministre de l’éducation suggère que ce revenu minimal d’existence soit étendu de façon progressive à l’ensemble de la population et atteigne 750 euros mensuels.

Un coût total de près de 380 milliards d’euros par an pour le revenu proposé par Benoît Hamon

S’il devait étendre cette mesure à l’ensemble des Français majeurs, M. Hamon aurait besoin de trouver 468 milliards d’euros en année pleine pour la financer (selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, il y avait environ 52 millions de Français de plus de 18 ans au 1er janvier). De ce coût, on pourrait déduire plusieurs aides sociales, dont :

les prestations maternité-famille (53 milliards d’euros en 2014, selon le ministère des affaires sociales) : allocations familiales, aides à l’enfance, etc. ;

les aides au logement (18 milliards d’euros en 2014) ;

les aides pour la lutte contre la pauvreté, principalement le revenu de solidarité active (RSA) mais aussi la prime d’activité et l’allocation spécifique de solidarité (17,7 milliards d’euros en 2014).

M. Hamon n’a pas détaillé quelles aides pourraient disparaître au profit du revenu universel, mais cela pourrait représenter une enveloppe de l’ordre de 90 milliards d’euros à déduire de son coût. Resterait donc, tout de même, autour de 380 milliards d’euros à trouver, soit l’équivalent peu ou prou du budget actuel de l’Etat (387 milliards d’euros de dépenses prévus en 2017).

( *   http://mobile.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/01/24/hamon-valls-deux-revenus-de-base-un-meme-flou-de-financement_5068403_4355770.html

Dans le comparatif:

http://mobile.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/01/17/comment-benoit-hamon-a-rabote-son-revenu-universel-en-pleine-campagne_5064235_4355770.html   )

Comme on le voit, il n’y a rien de nouveau, quant au fond, par rapport à nos premières estimations, qui se basaient sur la totalité de la population, et non sur les « plus de 18 ans », sinon une confirmation, en réalité, du pire, en raison même de cette « surestimation », de notre part…!

Une autre étude économique, d’un journal réputé incontestablement pour son sérieux en la matière, se trouve sur le site des « Echos », et vaut d’être republiée telle quelle, en guise de conclusion, qui se passe d’autres commentaires…

Pour autant, il ne s’agit pas de cultiver d’autres illusions sur une « alternative Valls », dont la « Loi-Travail » était en quelque sorte un échantillon « Fillonesque » avant l’heure…

Une alternative redonnant son vrai sens au partage du travail ne peut reposer ni sur la précarité ni sur une réduction d’horaire plus ou moins arbitraire, 35 ou 32 heures, et finalement sans contre-partie possible dans le système actuel. Dans le monde de la « compétitivité », c’est à dire de la concurrence acharnée entre capitalistes, entre pays capitalistes, dans le monde des « gains de productivité », où seuls les besoins non seulement solvables, mais avec larges bénéfices sont pris en compte, il n’y a pas d’équilibre possible entre forces productives et besoins sociaux réels.

Le partage du travail n’est possible, en réalité, entre tous les travailleurs qui ont ces besoins, pour eux et pour leurs familles qu’en partageant la Valeur-Travail (***) des forces productives nécessaires à satisfaire ces besoins sociaux, ce qui implique d’en finir avec le capitalisme.

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Luniterre

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( **  Hamon : « Fillon de gauche »? Ou l’incroyable arnaque du « revenu universel »…  

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   https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/08/hamon-fillon-de-gauche-ou-lincroyable-arnaque-du-revenu-universel/

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« Loi Travail », Valeur-Travail, « revenu minimum », où en est-on aujourd’hui, au moment du 1er débat de la « primaire de gauche »?

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/12/loi-travail-valeur-travail-revenu-minimum-ou-en-est-on-aujourdhui-au-moment-du-1er-debat-de-la-primaire-de-gauche/

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De la « Loi Travail » au « revenu universel », ou comment un piège anti-social peut en cacher un autre…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/14/de-la-loi-travail-au-revenu-universel-ou-comment-un-piege-anti-social-peut-en-cacher-un-autre/

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Primaires de « gauche »: la Valeur-Travail est-elle condamnée ?

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https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/23/primaires-de-gauche-la-valeur-travail-est-elle-condamnee/     )

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( *** Marx au banc d’essai de l’Histoire, doc PDF:

     marx-au-banc-dessai-de-lhistoire    )

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 les-echos-logo

http://www.lesechos.fr/elections/primaire-a-gauche/0211729000435-benoit-hamon-a-t-il-securise-le-financement-de-son-revenu-universel-2060048.php

 

Pour Manuel Valls, c’est « la ruine de notre budget ». Pour Benoît Hamon, « il n’y a rien d’utopiste à cela ». Les deux finalistes de la primaire de la gauche s’écharpent depuis plusieurs jours sur le revenu universel. C’est en effet la proposition-phare du programme de Benoît Hamon, qui espère bien fédérer la gauche autour de ce projet novateur. Avec écueil : le financement de cette mesure.

Sur ce point, écrire qu’on nage dans un certain flou est un doux euphémisme. Il y a d’abord le coût de la mesure, où les chiffres s’entrechoquent. La mise en place du revenu universel coûterait 588 milliards d’euros chaque année, dont 488 milliards de dépenses supplémentaires pour le budget de l’Etat, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) , pour que les allocataires actuels de minima sociaux ne soient pas perdants. Benoît Hamon estime, lui, le coût à 300 milliards d’euros annuels pour la collectivité. Si l’on prend 750 euros mensuels – le montant prévu à terme par le socialiste – pour chaque Français âgé de plus de 18 ans, alors le coût du revenu universel passe à 450 milliards d’euros, soit tout de même 22 % du PIB de l’Hexagone ! Le Think tank Génération Libre, de tendance libérale, qui cite Michel Foucault et Milton Friedman dans son étude sur le sujet, juge, lui, que si l’ensemble de la population touchait 450 euros par mois, le montant exigé pour les finances publiques atteindrait 320 milliards d’euros.

Certains partisans du revenu universel jugent toutefois qu’agiter ces chiffres bruts ne fait pas beaucoup de sens. Leur idée : il faut raisonner en coût net. Certes la pression fiscale augmentera nécessairement pour financer le revenu universel, mais les individus recevront en retour une somme qui réduira les sommes déboursées et participera à la redistribution. Benoît Hamon assume cette idée, lui qui veut fusionner IR et CSG : « Le niveau des prélèvements augmentera, mais principalement et quasiment exclusivement sur les plus hauts revenus », expliquait-il en décembre aux « Echos » , ajoutant qu’il comptait aussi sur une taxe sur les robots et sur la lutte contre l’évasion fiscale pour boucler son financement ­- sur ce point, les sommes qui étaient évoquées au début de sa campagne pour ces deux mesures ont disparu de son site… Les ordres de grandeur était cependant considérables. L’individualisation de l’impôt sur le revenu souhaitée par Benoît Hamon représentait à elle seule une hausse d’impôts de 24 milliards. Plusieurs dizaines de milliards devaient aussi provenir d’un nouvel impôt unique sur le patrimoine (ISF, taxes foncières, etc.), de même que de la fameuse taxe robot. Le candidat mettait aussi en avant les quelque 80 milliards de niches fiscales qui devraient être « rabotées » et un montant équivalent lié à la lutte contre l’évasion et à l’optimisation fiscale…

L’idée de coût net est par ailleurs loin de faire consensus. Dans une tribune publiée aujourd’hui dans Le Monde , une dizaine d’économistes parmi lesquels on retrouve Thomas Piketty, Emmanuel Saez (université de Berkeley, en Californie), Antoine Bozio (Ecole d’Economie de Paris), « dézinguent » au passage ce système. « Cela n’aurait guère de sens de verser 600 euros par mois à des personnes gagnant 2 000 euros ou 5 000 euros de salaire mensuel, pour ensuite leur reprendre immédiatement la même somme en augmentant d’autant leurs impôts », écrivent-ils.

C’est la raison pour laquelle ils proposent une architecture différente, dont ils jurent qu’elle correspond aux idées de Benoît Hamon. « Le nouveau système pourrait être sous conditions de ressources et concernerait uniquement les salaires inférieurs à 2.000 euros, avec des montants qui ne seraient évidemment pas les mêmes pour tous », avancent-ils sans toutefois donner de chiffre précis. Le problème est qu’ils n’ont visiblement pas lu les propositions de Benoît Hamon, qui veut instaurer un revenu universel pour tous, pas une extension des minima sociaux. De fait, il ne s’agirait pas d’un revenu universel, sinon !

Tout juste ce dernier a-t-il précisé sa copie, en prévoyant plusieurs étapes dans la mise en place. « Pour la première étape, dès 2018, le RSA sera augmenté de 10% à hauteur de 600 euros et versé automatiquement à tous les ayant-droits », écrit-il dans son programme. Il sera alors étendu aux jeunes âgés de 18 à 25 ans. Coût : environ 45 milliards d’euros. Une paille par rapport aux quelque 300 milliards de la suite. Mais même à 45 milliards, le financement n’est pas détaillé…

Guillaume 2 Calignon

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Primaires de « gauche »: la Valeur-Travail est-elle condamnée ?

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Un article de Pierre Grindsable,

Repris sur 

FRONT
des LAïCS

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/23/primaires-de-gauche-la-valeur-travail-est-elle-condamnee/

 

 

 

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Primaires de « gauche »:

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La Valeur-Travail

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est-elle condamnée?

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3-maux

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Au lendemain de ce premier tour de « primaire de la gauche », il ne s’agit pas de philosopher sur une quelconque « valeur morale » qui serait menacée par le « revenu universel » de Benoît Hamon, qui est pourtant déjà vu par certains comme une »prime à l’oisiveté », sinon carrément un encouragement à la paresse et à l’assistanat…

Non, il s’agit bien de la notion économique et sociale du travail comme créateur de valeur, également et précisément économique et sociale.

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Il s’agit de comprendre, à l’issue de ce débat, ce que sont les pistes possibles pour une alternative à la crise du capitalisme.

 

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Prendre prétexte de la « révolution numérique » et de la « robotisation » pour entériner le chômage chronique comme un fait normal de société et renoncer à toute forme de répartition et de partage du travail, c’est réellemnt entériner la précarisation, c’est à dire, au sens à la fois économique et social du terme, la dévalorisation du travail.

C’est une démarche qui arrange fondamentalement les affaires du grand capital, pour lequel ce sont là les conditions les plus favorables à la baisse du « côut du travail », que ce soit en salaire direct ou indirect, sous formes de prestations sociales de santé, de retraites, etc…

Reduire le coût du travail, pour le capital, cela signifie d’abord « rentabiliser » au maximum le personnel déjà existant, et non embaucher pour partager le travail, ce qui implique inévitablement davantage de charges.

C’est pourquoi les expériences précédentes, et notamment celle des 35 heures, n’ont pas abouti à un résultat significatif et durable en terme de lutte pour le retour à l’emploi.

En un sens, la précarisation est une forme de « partage », au moindre coût pour le capital, mais qui ne permet pas au travailleur précaire de vivre décemment. Le « revenu universel » de Benoît Hamon, en se positionnant comme roue de secours de ce système malsain, peut-il être une solution socialement acceptable et de par le fait, durable?

C’est ce qui peut sembler crédible, et donc séduire l’électorat de gauche, tant qu’il prétend venir davantage compléter les autres aides sociales, à priori indispensables, comme la sécu ou les retraites, plutôt que de s’y substituer. C’est cette approche qui parait compatible avec la première « phase » envisagée pour la mise en place du « revenu universel »…

Mais dès lors qu’il s’agit d’atteindre sa phase « finale », avec l’objectif des 750 euros par habitant, le coût, on l’a vu (*), devient exorbitant, et cesse d’être compatible non seulement avec le maintien des allocations familiales, des assurances chômage, mais aussi avec celui des retraites et de la sécu.

Et c’est là que l’on en revient au fait qu’avec 750 euros, et même quelques « petits boulots » pour compléter, il n’est pas possible de vivre, se loger, se soigner, sans même parler de préparer sa retraite… Ou de survivre, pour ceux qui y sont déjà, et dont les caisses seront asséchées par cette mesure…

La victoire de Benoît Hamon, ce n’est pas celle de l’espoir, ni même celle de l’utopie sociale, mais bien une nouvelle victoire de la démagogie populiste et de l’obscurantisme réactionnaire!

Pour autant, la « victoire »relative de Manuel Valls est donc encore possible, au second tour de cette primaire…

Même en très mauvaise posture, selon toute vraisemblance, Valls n’en reste pas moins l’un des principaux piliers fondateurs de la « Loi El Khomri » et grand apôtre de la précarisation du travail, même si sous une autre forme, plus évidente encore que le « revenu universel », mais pas incompatible, bien évidemment… Complémentaire, serait-on tentés de dire, du point de vue du capital!

Montebourg, grand perdant, et presque « perdant surprise », à ce point, dans cette bataille, paye sans aucun doute le flou peu facile à dissimuler de son bref passage dans le secteur de la « productivité » au gouvernement!

Formellement rallié, depuis sa « sortie » gouvernementale au profit de Macron, sinistre nouvel « ange blanc » de la finance, à une vague « résistance » anti-mondialiste, et purement sociale-chauvine, en réalité, il n’en est pas moins resté le chantre précurseur de la « compétitivité » comme moyen de la relance économique… Or, que recouvre ce terme, au delà de son évocation réaliste du monde de la concurrence capitaliste?

Précisément, en fait, tous les ingrédients de la « rentabilisation » financière des « investissements productifs » tels qu’ils génèrent davantage de précarisation, plutôt que de création d’emplois stables, et notamment dans le domaine le plus réducteur d’emplois à court terme, celui qui précisément est censé justifier le « revenu universel »: la « robotisation » de l’industrie…

Que l’on se comprenne bien, là aussi, il n’est pas question de refuser les bienfaits du progrès technologique dans la réalisation de tâches pénibles et répétitives qui peuvent effectivement être assurées au mieux par des machines, mais de comprendre comment ces nouveaux enjeux du progrès doivent concrètement bénéficier à l’ensemble de la société, et non au contraire contribuer à la survie d’entreprises monopolistiques en concurrence délétère, détruisant, dans le processus même de leur « victoire » le tissus social du « marché » qu’elles sont supposé conquérir…

En effet, générant chômage et précarité, la « compétitivité », en réalité, ne répond à aucuns besoins sociaux et contribue, en fait, à accentuer la crise, même si en « sauvant » provisoirement le monopole des uns au détriment de celui des autres.

En effet les « gains de compétitivité », s’ils permettent de regagner des parts de marché et de recréer quelques emplois, véritablement utiles, dans le domaine de la robotique, ne le font de manière significative qu’à l’exportation et au détriment d’autres pays eux-mêmes « exportateurs », soit sur d’autres marchés, soit sur le nôtre…

Or, à l’évidence, ces « autres marchés » souffrent, même si à des degrés divers, du même syndrome que le nôtre, avec chômage, précarisation, et donc réduction drastique de la clientèle potentielle, que ne compensent pas les quelques « nouveaux métiers » de la « révolution numérique » et de la « robotique »…

La réduction de la part salariale dans les revenus globaux est un phénomène mondial déjà notablement étudié par l’OIT dans son rapport 2012-2013, et montre l’impasse que constitue cette « compétitivité » comme issue à la crise mondiale du système capitaliste.

Un bref résumé de ce point, paru en décembre 2012, vaut d’être cité textuellement:

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L’Organisation internationale du Travail (OIT) a publié début décembre son «  Rapport mondial sur les salaires 2012/13« 

 

Un des points clés mis en avant dans cette édition est que «  la part des salariés dans le revenu national s’est rétrécie dans la plupart des pays  ».  En d’autres termes, «  davantage du gâteau national est allé aux profits, et moins aux salariés  ».

«  Des preuves récentes montrent que cette tendance se poursuit depuis des décennies, contrairement aux hypothèses formulées précédemment.

Dans 16 économies développées, la part moyenne du travail est tombée de 75% du revenu national au milieu des années 1970 à 65% dans les années qui ont précédé la crise. Elle a ensuite quelque peu rebondi pour décliner à nouveau après 2009.

Dans un groupe de 16 pays émergents ou en développement, cette part a diminué, passant de 62% du PIB au début des années 1990 à 58% juste avant la crise. Même en Chine, où les salaires ont triplé au cours de la décennie écoulée, la part du revenu national qui revient aux salariés a baissé.  »

 

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En bleu, les pays développés (moyenne pondérée). La part du travail dans la valeur ajoutée baisse depuis 30 ans.

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Pour l’OIT, cela pose un problème de fond. «  Dans bien des cas, cela a affecté l’économie en étouffant la demande ou en entraînant un endettement insupportable des ménages«  , explique le rapport, qui pointe un «  mirage de la réduction des coûts du travail« 

«  Réduire les coûts du travail pour stimuler la compétitivité sur le marché de l’export semble être une option de plus en plus séduisante pour les pays frappés par la crise, mais rien ne garantit que cela évite la stagnation économique ou le déficit actuel de la balance des transactions courantes (quand les pays importent davantage qu’ils n’exportent, y compris les services et les capitaux).

Et, même si des politiques de ce type sont attrayantes au niveau national, elles seraient intenables à l’échelle mondiale. «Alors qu’à titre individuel chaque pays pourrait en principe accroître la demande pour ses biens et services en exportant davantage, tous les pays ne peuvent le faire en même temps», rappelle Sangheon Lee, autre coauteur du rapport.  »

Pour le dire autrement, l’analyse de l’OIT suggère que la stratégie allemande de modération salariale  (depuis les réformes de Schröder) n’est pas vraiment imitable, et peut même devenir dangereuse.

Par Jean-Marie Perbost

http://www.caminteresse.fr/economie-societe/oit-part-des-salaires-dans-valeur-ajoutee-baisse-depuis-30-ans-1156634/

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En faits, la réalité aujourd’hui apparente, c’est que si la stratégie de « compétitivité » peut maintenir provisoirement la suprématie de l’économie d’un pays sur les autres, comme c’est le cas de l’Allemagne en Europe, cela ne résoud en rien les problèmes fondamentaux du système et ne fait qu’exacerber les contradictions entre grandes puissances impérialistes, aboutissant à des situations de conflits potentiellement de plus en plus violents, et déjà réellement, sur le terrain, dans les zones « périphériques  » où elles s’affrontent, comme au proche-orient.

Les « succès » électoraux du populisme, comme ceux du « Brexit » en Grande Bretagne, et surtout celui de Trump, aux USA, montrent que l’heure des conflits ouverts et directs entre ces grandes puissances, non seulement n’est pas passée, mais revient, comme le naturel de ce système mortifère, au galop, mais d’une cavalerie guerrière et à nouveau armée jusqu’aux dents, y compris celles du feu nucléaire, en voie de reconstitution.

On peut voir ainsi qu’il y a un lien direct entre les séismes en cours dans notre vie économique et sociale et les séismes en gestation à l’échelle planétaire, qui menacent à nouveau de recouvrir le monde des sombres nuées de la guerre.

Pour autant, si nous en sommes à nouveau, en France, et plus généralement en Occident, à discuter des avantages et méfaits éventuels du progrès technologique, nous ne devons surtout pas oublier qu’une grande partie des habitants de la planète ne bénéficie toujours pas de ces évidences séculaires que sont pour nous l’électricité, l’eau courante, et toutes les facilités de soins de santé, d’éducation, de confort élémentaire qui vont avec.

Créer des valeurs économiques et sociales par notre travail n’a de sens que pour répondre à des besoins, et d’abord à des besoins vitaux, qui déjà, de plus en plus souvent, ne sont plus satisfaits chez nous, et encore moins dans d’autres parties du monde.

Ce ne sont donc pas les objectifs de travail qui manquent, ni les moyens technologiques, utiles et nécessaires.

Et il n’y a pas de « compétition » dans cet objectif, mais un « challenge » global: celui du partage, non pas de bénéfices financiers, mais du travail correspondant réellement à ces besoins, ici comme ailleurs, tout simplement.

Et ainsi la Valeur-Travail, loin d’être caduque ou dévaluée, reprendra tout son sens, tant social que économique et humain.

Ce que l’on doit comprendre par socialisme, le vrai, non galvaudé par nos bateleurs d’estrades électorales.

Pierre Grindsable

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(* De la « Loi Travail » au « revenu universel », ou comment un piège anti-social peut en cacher un autre…

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/14/de-la-loi-travail-au-revenu-universel-ou-comment-un-piege-anti-social-peut-en-cacher-un-autre/

Hamon : « Fillon de gauche »? Ou l’incroyable arnaque du « revenu universel »…

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/08/hamon-fillon-de-gauche-ou-lincroyable-arnaque-du-revenu-universel/

« Loi Travail », Valeur-Travail, « revenu minimum », où en est-on aujourd’hui, au moment du 1er débat de la « primaire de gauche »?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/12/loi-travail-valeur-travail-revenu-minimum-ou-en-est-on-aujourdhui-au-moment-du-1er-debat-de-la-primaire-de-gauche/ )

 9 MARS ELEPH

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