Cuba

« Pax Americana » à Cuba… ? L’Oncle Sam « ne lâche rien » !!

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« Pax Americana » à Cuba… ?

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L’Oncle Sam « ne lâche rien » !!

 

 

 

Le journal El Heraldo Cubano. En Busca de la Verdad (Le héraut cubain. À la recherche de la vérité) a publié le 15 décembre dernier un article d’Arthur Gonzàlez qui décrit et commente ce que la presse de Miami rapporte des analyses faites par certaines revues et institutions étasuniennes sur l’économie cubaine ainsi que des déclarations de soi-disant « super-analystes ». . . et il pose cette question :
Que se passerait-il dans n’importe quel pays du monde si son économie se voyait soumise à une guerre économique pendant 58 ans ?

La presse de Miami s’est récemment fait l’écho de certaines analyses de la situation actuelle de l’économie cubaine élaborées par la revue spécialisée Cuba Standard*, où on affirme qu’ « il y a peu d’espoir que l’économie de l’île finisse l’année 2017 avec une croissance positive ».

 

L’approche colportée par la presse yankee est bien entendu la même qu’ils essayent depuis 58 ans d’inculquer à leurs lecteurs, pour accuser le système socialiste d’être incapable de satisfaire les besoins du peuple, mais ils omettent de mentionner les actions de la guerre économique qui vise à faire mourir les cubains de faim.

Aujourd’hui, ils prétendent que Raul Castro quittera le pouvoir en 2018 avec une économie en récession, mais sans exposer les véritables causes des difficultés qu’affronte le pays pour alimenter onze millions de cubains, maintenir la gratuité des coûteux services de santé et d’un système éducatif grâce auquel aucun cubain n’a à débourser un centime pour que ses enfants puissent aller à l’école et à l’université.

L’économie cubaine dépense chaque année des millions de pesos pour que ses écoles d’art ne cessent pas de fonctionner, en dépit du prix très élevé des instruments de musique, ou pour les budgets destinés aux écoles spécialisées pour les enfants souffrant de graves handicaps physiques et psychiques. Pas un mot de tout cela.

Les analyses se centrent toujours sur ce que la politique yankee veut vendre à propos de Cuba : « la résistance de la bureaucratie gouvernementale, la lenteur à autoriser les investissements étrangers et la petite échelle des mesures qui sont prises… », mais silence total sur les conséquences de la guerre économique, comme si elle n’en avait pas de très graves.

Il y a bien sûr de nombreuses erreurs dans l’économie cubaine, les expériences et les mesures qui sont appliquées ne correspondent pas dans bien des cas à la réalité, ni aux potentialités existant sur le territoire national, ou à sa force de travail d’un haut niveau professionnel et technique, capable de mener à bien bon nombre de ces propositions, mais le cœur du problème, ce ne sont pas les erreurs, mais les obstacles rencontrés chaque jour pour obtenir un financement onéreux, ou pour acquérir des matières premières, des machines et des intrants.

Ces économistes qui, depuis leur bureau, apportent des solutions idéalistes, n’ont pas besoin de jongleries pour voir que les paiements sont faits avec le peu d’argent qu’il y a en caisse, ou pour savoir comment on fait face au harcèlement bancaire exercé par les Etats-Unis à l’encontre des entités qui osent effectuer la moindre transaction financière avec Cuba socialiste.

On trouve un exemple de la façon dont est déformée la situation interne à Cuba dans les déclarations de Richard Feinberg, ex-fonctionnaire américain et chercheur associé à la Brookings Institution** quand il a dit : « Par bien des aspects, le mandat présidentiel de 10 ans de Raul Castro, qui prendra fin en février 2018, a été totalement décevant, l’économie cubaine est paralysée et la réforme économique est en stagnation. »

Que se passerait-il dans n’importe quel pays du monde si son économie se voyait soumise à une guerre économique pendant 58 ans ? Pourrait-il résister comme Cuba et préserver ces conquêtes sociales si détestées des yankees ?

Les super-analystes devraient tenir compte du fait que depuis les annonces du 17 décembre 2014***, le gouvernement des Etats-Unis a infligé des amendes à 11 entités (7 américaines et 4 étrangères).

Jusqu’au 1er janvier 2016, le gouvernement américain a infligé en tout 52 amendes pour cause de « violation des régimes de sanctions contre Cuba » et la valeur cumulée de ces sanctions s’élevait à 14 404 358 605 dollars.

Une des dernières victimes de cette politique a été la compagnie d’assurance américaine American Internacional Group (AIG), dont la sanction s’est élevée à 148 698 dollars.
D’après l’OFAC****, l’AIG est impliqué dans 29 « violations du blocus » pour avoir couvert par une assurance plusieurs envois de marchandises destinées à Cuba ou en provenance de ce pays, à travers des filiales au Canada.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump, Washington a encore infligé trois sanctions, entre autres à l’entreprise American Honda Finance Corporation, spécialisée dans le financement de véhicules automobiles pour les acheteurs, loueurs et distributeurs indépendants autorisés des produits Honda et Acura, avec une amende de 87 255 dollars.

Avec ce couteau sur la gorge, peut-il y avoir à Cuba des investissements étrangers et du développement économique ?

Après avoir constaté les progrès dans le secteur du tourisme, Trump a appliqué de nouvelles sanctions pour limiter les voyages individuels des américains à Cuba et les échanges commerciaux avec des entreprises d’Etat. Il a de plus inventé la fable des fausses atteintes « à la santé » des ses diplomates à La Havane, dans le seul but de produire un effet paralysant sur les investissements étrangers et le tourisme, ce qui influe aussi de façon négative sur le secteur des travailleurs non étatiques, dont les gîtes touristiques et les restaurants privés.

Il est très facile de critiquer et de faire des suggestions sans percevoir la rigueur d’une économie en guerre totale. Les changements réalisés passent toujours par l’affrontement avec une politique d’hostilité qui vise à détruire le système politique, ce que ne subissent pas d’autres pays du monde occidental.

Toutefois, dans la ville de Miami, sans guerre économique ni actions subversives, il paraît que les gens sont très endettés et que le coût de la vie est élevé, ce qui oblige des millions de ses résidents à faire des miracles pour survivre grâce à leur salaire.

Une étude récente du site internet de finances personnelles Wallet Hub sur les « meilleures et les pires villes des Etats-Unis pour le contrôle des dépenses en 2017 » a analysé la situation financière des résidents de Miami et la capacité dont ils disposent pour faire face à leurs dépenses mensuelles. La ville y est très mal notée : elle occupe la 176è place sur 182 villes américaines.

L’étude a analysé cinq aspects financiers des habitants de chaque ville, Miami obtenant la pire note parmi les 182 villes et ayant le plus fort endettement indépendamment des hypothèques. Miami est une des villes qui a le plus fort pourcentage de population non assurée et le pourcentage le plus faible de foyers possédant des économies destinées aux urgences.

Miami devra-t-elle procéder à des changements dans son système politique et économique ?

Cuba a besoin de moderniser son système économique et elle y travaille tranquillement, mais toute analyse sur ce thème ne peut laisser de côté les effets de la guerre économique, celle qui perdure depuis 58 ans pour éviter que se développe le système socialiste.

Ce n’est pas pour rien que des analystes du Council on Foreign Relations sont arrivés à la conclusion que :
L’opposition des Etats-Unis à la Révolution cubaine et le soutien à la démocratie et au développement dans cet hémisphère sont parvenus à contrer les ambitions de Cuba d’étendre son modèle économique et son influence politique. »

C’est pour cela que José Marti affirmait :

« En résolvant le problème social sans catastrophes ni violence, on résoudrait le problème industriel qui en est à l’origine. »

Notes du traducteur :

  • *Brookings Institution : l’un des plus anciens think tanks américains ayant son siège à Washington, qui se donne pour mission de « fournir des recommandations imaginatives et pratiques sur trois grands points : affermir la démocratie américaine ; améliorer le bien-être économique et social, la sécurité et les opportunités de tous les Américains ; et de sécuriser un système international plus ouvert, plus sûr, plus prospère et coopératif. » (NDT)
  • ** Cuba Standard : revue électronique sur l’économie cubaine et les échanges commerciaux avec l’île, propriété du groupe Cuba Media LLC, basé à Miami, qui publie aussi CubaNews.(NDT)
  • ***17 décembre 2014  : date de l’annonce par Raul Castro et Barack Obama du rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis, laissant entrevoir la possibilité d’une fin de l’embargo américain.(NDT)
  • **** OFAC  : Office of Foreign Assets Control, organisme américain de contrôle financier.(NDT)

 

 

SOURCE:

http://cubacoop.org/spip.php?page=article&id_article=3574

 

 

 

 

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Intervention de Cuba à l’ONU sur le Blocus, le 1er Novembre 2017

 

Intervention de Cuba à l’ONU

sur le Blocus,

le 1er Novembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REÇU PAR E-MAIL

INTERVENTION DE M. BRUNO RODRÍGUEZ PARRILLA, MINISTRE CUBAIN DES RELATIONS EXTÉRIEURES, SUR LE POINT : « NÉCESSITÉ DE LEVER LE BLOCUS ÉCONOMIQUE, COMMERCIAL ET FINANCIER APPLIQUÉ À CUBA PAR LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE », À LA SOIXANTE-DOUZIÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES, New York, le 1er novembre 2017

 

Monsieur le Président ;

Messieurs les représentants permanents ;

Chers délégués ;

Etats-Uniens et Cubains résidant aux États-Unis présents dans cette salle,

Je tiens tout d’abord, au nom du peuple et du gouvernement cubains, à exprimer au peuple et au gouvernement étatsuniens, au maire de New York, M. Bill de Blasio, au gouverneur Andrew Cuomo et aux autres autorités de la ville, ainsi qu’à ses habitants et tout particulièrement aux proches des victimes, mes condoléances les plus sincères pour les pertes causées par l’acte terroriste d’hier après-midi.

J’exprime aussi mes condoléances aux peuples et gouvernements argentins et belges.

Monsieur le Président,

Je condamne avec la plus vive énergie les déclarations irrespectueuses, offensantes et interventionnistes que l’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies a faites contre Cuba et contre son gouvernement voilà quelques minutes à peine.

Je tiens à lui rappeler que les États-Unis, où se commettent des violations flagrantes des droits de l’homme qui suscitent une profonde préoccupation dans la communauté internationale, n’ont pas la moindre autorité morale pour critiquer Cuba, un petit pays solidaire dont l’état de services dans ce domaine est largement reconnu et où vit un peuple noble, travailleur et amical.

D’autant qu’elle parle au nom du chef d’un Empire qui est responsable de la plupart des guerres en cours sur la planète, qui assassine des innocents, qui est le facteur essentiel de l’instabilité mondiale, qui fait peser de très graves menaces sur la paix et la sécurité internationales, qui bafoue le droit international et la Charte des Nations Unies qu’elle vient cyniquement d’invoquer.

Vous avez fait erreur dans votre première phrase, madame l’ambassadrice : ce ne sont pas cinquante-cinq sessions de l’ONU, mais seulement vingt-six.

Vous mentez, selon la coutume qui prévaut aujourd’hui dans la politique étasunienne.

En revanche, voilà largement plus d’un siècle que tout a commencé ! Dès avant même la création de la Nation cubaine. Quand le peuple cubain s’est soulevé pour la première fois en 1868 à la conquête de son indépendance, les visées d’annexion et de domination des États-Unis, alors sur la voie de l’impérialisme, étaient déjà bel et bien une réalité pour mon pays.

En 1898, recourant à un prétexte – ce qui est typique dans leur histoire moderne – à savoir l’explosion du bâtiment Le Maine dans le port de La Havane, les États-Unis sont entrés dans mon pays en tant qu’alliés des forces indépendantistes cubaines, mais ils ont occupé ensuite le pays comme envahisseurs, nous ont imposé l’Amendement Platt, ont restreint l’indépendance et la souveraineté de Cuba, ont réalisé à nouveau trois interventions militaires, bref nous ont imposé pendant soixante ans leur domination absolue, et ce jusqu’au 1er janvier 1959 où elle a pris fin grâce la victoire de l’Armée rebelle et au triomphe de la Révolution, ce même Révolution qui continue de livrer aujourd’hui le même genre de lutte qui a inspiré notre peuple depuis maintenant plus de cent ans (applaudissements).

Vous mentez, vous avez cité une phrase qui attribue censément à une source cubaine une affirmation sur la crise d’Octobre, sur la crise des Missiles. Je vous invite à nous dire quelle est cette source, d’où vient cette affirmation, à présenter des preuves. Tout ceci ressemble à un tweet, dans le style de ceux qui prolifèrent dans votre pays en ces temps de haine, de division et de politique retorse (applaudissements).

Dès le triomphe de la Révolution cubaine, le gouvernement étasunien s’est fixé comme objectif de « changer le régime ». Comme vous le voyez, la politique annoncée le 16 juin par le président Trump n’est absolument pas nouvelle : c’est une politique on ne peut plus vieille, ancrée dans le passé !

Vous avez mentionné l’ambassadeur étasunien Stevenson. Mais vous avez oublié de rappeler le triste rôle qu’il a dû jouer quand, trompé par son propre gouvernement, il a présenté à une séance du Conseil de sécurité des photos d’avions censément cubains, mais en fait étasuniens, peints aux couleurs des forces de l’air cubaines, qui, le 15 avril 1961, ont bombardé La Havane et causé de nombreuses victimes, en guise de prélude à l’invasion de Playa Giron, appelée aussi de la baie des Cochons.

Ces bombardements, ce mensonge involontaire de l’ambassadeur Stevenson – involontaire parce que son gouvernement l’a trompé – ont eu lieu avant même que la Révolution cubaine ait déclaré son caractère socialiste.

Vous avez évoqué la crise des Missiles. Tenez, puisqu’on parle de nouveau ces jours-ci de l’assassinat du président Kennedy, dont votre gouvernement a occulté depuis trop longtemps la vérité au peuple étasunien, eh ! bien, déclassifiez donc les documents. Tous les documents !

Mais si vous tenez à parler de ce point, je vous suggère alors de lire Entraîné à assassiner Castro, d’un agent de la CIA, Veciana, qui raconte son entretien avec son collègue David Phillips et avec Lee Harvey Oswald, à Dallas, dans la troisième semaine de septembre 1963…

L’histoire des USA vis-à-vis de Cuba est tissée de mensonges et d’agressions : l’opération Northwoods, l’opération Mangouste… Tenez, on vient de déclassifier un document selon lequel, lors de la crise des Missile, les États-Unis tenaient prêts 261 000 soldats pour envahir directement Cuba. La CIA disposait en Floride de la plus grande base jamais créée à cette date, avec plus de sept cents fonctionnaires, jusqu’à l’ouverture à Saigon d’une base encore plus grande.

Vous reprenez le style d’Alice dans son pays des merveilles : condamner d’abord, juger ensuite.

Je parle au nom de mon peuple, et je parle aussi pour ceux qui ne peuvent pas appeler le président Trump et son ambassadrice par leur nom, mais qui sentent et pensent comme moi. Du moins avez-vous reconnu que votre pays est absolument isolé non seulement dans cette salle, mais dans le monde. Oui, vous êtes absolument seuls sur ce point du blocus contre Cuba ! (Applaudissement.) Vous ignorez le poids de la vérité, vous sous-estimez la force d’une idée juste même au fond d’une caverne, plus forte qu’une armée, comme le disait José Martí qui avait écrit dans une lettre inachevée qu’il portait sur lui au moment de sa mort au combat : « Je cours désormais tous les jours le risque de donner ma vie pour mon pays et pour mon devoir… qui est d’empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne retombent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique. »

Oui, madame l’ambassadrice, tout a commencé bien avant vingt-six ans, et même bien avant cinquante-cinq. De pair avec l’agression militaire, la fabrication de prétextes, les plans d’invasion directe, les mesures d’asphyxie de notre économie, le terrorisme d’État, la déstabilisation et la subversion, les États-Unis se sont proposé – et je cite ici l’infâme mémorandum secret rédigé le 6 avril 1960 par le sous-secrétaire d’État Lester Mallory – « de provoquer le désenchantement et la désaffection basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques. […] en refusant à Cuba de l’argent et des livraisons afin de réduire les salaires nominaux et réels, de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement ». Tel est bien le point de départ du blocus !

Le 17 décembre 2014, le président Raúl Castro et le président Barack Obama ont surpris le monde par un communiqué gros d’espoir, le président des États-Unis allant jusqu’à déclarer que le blocus était un fiasco, qu’il était périmé, qu’il était inefficace quant aux objectifs que poursuivait son pays, qu’il faisait du mal au peuple cubain et qu’il isolait le gouvernement étasunien. Il l’a jugé ensuite incapable de faire progresser les intérêts de son pays, insensé, inviable et un fardeau pour ses concitoyens.

Bien qu’il n’ait jamais reconnu que le blocus était une violation flagrante, massive et systématique des droits humains des Cubains, une transgression du droit international et un acte génocidaire, bien qu’il n’ait pas renoncé non plus au droit que s’arroge son pays de nous asservir, il avait toutefois déclaré à plusieurs reprises qu’il était décidé à recourir à ses prérogatives présidentielles et à travailler auprès du Congrès pour en obtenir la levée.

L’abstention des États-Unis en 2016 au cours du vote de cette résolution – un geste que madame l’ambassadrice vient de tourner en dérision – a été un reflet pratique de cette volonté du président Obama.

Durant cette période-là, les relations diplomatiques, le dialogue et la coopération dans des secteurs d’intérêt mutuel avaient enregistré des progrès sensibles. En revanche, le blocus s’était maintenu tel quel pour l’essentiel, même si l’administration Obama avait adopté quelques mesures visant à en modifier d’une façon très limitée, mais toutefois positive, l’application. Ainsi, même si les Étatsuniens n’avaient toujours pas le droit de faire du tourisme à Cuba – ce qui constitue une violation de leurs droits et de leurs libertés civiles, ce que madame l’ambassadrice se garde bien de mentionner – les autorisations de voyage dans les catégories préétablies avaient été élargies.

Des résultats tangibles avaient été atteints en matière de coopération bilatérale mutuellement avantageuse dans des domaines aussi importants que le combat contre le terrorisme, le trafic de drogues ou la criminalité numérique.

Monsieur le Président,

Le 16 juin dernier, Donald Trump, président des États-Unis, a, en émettant une nouvelle directive au sujet de Cuba, a affirmé que le blocus constituait l’axe essentiel de sa politique envers nous et il a annoncé un train de mesures visant à le durcir.

Devant un parterre composé entre autres de batistiens, d’annexionnistes et de terroristes invétérés, le président étasunien a prononcé un discours passé de mode, hostile, digne de la pire époque de la Guerre froide, reprenant des prétextes éculés sur les violations de droits de l’homme à Cuba pour justifier le renforcement du blocus. Nous venons d’en entendre ici-même, ce matin, l’écho, la caisse de résonance…

Or, le président Trump n’a pas la moindre autorité morale pour mettre Cuba en cause. Il est à la tête d’une administration de millionnaires qui applique des mesures sauvages contre les familles à moindre revenu, les pauvres, les minorités et les immigrants. Il poursuit un programme qui attise la haine et la division. Il prône, sous couvert de patriotisme, un exceptionnalisme et un suprémacisme périlleux qui provoqueront toujours plus de violence. Il ignore la volonté de deux tiers des Étasuniens et des Cubains résidents aux USA qui demandent la levée du blocus.

Sa politique corrompue, séquestrée au nom des « intérêts spéciaux », autrement dit les intérêts et l’argent des compagnies – la carence de garanties en matière d’éducation, de santé et de sécurité sociale, les restrictions à la syndicalisation, la discrimination pour des motifs de sexe portent préjudice aux Étatsuniens.

Le recours à la torture, l’assassinat d’Afro-Étasuniens par la police, les massacres de civils par les troupes étasuniennes, l’usage indiscriminé et racialement différencié de la peine de mort, les assassinats, la répression et la surveillance policière contre les migrants, la séparation de familles, la détention ou la déportation de mineurs, les mesures brutales dont l’administration menace les enfants d’immigrants illégaux qui ont grandi et se sont élevées aux États-Unis, méritent tout autant d’être condamnés.

Votre administration, madame l’ambassadrice, n’a pas été élue par le peuple.

Vous venez de nous dire votre rêve. Eh ! bien, je préfère faire mien celui de Martin Luther King : « Je fais le rêve qu’un jour cette nation se lèvera et vivra le vrai sens de sa foi : ’Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux’. […] Que la liberté retentisse ! » (Applaudissements.)

Vous avez dit aussi que vous reconnaissiez que l’avenir de l’île était aux mains du peuple cubain. C’est là un mensonge éhonté : les dirigeants étasuniens ne l’ont jamais reconnu ! Tout au long de notre histoire, les États-Unis ont cherché à nous imposer leur domination et leur hégémonie.

La politique que le président Trump a annoncée vis-à-vis de Cuba se propose de ramener les relations bilatérales à un passé de confrontation, juste pour satisfaire les intérêts sordides de l’extrême droite étasunienne et ceux d’une minorité fossile d’origine cubaine en Floride.

Le « Mémorandum présidentiel de sécurité nationale relatif au renforcement de la politique des États-Unis envers Cuba », signé par Donald Trump en juin 2017, comprend, entre autres mesures, de nouvelles prohibitions aux relations économiques, commerciales et financières des sociétés étasuniennes avec des entreprises cubaines.

Il restreint de plus la liberté de voyage des Étasuniens, puisqu’il élimine les voyages individuels dans le cadre des catégories d’échanges « interpersonnels » et renforce les mesures de surveillance sur les autres visiteurs en provenance des USA.

Ces dernières semaines, le président Donald Trump a réitéré à quatre reprises, dont ici même devant cette Assemblée en septembre, que son administration ne lèvera pas le blocus tant que Cuba n’opérera pas des changements intérieurs.

Réaffirmons donc une fois de plus que Cuba n’acceptera jamais de conditions ni de diktats. Rappelons-lui aussi que cette politique, appliquée par une dizaine de ses prédécesseurs, n’a jamais fonctionné et qu’elle ne fonctionnera jamais. Comme les autres, elle rejoindra les oubliettes de l’Histoire.

Plus récemment, alléguant des problèmes de santé de quelques diplomates en poste à La Havane, l’administration Trump a – sans posséder la moindre preuve concernant les causes et origines de ces problèmes, sans attendre les résultats des investigations en cours, de sorte que parler d’ « attaques » ou d’ « incidents » est tout simplement un mensonge – adopté de nouvelles mesures politiques contre Cuba, aggravant ainsi le blocus et lésant l’ensemble des relations bilatérales.

Ainsi, elle a suspendu la délivrance de visas aux voyageurs et migrants à son consulat de La Havane, ce qui enfreint le droit des citoyens de voyager librement et de visiter les USA pour une brève période de temps, comme l’ont fait cette année-ci plus de 163 000 Cubains, ou entrave sérieusement la réunification de familles dans le cadre de l’accord bilatéral qui prévoit la délivrance d’au moins vingt mille visas d’émigration par an. Par ailleurs, le fait que les voyageurs doivent obtenir un entretien dans les consulats étasuniens de pays tiers et que les émigrants doivent se présenter à la section consulaire de Bogota enchérira énormément les démarches et les interdit à une bonne partie d’entre eux. Que fait-on donc de leurs droits si chers au discours étasunien !

Porter préjudice aux personnes et aux familles pour atteindre des objectifs politiques en violation de l’ordre constitutionnel cubain est injustifiable.

L’administration Trump, afin de limiter les voyages et de causer des préjudices au tourisme international à Cuba, a aussi émis une mise en garde infondée et retorse aux Étatsuniens pour qu’ils évitent de visiter notre pays.

En expulsant sans la moindre justification le personnel de notre consulat général à Washington, le seul existant aux USA, l’administration Trump a limité gravement ses capacités de prêter service aux voyageurs étatsuniens, et notamment aux Cubains résidents qui ont absolument le droit de visiter leur pays et d’avoir avec lui des relations normales.

Elle a aussi réduit arbitrairement le personnel de notre ambassade, ce qui a eu pour conséquence la fermeture de son bureau économico-commercial, dans le but politique retors de priver d’interlocuteurs les entreprises étasuniennes qui souhaitent explorer les possibilités d’affaires existant encore dans le cadre restreint du blocus.

Mais comment s’étonner, après avoir entendu ici madame l’ambassadrice et d’autres dirigeants auparavant, que le président des États-Unis ne fasse pas cas de la communauté internationale qui soutenait unanimement les progrès bilatéraux qu’il annule maintenant et qui réclame tout aussi unanimement la levée immédiate, totale et inconditionnelle du blocus !

Monsieur le président,

Le président Raúl Castro Ruz a affirmé le 14 juillet dernier :

« Nous réaffirmons que n’importe quelle stratégie qui prétendrait détruire la Révolution, que ce soit par la coercition et les pressions, que ce soit par des méthodes subtiles, est vouée à l’échec… Cuba est décidée à continuer de négocier avec les États-Unis les questions bilatérales en souffrance, à condition que ce soit sur des bases d’égalité et de respect de la souveraineté et de l’indépendance de notre pays, et de poursuivre un dialogue respectueux et une coopération sur des points d’intérêt commun avec l’administration étasunienne. »

« Cuba et les États-Unis peuvent coopérer et coexister en respectant leurs différences et en favorisant tout ce qui est bénéfique aux deux pays et aux deux peuples, mais qu’on n’attende pas pour autant que notre pays fasse des concessions sur des points qui relèvent essentiellement de sa souveraineté et de son indépendance… qu’il transige sur ses principes ou qu’il accepte des conditions, de quelque type qu’elle soient, ce que nous n’avons jamais fait au cours de notre Histoire. » (Applaudissements.)

Monsieur le Président,

Cuba soumet aujourd’hui pour la vingt-sixième fois d’affilée à l’Assemblée générale des Nations Unies le projet de résolution intitulé : « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique ».

Ce document prend, dans la conjoncture actuelle, une importance spéciale, compte tenu du recul qu’impliquent les actions de la nouvelle administration étasunienne.

Le blocus constitue le plus grand obstacle au développement économique et social de notre pays et à la mise en œuvre de notre Plan national, lequel s’inscrit dans le droit fil du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. Il constitue la principale entrave au développement des relations économiques, commerciales et financière de Cuba avec les États-Unis et avec le reste du monde.

D’après les calculs rigoureux faits par des institutions cubaines, le blocus a, d’avril 2016 à avril 2017, causé à l’économie cubaine des pertes se chiffrant à 4 305 000 000 de dollars.

Pour qu’on se fasse une idée de l’incidence réelle de ces pertes, il suffit de dire qu’elles représentent environ le double de l’investissement direct étranger dont Cuba a besoin pour promouvoir le développement substantiel de son économie.

Les pertes accumulées se montent à 822 280 000 000 de dollars, compte tenu de la dépréciation de l’or. À prix courants, elles équivalent à 130 178 000 000 de dollars.

Des dizaines de banques de pays tiers ont été victimes durant cette dernière période de la traque persistante à laquelle les USA se livrent contre nos transactions financières.

Le blocus est contraire au droit international et son application agressivement extraterritoriale lèse la souveraineté de tous les États, ainsi que des intérêts économiques et entrepreneuriaux sous toutes les latitudes.

Monsieur le Président,

Le blocus constitue – ce que madame l’ambassadrice s’est bien gardée de dire – une violation flagrante, massive et systématique des droits humains des Cubains et s’avère un acte de génocide aux termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, de 1948. Il entrave la coopération humanitaire internationale que Cuba offre à quatre-vingt-un pays du Sud.

Les dommages humains que cette politique a causés sont incalculables. Il n’existe aucune famille cubaine ni aucun service social qui n’ait été touché par les privations et les conséquences qu’entraîne le blocus. L’émigration cubaine souffre aussi de discrimination et de préjugés.

Durant cette dernière période, MEDICUBA S.A., l’entreprise cubaine chargée de l’import-export de produits médicaux, s’est adressée à plusieurs reprises, à des fins d’achats, à dix-huit compagnies étasuniennes qui soit n’ont pas répondu soit ont refusé.

La société étasunienne Promega, reconnue à l’échelle internationale pour ses kits diagnostiques qui permettent de déterminer la charge virale chez des sidaïques, des patients souffrant de l’hépatite C ou de maladies rénales, a, en juin 2017, refusé de les vendre à MEDICUBA au motif des sanctions commerciales du département du Trésor qui le lui interdisent.

À cette même date, et sous le même prétexte, la société New England Biolabs Inc., qui vend un large assortiment d’enzymes, comme la protéinase K, un réactif qui permet de diagnostiquer des maladies virales comme la dengue, la Zika et la chikungunya, ainsi que d’autre enzymes polyvalentes pour le diagnostic de malformations congénitales du fœtus, et de déterminer la compatibilité entre le donneur et le patient en attente d’une greffe du rein, de la moelle osseuse, du foie, entre autres organes, a refusé de les vendre à Cuba.

De même, sous ce même argument, elle a refusé de fournir à Cuba des livraisons de nature absolument humanitaire.

En avril 2017, la société allemande Eckert & Ziegler Radiopharma Gmbh a refusé de vendre à MEDICUBA S.A. le générateur Ge-68/Ga-68 Gallia Pharm GMP et ses composants, utilisé pour diagnostiquer le cancer de la prostate au motif que les normes du blocus lui interdisent de vendre à Cuba, aussi bien directement que par intermédiaire.

Le service de cardiologique de l’hôpital général Hermanos Ameijeiras, à La Havane, a besoin d’un dispositif d’aide à la circulation, largement utilisé en cas de choc cardiogénique, en cardiologie interventionniste et en électrophysiologie, et qui permet la récupération après une crise cardiaque et prolonge par conséquent la vie du patient. La société étasunienne Abiomed, leader dans ce secteur, qui dispose du système Impella, idéal dans le traitement de ce cas, n’a toujours pas répondu à la commande que MEDICUBA S.A. lui a passée en septembre 2016 et en février 2017 afin de pouvoir l’introduire dans le système de santé cubain.

Monsieur le Président,

La façon interventionniste et inacceptable dont madame l’ambassadrice des États-Unis a parlé du gouvernement bolivarien du Venezuela est une offense à la conscience de l’humanité. Mais aussi une offense à son peuple héroïque, à son union civico-militaire, au gouvernement bolivarien et chaviste dirigé par le président Nicolás Maduro Moros.

L’administration étasunienne ment quand elle qualifie le Venezuela, qui est, et ce n’est pas un hasard, la première réserve certifiée d’hydrocarbures sur notre planète, de « menace à la sécurité nationale des États-Unis ».

Comme l’a affirmé le Libertador Simón Bolívar, « les Etats-Unis semblent destinés par la providence à couvrir l’Amérique de misères au nom de la liberté ». C’est là la meilleure réponse à madame l’ambassadrice.

Quant à nous, conformément à notre Constitution, nous sommes en plein processus électoral à Cuba, un processus absolument honnête, où personne n’achète de sièges, où aucun « intérêt spécial » ne prévaut, où aucune campagne mensongère ne se déroule parce que l’argent y est roi, où personne ne manipule la volonté des électeurs, où personne n’attise la division ni la haine.

Monsieur le Président,

Nous remercions profondément les gouvernements, les peuples, les parlements, les forces politiques, les mouvements sociaux, les représentants de la société civile, les organisations internationales et régionale qui ont contribué année après année, par leur vote et leurs déclarations, à justifier qu’il était juste et urgent de lever le blocus.

Nous savons aussi gré à la vaste majorité du peuple étasunien d’appuyer ce noble objectif.

Nous remercions tout spécialement tous ceux qui ont exprimé leur inquiétude et leur rejet des mesures de coercition annoncées par l’administration étasunienne.

Le peuple cubain ne renoncera jamais à sa décision de bâtir une nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et durable (applaudissements).

Nous persisterons, grâce au consensus de notre peuple et à l’engagement patriotique des plus jeunes, dans notre lutte anti-impérialiste et la défense de notre indépendance, pour laquelle des dizaines de milliers de Cubains sont tombés et pour laquelle nous avons couru les pires risques, comme nous l’avons prouvé à Playa Girón et face à toutes les menaces.

Nous serons éternellement fidèles à l’héritage de José Martí et de Fidel Castro Ruz (applaudissements).

Monsieur le Président,

Chers représentants permanents,

Chers délégués,

Notre peuple suit ce débat avec espoir. C’est en son nom que je vous demande de voter le projet de résolution A/72/L.30 : « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique ».

Je vous remercie.

(Applaudissements prolongés. Vivats à Cuba. Cris de : « Cuba, oui, blocus, non ! »)


 

Votes aux Assemblées Générales des Nations-Unies sur la nécessité de cesser le blocus des Etats-Unis contre Cuba

Année

Date

Pour

Contre

Abstention

Pays votant contre

1992

24 Novembre

59

2

72

Etats-Unis, Israel

1993

3 Novembre

88

4

57

Etats-Unis, Israel, Albanie, Paraguay

1994

26 Octobre

101

2

48

Etats-Unis, Israel

1995

2 Novembre

117

3

38

Etats-Unis, Israel, Ouzbékistan

1996

12 Novembre

137

3

25

Etats-Unis, Israel, Ouzbékistan

1997

Octobre

143

3

17

Etats-Unis, Israel, Ouzbékistan

1998

Octobre

157

2

12

Etats-Unis, Israel

1999

Novembre

155

2

8

Etats-Unis, Israel

2000

Novembre

167

3

4

Etats-Unis, Israel, Iles Marshall

2001

Novembre

167

3

3

Etats-Unis, Israel, Iles Marshall

2002

Novembre

173

3

4

Etats-Unis, Israel, Iles Marshall

2003

Novembre

179

3

2

Etats-Unis, Israel, Iles Marshall

2004

Octobre

179

4

7

Etats-Unis, Israel, Iles Marshall, Palau

2005

Novembre

182

4

1

Etats-Unis, Israel, Iles Marshall, Palau

2006

Novembre

183

4

1

Etats-Unis, Israel, Iles Marshall, Palau

2007

Novembre

184

4

1

Etats-Unis, Israel, Iles Marshall, Palau

2008

Octobre

185

3

2

Etats-Unis, Israel, Palau

2009

Octobre

187

3

2

Etats-Unis, Israel, Palau

2010

Octobre

187

2

3

Etats-Unis, Israel

2011

25 Octobre

186

2

3

Etats-Unis, Israel

2012

13 Novembre

188

3

2

Etats-Unis, Israël, Palau

2013

29 Octobre

188

2

3

Etats-Unis, Israël

2014

28 Octobre

188

2

3

Etats-Unis, Israël

2015

27 Octobre

191

2

0

Etats-Unis, Israël

2016

26 Octobre

191

0

2
Etats-Unis, Israël

2017

Novembre

191

2

0

Etats-Unis, Israël

 

 

 

 

https://solydairinfo.files.wordpress.com/2017/11/68232-cubaconfidel.jpg?w=879&h=657

 

Pour nos sœurs et nos frères en lutte, Irma n’a pas brisé les barreaux des prisons!!

 

 

Sur son passage, l’ouragan Irma a ravagé principalement les demeures fragiles des pauvres, soulignant par la destruction la structure de classe néocoloniale de certaines iles…

Mais elle n’a pas, pour autant, brisé les barreaux des prisons pour ceux qui luttent contre cette iniquité, principalement engendrée par l’impérialisme.

Pour Ana Bélen Montés, cela fera 16 ans de détention, depuis son arrestation, le 20 Septembre 2001.

D’aucuns imputent la violence décuplée des tempêtes tropicales aux causes de l’activité humaine, causes qui se recoupent, pour l’essentiel, sinon en totalité, avec celles de l’impérialisme.

Le combat d’Ana Bélen Montés, pour le droit des peuples à disposer d’eux-même, est, plus que jamais, partie intégrante de la cause prolétarienne internationale pour la paix et le socialisme.

Non seulement « Irma » ne doit pas nous la faire oublier, mais c’est aujourd’hui, avec l’anniversaire de son arrestation, une raison de plus de serrer les rangs autour d’elle, malgré les difficultés matérielles.

Voici donc, infatigablement relayée par Jacqueline ROUSSIE, une nouvelle initiative, symboliquement importante et humainement nécessaire, dans ce parcours de lutte où l’impérialisme US se comporte comme l’ogre impitoyable qu’il est partout.

Luniterre

 

 

Les amis portoricains et Cubains du comité international de solidarité d’Ana Belén Montés ont été quelque peu gênés ces derniers temps dans leur action par l’ouragan Irma.

Les liaisons ayant été rétablies, ils nous invitent à envoyer un petit mot à la maman Doña Emilia d’Ana Belén Montés et à sa sœur Lucy à l’adresse anabelenesnuestra@gmail.com pour leur témoigner notre solidarité à l’occasion du 16ème anniversaire de l’arrestation d’Ana. 

Vos messages leur seront retransmis le jour anniversaire, c’est-à-dire le 20 septembre.

J. Roussie

je vous cite le message envoyé par Julián Gutiérrez Alonso:

Compañer@s

Irma nos ha demorado en nuestra batalla por Ana Belén pero ya podemos seguir nuestra lucha.

El próximo día 20/9 Ana cumple 16 años de encierro y no quisieramos dejar pasar esa fecha sin hacer algo.

Por tanto les proponemos que le manden mensajes a la madre de Ana (Doña Emilia) y a su hermana Lucy mostrandoles nuestra solidaridad al cumplir 16 años de prisión por luchar por sus dos Islas queridas, Cuba y Puerto Rico, de un pájaro las dos alas, que acaban de ser azotadas por el potente huracán Irma lo que no evitará el huracán de solidaridad con Ana.

Les pedimos que envien sus mensajes al buzón anabelenesnuestra@gmail.com y estamos seguros que tal como hicimos cuando el cumpleaños de Ana en febrero y el día de las madres tanto Ana como su familia agradecera nuestra solidaridad. Les pido que difundan esta propuesta lo mas posible.


Seguimos en combate

 

 

https://solydairinfo.files.wordpress.com/2016/01/rovics-vfj-song-for-ana.jpg?w=940

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Autour d’Ana Bélen Montés, le combat continue!

 

 

 

 

Reçue récemment, une correspondance de Jacqueline Roussie et Maurice Lecomte, au sujet de ce difficile combat.

Mais c’est une partie du combat de tous ceux qui refusent la fatalité du capitalisme et de l’impérialisme.

Une partie du combat de tous ceux qui pensent que les bruits de bottes impérialistes qui montent partout, c’est à dire partout où elles ne sont pas déjà en train d’écraser les peuples et les nations, ces bruits de bottes ne sont pas encore le résultat d’une résignation, et que la résistance peut s’étendre et triompher.

« Ana est hélas toujours en prison, et son cancer  d’un sein ne lui facilite pas sa vie de recluse.

Le 21 septembre sera le 16ème anniversaire de son arrestation, aussi nous avons décidé d’écrire  aux « procédures spéciales » du conseil des droits de l’homme de l’ONU, avec une copie à la croix rouge internationale, et une autre à la maison Blanche.

Voici donc la lettre que nous avons envoyée le 21 août 2017:

 

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Conseil des Droits de l’Homme                                                                                 Le 21 août 2017

« Division des Procédures Spéciales »

C/O OHCHR-UNOG-14 Avenue de la Paix

1211 Genève 10

Suisse

Mesdames, Messieurs,

Dans la situation où le monde se trouve aujourd’hui, le combat pour la paix est un impératif qui s’impose pour contrecarrer les dérives multiples et répétées vers la guerre, laquelle sévit d’ores et déjà dans de nombreux endroits. Avec les armes dont disposent les pays, elle pourrait être mondiale, avec le risque d’anéantissement de l’humanité et peut-être même de la vie sur terre.

L’essence de l’ONU est d’éviter les guerres et d’aider à la résolution pacifique des conflits. Ce n’est pas tâche facile. De tous temps des pacifistes internationalistes ont œuvré pour éviter le pire. Ana Belén Montés en fait partie, et c’est à son sujet que nous vous écrivons aujourd’hui.

Ana est simple, modeste et déterminée. C’est une grande dame, enfermée depuis maintenant 16 années dans de rudes conditions d’isolement à l’hôpital psychiatrique pour femmes de la prison de Carswell au Texas. Son arrestation remonte au 21 septembre 2001. Elle a été condamnée pour espionnage et si nous n’agissons pas, elle restera confinée dans cet univers hostile jusqu’en janvier 2023. Elle assume pleinement ses actes dictés par sa conscience. Elle était analyste de première catégorie à la DIA, spécialiste de Cuba, et avait accès à presque toute l’information sur l’Ile dont disposait la communauté du renseignement, en particulier sur les activités militaires cubaines. De par son rang, elle était membre du très secret « groupe de travail inter agences sur Cuba », qui rassemble les principaux analystes des plus hautes agences de renseignements des Etats-Unis, comme la CIA par exemple. Elle avait remis à Cuba, sans contre partie financière, l’information lui permettant de connaître les plans d’agression des Etats-Unis contre l’île.

Non seulement cette femme courageuse a évité à Cuba des attentats, mais elle a aussi empêché les Etats-Unis de se lancer dans une aventure sanglante contre ce pays. Alors que les Etats-Unis n’attendaient qu’un prétexte pour intervenir, contre toute attente, elle a rédigé un rapport remis au Pentagone en 1998 prouvant que Cuba n’était pas une menace pour les Etats-Unis.  Son geste s’inscrit parfaitement dans le cadre des raisons d’exister de l’ONU.

L’article 2 de la charte de l’ONU qui recommande de  «  Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde », va dans le sens de ce qu’a déclaré Ana dans son plaidoyer lors de son procès avant l’annonce de sa sentence:

« Il existe un proverbe italien qui peut-être, décrit le mieux ce que je crois :

Le monde entier n’est qu’un seul pays. Dans ce pays mondial, le principe d’aimer son prochain comme soi même, est le guide essentiel pour des relations harmonieuses entre tous les pays.

Ce principe implique tolérance et compréhension pour la façon de se comporter envers les autres. Il implique que nous traitions les autres nations comme on aimerait être traité : avec respect et considération. C’est un principe que, malheureusement nous n’avons jamais appliqué à Cuba.

Votre honneur, je suis devant vous aujourd’hui pour une activité à laquelle je me suis livrée parce que j’ai obéi à ma conscience plutôt qu’à la loi. Je crois que la politique de notre gouvernement vis-à-vis de Cuba est cruelle et injuste, profondément agressive, et je me suis sentie moralement dans l’obligation d’aider l’île à se défendre contre nos efforts de lui imposer nos valeurs et notre système politique. Nous avons fait preuve d’intolérance et de mépris à l’égard de Cuba depuis plus de 40 ans. Nous n’avons jamais respecté le droit pour Cuba de choisir sa propre voie vers ses propres idéaux d’égalité et de justice. ( …).



Ma manière de réagir à notre politique Cubaine a peut-être été moralement condamnable. Peut-être que le droit pour Cuba d’exister libre de toute pression politique ou économique ne justifie pas les informations secrètes que j’ai transmises pour l’aider à se défendre. Je peux seulement dire que j’ai fait ce qui me paraissait être juste pour réparer une grave injustice. 



Mon plus grand désir est de voir des relations amicales s’établir entre les Etats-Unis et Cuba. J’espère que mon cas contribuera d’une certaine manière à encourager notre gouvernement à abandonner sa politique hostile envers Cuba et à collaborer avec la Havane dans un esprit de tolérance, de respect mutuel, de compréhension… »

Ana Belén Montés a aussi anticipé sur la politique des Etats-Unis envers Cuba, puisque ses paroles vont dans le sens de celles prononcées le 20 mars 2016 sur le sol cubain par le président Obama.

Cette femme souffre en plus d’un cancer du sein. Elle a subi début 2017 une mammectomie et a été traitée par radiothérapie. Une telle situation, déjà traumatisante pour n’importe quelle femme, est, dans son cas, vraiment inhumaine. Elle vit coupée du monde, de ses amis, de toute possibilité de soins alternatifs. La prison où elle est enfermée est une machine à la faire souffrir et à détruire sa personnalité.

Il nous semble que l’ONU se doit de soutenir Ana Belén Montes dans l’épreuve qu’elle traverse et d’exiger sa libération. En espérant que vous agirez dans ce sens, recevez l’expression de nos sentiments humanistes les plus sincères.

Jacqueline Roussie

Maurice Lecomte

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Jointes à cette correspondance, quelques nouvelles plus personnelles d’Ana, envoyées précédemment à ceux qui tentent de la défendre contre ses bourreaux impérialistes :

Chers tous, je vous embrasse

Merci de continuer à être solidaires d’Ana. Comme il se doit nous avons éprouvé des sentiments très divers : Une grande joie pour le triomphe que représente pour le peuple de Porto Rico (et pour les autres camarades solidaires) le retour d’Oscar dans son pays et auprès des siens. Et d’un autre côté la tristesse de voir qu’Ana n’a pas été libérée.

Comme vous le savez, Ana se remet d‘une mammectomie et est actuellement traitée par radiothérapie. Ce traitement est déjà très angoissant pour n’importe quelle femme, alors à plus forte raison quand elle se trouve en prison, loin de ceux qui lui sont chers et de la possibilité d’explorer des traitements alternatifs. Cela a été très difficile et douloureux, vous pouvez l’imaginer. Ana a survécu à tant, a résisté à des conditions d’enfermement si hostiles…

Je n’ai pas reçu de lettres d’elle depuis son opération, car elle ne peut se servir de sa main droite. Néanmoins, elle a un contact téléphonique avec sa mère. Elle est toujours l’objet de mesures administratives d’extrême sécurité, raison pour laquelle je m’exprime avec précautions. 

A Porto Rico le Groupe de Travail continuera à appuyer Ana. Maintenant plus que jamais nous en avons besoin. Notre objectif principal est de faire connaître son cas dans ses justes perspectives : les principes pour lesquels elle a lutté, la situation historique qui a été à l’origine de son action, la maladie dont elle souffre.

Je comprends qu’une campagne éducative fera basculer l’opinion publique en sa faveur, c’est à mon sens, une chose indispensable pour plaider pour sa libération. Je comprends aussi que la façon dont Ana se sentira appuyée et aimée rendra moins dur son enfermement. Je pense qu’il est vital d’insister sur l’appui humanitaire que mérite son cas. Nous ne devons pas non plus oublier le virage historique provoqué par les déclarations faites il y a deux ans par Obama.

 Beaucoup de camarades qui travaillent dans le Groupe ont aussi travaillé pour la libération d’Oscar. Sa libération nous a inspiré en tant que peuple. Un peuple uni, combattif, et qui persévère dans ses objectifs, et  finit par vaincre. J’ai confiance dans le fait que la lutte pour Ana va se diversifier et s’amplifier.

Nous fêterons son anniversaire le dimanche 26 février avec musique, poésie, et peintures, toutes inspirées d’Ana. Nous avons et continuerons à participer aux festivals populaires, aux rencontres religieuses et culturelles, aux manifestations artistiques, et à toutes les opportunités pour exposer son cas. Souhaitons que nous puissions parler directement avec elle !

Nous ne savons pas ce qui va se passer avec l’actuel gouvernement. Nous ne savons rien. Mais ne nous fermons à aucune éventualité. Pour cela il est important de continuer à faire connaître Ana. Je rêve que le jour de sa libération nous soyons nombreux à la connaître, pour pouvoir la recevoir et l’embrasser comme elle le mérite.

Merci de ne pas l’oublier, et comme dit Sean, Hasta la victoria, Siempre !

Avec affection et gratitude.

Miriam

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Fidel Castro: Encore le souffle de l’Histoire…

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Fidel Castro:

Encore le souffle

de l’Histoire…

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Fidel Castro, une vie au pouvoir


Estela Bravo revient sur la Révolution cubaine tout en proposant une approche différente de la personnalité Fidel Castro, ce dictateur, qui a marqué l’histoire contemporaine.

Diffusé sur France 3 le mardi 29 novembre 2016 à 23:20 – Durée : 1 h 35

Ce documentaire revient sur la figure politique emblématique de Cuba de ces 50 dernières années, Fidel Castro, l’homme et le politique. La réalisatrice Estela Bravo a rencontré Fidel Castro à plusieurs reprises lors d’entretiens non-protocolaires et eut l’accès exclusif aux archives de l’Etat cubain. La parole est donnée à ceux qui ont croisé la route du Lider Maximo comme notamment Sydney Pollack, Muhammed Ali ou Harry Belafonte.

En PJ, un texte en PDF par           Rémy Herrera (chercheur au CNRS)         

http://mai68.org/spip/IMG/pdf/Herrera_AA_aDEC2016FidelFINAL.pdf

 

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Une nouvelle initiative pour Ana Bélen Montes…

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Une nouvelle initiative

 

pour Ana Bélen Montes…

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Chers amis, 

Nous vous proposons de prendre au bond les propos de Madame Samantha Power Ambassadrice des USA à l’ONU (cf  https://medium.com/@StateDep), en utilisant par exemple le texte ci-dessous signé par vous, et que vous pouvez envoyer à l’adresse:  powers@state.gov

Jacqueline Roussie Maurice Lecomte

Madame Samantha Power, Ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU,

 

En 1950, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 10 décembre Journée des Droits de l’Homme (résolution 423), dans le but de promouvoir auprès de tous les peuples la Déclaration universelle des droits de l’Homme, idéal commun à atteindre par tous, et par toutes  les nations.

Vous avez la bonne idée de promouvoir à cette occasion une action en faveur de tous les prisonniers politiques, sous l’étiquette : FreeToBeHome (le droit de rentrer à la maison).

L’idée est excellente, et mérite d’être renforcée, d’autant que dans vos prisons des Etats-Unis croupissent de courageux prisonniers politiques. Parmi eux l’Amérindien Leonard Peltier en prison depuis 40 ans, le Portoricain Oscar Lopez Rivera  en prison depuis 35 ans, l’Afro-Américain Mumia Abu- Jamal, en prison depuis 34 ans, la Portoricaine Ana Belén Montés en prison depuis  15 ans, le guerrillero colombien Simón Trinidad en prison depuis 14 ans. Pour ces prisonniers politiques nous vous proposons une étiquette encore plus forte, celle de FreeToBeHonored  (Le droit d’être honoré).

Nous espérons, Madame l’Ambassadrice, que vous pourrez avoir une influence qui vous permettra de peser pour la liberté de ces emblématiques prisonniers de votre pays, et qu’ils pourront s’exprimer librement, et être honorés comme ils le méritent dans le monde entier.

Recevez, madame l’Ambassadrice l’expression de nos sentiments humanistes les plus sincères.

Signataire:

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Song for Ana Belen Montes

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Voir aussi:

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2016/11/05/ana-belen-montes-agir-encore-pour-sa-liberation/

 

(Avec un récapitulatif des liens sur cette lutte)

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Abdallah d’Arabie Saoudite et Fidel Castro : traitements médiatiques antagonistes ?

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Abdallah d’Arabie Saoudite

et Fidel Castro :

traitements médiatiques antagonistes ?

Dans un article précédent, nous avons vu que l’Arabie Saoudite est le premier sponsor du salafisme wahhabite à l’origine de l’endoctrinement des jihadistes qui terrorisent la Libye, la Syrie, l’Irak et maintenant l’Europe. Pour rappel : l’Arabie saoudite est un pays pratiquant régulièrement la peine de mort, en augmentation de 200% en 2015. Selon The Death Penalty Worldwide, il y a eu en Arabie Saoudite 26 ou 27 exécutions en 2010, au moins 82 en 2011, au moins 76 au 2012, au moins 79 en 2013, au moins 90 en 2014, et au moins 153 exécutions en 2015. En 2016, il y a eu au moins 134 exécutions. Les motifs étaient : l’homicide, la sorcellerie, l’adultère, l’homosexualité et le renoncement à l’islam.

Janvier 2015, François Hollande présente ses condoléances à la famille régnante à Ryad. 

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Le bilan de l’Arabie saoudite dans le domaine des droits humains est un des pires de la planète.

Décembre 2016, Ségolène Royal s’exprime aux funérailles de Fidel Castro

Rappel : Les droits de l’homme dans les deux pays (Cuba et Arabie Saoudite)

Pour se convaincre qu’en matière des droits de l’homme, il n’existe pas de « symétrie » entre Cuba et Arabie Saoudite, il suffit de comparer les rapports d’Amnesty International :

Pour Cuba, le rapport 2015/2016 d’Amnesty International nous donne les titres des différents paragraphes suivants : Liberté d’expression et d’association – Arrestations et détentions arbitraires – Prisonniers d’opinion – Surveillance internationale.

Pour l’Arabie Saoudite, le rapport 2015/2016 d’Amnesty International nous donne les titres des différents paragraphes suivants : Conflit armé au Yémen – Liberté d’expression, d’association et de réunion – Défenseurs des droits humains – Lutte contre le terrorisme et sécurité – Arrestations et détentions arbitraires – Torture et autres mauvais traitements – Discrimination – minorité chiite – Droits des femmes – Droits des migrants – Châtiments cruels, inhumains ou dégradants – Peine de mort.

Amnesty International est une ONG dont le siège se trouve à Londres. Elle reçoit des subventions du Royaume – Uni, du Department for International Development, de la Commission européenne et du Département d’État des États-Unis. Il est peu probable qu’elle ait été indulgente avec Cuba qui n’est pas, contrairement à l’Arabie saoudite, partenaire économique et militaire du bloc occidental.

On notera qu’une tentative de bilan nuancé du régime de Castro a été effectuée par l’AlterJT.

« Ce qui a été omis à la mort de Fidel Castro »

fireshot-screen-capture-024-ces-638-fois-ou-la-cia-a-voulu-se-debarrasser-de-fidel-castro-www_lemonde_fr_ameriques_article_2016_11_26_ces-638-fInterviewé par l’Humanité Dimanche, le linguiste Noam Chomsky a confié ses impressions sur cette attitude du « deux poids deux mesures ». En résumé il nous dit : « Aux États-Unis, l’ambiance générale a été résumée par le premier titre du « New York Times », lequel indiquait en substance : « Le dictateur cubain est mort ». Par curiosité, j’ai jeté un œil aux archives de ce journal pour voir combien de fois ils avaient qualifié le roi d’Arabie saoudite de « dictateur ». Sans surprise, il n’y avait aucune occurrence…  »

«  Il y a également un silence absolu sur le rôle joué par les États-Unis à Cuba, la manière dont Washington a œuvré pour nuire aux velléités d’indépendance de l’île et à son développement, dès la révolution survenue en janvier 1959. L’administration Eisenhower a tenté de renverser Castro, puis, sous celle de Kennedy, il y a eu l’invasion manquée de la baie des Cochons, suivie d’une campagne terroriste majeure. »

« Des centaines, voire des milliers de personnes ont été assassinées avec la complicité de l’administration américaine et une guerre économique d’une sauvagerie extrême a été déclarée contre le régime de Fidel Castro. Cette opération, baptisée opération « Mangouste », a culminé en octobre 1962 et devait aboutir à un soulèvement à Cuba auquel Washington aurait apporté son appui ».

fireshot-screen-capture-026-fidel-castro-un-heros-pour-les-africains-france-24-www_france24_com_fr_20161129-fidel-castro-heros-africain-algeLe leader de la révolution cubaine, Fidel Castro, a soutenu des luttes indépendantistes sur le continent africain. De l’Algérie à l’Afrique du Sud, en passant par l’Angola, cet engagement lui vaut jusqu’à ce jour la reconnaissance de nombreux pays. En ce sens sa participation à la lutte anti-impérialiste en a fait l’homme à abattre pour les puissances coloniales. Et les néoconservateurs sont parmi les premiers à tirer à boulets rouges sur Cuba et ses dirigeants. Comme les autres pays de l’Amérique latine, qui sont encore chasse gardée des États-Unis, Cuba a payé très cher la farouche volonté d’indépendance politique en opposition totale avec l’implacable hégémonie américaine prônée par l’idéologie néoconservatrice.L’histoire nous rappelle qu’en 1898 les États-Unis déclaraient déjà la guerre à Cuba et que près de 120 ans plus tard ce n’est pas tant des problèmes démocratiques que les enjeux géopolitiques qui font de Cuba une cible des puissances coloniales conservatrices.

Conclusion

Rendons-nous à l’évidence : la classe politico-médiatique dans sa grande majorité a plus de respect pour le roi fondamentaliste d’une pétromonarchie qui finance le terrorisme et pratique l’exécution publique par décapitation que pour l’ex président d’une petite ile des Caraïbes qui vie sous la contrainte d’un embargo économique, commercial et financier extrêmement violent depuis 1962.


L’Arabie saoudite est le plus gros acheteur d’armes made in France

Évidement si Cuba était le plus gros acheteur d’armes françaises comme l’est l’Arabie Saoudite, nous pouvons facilement imaginer que les rôles seraient inversés. Nous verrions alors Manuel Valls en « VRP » défendre bec et ongle un Cuba pourvoyeur d’emplois avec une indulgence envers les atteintes aux droits humains proportionnelle aux contrats d’armements.

Sources:

https://anticons.wordpress.com/2016/12/08/abdallah-darabie-saoudite-et-fidel-castro-traitements-mediatiques-antagonistes/

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/abdallah-d-arabie-saoudite-et-187455

http://www.alterjt.tv/castro-etait-il-un-tyran/

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 Sur le même thème:

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Aujourd’hui on estime que plus de 4 millions de Cubains sont descendus dans les rues, sur le parcours des cendres, pour cet hommage à Fidel Castro.

( Sur une population à peine supérieure à 11 millions, au total…)

(…)

Cet hommage populaire est un instant de vérité que les capitalistes/impérialistes ont manifestement du mal à avaler, ainsi que les roquets médiatiques et politiques qui aboient pour leur faire de l’écho…

Mais la caravane est passée, c’est le cas de le dire !

(…)

En somme, ce genre de « dictature » qui se préoccupe des conditions de vie des plus humbles, et tente d’y répondre au mieux avec les moyens disponibles, ne serait-ce pas une forme de ce que Marx appelait précisément la « dictature du prolétariat » ?

C’est le fond du débat sur ce point. Sur les diverses formes qu’elle peut prendre selon les conditions concrètes de chaque pays, ce n’est que l’histoire qui tranchera le débat, et en ce qui concerne Cuba, on voit bien que la messe est loin d’être dite, en dépit des diverses visites papales…

(…)

Pour tous ceux qui refusent de chercher à comprendre, et qui veulent encore appliquer à Cuba des recettes qui ne fonctionnent déjà plus chez nous, face à la crise, il n’y a sans doute pas grand chose à dire, mais pour ceux qui veulent simplement comprendre …(…) Contrairement à ceux de Fidel, les discours de Raul sont brefs, à la fois analytiques et synthétiques, reflétant sa formation marxiste-léniniste ancienne, ce qui ne les empêche pas d’être également charismatiques, émaillés d’anecdotes qui symbolisent et rendent vivants les tournants de l’histoire, les remettant en perspective, dans le temps, et dans la signification globale de son analyse.

(A la suite de l’article, la traduction française du remarquable discours de Raul Castro sur la Place de la Révolution, à Santiago de Cuba.)

Sur TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE:

  

Cuba, Fidel,

sous les cendres, la braise!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/12/09/cuba-fidel-sous-les-cendres-la-braise/

 

Également sur Agoravox


 Cuba, Fidel, sous les cendres, la braise !

Cuba, Fidel, sous les cendres, la braise !

Aujourd’hui on estime que plus de 4 millions de Cubains sont descendus dans les rues, sur le parcours des cendres, pour cet hommage à Fidel Castro. ( Sur une population (…)

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Et sur SOLYDAIRINFO:

Cuba, Fidel, sous les cendres, la braise!

https://solydairinfo.wordpress.com/2016/12/09/cuba-fidel-sous-les-cendres-la-braise/

 

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Hommage à Fidel… Récapitulatif:

En photos…


https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/12/04/cuba-santiago-est-sur-la-place-de-la-revolution/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/12/04/sur-la-route-de-santiago-et-au-dela-le-combat-continue/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/30/cuba-anti-imperialiste-le-combat-continue/

Sur le vif…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/12/02/cuba-retour-des-cendres-foule-a-chaque-kilometre-le-peuple-est-dans-la-rue/

En chansons cubaines…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/26/y-en-eso-llego-fidel-de-carlos-puebla/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/26/la-cabeza-duro-con-el-fidel/

Un premier texte d’hommage,

par le camarade Viriato, réscapé de la dictature chilienne:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/26/

comandante-fidel-hasta-la-victoria-siempre/

 

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Quelques réflexions à la suite , au fil du parcours des cendres…

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/30/le-castrisme-est-il-ou-non-une-forme-danti-imperialisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/12/02/cuba-castrisme-socialisme-anti-imperialisme-de-quoi-parle-t-on/

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Une première synthèse…

Cuba, Castro, Socialisme, Anti-impérialisme,
De quoi parle-t-on? (Nouvelle synthèse)


https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/12/04/

cuba-castro-socialisme-anti-imperialisme-de-quoi-parle-t-on-nouvelle-synthese/

 

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Cuba, Fidel, sous les cendres, la braise!

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Cuba,

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Fidel,

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Sous les cendres…

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la braise!

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Aujourd’hui on estime que plus de 4 millions de Cubains sont descendus dans les rues, sur le parcours des cendres, pour cet hommage à Fidel Castro.

( Sur une population à peine supérieure à 11 millions, au total…)

Ceux qui n’ont pas pu y venir, dans les endroits trop éloignés du parcours, lorsqu’ils ont pu s’exprimer sur les médias occidentaux qui les ont visité, sont allés également dans ce sens, sans nier pour autant les difficultés qui ne sont pas encore surmontées.

Dans chaque quartier, dans chaque localité, il y a les Comités de Défense de la Révolution, où les cubains ont la possibilité de discuter de ces problèmes concrets et de faire remonter leurs revendications en matière de besoins sociaux.

En somme, ce genre de « dictature » qui se préoccupe des conditions de vie des plus humbles, et tente d’y répondre au mieux avec les moyens disponibles, ne serait-ce pas une forme de ce que Marx appelait précisément la « dictature du prolétariat » ?

C’est le fond du débat sur ce point. Sur les diverses formes qu’elle peut prendre selon les conditions concrètes de chaque pays, ce n’est que l’histoire qui tranchera le débat, et en ce qui concerne Cuba, on voit bien que la messe est loin d’être dite, en dépit des diverses visites papales…

Après une brève mise en sourdine, après quelques bémols remarquables, dont celui de Ségolène Royale, le chœur des cris d’orfraies a repris, pour crier « à la dictature », au mépris de la volonté affirmée par le peuple cubain, qui a en quelque sorte massivement « voté », et plus surement encore avec ses millions de pas au long des routes cubaines, que nous ne pourrions le faire avec notre « démocratie » spectaculaire-guignolesque, chassant le dernier locataire de l’Élysée pour mieux se plaindre du prochain, six mois après son élection…

Une démocratie formelle, où tout le monde est sensé pouvoir dire à peu près n’importe quoi, mais où on voit bien qu’elle se trouve rapidement des limites, en pratique, et même carrément des œillères, pour empêcher de faire passer sur les grands médias ce qui dérange la pensée unique, qui est celle du capitalisme, même si elle déguise parfois ses clones en clowns « de gauche »…
Et des limites, et des œillères, surtout, pour déformer les faits grossièrement, comme on le voit à cette occasion, lorsqu’ils ne rentrent pas dans le cadre du tableau…

Lorsqu’une voix reconnue s’élève pour simplement rappeler une évidence, comme vient de le faire Ségolène Royal, tous lui tombent dessus pour tenter de reboucher la brèche…

Cet hommage populaire est un instant de vérité que les capitalistes/impérialistes ont manifestement du mal à avaler, ainsi que les roquets médiatiques et politiques qui aboient pour leur faire de l’écho…

Mais la caravane est passée, c’est le cas de le dire !

Pour autant, il n’y a pas de modèle universel pour le socialisme, et ce sont les grandes leçons que l’on peu tirer de chaque expérience historique qui permettent de faire avancer la suivante positivement.

Pour tous ceux qui refusent de chercher à comprendre, et qui veulent encore appliquer à Cuba des recettes qui ne fonctionnent déjà plus chez nous, face à la crise, il n’y a sans doute pas grand chose à dire, mais pour ceux qui veulent simplement comprendre le paradoxe apparent de Cuba, qui selon les premiers se résumerait à l’histoire d’un peuple féru de dictature, alors qu’il s’agit simplement de la conscience du chemin parcouru, dans des circonstances autrement plus difficiles que les nôtres, il suffit, pour les autres, d’écouter et de lire le dernier discours d’adieu de Raul Castro à son frère, sur la Place de la Révolution à Santiago de Cuba.

Contrairement à ceux de Fidel, les discours de Raul sont brefs, à la fois analytiques et synthétiques, reflétant sa formation marxiste-léniniste ancienne, ce qui ne les empêche pas d’être également charismatiques, émaillés d’anecdotes qui symbolisent et rendent vivants les tournants de l’histoire, les remettant en perspective, dans le temps, et dans la signification globale de son analyse.

C’est aussi pourquoi le « C’est possible » de Raul Castro n’a rien à voir avec le « Yes we can » de Barack Obama, dont on attend en vain les effets, huit ans après son élection, et alors que son tour de piste dans le cirque politique de l’Oncle Sam est déjà terminé… Ce « C’est possible » n’a évidemment rien à voir, non plus, avec le tonitruant « Moi Président » ânonné par notre baudruche nationale François Hollande, déjà dégonflée par le bilan d’un seul tour de piste…

Ce « C’est possible », au contraire, résume l’histoire des obstacles immenses déjà surmontés, et montre  donc que ceux à venir peuvent aussi être franchis!

Compte tenu de la difficulté relative des obstacles, ici et à Cuba, on ferait bien mieux de s’en inspirer, plutôt que de mépriser et dénigrer sans connaitre.

Luniterre

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Le discours de Raul Castro

à Santiago de Cuba

(Traduction de la version sténographique du Conseil d’État.Voir la VO en espagnol, en copie PDF, ici:   Raoul-a-Santiago___Discours   )

 

 

Chers chefs d’État et de gouvernement,

Éminentes personnalités qui nous accompagnent,

Compatriotes, qui êtes présents ici en représentation des provinces orientales et de Camagüey,

Santiagaises et Santiagais,

Cher peuple cubain,

Dans l’après-midi d’aujourd’hui, après son arrivée dans cette ville héroïque, le cortège funèbre contenant les cendres de Fidel, qui a réédité, en sens inverse, le trajet de la Caravane de la Liberté de 1959, a parcouru des sites emblématiques de Santiago de Cuba, le berceau de la Révolution, où, comme dans le reste du pays, il a reçu les témoignages d’amour des Cubains.

Demain, ses cendres seront déposées, au cours d’une simple cérémonie au cimetière de Santa Ifigenia, très près du Mausolée du Héros national José Marti, de ses compagnons d’armes de la Moncada, du Granma et de l’Armée rebelle, de la lutte clandestine et des missions internationalistes.

Il reposera à quelques pas des tombes de Carlos Manuel de Céspedes, le Père de la Patrie, et de la légendaire Mariana Grajales, la mère des Maceo, et j’irai même jusqu’à dire la mère de tous les Cubains et les Cubaines. Non loin de là se trouve également le tombeau où reposent les restes de l’inoubliable Frank Pais Garcia, jeune Santiagais assassiné par les sbires de la tyrannie de Fulgencio Batista, âgé d’à peine 22 ans, un mois après la mort au combat dans cette ville de son frère cadet Josué. L’âge de Frank ne l’empêcha pas d’avoir eu un parcours exemplaire dans la lutte contre la dictature, dans laquelle il se distingua comme chef du soulèvement armé de Santiago de Cuba, le 30 novembre 1956, visant à appuyer le débarquement des membres de l’expédition du yacht Granma, ainsi que dans l’organisation de l’envoi décisif d’armes et de combattants à la naissante Armée rebelle dans les montagnes de la Sierra Maestra.

Depuis l’annonce, tard dans la soirée du 25 novembre, du décès du leader historique de la Révolution cubaine, la douleur et la tristesse se sont abattues sur le peuple qui, profondément ému par sa perte physique irréparable, a fait preuve de courage, de fermeté, de conviction patriotique, de discipline et de maturité en se rendant massivement aux activités d’hommage qui ont été organisées, et en faisant sien le serment de fidélité au concept de Révolution énoncé par Fidel le 1er Mai 2000. Les 28 et 29 novembre, des millions de compatriotes ont apposé leur signature en soutien à la Révolution.

Au milieu de la douleur de ces journées, nous nous sommes sentis réconfortés et fiers, une fois de plus, par la réaction impressionnante des enfants et des jeunes Cubains, qui réaffirment leur engagement à être les fidèles continuateurs des idéaux du leader de la Révolution.

Au nom de notre peuple, du Parti, de l’État, du gouvernement et des proches, je tiens à vous réitérer ma reconnaissance la plus profonde pour les innombrables témoignages d’affection et de respect envers Fidel, envers ses idées et son œuvre, qui continuent à affluer de tous les coins du monde.

Fidel qui cultivait l’éthique de José Marti selon laquelle «Toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs », le leader de la Révolution rejetait toute forme de culte à la personnalité et a été conséquent avec ce principe jusqu’aux dernières heures de sa vie. Il a insisté pour qu’après son décès, ni son nom ni son image ne soit jamais donné à des institutions, des places, des parcs, des avenues, des rues ou autres sites publics, ni que soit érigé en sa mémoire aucun monument, buste, statue ou autre forme d’hommage.

Conformément au vœu du camarade Fidel, nous présenterons à la prochaine période de sessions de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire les propositions législatives qui s’imposent en vue de respecter de sa volonté.

Notre cher ami Bouteflika, le président algérien, avait parfaitement raison lorsqu’il affirmait que Fidel possédait la capacité extraordinaire de voyager dans le futur et de revenir pour l’expliquer. Le 26 juillet 1989, dans la ville de Camagüey, le commandant en chef avait prédit, deux ans à l’avance, la disparition de l’Union soviétique et du camp socialiste, assurant devant le monde que si ces circonstances venaient à se produire, Cuba continuerait de défendre les drapeaux du socialisme.

L’autorité de Fidel et ses liens profonds avec le peuple ont été déterminants dans la résistance héroïque du pays, dans les années dramatiques de la période spéciale, lorsque notre Produit intérieur brut a chuté de 34,8%, que l’alimentation des Cubains s’est considérablement détériorée, que nous avons enduré des coupures de courant de 16 à 20 heures par jour et qu’une grande partie de notre industrie et des transports fut paralysée. Malgré tout, nous sommes parvenus à préserver la santé publique et l’éducation pour toute notre population.

Je me souviens des réunions du Parti dans les provinces : dans l’est de l’Île, à Holguin ; dans le centre à Santa Clara et dans l’ouest, dans la capitale de la République, La Havane, tenues en juillet 1994 pour discuter comment affronter avec davantage d’efficience et de cohésion les défis de la période spéciale, le durcissement du blocus impérialiste et les campagnes médiatiques destinées à répandre le désenchantement parmi les citoyens. De ses réunions, y compris celle de l’ouest qui fut présidée par Fidel, nous sommes tous sortis convaincus qu’avec la force et l’intelligence des masses unies en rangs serrés sous la conduite du Parti, il était possible et cela fut possible de transformer la période spéciale en une nouvelle bataille victorieuse dans l’histoire de la patrie.

Rares étaient à l’époque ceux qui dans le monde misaient sur notre capacité de résistance pour vaincre l’adversité et le renforcement du siège ennemi. Cependant, notre peuple, sous la conduite de Fidel, a donné une leçon inoubliable de fermeté et de loyauté aux principes de la Révolution.

En évoquant ces moments difficiles, il me paraît juste et pertinent de répéter ce que j’ai dit de Fidel le 26 juillet 1994, l’une des années les plus dures, à l’Île de la Jeunesse, il y a 22 ans, et je cite : « L’enfant le plus brillant de Cuba de ce siècle, celui qui nous a prouvé qu’il était possible de tenter la conquête de la Caserne Moncada ; qu’il était possible de transformer le revers en victoire », ce que nous avons réussi cinq ans, cinq mois et cinq jours plus tard, lors du glorieux 1er Janvier 1959, – ceci ajouté aux paroles que j’ai prononcées à cette occasion (Applaudissements).

Il nous a prouvé « qu’il était possible d’atteindre les côtes de Cuba à bord du yacht Granma, qu’il était possible de résister à l’ennemi, à la faim, à la pluie et au froid, et organiser une armée révolutionnaire dans la Sierra Maestra après la débâcle d’Alegria de Pio ; qu’il était possible de créer de nouveaux fronts de guérilla dans la province d’Oriente, avec les colonnes d’Almeida et la nôtre ; qu’il était possible de vaincre avec 300 fusils la grande offensive de plus de 10 000 soldats ». Une fois cette armée mise en déroute, le Che écrivit dans son journal de campagne que cette victoire avait brisé l’épine dorsale de l’armée de la tyrannie ; «qu’il était possible de rééditer l’épopée de Maceo et de Gomez en étendant la lutte à l’ouest de l’Île avec les colonnes du Che et de Camilo ; qu’il était possible de vaincre, avec le soutien de tout le peuple, la tyrannie de Batista appuyée par l’impérialisme nord-américain.

Celui qui nous a appris qu’il était possible de vaincre, en 72 heures, voire moins, « l’invasion mercenaire de Playa Giron tout en poursuivant la campagne destinée à éradiquer l’analphabétisme en un an », que nous avons parachevée en 1961.

« Qu’il était possible de proclamer le caractère socialiste de la Révolution à 90 miles de l’empire, alors que ses navires de guerre avançaient sur Cuba derrière les troupes de la brigade mercenaire ; qu’il était possible de maintenir fermement les principes inébranlables de notre souveraineté sans céder au chantage nucléaire des États-Unis pendant les journées de la Crise des missiles de 1962.

« Qu’il était possible d’envoyer de l’aide solidaire à d’autres peuples frères qui luttaient contre l’oppression coloniale, l’agression extérieure et le racisme.

« Qu’il était possible de vaincre les racistes sud-africains et préserver l’intégrité territoriale de l’Angola, forçant l’indépendance de la Namibie et assénant un rude coup au régime de l’apartheid.

« Qu’il était possible de transformer Cuba en une puissance médicale, de réduire la mortalité infantile au plus faible taux du Tiers monde, d’abord, et de l’autre monde riche ensuite, car sur ce continent, pour le moins, nous affichons un taux de mortalité d’enfants de moins d’un an inférieur à celui du Canada et des États-Unis eux-mêmes (Applaudissements), tout en élevant considérablement l’espérance de vie de notre population.

« Qu’il était possible de transformer Cuba en un grand pôle scientifique, avancer dans les domaines modernes et décisifs de l’ingénierie génétique et de la biotechnologie ; de nous insérer dans la chasse gardée du commerce international des produits pharmaceutiques ; de développer le tourisme en dépit du blocus nord-américain ; de construire des routes sur la mer pour faire de Cuba un archipel de plus en plus attractif et obtenir une source croissante de devises grâce à nos beautés naturelles.

« Qu’il est possible de résister, de survivre et de nous développer sans renoncer aux principes ni aux conquêtes du socialisme dans le monde unipolaire marqué par la toute-puissance des transnationales qui a émergé à la suite de l’effondrement du camp socialiste d’Europe et de la désintégration de l’Union soviétique.

« C’est possible, tel est l’enseignement permanent de Fidel. Il nous a montré que l’homme est capable de surmonter les conditions les plus dures s’il reste inébranlable dans sa volonté de vaincre, s’il fait une évaluation correcte de chaque situation sans renoncer à ses justes et nobles principes », fin de citation.

Ces paroles que j’ai prononcées voici plus de dix ans sur celui qui, après le désastre du premier combat à Alegria de Pio, dont nous fêterons après-demain le 60e anniversaire, n’a jamais perdu la foi en la victoire, et 13 jours plus tard, dans les montagnes de la Sierra Maestra, un 18 décembre de cette même année, après avoir réuni sept fusils et une poignée de combattants, s’exclama : « Maintenant, nous avons gagné la guerre ! » (Applaudissements et exclamations de : « Fidel, Fidel ! Ça c’est Fidel ! »).

C’est le Fidel invaincu qui nous convoque avec son exemple et avec la preuve que c’était possible, que c’est possible et que ce sera possible ! (Applaudissements et exclamations de « C’est possible ! »). Autrement dit, je répète qu’il a prouvé que c’était possible, que c’est possible et que ce sera possible de surmonter n’importe quel obstacle, menace, turbulence dans notre ferme effort pour construire le socialisme à Cuba ou, ce qui revient au même, préserver l’indépendance et la souveraineté de la patrie ! (Applaudissements).

Devant les restes de Fidel sur cette Place de la Révolution Major-général Antonio Maceo, dans la ville héroïque de Santiago de Cuba, jurons de défendre la patrie et le socialisme (Exclamations de « Nous le jurons ! »), et, ensemble, réaffirmons la sentence d’Antonio Maceo, le Titan de Bronze : « Quiconque tentera de s’emparer de Cuba recueillera la poussière de son sol baigné de sang, s’il ne périt pas dans la bataille ! » (Exclamations).

Fidel ! Fidel ! Hasta la Victoria (Exclamations de « Siempre ! »). (Exclamations de « Raul est Fidel ! » et de « Raul, rassure-toi, le peuple est avec toi ! »

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Source:

http://fr.granma.cu/hasta-la-victoria-siempre/2016-12-04/cest-possible-tel-est-lenseignement-permanent-de-fidel

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https://i0.wp.com/i.f1g.fr/media/figaro/1280x580_crop/2016/12/04/XVM8ec94950-ba34-11e6-b4eb-1c8a14c3df53.jpg

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Cuba, Castro, Socialisme, Anti-impérialisme, De quoi parle-t-on?

 

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Cuba,

Castro,

 

Socialisme,

Anti-impérialisme,

 

De quoi

parle-t-on?

 

 

 

Dans le contexte actuel de dénigrement de tout ce qui rappelle le socialisme et l’héritage de l’Union Soviétique, le périple du retour des cendres de Fidel Castro à Santiago de Cuba est devenu, par la ferveur populaire qu’il suscite, un évènement politique tout à fait à contre-courant de la doxa médiatique, sinon carrément un évènement historique en lui-même.

Le mouvement de masse en faveur de la mémoire de Fidel Castro en impose tellement que les médias ne peuvent que rabaisser leur arrogance réactionnaire habituelle au service de l’impérialisme.

Dans la foulée, tout ce que la prétendue « gauche » compte d’opportunisme petit-bourgeois semble s’enflammer d’un réveil de nostalgie « révolutionnaire » et y va de sa larmichette pseudo-humaniste « populaire »…

Cela n’empêche toujours pas quelques esprits chagrins de continuer à dénigrer tout héritage progressiste au castrisme, et pour certains, en prétendant en faire une critique « de gauche »…

Et de lui nier, par voie de conséquence, toute fonction « anti-impérialiste »…

Alors qu’à l’évidence, l’unité largement majoritaire exprimée très librement par le peuple cubain est un pied de nez massif aussi bien à l’Oncle Sam relooké en Trump-père fouettard, qu’au reste de l’occident, voire à certains « grands alliés » qui seraient tenté de le considérer comme un peuple mineur, sinon un vassal ou une simple « utilité » diplomatique aux portes de l’Empire…

En un sens, une telle manifestation est l’expression d’un front uni maintenu contre toute tentative de néo-colonisation de la nation cubaine.

Lorsque la Révolution Cubaine a réellement commencé, au début des années 50, l’URSS était encore à son apogée et le mouvement anti-impérialiste et anti-colonialiste à travers le monde se référait souvent au Marxisme-Léninisme, et l’espoir de libération allait également souvent avec la perspective du socialisme.

Pourtant, avec l’avènement de Khrouchtchev, ce fut également le triomphe à peine masqué du révisionnisme sur le marxisme-léninisme, et sous diverses formes, certaines, comme le « maoïsme », voulant se conserver un air de radicalité, sous couvert de tiers-mondisme…

La plus grande confusion s’installait donc, à la fois dans le mouvement ouvrier en métropoles impérialistes et dans les luttes de libération nationales…

Dans celles ci, la composante nationaliste bourgeoise et petite-bourgeoise se complaisait évidemment déjà à cette confusion, tant par démagogie que par opportunisme à l’égard de l’URSS, principalement…

Pourtant, du point de vue idéologique, la question n’est pas aussi compliquée qu’il y parait, si l’on veut simplement faire l’effort d’y voir clair…

Dès 1920, dans un très court texte destiné à la « commission nationale et coloniale » du IIème congrès de l’Internationale Communiste, Lénine avait pris soin de résumer la question :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/04/12/2762_anti-imperialisme_lenine_sans_poussiere/

Que dans les mouvements révolutionnaires du tiers-monde la petite-bourgeoisie et la bourgeoisie nationale continuent de jouer un rôle, ce n’est pas une tare en soi, dans la mesure où le rôle politique de chaque classe est correctement défini.

Le fait que la paysannerie constitue numériquement la force sociale majoritaire est aussi une évidence incontournable du processus.

Le fait que le prolétariat industriel y soit souvent encore minoritaire devait être précisément compensé par le fait que ces luttes de libération pouvaient compter, à partir de la Révolution Bolchévique, sur l’aide de l’Union Soviétique, comme base arrière indispensable, et que le parti prolétarien, pouvait, en s’appuyant sur cette base, entrainer avec lui la majorité des prolétaires, tant dans les campagnes que dans les villes.

Mais dans l’esprit de Lénine, comme exprimé dans tout ses textes sur le sujet, la possibilité de transformer réellement les luttes de libération nationale en révolutions socialistes était nettement liée à la capacité du parti prolétarien à constituer une force politique indépendante et capable de prendre la direction du processus révolutionnaire.

En ce qui concerne la Révolution Cubaine, rappelons simplement que la confusion s’est installée à plusieurs niveaux, et à plusieurs titres…

En 1959, alors que la Révolution triomphe à Cuba, c’est au contraire, en URSS, la mutation du régime en une bourgeoisie nationale-bureaucratique qui est déjà achevée, pour l’essentiel, même si cela l’amène néanmoins à continuer le soutien, sur cette base, des luttes de libération nationale.

Et pourtant, à Cuba, à la veille de la bataille de Santa Clara, l’unité des révolutionnaires, même dans l’objectif de la libération nationale, était loin d’être achevée, en dépit du prestige déjà très dominant de Fidel Castro.

C’est le Che qui recollera avec autorité les morceaux du maquis local nécessaires à cette victoire décisive.

De sorte que la prise du pouvoir elle même n’allait pas, en réalité, sans une grande confusion sur l’avenir politique du processus.

Il ne s’agit pas ici d’en refaire l’historique complet, mais rappelons simplement que l’unité politique n’a réellement été achevée qu’en 1965 avec la fondation du Parti Communiste de Cuba.

A cette époque, les chances, pour Cuba, de développer une économie socialiste autonome, étaient déjà anéanties du fait du blocus US. La dépendance à l’URSS révisionniste devenait incontournable et constituait autant un frein qu’une roue de secours, même si elle a permis une survie socialement progressiste.

Dans la mesure où l’URSS a continué de soutenir les mouvements de libération du tiers-monde, non seulement Cuba est resté intégré dans ce mouvement, mais il en est même pratiquement devenu l’avant-garde, ce qui explique l’importance de l’impact de tout ce qui s’y passe encore, en dépit de la disparition de l’URSS.

La survie même de Cuba comme nation indépendante, après cette disparition, est une grande et aujourd’hui manifestement incontestable victoire de ce mouvement international de résistance anti-impérialiste.

Si le symbole de résistance que constituait l’île de Cuba face aux USA a tant marqué les esprits, du vivant de l’Union Soviétique, et continue de le faire, encore aujourd’hui, c’est aussi et même d’abord parce qu’il représente l’héritage du mouvement Marxiste-Léniniste, qui a concerné au cours de la deuxième moitié du XXème siècle, jusqu’à un tiers de l’humanité, à travers ses diverses formes et variantes idéologiques, dont le seul trait commun restait précisément l’anti-impérialisme.

Pour autant, concernant le castrisme, considéré d’un point de vue marxiste-léniniste, c’est bien la question de sa nature de classe, qui se pose, encore aujourd’hui, sinon plus que jamais, et de son avenir politique, en fonction.

Au départ, la Révolution Cubaine est donc bien essentiellement une lutte de libération nationale, une lutte anti-impérialiste, tant la dépendance du dictateur Batista à la maffia US et à la CIA est avérée.

( https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_Cuba_sous_Batista )

En même temps, il est clair que c’est aussi une révolte populaire contre ce capitalisme maffieux et colonialiste à la fois.

Sortir le peuple cubain d’une misère noire et d’une soumission particulièrement humiliante et dégradante, c’est déjà l’œuvre majeure, à la base du castrisme.

Non content de ce résultat, il a œuvré à soutenir la plupart des autres mouvements de libération à travers le monde, et réussi à élever le niveau de vie moyen à Cuba bien au dessus de la plupart des pays d’Amérique Latine, et même encore après avoir à relever son économie brutalement ravagée par l’effondrement de l’URSS.

Tout cela n’a certainement pas été sans quelques errements et erreurs diverses, mais il ne s’agit pas ici d’un bilan historique approfondi, qui reste à faire…

Non, il s’agit simplement, par contre, d’un constat brut qui souligne que tout cela n’a pu être effectué sans une large unité populaire, incluant évidemment le prolétariat et la classe ouvrière, même si faible numériquement.

Le fait que cette unité se soit incarnée dans le parti communiste n’en est pas, néanmoins, la garantie que le prolétariat y a forcément et constamment joué le rôle dirigeant, ni qu’il puisse encore le faire.

Il est clair qu’une fraction progressiste de la bourgeoisie nationale, dont Fidel Castro est lui-même issu, y a constamment joué un rôle important, sinon essentiel.

 

Mais il est également clair que la très dure « période spéciale » qui a permis à Cuba de survivre à l’effondrement de l’URSS n’a pu se faire sans l’introduction de nouvelles formes de capitalisme, et qu’elles ont encore tendance à se développer.

Pour autant, peut-on parler de « NEP tropicale »(*), comme certains peuvent être tentés? Et notamment par analogie avec les prétentions de certains pseudos-« marxistes-léninistes » pour le régime actuel en Chine?

Là encore, ce débat de fond n’est pas le but du présent article, mais rappelons simplement que NEP suppose direction prolétarienne à la tête de l’État et secteur capitaliste ultra-minoritaire…

Pour le cas de la Chine, le côté abusif d’une telle prétention saute aux yeux, sauf à ceux qui sont voilés par une mauvaise foi extrême…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/chine-capitalisme-ou-socialisme-aux-racines-du-maoisme/

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Pour le cas de Cuba, la situation reste encore floue et indéterminée à ce sujet, car on voit bien que l’évolution actuelle du régime castriste a le soutient majoritaire de la population, y incluant le prolétariat et la classe ouvrière.

On peut donc comprendre que la nature sociale d’un tel régime, sa nature de classe réelle, a forcément hérité aussi de la confusion de ses débuts et de toute cette période.

Il semble néanmoins établi que des éléments de socialisme suffisamment importants y ont survécu, assurant la solidité et la popularité du régime castriste, et lui permettant également de garantir son indépendance, de par le fait.

Le lien avec le socialisme comme garantie de l’indépendance nationale semble bien être un élément de base de la ligne politique de Raoul Castro, malgré les accords diplomatiques diverses rendus nécessaires par l’isolement de l’île.

( http://www.cuba.cu/gobierno/rauldiscursos/2010/fra/r181210f.html

Allocution prononcée par RAÚL CASTRO RUZ, LE 18 Décembre 2010.

En sa conclusion: « Grands ont été les défis et aussi les dangers depuis le triomphe de la Révolution, surtout depuis Playa Giron,(***) mais aucune difficulté ne nous a fait plier. Nous sommes ici et nous y resterons grâce à la dignité, à l’intégrité, au courage, à la fermeté idéologique et à l’esprit de sacrifice révolutionnaire du peuple cubain qui a intégré depuis longtemps l’idée que le socialisme est la seule garantie pour lui de rester libre et indépendant.  » (****)

Au moment où l’histoire, par un de ses hasards apparents, mais révélateur, finalement, fait coïncider la disparition de Fidel avec l’apparition du sinistre clown Trump à la Maison Blanche, c’est presque un retour à la confusion originelle qui risque de prévaloir à Cuba.

Toutefois, le discours que vient de prononcer Raoul Castro, ( ** )sur la Place de la Révolution, à Santiago de Cuba, place également dédiée à Antonio Maceo, autre grande figure de la résistance cubaine, indique bien plutôt une fidélité, qui ne semble pas être galvaudée, à l’égard des principes exprimés lors de ce VIème congrès, fondateur de la nouvelle politique cubaine. C’était aussi pour lui l’occasion historique d’en asseoir la légitimité, aux regards du monde entier, et avec le soutien massif du peuple cubain, ce qui est manifestement une grande réussite.

Malgré tous ces aléas de l’histoire, il est donc clair que Raoul Castro et son parti sont toujours dépositaires d’un héritage dont les racines sont marxistes-léninistes.

Dans une situation mondiale actuelle où les forces communistes marxistes-léninistes à travers le monde restent dérisoires en face de la crise, il nous parait d’abord urgent de mettre en avant, de relayer et de soutenir toutes les manifestations d’unité populaire anti-impérialistes, ce qui n’interdit pas, au contraire, un regard critique et une étude analytique.

Mais réduire ou nier le rôle anti-impérialiste du castrisme, ou pire, le caricaturer, selon une mode « gauchiste » ou même maoïste, héritée des années 70, en réduisant son rôle historique à le présenter comme « valet du social-impérialisme soviétique », c’est véritablement se couvrir de ridicule et d’ignominie collaborationniste, en réalité, surtout si l’on se rappelle que ce langage date précisément d’une époque où la Chine « maoïste », qui était encore en phase terminale de sa « révolution culturelle », avait déjà entamé une collaboration directe avec les USA et les pires dictatures de la planète, contre ce prétendu « social-impérialisme soviétique »!

Alors que le courant de sympathie que le castrisme entraîne avec lui est bien une occasion, pour les communistes marxistes-léninistes, de s’exprimer sur la nature de l’impérialisme et de faire valoir, précisément, de façon dialectique, les caractéristiques qui distinguent l’anti-impérialisme prolétarien du simple nationalisme progressiste petit-bourgeois, et encore davantage, évidemment, du social-chauvinisme!!

Aujourd’hui encore, et plus que jamais dans la situation de crise mondiale du capitalisme, construire des organisations marxistes-léninistes indépendantes, sur une base prolétarienne, tant dans les métropoles impérialistes que dans les pays sur-exploités du tiers-monde, c’est évidemment une base nécessaire, mais le dénigrement de ce qui reste de positif des mouvements anti-impérialistes plus anciens n’est certainement pas une telle base…

Cela veut dire aussi que le rôle du prolétariat reste la clef de l’avenir social et politique de Cuba, et ce que nous montre la ferveur populaire autour de la mémoire de Fidel, c’est que l’histoire n’est toujours pas écrite à l’avance, et surtout, pas forcément dans le sens espéré par les impérialistes, ni imaginé par les imbéciles sectaires qui se la jouent « ultra-gauche »…

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Luniterre

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Le discours de Raul Castro à Santiago:

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NOTES:

( * NEP: « Nouvelle politique économique » en URSS, dans les années 20, pour relancer l’économie ravagée par la guerre civile et l’intervention impérialiste. Cette politique incluait un secteur d’économie capitaliste, très limité, minoritaire, sous contrôle de l’autorité de l’État prolétarien, et sans développement de capitalisme financier.)

( ** LE TEXTE ORIGINAL DU DISCOURS DE SANTIAGO:  http://www.granma.cu/hasta-la-victoria-siempre-fidel/2016-12-03/la-permanente-ensenanza-de-fidel-es-que-si-se-puede-03-12-2016-23-12-18

EXTRAITS:

« Con razón, el querido amigo Bouteflika, presidente de Argelia, expresó que Fidel poseía la extraordinaria capacidad de viajar al futuro, regresar y explicarlo. El 26 de Julio de 1989, en la ciudad de Camagüey, el Comandante en Jefe predijo, con dos años y medio de antelación, la desaparición de la Unión Soviética y el campo socialista, y aseguró ante el mundo que si se dieran esas circunstancias, Cuba continuaría defendiendo las banderas del socialismo. »

« Ese es el Fidel invicto que nos convoca con su ejemplo y con la demostración de que ¡Sí se pudo, sí se puede y sí se podrá! » (Aplausos y exclamaciones de: “¡Sí se puede!) O sea, repito que demostró que sí se pudo, sí se puede y se podrá superar cualquier obstáculo, amenaza o turbulencia en nuestro firme empeño de construir el socialismo en Cuba, o lo que es lo mismo, ¡Garantizar la independencia y la soberanía de la patria! » (Aplausos.)

( *** En France, on parle plus souvent de la « Baie des  Cochons », où a eu lieu le débarquement des anti-castristes, en 1961, organisé par les USA et la CIA, se soldant néanmoins par un échec retentissant.

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9barquement_de_la_baie_des_Cochons   )

(****texte original espagnol:

http://www.cuba.cu/gobierno/rauldiscursos/2010/esp/r181210e.html

et voir aussi:

Rapport Central au VIème CONGRÈS DU PARTI COMMUNISTE DE CUBA

http://www.cuba.cu/gobierno/rauldiscursos/2011/fra/r160411f.html

VO en espagnol:

http://www.cuba.cu/gobierno/rauldiscursos/2011/esp/r160411e   )


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