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Un demi-siècle après Mai 68 : En finir avec la « gauche » Kollaborationniste

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Un demi-siècle

après Mai 68 :

En finir avec la « gauche »

Kollaborationniste

 

 

« Les rares personnes qui comprendront le système seront soit si intéressées par ses profits, soit si dépendantes de ses largesses qu’il n’y aura pas d’opposition à craindre de cette classe-là  ! La grande masse des gens, mentalement incapables de comprendre l’immense avantage retiré du système par le capital, porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts. »

Rothschild Brothers of London, citant John Sherman,

communiqué aux associés, New York, le 25 juin 1863.

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Un demi-siècle après Mai 68, encore Marxiste-Léniniste?

Que peut bien encore signifier « être ML » en 2018 ?

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1968, ce n’est pas seulement l’année de Mai en France…

Même si les « événements » de Mai 68 resteront en quelque sorte, et pour très longtemps, en France, la « partie émergée » d’un étrange iceberg sur lequel le vaisseau fantôme « Équilibre Mondial » est venu heurter la structure de sa carcasse déjà bien vermoulue…

En réalité, effectivement, le monde de cette époque est déjà miné par une somme de contradictions et d’inégalités qui appelaient à un autre équilibre, sur d’autres bases.

Malgré la croissance encore exponentielle des économies « occidentales », mais plus pour très longtemps, et comme si les peuples de ces nations sentaient déjà la fin de cette ère initialement sensée finir à la fois le siècle et le millénaire dans une apothéose de science et de technologie, une remise en cause de ces « raisons de vivre » traversait toutes les couches de cette société où l’opulence semblait prochainement accessible à tous et pratiquement sans limites…

La gauche française, née et bercée initialement dans les utopies de la fin du XIXème siècle, n’était devenue, formellement et intellectuellement, « marxiste », que par mimétisme, sous l’influence de l’URSS d’avant-guerre, en voie de développement et de construction accélérée, puis sous l’influence, plus symboliquement ambigüe, de la bataille devenue légendaire de Stalingrad. Sans comprendre que ce que les soviétiques avaient défendu avec un tel esprit de sacrifice, ce n’était pas essentiellement la perspective d’une utopie, lucidement lointaine, pour eux, mais bien les vitales conquêtes des premiers pas du socialisme, qui les avait simplement sorti de la misère des isbas, de l’asservissement aux grands propriétaires fonciers, et surtout, finalement, de l’analphabétisme et de l’ignorance.

La véritable base initiale de la Révolution Bolchevique et celle de la gauche française appartenaient déjà depuis longtemps à deux mondes différents, mais les « élites intellectuelles » dirigeantes idéologiques de la gauche française étaient incapables d’assumer ce décalage, autant , et sinon plus, par opportunisme que par manque de lucidité…

C’est déjà cette faillite idéologique que symbolise le célèbre mot que l’on prête volontiers à Sartre :« Il ne faut pas désespérer Billancourt. »

Que le mot soit apocryphe ou non, il résume en même temps tellement bien la faillite de ce « philosophe » et de son monde qu’on ne saurait réellement le lui retirer…

C’était une époque où la gauche intellectuelle française vantait sans complexes les mérites de l’école républicaine et prétendait même encore savoir lire… Elle faisait néanmoins de Marx une lecture essentiellement utopiste, ce qui tendrait à rendre douteuse cette prétention, et généralement, de plus, en se complaisant dans d’interminables débats sur les diverses interprétations byzantines qu’elle en faisait…

A l’occasion, elle pratiquait de la même manière avec les textes de Lénine, espérant préserver par là le lien entre ses chimères utopiques et sa vision « globale » de l’URSS, qui n’était (et n’est toujours …), précisément, qu’une « vision », et « globalisante », de plus, c’est à dire aux antipodes du matérialisme historique et de la dialectique marxiste, en réalité.

Le caricatural « globalement positif », également apocryphe mais pleinement assumé par Marchais en 1979 est à la fois l’aboutissement, (23ème Congrès du PCF), et, très vite, le point de retournement à partir duquel cette même « vision globale » devient tout aussi globalement négative et toujours aussi antithétique du marxisme, mais enfin « globalement » conforme à ce que la bourgeoisie française attendait de son aile gauche…

Le « globalement positif » est significatif en ce qu’il précède de peu l’intervention armée de l’URSS en Afghanistan. 1979 est donc aussi le début du reflux des luttes de libération nationales du tiers monde, qui formaient, à l’échelle mondiale, une vaste zone d’influence de l’URSS et une résistance encore farouche au déploiement de l’impérialisme US et de ses valeurs financières et sociétales.

Quel rapport avec 1968 ?

1968 commence avec l’offensive du Têt au Sud-Vietnam. Un échec militaire mais transformé en réussite politique par son impact psychologique, essentiellement sur l’opinion public occidentale…

En réalité, c’est le tournant décisif de cette guerre, une des plus emblématiques de la deuxième moitié du XXème siècle. Elle marque un moment important de l’indécision du rapport de forces dans ce que l’on appelle encore la guerre froide.

Dans son rapport avec la gauche française le statut du rôle de l’URSS n’a sans doute jamais été aussi ambigu. Mai 68 se trouve placé, chronologiquement, entre cette offensive spectaculaire des « communistes » nationalistes vietnamiens et l’intervention de l’URSS et des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, en Août de la même année. Si l’offensive du Têt marque essentiellement par la détermination des combattants assaillants au Sud-Vietnam, en révélant la vulnérabilité de l’Empire US, la nécessité de mobiliser aussi massivement ses troupes pour sauvegarder son influence en Europe de l’Est marque en parallèle la vulnérabilité de l’infrastructure soviétique à cette même époque, déjà. En prétendant la réformer, Khrouchtchev en avait déjà sapé les fondamentaux et Brejnev ne faisait que tenter de limiter cette désagrégation sans pour autant revenir aux fondamentaux. Dubcek à Prague ne faisait que renouveler le réformisme khrouchtchevien et anticiper, en quelque sorte, la perestroïka… C’est à dire une désagrégation encore plus complète des derniers restes d’une économie planifiée et son glissement délibérément organisé d’un capitalisme bureaucratique d’Etat déclinant vers le libéralisme économique « à l’occidentale », même si dans une version hypothétiquement « sociale-démocrate ».

Mai 68 en France, tout comme, à l’échelle internationale, l’ensemble de la révolte de la jeunesse et le resurgissement du mouvement ouvrier, se situe en quelque sorte au point d’un équilibre mondial précaire dont les deux protagonistes essentiels, USA et URSS, sont eux-même à la fois autant sur la défensive qu’à l’offensive et fragilisés par la nécessité même de leurs propres mouvements contradictoires.

Tout était sans doute possible, à cette époque, mais encore fallait-il en avoir une conscience claire. Les contestataires en apparence les plus radicaux de l’époque n’en avaient, au mieux, qu’une conscience instinctive et éventuellement obscurcie par l’usage de psychotropes diverses nouvellement en vogue… Pour ce qui est d’une partie encore relativement marginale de la gauche française, un désir réel et puissant de subversion suffisait, le plus souvent, comme élixir…

Mais avant de creuser dans les motivations confuses et contradictoires des contestataires français, arrêtons nous encore un instant sur ce lien qui semble unir non seulement 1968 et 1979, mais aussi 1979 et notre présente époque…

En 1979 les américains avaient déjà intégré la « leçon du Vietnam », et compris que malgré leurs énormes moyens matériels ils étaient incapables de gagner frontalement une guerre réellement populaire.

En Afghanistan, on sait maintenant qu’ils avaient déjà réussi à introduire et manipuler les premiers spécimens de ceux qui allaient devenir les djihadistes répandant aujourd’hui la terreur à travers le monde… L’intervention russe était donc déjà une première tentative d’enrayer ce fléau, en réalité, et les cris d’orfraies des occidentaux, même et surtout des « intellectuels » de gauche, n’étaient déjà que le reflet de leur cécité en matière d’analyse politique.

Ce qui avait remis en cause le rapport de force avec les USA durant le quart de siècle précédent, ce n’était pas le « socialisme » en URSS, qui n’était plus qu’une coquille bureaucratique dans laquelle nichaient les Bernard-l’Hermite brejneviens et autres, mais le développement intense des luttes de libération nationales dont l’URSS était encore la seule base arrière réelle, suite à la défection de la Chine, en voie de passer du côté US, malgré ses rodomontades maoïstes gauchisantes.

Comprendre que la bourgeoisie nationale bureaucratique en URSS ne défendait plus le socialisme mais continuait néanmoins une forme importante de résistance nationale et internationale anti-impérialiste, c’eut été, de la part de la gauche, en France et ailleurs, du reste, simplement faire preuve de lucidité, et devant cette évidence réaliste, un moyen d’adapter sa stratégie, sans cultiver de non-dits, recouverts d’une phraséologie à double sens, hypocrite et alambiquée.

Passant du mythe « globalement positif » qui assimilait de façon idéaliste l’histoire de l’URSS à une seule phase, celle du socialisme, à une légende noire, celle du « globalement négatif », qui reprenait exactement tous les poncifs classiques de l’anticommunisme, la gauche française condamnait donc aussi, en réalité, le socialisme.

Bien évidemment, cette analyse eut été déjà à faire, non seulement en 1968, déjà, mais dès la fin des années 50, en réalité.

A travers les débuts du djihadisme en Afghanistan, on vient donc également d’aborder le lien entre cette époque et la notre, mais à propos du rôle de la Russie actuelle, celle de Poutine, on y reviendra, nécessairement, pour comprendre le fil qui la relie donc aussi bien à 1979 qu’à 1968, de par le fait.

Ce qui marque le contexte de Mai 68 c’est en quelque sorte une session de rattrapage brutal de la jeunesse française par rapport à l’anglo-saxonne, déjà fortement en ébullition « radicale » depuis quelques années.

En 1968 c’est donc essentiellement la jeunesse d’un occident gavé qui s’interroge, assez massivement, sur ses raisons de continuer à vivre le modèle « consumériste » et l’ « american way of life »…

Si la lutte pour la paix au Vietnam est évidemment un aspect emblématique de la contestation aux USA, c’est, plus simplement, le rejet des carcans archaïques autoritaires de l’époque qui sera le déclencheur en France.

Cet aspect anti-autoritaire se retrouvera largement dans le déclenchement de la grève ouvrière, qui, après un 13 Mai massif mais relativement encadré va prendre de court les syndicats et les déborder, dans un premier temps.

Néanmoins, il faut bien comprendre que, même dans un contexte préalable d’essor économique, de nombreuses inégalités et injustices sociales subsistaient, et restaient nécessairement mal vécues, à la base. Révolte anti-autoritaire et revendications sociales entraient donc soudainement en synergie, bousculant les bureaucraties syndicales, qui se voyaient dépossédées de leur rôle accepté de longue date comme entremetteuses sociales en quelque sorte…

Elles se trouvaient donc confrontées à la nécessité de faire à la fois de la « récupération » syndicale au niveau revendicatif et de la « récupération » politique pour endiguer ce flot d’anti-autoritarisme qui menaçait de les emporter complètement.

Toute l’ambiguïté du rôle des syndicats en France, entre action revendicative et lobby d’influence politique, était déjà posée là de manière urgente à l’époque, et même si les conditions et les termes ont changés, cette ambiguïté reste le syndrome des bureaucraties syndicales actuelles. Même délestées de l’essentiel de leurs troupes militantes et de la plus grande partie de leur influence directe, elle restent un levier indispensable au système pour tenter de légitimer ses « réformes » et ses multiples formes de reculs sociaux autrement que par la seule force de la loi imposée.

Si l’idée du retour à un syndicalisme de lutte de classe n’a pas fait florès depuis, le fait de tolérer ce genre de tendance dans leurs rangs permet aux bureaucraties syndicales de se farder d’un rouge assez pâle mais suffisant pour se présenter comme interlocutrices « légitimes » des luttes locales qui pourraient encore les déborder, et notamment celles qui prennent de plus en plus souvent un tour désespéré, engendré par la seule durabilité réellement en cours de développement, celle de la crise. Au moment même où ces lignes étaient écrites Muriel Pénicaud, Ministre du Travail, faisait une éloge appuyée de Jean-Claude Mailly, leader syndical FO en fin de mandat, en proclamant haut et fort, et manifestement avec intention, vu l’écho dans la presse aux ordres : « On a besoin des syndicats ! » http://www.francesoir.fr/actualites-france/penicaud-besoin-des-syndicats

Pour en finir avec le chapitre des syndicats, il ne faut évidemment pas en conclure que toute activité syndicale est nécessairement contre-révolutionnaire, mais que l’utilisation de la forme syndicale du mouvement ouvrier, une de ses conquêtes les plus basiques, dépend entièrement du contexte politique, lui est soumise, et ne le commande pas. Son rôle dépend du rapport de force. Elle peut être un premier pas en avant dans un contexte où il n’existe pas d’autre moyen d’expression, mais, politiquement, elle ne devient « révolutionnaire » que dans un contexte qui l’est déjà et généralement pas à l’avant-garde du mouvement, qui, précisément et par définition, ne peut qu’être politique. A terme, substituer un syndicat à l’organisation politique de masse des travailleurs, c’est lui faire remplir une fonction organisationnelle étatique qui est précisément l’antithèse de son rôle initial. Cette contradiction absolue est celle de l’anarcho-syndicalisme, une maladie ancienne et chronique de la gauche française.

Mais au delà de la forme, syndicale ou non, le débat des motivations du mouvement ouvrier en Mai 68 se trouve donc posé entre plus de consumérisme ou contestation du consumérisme. Il ne fait pas de doute que pour les catégories ouvrières les moins qualifiées et les moins payées, les « ouvriers spécialisés », la motivation d’améliorer leur niveau de vie est la première à entrer en ligne de compte. En un sens, c’est aussi, et même d’abord, plus d’accès à la société de consommation, alors encore en plein essor. En même temps, si le prix à payer est toujours plus de soumission au système qui les opprime déjà, la question des conditions de vie au travail se trouve également posée et le rapport à l’autoritarisme de l’encadrement technique et patronal aussi. L’idée d’un autre type de rapports sociaux dans l’entreprise surgit donc comme un corollaire assez naturel, dans ce contexte, des revendications purement matérielles. Mais, spontanément, il n’y a pas de perception globale de cette problématique, et donc une relative séparation de la notion de pouvoir politique étatique et de pouvoir dans l’entreprise. Cela laissait donc de la place pour le développement, au moins dans l’imaginaire populaire, de conceptions sociales utopiques localistes, et parmi celles-ci, l’autogestion, qui était donc reprise par les tendances réformistes de la gauche politique et syndicale, PSU, CFDT, gauche du PS , ensuite, se parant ainsi d’une nouvelle image de contestation sociale, tout à fait apte à récupérer les espoirs nés de la grève générale. Cette duplicité des illusionnistes de la gauche réformiste, secondés par la renaissance de l’anarcho-syndicalisme organisé, est une des plus efficaces parmi les manœuvres de récupération politique qui ont mené à l’ « alternance » Mitterrandiste en 1981. Le fait que la transformation des rapports sociaux dans l’entreprise n’avait pas de sens en dehors d’une transformation des rapports économiques et des rapports de production à l’échelle de l’ensemble de la société était largement escamoté par la plupart des intervenants politiques de ce temps.

Malgré l’ébauche d’une remise en cause du consumérisme, c’est la finalité sociale globale du système de production, dans sa réponse ou non-réponse aux besoins sociaux réels, qui n’est tout simplement pas réellement remise en cause, en dépit de l’influence supposée dominante d’un très formel « marxisme » dans la gauche française.

Le « gauchiste » moyen débat des éventuelles formes que pourrait prendre le pouvoir ouvrier, localement ou à l’échelle nationale, et même internationale, de ses formes plus ou moins démocratiques, conseil, syndicat ou autre, il discute doctement de savoir si elles correspondent ou non à la conception marxiste de la dictature du prolétariat, et même de savoir s’il faut conserver ou rejeter cette conception, mais il oublie que l’essentiel est dans le contenu social et économique du programme et non dans les formes.

Au mieux il a sa liste de « mesures » d’un réformisme plus ou moins démagogique ou « radical », genre « répartition des richesses » (… du capital), à la fin desquelles il glisse comme certificat final de « marxisme » une ou deux lignes sur la « socialisation des moyens de production », mais la finalité sociale de l’ensemble du processus de production n’y est jamais autrement définie ni remise en question.

Or si elle ne l’est pas, ou même simplement pas avec suffisamment de précision, en rapport des besoins sociaux les plus élémentaires, c’est la loi du marché qui s’imposera toujours, même si les secteurs essentiels de la production sont tous nationalisés. Et l’on ne s’éloigne donc toujours pas d’une conception économique capitaliste, en réalité.

La véritable « socialisation des moyens de production » n’est pas simplement une forme de collectivisation plus ou moins démocratique ou plus ou moins étatique.

Ce que le socialisme prolétarien interroge, en réalité, ce n’est pas la forme, plus ou moins démocratique, ni du pouvoir d’État, ni même de la gestion des entreprises, mais la finalité sociale du travail lui-même.

Le mythe de l’ « autogestion » opposée au « socialisme «étatique » est particulièrement emblématique et symptomatique de ce faux débat qui a traversé la gauche française depuis Mai 68 et a rendu son discours inaudible et inopérant en regard des problèmes sociaux réels engendrés par la crise, concrètement inaugurée, en réalité, dès le début des années 70 et le premier « choc pétrolier », son premier symptôme spectaculaire.

La finalité « démocratique » de l’autogestion ne change rien au cadre général dans lequel se situe l’entreprise, ni son rapport à l’ensemble des autres entreprises et de la société, car il ne l’extrait nullement de la logique du marché, de la loi du marché, et en aucun cas elle ne saurait le faire, du reste, sans se nier elle-même, et d’abord dans son principe d’autonomie de gestion.

En commençant à donner une finalité sociale et non marchande au travail et à l’entreprise, le socialisme contraint nécessairement la gestion des entreprises à s’inscrire dans un plan collectif de correspondance entre le travail et les besoins sociaux définis collectivement, et il limite donc l’autonomie de gestion des entreprises en les extrayant totalement de la logique du marché pour satisfaire ces besoins sociaux urgents, indépendamment des valeurs de marché, devenues caduques, tant au sens littéral qu’au sens figuré et « culturel » du terme, alors qu’une entreprise réellement autonome et « autogérée » ne peut évidemment sortir du cadre de ces valeurs sans se condamner elle-même, pratiquement, à la faillite à brève échéance.

La situation n’est pas tellement différente pour une « socialisation » ou « collectivisation » conçue comme un ensemble de « nationalisations » étatiques, avec ou sans indemnisation des capitalistes.

Ce que le socialisme interroge, en fin de compte, c’est la correspondance entre les valeurs d’usages crées par le travail et les besoins sociaux réels et urgents. Cette question, dans un premier temps, celui de la transition, non seulement n’exclut pas, mais implique la notion d’échange d’équivalents entre travailleurs producteurs, même si en tenant compte des besoins sociaux collectifs de l’ensemble de la population, y compris en dehors du secteur productif. Il y a donc là une notion collective d’utilisation de la valeur d’échange, et de la loi de la valeur, donc, telle que définie par Marx, au demeurant, dès les premières lignes du Capital, et telle que reprise dans sa non moins célèbre et controversée Critique du Programme de Gotha.

En dépit de ses litanies et rodomontades marxisantes, c’est donc l’ensemble du discours de la gauche française, même dite « extrême », anarcho-syndicaliste, trotskyste, maoïste, etc… qui se situe en dehors de toute critique réelle et sérieuse du capitalisme, et notamment en dehors de toute critique marxiste.

Aujourd’hui comme hier, l’ « anticapitalisme » de la gauche française n’est qu’une phraséologie gauchisante de pacotille, mais du moins la gauche de la fin des des années 60 avait-elle fait sa part dans le travail de rejet de l’interventionnisme US au Vietnam et elle avait donc contribué à ce que le rapport de force dans le monde penche en faveur des luttes de libération nationale, et notamment contre l’impérialisme US. Elle avait donc joué au moins en partie son rôle internationaliste et anti-impérialiste, et contribué, même si sans une conscience suffisamment claire, à ouvrir la brèche qui allait craqueler la structure du système à l’échelle mondiale, et avec un point particulièrement chaud en France, en Mai 68.

Bien entendu, et tout comme aux USA, et notamment dans le mouvement de la jeunesse, l’essentiel de ce mouvement était le pacifisme, et non un soutient actif aux luttes de libération, sauf de façon très marginale. Néanmoins, le refus de combattre, de la part de la jeunesse US, exigeait déjà un très grand courage et contribuait directement à l’évolution du rapport de forces, sur le terrain.

C’est la somme de toutes ces révoltes qui a eu une importance stratégique et contribué à établir un lien entre anti-impérialisme et anticapitalisme, même si de façon indirecte et non réellement consciente. Il y avait assez souvent une synchronicité des deux aspects de la contestation sans que cela soit de propos délibéré une stratégie, et encore moins, une méthode d’agit-prop basée sur une synergie, qui s’établissait pourtant, de fait.

Aujourd’hui, un demi-siècle après, non seulement le lien entre anti-impérialisme et anticapitalisme n’est toujours pas établi, même de façon approximative, y compris dans les vagues restes du mouvement ML, mais la notion même d’impérialisme est devenue tout à fait subjective et sans aucun rapport avec sa définition marxiste-léniniste d’origine.

Au delà de protestations « pacifistes » de pure forme et sans aucune conséquence militante concrète, chacun, chaque secte et groupuscule décrète « impérialiste » le pays qu’il veut voir défait dans les conflits en cours, au gré de ses intérêts et des alliances qu’il espère nouer, de quelques subsides circulant éventuellement en dessous de table, et en dehors de toute analyse basée sur des critères d’appréciation économique et financière réels, de données réelles correspondant à la définition basique de l’impérialisme.

Il est vrai qu’à l’époque le mouvement maoïste avait déjà bien inauguré ce bal des masques réversibles en créant le concept de social-impérialisme soviétique qui lui permettait de jouer provisoirement sur plusieurs tableaux, feignant, à partir d’un hypothétique « non-alignement », une fausse neutralité qu’il espérait transformer en nouveau leadership du tiers-monde, avant de passer avec armes et bagages dans le camp US, ce qu’il fit dès le début des années 70, mais sans entrainer le retournement général espéré…

Ce retournement spécifique de la Chine, à lui seul, néanmoins, déjà préparé par les luttes de factions internes au PCC, sous le masque grotesque de la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne », avec également un tournant essentiel en 1968, est néanmoins une grande victoire stratégique des USA, aux « bons soins » du Dr Henry Kissinger, et amorce la reprise de contrôle de la situation mondiale par l’impérialisme US.

Il est à noter que la seule révolte prolétarienne réelle en Chine « socialiste », le seul moment d’un éphémère pouvoir prolétarien, celui de la Commune de Shanghai, se termine en Avril 1968, écrasée par l’armée alors contrôlée par Lin Biao, et sur ordre de Mao, alors que la jeunesse maoïste française des beaux quartiers parisiens commence à peine à jeter sa gourme à Nanterre et au Quartier Latin. Mao est, en Mai 1968, quarante ans après Tchang Kaï-chek, le plus grand massacreur de la classe ouvrière de Shanghai…

Compte tenu de la difficulté de circulation des infos entre la Chine continentale et l’occident, à l’époque, on veut bien admettre que ce fait ne fut pas immédiatement saillant pour les maoïstes français en Mai 68. Néanmoins, la remise en ordre générale sous la tutelle de l’armée était tout à fait officiellement annoncée. Ainsi que l’envoi « à la campagne » des gardes rouges, pour une durée à priori indéterminée…

Trois ans plus tard, la véritable nature des accords Chine-USA, sous l’égide de Nixon, ne pouvait être tenue pour une simple « entrevue diplomatique de reconnaissance », compte tenu des premières mises en vente à la bourse de Hong Kong de titres sur les entreprises chinoises continentales. C’était bel et bien la mise en place d’une affaire juteuse pour les deux parties et le début de la mutation de la bourgeoisie « nationale » maoïste du PCC en une bourgeoisie néo-comprador, entièrement vendue à l’impérialisme US, indépendamment de ses luttes de fractions internes. Ce fait, encore peu connu aujourd’hui, était pourtant, même à l’époque, facilement accessible, en termes d’infos, pour nos « dirigeants » maoïstes français, essentiellement issus de la bourgeoisie et proches des milieux d’affaires, dans leurs contextes d’origine.

Mais la duplicité de ces « dirigeants », en France, n’était précisément qu’un pâle et morbide reflet de celle de Mao Zedong lui-même, et dès lors que la base militante en France ébauchait réellement l’amorce d’une résistance prolétarienne anticapitaliste et anti-impérialiste, en opérant notamment une fusion avec la solidarité populaire pour la lutte de résistance palestinienne, leur stratégie manipulatoire et putschiste se trouvait en échec, la lutte échappant à leur contrôle, et il leur fallait la casser rapidement pour réintégrer à temps le giron de leur classe d’origine.

Bien entendu il n’existe pas de catégorie réellement définie pour ce genre de pratique politique manipulatoire, mais la génération des « gardes rouges » quasiment déportée pour plusieurs années en Chine s’est trouvée sacrifiée sur l’autel des règlements de comptes entre factions maoïstes et l’on pourrait légitimement définir ce fait comme un « génocide générationnel », même si la violence y est plus psychique que physique. Pas de telle contrainte, en France, mais les quelques éléments populaires et prolétariens qui ont servi de masse de manœuvre « militante » à ces manipulateurs se sont trouvés tout autant rejetés par le mépris et le cynisme de ces « gosses de riches » ayant juste fini de jeter leur gourme. La violence de la désillusion, la marginalisation et le suicide devenait au mieux, pour les manipulateurs, un sujet d’étude sociologique, sinon carrément l’amorce d’un business spectaculaire marchand.

Il ne s’agit pas ici de stigmatiser particulièrement la « trahison » des « dirigeants inspirés » de telle ou telle tendance, maoïste ou autre, qui n’ont fait qu’agir selon leur véritable nature de classe, mais bien de comprendre que le réalignement de plus en plus formel et généralisé qui gagne, à partir du début des années 70, l’ensemble de la gauche française en faveur de l’impérialisme US et du sionisme, s’enracine en réalité profondément dans les carences de la critique qui en avait été précédemment formulée, aussi virulente et radicale qu’elle ait pu paraître, dans sa forme.

Il ne s’agit pas non plus, à l’occasion de ce cinquantenaire, de refaire un exposé des principes de base, mais au moins de bien montrer jusqu’à quelle dérive aussi absurde et systématique, et surtout, ultra-réactionnaire, leur « oubli » a pu mener la gauche française. Le fait est, basique et malgré tout nécessaire à rappeler, que l’impérialisme n’est pas un phénomène « extérieur », comme une sorte de « supplément d’âme » particulièrement noir, du capitalisme, mais bien une évolution logique et incontournable de sa nature profonde, reposant sur la domination, tout aussi logique et incontournable, du capital financier et spéculatif, et sur sa capacité à asservir d’autres nations et d’autres peuples en captant leurs ressources et le fruit de leur travail par l’exportation massive de capitaux. L’utilisation de la force militaire n’étant qu’un corollaire fréquent mais ni indispensable ni symptomatique par lui-même. Le nombre de pays qui sont réellement des pôles financiers d’envergure mondiale et exportateurs massifs de capitaux reste en réalité assez restreint et n’évolue que très peu, d’une époque à l’autre, même à un demi-siècle d’écart, et aucune confusion ne devrait être possible, en dehors de la cécité volontaire des « idéologues » stipendiés de la gauche au service du système. Les rapports de force à l’échelle mondiale ont certes évolué en passant par diverses phases caractéristiques, mais si l’ouverture et la « compradorisation » du marché chinois a permis le rétablissement de la suprématie US, elle n’a fait qu’accentuer la vassalisation des autres acteurs majeurs, France, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, au suzerain USA.

Dans un deuxième temps, la constitution d’un capital financier chinois suffisamment autonome a permis à la Chine de se poser aujourd’hui en challenger N°1 de l’impérialisme US, loin devant les quatre vassaux principaux, qui le restent donc, plus que jamais. En un demi-siècle la physionomie économique et sociale de la planète a certes considérablement évolué, mais pas au point d’être méconnaissable pour un hypothétique « voyageur temporel »… Sur ce plan, le surgissement de la Chine est l’événement majeur, tandis que l’effondrement du capitalisme national-bureaucratique en Russie et en Europe de l’Est n’a fait que renforcer la domination US sur ce continent.

Après une brève période de « compradorisation » chaotique, la Russie tente, ni plus ni moins, que de reconstituer son capital national, sans y parvenir encore de manière efficace, et donc encore très loin d’approcher le stade impérialiste, évidemment, et cela quoi qu’en disent les phraseurs de la gauche française, même « extrême », et larbins plumitifs du système.

Cette réalité est ce que nous révèlent les relents de « guerre froide » qui parcourent à nouveau le monde, et semblent à s’y méprendre constituer un tragique « remake » de l’époque, et sans même l’illusoire notion de « coexistence pacifique »… !

La différence réelle et profonde étant donc l’apparition du challenger chinois pour la domination économique et financière, tandis que la Russie constitue à nouveau le pôle de résistance des nations qui refusent la soumission à l’impérialisme, mais délesté de la plus grande partie de sa zone d’influence diplomatique et géostratégique, qu’elle tente donc de reconstituer. L’alliance Russie-Iran constitue pratiquement, et également sur le terrain, une quasi-ligne de front entre les nations et les peuples qui refusent la soumission et les régimes vassalisés, néo-colonisés et compradors diverses. Cette ligne de front est aujourd’hui une ligne de rupture et de fracture géostratégique entre l’ensemble de ces peuples et nations et l’impérialisme US. Cet ensemble comprend notamment la Nouvelle Russie (Donbass), la Syrie, la Palestine, le Yémen.

L’ensemble des nations refusant actuellement le diktat de l’impérialisme US est particulièrement hétéroclite en raison des différentes vagues d’agressions impérialistes et de tentatives de résistance dont elles sont en quelques sorte les survivantes. Même si la mémoire de l’URSS reste un fond diffus dans l’arrière plan culturel et idéologique de nombre de ces nations, ce n’est jamais que l’héritage de la bourgeoisie nationale bureaucratique de l’époque Khrouchtchev-Brejnev, et non celui de la période socialiste de l’URSS, et il n’y a donc aucune nostalgie à cultiver envers de chimériques “rescapés du camp socialiste”, ce qui ne serait qu’un nouveau concept idéaliste globalisant et confusionniste, favorisant uniquement les manipulations et les intérêts du nouvel impérialisme chinois.

La plupart de ces régimes reposent sur une alliance de la bourgeoisie nationale, de la petite-bourgeoisie et très rarement, avec la participation d’une partie de la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre, mais qui n’en sont jamais une avant-garde réellement constituée. Il n’y a donc pas d’ambiguïté idéologique à cultiver, et ces régimes doivent être caractérisés pour ce qu’ils sont, et soutenus pour ce qu’ils sont, et uniquement dans la mesure de leur résistance à l’impérialisme.

Bien évidemment, l’attention première des anticapitalistes et anti-impérialistes conséquents doit se porter sur la constitution d’organisations d’avant-garde prolétarienne et sur le soutient aux très rares qui existeraient encore. Mais dans la situation de carence actuelle sur cet objectif en France et dans la plupart des pays, ne pas soutenir clairement, ouvertement et activement, sur le plan politique, la résistance des nations en lutte contre l’impérialisme n’est pas seulement un déni formel de tous les principes de lutte, mais une attitude de Kollaboration objective, et même de Kollaboration active, dans les faits.

Ce ne peut être que dans une dynamique générale de lutte contre l’impérialisme que peut renaitre le mouvement ouvrier, en France, en Europe et ailleurs. Un demi-siècle après, c’est l’une des leçons essentielles de Mai 68, et l’une de celles qui n’a toujours pas été “comprise” par la gauche française, même dans ses composantes supposées “extrêmes” et soi-disant “marxistes-léninistes”.

Mais au bout d’un demi-siècle, “incompréhension” n’est sans aucun doute nullement le terme adapté en ce qui concerne la plupart des responsables politiques de la gauche française et de son fiasco permanent, qui ne fait que s’approfondir au fil des générations et des luttes, en fait de “révolution permanente” telle que sporadiquement remise au goût du jour par les trotskystes, dont c’est l’une des prétentions idéologiques d’origine.

Emblématique de ce type d’attitude Kollaborationiste, celle du NPA et de son porte-parole médiatique, Olivier Besancenot. Après avoir ouvertement soutenu l’agression impérialiste en Libye, avec le résultat que l’on connait, à savoir, avec le retour de l’anarchie capitaliste primitive, du chaos et de la violence, celui de l’esclavagisme, Besancenot et le NPA “remettent le couvert” pour le dépeçage de la Syrie et vont même jusqu’à se poser en quasi-”conseillers politiques” de l’interventionnisme impérialiste en préconisant plus d’armement pour les factions militaires qui ont enclenché le processus de “guerre civile”, en réalité déjà manipulés et téléguidés par leurs commanditaires occidentaux. S’il prétend affirmer quelques doutes sur les récents bombardements impérialistes, ce n’est pas sur l’indépendance bafouée de la nation syrienne que porte son indignation, mais sur l’effet “contre-productif ” de ces frappes pour les intérêts occidentaux:

« On est dans cette situation où aujourd’hui on va avoir une déstabilisation supplémentaire de la région et qui risque finalement paradoxalement de rendre un grand service à Assad, c’est à dire de solidariser une partie de sa population sur le thème de l’anti-impérialisme”

Tout comme les autres intervenants au service de ces criminels, il est incapable de comprendre que la défaite de l’impérialisme est déjà consommée, pour l’essentiel, en Syrie, et que ces frappes d’arrière-garde ne visent qu’à en ralentir la libération totale et à sauver la face des assassins stipendiés par le capitalisme financier international. Mais Besancenot affirme donc sans vergogne savoir mieux que les impérialistes ce qui serait encore bon pour eux !!

Difficile de descendre plus bas dans l’échelle de la duplicité…

Besancenot n’était certes pas encore né en 1968, mais toute son évolution politique, comme celle de son parti NPA, reflète la dérive générale de la gauche française, inaugurée avec les faux débats de l’après-Mai 68, évitant soigneusement la remise en question de la finalité sociale du travail, susceptible de saper la base idéologique et économique du capitalisme et de l’impérialisme.

Assez logiquement c’est ce genre de “leader” que les médias du système mettent en avant comme “représentatif” des mouvements de contestation sociale en 2018, à l’approche du cinquantenaire de Mai 68. On comprend aisément pourquoi…!

La structure du capitalisme financier était ébranlée, en 1968, tant par les contradictions internes de la dynamique expansionniste du dollar que par le surcoût et l’inefficacité de la guerre impérialiste, double syndrome aboutissant à la liquidation des accords monétaires de Bretton Woods, en 1971. Au même moment, le retournement de la Chine est venu apporter un très gros ballon d’oxygène à l’impérialisme US, mais aujourd’hui il menace de lui éclater à la figure et la crise financière de 2008 n’a trouvé que des solutions palliatives fragilisant durablement la structure du système. La multiplication des guerres par procuration est le seul moyen réel de survie du capitalisme financier, à l’heure actuelle, et le seul moyen qu’il a de se relégitimer, par le truchement du développement “incontrôlé” du terrorisme.

Faire le choix de soutenir politiquement et activement les luttes anti-impérialistes en cours, c’est le seul point de départ possible pour la renaissance réelle des luttes anticapitalistes et le début de construction d’une alternative.

Luniterre

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Les « petites frappes » de l’Oncle Sam : ce qu’elles nous disent de notre monde, de notre société…

 

France, G-B,

les « petites frappes »

de l’Oncle Sam :

ce qu’elles nous disent

de notre monde,

de notre société…

La pacification et la reconstruction de l’unité nationale syrienne se font, pas à pas, au détriment de l’influence occidentale…

Elle se font, de plus, sur la base de la consolidation d’un front de résistance anti-impérialiste des nations qui refusent de plier le genou devant l’Oncle Sam.

Après la mise à sac, à feu et à sang de la Libye au nom d’une prétendue « démocratie » qui n’a apporté, avec l’anarchie et la mort, que le retour de l’esclavagisme, le monde occidental se voit frustré d’un nouvel os à ronger, qu’il escomptait exploiter jusqu’à la moelle de toutes ses ressources, et en premier lieu, pétrolières.

Incapable d’admettre sa défaite déjà pratiquement effective sur le terrain le monde occidental en recours à nouveau au mensonge médiatique « humanitaire » pour tenter de justifier ses vaines représailles.

Dans ce processus nauséabond la France et la G-B se sont montrées les petits chiens serviles de l’Oncle Sam. Toutes fières de faire briller leurs canines de seconds couteaux et de ramasse-miettes sous la table de l’Oncle Sam. Une table déjà en grande partie vidée par l’Oncle Xi, son faux-frère de Pékin…

Car le véritable enjeu mondial est le bras de fer entre ces deux géants de la finance et de l’économie capitaliste, même si l’un des deux se dissimule encore grossièrement sous le masque d’un prétendu « communisme ».

Mais les nations en ligne de front et les peuples qui sont les premières victimes des conflits en cours sont bien les proies potentielles de cet affrontement, et donc en premier lieu, avec la Syrie, la Russie et l’Iran.

La Russie, déjà étranglée par les sanctions économiques, n’a pas d’autre choix, pour briser son encerclement, également militaire par l’OTAN, que l’engagement ou la soumission.

Ce que nous montre également la renaissance de l’insurrection en Palestine, face au colonialisme sioniste, c’est bien que l’ensemble du Proche et du Moyen-Orient est actuellement la principale ligne de front dans le conflit mondial larvé généré par la « mondialisation démocratique ». Avec l’Irak, entrainé depuis des décennies dans ce conflit, et dont la situation est loin d’être stabilisée, il ne faut pas oublier que le peuple du Yémen, également en lutte pour son indépendance et son unité, est l’un des peuples martyrs de cet enjeu sanguinaire planétaire.

Et là également, le martyr de ce peuple ne pourrait avoir lieu sans le soutien intéressé de l’Oncle Sam et la complicité active, notamment en fournitures d’armes, de la France.

La bourgeoisie financière française, une des premières victimes de l’expansionnisme commercial chinois, cherche par tous les moyens à surmonter sa propre crise, et en premier lieu, en la faisant payer à son propre peuple, en le dépouillant des derniers restes de ses « avantages sociaux » concédés « généreusement » au temps de la splendeur de l’impérialisme français, mais surtout pour acheter la paix sociale en collaboration « démocratique » avec les directions révisionnistes et opportunistes du PCF et de la CGT.

Mais aujourd’hui elle n’a donc plus en réserve de quoi « lâcher du lest » pour entretenir la paix sociale et doit même utiliser le double jeu et la complicité des centrales syndicales pour faire avaler, par la « concertation » et le « dialogue social », de nouvelles pilules très amères qui ne feront qu’accroitre la renaissance de la misère en Occident, déjà portée par le flot des migrations délibérément engendrées par toutes ces guerres impérialistes. Diviser les nations et les peuples pour mieux les asservir, cela se pratique, également et même d’abord, à l’échelle internationale.

Pour la bourgeoisie française, faire appel aux bons sentiments de « solidarité » et à l’ « humanisme » de la classe moyenne en déroute dans la crise, c’est encore un moyen hypocrite de légitimer à la fois ses guerres et les reculs sociaux qu’elle impose localement aux prétendus « nantis » qui, dans les couches populaires, ne sont pas encore tout à fait dépouillés.

La seule solution pour préserver à la fois la paix dans le monde et l’avenir social des générations futures, c’est d’en finir avec le système actuel, capitaliste et impérialiste, qui engendre toutes ces misères et tous ces désordres.

A très court terme, dans la situation présente, cela commence par organiser la solidarité avec les nations et les peuples en lutte contre un ennemi commun, l’impérialisme US, ses sous-fifres français et britanniques, leur bastion sioniste en Palestine, et tous leurs Kollabos complaisants dans la vie sociale et politique française. En résumé, faire front contre l’Oncle Sam sans tomber dans la dépendance de son faux-frère, l’Oncle Xi.

Luniterre

 

 

 

Sur la légitimité des luttes anti-impérialistes, et en premier lieu en Palestine, mais aussi sur la légitimité du combat social anticapitaliste, voir :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/02/palestine-jour-de-la-terre-une-lecon-de-resistance-donnee-au-monde/

 

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Macron à NDDL : un grand défenseur de l’agriculture individuelle… !

 

 

https://www.tendanceouest.com/photos/maxi/270983.jpg

Macron :

un grand défenseur de l’agriculture individuelle… !

« L’opération prévoit d’expulser toute personne n’ayant pas régularisé sa situation en déclarant de nouveaux projets agricoles individuels. »

https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/nddl-les-expulsions-reprennent-toujours-sur-fond-d-affrontements_1999201.html

 

 

https://img.20mn.fr/Gnn9IDHiR9yYQcFTcyzw-g/830x532_affrontements-entre-police-opposants-aeroport-notre-dame-des-landes-24-novembre-2012

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La République

En Marche !!

Bravo les Carrefour !!

 

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Bravo les Carrefour !!

 

 

Mobilisation importante à Givors. Photo Laura Steen
Au magasin Carrefour de la Part-Dieu. / Photo Elise Colin

 

Grève à Carrefour :

300 magasins impactés

Au moins 300 magasins du groupe Carrefour sont impactés Samedi par le mouvement de grève lancé par FO et la CFDT, et relayé séparément par la CGT, au lendemain d’une mobilisation dans les entrepôts.

Hypermarchés filtrés ou bloqués par des alignements de chariots : faire ses courses de Pâques dans certains magasins Carrefour ce samedi tenait de la gageure au vu de la forte mobilisation des salariés, décidés à défendre leurs emplois et leur pouvoir d’achat.

Au moins 300 magasins intégrés étaient impactés par le mouvement de grève partout en France,dont plusieurs dans le département du Rhône et de la Loire.

Dans la matinée, la CFDT a recensé 170 hypermarchés (sur 220) mobilisés et 130 supermarchés (sur environ 470), avec un taux de grévistes avoisinant « 50% ».  

La direction du groupe Carrefour a pour sa part fait état d’une « trentaine » d »hypermarchés « bloqués » à 10h30. A midi, « 80% de nos hypermarchés sont ouverts » et « 100% de nos supermarchés », a-t-elle souligné.

Une source syndicale a estimé que 30% des hypermarchés resteraient fermés toute la journée.

Colère depuis l’annonce du « plan de transformation »

Cette mobilisation est le point d’orgue de l’inquiétude et la colère qui montent depuis l’annonce le 23 janvier par Alexandre Bompard, PDG du groupe depuis l’été dernier, de son « plan de transformation » s’accompagnant de la suppression de milliers d’emplois.

Au-delà des suppressions de postes annoncées – 2.400 dans les sièges via un plan de départs volontaires, 2.300 via un plan social dans les magasins de proximité (273 ex-Dia qui vont fermer) -, les syndicats protestent contre le passage en location gérance d’hypermarchés (cinq confirmés, une quarantaine visés selon eux).

Chez les salariés, l’annonce récente d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 euros l’an dernier, vue comme une « aumône » ou un « pourboire », a aussi catalysé la colère.

Sur BFMTV, ce samedi, Pascal Clouzart, directeur exécutif de Carrefour France a indiqué que cette prime allait être revue à la hausse, pour atteindre 407 €.

Le collectif des salariés du groupe Carrefour voit rouge aux Sept-Chemins. Photo Monique Desgouttes-Rouby

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Un plan social engagé

Le PSE concerne 2 100 salariés des 273 ex-magasins Dia, dont le groupe a annoncé vouloir se séparer fin janvier. A, par ailleurs, été annoncée la suppression de 2 400 emplois (sur la base du volontariat, assure la direction) sur 10 500 dans les sièges du groupe en France via un plan de départs volontaires.

Au sujet de la prime de participation, la direction de Carrefour a indiqué via son service communication : « Consciente de l’impact de cette baisse sur le pouvoir d’achat des salariés, la direction a proposé aux organisations syndicales de relever le montant de 57 à 407 euros au travers du versement d’un supplément d’intéressement d’un supplément d’intéressement forfaitaire de 350 euros. »

Carrefour a par ailleurs précisé : « Les réunions sur le Plan de départ volontaire et sur l’avenir des magasins Dia se sont achevées cette semaine et se sont déroulées dans un dialogue constructif. »

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La grève, lancée par l’intersyndicale FO, CGT et CFDT, aurait mobilisé, 60 à 70% du personnel (qui compte 400 personnes) dans le Carrefour de la Part-Dieu à Lyon, selon Nicole Meunier et Joëlle Gaujac, respectivement déléguées FO et CFDT. Dans celui des Gratte-Ciel, à Villeurbanne, Fadile Bellahceme, déléguée FO, estime entre 70 et 80 le pourcentage de personnel gréviste, sur les 236 salariés que compte le magasin.

Au delà des restructurations du groupe, les salariés de Carrefour Gratte-Ciel dénoncent aussi un climat de travail difficile, une mauvaise ambiance et un manque de dialogue social, selon eux, avec la direction (qui a changé il y a deux ans) : « nous sommes montés les uns contre les autres, il s’agit de diviser pour mieux régner. Je pense que cette grève, il ne s’y attendait pas, » estime Fadile Bellahceme.

En fin de matinée, les salariés grévistes aux Gratte-Ciel ont envahi le magasin. Ils ont également empêché les voitures d’entrer sur le parking, pendant quelques minutes.

Le magasin de Givors bloqué par les grévistes

Depuis 2h30, ce samedi matin, les salariés grévistes de l’hypermarché Carrefour bloquent les accès au magasin du centre commercial Givors 2 Vallées. Avant l’aube, les grévistes ont bloqué cinq camions de livraison. Et au moment de l’ouverture des portes du magasin, ils ont disposé des chariots sur le sol pour empêcher les clients de faire leurs courses.

Selon la CGT, 80% des salariés du magasin de Givors participent à cette mobilisation nationale. Ils ont été rejoints par leurs collègues du Carrefour Contact, situé en centre-ville de Givors.

Ils réclament une prime de participation aux bénéfices de 700 euros (contre 407 euros annoncés par la direction), une hausse des salaires. Ils demandent enfin le reclassement des salariés du Carrefour Contact à l’hypermarché des 2 Vallées. En effet, le magasin du centre-ville devrait fermer ses portes, dans le cadre du « plan Bompard », annoncé le 23 janvier dernier.

Un défilé applaudi par les clients. Photo Monique Desgouttes-Rouby

Le cortège des manifestants s'est déployé dans la galerie marchande à Vaulx. Photo Monique Desgouttes-Rouby

Vaulx-en-Velin : déterminés à « ne rien lâcher »

Ce samedi matin, dès l’ouverture des portes du Carrefour des Sept-Chemins, le collectif des salariés du groupe Carrefour exprimait son angoisse en même temps que sa détermination à « ne rien lâcher ».

Aux cris de « laisser passer les clients », ils ont encouragé ces derniers à « ne plus passer aux caisses autonomes et à exiger la poursuite d’un service de qualité. ».

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RHONE : Le magasin Carrefour Part-Dieu fermé sous pression des grévistes

Mobilisés ce samedi toute la journée, les salariés de Carrefour étaient nombreux à cesser le travail ce samedi partout en France.

« Comme vous le constatez, aujourd’hui, vos courses sont quelques peu perturbées par notre action et nous en sommes désolés, » ont expliqué ce samedi aux clients des magasins Carrefour les salariés grévistes mobilisés.

Ce samedi après-midi, peu après 13 heures, la direction du magasin Carrefour de la Part-Dieu a même fait le choix de baisser les grilles « pour des raisons de sécurité » semble-t-il. Nombreux à arpenter les rayons, les grévistes n’ont rien lâché : « ça a fait son effet, » se réjouissent les délégués syndicaux.

« Bompart démission ! Bompart au placard ! ». Le PDG était en première ligne pour subir les attaques des grévistes excédés. Ils protestent contre les 5000 licenciements annoncés, le gel des salaires, le manque de personnel, la dégradation des conditions de travail. Mais ce qui focalise toutes les colères, c’est cette prime de participation de 57 euros, au lieu de 680 l’année dernière.

 

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Loire : Plusieurs centaines de grévistes dans les Carrefour market du département

Depuis ce samedi matin dans la Loire, devant les magasins Carrefour market, salariés et syndicats sont mobilisés. Plusieurs centaines de grévistes ont répondu à l’appel des syndicats et ont dénoncé les licenciements et fermetures de magasins prévus par la direction.

« On a choisi une journée forte, détaille Vincent Thiennot, délégué syndical national FO pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le 31 mars représente le deuxième plus gros chiffre de l’année après Noël. »

Devant les magasins, les grévistes distribuent des tracts et expliquent aux clients leur situation. « Certains sont solidaires et font demi-tour », reconnaît Pascal Rejany, délégué syndical CGT, à Rive-de-Gier.

La grève se poursuit jusqu’à samedi soir, 19 heures.

Les employés du Carrefour d'Ecully étaient en grève ce samedi pour leurs emplois, devant l'entrée de l'hypermarché. / Photo Pierre AUGROS

A l'entrée du parking, les grévistes distribuent des tracts aux automobilistes. Photo Mathilde DELACROIX

"On ne lâche rien !" Photo Monique Desgouttes-Rouby

90 % des salariés du Carrefour Market de Rive-de-Gier étaient en grève, samedi 31 mars. Photo Mathilde DELACROIX

SOURCES:

http://www.leprogres.fr/france-monde/2018/03/31/greve-a-carrefour-300-magasins-impactes

http://www.leprogres.fr/rhone-69/2018/03/31/les-salaries-des-carrefour-du-rhone-en-greve

http://www.leprogres.fr/actualite/2018/03/31/plusieurs-centaines-de-grevistes-dans-les-carrefour-market-du-departement

Sur le prétendu « léninisme » du PC chinois, en réalité inféodé au capitalisme financier!

 

 

 

Reçu le 21 Mars, ce mail relayant la présentation d’un article paru sur le site LePCF.fr, mail envoyé par la Librairie Tropique et cosigné par l’un des auteurs, Hervé Fuyet, les deux autres, mentionnés sur le site, étant Michaële Lafontant et Peggy Cantave Fuyet.

« Pour les fidèles de Pierre Laurent… ni marche avant, ni arrière : ils sont à proprement parler au point mort … « durable », et semble-t-il encore « soutenable ».
Un état que le PCF doit principalement à ce dont témoigne son « 
électroencéphalogramme théorique et politique … plat« .
Un état végétatif où il s’agit de se maintenir dans les limbes de la classe politique, elle-même en état de décomposition « avancé »… comme Marchais disait à propos de la démocratie qu’il préconisait à l’horizon eurocommuniste, celui des lendemains libéraux qui chantaient sur l’air de l’abandon du marxisme ( c.a.d. : l’abandon de la « notion de dictature du prolétariat » , à l’époque, depuis ils ont bien « avancé ») .

Cela dit, les commensaux du Parti ne sont pas particulièrement en meilleure posture….

et comme des luttes concrètes semblent venir des « changement dans la base économique » ça pourrait bien « bouleverser plus ou moins rapidement toute l’énorme superstructure ».

Le PCF y compris, quelque fantomatique ( et somnambule-noctambule) qu’il soit devenu … ce qui du reste facilite son « bouleversement » car il n’y a plus qu’à le délester des chaines de bimbeloterie révisionniste qu’il agite encore, mollement, sans trop y croire, s’encourageant de « houhou » escrologistes et libertaires mais d’une voix déjà bien chevrotante (sans doute les effets de la « domination symbolique » »

Le lien vers l’article complet sur LePCF.fr  :

http://lepcf.fr/PCF-Congres-Extra-ou-Ordinaire-2018-en-Marche-Avant-ou-Arriere

A la suite, notre réponse… :

Bonjour à tous,

L’article cité en référence dans ce mail, paru sur LePCF.fr, propose de constituer une fraction « de gauche » au sein du PCF, comme alternative à sa direction actuelle, entièrement convertie au réformisme social-démocrate via l’ « eurocommunisme »…

Intention à priori louable, mais qu’en est-il, concrètement ?

Quant au fond, l’auteur se réfère essentiellement, et à de multiples reprises, à la ligne du PC chinois qui serait, selon lui, de type « léniniste » !

Il infère donc qu’une nouvelle ligne du PCF pour un socialisme « à la française » serait une sorte d’équivalent de l’actuel « socialisme à la chinoise », ou de ce qui est donc prétendu tel par le PC chinois…

Selon cette « vision » du monde et de la politique la Chine serait donc à la fois un « pays socialiste » et en passe de devenir la première puissance mondiale !

Le fait est que la place de première puissance économique se joue effectivement entre les USA et la Chine, la « pôle position » variant selon les méthodes statistiques employées…

Par contre un fait est incontestable : la Chine est bien la seconde puissance mondiale en terme de capitalisation boursière, avec plus de 11 000 Milliards de Dollars de valeurs et de titres financiers cumulés sur ses places financières et marchés boursiers… !

La Chine est donc incontestablement la seconde puissance mondiale en termes de capitalisme financier.

Très loin devant les autres challengers et satellites de la finance US, que ce soit en Europe ou ailleurs, Japon compris.

A travers sa ligne actuelle de Kollaboration de classe sociale-démocrate le PCF n’est que l’un des micro-satellites, parmi tant d’autres, au sein d’une nuée de zélateurs du capitalisme et de l’impérialisme, tentant néanmoins de se dissimuler derrière un masque de « critique » des « excès » du capitalisme et de l’impérialisme…

En quoi le fait d’en faire un micro-satellite de la puissance financière chinoise changerait le sort des prolétaires de France ? On se le demande, et bien en vain, tant la réponse devrait être évidente pour tout le monde… !

Mais le caractère « socialiste » du capitalisme financier chinois et la ligne « léniniste » du PC chinois seraient attestés, selon l’auteur, par une vague référence à la NEP des années 20 en URSS…

Or, si la NEP comprenait bien, en plus du secteur économique socialiste, un secteur économique de « capitalisme d’État », celui-ci était clairement défini et délimité par Lénine lui-même, dès 1918, et repris, dans cette même définition, à l’occasion de la NEP, en 1921. Il est évident qu’il s’agissait, au lendemain de la guerre civile et de l’intervention impérialiste, de redémarrer la production, totalement ruinée, en y incluant une part limitée de petit capitalisme rural et de capitalisme productif industriel, mais, par contre, aucune part de renaissance du capitalisme financier.

Il est évident, de plus, qu’il ne s’agissait pas du secteur économique essentiel en URSS, qui restait bien le secteur socialiste, non soumis à ce capitalisme d’État, et encore moins, à l’influence du capitalisme financier et boursier, inexistant en URSS, car démantelé dès la Révolution d’Octobre.

Alors que le PC chinois s’est non seulement efforcé de reconstituer un capitalisme financier et boursier en Chine mais que, de plus, la plupart de ses membres, et jusqu’aux niveaux les plus élevés de la hiérarchie, y ont des intérêts personnels notoires, directs ou indirects, et très importants.

Le PC chinois est à peu près tout ce que l’on voudra, sauf un parti de prolétaires au pouvoir.

C’est, clairement, le parti du capitalisme financier chinois, aujourd’hui en lutte pour l’hégémonie financière mondiale contre la puissance financière US, après avoir été son Kollaborateur zélé contre l’URSS, du temps du capitalisme bureaucratique prétendument « national » de Mao Zedong, dès 1972, via l’entremise du tristement célèbre Henry Kissinger.

Il serait donc temps, si l’on veut vraiment reconstruire une alternative prolétarienne à la fois unitaire et autonome, de mettre fin à ce genre de mascarade idéologique pseudo « marxiste-léniniste ».

Une des questions posées en commentaire sur le site LePCF.fr est formulée ainsi :

« …est-ce que la pierre de touche aujourd’hui est-ce bien l’importance du léninisme, ou de l’eurocommunisme, ou bien une analyse bien concrète et pertinente de la phase actuelle du capitalisme, et aussi du programme qu’il faudrait défendre pour s’en sortir ? »

Que l’on soit marxiste-léniniste ou non, c’est effectivement la bonne question pour le mouvement ouvrier.

Nous vivons une époque de crise inédite, où les forces productives continuent de se développer de manière exponentielle grâce aux nouvelles technologies, et où, en même temps, les besoins sociaux les plus élémentaires continuent de rester insatisfaits dans de vastes régions du globe, alors que dans les pays dits « avancés » la misère regagne chaque jour du terrain sur les conquêtes sociales des générations précédentes.

La vraie question est donc de faire correspondre les forces productives avec les besoins sociaux. C’est là la base de toute alternative. C’est ce qui relève à la fois du simple bon sens et des fondamentaux du ML. Et de plus, on sait aujourd’hui précisément que grâce à l’informatique et aux nouvelles technologies les difficultés rencontrées jadis pour une planification efficace en URSS seront beaucoup plus facilement résolues, et à la fois de manière démocratique et interactive.

Ce n’est précisément pas ce que le capitalisme financier peut apporter, qu’il soit US, français ou chinois.

Le capitalisme financier est la base de l’impérialisme et la cause des guerres dans le monde, qui vont en se développant, avec la crise.

Des luttes de résistance anti-impérialistes ont encore lieu dans différentes régions du globe. Mais sans alternative socialiste prolétarienne unitaire, elle ne mèneront qu’à de nouveaux échecs, de nouvelles évolutions du néo-colonialisme ou de l’impérialisme.

Dans la plupart de ces pays les prolétaires doivent à la fois lutter contre l’impérialisme et pour construire l’autonomie de leur propre classe par rapport à leur bourgeoisie nationale.

Chez nous, il n’existe plus de bourgeoisie « nationale » significative, la France étant elle-même et depuis très longtemps une puissance impérialiste, même si aujourd’hui sur le déclin.

Pour nous, prolétaires de France, lutter contre l’impérialisme et pour le socialisme, c’est donc un seul et même combat.

Encore faut-il l’exprimer clairement et simplement et ne pas se tromper ni d’alliés ni d’adversaires.

Le capitalisme financier, d’où qu’il vienne, est la base de l’impérialisme et il est donc notre adversaire.

Les peuples en lutte contre l’impérialisme sont nos alliés car ils contribuent notamment à affaiblir cet adversaire.

Selon les cas et les situations concrètes, des contradictions plus complexes apparaissent nécessairement, mais nous devons sans cesse en revenir à ces fondamentaux, si nous voulons réellement avancer.

Pour Tribune Marxiste-Léniniste:

Luniterre

Divers articles et études connexes sur TML :

Sur le capitalisme chinois :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/chine-capitalisme-ou-socialisme-aux-racines-du-maoisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

Sur les nouvelles possibilités de planification démocratique :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/democratie-proletarienne-et-planification-socialiste-le-role-de-linformatique-et-de-linteractivite/

Sur l’histoire économique de l’URSS :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

Sur la situation actuelle de l’impérialisme :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/

22 MARS 2018 : REFUS DES ILLUSIONS RÉFORMISTES !!

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Pour un front unique interprofessionnel!

Service «  Public  » ou «  privé  », c’est aujourd’hui un faux problème, car cela ne change plus rien aux critères de concurrence et de rentabilité dans l’époque de crise actuelle.

Dans le contexte international actuel, de mondialisation et de concurrence entre USA, Chine et UE, le secteur public et nationalisé ne peut plus être financé aux dépens du secteur privé d’aucun pays, au risque d’être complètement liquidé. Même un pays soucieux d’indépendance et se retirant de l’UE ne pourrait plus survivre de manière tout à fait autarcique dans le contexte capitaliste actuel. Pour le système actuel, « macronien » ou non, ses secteurs publics et privé doivent donc rester également « rentables » , sauf à tomber complètement dans la dépendance de la super puissance financière US/UE, ce qui serait un résultat encore pire et même contraire aux prétentions éventuelles d’«  indépendance  »…

Le secteur dit «  public  » doit donc demeurer «  rentable  » au point de s’autofinancer, pour l’essentiel. Il est contraint de s’aligner, nécessairement, dans le contexte capitaliste, sur les critères de «  concurrence  » du privé…  !

La seule solution alternative est darriver à créer un nouvel équilibre économique, sur une autre base, socialiste et prolétarienne!

LURSS, malgré tous ses défauts, a pu survivre dans de bonnes conditions tant qu’elle avait à la fois un développement endogène et un commerce extérieur équilibré. Cest la rupture de cet équilibre, au tournant des années 60, conséquence des «  réformes  » khrouchtcheviennes, qui a amorcé la pente fatale, provisoirement ralentie par la rente pétrolière au cours de l’ère Brejnev. Il ne sagit évidemment pas de reproduire à l’identique les solutions drastiques auxquelles s’est trouvée contrainte l’URSS des premières décennies, mais d’en tirer les leçons utiles pour les adapter au mieux à notre époque.

Le piège du réformisme des syndicats actuels, toutes «  confédérations  » confondues et unies pour la circonstance, est dans l’illusion, en réalité… L’illusion qu’on pourrait en revenir à une sorte de «  compromis social  » dans lequel les services publics retrouveraient leur prérogatives d’après-guerre… Prérogatives qui n’ont existé que par la reconstitution provisoire de l’  «  empire français  » colonialiste et néocolonialiste…

Avec la crise actuelle, le seul «  service public  » réellement social et efficace qui soit possible est celui d’une économie socialiste planifiée démocratiquement, faisant correspondance entre infrastructures productives, également dans le domaine des services, et besoins sociaux réels, également définis démocratiquement et de manière interactive!

Il est donc nécessaire de dénoncer les défaillances actuelles pour montrer l’impasse des «  services publics  » soumis en fait inexorablement à la loi du marché…

Des services publics dignes de ce nom ne peuvent plus se développer que dans un cadre économique libéré de la loi du marché  : le socialisme prolétarien.

Si la lutte se développe, les militants syndicalistes conscients doivent donc tenter de la politiser, même si cela paraît «  diviser  », car entretenir l’illusion c’est, à court terme, renforcer l’illusion réformiste, et à moyen terme, aller à l’échec, de toutes façons, comme lors de la lutte anti-loi El Khomri.

Travailler au réveil de la conscience de classe, c’est être solidaires de l’avenir, en quelque sorte, et des générations futures, même si celles d’aujourd’hui ne sont pas encore réellement prêtes à relever le défi, qui se précise, pourtant  !

Tribune Marxiste-Léniniste

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/

POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE

ET ÉCONOMIQUE A LA CRISE!

Toutes les richesses créées, en biens et services socialement utiles, sont le fruit du travail, devenu précaire et de plus en plus mal payé, des forces vives productives qui sont la force essentielle de la société. Leur fonction naturelle est de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent les services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète. Rendre aux forces productives vives leur fonction sociale première, c’est l’exigence de l’heure!

Dans ce but, il est nécessaire de rendre à chacun le pouvoir de s’y impliquer, en y participant par son travail, afin de recevoir en échange la juste part qui lui en revient, pour soi-même et sa famille.

8 points du débat de fond :

___1_Refonte complète des institutions politiques et de l’état, en donnant tout le pouvoir aux travailleurs, qui doivent être représentés par eux-mêmes et avoir le droit de révoquer leurs élus. Donner à la démocratie prolétarienne la direction de l’économie.
Électivité et révocabilité du personnel de l’appareil d’état (police, armée, justice, responsables administratifs).
Élus politiques, cadres et officiers, dont le salaire est ramené au salaire des ouvriers et ouvriers qualifiés, selon grade et responsabilités.(fourchette de 1 à 3)

__2_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.

__3_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__4_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__5_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__6_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__7_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__8_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

Tribune Marxiste-Léniniste

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LE TEXTE EN VERSION PDF IMPRIMABLE,

FORMAT TRACT  21×29,7

AVEC, AU VERSO, LES 8 POINTS A DÉBATTRE :

22 MARS 2018 tract REFUS DU REFORMISME

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/03/22-mars-2018-tract-refus-du-reformisme.pdf

Le 22 Mars : grèves et manifestation

pour la fonction publique et les services publics !

LOIRE:

Saint-étienne :

10h30 gare de Chateaucreux

Roanne :

10h gare de Roanne

FONCTION PUBLIQUE : Grève et manifestation le 22 MARS

Les organisations CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires appellent à la mobilisation pour la fonction publique et notre pouvoir d’achat le jeudi 22 mars 2018

LYON :

Manifestation :

départ 10h30 de la Place Bellecour en direction de la préfecture

LILLE/NORD:

Le 22 mars, la manifestation régionale débutera à Lille à 14 h 30, Porte de Paris.

Ailleurs dans la région :

Boulogne-sur-Mer, 9 h 30, bourse du travail ;

Calais, 9 h, sous-préfecture ;

Dunkerque, 15 h, place Jean-Bart ;

Douai, 9 h 30, place d’Armes ;

Valenciennes, 10 h, place d’Armes.

PARIS:

Lieu : Paris 12e – Place du Bataillon du Pacifique

Métro Bercy

Manifestation et grève – Fonction publique

Trajet / parcours : Départ à 14h de Bercy en direction de Bastille

Bercy > Bd de Bercy > Rue de Charenton > Av Daumesnil > Rue de Lyon > Bastille

Convergence avec la manifestation des cheminots à Bastille

Ordre des cortèges syndicaux:

CGT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFTC, CGC, FAFP, Unef, URIF CGT, URIF FO

BORDEAUX:

Manifestation à Bordeaux le 22 mars

Rassemblement 13h30 Place de la République

Départ 14h – Fin de la manif Place de la Bourse

MARSEILLE:

Marseille vieux port / canebière

Jeudi 22 mars 2018

Marseille – 10 H 30 – Vieux Port

Arles – 10 H 30 – Place de la République

Manifestation interprofessionnelle du 22 mars rdv 10h30 Marseille vieux port / canebière, départ en bus 9h halle de Martigues

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Capitalisme et Impérialisme sont les deux faces d’une même pièce !

 

 

 

 

https://en.numista.com/catalogue/photos/etats-unis/g779.jpg

Capitalisme et Impérialisme

sont les deux faces

d’une même pièce !

 

 

Malgré la crise mondiale qui continue de faire rage et de ravager la planète, socialement, économiquement et écologiquement, c’est une vague régressive et ultra-réactionnaire qui continue de dominer la vie politique, à l’échelle planétaire, également.

Selon les pays elle prend différentes formes de démagogie populiste ou de prétendu social-libéralisme, selon ce qui est le plus adapté, localement, pour obtenir la soumission des peuples, des nations, et en premier lieu, de leur classe ouvrière.

En France le « macronisme » est la forme qu’à pris cette ultra-réaction, en surclassant toutes les autres, lors de la dernière joute électorale, même si cette dernière a été en grande partie désertée par l’électorat populaire.

La question de savoir s’il existe encore un moyen de s’opposer à cette déferlante et de construire au moins l’embryon d’une alternative reste donc posée, et même avec de plus en plus d’acuité, à mesure que la réaction avance dans tous les domaines, et notamment sur le plan social.

Dans cette même période il apparaît de plus en plus évident que la France, non seulement n’est pas située à l’écart des conflits internationaux, mais y prend une part active et contribue grandement, avec les USA, à attiser les feux guerriers sur la planète.

Cela était déjà apparu une première fois avec la part prépondérante qu’elle avait pris dans le conflit en Libye.

Mais le discours de l’époque selon lequel elle était sensée devoir se défendre contre une supposée « barbarie » venue du tiers-monde commence à apparaître pour la duperie qu’il était déjà, au vu, notamment, des résultats de cette intervention.

Néanmoins, même en partie démasqué, ce discours fonctionne encore suffisamment pour entretenir les divisions communautaires en France et obtenir un consensus de fait pour la prolongation de l’interventionnisme impérialiste français à travers le monde.

Que ce soit en Libye ou ailleurs, cet interventionnisme ne se développe jamais que dans le sillage de l’interventionnisme impérialiste US, ou avec son accord, comme une sorte de concession « régionale » accordée par le numéro 1 à l’un de ses vassaux et allié indéfectible.

Compte tenu des forces de plus en plus dérisoires restant à l’opposition à cette machine de guerre, avançant à la fois localement sur le plan social, et internationalement, pour broyer la résistance des peuples néo-colonisés, la question se pose de savoir sur quel objectif tenter de mobiliser ces maigres forces restantes pour organiser un début de résistance, sinon une contre-offensive.

(C’est ce qui a fait l’objet de débats virulents en marge des divers articles récemment publiés sur TML.)

Faut-il organiser en priorité des actions de solidarité avec les luttes des peuples néo-colonisés ou bien faut-il se consacrer exclusivement à tenter de politiser les quelques luttes revendicatives qui se produisent encore sporadiquement en métropole ?

Ou bien encore, peut-on se contenter de bricoler un peu d’agit-prop sur chaque front, en dispersant les restes d’énergies et sans faire de lien réel entre ces actions ?

Auquel cas, on obtient aucune avancée décisive sur aucun des fronts, et surtout, on ne construit rien de durable et d’enraciné, en dépit de l’énergie déployée.

Au lieu de grandir, nos forcent s’érodent, au fil des ans, plus qu ‘elles ne se renouvellent. C’est ainsi qu’elles se sont dispersées, divisées et finalement réduites à peu de choses, sinon à l’illusion et à la complaisance. Le mouvement semble avoir confondu division et multiplication !

Un fait essentiel devrait pourtant unir au moins les marxistes-léninistes : le fait que nous vivions encore dans la période de domination impérialiste, dans la phase impérialiste du capitalisme, c’est à dire celle de la domination du capitalisme financier sur toutes les autres formes de capitalisme.

Or cela signifie quoi ?

« La suprématie du capital financier sur toutes les autres formes du capital signifie l’hégémonie du rentier et de l’oligarchie financière; elle signifie une situation privilégiée pour un petit nombre d’Etats financièrement « puissants », par rapport a tous les autres. »

http://www.marx.be/fr/content/iii-le-capital-financier-et-loligarchie-financiere

A l’époque de Lénine les puissances impérialistes étaient au nombre de cinq : Allemagne, Grande-Bretagne, France, États-Unis et Japon, qui émergeait, comme les USA, mais à une échelle moindre, au cours de la première guerre mondiale. Évidemment, au moment même où Lénine écrivait ces lignes, il fallait aussi compter la Russie tsariste, comme puissance impérialiste « émergente », mais déjà sur le point de sombrer, en tant que telle, donc.

Le principe même de la domination impérialiste reste donc celui d’ « un petit nombre d’États », aujourd’hui comme hier, et la concentration du capital financier aidant, cela ne peut guère changer, sauf à réduire ce nombre, encore. Des puissances économiques régionales émergent, mais même si elles ne sont pas forcément des néo-colonies au premier degré, ce sont des puissances vassalisées, et qui doivent leur développement relatif à leur suzerain US, dans bien des cas. Elles peuvent être intégrées dans un maillage de « participations croisées », comme nous l’explique Lénine, mais ne constituent pas par elles-même des pôles impérialistes à proprement parler.

Bien évidemment, il n’y a pas de situation fixe, et précisément on voit le cas de la Chine, après une période essentiellement « comprador » sous domination financière US, réussir à constituer le second pôle financier mondial et devenir le challenger numéro 1 de son maître US, encore lui-même largement numéro 1, toutes catégories confondues.

De sorte que si les USA ont réussi à vassaliser leurs trois comparses européens, après avoir réduit le Japon à son périmètre insulaire et à son secteur de développement essentiellement industriel, ils se trouvent maintenant confrontés à cette puissance montante qu’il ont en fait contribuer à créer, déjà, pour abattre l’URSS, entre autres manœuvres impérialistes.

Le nombre des puissances impérialistes réellement correspondantes à la définition marxiste-léniniste reste donc limité à six : USA, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Japon, auxquelles vient donc s’ajouter le challenger chinois, carrément sur la deuxième marche du podium, en réalité.

Autrement dit, si les rapports de force ont bien changés, et plusieurs fois, depuis l’époque de Lénine, le nombre, étrangement, reste le même, et sauf pour la Chine, les concurrents aussi.

Comme on l’a encore vu et étudié récemment, en fonction des critères léninistes eux-même, il est tout à fait impossible d’adjoindre la Russie à cette liste, malgré son importance géostratégique et le rôle qu’elle joue sur la scène internationale.

Cela a donc suscité des polémiques, et même des polémiques assez violentes, mais elles n’ont fait que mettre au grand jour la démarche anti marxiste-léniniste des tenants de cette affirmation.

Certains en sont même à présenter la Russie actuelle comme l’agresseur déjà en marche contre l’ « occident », et même s’ils prétendent à une « neutralité », en pratique cela équivaut à inverser les rôles, la Russie étant, à court terme, l’un des objectifs essentiels à abattre, pour l’impérialisme.

En pratique, toujours, cela équivaut non seulement à renoncer à combattre l’impérialisme, mais en fait à combattre directement dans son camp, ce que certains ont entrepris délibérément, sur le terrain, en Syrie, notamment.

En dehors des pôles impérialistes actuels et des pays néo-colonisés ou vassalisés, il existe donc encore un certain nombre de pays aux parcours diverses, dont la Russie, et à différents stades du développement capitaliste, en fonction de leur histoire, qui refusent de subir le joug impérialiste.

Ici encore, le but de l’article est de résumer la situation et non de reprendre, cas par cas, l’analyse du développement de chaque pays. Il est clair que ces situations, que l’on peut qualifier d’intermédiaires, sont complexes et variées et comprennent des aspects de différents stades du développement capitaliste, comme c’est encore le cas de la Chine, du reste, malgré une nette évolution vers une économie financière impérialiste.

Il est également clair que le destin de ces pays, faute d’une lutte prolétarienne conséquente et d’une direction politique prolétarienne des luttes, est soit de succomber au néo-colonialisme, soit de se transformer eux-mêmes en pôles impérialistes, comme ce fut le cas de la Chine.

Il est clair que dans ces pays le prolétariat doit à la fois combattre pour ses revendications sociales et contre l’intégration de leur pays au maillage économique impérialiste. C’est une situation particulièrement difficile, mais s’appuyer, même tactiquement, sur la volonté impérialiste de démembrement de ces pays pour combattre leur bourgeoisie nationale, c’est, assurément, une stratégie contre-productive, et, à terme, suicidaire. On a jamais vu le « socialisme » se construire à l’ombre des baïonnettes US, qui ne peuvent apporter que la désolation et la mort, selon leur nature de classe, plus que jamais révélée par toutes leurs récentes interventions.

Une alliance stratégique du prolétariat avec la bourgeoisie nationale est-elle encore possible dans ces pays ? Il n’y a évidemment pas de solution universelle à ce problème. La seule règle reste toujours de préserver et de renforcer l’autonomie des organisations prolétariennes, lorsqu’elles existent, et de construire le meilleur rapport de forces possible.

Dans ce type de contexte, la lutte pour l’indépendance nationale reste assez longtemps l’objectif prioritaire mais dans une certaine limite, comme on l’a vu, car la bourgeoisie nationale n’a pas la capacité de maintenir cette indépendance très longtemps et suit inévitablement l’une ou l’autre alternative, soit la soumission au néo-colonialisme, le plus souvent, soit le développement d’un nouveau pôle impérialiste.

Dans le cas de la bourgeoisie nationale-bureaucratique maoïste, ce fut donc une succession et une combinaison des deux aspects, via la phase comprador « Deng Xiaoping».

Dans les métropoles impérialistes, comme la France, la question du rapport entre indépendance nationale et socialisme se pose évidemment de façon tout à fait différente. Même s’il s’agit d’une métropole vassalisée, comme la France l’est par rapport aux USA, il n’y a évidemment aucune alliance à envisager avec une éventuelle bourgeoisie « nationale », qui en tant que telle, n’existe plus, et il n’y a évidemment pas le moindre progressisme à imaginer plus d’ « indépendance » pour le pôle impérialiste français, qui ne serait jamais qu’une restauration et/ou une extension de son pouvoir néo-colonisateur.

De plus, la bourgeoisie elle-même n’y voit aucun intérêt et cherche plutôt une meilleure intégration dans le maillage impérialiste US. Sa conception « nationale » n’est jamais que celle de ses intérêts financiers et ils ne concordent jamais, en fin de compte, avec ceux des travailleurs, systématiquement sacrifiés sur l’autel de la mondialisation.

Il ne reste donc rien d’une « indépendance nationale » française qui serait encore à « défendre », ou même à reconquérir dans le cadre du système capitaliste.

L’intégration de la France dans l’UE n’est qu’un aspect du maillage qui la relie à l’impérialisme US. C’est même un aspect par lequel elle y défend relativement sa place et ses intérêts, avec ses autres comparses européens, par rapport à leur suzerain US, et il n’y a pas le moindre avantage social à gagner, pas la moindre parcelle d’indépendance à « reconquérir » à l’en faire sortir, dans le cadre du capitalisme.

Par contre il apparaît évident qu’une tentative de construire une alternative réellement socialiste et prolétarienne suppose un développement économique suffisamment endogène et autonome par rapport à l’impérialisme et donc une réelle indépendance nationale.

De sorte que si le mot d’ordre d’indépendance nationale a un sens, ce ne peut être que comme complément et condition de la construction d’une alternative socialiste.

Dans ce cadre il est indispensable, mais dans ce cadre seulement. Il devrait donc faire partie intégrante d’un programme d’alternative socialiste prolétarienne, reposant sur une planification économique équilibrée entre forces productives et besoins sociaux réels.

Le fait qu’un tel développement économique rende nécessaire l’utilisation d’une unité de compte monétaire évaluée en valeur-travail, c’est aussi ce que l’on a vu au cours d’études et de débats précédents. Cela entraînera donc, de fait, comme conséquence, mais seulement comme conséquence, une rupture avec le système monétaire européen.

Poser le principe de cette rupture comme mot d’ordre préalable, parler de « sortie de l’Euro » comme condition préalable ou comme une avancée en soi, et non comme conséquence d’une réalisation économique socialiste, cela n’a aucun sens, sauf à engendrer des désordres économiques supplémentaires et inutiles, par dessus la crise.

Il en va de même, comme on l’a vu, pour tous les mots d’ordres tendant à faire croire qu’il serait possible de regagner une indépendance quelconque, dans le cadre du capitalisme, par la rupture avec tel ou tel organisme ou institution internationale. Ce genre de rupture formelle ne réduirait en rien, quoiqu’il en soit, la capacité répressive de l’impérialisme.

La seule rupture utile, pour les prolétaires de France, est celle d’avec le capitalisme, pour la construction du socialisme prolétarien.

Néanmoins, le développement d’une économie socialiste ne signifie pas pour autant un système totalement autarcique, qui n’est ni possible ni souhaitable. La construction du socialisme nécessite et implique échange et solidarité avec les autres peuples en lutte contre l’impérialisme. Cela peut donc aussi concerner des nations en voie de résistance contre l’impérialisme, même si pas nécessairement déjà engagées sur la voie prolétarienne du socialisme.

C’est en ce sens qu’il peut y avoir, à l’échelle internationale un front commun de fait entre le prolétariat des métropoles impérialistes et la partie la plus avancée des bourgeoisies nationales et nationales-bureaucratiques. L’affaiblissement des métropoles impérialistes est leur intérêt commun.

De plus, bon nombre de prolétaires de France ont des origines où des liens avec des pays où se déroulent des conflits attisés par l’impérialisme, et notamment l’impérialisme français. Il y a donc souvent un lien direct entre leur situation de prolétaire et les ravages de l’impérialisme. Ils sont donc les mieux placés pour comprendre qu’impérialisme et capitalisme sont les deux faces d’une même pièce.

C’est aussi par le biais des guerres impérialistes que se trouve maintenue la pression terroriste sur les métropoles. Loin de desservir les intérêts des impérialistes cette pression leur est utile à tous points de vue, à la fois comme prétexte pour leurs guerres et comme moyen de dominer, aussi bien par cette terreur elle-même que par les lois d’exception qui en découlent, le prolétariat et les couches populaires des métropoles.

C’est aussi une autre façon de comprendre qu’impérialisme et capitalisme sont les deux faces d’une même pièce et que l’on ne peut, d’un point de vue marxiste-léniniste, combattre l’un sans combattre l’autre.

Il fut longtemps considéré que la lutte de solidarité anti-impérialiste était en quelque sorte une activité d’un niveau politique inférieur à la lutte anti-capitaliste et au mieux un moyen d’avancer de la première à la seconde.

Ce qui est carrément, en réalité, faire bon marché de l’enseignement de Lénine sur le stade encore actuel du capitalisme qui est précisément celui de l’impérialisme.

Alors que c’est évidemment d’abord dans ses formes arrivées à ce stade que le capitalisme doit être combattu, fondamentalement, à notre époque, en comprenant qu’à partir de là les formes moins évoluée s’effondreront d’autant plus facilement sous la poussée du mouvement général qui emportera le tout.

Alors que tant que les citadelles et bases impérialistes des métropoles resteront debout elles auront les moyens de faire régner leur ordre sur la planète et de réprimer la moindre tentative d’indépendance, ou à tout le moins d’essayer avec la dernière énergie, comme on le voit déjà aujourd’hui par leur acharnement à se maintenir en Syrie en dépit de leur défaite sur l’essentiel des fronts.

Les luttes de libération nationale dans le tiers monde ont bien un rôle stratégique essentiel, mais elles ne pourront aboutir pleinement et durablement qu’en arrivant au stade de la transition socialiste, également. Et cela n’est réellement possible que si au moins un maillon essentiel des citadelles impérialistes commence à céder sous la poussée du prolétariat organisé autour d’une alternative révolutionnaire socialiste.

Ce n’est donc que dans la perspective du socialisme prolétarien que les luttes anti-impérialistes prennent véritablement leur sens, même si les stratégies sont différentes entre métropoles et pays du tiers-monde.

De même, sans y intégrer les luttes de solidarité anti-impérialistes, sans mettre en évidence dans notre agit-prop le lien qui les unit aux objectifs sociaux anti-capitalistes, les luttes anti-capitalistes elles-mêmes perdent leur signification et ne sont plus perceptibles comme ouvrant réellement une alternative politique dans la situation de crise systémique actuelle et de guerre impérialiste rampante sur la planète.

Ce que nous devons développer, c’est un processus de résistance globale, intégrant ces diverses aspects de la lutte, où il apparaît donc constamment que capitalisme et impérialisme sont les deux faces d’une même pièce, et le plus souvent, actuellement, du même dollar!

La question de passer de la résistance à la contre-offensive se posera donc ensuite, si, et seulement si, ce premier pas est effectué.

« C’est pourquoi l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir. »

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100b.htm

Actuellement, la question du premier pas de la résistance globale est celle qui se pose, concrètement.

Luniterre

 

 

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En réponse à une question posée sur Bellaciao, portant sur l' »ultra-capitalisme chinois » et les « actions impérialiste chinoises en Mer de Chine du Sud », postée sous le pseudo « Albert 1 »:

Réponse de Lepotier:

(NDLR: Question et réponse ont été “effacées”, depuis, par la “modération” du site Bellaciao… WHY ???)

Ce sont évidemment des symptômes de la mutation du capitalisme chinois en nouvelle puissance impérialiste, et donc la seconde, après les USA, d’après sa capacité financière, soit pès de 17% du total de la capitalisation boursière mondiale, quand les USA font à eux seuls 40%.

Par comparaison, la France c’est 2,3% et la Russie à peine 0,5%.

La finance US reste donc hégémonique, même si la Chine continue de monter.

France, Allemagne et Grande-Bretagne restent des satellites des USA mais ils sont aussi exportateurs de capitaux et ont donc leurs propres zones d’influence impérialiste, tout comme la Chine, qui concurrence notamment la France en Afrique.

Ce n’est pas le cas de la Russie, qui exporte très peu de capitaux productifs, et encore même moins qu’elle n’en importe.

Ce qui fait que l' »alliance » Chine-Russie est totalement déséquilibrée et tend à faire de la Russie une semi-colonie chinoise, en réalité.

C’est pourquoi les efforts stratégiques actuels de la Russie pour résister à l’encerclement militaire et économique US doivent être soutenus.

Il s’agit d’une résistance de type national bourgeois, mais qui reste progressiste, dans le contexte actuel, face aussi bien à l’agressivité US que face à la montée de la puissance économique et financière chinoise.

De ce côté, une bonne part des défenses russes restent braquées vers la Chine, contrairement à ce que l’on pourrait penser d’après les sourires diplomatiques:

https://youtu.be/dKWTllDcuH0

La Russie est constamment obligée de chercher des « compromis » avec les uns et les autres, pour simplement survivre.

Elle essaye simplement de le faire en position relativement bonne, en utilisant ses seuls atouts valides, à savoir forces armées et matière premières. Elle s’allie par priorité aux autres bourgeoisies nationales qui sont en situation similaire, comme l’Iran.

De fait elle se trouve devenir l’épine dorsale d’un axe de résistance des bourgeoisies nationales qui survivent encore sur la planète, y compris celles qui sont les héritières de l’URSS, comme Cuba ou la Corée du Nord, ou celles qui s’en sont inspiré, comme le Venezuela.

Cet axe de résistance n’est pas à confondre avec ce que devrait être la résistance prolétarienne, mais actuellement, de résistance prolétarienne réellement organisée et efficace, il n’y en a point!

Le cas échéant, si elle parvient à se constituer, la question de son rapport avec cet axe de résistance nationale bourgeoise se posera, mais le premier pas d’une telle résistance prolétarienne reste à faire.

C’est le sens de cet article.

Lepotier

Voir aussi:

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2018/02/21/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

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L’impérialisme n’est pas un « complot », c’est un système économique, à la base du capitalisme « mondialisé »

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Lénine et l’impérialisme :

actualité

et éclaircissements.

 

SOURCE:             TRIBUNE MARXISTE-LENINISTE

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

 

L’impérialisme n’est pas un « complot », c’est un système économique, et il est à la base du capitalisme « mondialisé ».

D’une manière générale, la situation actuelle de mondialisation économique, avec sa crise systémique liée à la domination de la sphère financière sur l’ensemble des conditions du développement économique, cela ne peut être une meilleure illustration de l’actualité de la pensée de Lénine sur la formation du stade impérialiste du capitalisme et la domination du capital financier sur l’ensemble des activités économiques, et en tout premier lieu, du secteur industriel. On ne peut plus spectaculaire concrétisation de la domination du capital financier sur le capital industriel et productif en général.

C’est clairement cette situation que Lénine a caractérisé par le lumineux passage suivant,

« Le propre du capitalisme est, en règle générale, de séparer la propriété du capital de son application à la production; de séparer le capital-argent du capital industriel ou productif; de séparer le rentier, qui ne vit que du revenu qu’il tire du capital-argent, de l’industriel, ainsi que de tous ceux qui participent directement à la gestion des capitaux. L’impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. La suprématie du capital financier sur toutes les autres formes du capital signifie l’hégémonie du rentier et de l’oligarchie financière; elle signifie une situation privilégiée pour un petit nombre d’Etats financièrement « puissants », par rapport a tous les autres. On peut juger de l’échelle de ce processus par la statistique des émissions, c’est-à-dire de la mise en circulation de valeurs de toute sorte. »

http://www.marx.be/fr/content/iii-le-capital-financier-et-loligarchie-financiere

Cette compréhension du phénomène impérialiste, qui devrait être une évidence pour tout le monde, ne l’est assurément pas pour la « culture » médiatique dominante, mais elle devrait au moins l’être pour les marxistes, et surtout pour ceux qui osent encore se proclamer « marxistes-léninistes »… Or ce n’est manifestement pas le cas…

Une difficulté d’interprétation subsiste pour certains autour de la notion de monopole et aboutit en pratique, dans leurs analyses, à escamoter complètement la domination du capital financier, et donc à vider, en fin de compte, la notion d’impérialisme de ce qui lui est particulier, comme forme du capitalisme.

Réduire la notion d’impérialisme à celle du monopole, et prétendre s’appuyer sur Lénine pour le faire, très formellement, cela reste possible si l’on en en évacue la signification essentielle et si l’on se contente de jouer sur les mots.

Cela implique d’évacuer complètement la notion de séparation du capital-argent d’avec le capital productif, qui est non seulement une notion propre à ce stade du capitalisme, où elle est donc poussée à l’extrême, mais une notion propre au capital « en général », comme nous l’indique Lénine. Ce n’est donc pas seulement un aveuglement scolastique face à la réalité du monde, selon lequel l’impérialisme se limiterait essentiellement à l’apparition des monopoles, mais c’est tout simplement, de plus, une révision fondamentale du marxisme.

Il est clair qu’à l’époque de Lénine l’apparition des monopoles et la formation du capitalisme monopoliste est bien le phénomène caractéristique de la domination du capital financier, mais non seulement il est basé, précisément, sur cette séparation, comme il nous l’indique, mais il l’accentue donc encore, au lieu de la réduire. C’est, plus que jamais, cette séparation qui permet la domination du capital financier sur le capital industriel et productif. En réalité, cette domination du financier sur le productif est carrément l’expression formelle actuelle, et depuis l’apparition du phénomène impérialiste, de cette séparation capital-argent/productif. Elle n’est pas une forme hasardeuse ou même spécialement « perverse » du capitalisme. Elle est tout simplement la forme moderne incontournable du capitalisme.

Mais elle ne doit donc pas nous faire oublier ce que nous explique Marx à propos du cycle d’élargissement du capital à travers le processus productif. Ce processus est encore le seul creuset réel de la valorisation du capital. C’est avec la révolution industrielle que ce cycle est apparu de manière évidente et visible, au premier degré, et clairement, pour la première fois, comme étant le rôle fondamental du capital productif. Avec la révolution industrielle le capital productif est devenu ouvertement et pour la première fois dans l’histoire économique, la forme dominante du capital. On comprend aujourd’hui qu’elle ne l’est devenue que pour un temps limité, en fait, même si le processus productif reste encore le creuset incontournable de la valorisation du capital, en dépit du rétrécissement de ce creuset, qui est bien l’une des causes majeures de la crise, ce que l’on a encore récemment vu à travers différents articles au sujet de la robotisation.

Mais le capital industriel et productif n’a pas surgi, avec ses usines modernes, remplaçant les ateliers artisanaux et les manufactures, comme un champignon après la pluie.

Si les capitalistes industriels ont pu dominer la scène économique dès les début de cette mutation économique gigantesque, il n’ont pu le faire que grâce l’existence de capitaux précédemment accumulés à travers les divers processus d’accumulation primitive du capital, et ayant abouti à une première strate, déjà très importante, de capital bancaire, qui s’est alors rapidement mise au service du développement industriel, même si elle n’y avait pas le premier rôle.

Ce qu’a apporté l’apparition des monopoles, c’est précisément l’inversion de ce rapport des rôles, et finalement, assez formellement, du rapport de forces entre ces deux formes du capital, ou plutôt, concrètement, de leurs détenteurs et acteurs.

Ce sont aussi bien les opérations de concentration des entreprises que les lourds investissement nécessaires à la modernisation des techniques de production qui ont transformé les acteurs bancaires et financiers en acteurs économiques, décidant finalement des stratégies industrielles et y trouvant directement leur intérêt.

Autrement dit, sans une masse de capitaux financiers préexistants et issus des formes primitives d’accumulation du capital, la formation des monopoles et leur extension à travers le monde n’eut point été possible.

Il est bien évident que cette masse s’est accrue considérablement au cours de ce processus, et que, avec Lénine, on peut parler de fusion, dans les monopoles, du capital bancaire et du capital industriel, mais il n’en ressort donc pas moins que la forme financière continue, de manière dialectique, à exister en tant que forme argent du capital et que cela lui donne une certaine autonomie par rapport au processus productif. C’est cette autonomie qui est à la fois le moyen par lequel elle assure sa domination sur la forme industrielle et sur le processus productif et le moyen par lequel elle continue d’assurer leurs développements réciproques.

Même si l’on voit bien que, globalement, la crise du capital vient de son incapacité, désormais, à se valoriser massivement à travers le processus productif, il n’en est, pas moins et pour autant, d’investissement réellement productif qui ne dépende, d’une manière ou d’une autre, du capital financier.

Les régions du monde ou le productivisme capitaliste apparaît encore comme sous-développé s’y trouvent progressivement soumises par le biais de l’investissement financier impérialiste, dans la plupart des cas.

Comme le rappelle constamment Lénine, il est également clair que si cet investissement est qualifié d’impérialiste, c’est bien parce qu’il vise d’abord à la valorisation du capital investi, tant par l’exportation massive de capitaux que par l’émission également massive de titres financiers.

Un investissement qui n’a pas pour but essentiel la valorisation du capital à travers le cycle productif ne peut réellement être qualifié d’impérialiste.

« Il n’y a jamais eu d’impérialisme pur, sans base capitaliste, il n’y en a jamais eu, il n’y en a nulle part et il n’y en aura jamais. »

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/03/d8c/vil19190300-04c8.htm

Pourtant, au départ, Lénine nous parle bien de deux formes d’impérialisme, dont une d’ordre strictement militaire, qu’il qualifie précisément de « romain » et porte sur la seule notion de conquête de territoires. Mais précisément, il la distingue de l’impérialisme moderne par ce but spécifié. Il est clair que dans les débuts de l’mpérialisme moderne, les deux formes se confondent encore, et notamment das les entreprises coloniales au premier degré, où, néanmoins, la finalité est bien à court terme l’établissement d’entreprises industrielle productives et l’exploitation des ressources locales, notamment en matières premières. On a évidemment vu que cette forme ressurgit également en cas de crise aigue et de confrontation entre puissances impérialistes (2 guerres mondiales…). Elle ressurgit, également, en cas de résistance des peuples supposés faire l’objet d’entreprises de néo-colonisation, comme c’est actuellement le cas de la Syrie, entre autres.

Autrement, et notamment depuis la deuxième guerre mondiale, c’est donc le processus de néo-colonisation, par voie de domination financière, qui est le processus couramment appliqué.

Précisément, les choses ont changé, par rapport à l’époque de Lénine, sur le plan, à la foi, des formes de néo-colonisation et des formes de résistance économique à cette dernière.

A vrai dire la situation avait déjà essentiellement changé à partir de la Révolution d’Octobre et de l’émergence d’un premier état-continent, l’URSS, formé de plusieurs état entreprenant l’édification du socialisme sur 1/6ème de la planète.

 

 

Dans le sillage de ce séisme, une vague de luttes de libération nationale s’est soulevée dans les colonies détenues par les principales puissances impérialistes de l’époque. Un nombre important ont provisoirement triomphé, parfois même en se revendiquant d’options socialistes et se référant au marxisme-léninisme. En réalité, nombre de ces mouvements, même si formés dans le sillage de la IIIème internationale, étaient nés sous l’influence des bourgeoisies nationales-progressistes locales. Leurs capacités à demeurer dans la voie de l’édification du socialisme étaient très faibles, autant en raison de la base économique arriérée sur laquelle elle s’appuyait (ce qui n’était pas insurmontable, Cf. l’URSSS), que surtout par l’opportunisme nationaliste de leurs fractions dirigeantes. Bon nombre de ces régimes n’ont pas résisté longtemps aux sirènes de la corruption et sont rapidement passés du stade d’ancienne colonies à celui de néo-colonie… Mais un certain nombre ont fait de la résistance économique et politique, établissant des régimes indépendants, à vocation de développement économique endogène, à défaut de socialisme. Ces états ont hérité des infrastructures coloniales, qui comprenaient déjà parfois un niveau local de développement industriel calqué sur les monopoles des métropoles dont ils étaient issus. Même s’il s’agit donc, en réalité, de nouveaux états capitalistes, peut-on pour autant, et même s’ils comprennent des infrastructures économiques de type monopolistes, les qualifier d’impérialistes ? Et même si, de plus, dans nombre de cas ces infrastructures ont été nationalisées et sont demeurées parfois durablement la propriété de l’état ?

En quoi ces états répondent-ils donc à la définition léniniste de l’impérialisme ? Sont-ils des émetteurs massifs de titres financiers sur les places internationales ou même simplement chez eux ? Sont-ils des exportateurs massifs de capitaux financiers?

Assurément pas, et il faut donc bien admettre que des structures économiques de type monopoliste, et même des éléments de capitalisme d’état peuvent se trouver dans des états qui ne sont en rien des états impérialistes, mais sont simplement restés au stade de domination d’une bourgeoisie nationale et/ou nationale-bureaucratique, selon les cas, ce qui ne fait qu’une différence de forme, du reste, mais aucune quant à la nature de classe.

Peut-on parler pour autant de capitalisme « pré-monopoliste » ? Assurément, dans les cas où le développement est le plus arriéré, dans le cas des anciennes colonies les plus arriérées, de telles formes économiques s’y trouvent nécessairement encore, mais elles ne constituent pas, généralement, la base structurelle de ces états et le qualificatif de national bourgeois ou national-bureaucratique bourgeois, leur est mieux adapté, selon la part d’éléments de capitalisme d’état qui s’y sont constitués. C’est, notamment, le cas de la Chine maoïste, jusqu’en 1972, année où la jonction de la bureaucratie nationale-maoïste s’est rapidement effectuée avec le capital financier international, via la bourse de Hong-Kong.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Le cas de la Chine est particulièrement intéressant parce que de tous les pays du tiers-monde qui ont prétendu accéder au socialisme à partir d’une révolution de libération nationale, il est le plus important et celui où cette illusion s’est maintenue durablement, au point que la réalité, aussi bien de son histoire que de sa situation actuelle, est difficilement admise, pour ne pas dire, très rarement en fait, par les analystes de gauche, y compris et surtout, de la gauche occidentale, où il reste encore quelques maoïstes, et même,sans doute plus nombreux, de pseudos « marxistes-léninistes » qui avalisent le discours officiel chinois sur le « socialisme » actuel de la Chine, et sa très formelle référence au « marxisme-léninisme » !

En réalité, la lutte de libération qui se termine en 1949, sur la base d’une alliance entre bourgeoisie nationale rurale et paysannerie, où le prolétariat industriel ne joue sur le terrain plus aucun rôle politique depuis longtemps, en dehors des proclamations théoriques, aboutit donc à une « révolution démocratique bourgeoise de libération nationale », selon l’édition de 1955 du manuel de l’académie des sciences de l’URSS, et à une « révolution de démocratie nouvelle », selon Mao. Tant par celui-ci que par le Manuel, du reste, la propriété de la bourgeoisie nationale y est officiellement reconnue, y compris dans le domaine industriel, en fin de compte, alors même qu’est supposé commencer la phase du passage au socialisme. En réalité, l’intégration de la bourgeoisie industrielle supposée « nationale » se fait aussi avec force indemnisations et sinécures dans les ministères, à l’exemple de Rong Yren, fondateur d’une dynastie de milliardaires chinois encore présente dans les hautes sphères du capitalisme chinois actuel. C’est un cas typique où malgré la nationalisation progressive de la majeure partie de l’industrie, aucune forme de développement économique industriel socialiste n’a jamais vraiment eut lieu. Quant au développement agricole, après une répartition de la terre entre petits paysans, et la forme adoptée de prétendu « socialisme », à travers le système utopique des « communes populaires », il ne pouvait que mener à l’échec (catastrophe du « grand bond en avant ») déjà pourtant anticipé par Engels, dans son Anti-Dühring, à propos de ce type d’économie « communaliste » et du rétablissement tout aussi inévitable du capitalisme auquel elle ne pouvait donc que mener.

Pourtant, de l’échec tragique du « grand bond en avant » à l’émergence du capitalisme financier chinois comme l’une des forces dominantes de l’économie mondiale, il s’écoule plus de quatre décennies… De la vente des premiers titres financiers de la Chine maoïste à la bourse de Hong Kong, en Septembre 1972, à l’ouverture des places financières continentales, déjà près de deux décennies.

Dans les campagnes, les dernières communes populaires ne sont démantelées qu’au milieu des années 80, une seule étant conservée, pour le « folklore » touristique. Autrement dit, la période de domination du capitalisme national-maoïste peut être considérée comme ayant duré près de quatre décennies, également, si l’on tient compte que la période « Denguiste » est essentiellement une période comprador, de domination du capital financier étranger, et principalement US, mais où s’effectue, en quelque sorte, la plus grosse part de l’accumulation primitive nécessaire à la constitution du capital financier chinois, formant la base d’un capitalisme monopoliste d’État capable d’amorcer sa propre exportation significative de capitaux. Pour autant, à quel moment peut-on dire que cette exportation fait de la Chine une nation impérialiste ? Comme le dit Lénine :

« Inutile de dire, évidemment, que toutes les limites sont, dans la nature et dans la société, conventionnelles et mobiles; qu’il serait absurde de discuter, par exemple, sur la question de savoir en quelle année ou en quelle décennie se situe l’instauration « définitive » de l’impérialisme. »

http://marx.be/fr/content/vii-limperialisme-stade-particulier-du-capitalisme

Il en va de l’impérialisme chinois comme de l’impérialisme en général. Récemment, (2015-2016), les chinois se sont vantés que leurs exportations de capitaux étaient enfin supérieures à la masse des capitaux étrangers entrants, sur une année. Encore faut-il tenir compte qu’une partie des capitaux formellement « exportés » reviennent en réalité en Chine, via des places de transit genre Iles Caïman, pour bénéficier du statut spécial des zones franches… Quoi qu’il en soit, personne ne peut aujourd’hui nier que la Chine soit le deuxième poids lourd financier à l’échelle mondiale et le seul challenger réel de l’impérialisme US. Pour autant, l’impérialisme US possède encore plusieurs longueurs d’avance dans tous les domaines et, même s’il peut sembler « sur le déclin », tout est relatif et il a encore les moyens de se comporter en « gendarme de la planète », tant sur le plan militaire que financier, et, manifestement, il ne s’en prive pas.

Sur le plan « culturel » et idéologique, le fait que la Chine continue assez officiellement à donner des leçons de « marxisme-léninisme » au monde entier peu prêter à sourire et c’est bien là, du reste, encore un héritage de la « pensée » maoïste, qui se voulait plus « rouge » que toutes les autres et prétendait critiquer leur « révisionnisme »,et notamment le « social-impérialisme soviétique » qui serait né avec l’ère khrouchtchevienne. Cette posture « théorique » avait notamment atteint le paroxysme de l’hypocrisie et du cynisme avec la supposée « révolution culturelle », précédant précisément le basculement complet de la Chine dans le camp réellement impérialiste, celui là, des USA !! Ce que Mao lui-même a finalement formalisé à travers sa « théorie des trois mondes », prolongement conséquent de sa prétendue philosophie « de la contradiction », très prisée de nos « intellectuels » occidentaux, qui y ont trouvé une raison de plus de servir désormais la soupe aux maîtres du monde.

Cette « théorie » du « social-impérialisme soviétique » n’est pas sans avoir encore quelque écho, paradoxalement auprès de ceux qui voient en la Russie actuelle un prolongement de cet « impérialisme », soit éventuellement comme « allié » de l’impérialisme chinois, soit simplement pour son propre compte.

Ce syndrome affecte donc toujours une bonne partie des pseudos « marxistes-léninistes » français, qui le partagent, sous des formes à peine atténuées, avec une large frange de la gauche française, celle qui préfère encore le râtelier US à la soupe chinoise. Paradoxe ou retard à l’allumage, certains sont des maoïstes adepte du « Mao » de la période « révolution culturelle » !!

Il est vrai que selon la présentation actuelle qui en est faite par les médias du système, la Russie de Poutine serait donc le dernier « grand méchant loup » menaçant la quiétude de l’Occident, depuis le recul des « djihadistes » au Proche-Orient.

On a vu que le moindre de ses mouvements stratégiques est scruté et aussitôt interprété comme une « menace » et une intention agressive à l’égard de l’Occident, même lorsqu’il se déroule sur son propre territoire ou sur celui de ses alliés.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

L’épisode « Crimée » a été évidemment le pic symbolique de ce syndrome, en dépit de sa légitimité assez évidente et que l’Occident est bien dans l’incapacité de contester, du reste. Une « annexion » éventuelle du Donbass serait évidemment interprétée comme une nouvelle « agression » alors que ce rattachement est le souhait massif des populations locales et serait donc tout à fait conforme au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Si l’ambiguïté du régime Poutine doit être critiquée, au sujet de l’Ukraine, c’est bien plutôt dans le sens d’une temporisation diplomatique excessive qu’elle devrait l’être.

En Ukraine comme ailleurs, si l’on tient compte de l’épisode sanglant du Maïdan et de ses suites, c’est carrément d’une inversion des rôles qu’il s’agit, et c’est la stratégie de résistance de la Russie qui est systématiquement présentée comme une suite d’entreprises agressives supposément « impérialistes », donc, selon certains discours « de gauche » et même pseudos « marxistes-léninistes ».

Face au déferlement « préventif » du militarisme US et Otanesque sur l’essentiel des zones stratégiques jouxtant ses frontières, la stratégie de résistance et de désencerclement de la Russie surprend par son ampleur et sa relative efficacité, jusqu’à ce jour.

Au regard de l’Occident, cette efficacité est donc des plus « politiquement incorrecte » et semble seulement bien venue pour accréditer ce renversement des rôle, et attestant d’un hypothétique « équilibres des force », voire même d’une très théorique supériorité militaire, elle accréditerait donc la thèse d’un « impérialisme russe » renaissant de ses cendres, héritier en ligne directe du « social-impérialisme soviétique »…

Même si l’on se place du point de vue primitif d’un prétendu « impérialisme militaire », la réalité des chiffres devrait remettre les choses en proportions. Pour 2017, le budget de l’armée US représente à lui seul 40% du budget militaire total de la planète ! Et il est plus que douze fois supérieur à celui de la Russie ! Qui est lui-même inférieur à celui de la France, grande donneuse de leçons et pourvoyeuse de conflits à travers le monde, et en Afrique, notamment !

http://www.lepoint.fr/monde/budget-militaire-la-france-depensera-plus-que-la-russie-en-2017–12-12-2016-2089696_24.php

http://hist.science.online.fr/storie/politiq_incorrect/PaxAmericana/puissance-militaire.htm

La Russie a effectivement hérité du passé soviétique une industrie militaire d’un bon niveau et a réussi à la rendre à nouveau fonctionnelle, avec en réalité peu de moyens. Ce qui est simplement une nécessité pour sa survie, dans le contexte international actuel, et nullement une preuve de volonté « expansionniste ».

Ce meilleur rapport coût/efficacité est d’ailleurs reconnu et envié jusqu’au sein de l’armée US elle-même…

http://pqasb.pqarchiver.com/mca-members/doc/1868134384.html?FMT=TG

Le véritable impérialisme, effectivement, ne peut aller sans gâchis matériel, financier, et humain, en fin de compte !

Voilà donc pour l’ « impérialisme militaire »…

Quid de l’ « impérialisme financier » de la Russie ?

Si le budget militaire US représente à lui seul 40% du budget militaire mondial, il en va de même déjà simplement pour la capitalisation boursière située aux USA, qui représente donc également 40% du total mondial. Sur l’ensemble mondial des titres financiers, ce sont largement plus de 50% qui sont contrôlés par des américains…

Par comparaison, la capitalisation boursière de la Chine, son challenger, équivaut à 40% …de celle des USA, soit environ 16% du total mondial.

La capitalisation boursière de la Russie, pour sa part, représente seulement à peine 1,5% de la capitalisation US, soit aux environs de 0,006% du total mondial !

Une seule entreprise américaine, comme Apple, représente à elle seule plus du double de la capitalisation boursière totale en Russie… !

Et qu’en est-il de l’exportation « massive » de capitaux russes qui devrait être la manifestation essentielle de cet « expansionnisme » dévergondé… ?

Comparons les chiffres chinois et russes pour l’année 2016 :

La Chine a exporté en 2016 pour 183 Millards de Dollars de capitaux, et en a importé 133, soit un différentiel positif, pour l’export, de 50 Mds de Dollars.

https://www.tradesolutions.bnpparibas.com/fr/implanter/chine/investir

Cette même année, la Russie a importé en tout moins de 33 Milliards de Dollars, et n’en a exporté que 22, soit un solde NEGATIF de près de 11 Mds.

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/438470

Et encore, selon la source, environ 70% de ces 22 Mds exportés le sont vers des « zones à fiscalité privilégiée », et ne sont donc pas réellement de l’investissement productif. Plutôt de l’évasion fiscale, en termes moins diplomatiques…

Autant dire, en dépit de quelques cas spectaculaires manifestement montés en épingle par la propagande médiatique occidentale, que l’ « exportation » de capitaux russes, déjà basicalement déficitaire, est donc en réalité carrément à considérer comme négligeable, du point de vue des critères qui en feraient l’expression d’un « impérialisme russe ».

Comment donc peut on considérer un pays, certes capitaliste, mais qui n’exporte quasiment pas de capitaux et dont la capitalisation boursière est des plus réduites, surtout en proportion de sa taille et de son importance géostratégique, à l’échelle d’un continent ?

Ses seules ressources économiques conséquentes reposent sur l’exportation de ses matières premières, et non sur leur transformation, et sur l’exportation d’armes, sa seule industrie réellement compétitive, à l’échelle internationale.

C’est en ce sens qu’elle se rapproche effectivement à nouveau de ce qu’était l’URSS des décennies Khrouchtchev-Brejnev, avant l’effondrement de la période Gorbatchev-Eltsine, de loin la plus noire.

On ne peut pas résumer en quelques lignes l’histoire économique de cette époque, mais elle peut effectivement se comparer à la période de transition « Deng Xiaoping » en Chine, en ce sens qu’il s’agit d’une période de transition de type « comprador », mais, en l’occurrence, totalement ratée, notamment en raison de l’importance prépondérante de l’économie mafieuse. Il n’y a donc pas eu d’accumulation primitive suffisante pour constituer un capital financier monopoliste russe capable de démarrer un cycle de développement basé sur l’exportation de capitaux, à partir de groupes industriels et financiers compétitifs à l’échelle internationale.

Seul le géant « Gazprom » peut sembler faire illusion, mais précisément il ne concerne que l’exploitation et l’exportation de matières premières, ne gérant donc en fait qu’une situation de dépendance de la Russie vis à vis de ce marché complexe, et de plus, majoritairement au mains de l’État russe, c’est le cas typique d’un élément de capitalisme d’État de type national-bureaucratique, et non pas la composante d’un pôle économique capitaliste au stade impérialiste, on vient de le voir.

En ce sens, en tant qu’héritier quasi direct de ce qu’était l’économie soviétique de la période Khrouchtchev-Brejnev, il nous renseigne sur ce qu’était la nature de classe de l’URSS à cette époque. On a déjà vu à quel point elle se trouvait dépendante de l’exportation des matières premières.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

La prise du pouvoir par la bureaucratie khrouchtchevienne s’est faite pratiquement en parallèle de l’installation au pouvoir, en Chine, de la bureaucratie nationale-maoïste. De plus, on a également déjà vu à quel point, à cette époque, ces deux fractions, russes et chinoises, partageaient les mêmes vues sur le démantèlement des infrastructures socialistes en URSS, et sur leurs propres modes de « développement », en dépit de leur conflit ultérieur et des légendes « théoriques » cultivées par la gauche française, surtout supposée « extrême », à ce sujet.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

C’est pourquoi le programme de « réformes » initié par Khrouchtchev peut être qualifié de contre-révolution, précisément en ce qu’il change la nature de classe de l’État soviétique. D’État socialiste, il en fait une dictature bourgeoise nationale-bureaucratique. Ce qui pouvait encore être une révolution de libération nationale en Chine, après la colonisation et la dictature japonaise, était par contre nettement de nature réactionnaire et contre-révolutionnaire en URSS.

Le conflit, qui s’est développé entre eux, ensuite, principalement à partir du début des années 60, est donc un conflit entre deux fractions de la bourgeoisie nationale-bureaucratique, les deux plus importantes de cette époque là, qui tentaient en outre de se disputer le leadership des mouvements de libération nationaux, alors en plein essor.

C’est principalement au cours de cette décennie des années 60 que s’est forgé le lexique maoïste de base concernant la pseudo- « théorie du social-impérialisme soviétique », reprise, entre autres, par les « marxistes-léninistes » français, et encore jusqu’à aujourd’hui. Qu’ils aient largué ou non le maoïsme en cours de route, ils n’en continuent pas moins à tirer ce boulet théorique avec eux et même à le ressortir et à lui redonner un coup de « polish » pour établir un lien « impérialiste » entre l’URSS de cette époque et la Russie d’aujourd’hui… !

S’appuyant sur le fait que le capitalisme monopoliste d’État est la forme du capitalisme qui semble en quelque sorte être naturellement l’antichambre du socialisme, l’un de leurs adeptes nous écrit récemment :

« Le capital financier et le monopole socialiste sont la même chose, mais entre les mains de classes différentes”

Il s’appuie également sur cette première constatation que Lénine fait en « rectifiant » en quelque sorte, l’approche précédemment faite par Hilferding :

« Concentration de la production avec, comme conséquence, les monopoles; fusion ou interpénétration des banques et de l’industrie, voilà l’histoire de la formation du capital financier et le contenu de cette notion.  »

Or celle ci se trouve précisément au tout début du chapitre où Lénine démontre la domination du capital financier sur l’ensemble du processus impérialiste, résumée dans la première citation que nous avons faite en début de texte, et largement démontrée et explicitée par la suite.

Il est clair que cette fusion banques-industries est la forme concrète que prend le monopole, mais précisément en ce qu’elle permet d’accentuer encore le rôle dominant du capital-argent et d’accentuer également encore davantage sa séparation d’avec le capital productif.

«  L’impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. »

C’est également ce que l’on constate, sur le terrain.

On ne saurait donc réduire l’impérialisme à la seule constitution des monopoles.

Il est clair que tout processus dialectique peut se transformer en son contraire, mais cette transformation est elle même un processus dialectique, et non une simple « inversion », un simple « retournement ». Un processus dialectique évolutif progressiste se transforme en son contraire par un processus dialectique régressif, une spirale ascendante par une spirale régressive descendante, etc… Entre les deux processus se trouve le point de bascule que l’on appelle généralement « saut qualitatif » ou révolution, mais il peut donc aussi s’agir d’un saut régressif, d’une contre-révolution, qui n’est pas non plus le reflet-miroir d’une révolution, mais bien le début d’un processus dialectique réactionnaire et donc régressif.

Alors que ce camarade n’hésite pas à affirmer :

L’impérialisme et le socialisme sont un peu comme le recto et le verso d’une feuille.”

« Il est évident que le capital financier disparaît sous le socialisme, non pas en étant supprimé, mais parce qu’il se convertit en propriété commune.

La concentration de la production, les monopoles et la fusion des différents secteurs économiques, c’est également vrai sous le socialisme, et même de façon encore plus importante. On appelle plus ça capital financier, puisqu’il n’y a plus de capitalisme. Mais si le capitalisme revient alors ça se reconvertit immédiatement en capitalisme monopoliste, en capital financier, etc.”

Alors que même si l’argent ne disparaît pas formellement tout de suite, avec le socialisme, il cesse d’être capital précisément en ce qu’il représente la valeur-travail, répartie entre les membres de la société selon la formule « de chacun selon ses besoins à chacun selon son travail » et qu’il ne peut se transformer en capital-argent séparé de la production, et ne peut donc plus être accumulé selon un processus capitaliste, et donc encore moins, dans les « vastes proportions » nécessaires à la reconstitution « immédiate » d’un processus impérialiste. Il est clair que dans le processus de lutte de classe continue qui se déroule, et encore longtemps, dans la phase de transition socialiste, les éléments réactionnaires et autres parasites bureaucratiques tentent de reformer localement des processus d’accumulation, et y arrivent donc malheureusement assez bien, mais même si la corruption peut gagner un niveau assez élevé dans la hiérarchie, il n’y a jamais d’accumulation suffisante pour un tel « retournement immédiat ».

Le processus d’accumulation quantitative arrive bien avant à être suffisant pour entraîner un « saut qualitatif » de type évidemment contre-révolutionnaire, et pour enclencher à grande échelle un processus de restauration du capitalisme, mais qui n’est en rien le simple « reflet-miroir » du passage du stade monopoliste-impérialiste au stade de la transition socialiste.

Et non seulement ce n’est pas le cas, mais les conditions même de la contre-révolution sont déjà un affaiblissement de la cohérence centralisatrice du socialisme sous l’effet centrifuge de la corruption et des baronnies bureaucratiques locales.

Et la situation ne va naturellement pas vers une reconstitution rapide de cette centralisation, bien au contraire. C’est l’émergence au grand jour des baronnies bureaucratiques locales et diverses, dans tous les rouages de l’État, qui poussent à sa déstructuration.

Faute de capital financier accumulé, le capitalisme national-bureaucratique qui émerge de la contre-révolution ne peut pas être un capitalisme monopoliste d’État au stade impérialiste, et il tend à se désagréger. C’est ce qui s’est passé en URSS.

Il se trouve donc même confronté à de grandes difficultés pour redémarrer un processus d’accumulation suffisant pour survivre en tant que bourgeoisie nationale-bureaucratique. C’est ce qui a engendré la phase mafieuse et comprador Gorbatchev-Eltsine. Un processus “normal” d’accumulation et de consolidation de cette bourgeoisie nationale-bureaucratique n’a recommencé, et très laborieusement, qu’avec Poutine, il n’y a pas encore deux décennies.

La “théorie” de la “restauration rapide” du capitalisme financier et du “social-impérialisme”, c’est carrément, il faut bien le redire, le “McDo du marxisme”!!!

(A suivre…)

Luniterre

la France fournisseuse officielle du carnage yéménite

Mirages 2000, chars Leclerc, canons Caesar :

la France fournisseuse officielle

du carnage yéménite

kids yemen 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Anne-Sophie Simpere

 

 

Depuis mars 2015, une coalition d’États arabes emmenés par l’Arabie Saoudite conduit une campagne militaire particulièrement meurtrière au Yémen. Les combats s’enlisent, marqués par de potentiels crimes de guerre et par une catastrophe humanitaire sans précédent. Tandis que plusieurs États ont décidé d’arrêter de fournir des armes aux belligérants, la France, « patrie des droits de l’homme » semble indifférente à la controverse, se réjouit même de ses ventes d’armes « record » et de leurs performances en matière de destruction.

Les industriels français de la défense sont fiers des performances de leur matériel. Rien de tel qu’une campagne militaire meurtrière pour en démontrer les qualités ! « Pour ce qui est des chars Leclerc, je vous confirme que leur implication au Yémen a fortement impressionné les militaires de la région », se réjouissait, il y a un an, Stéphane Mayer, PDG du groupe Nexter qui fabrique ces blindés, devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale. Depuis le printemps 2015, 70 à 80 chars Leclerc ont été déployés par l’armée émiratie, alliée de l’Arabie Saoudite, sur le champ de bataille yéménite afin de combattre la rébellion des Houthis.

Même satisfaction chez Dassault, qui fournit des Mirages 2000-9 à cette même armée des Émirats Arabes Unis, et vient de signer un contrat de modernisation de leur flotte : « L’excellence de l’avion et le succès du programme ont été démontrés avec brio par la grande disponibilité du Mirage 2000-9 et la qualité de sa participation à des opérations menées en coalition internationale », annonce fièrement un communiqué du groupe français. Les opérations en question ? Les frappes aériennes de la coalition arabe au Yémen dont certaines, selon l’ONU et des organisations non-gouvernementales, pourraient constituer des crimes de guerre.

« Horreur permanente », selon l’Onu

Quelle est aujourd’hui la situation du Yémen, vitrine de ce savoir-faire français ? Après plus de 30 000 bombardements et un blocus qui entrave l’accès humanitaire, le bilan de cette guerre lointaine est d’au moins 10 000 morts et près de 3 millions de déplacés. L’Unicef estime qu’un enfant y meurt toutes les dix minutes, qu’1,8 million d’entre-eux souffrent de malnutrition aigüe, et que près de 400 000 enfants yéménites sont atteints de malnutrition sévère et luttent pour survivre. Sans parler de l’épidémie de choléra, un désastre dans un pays dont le système de santé est exsangue et où les organisations humanitaires sont elles aussi victimes des bombardements. Plusieurs hôpitaux de Médecins sans frontières (MSF) ont ainsi été visés.

Le Yémen traverse peut-être actuellement « la pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale », alertent les Nations-unies, dont plusieurs responsables qualifient la guerre d’« absurde et futile », tandis que le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’Onu, Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein, parle d’« horreur permanente ». Le 21 décembre 2017, alors que l’un des pays les plus pauvres du monde subit des bombardements depuis mille jours, plusieurs ONG lancent la campagne « Yemen can’t Wait » : le Yémen ne peut pas attendre. Une situation si dramatique que certains pays commencent à trouver gênant de continuer à fournir des armes aux belligérants qui s’acharnent.

Un mouvement de désengagement ignoré par la France

Dès mars 2016, le parlement hollandais vote ainsi une résolution interdisant l’exportation d’armes vers l’Arabie Saoudite, en lien avec son intervention au Yémen. Mi janvier, c’est l’Allemagne, qui a été ces dernières années l’un des gros exportateurs d’armes vers les pays de la coalition qui fait la guerre au Yémen, qui annonce l’arrêt immédiat des ventes d’armes à toutes les parties du conflit. Une décision favorisée par les sociaux-démocrates du SPD, dans le cadre des négociations pour former une nouvelle coalition gouvernementale.

Face au risque que les armes soient utilisées contre des civils, la Norvège, la Belgique et le Canada gèlent également des exportations vers les Émirats Arabes Unis ou vers l’Arabie saoudite. En Finlande, tous les candidats à la présidentielle de février 2018 se sont engagés à arrêter les ventes d’armes aux émiratis, après que des images aient prouvé leur utilisation dans la guerre au Yémen. Quand les gouvernements ne bougent pas, c’est la société civile qui prend le relai : des plaintes sont en cours au Royaume-Uni, en Wallonie et au Canada contre des contrats d’exportation militaires dans la région.

La France, impassible, semble épargnée par ce mouvement. « A ce jour, nous n’avons pas d’information sur le fait que la France aurait revu sa position sur les exportations d’armes », déplore Aymeric Elluin, chargé de plaidoyer « armes et justice internationale » pour Amnesty France. Aucune vente d’arme à l’étranger ne peut pourtant avoir lieu sans l’autorisation du gouvernement. La France est par ailleurs signataire d’un Traité sur le commerce des armes (TCA), et a adopté une Position commune de l’Union européenne (UE) sur les exportations de matériel militaire. Ces règlementation interdiraient a priori tout transfert d’armes vers les parties du conflit yéménite, compte tenu des graves violations du droit humanitaire qui y sont constatées.

Plus d’un milliard d’euros d’équipement pour les saoudiens

Pire : depuis le second semestre de l’année 2014, la France a accordé pas moins de 1989 licences d’exportation de matériel militaire aux différents pays engagés dans la coalition menée par Riyad ! Depuis 2007, l’Arabie Saoudite, le Qatar et l’Égypte sont les trois principaux clients de la France après l’Inde. Sur la seule année 2016, plus d’un milliard d’euros d’équipement militaire a été livré à l’Arabie Saoudite [1].

Dès lors, il n’est pas étonnant de retrouver des armes françaises sur le champ de bataille yéménite : des corvettes Baynunah du constructeur français CMN (Constructions mécaniques de Normandie) pour assurer le blocus, des canons Caesar pour pilonner le Yémen depuis sa frontière… Pour l’Observatoire des armements, la coalition profite ainsi d’un matériel français « dernier cri ».

L’exécutif français ne dit (presque) jamais non

C’est le Premier ministre après avis de la Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG), qui décide ou non d’autoriser les ventes d’armes à l’étranger. Avec des représentants des ministères de la Défense, de l’Économie et des Affaires étrangères, la CIEEMG est un organe purement exécutif : le Parlement ou la société civile en sont exclus.

De surcroît, son fonctionnement est opaque : il ne prévoit aucune transparence sur les motivations des décisions, ni sur leur conformité aux traités internationaux. Seul élément d’information officiel : le Rapport annuel sur les ventes d’armes du pays, transmis au Parlement. Il indique par exemple qu’en 2016, alors que Manuel Valls puis Bernard Cazeneuve occupaient Matignon, seules 48 demandes de licences d’exportation de matériel militaire ont été rejetées sur la base de la Position commune de l’UE. Tandis que 4454 licences étaient accordées. Soit un taux d’approbation de près de 99 %…

Des bénéfices pour les entreprises et les pays acheteurs

Pourquoi un tel enthousiasme des politiques à approuver des exportations d’armes vers d’autres pays, quels qu’ils soient ? Le système militaro-industriel français s’est construit sur la dépendance aux exportations : les entreprises d’armement ont besoin de vendre pour être rentables. Et elles peuvent compter sur l’État pour les soutenir.

Cette rentabilité est en effet largement subventionnée, que ce soit par des avances financières, des garanties publiques à l’exportation, ou l’emploi des fonctionnaires de la Direction générale de l’armement et des attachés de défense pour promouvoir les armes françaises à l’étranger. Sans compter l’engagement des ressources de l’armée française, amenée à participer aux salons d’armement, aux démonstrations de matériel, et à former les personnels étrangers : des dépenses qui s’élèvent à des dizaines de millions d’euros par an, pour booster les ventes des industriels.

Pour gagner des contrats, les fabricants d’armes concèdent des compensations ou « offsets » à l’État acheteur, c’est-à-dire des réinvestissements dans l’économie locale et des transferts de technologies. Dans le cas du contrat sur l’achat de Rafales, l’Inde a obtenu un niveau de compensation de 50 %, ce qui signifie que plus de 3 milliards d’euros seront investis dans l’économie indienne sur les 7,87 milliards du contrat. Une aubaine pour l’économie et les emplois… dans le pays acheteur. « Le contrat des sous marins en Australie va probablement créer plus d’emplois en Australie qu’en France », confirme Aymeric Elluin, d’Amnesty France.

La prolifération, « effet boomerang » de la stratégie française

Outre la délocalisation des emplois, les concessions octroyées aux pays clients, et notamment les transferts de technologies, leur permettent à terme de créer leur propre industrie militaire. Ainsi, grâce au savoir-faire acquis avec la production des hélicoptères d’Aérospatial (aujourd’hui Airbus) dans les années 80, la Chine fabrique désormais ses propres hélicoptères militaires, qu’elle exporte au Cambodge, au Pakistan, en Namibie ou encore en Zambie. En mai 2017, l’Arabie Saoudite annonçait la création de sa propre entreprise d’armements, la Saudi Arabian Military Industries (SAMI).

Les exportations d’armes de la France contribuent donc à la prolifération des capacités de production dans le monde, y compris chez des concurrents et peut-être même à destination d’adversaires potentiels ou d’États peu scrupuleux. Pas de quoi refroidir le gouvernement, qui continue à faire la promotion des industriels français de la Défense, du Qatar à la Turquie, sans faire beaucoup de cas de ses engagements en matière de droits humains. Le Yémen est sans doute loin d’être le seul terrain où des civils sont ou seront victimes des technologies françaises.

Un contrôle démocratique plus que jamais nécessaire

Certains écrits commencent à questionner cette stratégie de la course aux exportations. L’industrie de la défense française serait de plus en plus dépendante des exportations [2]. Par ricochet, le budget de l’État peut aussi être affecté. Ainsi, l’équilibre financier de la Loi de programmation militaire 2014-2019 était-il lié à la vente des Rafales de Dassault à l’étranger, puisqu’en cas d’échec, le gouvernement s’était engagé à couvrir les surcoûts de production de l’avionneur. Pour préserver les finances publiques, il faut vendre à tout prix. Y compris à l’Égypte, malgré la décision de l’Union européenne de suspendre les ventes d’armes au régime dictatorial du maréchal al-Sissi.

Pourtant, ces contrats qui se chiffrent en milliards d’euros restent largement présentées comme des succès commerciaux, et la France comme une « championne des exportations » qui « talonne la Russie ». « En France, il n’y a pas de culture de contestation ou de débat sur la question des exportations d’armes, comme en Grande Bretagne, en Allemagne ou en Belgique, relève Aymeric Elluin. C’est consubstantiel à la cinquième République. »

Alors qu’au Royaume-Uni, il existe une Commission parlementaire dédiée au contrôle des exportations d’armes, le débat en France se limite essentiellement à quelques questions écrites et un rapport annuel qui est transmis aux députés sans plus de discussions. « Il faudrait qu’il y ait des contre-rapports, des questions sur l’utilisation des armes à l’étranger, des garanties contre les violations des droits humains : c’est un enjeu pour les générations futures », conclut Aymeric Elluin. D’ici là, le Yémen attendra.

Anne-Sophie Simpere

Photo : un canon Caesar déployé en Afghanistan

Notes

__1__Source : Rapport aux parlementaires sur les ventes d’armes 2017.

__2__L’industrie de défense française était en 2012 dépendante des exportations à hauteur de 20% de son chiffre d’affaires. Récemment, le PDG de la Direction des constructions navales (aujourd’hui Naval group) indiquait que son entreprise était dépendante à 50 % des exportations. Voir Lucie Béraud-Sudreau, « La politique française de soutien aux exportations d’armement : raisons et limites d’un succès », Institut français des relations internationales, juin 2017.

SOURCE:

https://www.bastamag.net/Mirages-2000-chars-Leclerc-canons-Caesar-la-France-fournisseuse-officielle-du

ADP X32

Misère, misère… Krach et boule de neige…! Une semaine à oublier ? Vraiment ?

Misère, misère… Krach et boule de neige…!

Une semaine à oublier ? Vraiment ?

https://i0.wp.com/www.lemesniltheribus.fr/sites/default/files/field/image/bloquee_sous_la_neig.jpg

 

 

Misère, misère… Tout est relatif… Rappelez-vous, c’est encore pas bien vieux… La semaine dernière… Les inondations qui tardent à se tarir, la neige qui paralyse les transports, les milliers d’automobilistes « naufragés » de la route, les milliers de journées de travail perdues, la perte économique que cela peut représenter…, globalement, et pour chacune des personnes concernées…

Et un « krach » financier par dessus tout ça ??? Quel « krach financier » ?

Ah, oui, la chute du « Dow Jones », la chute du « CAC », etc… Une anecdote en arrière plan de l’actu, finalement… Qui s’en soucie, réellement ? Pour la plupart d’entre nous, nous avons effectivement bien d’autres soucis au quotidien avec cet hiver supposé « le plus doux du siècle » et ses calamités climatiques…

Effectivement, tout est relatif…

Bon, et alors ? Un « mini-krach », tout de même ? Jeudi soir, malgré une légère reprise à Wall Street, l’ensemble de la capitalisation boursière mondiale avait déjà, en moins d’une semaine, chuté de près de 6 000 milliards de Dollars, soit pratiquement l’équivalent du PIB annuel de la France et de l’Allemagne… Une paille… Sur la seule journée de Vendredi, les pertes ont encore augmenté de 1 500 milliards de Dollars, soit déjà largement plus que le PIB annuel de la Russie, par exemple !

En tout près de 7500 milliards de Dollars partis en fumée…

https://www.lesechos.fr/medias/2018/02/09/2152359_bourse-6000-milliards-de-dollars-partis-en-fumee-web-0301277868476.jpg

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0301277674126-la-bourse-de-paris-enregistre-sa-plus-mauvaise-semaine-depuis-deux-ans-2152471.php  )

Une fumée qui pour autant ne nous fait qu’à peine tousser, malgré le retour des frimas…

En effet, que peuvent bien signifier ces chiffres ? Malgré une chute exceptionnelle de 5,33% sur la semaine, le CAC 40 tournait encore autour des 5000 points, et plutôt au dessus, alors qu’il était tombé en dessous des 2500 points en Mars 2009, « point final », en quelque sorte de la crise précédente… Nos « traders » ne sont donc pas encore près de faire la queue aux Restaurants du Cœur !

Et que vaut cette comparaison entre monde de la finance et PIB ? Elle nous donne un ordre d’idée spectaculaire sur le décalage vertigineux entre ce monde et nos vies réelles…

L’indice du PIB, pour galvaudé qu’il soit, selon la plupart des économistes, n’en reflète pas moins une certaine réalité de la création, par l’activité économique, de richesses, et spécialement de valeurs d’usages transformables en valeurs d’échanges, biens et services, ce que nous appelons couramment l’ « économie réelle »…

On pourrait discuter de l’influence de cet « incident » boursier, comme de celle des intempéries, du reste, sur l’évolution annuelle du PIB…

Pour situer le problème, il faut savoir que sur l’année « noire » 2008 la capitalisation boursière en France a reculé de 42,68% , alors que le PIB, lui, n’a reculé que de 2,9%.

( https://www.latribune.fr/bourse/20081231trib000326930/annee-noire-pour-la-bourse-de-paris-qui-a-perdu-4268-en-2008.html )

A l’échelle mondiale le décalage, en 2008, est encore plus flagrant, avec un recul global de capitalisation de 50%, soit près de 30 000 milliards de Dollars, représentant également un équivalent de plus de 50% de la valeur du PIB mondial, alors que ce PIB lui-même ne s’est « tassé » que de 0,3%… !

( https://www.lcl.com/guides-pratiques/zooms-economiques/pib-produit-interieur-brut.jsp# )

En fin de compte, tout ne va-t-il donc pas si mal ? Alors pourquoi toute cette misère accablant encore des milliards d’êtres humains sur la planète… ?

« Quelques chiffres proposés par le Programme des Nations Unies pour le Développement :
Plus d’un milliard d’êtres humains vivent avec moins d’un dollar par jour.

  • 2,8 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent avec moins de 2 dollars par jour.
  • 448 millions d’enfants souffrent d’insuffisance pondérale.
  • 876 millions d’adultes sont analphabètes, dont deux-tiers sont des femmes.
  • Chaque jour, 30 000 enfants de moins de cinq ans meurent de maladies qui auraient pu être évitées
  • Plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau salubre.
  • 20% de la population mondiale détient 90% des richesses »

http://www.atd-quartmonde.org/qui-sommes-nous/faq/combien-y-a-t-il-de-pauvres/

Mais qui sont donc ces 20%, et sommes nous « dedans », s’interrogera-t-on aussitôt ?

En réalité cette présentation est encore entachée d’une très grosse hypocrisie, si l’on sait que…

« Huit personnes sur la planète détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, une situation « indécente » qui « exacerbe les inégalités », dénonce l’ONG britannique Oxfam dans un rapport publié en amont du World Economic Forum (WEF) qui s’ouvre mardi à Davos. »

https://www.challenges.fr/monde/8-multi-milliardaires-detiennent-autant-de-richesse-que-la-moitie-de-la-population-mondiale-selon-oxfam_448242  )

Bon, c’était il y a un an à Davos, et revoilà déjà Davos passé, en 2018, et rien n’a-t-il changé ?

Le creusement des inégalités, dans un monde capitaliste, est en réalité inexorable, et si en 2015 la richesse des 1% les plus riches représentait déjà autour de 50% de celles de la planète tout entière, ce chiffre est passé, en 2018, à 82% !!!

https://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2018-01-22/les-1-les-plus-riches-empochent-82-des-richesses-creees-lan

Mais le rapport OXFAM 2017 était donc déjà assez éloquent, résumé en quelques chiffres :

« Depuis 2015, les 1% les plus riches détiennent autant de richesses que le reste de la planète

À l’heure actuelle, seuls huit hommes détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale

Au cours des 20 prochaines années, 500 personnes transmettront plus de 2 100 milliards de dollars à leurs héritiers, soit plus que le PIB de l’Inde, un pays qui

compte 1,3 milliard d’habitants

Les revenus des 10 % les plus pauvres ont augmenté de moins de 3 dollars par an entre 1988 et 2011, tandis que l’augmentation des revenus des 1% les plus riches était 182 fois supérieure

Un PDG d’une entreprise du FTSE 100 ( les cent entreprises britanniques les plus capitalisées et cotées à la bourse de Londres ) gagne en un an autant que 10 000 ouvriers de l’industrie textile au Bangladesh

Aux États-Unis, une nouvelle recherche publiée par l’économiste Thomas Piketty révèle

qu’au cours des 30 dernières années, le revenu de la moitié la plus pauvre de la population n’a pas évolué, tandis que celui des 1% les plus riches a augmenté de 300 %

Au Vietnam, l’homme le plus riche du pays gagne plus en une journée que ce que

touche la personne la plus pauvre en 10 ans

.

Sans changement, les inégalités croissantes menacent de disloquer nos sociétés. Elles

exacerbent la criminalité et l’insécurité et ruinent l’éradication de

la pauvreté. L’espoir s’amenuise, laissant plus de place à la peur. »

https://d1tn3vj7xz9fdh.cloudfront.net/s3fs-public/file_attachments/bp-economy-for-99-percent-160117-fr.pdf  )

Le reste du rapport est essentiellement un appel à une « pacification » de la société par une réduction des inégalités, mais on ne voit nullement ce qui pourrait inverser la tendance, et pour cause…

Avec la modernisation des techniques de production, dont la robotique, le taux de profit sur le secteur productif est de plus en plus faible et l’argent est inexorablement attiré par le secteur financier spéculatif, et les valeurs réelles sur laquelle repose cette spéculation doivent donc être de plus en plus concentrées… Pour le capitaliste, il n’y a aucun intérêt à investir dans le productif de masse à destination d’une population de plus en plus insolvable…

Même si la richesse globale semble continuer de croitre, les inégalités ne peuvent que croitre encore davantage, et de façon exponentielle. C’est l’une des leçons essentielles de la prétendue « sortie de crise » que nous sommes supposés vivre…

La masse d’argent circulant dans la sphère financière n’a jamais été aussi colossale, ni en valeur absolue, ni en valeur relative, par rapport à celle réellement employée dans la sphère productive et sociale. Ce n’est donc pas l’ « argent qui manque », bien au contraire. Cette masse s’est déjà essentiellement accrue avec la crise de 2008 et sa « solution » qui a amené à injecter dans le système des sommes colossales pour « racheter » les actifs toxiques et autres titres faiblards qui le plombaient…

Une masse d’argent telle qu’elle noierait le système en cas de reprise réelle de l’inflation, déclenchant une nouvelle crise… Qui imposerait cette fois de détruire ce surplus d’argent, en le faisant revenir vers les banques centrales d’où il est parti, ce qui suppose qu’elles aient quelque chose à vendre… Ce qui suppose donc de remettre en circulation les actifs et titres pourris précédemment rachetés…, enclenchant ainsi un nouveau cycle de baisse boursière, sans plus de « rattrapage » bancaire possible, cette fois…

Une « solution » qui était donc, dès sa mise en œuvre, une impasse totale à plus ou moins brève échéance…

La brutale « secousse » de la semaine dernière, en pleine euphorie de supposée « reprise » est, comme un coup de tonnerre dans un ciel apparemment serein, possiblement annonciatrice de tempête, et, à tout le moins, un symptôme des contradictions insolubles dans lesquelles le système ne peut que s’enfermer.

Au final on voit bien que le problème ne réside pas dans l’argent en lui-même, qui ne fait que suivre, en l’amplifiant encore largement, l’inégalité de répartition des richesses. Injecter à nouveau un crédit de 100 milliards, comme le propose le « plan Mélenchon », par exemple, n’a évidemment aucun sens et au delà d’un effet d’aubaine ne fera qu’accentuer le problème, et pourrait même, éventuellement, être le facteur déclenchant d’une crise de sur-inflation, hors de tout contrôle, dont les plus pauvres, supposés bénéficiaires, seront les premières victimes.

Répartir la production et les richesses en fonction des besoins sociaux réels, ce n’est donc pas d’abord une question d’ « argent », mais c’est d’abord affaire de volonté politique collective, débouchant sur une planification démocratique d’ensemble de l’activité économique, incluant également une refonte du système monétaire, établi en fonction de la valeur-travail réellement produite, et non des élucubrations financières des capitalistes, qui n’y n’auront plus leur place… « L’oisif ira loger ailleurs », comme le chantait le poète… Il s’agit de changer, et d’urgence, de système économique et social.

Luniterre