Economie-finance

Le gouvernement augmente le salaire minimum de 22% …en Espagne!

https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/927648f3e7bb7228e7f0e12e3ea7d598de414ea3.jpg

 

« Le gouvernement annonce

la hausse de 22% du salaire minimum…

 

Bon…, c’est en Espagne!

 

« Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé mercredi qu’il augmenterait par décret le salaire minimum de 22%, lors du conseil des ministres du 21 décembre qui aura lieu à Barcelone.

« Le Conseil du 21 décembre approuvera la hausse du salaire minimum ». Elle entrera en vigueur « à partir de 2019 » et constituera « la hausse la plus importante depuis 1977 », a déclaré Pedro Sanchez devant les parlementaires.

En annonçant qu’il relèvera par décret le salaire minimum mensuel de 858 euros à 1.050 euros brut, Pedro Sanchez fait passer une mesure phare de son projet de budget pour 2019, qu’il n’a pas en ce moment les appuis nécessaires pour faire voter au parlement

Selon le projet de budget publié début octobre, cette mesure coûtera 340 millions d’euros à l’Etat. Elle a été durement critiquée par l’opposition de droite. »

https://www.afp.com/fr/infos/334/espagne-le-gouvernement-annonce-la-hausse-de-22-du-salaire-minimum-doc-1bj3rc3

 

…Et ça [ne] lui coûtera que 340 millions d’€uros…

 

…A comparer avec les 10 Milliards

gaspillés par Macron pour « financer »

son mensonge médiatique sur les « 100€ de plus »

pour les Smicards de France !!!

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/11/non-le-smic-ne-va-pas-augmenter-de-100-euros/

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2018/12/12/contre-macron-contre-le-terrorisme-un-seul-front-resistance/

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/10/gilets-jaunes-ce-que-nous-voulons-tout-mais-dabord-lessentiel/

 

 

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NON, le SMIC ne va pas augmenter de 100 euros!!!

 

 

 

 

« Gilets jaunes : non, le smic ne va pas augmenter de 100 euros »

 

Tel était le titre d’un article paru sur « Le Parisien » dès hier soir, à 23h 07, moins de 3h, donc, après l’annonce d’une « concession » apparente de Macron sur les revendications populaires… En témoigne encore l’URL du dit article ( http://www.leparisien.fr/economie/gilets-jaunes-non-le-smic-ne-va-pas-augmenter-de-100-euros-10-12-2018-7965414.php ), dont le titre est devenu, ce matin, dès 7h 15 : « Smic : ce qui se cache derrière les 100 euros en plus », nettement plus « consensuel » dans le climat d’ « apaisement » voulu par le chef de l’Etat… !

Néanmoins, et assez courageusement, tout de même, le journal n’a que peu retouché le fond de l’article, sauf pour le chapeau, qui était : 

« Contrairement à l’idée qui s’est vite répandue, la hausse de 100 euros par mois pour les travailleurs au smic ne concernera que partiellement les salaires. »

…et qui est devenu :

« La hausse du salaire minimum de 100 euros par mois annoncée lundi soir par Emmanuel Macron repose notamment sur un coup de pouce à la prime d’activité. »

Assez courageusement, donc, ce qui reste de l’article démonte en grande partie l’arnaque Macron, en faisant toutefois l’impasse sur l’essentiel, la source de financement, qui reste la poche du contribuable, alors que l’ « essence » même du mouvement GJ, si l’on ose dire et le rappeler, c’est précisément une révolte contre la surpression fiscale.

Une « augmentation » qui n’en est donc pas vraiment une, et financée par tous ceux qui sont déjà victimes du système que combattent les GJ, voilà la véritable « essence » du tour de passe-passe Macronien…

Confirmé, donc, côté « finances » par le gouvernement lui-même, du reste… !

« Le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt a de son côté indiqué que les mesures annoncées lundi représentaient un coût de 8 à 10 milliards d’euros pour les finances publiques, en plus des quatre milliards déjà consentis lors du renoncement à la hausse de la fiscalité écologique sur les carburants. »

https://www.challenges.fr/top-news/macron-cede-sur-le-smic-et-la-csg-pour-eteindre-la-crise_631169

Même si là le titre de Challenges participe de l’enfumage général, cela n’en représente pas moins un trou de 14 milliards d’euros supplémentaires dans le budget, qu’ il faudra bien boucher à court terme, en coupant ailleurs et/ou en alourdissant la dette…

Une dette financée, au final et de toutes manières, par l’ensemble des contribuables.

Que ce soit sur ce point ou sur les autres, il n’y a donc aucune solution réelle d’apportée aux problèmes économiques et sociaux du pays, engendrés par le système, mais seulement une stratégie politique court-termiste pour repousser les problèmes de fond et tenter de désamorcer la colère populaire qui gronde toujours…

Afin de mettre un début de limite à cette mascarade, il n’est donc pas inutile de reproduire ici le corps de l’article du « Parisien », tel que paru hier soir, à 23h 07 :

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« Gilets jaunes : non, le smic ne va pas augmenter de 100 euros

>Économie|Catherine Gasté avec A.S.| 10 décembre 2018, 23h07 | MAJ : 10 décembre 2018, 23h35 |

Contrairement à l’idée qui s’est vite répandue, la hausse de 100 euros par mois pour les travailleurs au smic ne concernera que partiellement les salaires.

Elle fait partie des annonces les plus importantes d’Emmanuel Macron : l’augmentation de 100 euros du salaire d’un travailleur au smic, « et sans qu’il n’en coûte rien à leur employeur ». Mais la phrase du président de la République a suscité beaucoup d’interrogations.

Qu’a vraiment dit le président ? « Le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur », a déclaré Emmanuel Macron lors de son « adresse à la nation ».

Très vite, cette annonce a entraîné la confusion sur son mode de calcul.

D’abord, il ne s’agit pas d’un coup de pouce au smic comme le réclament les gilets jaunes et comme l’ont cru beaucoup d’internautes. Au 1er janvier 2019, le salaire minimum – actuellement de 1 184,93 € net et touché par 1,655 M de salariés sera revalorisé d’environ 1,8 % comme confirmé ces derniers jours par l’exécutif.

Cette augmentation correspondrait à une vingtaine d’euros.

Autrement dit, l’équivalent de la stricte application de la règle de calcul automatique appliquée au smic. Par ailleurs, selon l’Elysée, s’ajouteront à cela 20 euros de baisse de charges salariales.

300 000 ménages perdants de ces ajustements

D’où sortent alors les 60 € restant ? En fait, le président ajoute à son calcul le coup de pouce de 50 % de la prime d’activité pour les 3,2 millions de travailleurs qui touchent le smic ou un peu plus, auquel il s’était engagé pendant la campagne. Mais au lieu de procéder comme prévu à une augmentation par vagues successives de 20 € par an étalée sur tout le quinquennat, décision a été prise d’accorder en une fois, au 1er janvier 2019, ce coup de pouce non négligeable de 60 € d’augmentation aux allocataires de la prime d’activité.

Autre subterfuge de cette annonce : tous les salariés rémunérés au niveau du smic ne bénéficieront pas forcément de ce coup de pouce intégral à la prime d’activité. En effet, cette aide est calculée en fonction de la situation familiale et des revenus pour les personnes qui gagnent jusqu’à 1,2 smic, donc jusqu’à 1 379 € nets mensuels.

Mais il y a une subtilité : ce bonus décroît pour ceux qui gagnent entre un smic et 1,2 smic. Et il disparaît pour ceux en dessous d’un demi-smic. L’objectif étant de ne pas encourager les temps très partiels… Sauf que ce sont les plus pauvres, ceux qui gagnent la moitié d’un smic, soit 300 000 ménages, qui sortent perdants de ces ajustements. »

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Conclusion : donc, NON, effectivement, le SMIC ne va pas augmenter de 100 € !!!

CQFD

Luniterre

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NDLR: cet article est donc une nouvelle version, suite aux « modifications » opérées sur « Le Parisien », (version également proposée pour Agoravox), de l’article:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/11/smic-100-e-le-parisien-demonte-larnaque/

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/10/gilets-jaunes-ce-que-nous-voulons-tout-mais-dabord-lessentiel/

 

Gilets Jaunes : Un cahier de Revendications adressé à l’Assemblée Nationale

Gilets Jaunes :

Un cahier de Revendications

adressé

à l’Assemblée Nationale :

 

 

Reçue par e-mail, une liste de propositions effectivement très intéressante et digne d’être relayée, en tant que contenu.

 

 

Elle est, hypothétiquement, une liste envoyée à l’Assemblée nationale par des Gilets Jaunes, mais sans plus de précision, et le retour qu’on en a semble donc venir des députés qui l’ont fait connaître après réception.

Procédé qui ne précise donc pas la légitimité représentative de cette initiative, par rapport aux initiateurs du mouvement. Il parait donc plus judicieux de la présenter comme une initiative relayée par certains députés, FI ou autres, à préciser, faite par un groupe de Gilets Jaunes indéterminé, jusqu’ à info complémentaire, actuellement introuvable.

 

>>> Après de nouvelles recherches, voilà ce que l’on peut trouver:

https://www.francebleu.fr/infos/societe/document-la-liste-des-revendications-des-gilets-jaunes-1543486527

C’est le seul lien qui évoque, de façon limitée et succincte, un éventuel historique de la genèse de cette liste revendicative.

 

Elle est annexée en doc « scribd » jointe à l’article:

https://fr.scribd.com/embeds/394450377/content?start_page=1&view_mode=scroll

 

>>> la façon dont cette doc se retrouve sur « scribd » reste inexpliquée. Néanmoins, c’est la seule trace « officielle » d’un document qui ne peut plus être altéré dans son contenu.

Je pense donc que c’est la référence qu’il faut utiliser, pour ne pas induire de manipulations politiques, d’où qu’elles viennent.

La référence citée par notre correspondant

http://levenissian.fr/Les-42-propositions-des-gilets-jaunes-aux-deputes

est donc manifestement de seconde main, et émane, en réalité, de ce blog:

https://yetiblog.org/le-programme-politique-des-gilets-jaunes-42-revendications/

Qui semble être un des premiers blogueurs a avoir relayé cette liste, et c’est cette présentation que l’on retrouve le plus souvent sur le net, avec ou sans source, donc, dans bien des cas.

Les deux articles de la FI:

https://melenchon.fr/2018/11/30/la-bonne-surprise-le-programme-des-gilets-jaunes/

https://lafranceinsoumise.fr/2018/11/29/demandes-des-gilets-jaunes-les-propositions-de-la-france-insoumise-toutes-rejetees-par-en-marche/

Ces deux articles visent à assimiler la liste revendicative des Gilets Jaunes aux propositions de la FI. Qu’il y ait des similitudes ou non n’est pas le problème. La question est de savoir si la FI soutient réellement le mouvement de masse dans sa propre dynamique démocratique et appuie cette liste comme émanant légitimement de ce mouvement.

Luniterre

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La liste des 42 revendications

des Gilets Jaunes

adressée à l’Assemblée Nationale :

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  1. Zéro SDF : URGENT.
  2. Impôt sur le revenu davantage progressif (plus de tranches).
  3. SMIC à 1300 euros net.
  4. Favoriser les petits commences des villages et centres-villes. (Cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce) + de parkings gratuits dans les centres-villes.
  5. Grand Plan d’Isolation des logements. (faire de l’écologie en faisant faire des économie aux ménages).
  6. Que les GROS (Macdo, google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit.
  7. Même système de sécurité social pour tous (y compris artisans et autoentrepreneurs). Fin du RSI.
  8. Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. (Pas de retraite à point).
  9. Fin de la hausse des taxes sur le carburant.
  10. Pas de retraite en dessous de 1 200 euros.
  11. Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de transports seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit au ticket restaurant et au chèquevacances.
  12. Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés à l’inflation.
  13. Protéger l’industrie française : interdire les délocalisations. Protéger notre industrie c’est protéger notre savoir-faire et nos emplois.
  14. Fin du travail détaché. Il est anormal qu’une personne qui travaille sur le territoire français ne bénéficie pas du même salaire et des même droits. Toute personne étant autorisée à travailler sur le territoire français doit être à égalité avec un citoyen français et son employeur doit cotiser à la même hauteur qu’un employeur français.
  15. Pour la sécurité de l’emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.
  16. Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une Industrie Française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.)
  17. Fin de la politique d’austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre l’argent des pauvres et des moins pauvres mais en allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale.
  18. Que les causes des migrations forcées soient traitées.
  19. Que les demandeurs d’asiles soient bien traités. Nous leur devons le logement, la sécurité, l’alimentation ainsi que l’éducation pour les mineurs. Travaillez avec l’ONU pour que des camps d’accueil soient ouverts dans de nombreux pays du monde, dans l’attente du résultat de la demande d’asile.
  20. Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine.
  21. Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre. Vivre en France implique de devenir français (cours de langue française, cours d’Histoire de la France et cours d’éducation civique avec une certification à la fin du parcours).
  22. Salaire maximum fixé à 15 000 euros [mensuel, ndlr].
  23. Que des emplois soient crées pour les chômeurs.
  24. Augmentation des allocations handicapés.
  25. Limitation des loyers. + de logement à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).
  26. Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage aéroport…)
  27. Moyens conséquents accordées à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées.
  28. L’intégralité de l’argent gagné par les péages des autoroutes devra servir à l’entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu’à la sécurité routière.
  29. Le prix du gaz et l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu privatisation, nous voulons qu’ils redeviennent publiques et que les prix baissent de manière conséquente.
  30. Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoles et des maternités.
  31. Apportons du bien-être à nos personnes âgées. Interdiction de faire de l’argent sur les personnes âgées. L’or gris, c’est fini. L’ère du bien-être gris commence.
  32. Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la Terminale.
  33. Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie.
  34. Le Référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée Nationale qui aura l’obligation, (un an jour pour jour après l’obtention des 700 000 signatures) de la soumettre au vote de l’intégralité des Français.
  35. Retour à un mandat de 7 ans pour le Président de la République. (L’élection des députés deux ans après l’élection du Président de la République permettait d’envoyer un signal positif ou négatif au président de la République concernant sa politique. Cela participait donc à faire entendre la voix du peuple.)
  36. Retraite à 60 ans et pour toutes les personnes ayant travaillées dans un métier usant le corps (maçon ou désosseur par exemple) droit à la retraite à 55 ans.
  37. Un enfant de 6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des aides PAJEMPLOI jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans.
  38. Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.
  39. Pas de prélèvement à la source.
  40. Fin des indemnités présidentielles à vie.
  41. Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs clients utilisent la carte bleue.
  42. Taxe sur le fuel maritime et le kérosène.

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 Le doc PDF original enregistré sur « Scribd » :

Les-revendications-des-gilets-jaunes

 

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POINT DE VUE

COMPLÉMENTAIRE:

.

.

En vue d’ouvrir une perspective politique

pour construire une alternative durable,

En avant vers la création d’un Collectif

Pour la Valeur Sociale du Travail !

LE TEXTE EN VERSION PDF:

.

La goutte de trop!

.

Collectif « Pour la valeur sociale du travail ! » – Contactez-nous : valeursocialetravail@protonmail.com

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ATTENTION !!!

Se méfier des manipulations !

Reçu, d’un autre camarade, le dernier tract de l’OCF, intitulé « Gilets jaunes : qu’y a-t-il à négocier ? ». Comme je lui ai récemment expliqué, il me semble plutôt centré sur les formes de démocratie directe à mettre en œuvre dans le mouvement, et donc à priori non seulement compatible, mais même complémentaire avec la démarche initiée au nom du Collectif Pour la valeur sociale du Travail.

C’est dans cet esprit que je pensais pouvoir le republier sur TML et d’autres blogs, éventuellement.

Ce qui m’a donc amené à m’intéresser également à la partie du tract signée Jean-David Nau/Radio Volontarisme.

De fait, tel qu’il se présente, ce tract de l’OCF présuppose, soit une alliance avec ce mouvement, soit, à tout le moins, une certaine convergence de vues et d’objectifs.

J’ai donc pris la peine d’analyser la réalité éventuelle de cette alliance, et je constate qu’elle est pour le moins étrange, ce mouvement de Jean-David Nau se réclamant d’une idéologie « libertarienne » qui est une forme de libéralisme « ultra », effectivement « anarcho-libérale », par certain côtés, mais essentiellement anti-communiste assumé et hautement revendiqué, dans son fond, et donc aussi loin du ML que possible, évidemment !!

Dans la mesure ou l’OCF est une organisation politiquement responsable, et qui, de plus, prétend parler, selon l’intitulé de son sigle, au nom des communistes de France organisés, elle doit donc assumer ses choix. Etre Communiste ML ou Volontariste-Libertarianiste, il faut choisir.

Non seulement il n’y a donc pas lieu de diffuser ce tract en l’état sur TML, mais il y a éventuellement lieu, dans la mesure du possible, et en espérant que cela le soit, de chercher à comprendre la cause d’une telle dérive, et/ou irresponsabilité.

Luniterre

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UNE REPONSE DE L’OCF , QUI ASSUME :

Salut,

Les textes que nous diffusons,  en externe,  ont pour vocation d’accompagner , si possible «  un pas en avant », le mouvement en cours. La démocratie directe, le système communal, etc …  tout cela ce sont de simples outils pour montrer qu’il y a d’autres choix que les élections, démission, etc …..

L’utilisation des chiffres qui figurent sur une image reprise du net : nous n’avons pas à y revenir. Cette synthèse nous parait parfaitement illustrative du vol aggravé commis par la bourgeoisie contre le peuple.

Comme nous n’en sommes pas les créateurs nous avons simplement cité la sources du document (c’est la moindre des choses de citer les sources qu’on utilise !) – Cela aurait été le figaro ou le front national, ou le PS qui aurait réalisé ce graphique, et bien nous aurions dit d’où cela provenait.

Un point c’est tout.

Il est donc bien vain te te lancer dans des conjectures qui n’ont pas lieu d’être. Tu aurais peut-être pu t’épargner, dans cette période si riche d’enseignements «  la peine d’analyser la réalité éventuelle de cette alliance »  (brrr , nous avons froid dans le dos !).

Economises tes forces pour d’autres –vrais – combats.

Avec nos amitiés.

OCF   02/12/2018

 NOTRE REPONSE :

Étrange raisonnement:

« L’utilisation des chiffres qui figurent sur une image reprise du net : nous n’avons pas à y revenir. »

Un peu d’analyse montre aussi que ces chiffres et l’utilisation qui en est faite ne correspondent pas à la réalité du vécu, notamment concernant le principe de la solidarité sociale, à travers la sécu, et même si elle est en partie mal gérée. Il s’agit clairement d’une manipulation, et même grossière!

En assumant de faire circuler ce document, et donc, logiquement, avec sa source, vous validez objectivement cette démarche, et vous incitez, de par le fait, vos lecteurs à suivre ce fil, jusqu’à « Radio Volontarisme » et donc jusqu’à la démarche politique de ce Jean-David NAU.

En tant qu’organisation politique supposée responsable, vous ne pouvez pas ne pas assumer les conséquences de votre communication.

« ce sont de simples outils pour montrer qu’il y a d’autres choix que les élections, démission, etc …..« 

Effectivement, il y a d’autres choix, mais ces choix là ne sont pas les miens!

Luniterre

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/02/gilets-jaunes-un-cahier-de-revendications-adresse-a-lassemblee-nationale/

 

Et la Marquise dansait sur les Champs-Élysées en flammes!!

 

 

 

 

Allô, allô, fidèle Édouard !

Mais quelle histoire ?!

Quelles nouvelles ?

 

Les Champs-Élysées en flamme ?

Castaner, Expliquez-moi, larbin modèle,

Qui sont ces manants infâmes,

Et vous, de Rugy, ce qu’ils réclament…

Comment cela est-il possible ?

__Cela n’est rien, Monsieur Le Macronien,

Cela n’est rien, tout va très bien.

Pourtant il faut, il faut que je vous dise,

Juste un tout petit rien, une bêtise :

«  Leurs revendications remises sur deux pages vont très au-delà des questions de la transition écologique, de la question des carburants proprement dite ; même si le mouvement est bien parti de la hausse des carburants  »

Constate enfin le De Rugy

Après plus d’une heure d’entretien

Avec Eric Drouet et Priscillia Ludosky…

 

__Cela n’est rien, Monsieur Le Macronien,

Cela n’est rien, tout va très bien.

Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise,

On déplore un tout petit rien :

Si la TICPE alluma le feu si bien ,

C’est que du vert personne n’y en a vu,

Même au Figaro, si vous l’aviez lu :

« …si la TICPE finance déjà peu la politique de transition énergétique, les hausses récemment décidées profiteront encore moins à l’écologie, … » « Au total, un peu moins de 20% des taxes sur le carburant servent à l’objectif d’une énergie plus propre. »

 

Mais, à part ça, Monsieur Le Macronien

Tout va très bien, tout va très bien.

Cela n’est rien, Monsieur Le Macronien,

Cela n’est rien, tout va très bien.

Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise,

Une taxe en plus ce n’est pas rien,

Et même sur BFM, c’est ce qu’ils disent :

« En 2016, le pourcentage d’impôts et de cotisations sociales que paient les salariés et les entreprises atteignait en France 47,6%[du PIB]. C’est plus qu’au Danemark, jusqu’alors champion du monde. »

 

Allô, allô, Le Maire et Darmanin

Pourquoi n’arrive-t-on à rien

Avec tout ce pognon de dingue ?

Quand faudra-t-il sortir les flingues ?

__Cela n’est rien, Monsieur Le Macronien,

Cela n’est rien, tout va très bien.

Même si la France dans la dette un rien s’enlise

Et La Tribune, du capital, il faut bien qu’on vous la lise :

« La tendance ne souffre d’aucune contestation. Avec la grande récession, la pauvreté a augmenté : au premier seuil de 50% de 628 000 personnes, au second de 60% de 824 000. La situation actuelle montre, ô combien, nous sommes en rupture avec la tendance historique. »

 

Allons, allons, De Rugy, mon bon,

«Mesures d’accompagnement », imagination,

De la concertation, vous connaissez la chanson,

__Cela n’est rien, Monsieur Le Macronien,

Cela n’est rien, tout va très bien.

Sauf un détail, une bêtise,

Ces manants répètent, quoi qu’on leur dise :

« Nous ce qu’on demande, c’est toujours la même chose. On veut vivre de notre travail. On veut pas d’assistanat juste une baisse des taxes comme la TVA ou la TICPE. On veut une réponse significative du gouvernement. »

 

Allez, allez, Le Maire et Darmanin

On les entend, mais on lâche rien,

Déjà la dette presqu’à fond du PIB, la limite,

Et L’an prochain près d’cent milliards, le déficit !

Un pognon de dingue, z’ont bien bossé pour rien,

Leur travail nous va très bien,

Oui, pour nous, tout va très bien !

__Pourtant, Monsieur le Macronien,

Il faut qu’on vous le dise, une lubie, une bêtise :

Dès Samedi aux Champs, On revoit ces manants…

Chez eux aussi, « On lâche rien ! », c’est c’qu’on entend !

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Sources des citations de la presse, dans l’ordre:

http://lavdn.lavoixdunord.fr/496708/article/2018-11-27/nouvel-appel-manifester-paris-samedi-apres-la-rencontre-avec-de-rugy

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2018/11/06/29006-20181106ARTFIG00176-carburants-la-hausse-des-taxes-ne-finance-presque-pas-la-transition-energetique.php

https://bfmbusiness.bfmtv.com/france/prelevements-obligatoires-la-france-ravit-la-premiere-place-au-danemark-1321636.html

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/la-remontee-de-la-pauvrete-en-france-792322.html

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/roppenheim-ces-gilets-jaunes-qui-preferent-champs-au-champ-mars-1580659.html

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Explication de texte…

 

 

Une parodie sur l’air d’une chanson qui est déjà elle-même une sorte de caricature…

 

La caricature, d’une situation comme d’un personnage, vise à simplifier, en faisant ressortir les traits déjà saillants, et ne déforme pas fondamentalement la réalité, qu’elle arrive à résumer, en réalité, par ce procédé.

Ici, le premier trait saillant est cette gigantesque tartufferie qu’est devenue la fiscalité «  verte  ».

Elle était un peu l’arbre planté là pour cacher la forêt, ou plutôt le maquis, devrait-on dire, des impôts et taxes dont l’hypothétique destination originelle est systématiquement détournée pour tenter de boucher, ici et là, les multiples trous du budget de l’État. (…)

Ce que le mouvement des Gilets Jaunes apporte d’utile et d’original, par rapport à la gauche réformiste traditionnelle, c’est l’expression du fait que les « Gilets Jaunes » sont des gens qui veulent vivre de leur travail et ne réclament pas de l’assistanat « social » en plus. De par le fait, ce qu’ils remettent au centre du débat politique, c’est donc bien la valeur sociale du travail, et ce faisant, ils font en quelque sorte et sans même le savoir, du marxisme pur et dur, à la manière dont M. Jourdain fait de la prose dans la célèbre pièce de Molière…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/30/et-la-marquise-dansait-sur-les-champs-elysees-en-flammes-explication-de-texte/

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https://cdni.rt.com/french/images/2018.11/article/5bf03b6309fac2c64c8b4568.JPG

INFO COMPLÉMENTAIRE :

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En vue d’ouvrir une perspective politique

pour construire une alternative durable,

En avant vers la création d’un Collectif

Pour la Valeur Sociale du Travail !

LE TEXTE EN VERSION PDF:

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La goutte de trop!

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Collectif « Pour la valeur sociale du travail ! » – Contactez-nous : valeursocialetravail@protonmail.com

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A propos du 17 Novembre, Le dilemme… A nouveau, que faire ? ( + SONDAGE )

 

 

https://i1.wp.com/images.charentelibre.fr/2014/10/09/5645cf617971bb340f4e09a3/golden/il-y-a-un-an-les-routiers-avaient-mene-plusieurs-journees-daction-contre-lecotaxe-notamment-sur-la-rn-10.jpg

A propos du 17 Novembre,

Le dilemme…

A nouveau, que faire ?

 

 

A propos de cette initiative « spontanée » qui semble suffisamment « déborder » ses initiateurs pour générer de nouveaux enjeux politiques et susciter des manœuvres et réactions de toutes parts, un vif débat s’est inévitablement institué entre militants du mouvement ouvrier. Ici le débat n’est pas un luxe, mais une nécessité, et il ne s’agit donc pas d’états d’âme, mais d’analyse politique. Foncer tête plus ou moins baissée, c’est aller plus ou moins dans le mur! Pour les militants ouvriers, le but est de ne pas aller dans le mur tout en étant présents avec les masses en révolte contre le système, sans faire le jeu de l’extrême-droite, on est tous d’accord là dessus.

Mais néanmoins, en clair, le choix de la tactique « spontanée » (blocage routier un Samedi) est une erreur « spontanée » qui peut être lourde de conséquences. Il est donc stupide et contre-productif de vouloir éventuellement en prendre la tête, et même simplement d’en cautionner le principe.

Cela ne gêne évidemment pas l’extrême-droite qui tente, et avec un relatif succès, d’instrumentaliser cette révolte populaire spontanée. En cas de succès elle espère ramasser la mise, politiquement, et en cas d’échec, voire même de violences, elle tentera de se “victimiser” démagogiquement en vue de rattraper le coup. L’extrême-droite n’a que faire de l’unité populaire sur le terrain et n’en subira pas les conséquences, en cas d’échec.

Les effets d’un blocage routier, un Samedi, étant nécessairement limités, et sans “lendemain” immédiat de lutte populaire possible, l’enjeu est essentiellement symbolique.

Néanmoins, le risque de violence et d’affrontement n’est pas pour autant négligeable.

Le pouvoir peut essayer des provocations pour se relégitimer, ce dont il a manifestement le plus grand besoin, à court et moyen terme.

Dans le feu de l’action des affrontements peuvent simplement surgir assez naturellement entre usager de la route, même un week-end, évidemment.

C’est donc une occasion de division au sein des classes populaires elles-même, et c’est le piège dans lequel les “initiateurs” se sont mis eux-même et que le pouvoir, et dans une certaine mesure, l’extrême-droite aussi, peuvent être tenté de refermer brutalement.

Il ne faut donc pas sous-estimer ce risque et il parait même approprié de le traiter clairement dans une intervention ouvrière éventuelle.

Concernant l’immédiateté de la revendication, elle est flagrante et concerne effectivement les conditions de travail et même de simple survie de nombreuses catégories populaires et prolétariennes.

Elle est donc pleinement légitime et justifie l’élan de colère qui aboutit à cette initiative et malheureusement à la situation dangereuse qu’elle génère.

Elle est aussi le reflet de la cassure opérée depuis longtemps entre les couches populaires réellement prolétariennes et la prétendue “gauche” politique, qui n’organise plus, pour l’essentiel, que les couches populaires proches des classes “moyennes” et une partie encore politisée de ce qui était jadis considéré comme l’”aristocratie ouvrière”.

Vu le contexte, foncer tête baissée ne mène donc qu’à un piège, mais il est tout aussi stupide d’ignorer, voire de mépriser, cette expression de la colère populaire, comme le font les syndicats et la majorité des trotskystes, semble-t-il.

C’est là le fond du dilemme et ce qui doit nous guider sur ces sables plus que mouvants!

Une organisation ouvrière cohérente devrait à notre avis être présente sur place avec un message de soutien sans faille aux revendications immédiates qui sont pleinement justifiées, contrairement à l’”analyse” syndicale-trotskyste visant à en substituer d’autres, néanmoins justifiées, sur les salaires, mais actuellement hors contexte et peu perceptibles, sauf comme prétexte pour se défiler et botter en touche sans mouiller le maillot…

Ce soutient sans faille aux revendications immédiates doit néanmoins être assorti d’une brève synthèse de la situation et de ses enjeux, tels qu’ils peuvent être perçus par les masses et permettre aux éléments les plus lucides de faire un pas en avant dans l’unité ouvrière, et non dans le social-chauvinisme.

C’est à cela que nous devons réfléchir, sans « états d’âme », et sans précipitation, non plus.

D’organisation ouvrière cohérente, il n’y a plus, et il n’y aura sans doute pas avant longtemps, mais le meilleur moyen d’ y remédier, à très court terme, c’est tout de même de réfléchir avec les outils d’analyse marxiste-léniniste que nous ont légué les combats historiques du mouvement ouvrier, et d’agir en conséquence, dans la mesure de nos moyens.

Luniterre

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EN PJ, QUELQUES LIENS VERS LES ELEMENTS DU DEBAT EN COURS:

Le communiqué de la cgt sur le sujet (PDF):       CGT 17 NOVEMBRE 2018

Le journal « l’Humanité »:

https://www.humanite.fr/manifestation-le-detournement-des-coleres-carburant-de-lextreme-droite-662989

Les syndicats « solidaires », qui ne le sont pas, sur ce coup!:

https://solidaires.org/IMG/pdf/2018-10-25_manip_ed-2.pdf?16096/438921bd808ad546a6707ce852347e5cabadc39f

https://www.anti-k.org/2018/10/25/hausse-des-prix-de-lessence-blocage-du-pays-le-17-novembre-et-manipulation-de-lextreme-droite/

Un débat chez les trotskystes, au sein du NPA, notamment à Lyon:

https://tendanceclaire.org/breve.php?id=30716

Un débat à la FI lyonnaise:

https://framavox.org/d/6SHwG02P/le-17-novembre-que-faire

LO botte en touche, style CGT:

https://www.lutte-ouvriere.org/editoriaux/face-la-hausse-des-prix-des-carburants-augmentation-generale-des-salaires-des-pensions-et-des-114532.html

A COMPLÉTER…!

>>>la position « officielle » du NPA:

https://npa2009.org/communique/justice-sociale-ce-nest-pas-le-17-novembre-que-nous-pourrons-nous-faire-entendre

>>>manifestement assez mal perçue…:

>>>voir les réponses…!

AUTRE PERSPECTIVE:

« Par où commencer? »

 

– Lénine, sur le rôle du journal –

Nouvelle traduction !!

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/17/par-ou-commencer-lenine-sur-le-role-du-journal-nouvelle-traduction/

 

 

17 Novembre

SONDAGE

 

 

(Huffpost) CARBURANT – Plus des trois quarts des Français (78%) estiment « justifié » l’appel à bloquer les routes le 17 novembre pour protester contre la hausse du prix du diesel, contre 22% qui le réprouvent, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour France Info et le Figaro publié jeudi 1er novembre.

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NDLR : CE QUE VALENT LES SONDAGES …

« Cette enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par internet les 30 et 31 octobre 2018,représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. (Ouest-France) »

« Le sondage a été réalisé selon la méthode des quotas sur la base d’un échantillon de 988 Français, âgés de 18 ans et plus, interrogés par internet les 30 et 31 octobre 2018. (Huffpost) »

Ce que notent la plupart des observateurs, c’est que ce mécontentement et cette revendication sont « transversaux » entre la base de tous les courants politiques. Donc, même s’il y a une distorsion manipulatoire des sondages, ils ne peuvent que constater la réalité de l’impact de cette revendication sur les catégories populaires les plus modestes, question ressources et niveau de vie.

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(Huffpost) « Le mouvement d’humeur est né ces dernières semaines de la hausse du prix du diesel qui alimente les deux tiers du parc automobile français. Il s’est traduit par des pétitions en ligne et appels à des manifestations autoproclamées « citoyennes » et apolitiques, avec comme point d’orgue un appel à bloquer les routes le 17 novembre, relayé par l’extrême droite.

Selon le sondage, 76% des Français jugent également que la hausse est « une mauvaise chose car il faut avant tout favoriser le pouvoir d’achat des Français, quitte à ce qu’ils utilisent plus longtemps des produits pétroliers » dans les années à venir. Pour 80% des Français sollicités, la hausse des taxes aura un impact élevé sur leur pouvoir d’achat.

Une progression de 23% pour le prix du gazole

En un an, le prix du gazole a progressé d’environ 23% et celui de l’essence de 15%. A 1,51 euro en moyenne la semaine dernière, le prix toutes taxes comprises du gazole a atteint un niveau jamais constaté depuis au moins le début des années 2000. Pour l’essence sans plomb 95, il faut remonter à la mi-2014 pour retrouver des niveaux similaires, à 1,53 euro le litre.

Si les prix des carburants sont élevés en ce moment, c’est essentiellement du fait de la hausse des cours du brut et des prix des produits raffinés (+35% pour le gazole en un an et +28% pour l’essence) et de l’effet de l’alourdissement des taxes sur les carburants.

La principale d’entre elle, la TICPE a augmenté au 1er janvier de 7,6 centimes sur le gazole du fait de la hausse de la contribution climat énergie et d’une nouvelle étape dans la volonté de rattrapage par rapport à la fiscalité appliquée à l’essence. Sur cette dernière, les taxes ont augmenté de 3,9 centimes par litre. En incluant la TVA, les taxes sur le gazole ont augmenté de 14% et de 7,5% pour l’essence en un an. Et elles doivent encore augmenter l’an prochain, selon le projet de budget 2019 (+6 centimes pour le gazole et +3 centimes pour l’essence).

L’investissement dans les EPR, « une mauvaise chose »

Parallèlement l’enquête révèle aussi que 53% des personnes interrogées voient comme « une mauvaise idée » les investissements dans de nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR, « car il faut arrêter d’investir dans le nucléaire », alors que 46% l’accueillent comme une bonne idée car il faut renouveler les installations actuelles ».

Le sondage a été réalisé selon la méthode des quotas sur la base d’un échantillon de 988 Français, âgés de 18 ans et plus, interrogés par internet les 30 et 31 octobre 2018. »

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(Ouest-France) « Le principe du « pollueur-payeur » ou de la « taxe éducative et dissuasive » avancé par le gouvernement, qui n’entend pas baisser les taxes sur les carburants pour limiter la hausse des prix, est par ailleurs vécu comme une culpabilisation injuste.

Selon le sondage, 76 % des sondés pensent « que c’est une mauvaise chose car il faut avant tout favoriser le pouvoir d’achat des Français, quitte à ce qu’ils utilisent plus longtemps des produits pétroliers ».

La grogne contre l’augmentation des prix des carburants, forte notamment d’une pétition signée par 500 000 personnes, se cristallise autour d’un appel au blocage des routes mais le degré de mobilisation est à ce stade une inconnue.

Les animateurs du mouvement apparaissent très divers, certains s’y revendiquant « patriotes » et appelant à « dégager » Macron, réminiscence de la mobilisation de 1995 qui avait paralysé les réformes lancées par Alain Juppé, d’autres réfutant au contraire toute couleur politique. »

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NDLR : Il est clair que ce mouvement semble bel et bien avoir une origine relativement spontanée, liée au mécontentement populaire réel, mais qu’il a vite fait l’objet de tentatives d’instrumentalisation et de manipulation de la part de l’extrême-droite.

Pour autant, cela n’enlève donc rien au caractère socialement justifié de cette revendication, et donc la pseudo « gauche », en refusant majoritairement de la soutenir, laisse carrément le champ libre à l’extrême-droite pour ses manœuvres et contribue, de ce fait, à la renforcer !

La réflexion des militants authentiquement ouvriers doit donc se poursuivre sur la nature de leur intervention à propos de cet événement.

Elle doit, de toutes façons, partir du principe du soutien à la revendication immédiate, tout en cherchant à lui donner une forme politiquement compréhensible et clairement distincte des manipulations de l’extrême-droite.

Luniterre

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Source des sondages:

https://www.ouest-france.fr/economie/transports/carburants-essence-diesel/prix-des-carburants-78-des-francais-soutiennent-le-mouvement-de-blocage-des-routes-6047644

https://www.huffingtonpost.fr/2018/11/02/hausse-du-carburant-78-des-francais-pour-le-blocage-des-routes-le-17-novembre_a_23578474/

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17 NOVEMBRE : La véritable « essence » de l’écologie politique…

17 NOVEMBRE

 

La véritable « essence »

de l’écologie politique…

 

 

Sous prétexte de vouloir en finir avec le diésel, assurant que c’est pour prouver son engagement dans la transition énergétique, le gouvernement taxe à tour de bras le carburant… et encourage l’achat de voitures électriques… mais ne s’agit-il pas d’un nouveau tour de passe-passe dont Macron est coutumier ?

En effet, la chasse aux sorcières des « voitures pas-propres » serait destinée à valoriser les voitures électriques, lesquelles seraient la panacée… ce qui reste à prouver.

Ce serait oublier bien vite que l’électricité dans notre pays est à 75% d’origine nucléaire, et à voir avec quelle lenteur ce gouvernement agit pour fermer une seule centrale, on peut légitimement s’interroger sur sa réelle volonté de sortir du cycle infernal du nucléaire, d’autant que personne n’a oublié que le 1er ministre était, il y a peu, un lobbyiste acharné de l’énergie nucléaire… et qu’il songe sérieusement à mettre en route 2 ou 3 nouveaux EPR, malgré l’échec patent de celui de Flamanville, qui, ne l’oublions pas, a multiplié son prix par plus de 3, et pris 10 ans de retard, à vue de nez. lien

Un rapide calcul amène ce constat : 40 millions de véhicules dans le pays, c’est 400 000 MWh, et comme un réacteur nucléaire produit  20 000 MWh/jour, il faudrait 20 réacteurs supplémentaires pour couvrir les besoins des voitures électriques.

Finalement, la voiture électro-nucléaire génère presque autant de carbone qu’un diésel. lien

Cerise sur le gâteau, les tenants du nucléaire continuent de répandre le mensonge d’un nucléaire qui serait « un mal nécessaire », et qui n’aurait pas d’impact sur le climat. Lien

Une prolifération de voitures électriques génèrerait en effet une nouvelle poussée vers le nucléaire, puisque les énergies propres sont en France singulièrement en panne, accusant un retard considérable par rapport à nos voisins.

Car, bien entendu, si l’éolien, le photovoltaïque, voire l’hydraulique ou le méthane fabriqué, prenaient le relais, ça pourrait changer la donne… mais ce n’est pas le cas… alors que ça pourrait l’être à l’instar de la Suède, et d’autres pays, réellement engagés dans la transition énergétique.

C’est, en effet, grâce aux eaux usées, lesquelles produisent du méthane, que des bus suédois parcourent les routes du pays sans dégager beaucoup de pollution. lien

Mais revenons à la voiture électrique.

Une des critiques, et non des moindres, est relative aux batteries, qui, comme on le sait, ont une vie limitée… 5 ans, même si les constructeurs font les promesses peu crédibles d’un allongement de cette durée.

Ce sont finalement les charges/décharges qui limitent la vie des batteries, mais pas seulement : le roulage par temps froid, les arrêts fréquents, les accélérations trop fulgurantes, l’usage de la clim en été, sont autant de facteur raccourcissant leur vie.

On ne compte donc pas en année, mais en cycles (chargement/déchargement), et généralement, on peut aller jusqu’à 2000 cycles, avant le remplacement des batteries, même si les afficionados de ce choix énergétique assurent que ces cycles atteindront un jour le chiffre de 10 000. lien

L’un des autres problèmes concerne la pollution qu’elles provoquent, et certains vont jusqu’à affirmer que ça pourrait être notre prochaine catastrophe environnementale.

Leur production nécessite des matériaux rares, comme le lithium par exemple, une ressource difficile à extraire et dont la production a des impacts importants sur l’environnement, s’il faut en croire une étude menée en 2013 par l’EPA (Environnemental Protection Agency). lien

Outre le problème de toxicité généré par l’extraction du lithium, celui-ci provoque d’importantes émissions de CO²… et sa rareté limitera son utilisation.

Ajoutons pour la bonne bouche que la production d’une batterie de voiture électrique nécessite plus de ressources et pollue plus que la production d’un moteur à combustible, alors que cette batterie représente 40% de l’empreinte carbone d’un véhicule électrique.

Puis se pose la délicate question du recyclage de ces batteries.

S’il faut en croire la plateforme de l’engagement RSE et développement durable, aujourd’hui, en Europe, seul 5% des batteries lithium sont recyclés… même si les constructeurs assurent que par la suite des filières de recyclage devraient être trouvées… mais n’est-ce pas les mêmes promesses que les nucléocrates nous avaient fait, alors que nous nous trouvons aujourd’hui avec des tonnes de déchets nucléaires dangereux dont on ne sait que faire ?

A ce jour, les ingénieurs qui se sont penchés sur la question délicate du recyclage du lithium affirment qu’il serait possible de récupérer entre 50 et 85% des matériaux grâce à « des processus chimiques complexes »… et apparemment très chers… mais faut-il les croire aveuglément ?

Les batteries en fin de course non traitées posent un grave problème à l’environnement, générant des gaz toxiques, des polluants contaminants les sols des déchetteries…

Arrivé à ce point, c’est le serpent qui se mord la queue, car pour que l’industrie du recyclage se développe, il faut qu’elle soit rentable, et pour qu’elle le soit, il faudrait que les acteurs, publics ou privés, soient prêts à la prendre en charge… et pour qu’ils s’y décident, il faudrait attendre que les impacts environnementaux soient importants, et commencent à coûter trop cher à la collectivité, tant en terme financier, qu’en terme de santé.

C’est le dilemme que nous vivons actuellement avec l’industrie nucléaire, et on peut légitimement se poser la question de l’intérêt du développement de la voiture électrique dans ces conditions. lien

Il reste bien sur la possibilité de développement de l’hydrogène, de la pile à combustible, pour l’instant du domaine de la fiction, malgré les avancées. lien

Pas étonnant dès lors que des citoyens en colère devant les hausses successives des taxes sur les carburants aient décidé d’agir le 17 novembre prochain, avec, pour certains, la volonté de « bloquer tout le pays », jusqu’à ce que le prix du carburant revienne à des proportions raisonnables.

Certains veulent aller encore plus loin, faisant de cette journée une « journée morte », sans déplacement bien sûr, mais aussi sans achats, sans aller au cinéma, sans prendre de transports en commun, sans se déplacer tout court… bref, sans dépenser le moindre centime. lien

Mauvaise nouvelle pour le ministre de l’intérieur, d’autant qu’il semble que la police nationale fasse sécession, décidant de ce ranger aux côtés des citoyens le 17 novembre

En y regardant de plus près, ce n’est pas tout à fait exact… c’est seulement l’UNPI, regroupant les associations et collectifs de policiers qui ont lancé cet appel…ce qui fait tout de même pas mal de monde. lien

 

Une carte des blocages actualisée chaque jour est visible sur ce lien.

Il existe même un page FB permettant à tout un chacun de participer à sa façon… et alors que les médias traditionnels font la fine bouche sur l’évènement, 78% des français soutiennent ce mouvement. lien

Mais revenons à l’écologie, et au titre ronflant de « champion de la Terre », généreusement attribuée à notre président, et que certain considèrent comme une blague, (lien) voire une provocation, surtout quand on réalise les incohérences du gouvernement dans tous les domaines de l’environnement. lien

Si on fait un petit retour en arrière, on ne peut que constater qu’ils sont seulement 16 pays, sur les 197 à avoir ont signé les fameux accords de Paris, ceux de 2015, à les avoir respectés, et la France n’en fait hélas pas partie. lien

En effet, quid de l’aide à l’agriculture propre, qui a fondu comme neige au soleil sous Macron… (lien) en complète contradiction avec les déclarations du gouvernement. lien

Quid du retard français en matière d’éolien, de solaire, de méthane fabriqué, de l’hydraulique, de l’hydrolien… bien éloigné de la plupart des pays européens ? lien

Quid de l’arrêt du glyphosate, dont on sait que les députés LREM ont refusé l’inscription dans la loi ?

Leurs portraits, permettant de les interpeller sont sur ce lien

Tout porte à croire donc aujourd’hui que Macron fait de l’écologie « de peau de lapin »… à coup de promesses illusoires, de beaux discours, mais sans passage à l’acte réel… manœuvre qui se veut habile alors que s’annoncent les élections européennes, espérant donc grappiller comme d’habitude dans l’électorat écologiste.

En tout cas, à l’Elysée, l’argent coule à flot, et on ne s’inquiète pas trop des difficultés que pourraient connaitre les « sans dents ». lien

Comme dit mon vieil ami africain : « quand le singe monte au cocotier, il doit avoir le cul propre ».

Le dessin illustrant l’article est de Red

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

 

Source:

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-voiture-electrique-une-arnaque-209276

 

 

 

 

 

Fukuyama, prophète de « La Fin de l’Histoire » : « Ça recommence… ! »

 

 

https://www.newstatesman.com/sites/default/files/styles/nodeimage/public/blogs_2018/10/2018_42_obs_encounter.jpg?itok=jIG8dTj7

 

 

 

Fukuyama, prophète

 

 

de « La Fin de l’Histoire » :

 

 

« Ça recommence… ! »

 

 

 

 

Il y a 26 ans, après la chute de l’Union soviétique, les défenseur du capitalisme étaient euphoriques… Ils parlaient de la mort du communisme et du socialisme comme d’une chose définitivement acquise. C’est à ce moment que Francis Fukuyama a prononcé sa célèbre prédiction sur la « Fin de l’Histoire », selon laquelle l’humanité était arrivée au bout de son évolution sociale, économique et politique

Ce qu’il voulait dire par là, c’est que maintenant que le prétendu « socialisme », sous la forme de l’État bureaucratique de l’URSS et ses satellites avait échoué, le seul système socio-économique possible était le capitalisme libéral, ou comme lui et les autres préféraient le décrire : « l’économie de marché ».

Les défenseurs du capitalisme ont prédit que la victoire du libéralisme ouvrirait la porte à un avenir garanti de paix et de prospérité. Les économistes ont parlé de « dividendes de la paix ».

Une fois la guerre froide avec l’Union soviétique était terminée, les gouvernements capitalistes seraient en mesure de dépenser d’énormes sommes d’argent pour construire des écoles, des hôpitaux, des maisons et toutes les autres choses qui sont la condition indispensable à une existence civilisée.

Les déserts fleuriraient, la production s’envolerait et la race humaine – supposément – vivrait heureuse pour toujours. Amen.

Et nous voici déjà 26 ans plus tard, une période qui peut sembler longue dans la vie d’un homme ou d’une femme. Mais à l’échelle de l’histoire, ce n’est qu’un instant fugace. Et pourtant, dans ce court instant de l’histoire, les choses se sont finalement changées en leur contraire, comme aurait pu le dire le philosophe Hegel, inspirateur de la dialectique marxiste… Aujourd’hui, il ne reste pas une pierre sur l’autre des prédictions confiantes de l’époque.

 

 

Après « mûre » réflexion…

Malheureusement pour Francis Fukuyama, c’est bien connu, depuis la Rome antique déjà, les paroles volent, les écrits restent ! l’histoire n’est pas si facile à effacer et sa manipulation a parfois des limites… Aujourd’hui, l’Histoire prend en quelque sorte sa revanche… En 1992, dans l’euphorie de la chute et de la dissolution de l’URSS, il prétendait quasiment en avoir écrit les dernières pages, sous ce titre : « La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme », où nous lisions la déclaration suivante :

« C’est ce à quoi nous assistons peut-être… la fin de l’évolution idéologique de l’humanité et l’universalisation de la démocratie libérale occidentale en tant que forme finale de gouvernement humain. »

Mais dans un tout nouvel article, récemment publié par le New Statesman , daté du 17 octobre 2018, il nous chante un air à la tonalité radicalement différente :

« Ce que j’ai dit à l’époque[1992], c’est que l’un des problèmes de la démocratie moderne est qu’elle apporte la paix et la prospérité, mais que les gens veulent plus que cela…

Les démocraties libérales n’essaient même pas de définir ce qu’est une bonne vie, c’est laissé à chacun, à titre individuel, et les gens se sentent aliénés, sans but, et c’est pourquoi le fait de se rejoindre en groupes identitaires leur donne un sens communautaire. »

Ses critiques, dit-il,  » n’ont probablement pas lu jusqu’à la fin du livre[La fin de l’Histoire], la partie « Le Dernier Homme », qui portait en fait sur certaines des menaces potentielles pour la démocratie « .

Fonctionnaire du gouvernement pendant les années Reagan-Bush, Fukuyama était à l’origine proche du mouvement néoconservateur.

Cela explique probablement son enthousiasme pour l’économie de marché et le libéralisme. Mais la dure expérience l’a amené à changer d’avis, du moins, dans une certaine mesure…

Fukuyama a d’abord soutenu la guerre en Irak, mais dès 2003, il a conclu que c’était une erreur fondamentale de la politique américaine. Il est également devenu un critique des vieux démons « néolibéraux » tels que la déréglementation financière, qui a été en partie responsable du désastreux krach économique de 2008. Il reste aussi un critique de l’euro, ou du moins de sa « création inepte » :

« Ce sont toutes ces politiques menées par les élites qui se sont avérées plutôt désastreuses, et il y a donc des raisons pour que les gens ordinaires soient en colère. »

Marx avait raison !

Pour illustrer le revirement dramatique de Fukuyama, nous publions à nouveau quelques extraits de l’article dans le New Statesman :

« La « Fin de l’Histoire » a été une attaque contre les marxistes qui considéraient le communisme comme la dernière étape idéologique de l’humanité.

Comment, voit-il la résurgence de la gauche socialiste au Royaume-Uni et aux États-Unis ?

« Tout dépend de ce qu’on entend par socialisme. La propriété collective des moyens de production – sauf dans les domaines où c’est clairement nécessaire, comme les services publics – je ne pense pas que cela va fonctionner.

« Si vous parlez de programmes de redistribution qui tentent de corriger ce grand déséquilibre des revenus et de la richesse, qui est apparu, alors oui, je pense que non seulement il peut revenir, mais qu’il doit revenir.

Cette période prolongée, qui a commencé avec Reagan et Thatcher, au cours de laquelle un certain nombre d’idées sur les avantages des marchés non réglementés se sont répandues, a eu, à bien des égards, un effet désastreux.

« Fukuyama a ajouté :  » A ce stade, il me semble que certaines choses que Karl Marx a dites s’avèrent être vraies.

Il a parlé de la crise de la surproduction… que les travailleurs seraient appauvris et que la demande serait insuffisante. »

Nous laissons de côté le fait que Fukuyama démontre son manque de compréhension de l’économie marxiste en confondant la surproduction avec l’idée keynésienne de sous-consommation.

Après tant d’années de lavage de cerveau à l’école de l’économie de marché, c’était trop lui demander que de comprendre Marx.

Il est simplement devenu un autre réformiste qui pense pouvoir relancer le dialogue social, la concertation avec les syndicats kollabos, la régulation des marchés financiers, etc, … toutes idées que l’expérience a déjà prouvé vaines, et surtout en périodes de crises.

Néanmoins, il est significatif qu’un défenseur aussi éminent du capitalisme et critique du socialisme en arrive à la conclusion que l’analyse marxiste de la crise capitaliste était fondamentalement correcte, que la poursuite effrénée de l’économie de marché a conduit à un appauvrissement massif d’une part et à la domination complète du monde par une oligarchie capitaliste irresponsable et d’une richesse obscène d’autre part.

Et il a relativement raison de dire que, si cela n’est pas corrigé, cette oligarchie (tant aux États-Unis qu’en Europe) « fera payer tout le monde ».

En réalité, ils le font déjà, en ce qui concerne les prolétaires.

 

 

Mais Francis Fukuyama n’offre aucune solution…

C’est donc néanmoins une certaine satisfaction de voir que même ce défenseur convaincu du capitalisme a commencé à comprendre sa nature réactionnaire.

Cependant, Fukuyama se comporte comme un médecin qui, après avoir donné une liste très complète des symptômes de son patient, ne parvient pas à lui prescrire une cure.

Fukuyama est conscient des terribles privations causées par les ravages du capital financier et l’anarchie du système de marché.

Il en est venu à la conclusion, partagée par un nombre sans cesse croissant de personnes, que l’économie doit être contrôlée.

Mais il s’abstient ensuite de tirer la conclusion nécessaire, à savoir que les monopoles géants et les banques qui exercent une dictature brutale sur le monde entier doivent être totalement retirés du domaine privé.

D’une part, il appelle à un retour au socialisme. Le problème, c’est qu’il n’a aucune idée de ce qu’est le socialisme. Il dit que la « propriété collective des moyens de production » (sauf dans les services publics) ne va pas fonctionner.

Mais Fukuyama lui-même a tiré la conclusion que c’est la propriété privée des moyens de production qui ne fonctionne pas, ou plutôt qu’elle fonctionne au détriment du progrès économique et social et provoque la misère, la pauvreté et la détresse de la grande majorité de l’humanité.

Il est maintenant clair, même pour les aveugles les plus aveugles, que l’économie capitaliste et impérialiste est la recette du chaos, de la dislocation, du gaspillage, de la mauvaise gestion et de la corruption sur une vaste échelle.

Pire encore, l’avidité effrénée du profit qui est le seul moteur de ce système détruit l’environnement, empoisonne l’air que nous respirons, la nourriture que nous mangeons et les mers et forêts qui sont à la base de toute vie sur la planète.

De graves problèmes exigent des solutions sérieuses et radicales, et non des thérapies du style emplâtre sur une jambe de bois.

Fukuyama prône la nationalisation des services publics parce que « c’est une revendication évidente ». Nous sommes tout à fait d’accord avec lui, sur ce point.

Mais pourquoi ne le demande-t-il pas dans le cas des banques, par exemple, qui ont démontré une incapacité totale à gérer et à contrôler de façon responsable de grandes sommes d’argent?

La spéculation monstrueuse, la corruption et l’incapacité des banques ont été la cause immédiate de la crise financière de 2008, dont nous vivons toujours les conséquences.

En fin de compte, ces fervents défenseurs de l’économie de marché, qui s’opposaient à toute suggestion d’intervention de l’État dans l’économie, ont dû être sauvés par l’injection de vastes sommes d’argent public.

Au lieu d’aller en prison, ce qu’ils méritaient amplement, ils ont été récompensés pour leur incompétence par des sommes exorbitantes volées au Trésor public.

C’est la raison pour laquelle nous avons aujourd’hui des déficits publics colossaux qui, nous dit-on, doivent être payés. Les pauvres « subventionnent » les riches. C’est Robin des Bois à l’envers.

En même temps, on nous informe qu’il n’y a pas d’argent pour payer des « choses inutiles » comme les écoles, les hôpitaux, les soins aux personnes âgées, les pensions, l’éducation, les routes et l’assainissement – qui sont tous dans un état lamentable dans les pays les plus riches du monde.

S’il est un secteur de l’économie qui réclame l’expropriation, c’est bien celui des grandes banques. Pourquoi M. Fukuyama souhaite-t-il les garder en mains privées ?

Si nous limitons la collectivisation aux services publics, les secteurs les plus importants de l’économie resteront tels qu’ils sont – entre les mains de cette oligarchie contre laquelle Fukuyama fulmine. Ce genre de « socialisme » ne résoudrait donc précisément rien.

De toute évidence, le principal problème ici est que Fukuyama confond le socialisme avec la simple propriété étatique et le régime bureaucratique corrompu qui existait en Union soviétique, déjà bien avant sa chute.

Ce prétendu « socialisme » a effectivement échoué, mais il n’avait de « socialisme » que le nom, de toutes façons.

Le socialisme, ce n’est pas une économie vaguement planifiée par un État bureaucratique et corrompu, en fait, une autre sorte de capitalisme, particulièrement archaïque, mais au contraire une démocratie prolétarienne moderne, utilisant tous les moyens techniques et informatiques actuels en vue de faire correspondre au mieux les forces productives et les besoins sociaux réels.

L’expérience vénézuélienne nous fournit un autre verdict accablant sur le simple contrôle bureaucratique des industries nationalisées.

La route chinoise ?

D’après l’article, il semble que Fukuyama pense que le seul rival systémique plausible de la démocratie libérale n’est pas le socialisme mais le modèle capitaliste chinois :

 « Les Chinois soutiennent ouvertement qu’il est supérieur parce qu’il peut garantir la stabilité et la croissance économique à long terme d’une manière que la démocratie ne peut pas… si dans 30 ans, ils sont plus grands que les États-Unis, les Chinois sont plus riches et le pays tient encore ensemble, je dirais qu’ils ont un vrai argument. »

Mais il a mis en garde contre le fait que  » le véritable test du régime «  serait de savoir comment il s’en sort en période de crise économique.

Le confusionnisme de Fukuyama est très bien illustrée par ces lignes.

C’était un empiriste impressionniste il y a 26 ans lorsqu’il s’est fait des illusions dans l’économie de marché parce qu’elle semblait progresser continuellement.

Il demeure un empiriste impressionniste aujourd’hui, sauf que son admiration pour la Chine a augmenté au même degré que son admiration pour le capitalisme occidental (« libéral ») a diminué.

Il est vrai qu’au cours des dernières décennies, l’économie capitaliste chinoise a progressé rapidement. Mais, étant désormais intégrée aux flux du capitalisme financier international, elle souffre elle-même déjà suffisamment nettement des conséquences de la crise pour que sa nature capitaliste et impérialiste apparaisse au grand jour, sauf « officiellement » pour les partis et organisations « de gauche » qui espèrent en recevoir quelques « compensations ».

La Chine souffre aujourd’hui d’une surproduction qui a entraîné une baisse du taux de croissance et une augmentation du chômage.

Le taux de croissance « officiel » de la Chine cette année est de 6,5 %. Impressionnant par rapport aux taux européens, mais trop faible pour compenser sa dépendance aux exportations.

Comme le laisse entendre Fukuyama lui-même, l’économie chinoise est vulnérable aux chocs économiques provenant de l’économie mondiale en général, alors qu’elle éprouve de plus en plus de difficultés à vendre ses surplus de production et qu’elle est en guerre commerciale ouverte avec les États-Unis.

Il est également ironique qu’un homme qui prétend défendre la démocratie libérale se tourne vers la Chine, étant donné que le régime chinois n’est pas connu pour être un modèle de démocratie, même formelle.

En fait, la Chine combine les pires caractéristiques du capitalisme et de la bureaucratie étatique. Sur cette voie, il n’y a aucun espoir pour les travailleurs de la Chine ou de tout autre pays.

 

 

Le capitalisme, c’est la guerre

 

Le monde n’a sans doute jamais été dans une situation aussi instable. En fait, tant que l’URSS existait, il y avait un certain frein à la rapacité de l’impérialisme, et surtout, à celle de l’impérialisme US.

Nous avons certainement parcouru un long chemin depuis les prédictions optimistes d’un monde de paix et de prospérité proférées péremptoirement après la chute du mur de Berlin.

Le monde réel d’aujourd’hui n’a absolument aucun rapport avec cette perspective. Au contraire, il y a constamment guerre après guerre. Outre les horribles conflits qui déchirent des pays comme l’Irak, la Syrie et le Yémen, il y a eu une série de guerres monstrueuses en Afrique.

La terrible guerre civile au Congo (1998-2003) a entraîné le massacre d’au moins 5 millions d’hommes, femmes et enfants.

Cela n’a même pas fait la une des journaux.

Le président Trump a déchiré l’accord avec l’Iran qui empêchait ce pays d’acquérir des armes nucléaires. Il annonce maintenant sa décision de déchirer l’accord signé par Regan et Gorbatchev pour restreindre les programmes nucléaires des Etats-Unis et de la Russie.

Fukuyama s’inquiète de la possibilité d’une guerre Etats-Unis-Chine :

« Je pense que les gens seraient très stupides d’exclure cela, je peux penser à beaucoup de scénarios par lesquels une telle guerre pourrait commencer. Je ne pense pas qu’il s’agirait d’une attaque délibérée d’un pays contre l’autre – comme l’invasion de la Pologne par l’Allemagne en 1939 –

il est plus probable qu’elle provienne d’un conflit local sur Taiwan, sur la Corée du Nord, peut-être une confrontation dans la mer de Chine du Sud, où la tension monte ».

Effectivement, les contradictions entre l’Amérique et la Chine sont très graves. Elles trouvent leur expression dans la guerre commerciale déclarée unilatéralement par Donald Trump, qui peut facilement dégénérer en quelque chose de beaucoup plus grave, qui peut menacer de ruiner l’économie mondiale, et en fin de compte, la paix mondiale.

De même, l’avancée de la puissance chinoise en Asie, en particulier sa tentative de dominer les mers de cette région, est évidemment considérée comme une menace par les États-Unis, tant sur le plan géostratégique que commercial.

Nous avons donc déjà en permanence des petites guerres – « petites » en rapport de l’extension des deux premiers conflits mondiaux, mais tout aussi atroces pour les peuples qui les subissent, en Irak, en Syrie, au Yémen, en Palestine, en Ukraine, etc… ce qui, dans le monde moderne, est une perspective suffisamment horrible.

Mais les guerres ne sont que le reflet des contradictions insupportables entre les pays capitalistes-impérialistes, qui, selon leur nature intrinsèque, doivent se battre pour des marchés comme des chiens affamés se battant pour un morceau de viande.

Le capitalisme est la véritable cause des guerre, et pour éviter la guerre, il est nécessaire d’en éliminer la cause profonde, c’est à dire, le capitalisme lui-même.

La roue de l’histoire

Les déclarations de Francis Fukuyama, de ce point de vue, ont une importance symptomatique considérable. Cet ancien libéral a perdu toute confiance dans l’avenir du capitalisme, mais ne voit aucune alternative viable à celui-ci. Son désespoir théorique est l’expression du désespoir du système lui-même.

L’avenir n’appartient pas à la bourgeoisie effarouchée et en crise, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, mais à la seule force sociale réellement progressiste, cette force qui produit l’essentiel de la richesse de la société : la classe prolétarienne.

Grâce à sa propre expérience, cette classe comprendra que la seule façon d’aller de l’avant est de prendre le chemin du socialisme authentique et du pouvoir prolétarien.

Viriato/Luniterre

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L’article original paru dans le…

https://www.newstatesman.com/sites/all/themes/creative-responsive-theme/images/new-statesman-america.png

History is having its revenge on Francis Fukuyama. In 1992, at the height of post-Cold War liberal exuberance, the American political theorist wrote in The End of History and the Last Man: “What we may be witnessing… is the end point of mankind’s ideological evolution and the universalisation of Western liberal democracy as the final form of human government.”

Twenty-six years later, from the US to Russia, Turkey to Poland, and Hungary to Italy, an Illiberal International is advancing. Fukuyama’s new book Identity: The Demand for Dignity and the Politics of Resentment (his ninth) seeks to grapple with these forces. But when I met the 65-year-old Stanford academic at our offices in London, he was careful to emphasise the continuity in his thought. “What I said back then [1992] is that one of the problems with modern democracy is that it provides peace and prosperity but people want more than that… liberal democracies don’t even try to define what a good life is, it’s left up to individuals, who feel alienated, without purpose, and that’s why joining these identity groups gives them some sense of community.”

His critics, he said, “probably didn’t read to the end of the actual book [The End of History], the Last Man part, which was really all about some of the potential threats to democracy.”

Yoshihiro Francis Fukuyama was born in Chicago in 1952 (he now lives with his wife in California) to a Japanese-American father (Fukuyama’s paternal grandfather emigrated to the US in 1905 during the Russo-Japanese war) and a Japanese mother. He never learned his ancestral language and simply describes himself as American: “It just wasn’t fashionable to be ethnic when I was growing up.”

Fukuyama, who studied political philosophy under Allan Bloom, the author of The Closing of the American Mind, at Cornell University, initially identified with the neoconservative movement: he was mentored by Paul Wolfowitz while a government official during the Reagan-Bush years. But by late 2003, Fukuyama had recanted his support for the Iraq war, which he now regards as a defining error alongside financial deregulation and the euro’s inept creation. “These are all elite-driven policies that turned out to be pretty disastrous, there’s some reason for ordinary people to be upset.

The End of History was a rebuke to Marxists who regarded communism as humanity’s final ideological stage. How, I asked Fukuyama, did he view the resurgence of the socialist left in the UK and the US? “It all depends on what you mean by socialism. Ownership of the means of production – except in areas where it’s clearly called for, like public utilities – I don’t think that’s going to work.

If you mean redistributive programmes that try to redress this big imbalance in both incomes and wealth that has emerged then, yes, I think not only can it come back, it ought to come back. This extended period, which started with Reagan and Thatcher, in which a certain set of ideas about the benefits of unregulated markets took hold, in many ways it’s had a disastrous effect.

In social equality, it’s led to a weakening of labour unions, of the bargaining power of ordinary workers, the rise of an oligarchic class almost everywhere that then exerts undue political power. In terms of the role of finance, if there’s anything we learned from the financial crisis it’s that you’ve got to regulate the sector like hell because they’ll make everyone else pay. That whole ideology became very deeply embedded within the Eurozone, the austerity that Germany imposed on southern Europe has been disastrous.”

Fukuyama added, to my surprise: “At this juncture, it seems to me that certain things Karl Marx said are turning out to be true. He talked about the crisis of overproduction… that workers would be impoverished and there would be insufficient demand.”  Yet the only plausible systemic rival to liberal democracy, Fukuyama said, was not socialism but China’s state capitalist model. “The Chinese are arguing openly that it is a superior one because they can guarantee stability and economic growth over the long run in a way that democracy can’t… if in another 30 years, they’re bigger than the US, Chinese people are richer and the country is still holding together, I would say they’ve got a real argument.” But he cautioned that “the real test of the regime” would be how it fared in an economic crisis.

Fukuyama is troubled by the potential for a US-China war (“the Thucydides trap”, as Harvard academic Graham Allison has called the clash between an established power and a rising one). “I think people would be very foolish to rule that out, I can think of lots of scenarios by which such a war could start. I don’t think it would be a deliberate attack by one country on the other – like Germany invading Poland in 1939 – it’s more likely to come out of a local conflict over Taiwan, over North Korea, possibly a confrontation in the South China Sea that escalates.”

I met Fukuyama on a day the British government had once more failed to agree a Brexit deal with the EU. “Having a referendum in a country with a parliamentary system is really a big mistake,” he surmised. “There are good reasons for having representative government. If Cameron had stuck to that, we wouldn’t have this problem right now.”

For all this, Fukuyama warned liberals not to overcorrect and assume that illiberal democracy is the new end of history. “I think people should calm down a little bit. »

George Eaton, political editor of the New Statesman.

Sources:

https://www.newstatesman.com/culture/observations/2018/10/francis-fukuyama-interview-socialism-ought-come-back

https://framavox.org/d/14OaeFoV/fukuyama-se-rebiffe

https://www.marxist.com/fukuyama-s-second-thoughts-socialism-ought-to-come-back.htm

2008-2018 Situation internationale : 10 ans de crise, Quel remède ?

 

Un article repris du blog

 

TML

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/07/2008-2018-situation-internationale-10-ans-de-crise-quel-remede/

 

 

 

 

2008-2018

 

Situation internationale :

 

10 ans de crise,

 

 

Quel remède ?

 

Article disponible en format PDF:

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/2008-2018-situation-internationale-10-ans-de-crise-quel-remede.pdf

 

Dix ans après le krach de 2008 et le sauvetage in extremis du système bancaire à grand renfort de liquidités surnuméraires déversées par les banques centrales, l’économie réellement productive ne représente toujours, et même avec une disproportion décuplée, que quelques poignées de grains de maïs noyées dans la marmite d’huile bouillonnante de la finance mondialisée…

https://www.upr.fr/wp-content/uploads/2017/08/Screen-Shot-08-02-17-at-10.54-PM.jpg

https://blogs.mediapart.fr/jaschaeffel/blog/030817/quand-va-donc-eclater-la-plus-grosse-bulle-financiere-de-l-histoire

Ce raz de marée sans précédent de liquidités injectées sur les marchés depuis 2008 a pris à nouveau essentiellement le chemin des actifs financiers, même si cela a permis, au passage de renflouer les banques naufragées…( 1 )

Cette manne financière était censée, en outre, non seulement enrayer le risque de récession, mais aussi et surtout, relancer l’investissement dans l’économie réellement productive et donc engendrer une « inflation maîtrisée » en lien avec une très hypothétique reprise de la croissance économique…

Or, en dépit de l’énormité des moyens financiers mis en œuvre, et qui ont donc essentiellement contribué à regonfler une nouvelle bulle financière, la « reprise », dix ans après la crise de 2008, reste des plus symboliques et, à peine ébauchée, elle retombe déjà comme un soufflé vite refroidi, et l’inflation suit la même courbe molle, et, de plus, essentiellement portée par la hausse de l’énergie, la hausse des taxes, et non pas par la consommation populaire, affaiblie par une avalanche de reculs sociaux rendus également incontournables pour la survie du capital. ( 2 )

En Europe, l’échéance de la fin des politiques monétaires de « sortie de crise » est annoncée pour Décembre 2018, tandis qu’aux USA, après un arrêt du flot de liquidités dès Octobre 2014, un plan de liquidation progressive des obligations et actifs toxiques ainsi emmagasinés par la FED s’est mis en place depuis Octobre 17… ( 3 )

Les conséquences réelles de ces politiques monétaires de « Quantitative Easing » sont donc encore à venir, en réalité, et elles risquent de barrer encore longtemps la route de la sortie de crise, sinon d’être elles-mêmes la cause d’une nouvelle crise majeure, qui verrait l’éclatement de la nouvelle bulle financière regonflée depuis dix ans, et sans possibilité, cette fois ci, de réemployer ce même « remède de cheval », sauf à tuer, à coup sûr, le malade…

A court terme, le risque d’un retour de la récession reste le plus grand (4), mais tant que l’excédent de liquidité n’est pas résorbé, et il ne peut l’être que très lentement, le risque de dérapage inflationniste n’est pas à exclure non plus, avec aussi peu de solutions possibles, sauf à risque, là encore, d’achever le malade.

C’est dans ce contexte fondamentalement instable, financièrement et économiquement, qu’éclate, et pour cause, la guerre économique entre les USA et la Chine.

Si la domination du capital financier US reste écrasante, ( 5 ) elle se heurte néanmoins à la difficulté de pouvoir continuer à se développer et à se valoriser dans le cycle productif.

Une poignée de grains de maïs « productifs », jetés dans une marmite financière trop grande éclateront et se dilueront sans conserver le gonflement « bénéfique » du pop-corn financier souhaité au départ… ( 6 ) L’éclatement cyclique de la bulle financière étant inévitable, l’impérialisme US tente néanmoins de sauver sa propre poignée de grains « productifs » dans l’espoir de regonfler sa part de pop-corn à l’issue de la crise, et même de manger celle des autres, si possible, et tant qu’à faire…

Sans le grain de maïs de l’économie productive, pas de pop-corn financier possible…

Si, avec le développement de l’industrie moderne, et encore plus, des nouvelles technologies, le capital financier est devenu le mode de domination indispensable à la survie du capitalisme, il n’en repose pas moins sur l’accumulation de plus-value effectuée dans le secteur productif. Conserver le contrôle d’une part essentielle du secteur productif reste donc la base de la domination de telle ou telle fraction du capital financier. Le pop-corn financier n’est jamais qu’une forme distendue et fictive de la valeur créée au départ dans le secteur productif.

Dans sa forme fictive et démesurément distendue le capital financier n’en conserve pas moins le pouvoir d’acquérir et de contrôler, à travers ses cartels et monopoles, des parts toujours plus importantes du secteur productif. C’est faute de le faire que l’aspect fictif de sa forme reprend le dessus et que la bulle éclate, que le pop-corn achève de se diluer dans l’huile refroidie de la débâcle financière et perd tout pouvoir de survie pour le capitaliste.

C’est ce que le capitaliste US a bien compris, après avoir investi plusieurs décennies durant dans le développement de l’ « atelier du monde », dans lequel il avait réussi à exploiter le prolétariat chinois avec la complicité de la bourgeoisie bureaucratique maoïste finissante, et surtout, de sa fraction comprador groupée autour de Deng Xiaoping. ( 7 )

En allumant ce contre feu face à la bourgeoisie nationale bureaucratique d’URSS, le capital financier US, provisoirement pris à la gorge par les luttes de libération nationales du tiers monde, au tournant des années 70, a pu se reconstituer et reprendre sa position dominante.

Néanmoins, la bourgeoisie bureaucratique chinoise, irriguée financièrement par ce flux US, en a profité pour accumuler patiemment son propre capital financier, en parasite comprador de l’exploitation US du prolétariat chinois et de la classe moyenne formée en marge de cette exploitation.

Depuis, elle n’a de cesse de s’émanciper en tant que nouveau pôle financier « indépendant », c’est à dire impérialiste à son tour.

Après avoir contribué à démanteler, avec la complicité financière des USA, les derniers restes stratégiques de l’industrie européenne, elle est désormais sur le point d’y arriver et se pose en challenger numéro 1, dans tous les domaines, de l’impérialisme US.

En total cumulé, incluant désormais officiellement Hong Kong, la Chine est, loin devant les autres, la seconde puissance financière mondiale derrière les USA, et sur le plan économique, également, voire même la première, selon différents critères statistiques, sur ce plan.

C’est ainsi que la stratégie manipulatrice de l’impérialisme US se retourne maintenant inévitablement contre lui, suivant simplement en cela les lois intrinsèques de l’économie capitaliste, auxquelles il ne saurait échapper, d’une manière ou d’une autre.

Mais cette guerre économique à laquelle il se trouve contraint pour conserver sa domination se déroule également sur le fond des guerres bien réelles, au sens basique et militaire du terme, qui se sont développées ces dernières décennies, et dont il est presque systématiquement à l’origine, directement ou non, en fonction de ses « alliances » avec diverses bourgeoisies vassales et comprador locales.

Sur ce plan, toutefois, il se heurte violemment à la résistance des peuples et des bourgeoisies nationales qui refusent d’être asservis à ses intérêts financiers et tentent de survivre indépendamment. ( 8 ) Ces mouvements de résistance, jadis plus ou moins soutenus et fédérés par la bourgeoisie nationale bureaucratique d’URSS ont néanmoins survécu à son effondrement et l’impérialisme US et ses vassaux occidentaux ont tenté de les réduire, non sans un relatif succès, comme en Libye, mais sans parvenir complètement à leur fins, sans parvenir à établir des régimes comprador suffisamment stables pour y préserver pleinement leurs intérêts.

L’URSS elles-même, entrée dans une phase comprador avec l’ère Gorbatchev-Eltsine, s’est effondrée en tant que structure fédérant diverses nations, mais la Russie comprador d’Eltsine n’a, pas plus que d’autres régimes fantoches « sponsorisés » par les USA, réussi à trouver une stabilité dans cette soumission, ouvrant finalement le passage à un retour de la bourgeoisie nationale russe, avec Poutine comme figure de proue.

Ruinée, économiquement, la bourgeoisie nationale russe s’appuie à nouveau sur l’exploitation de ses ressources naturelles en matières premières, comme elle le faisait déjà sous l’ère Brejnev, ( 9 ) et reconstitue son industrie militaire, héritée de la même époque, mais largement démantelée sous l’ère comprador Eltsine. Faute de pouvoir encore développer son industrie plus classique et sa finance elle tente de résister par une stratégie d’alliances avec les autre bourgeoisies nationales qui tentent elles aussi de résister à la domination US.

Le développement d’une industrie moderne et « compétitive » exige l’investissement de capitaux financiers très importants, tels qu’ils n’ont jamais pu être accumulés en Russie, depuis l’ère de la contre-révolution khrouchtchevienne (10), et pas non plus sous les ères bureaucratiques Brejnev et Gorbatchev, parasitées par le développement du capitalisme mafieux, issu des goulags « libérés », en marge de la bureaucratie, et, le plus souvent, en symbiose effective avec elle (11). C’est la grande différence de type de « développement » entre le capitalisme bureaucratique russe et le capitalisme bureaucratique chinois, irrigué, quant à lui, par les flux financiers US, dès 1972 et la célèbre entrevue Nixon-Mao.

L’importance du flux financier US, plus deux décennies d’expérience supplémentaires dans l’intégration aux flux de la finance mondialisée, ont irrémédiablement creusé l’écart entre ces deux géants, par ailleurs comparables, sur le plan géostratégique, par leur importance d’ordre planétaire.

Avec même un avantage à la Russie concernant les ressources naturelles et l’étendue de son territoire, qui en fait le plus grand pays du monde, en superficie, et l’un des mieux situé sur la planète, par rapport aux principales zones de développement économique.

A défaut d’en faire un concurrent réel en termes de capitalisme financier et industriel, cela en fait une cible évidemment extrêmement convoitée par les puissances impérialistes, aussi bien anciennes, US et européennes, que par la Chine.

Pour ne pas passer sous la domination de l’un ou de l’autre elle n’a que deux armes, dont l’une, l’exportation de matières premières, est par définition à double tranchant, du fait de la dépendance aux cours et à la concurrence en grande partie contrôlée par les USA. L’autre, c’est évidemment la force armée, coûteuse, et qui doit être rationalisée au maximum, en fonction des moyens.

La Russie, remarquée sur la scène internationale par le succès de son intervention de soutien à la bourgeoisie nationale syrienne, n’en opère pas moins à partir d’un budget extrêmement limité et en réalité inférieur à celui de la France, par exemple, qui intervient sur le même terrain en tant qu’alliée de l’impérialisme US, et dans l’espoir, à la fois, d’abattre la bourgeoisie nationale syrienne et de réduire l’influence de la Russie et de ses alliés en résistance contre l’impérialisme US.

Sur le plan financier il est également utile de rappeler que le total du capital financier russe avoisine difficilement celui de l’Espagne et reste déficitaire en termes d’échanges internationaux, entre exportation et importation de capitaux, et au total, à un niveau encore plus réduit.

Il est donc ridicule, à tous points de vue, de parler d’ « impérialisme russe », comme le font ceux qui rêvent simplement de dépecer la Russie, y incluant leurs complices de « gauche » et d’ « extrême-gauche », trotskystes, maoïstes, anarchistes, etc… (et parfois même, pseudo- « marxistes-léninistes »!)

Encerclée par les forces et les puissances OTANesques, sur les trois quarts de sa périphérie, et par la Chine, pour le reste, elle n’a d’autre choix que la résistance ou la soumission, comme semi-colonie, aux occidentaux ou à la Chine. C’est pourquoi il est vital, pour elle, de trouver des alliances en dehors de cette tenaille et c’est donc pourquoi elle se trouve obligée d’intervenir militairement partout ou une bourgeoisie nationale locale tente de survivre et sollicite de l’aide de sa part, comme cela se produisait du temps de l’URSS, du reste.

S’il est clair que le retour de la Russie sur le devant de la scène internationale est effectivement frappant, et à plus d’un titre, il faut donc bien comprendre que le rôle de l’agresseur, dans tous les conflits où elle se trouve mêlée, n’est généralement pas le sien, mais systématiquement, même si parfois indirectement, celui de l’impérialisme US et de ses alliés et complices. En réalité, ils n’ont de cesse, directement ou indirectement, de réduire son influence, et cela en dépit de leurs engagements pris au moment du démantèlement de l’URSS, sans parler de ceux d’avant.

Faute d’oser s’en prendre encore directement à la Russie, l’impérialisme US a donc tenté de renforcer son emprise partout où il le pouvait et notamment dans les autres régions d’importance géostratégique, géo-économiques, et donc d’importance géopolitique, de par le fait. Au premier rang desquelles, le Proche-Orient, évidemment.

Le Proche-Orient combine à la fois la chance, ou la malchance, trop souvent, d’être à la fois un carrefour géostratégique et une région riche en ressources naturelles essentielles stratégiquement, question pétrole et gaz.

Il est donc d’abord et avant tout le carrefour des convoitises impérialistes de toutes sortes et le lieu d’élection du fortin colonialiste sioniste, en voie d’expansion permanente, par tous les moyens criminels qu’on lui connaît. Mais ce fortin, Israël, avant-poste de contrôle au service des convoitises yankee, ne suffit plus, désormais, face à la révolte des autochtones palestiniens et des peuples environnants, à garantir la sécurité des ressources locales au profit de l’Occident. Un « remodelage » de toute la région a donc été entrepris, outre celui entamé par les sionistes, en vue de reconstituer une infrastructure néocoloniale à l’échelle régionale.

Après de multiples et sanglantes guerres locales fomentées par l’impérialisme et ses supplétifs terroristes locaux et « internationaux », ce plan est sur le point d’être mis totalement en échec, du à la résistance locale, soutenue par l’Iran et efficacement secondée par l’intervention russe, sollicitée par la bourgeoisie nationale syrienne.

L’Iran est clairement la poche de résistance locale qui a donné le plus de fil à retordre à toutes les tentatives impérialistes dans la région, (12) avec ses alliés libanais et syriens. Il est clairement, désormais, la cible centrale de la stratégie de déstabilisation et d’étranglement économique pratiqué par l’impérialisme, et par les USA, en premier lieu, avant une intervention militaire qui serait certainement, par contre, encore plus ardue, pour les impérialistes, que les précédentes…

Dans le même esprit kollaborationniste qui anime une grande partie de nos « démocrates » occidentaux et autres « gauchistes » prétendument « humanistes », l’Iran serait aussi un de ces « impérialismes » locaux à vocation expansionniste et prédatrice de son voisinage… Une sorte de version locale du prétendu « impérialisme russe ». Là encore, le ridicule n’arrête pas ces propagandistes zélés du véritable impérialisme, généralement le leur, en dépit d’un rapport de proportion encore plus dérisoire, si possible : le capital financier de l’Iran est de l’ordre du 1/5ème de celui de la Russie, sa capacité d’ « exportation » de capitaux quasiment indétectable, et quant à ses possibilités d’accueillir quelques investissements étrangers, on a rapidement vu ce qu’il en était dès que l’Oncle Sam-Trump a levé la main pour dire « stop ! »…

De Moscou à Téhéran, et dans toute les régions où ces deux pays ont des alliés, s’est donc ouverte une ligne de fracture solidarisant entre elles, par nécessité, les bourgeoisies nationales récalcitrantes et résistantes face à la rapacité de l’impérialisme, et de l’impérialisme US, en premier lieu.

C’est, actuellement, à l’échelle planétaire, le seul front sur lequel l’impérialisme a subit quelques revers significatifs, ces derniers mois, et cela après une suite d’agressions diverses, en Afghanistan, Irak, Lybie, etc… où tous ses objectifs sont loin d’avoir été atteints, cependant. Au Yémen, encore actuellement, le sort du combat est loin d’être décidé et la résistance continue, avec, là aussi, le soutien de l’Iran.

D’une manière générale, il n’y a pas, pour autant, d’illusions à se faire sur la nature sociale des bourgeoisies nationales, même en phase de résistance anti-impérialiste. Elles restent les tenantes d’un régime capitaliste, et ne font que les concessions sociales qui leur sont nécessaires pour obtenir une certaine cohésion populaire de soutien à leur régime, ou bien que le prolétariat les contraint à céder par ses luttes. Le cas de la réforme réactionnaire des retraites en Russie est exemplaire à ce sujet. (13) Les reculs sociaux leurs sont aussi en partie dictés par les restrictions financières et les sanctions économiques imposées par l’impérialisme. Elles se trouvent donc constamment à la fois dans la tentation de capituler pour espérer un relâchement de ce côté et dans celle de recréer une cohésion nationale au détriment de leur propre intérêt immédiat. Leur statut n’est donc jamais durablement fixé mais pour autant leur capitulation vis à vis de l’impérialisme n’a jamais apporté que des reculs sociaux encore pire pour le prolétariat, et une dégradation générale de ses conditions de vie et de lutte.

Pour les prolétaires de ces pays, la situation est particulièrement difficile et complexe, car il ne doivent en aucun cas renoncer à l’autonomie de leur classe et de leur organisation de classe, et la créer de façon tout à fait indépendante, le cas échéant, et continuer de la renforcer, quoi qu’il en soit. Néanmoins il doivent également absolument éviter de se faire le jouet des manipulations impérialistes visant à instrumentaliser leurs luttes au service des factions comprador de la bourgeoisie locale.

En occident, et, d’une manière générale, dans les métropoles impérialistes, il n’y existe évidemment plus du tout de restes significatifs de la bourgeoisie nationale, quoi que prétendent certains opportunistes, (14) et la situation est donc plus simple : il n’y a pas de transition possible qui ne soit directement une rupture avec le capitalisme et l’économie de marché, qui en est la base actuelle. C’est la réorganisation de la production et des services, en fonction des besoins sociaux les plus urgents, définis démocratiquement par le plan-programme, qui est le seul objectif politique pouvant unifier le prolétariat et les autres couches populaires dans une perspective d’avenir meilleur (15). La survivance de très petites entreprises, essentiellement individuelles, ou « autogérées » est peut être possible, dans un premier temps, jusqu’à leur intégration à un système coopératif en lien avec le plan, mais pour tout ce qui est vital et stratégiquement essentiel, c’est la détermination des besoins collectifs qui donne la direction à suivre, et non les aléas du marché.

Pour autant, même si les reculs sociaux se sont accélérés et accumulés depuis 2008, en Occident, les luttes sociales y sont encore loin d’avoir remis en cause le capitalisme et l’impérialisme. Tout au plus, elle n’ont fait que tenter, sans aucune chance de succès, d’en revenir au statu quo ante, tel qu’à l’époque d’avant la crise, sans percevoir le changement de paradigme impliqué par la mondialisation et l’émergence de l’empire industriel chinois et d’autres pays sur la scène internationale.

Même la gauche syndicale et politique s’est contentée, et se contente encore, en France notamment, de rabâcher son ronron réformiste, en usant, formellement, au plus fort des luttes, et pour ne pas perdre sa base, d’un langage un peu plus « radical » dans la formulation de ses revendications réformistes. Fondamentalement, elle reste dans le soutien de son propre impérialisme et de l’impérialisme US qui le chapeaute, et cela au nom de la « démocratie » et de l’ « humanisme » ! Accessoirement, une autre aile « gauche de la gauche » verse dans le soutien, plus ou moins clairement stipendié, à l’impérialisme chinois, feignant d’ignorer le fait que derrière ce prétendu « socialisme à la chinoise » se dissimule le même système d’exploitation capitaliste/impérialiste. (16)

Ce que les guerres du Proche-Orient ont mis en lumière, même si ce n’est pas encore perçu de tous, c’est la capacité de l’impérialisme, à travers la manipulation du terrorisme, à inverser les rôles et à se présenter comme défenseur des libertés, tout en agressant les peuples et les nations qui veulent simplement conserver leur indépendance et se développer économiquement en dehors de sa domination.

De la même façon, et encore plus efficacement, il parvient à inverser les responsabilités concernant les flots de réfugiés et de migrants engendrés par ses guerres d’agression. Il parvient, en manipulant les mouvements réellement humanistes à solidariser les population des métropoles avec les victimes de ses guerres, mais en en dissimulant les causes économiques et financières réelles et tente, de cette manière, de les légitimer.

Alors que ces flots de migrations, comme les précédents, iront simplement grossir la masse des prolétaires exploitables dans les métropoles, et, avec la crise, principalement accroître la masse des chômeurs, faire pression sur les salaires, creuser les inégalités et accentuer les conflits racistes inter-communautaires, pour le plus grand profit du capital.

Alors que le moyen évident, mais ainsi dissimulé par le capital, pour éviter ces guerres et ces flots de misère et de mort, c’est tout simplement la fin du système capitaliste et impérialiste.

Les prolétaires et l’ensemble des travailleurs des métropoles n’ont pas d’autres intérêts immédiats, quant au fond, que ceux des millions de victimes des guerres impérialistes du Proche-Orient et d’ailleurs.

C’est la crise intrinsèque du système capitaliste mondialisé qui engendre et exacerbe son agressivité destructrice. La finance impérialiste doit s’étendre partout où c’est encore possible pour trouver de nouvelles opportunités de profits, et cela passe par la destruction de tout ce qui lui résiste, destruction par elle-même « profitable » au sens capitaliste du terme, en engendrant de nouvelles inégalités sociales à l’échelle internationale et de nouveaux marchés de « reconstruction ».

Mais la finance mondialisée n’a jamais pour but de répondre réellement aux besoins des populations. La crise de 2007-2008, dite des « subprimes », a commencé avec les crédits litigieux accordés aux familles des classes populaires incapables de trouver un logement autrement. Le but de l’opération n’était évidemment pas de loger les pauvres, mais bien une vaste escroquerie financière, et « légale », qui plus est, au regard du système capitaliste.

Aujourd’hui le système tente encore de légitimer toutes les ruines et les guerres qui s’en sont suivies…

Alors qu’il n’a évidemment aucune motivation de répondre aux besoins réels des populations, mais seulement de continuer à entasser des profits.

Et pour y arriver il a désormais autant besoin, dans sa phase de crise systémique, des guerres réelles qu’il développe à tous propos que de la guerre économique, prélude potentiel à une confrontation généralisée, une troisième guerre mondiale, qui mènerait l’humanité encore plus près de sa fin que ne le fait l’exploitation actuelle des ressources humaines et naturelles.

La situation tragique du Proche-Orient est actuellement l’illustration sanglante de ce qu’est la nature réelle du capitalisme/impérialisme, mais les mêmes causes et les mêmes effets se retrouvent aux quatre coins de la planète.

Les prolétaires victimes des guerres, les prolétaires réfugiés, et tous les prolétaires des métropoles impérialistes elles-même n’ont pas d’intérêts différents, quant au fond.

Leur intérêt commun est d’assurer la défaite de l’impérialisme partout où les peuples résistent et préparer, par leur lutte et leur organisation de classe, l’avènement d’un monde gérant les ressources de la planète, la production et les services, en fonction des besoins sociaux réels des populations, et non en vue d’accumuler du capital !

La lutte anticapitaliste dans les métropoles n’a de sens que si elle intègre la solidarité avec les peuples déjà en lutte contre l’impérialisme, dans un mouvement de résistance globale, anticapitaliste et anti-impérialiste !

Dans le rapport de forces actuel, la compréhension de cette solidarité, nécessaire à la fois pour dépasser les clivages intra-communautaires et le stade de la kollaboration de classe pseudo- « humaniste », c’est un premier pas vers l’émergence d’une conscience de classe nouvelle, reflétant la réalité de la situation du prolétariat en ce début de 21ème siècle.

Luniterre

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NOTES :

 

( 1 __ https://blogs.mediapart.fr/jaschaeffel/blog/030817/quand-va-donc-eclater-la-plus-grosse-bulle-financiere-de-l-histoire

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/situation-eco-2018-gallois.pdf   )

( 2 __ https://www.tradingsat.com/actualites/marches-financiers/marche-zone-euro-l-inflation-estimee-a-12-sur-un-an-en-septembre-827321.html

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/10/04/20002-20181004ARTFIG00342-l-insee-revoit-sa-prevision-de-croissance-a-la-baisse-pour-2018.php

Alors qu’en janvier 2018, le ton, déjà prudent, était :

https://www.huffingtonpost.fr/jean-luc-ginder/pourquoi-il-ne-faut-pas-se-rejouir-trop-vite-de-la-reprise-economique-tant-attendue_a_23323826/ )

( 3 __ « Fed set to press the button to unwind quantitative easing (20/09/2017)»

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/usa-fed-unwind-qe-09-2017.pdf

Voir également :

https://www.worldfinance.com/banking/the-qe-reversal

https://wolfstreet.com/2018/10/04/feds-balance-sheet-normalization-reaches-285-billion/

https://wolfstreet.com/2018/08/03/fed-accelerates-qe-unwind-balance-sheet-normalization/   )

( 4 __ https://www.cnbc.com/2018/09/29/global-monetary-policy-is-getting-tighter-and-veteran-investor-boockvar-sees-a-red-flag.html )

( 5 __ https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/usa-chine-guerre-eco-doc-iris-03-10-2018.pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/ )

( 6 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/10/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/15/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif-suite/ )

( 7 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/ )

( 8 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/ )

( 8 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/ )

( 10 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/20/lettre-ouverte-au-rocml-a-propos-des-sept-questions-sans-reponses/ )

( 11 __ https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

Cité in :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/ )

( 12 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/15/solidarite-avec-la-resistance-anti-imperialiste-en-iran/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/10/appel-des-travailleurs-iraniens-de-la-metallurgie-aux-syndicalistes-et-aux-pacifistes-du-monde-entier/ )

( 13 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/19/ne-khotim-umirat-na-rabote-pour-ne-pas-mourir-au-travail-finalement-le-vent-se-leve-a-lest/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/29/russie-contre-la-reforme-des-retraites-le-combat-continue/ )

( 14 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/03/le-mythe-du-nouveau-cnr-vieux-serpent-de-mer-du-social-chauvinisme/ )

( 15 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/democratie-proletarienne-et-planification-socialiste-le-role-de-linformatique-et-de-linteractivite/ )

( 16 __ https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/l_imperialisme-chinois-a-l_assaut-de-l_afrique.pdf )

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Inédit de Trotsky : une page d’ Histoire particulièrement révélatrice ! ( Synthèse )

 

 

 

Synthèse des polémiques récemment développées

 

                                           Sur

 

TML :

 

 

 

Un nouveau débat historique sur l’URSS et la question de sa nature de classe nous a récemment amené à la redécouverte d’un texte de Trotsky, écrit en 1932, et republié en France, en 1933, sous le titre : « L’Économie soviétique en danger, signal d’alarme, le danger menace de plus près ! », supputant manifestement que l’URSS était sur le point de s’effondrer…

Étrangement, ce texte n’a jamais été réédité en français, depuis, et reste quasi introuvable, sauf en bibliothèques, avec seulement six exemplaires connus de cette édition française, dont deux seulement en France (Nanterre et BNF).

http://www.worldcat.org/title/economie-sovietique-en-danger-signal-dalarme-le-danger-menace-de-plus-pres-par-l-trotsky/oclc/458398127

Inaccessible, même sur le net, au commun des mortels autodidacte, donc…

L’intérêt historique en était néanmoins apparent par diverses citations, dont l’une, courte mais significative, par Michel « Pablo »-Raptis, dans son étude sur la pensée économique de Trotsky… ( 1 )

La question est venue en débat à la suite de :

De la réalité historique (ou non ? …selon Trotsky ) du socialisme en URSS

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/22/de-la-realite-historique-ou-non-selon-trotsky-du-socialisme-en-urss/

C’est à partir du fragment cité par « Pablo »-Raptis que nous avons pu remonter jusqu’à une version anglaise du texte, accessible sur le net, et de là, à l’original russe de Trotsky…

On doit évidemment s’interroger sur les raisons de cette carence des trotskystes français, qui auraient en quelque sorte ainsi « censuré » cette partie essentielle de l’œuvre de leur maître à penser… !! Ce que ce débat a montré, comme d’autres avant, c’est que les « inédits » et autres textes « oubliés », que ce soient ceux de Trotsky ou de Mao, comme on l’a également déjà vu, ne sont pas restés « inédits » par hasard !

Ce que la suite du débat a montré, également, c’est précisément la nécessité d’en revenir au texte russe de Trotsky lui-même, et non à sa « traduction » anglaise, délibérément édulcorée, semble-t-il, si l’on veut réellement comprendre la vraie nature de la pensée économique de Trotsky !     A présent, ce travail de traduction, concernant le passage débattu, directement à partir du texte russe, est terminé, et quelques nouvelles précisions s’en sont dégagées, en guise de conclusion. Les voici, et, à la suite, ce passage essentiel, dans cette nouvelle traduction, donc, et encore à la suite, l’original russe et la version anglaise.

En effet on peut mesurer à quel point, et surtout sur les derniers paragraphes, le « traducteur » anglais s’est éloigné du texte russe pour en édulcorer la portée méprisante manifeste du texte de Trotsky, spécifiquement dirigée contre le système des Kolkhozes, et non des « fermes collectives » en général…

Il leur fait délibérément le procès d’intention de mener un commerce « individualiste », et non pas même simplement de se comporter en « paysans indépendants », ou même d’être avec eux sur les marchés (« bazars »), alors qu’évidemment une telle catégorie de « paysans individuels » n’existe plus, à cette époque, ce qui dénote l’inculture politique de ce « traducteur » outre sa mauvaise foi, sauf pour faire « avaler » ce texte au lecteur anglophone, spéculant, pour le coup, sur son ignorance. Procédé typiquement trotskyste, et c’est même en cela, seulement, qu’il est « fidèle » à son maître ! Le terme единоличниками utilisé par Trotsky signifie littéralement « individualistes ». Dans le contexte, il ne peut donc plus faire allusion aux anciennes exploitations familiales, mais bien aux productions des lopins « individuels » des Kolkhoziens, qui pouvaient tout à fait légitimement vendre leurs excédents sur le marché. Par la suite, les critiques récurrentes (bourgeoises et trotskystes) porteront sur la différence de « rendement » entre lopins et cultures collectives, passant tout à fait à la trappe cette évidence qu’il ne s’agit pas du tout du même type de culture, principalement maraichère et petit élevage, sur les lopins, et de type extensif et céréalière, en collectif. Il est évident que le Kolkhozien ne faisait pas son pain familial à partir de quelques épis de blé semés dans un coin de son jardin, entre les poireaux et les salades, mais ce genre d’évidence « échappe » mystérieusement à ces « experts en soviétologie » !!

Finalement, après avoir travaillé directement sur le texte russe de Trotsky, il apparait précisément nécessaire de souligner l’emploi du mot базар [« bazar »] qu’il utilise pour caractériser les marchés Kolkhoziens, qu’il oppose expressément ( « bazar asiatique ») à la notion économique globale de « marché » ( рынок ), comprise comme loi de l’offre et de la demande, autrement dit, la loi du marché. Il est en effet clair que c’est là, pour lui, ici, un moyen de souligner concrètement le rôle « régulateur » qu’il entend faire essentiellement jouer à cette loi, tant dans la définition du plan que dans son application. Et cela tout à fait en conformité et cohérence avec ce qui s’avère être systématiquement le fond de sa pensée économique, et notamment en matière de transition.

Considérer que la loi du marché est l’élément régulateur essentiel de l’économie, en lieu et place de la loi de la valeur, c’est, rappelons le, carrément une inversion de la dialectique marxiste qui définit l’interaction de ces deux lois ( 2 ). Comme on l’a déjà vu lors du premier débat de fond sur la question ( 3 ), cette « inversion »-révision des fondamentaux du marxisme n’est pas limitée, chez lui, à la problématique de la transition, mais correspond bien à sa prétendue « lecture », « relecture » en réalité, de Marx. Elle n’en constitue, finalement et formellement, qu’une sorte de paraphrase « marxisante », seulement propre à séduire les « intellectuels » petits bourgeois et les ignorants. Elle n’est jamais, malgré ce vernis « rouge », qu’une vulgaire réinterprétation du mythe libéral de la « main du marché » ! Et, de plus, comme le souligne Michel « Pablo »-Raptis, un de ses disciples de la toute première heure de la pseudo « IVe Internationale », cela constitue pratiquement une anticipation de ce qu’est aujourd’hui le « socialisme de marché », qui n’est en rien une forme de « socialisme » …sauf pour les trotskystes/ »pablistes », évidemment !! ( 1 )

Bien évidemment, outre ce vice fondamental, la rhétorique de Trotsky se raccroche désespérément à toutes les faiblesses et défauts inévitables de la jeune URSS, pour tenter d’en prédire l’échec prochain, qui eut « justifié » son argumentation et ses vaines tentatives de reprendre pied dans la politique soviétique. Or déjà en 1932 son argumentation contient elle-même sa propre contradiction en reconnaissant, notamment, et de façon très appuyée, dès l’introduction de cet ouvrage, les succès de l’économie soviétique, sur le point de décoller, …et donc sur la « pente », en réalité très ascendante, qui en fera la seconde puissance mondiale en seulement une douzaine d’années ! Et cela, de plus, incluant la seconde guerre mondiale, dont elle sortira encore grandie, même si profondément blessée. Le pronostic expressément « alarmiste » contenu dans le titre, surtout en français (l’original, plus sobre, s’arrêtait à « …en danger ! ») s’est donc avéré totalement faux, contrairement à la supposée lucidité prêtée à Trotsky par ses adeptes…

Bien entendu, il ne s’agit pas, pour autant, de considérer comme insignifiants les défauts qui, combinés avec les séquelles de la guerre dans les superstructures de l’URSS, finiront par ouvrir la porte aux révisionnistes dont Trotsky n’était, finalement, qu’un précurseur formellement « gauchisant » pour mieux dissimuler le fond de sa pensée.( 4 )

En effet, la politique qu’il propose pour les Kolkhozes, (« Cela ne veut pas dire, pour autant, que la collectivisation, déjà à son premier stade, mène à la liquidation du marché. La collectivisation ne peut être viable que dans la mesure où elle laisse en vigueur l’intérêt personnel des kolkhoziens, en construisant leurs rapports mutuels, comme les rapports des kolkhozes avec le monde extérieur, sur les fondements du calcul commercial. » ) , c’est évidemment et très précisément une « anticipation » de la future politique liquidationniste de Khrouchtchev à l’égard des Kolkhozes ( 5 ), et de ses « réformes », avec leurs conséquences désastreuses sur le plan économique et social, induisant une dépendance irréversible à l’égard des livraisons de blé occidental, et principalement, US, et un recul, également irréversible, des conditions de vie en URSS, seulement provisoirement « soulagé » pendant quelques années « brejneviennes » par la rente pétrolière. ( 6 ). C’est ce que révèle la véritable cassure démographique en URSS, causée principalement non pas par l’effondrement de l’URSS elle-même, qui n’a fait qu’accentuer le phénomène, mais bien par la contre-révolution khrouchtchevienne :

Naturellement, et selon l’habitude de Trotsky, ce texte se veut une critique cinglante de la politique économique de l’URSS.

En 1932, la situation de l’URSS est celle d’une grande mutation, avec l’abandon de la NEP et l’amorce décisive de l’industrialisation. La collectivisation agricole s’était incontestablement enclenchée dans des conditions particulièrement dramatiques, suite à la « crise des grains » et à la pénurie engendrée par l’action spéculative des Koulaks, exacerbée par les mauvaises conditions climatiques. On sait aujourd’hui, par les historiens et économistes russes contemporains, que la collectivisation était devenue incontournable, dans ces conditions, même si elle intervenait trop tard pour enrayer la catastrophe alimentaire en cours. Du moins en a-t-elle éradiqué les causes qui étaient, selon eux, chroniques depuis la fin du XIXe siècle. ( 7 )

Naturellement, Trotsky, comme ses adeptes après lui, adopte le point de vue occidental, anticommuniste et anti-soviétique, en réalité, qui inverse les effets et les causes, et charge au maximum la politique de l’URSS.

Mais au delà de cet aspect historique polémique, ce qui est particulièrement en cause, dans ce passage, ce sont bien les principes fondamentaux de l’économie de transition.

Veut-on, par la révolution prolétarienne, construire le socialisme ? Veut-on une économie de transition socialiste qui soit donc réellement une rupture avec le capitalisme ?

Ou bien veut-on simplement une politique de « nationalisations » des grandes entreprises, assortie formellement d’une « planification », mais qui reste dans le cadre d’une économie de marché, à la base ?

Une telle alternative n’a évidemment de socialisme que le nom, et c’est ce qui s’appelle, aujourd’hui, « socialisme de marché »… « Pablo »-Raptis n’a donc fait que réactualiser le langage de son maître à penser, sans en altérer aucunement le sens réel, ce que refusent de voir, et même, cherchent à dissimuler, les responsables actuels des différents groupuscules trotskystes qui se disputent l’héritage de l’ « orthodoxie » de ce « maître » ! (A rappeler que « Pablo »-Raptis était tout à fait personnellement et directement proche de Trotsky lui-même lors de la très confidentielle fondation de la IVe internationale, à Périgny, en 1938.)

Mais c’est bien d’une question de choix de société qu’il s’agit ici, et non pas seulement d’une querelle byzantine sur les différents sens du mot « marché ». Dans une économie de transition, en rupture avec le capitalisme, ce qui guide la planification, selon Marx, c’est la définition collective des besoins sociaux, qui, précisément, cesse d’être livrée aux aléas du marché, mais exprime la volonté politique collective du prolétariat et le choix des priorités qu’il se donne, en fonction, évidemment, des moyens et ressources disponibles, qui, à ce stade, sont nécessairement limités.

Il est clair, par contre, que dans la logique du marché, « trotskyste » ou non, ce sont les besoins individuels solvables qui s’expriment et donnent la mesure, entrant évidemment en contradiction avec les nécessités collectives « non rentables » en termes de marché, et que les phénomènes d’inégalités, d’injustice sociales et finalement, de crise économique, ne peuvent que renaître inévitablement, même après une période d’équilibre précaire provisoirement retrouvée. C’est ce que montre l’expérience de la NEP, faisant inévitablement ressurgir le capitalisme et ses tares mortelles.

Il est tout aussi évident que l’économie de transition ne saurait, de manière tout à fait utopique, se débarrasser du jour au lendemain des stigmates de l’économie marchande, mais ce que Marx nous explique, essentiellement dans la Critique du Programme de Gotha, c’est la possibilité de combiner plan collectif et échanges entre producteurs régulés en valeur-travail, en fonction du plan décidé, et non en fonction des aléas du marché. C’est, selon Marx, ce principe d’échange, encore formellement « marchand », au sens de la valeur travail considérée comme mesure de l’échange, qui permet la correspondance entre forces productives et besoins sociaux, individuels et collectifs, et non la loi du marché, ici définie par Trotsky comme principe régulateur, tout à fait à la manière des ultra-libéraux bourgeois et de leur prétendue « main du marché » !! De plus, ici, il associe expressément « démocratie » et « économie de marché »… !

Comme on l’a déjà vu ( 2 ), il finira, en 1939, par « théoriser » cette dérive dans un opuscule destiné à résumer, à sa façon (!), les principes du marxisme :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Rappelons encore, pour mémoire, mais c’est une évidence, que la planification, en économie de marché, ne produit au mieux que des effets marginaux et n’interrompt en rien les cycles de crises du capitalisme, comme le montre, à grande échelle, l’économie chinoise actuelle.

A noter encore, l’habituelle duplicité de Trotsky, dans cet ouvrage, où il commence, dès les premières lignes, contraint par l’évidence et la nécessité de se trouver quelques lecteurs, par faire les louanges des réussites de la construction du socialisme en URSS, pour, aussitôt après, s’emparer des difficultés évidentes et incontournables et en venir à dénigrer la nature socialiste de la même URSS, reprenant sa logique absurde de l’impossibilité d’une telle construction…

Rappelons encore cette évidence, effectivement « oubliée », tant par Trotsky que par ses adeptes modernes, qu’une économie de transition, c’est précisément une économie de transition vers le communisme, et une première phase du communisme, donc, où subsistent donc encore les traces de l’économie marchande, à travers les échanges en valeur-travail, et que c’est en fonction de cette problématique qu’on l’a communément baptisé socialisme, mais que vouloir inventer, comme le fait Trotsky, déjà, ici, et plus tard, avec son « programme de transition », une « transition vers la transition », et en plus, basée sur l’économie de marché, c’est carrément se moquer du monde et en pratique, mettre précisément un obstacle de plus sur la route du socialisme et du communisme, mais il apparaît d’autant plus évident, à la « lumière » de ce texte, que c’est là, de toutes façons, sa fonction politique essentielle.

Ce concept absurde d’une « transition vers la transition » est expressément formulé, du reste, quelques lignes plus loin, dans ce texte de 1932 :

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

A noter, de plus, que cette prétendue « transition vers la transition socialiste » se présente d’emblée comme un renoncement à l’équilibre économique…

On comprend aisément pourquoi… !  

Il est à remarquer que Trotsky utilise ici le terme закономерность, assez peu courant, et qui n’a qu’un sens possible, dans le contexte, celui de loi en tant que « principe de fonctionnement économique », comme on pourrait parler des lois de la physique, de la biologie, etc… Alors que закон, plus courant, peu s’entendre aussi bien pour « les lois de la physique » que pour « les lois de la République », par exemple… ! Il n’est donc pas douteux qu’il nous parle ici d’un stade de transition qu’il entend distinguer du socialisme lui-même, qui se comprend pourtant, dans la pensée marxiste, au sens de la « phase de transition » considérée comme la première phase du communisme, selon le principe économique posé par Marx lui-même, notamment dans la Critique du Programme de Gotha :

     https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

  A souligner encore que ce « développement créatif », de la part de Trotsky, dès 1932, donc, est cohérent avec la stratégie qu’il prétendait construire autour de son célèbre « Programme de Transition » (IVe Internationale, 1938), toujours considéré comme une base du trotskysme actuel, et qui ne peut donc toujours pas être considéré comme un réel programme de transition, au sens marxiste du terme, c’est à dire comme base de la transition socialiste, première phase du communisme.

Il nous est couramment reproché, sur TML, d’être un blog « stalinien »…

En réalité, ce qui nous intéresse, entre autres sujets importants, sur TML, c’est de comprendre les leçons historiques que l’on peut tirer de l’expérience de l’URSS, aussi bien dans les qualités qui lui ont en réalité permis un décollage économique exponentiel, malgré les circonstances dramatiques de sa naissance, ce que Trotsky est bien obligé de reconnaître, et qui permettra, moins de dix ans après, d’arrêter les nazis aux portes de Moscou, que dans les défauts intrinsèques qui ont amené la contre-révolution khrouchtchevienne et l’effondrement final de l’URSS.

Les leçons du processus de transition en URSS sont à chercher aussi bien dans ses qualités et succès que dans ses échecs et défauts, et cela fait de TML un blog qui justifie sa revendication au marxisme-léninisme, et non singulièrement un blog « stalinien »… !

Finalement, le seul effet notable du trotskysme, en se prétendant le « meilleur ami critique » de l’URSS, c’est clairement d’avoir ouvert une porte « de gauche » à l’anti-soviétisme et à l’anticommunisme et encore aujourd’hui, en la maintenant ouverte en collusion avec les autres idéologues du système, de les aider à empêcher la reconstruction d’une avant garde prolétarienne marxiste-léniniste.

Avec des « amis » de cet acabit la cause prolétarienne n’aurait guère besoin d’autres ennemis… Malheureusement, ils sont déjà légions, rien que dans le genre faussaires et manipulateurs…

Le trotskysme, à lui seul, reste une maladie chronique de la « gauche » française et un mouvement réellement marxiste ne pourra renaitre, en France, sans se libérer complètement d’avec ce mensonge !

Luniterre 

( __1 http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53 )

( __2 https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf )

( __3 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/ )

( __4 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/  )

( __5 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/ )

( __6 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/ )

( __7 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/28/holodomor-hoax-joseph-stalins-crime-that-never-took-place/ )

 

Ici, en Ukraine, un de ces marchés kolkhoziens, « bazars », selon Trotsky… :

 

 

 

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LE PASSAGE ESSENTIEL DE 1932

OU TROTSKY FAIT LE POINT

SUR SES PRINCIPES ÉCONOMIQUES

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« Conditions et méthodes de l’économie planifiée

Quels sont les organes de construction et d’application du plan ? Quelles sont les méthodes de contrôle et de régulation ? Quelles sont les conditions de son succès ?

A cet égard, trois systèmes doivent faire l’objet d’une brève analyse : (1) les départements spéciaux de l’Etat, c’est-à-dire le système hiérarchique des commissions de plan, au centre et localement ; (2) le commerce, en tant que système de régulation du marché ; (3) la démocratie soviétique, en tant que système de régulation vivante par les masses de la structure de l’économie.

S’il existait un esprit universel, du type de celui qui se projette dans la fantaisie scientifique de Laplace – un esprit qui pourrait enregistrer simultanément tous les processus de la nature et de la société, qui pourrait mesurer la dynamique de leur mouvement, qui pourrait prévoir les résultats de leurs interactions – un tel esprit, bien sûr, pourrait a priori établir un plan économique sans faille et exhaustif, en commençant par le nombre d’acres de blé jusqu’au dernier bouton pour un gilet. La bureaucratie imagine souvent qu’un tel esprit est à sa disposition ; c’est pourquoi elle se libère si facilement du contrôle du marché et de la démocratie soviétique. Mais, en réalité, la bureaucratie se trompe terriblement dans son estimation de ses ressources spirituelles.

Dans son œuvre, elle est obligée de s’appuyer, en réalité, sur les proportions (et on est même endroit de dire, les disproportions) héritées de la Russie capitaliste, des données de la structure économique des nations capitalistes contemporaines, et finalement de l’expérience des succès et des erreurs de l’économie soviétique elle-même. Mais même la combinaison la plus correcte de tous ces éléments permettra de construire seulement le cadre extrêmement imparfait d’un plan, pas plus.

Les innombrables participants vivants à l’économie, qu’ils soient étatiques ou privés, collectifs ou individuels, doivent déclarer leurs besoins et leur importance relative, non seulement par l’intermédiaire des calculs statistiques des commissions du plan mais aussi par la pression directe de l’offre et de la demande. Le plan est vérifié et, dans une large mesure, réalisé par le marché. La régulation du marché lui-même doit s’appuyer sur les tendances détectables par son intermédiaire . Les plans directeurs produits par les ministères doivent démontrer leur efficacité économique par des calculs commerciaux. Le système de l’économie de transition est impensable sans le contrôle par le rouble. Cela présuppose, à son tour, un rouble égal à lui-même . Sans une unité (monétaire) stable le prévisionnel commercial ne peut qu’accroître le chaos.

Les processus de construction économique ne se déroulent pas encore au sein d’une société sans classes. Les questions de la répartition du revenu national constituent l’axe central du plan. Il se déplace sous l’action directe de la lutte de classe et celle des groupes sociaux, y compris les différentes couches du prolétariat lui-même. Ce sont les questions sociales et économiques les plus importantes : le lien entre la ville et le village, c’est-à-dire l’équilibre entre ce que l’industrie obtient de l’agriculture et ce qu’elle lui fournit ; l’interrelation entre l’accumulation et la consommation, entre le fond d’équipement et le fonds pour les salaires ; la régulation des salaires pour différentes catégories de travail ( ouvriers qualifiés et non qualifiés, employés , spécialistes, bureaucratie dirigeante ) ; finalement, la répartition de cette part du revenu national qui revient au village, entre les différentes strates de la paysannerie. Toutes ces questions, de par leur nature même, ne permettent pas les décisions à priori de la bureaucratie, qui s’est mise à l’abri de l’intervention de millions de personnes concernées.

La lutte des intérêts vitaux, en tant que facteur fondamental de la planification, nous introduit dans le royaume de la politique, qui est l’économie concentrée. Les instruments des groupes sociaux de la société soviétique sont – devraient être : les Soviets, les syndicats, les coopératives, et avant tout le parti au pouvoir. Ce n’est seulement que par l’interaction de ces trois éléments, la planification étatique, le marché et la démocratie soviétique, que peut s’effectuer la direction correcte de l’économie de l’époque de transition et que peut être garanti, non pas le dépassement complet des contradictions et des disproportions en quelques années (c’est utopique !), mais leur adoucissement, et par cela même le renforcement de la base matérielle de la dictature du prolétariat jusqu’à ce moment où une nouvelle révolution victorieuse élargira l’arène de la planification socialiste et reconstruira son système. 

ÉTOUFFEMENT DE LA NEP, INFLATION MONÉTAIRE ET LIQUIDATION DE LA DÉMOCRATIE SOVIÉTIQUE

La nécessité d’introduire la NEP, c’est à dire la restauration des rapports de marché, a été déterminée, en son temps, avant tout,par l’existence de 25 millions d’exploitations agricoles indépendantes. Cela ne veut pas dire, pour autant, que la collectivisation, déjà à son premier stade, mène à la liquidation du marché. La collectivisation ne peut être viable que dans la mesure où elle laisse en vigueur l’intérêt personnel des kolkhoziens, en construisant leurs rapports mutuels, comme les rapports des kolkhozes avec le monde extérieur, sur les fondements du calcul commercial. Cela signifie qu’une collectivisation correcte et économiquement justifiée, au stade actuel, ne doit pas mener à l’abrogation de la NEP, mais à une réforme progressive de ses méthodes.

La bureaucratie, néanmoins, est allé directement de l’avant : dans les premiers temps, il pouvait lui sembler, vu ainsi, qu’elle suivait la ligne de moindre résistance. Les succès véridiques et incontestables des forces centralisées du prolétariat, elle les a identifiés aux succès de sa planification à priori. Autrement dit, la révolution socialiste, elle l’a identifiée à elle même. Le problème interdit du lien avec le village, elle l’a masqué par la collectivisation administrative. Étant confrontée aux disproportions à travers la NEP, elle a liquidé la NEP. Les méthodes de marché, elle les a remplacées par l’élargissement des méthodes de contraintes.

Une unité monétaire ferme, sous la forme du Chervonetz, constituait un instrument important de la NEP. En état de vertige, la bureaucratie décida qu’elle se tenait déjà sur ses deux jambes sur le sol de l’harmonie économique ; que les succès d’aujourd’hui garantissaient la progression des futurs succès et que le Chervonetz ne constituait pas un frein à l’envergure du plan, mais au contraire, une source indépendante d’investissements. A la place de la régulation des éléments matériels du processus économique, la bureaucratie a commencé à boucher les accrocs à l’aide de la planche à billets. En d’autres mots, elle a pris le chemin de l’inflation « optimiste ».

Après l’étranglement de la NEP, les fameuses « six conditions de Staline », le calcul économique, le travail aux pièces, etc, se sont changé en un ensemble de paroles vides. Le calcul économique est impensable sans le lien avec le marché. Le Chervonetz est la mesure du cette jonction. Quelle signification peuvent avoir pour l’ouvrier quelques roubles supplémentaires par mois si il est obligé d’acheter les produits vitaux manquants au bazar [marché des producteurs] à un prix décuplé ?

La restauration des bazars est apparue comme l’aveu de l’inopportunité de la liquidation de la NEP, mais un aveu empirique, partiel, improvisé et contradictoire. Appeler les bazars une forme « soviétique » (socialiste ?) de commerce, en contrepoids au commerce privé et à la spéculation, cela signifie de l’aveuglement. Le commerce de bazar, même de la part du Kolkhoze, dans son ensemble, constitue une spéculation sur le besoin en produits de ravitaillement de la ville la plus proche, et, par ses conséquences, mène à une différentiation sociale, c’est à dire à l’enrichissement de la minorité des Kolkhozes les plus heureusement situés. Mais en premier lieu ce ne sont pas les Kolkhozes qui font le commerce, mais des Kolkhoziens en particulier, en parallèle des individualistes. Le commerce des Kolkhoziens, en vendant leurs excédents à des prix spéculatifs, mène à une différentiation entre Kolkhozes. Ainsi le bazar développe des forces centrifuges dans le village « socialiste ».

En abolissant le marché et en restaurant les bazars asiatiques, la bureaucratie a créé, comme parachèvement de tout, les conditions de la danse la plus barbare des prix, et, en conséquence, elle a placé une mine et sous le plan et sous le calcul commercial. Il en est résulté une aggravation du chaos économique.

En parallèle s’étendait l’ossification, qui ne date pas d’hier, des syndicats, des soviets et du parti. Se heurtant aux frictions entre la ville et la campagne, aux revendications du côté de différentes parties de la paysannerie et du prolétariat, la bureaucratie interdisait de la façon la plus résolue quelques revendications, protestations et critique que ce soit. Le seul droit qu’elle a finalement laissé aux ouvriers, c’est le droit de dépasser les consignes de production. Chaque tentative d’action de la base sur la conduite de l’économie est immédiatement ramenée à une déviation droitiste ou gauchiste, c’est à dire pratiquement à un délit de droit commun. Finalement le sommet de la bureaucratie s’est déclaré infaillible dans la sphère de la planification socialiste (bien que ses collaborateurs et leaders se soient souvent révélés les pires saboteurs). Ainsi s’est trouvée liquidée la mécanique basique de la construction socialiste – le système adaptable et souple de la démocratie soviétique. Devant la réalité économique et ses difficultés la bureaucratie s’est trouvée seulement armée d’une ébauche de plan déformée et faussée, et de sa volonté administrative, également considérablement meurtrie. »

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LE TEXTE RUSSE D’ORIGINE :

 

УСЛОВИЯ И МЕТОДЫ ПЛАНОВОГО ХОЗЯЙСТВА

Каковы органы построения и проведения плана ? Каковы методы его проверки и регулирования ? Каковы условия его успешности ?

Три системы приходится подвергнуть в этой связи краткому рассмотрению : 1) специальные государственные органы, т. е. иерархическую систему плановых комиссий, в центре и на местах ; 2) торговлю, как систему рыночного регулирования ; 3) советскую демократию, как систему живого воздействия масс на структуру хозяйства.

Если б существовал универсальный ум, рисовавшийся научной фантазии Лапласа : ум, регистрирующий одновременно все процессы природы и общества, измеряющий динамику их движения, предугадывающий результаты их взаимодействия, – такой ум мог бы, конечно, априорно построить безошибочный и законченный хозяйственный план, начиная с числа гектаров пшеницы и кончая пуговицей на жилете. Правда, бюрократии нередко кажется, что она-то именно и обладает подобным умом : поэтому она так легко освобождает себя от контроля рынка и советской демократии. На самом деле бюрократия жестоко ошибается в оценке своих духовных ресурсов. В своем творчестве она вынуждена, на самом деле, опираться на пропорции (с таким же правом можно сказать : диспропорции), унаследованные от капиталистической России ; на данные об экономической структуре современных капиталистических наций ; наконец, на опыт успехов и ошибок самого советского хозяйства. Но даже самое правильное комбинирование всех этих элементов может позволить построить лишь крайне несовершенный проволочный каркас плана, не более того.

Бесчисленные живые участники хозяйства, государственные и частные, коллективные и единоличные, должны заявлять о своих нуждах и о своей относительной силе не только через статистические выкладки плановых комиссий, но и непосредственным давлением спроса и предложения. План проверяется и, в значительной мере, осуществляется через рынок. Регулирование самого рынка должно опираться на обнаруживаемые через его посредство тенденции. Предначертания канцелярий должны доказать свою хозяйственную целесообразность через коммерческую калькуляцию. Система переходного хозяйства немыслима без контроля рублем. Это предполагает, в свою очередь, что рубль равен самому себе. Без устойчивой единицы коммерческий расчет способен только увеличить хаос.

Процессы хозяйственного строительства происходят пока еще не в бесклассовом обществе. Вопросы распределения национального дохода составляют центральную ось плана. Она перемещается под непосредственным действием борьбы классов и социальных групп, в том числе и разных слоев самого пролетариата. Важнейшие социальные и экономические вопросы : смычка города и деревни, т. е. баланс того, что промышленность получает от сельского хозяйства, и того, что она дает ему ; взаимоотношение между накоплением и потреблением, между фондом капитального строительства и фондом заработной платы ; регулирование оплаты разных категорий труда (квалифицированные и неквалифицированные рабочие, служащие, специалисты, правящая бюрократия) ; наконец, распределение той доли национального дохода, которая приходится на деревню, между разными слоями крестьянства, – все эти вопросы, по самому существу своему, не допускают априорных решений бюрократии, оградившей себя от вмешательства заинтересованных миллионов.

Борьба жизненных интересов, в качестве основного фактора планирования, вводит нас в царство политики, которая есть концентрированная экономика. Орудиями социальных групп советского общества являются (должны являться) : советы, профессиональные союзы, кооперативы и, прежде всего, правящая партия. Только взаимодействием трех элементов : государственного планирования, рынка и советской демократии, может осуществляться правильное руководство хозяйством переходной эпохи и обеспечиваться – не полное преодоление противоречий и диспропорций в несколько лет (это утопия !), а их смягчение и тем самым упрочение материального базиса диктатуры пролетариата до того момента, как новая победоносная революция расширит арену социалистического планирования и перестроит его систему.

УДУШЕНИЕ НЭПА, ДЕНЕЖНАЯ ИНФЛЯЦИЯ И ЛИКВИДАЦИЯ СОВЕТСКОЙ ДЕМОКРАТИИ

Необходимость введения НЭПа, т. е. восстановления рыночных отношений, определялась в свое время прежде всего наличием 25 миллионов самостоятельных крестьянских хозяйств. Это не значит, однако, что коллективизация уже на первой стадии своей ведет к ликвидации рынка. Коллективизация может быть жизненна лишь в той мере, в какой оставляет в силе личную заинтересованность колхозников, строя их взаимные отношения, как и отношения колхоза с внешним миром, на основах коммерческого расчета. Это значит, что правильная, экономически обоснованная коллективизация на данной стадии должна была вести не к упразднению НЭПа, а лишь к постепенному преобразованию его методов.

Бюрократия пошла, однако, напролом : на первых порах ей могло при этом казаться, что она идет по линии наименьшего сопротивления. Подлинные и неоспоримые успехи централизованных усилий пролетариата она отождествила с успехами своего априорного планирования. Иначе сказать : социалистическую революцию она отождествила с собою. Неразрешенную проблему смычки с деревней она замаскировала административным коллективизированием. Наталкиваясь на диспропорции через НЭП, она ликвидировала НЭП. Рыночные методы она заменила расширением методов принуждения.

Устойчивая денежная единица, в виде червонца, составляла важнейшее орудие НЭПа. В состоянии головокружения бюрократия решила, что она уже стоит обеими ногами на почве экономической гармонии ; что сегодняшние успехи автоматически обеспечивают прогрессию дальнейших успехов и что червонец является не уздой для планового размаха, а, наоборот, самостоятельным источником капиталовложений. Вместо регулирования материальных элементов хозяйственного процесса бюрократия стала затыкать прорехи при помощи печатного станка. Другими словами, она стала на путь « оптимистической » инфляции.

После административного удушения НЭПа пресловутые « шесть условий Сталина » – хозяйственный расчет, сдельная заработная плата и пр. – превращались в пустой набор слов. Хозяйственный расчет немыслим без рыночных отношений. Метром смычки является червонец. Какое значение имеют для рабочего несколько лишних рублей в месяц, если нехватающие жизненные продукты он вынужден покупать на базаре по удесятеренной цене ?

Восстановление базаров явилось признанием несвоевременности ликвидации НЭПа, но признанием эмпирическим, частичным, непродуманным и противоречивым. Называть базары формой « советской » (социалистической ?) торговли, в противовес частной торговле и спекуляции, значит заниматься самообольщением. Базарная торговля даже со стороны колхоза, как целого, является спекуляцией на нужде ближайшего города в предметах продовольствия и, по последствиям своим, ведет к социальной дифференциации, т. е. к обогащению меньшинства более счастливо расположенных колхозов. Но главное место в торговле занимают не колхозы, а отдельные колхозники, наряду с единоличниками. Торговля колхозников, продающих свои избытки по спекулятивным ценам, ведет к дифференциации внутри колхозов. Так базар развивает в « социалистической » деревне центробежные силы.

Упразднив рынок и восстановив азиатские базары, бюрократия создала, в довершение всего, условия самой варварской пляски цен, следовательно, подвела мину и под план, и под коммерческий расчет. Результатом явилось усугубление экономического хаоса.

Параллельно шло начавшееся не вчера окостенение профессиональных союзов, советов и партии. Наталкиваясь на трения между городом и деревней, на требования со стороны разных частей крестьянства и пролетариата, бюрократия все решительнее запрещала какие бы то ни было требования, протесты и критику. Единственное право, которое она в конце концов оставила рабочим, это право превышать производственные задания. Всякая попытка воздействия снизу на хозяйственное руководство немедленно подводится под правый или левый уклон, т. е. практически под уголовное преступление. Бюрократическая верхушка в конце концов объявила себя непогрешимой в сфере социалистического планирования (несмотря на то, что ее сотрудниками и вдохновителями оказывались зачастую злостные вредители). Так оказалась ликвидирована основная механика социалистического строительства – гибкая и эластичная система советской демократии. Пред лицом хозяйственной действительности и ее затруднений бюрократия оказалась вооружена лишь погнутым и измятым проволочным каркасом плана и своей административной волей, тоже изрядно помятой.

http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm

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LE TEXTE ANGLAIS

Conditions and Methods of Planned Economy

What are the organs of constructing and applying the plan like ? What are the methods of checking and regulating it ? What are the conditions for its success ?

In this connection three systems must be subjected to a brief analysis : (1) special state departments, that is, the hierarchical system of plan commissions, in the centre and locally ; (2) trade, as a system of market regulation ; (3) Soviet democracy, as a system for the living regulation by the masses of the structure of the economy.

If a universal mind existed, of the kind that projected itself into the scientific fancy of Laplace – a mind that could register simultaneously all the processes of nature and society, that could measure the dynamics of their motion, that could forecast the results of their inter-reactions – such a mind, of course, could a priori draw up a faultless and exhaustive economic plan, beginning with the number of acres of wheat down to the last button for a vest. The bureaucracy often imagines that just such a mind is at its disposal ; that is why it so easily frees itself from the control of the market and of Soviet democracy. But, in reality, the bureaucracy errs frightfully in its estimate of its spiritual resources. In its projections it is necessarily obliged, in actual performance, to depend upon the proportions (and with equal justice one may say the disproportions) it has inherited from capitalist Russia, upon the data of the economic structure of contemporary capitalist nations, and finally upon the experience of successes and mistakes of the Soviet economy itself. But even the most correct combination of all these elements will allow only a most imperfect framework of a plan, not more.

The innumerable living participants in the economy, state and private, collective and individual, must serve notice of their needs and of their relative strength not only through the statistical determinations of plan commissions but by the direct pressure of supply and demand. The plan is checked and, to a considerable degree, realized through the market. The regulation of the market itself must depend upon the tendencies that are brought out through its mechanism. The blueprints produced by the departments must demonstrate their economic efficacy through commercial calculation. The system of the transitional economy is unthinkable without the control of the ruble. This presupposes, in its turn, that the ruble is at par. Without a firm monetary unit, commercial accounting can only increase the chaos.

The processes of economic construction are not yet taking place within a classless society. The questions relating to the allotment of the national income compose the central focus of the plan. It shifts with the direct development of the class struggle and that of social groups, and among them, the various strata of the proletariat itself. These are the most important social and economic questions : the link between the city and the village, that is, the balance between that which industry obtains from agriculture and that which it supplies to it ; the interrelation between accumulation and consumption, between the fund for capital construction and the fund for wages ; the regulation of wages for various categories of labour (skilled and unskilled workers, government employees, specialists, the managing bureaucracy) ; and finally the allotment of that share of national income which falls to the village, between the various strata of the peasantry. All these questions by their very nature do not allow for a priori decisions by the bureaucracy, which has fenced itself off from intervention by concerned millions.

The struggle between living interests, as the fundamental factor of planning, leads us into the domain of politics, which is concentrated economics. The instruments of the social groups of Soviet society are – should be : the Soviets, the trade unions, the co-operatives, and in first place the ruling party. Only through the inter-reaction of these three elements, state planning, the market and Soviet democracy, can the correct direction of the economy of the transitional epoch be attained. Only thus can be assured, not the complete surmounting of contradictions and disproportions within a few years (this is utopian !), but their mitigation, and through that the strengthening of the material bases of the dictatorship of the proletariat until the moment when a new and victorious revolution will widen the arena of socialist planning and will reconstruct the system.

Suppression of the NEP, Monetary Inflation, and Liquidation of Soviet Democracy

The need to introduce the NEP, to restore market relationships, was determined first of all by the existence of 25 million independent peasant proprietors. This does not mean, however, that collectivization even in its first stage leads to the liquidation of the market. Collectivization becomes a viable factor only to the extent to which it involves the personal interest of the members of the collective farms, by shaping their mutual relations, and the relations between the collective farms and the outside world, on the basis of commercial calculation. This means that correct and economically sound collectivization at this stage should lead not to the elimination of the NEP but to a gradual reorganization of its methods.

The bureaucracy, however, went the whole way. At first it might have thought that it was taking the road of least resistance. The genuine and unquestionable successes of the centralized efforts of the proletariat were identified by the bureaucracy with the successes of its a priori planning. Or to put it differently : it identified the socialist revolution with itself. By administrative collectivization it masked the unsolved problem of establishing a link with the village. Confronting the disproportions of the NEP, it liquidated the NEP. In place of market methods, it enlarged the methods of compulsion.

The stable currency unit, in the form of the chervonets, constituted the most important weapon of the NEP. While in its state of dizziness, the bureaucracy decided that it was already standing firmly with both feet on the soil of economic harmony, that the successes of today automatically guaranteed the progression of subsequent successes, that the chervonets was not a bridle that checked the scope of the plan but on the contrary provided an independent source of capital funds. Instead of regulating the material elements of the economic process the bureaucracy began to plug up the holes by means of printing presses. In other words, it took to the road of “optimistic” inflation.

After the administrative suppression of the NEP, the celebrated “six conditions of Stalin” – economic accounting, piecework wages, etc. – became transformed into an empty collection of words. Economic accounting is unthinkable without market relations. The chervonets is the yardstick of the link. Of what possible use for the worker can a few extra rubles a month be if he is compelled to purchase the necessities of life in the open market at ten times their former price ?

The restoration of open markets came as an admission of the inopportune liquidation of the NEP, but an admission that was empirical, partial, thoughtless, and contradictory. To label the open markets as a form of “Soviet” (socialist ?) trade, in contrast to private trade and speculation, is to practice self-deception. Open-market trading even on the part of the collective farm as a whole ends up as speculation on the necessities required in the nearest city, and as a result leads to social differentiation, that is, to the enrichment of the minority of the more fortunately situated collective farms. But the chief place in the open market is occupied not by the collectives but by individual members of the collectives and by the independent peasants. The trading of the members of the collective farms, who sell their surplus at speculative prices, leads to differentiation within the collectives. Thus the open market develops centrifugal forces within the “socialist” village.

By eliminating the market and by installing Asiatic bazaars in its place the bureaucracy has created, to consummate everything, the conditions for the wildest gyration of prices, and consequently has placed a mine both under the plan and under commercial calculation. As a result, economic chaos has been redoubled.

Parallel to this the ossification of the trade unions, the Soviets, and the party, which didn’t start yesterday, continues. Coming up against the friction between the city and the village, against the demands from various sections within the peasantry, from the peasantry as a whole, and from the proletariat, the bureaucracy more and more resolutely ruled out any demands, protests, and criticism whatsoever. The only prerogative which it ultimately left to the workers was the right to exceed production limits. Any attempt to influence economic management from below is immediately described as a right or a left deviation, that is, practically made a capital offence. The bureaucratic upper crust in the last analysis, has pronounced itself infallible in the sphere of socialist planning (disregarding the fact that its collaborators and inspirers have turned out often to be criminal plotters and saboteurs). Thus the basic mechanism of socialist construction – the adaptable and elastic system of Soviet democracy – was liquidated. Face to face with the economic reality and its difficulties, the bureaucracy turned out to be armed only with the twisted and collapsed carcass of the plan, with its own administrative will also considerably deflated.

The Soviet Economy in Danger (L. Trotsky, October 1932)

https://www.marxists.org/archive/trotsky/1932/10/sovecon.htm

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Trois débats d’actu sur TML

 

 

 

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/10/c3a9ventail.jpg?w=940

Trois débats

sur TML :

 

 

 

 

En marge de l’article

Comment la Chine pourrait bientôt rafler la mise au casino mondial… !

 

>>>Un débat avec M. Hum sur la possibilité de construire une économie de transition, avec une politique monétaire adaptée.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/24/comment-la-chine-pourrait-bientot-rafler-la-mise-au-casino-mondial/

 

 

 

Également sur le thème de la transition, en marge de la querelle « familiale » des Schiappa père et fille…

Émancipation Ouvrière : faut-il se libérer ou non de l’économie de marché?

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/22/emancipation-ouvriere-faut-il-se-liberer-ou-non-de-leconomie-de-marche/

 

 

 

En réponse à un article de M. Bibeau sur un prétendu « déclin » de l’impérialisme US…

De la fin de l’Empire à la libération prolétarienne…

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/24/de-la-fin-de-lempire-a-la-liberation-proletarienne/

 

 

 

 

https://i1.wp.com/www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2018/06/effondrement-etats-unis-800x445.jpg?zoom=2