Front social en France

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

Un article repris du blog

 

TML

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/16/lutte-des-schiappa-ou-lutte-des-classes/

 

Marlène Schiappa, le 16 mai.

 

 

Lutte des Schiappa

ou lutte des classes ?

 

 

« Un vrai travail, un vrai salaire » ???

 

Le « projet » du gouvernement Macron ?

 

Et si on le prenait à la lettre ?

 

Un « projet » pour la communication, et qu’il est bien évidemment incapable de réaliser, et surtout au sens prétendu de lutter contre la pauvreté!

 

__« Un vrai salaire », même au sens capitaliste du terme, cela signifie qu’un emploi par famille, couple avec enfants en bas âge et/ou en période scolaire, permet à cette famille de vivre décemment selon les critères sociaux de l’époque, permettant à la génération suivante de continuer dans des conditions au moins équivalentes.

Or ce n’est déjà plus le cas pour de nombreuses familles qui ne peuvent survivre, et souvent difficilement, sans l’apport d’au moins deux salaires…

La prétendue « égalité des sexes », tant prônée par Schiappa fille, c’est, actuellement, et même « à salaires égaux », une division par deux du niveau de vie du prolétariat en France, et non aucunement, un « progrès social ».

Tout son langage « communicant » sur le sujet n’est qu’une caution « décalée », « anticonformiste », en apparence, des reculs sociaux rendus inévitables par la crise systémique du capitalisme.

Sur ce seul point, c’est déjà ce qu’un marxiste a à dire…

 

__« Un vrai travail », cela veut dire une activité professionnelle réellement utile à la communauté, que ce soit en matière de production ou de services. Cela signifie que production et services sont organisés pour répondre aux besoins sociaux réels, et d’abord à ceux des travailleurs eux-mêmes et ceux de leurs familles.

L’utilité sociale est le critère d’un « vrai travail », et non le profit financier.

Sans profit financier, pas de salaire ?

Si production et services sont organisés pour répondre à l’ensemble des besoins sociaux, la question suivante est celle de l’organisation des services et de la répartition, et non celle du profit financier.

Un équilibre entre production et besoins se passe précisément de profits au sens financier du terme.

La seule accumulation nécessaire est celle qui est suffisante pour le renouvellement et le développement, et qui n’a rien à voir avec l’accumulation du profit capitaliste. ( 1 )

C’est, là encore, ce qu’un marxiste a à dire, à propos d’un « vrai travail », objectif évidemment incompatible, donc, avec le capitalisme…

Alors que enfoncer une porte ouverte sur la signification « collective » de la phrase « de Marx ou pas tout à fait »,  selon Schiappa père, c’est se payer de mots et donner, à bon compte, une prétendue « leçon de marxisme » !

__« L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », cela signifie, au delà de l’aspect évidemment collectif de leur organisation, que la transition pour sortir du capitalisme se fait précisément sur la base d’un échange d’équivalents entre travailleurs, en matière de produits et de services, en tenant compte des besoins collectifs de la société. C’est effectivement le sens d’un « vrai travail », émancipateur, et non pas exploité.

C’est le sens politiquement utile de cette phrase qu’un marxiste doit rappeler, et non pas simplement l’aspect collectif de l’action politique, qui est évidemment commun à tous les partis politiques, fussent-ils ultra-réactionnaires, et même sociaux-fascistes… !

Mais en fait de « marxiste », on a affaire ici, avec Schiappa père, à un trotskyste, dans la variété « lambertiste », et qui a en commun avec les autres d’être une forme à peine déguisée de réformisme. Son programme ( 2 ) a toutes les caractéristiques d’une sociale-démocratie « gauchisante » en termes de langage, et sociale-chauvine dans ses objectifs clairement exposés, avec, bien évidemment, l’habituelle et caricaturale ( 3 ) formule prétendument «marxiste » sur la « socialisation des moyens de production et d’échange », qui, dans la logique réformiste du « programme de transition » de Trotsky ( 4 ), se résume à leur « nationalisation » dans le cadre d’un capitalisme monopoliste d’État relooké, en réalité, en « socialisme de marché » ( 5 ), avec de nouvelles formes de collaboration de classe, pompeusement baptisées « contrôle ouvrier » !

Luniterre

(    1    https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondament aux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/   )

        https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/   )

(    2   POID-manifeste lambertiste   )

(    3    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/  )

(    4    Trotsky – programme de transition  )

(    5     https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53 )

 

 

 

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Le Mur n’a que deux côtés (Projet de tract pour le 26 Mai)

MACRON AU PIED DU MUR…

Confronté à la fois aux luttes sociales des cheminots et de nombreuses autres catégories de travailleurs, sans oublier les étudiants, Macron doit également faire face à ses engagements anciens envers l’État sioniste, pour démarrer, en Juin, une saison d’échanges « culturels » avec cet État criminel, alors que les cadavres des 113 victimes de la répression sanguinaire de la Marche du Retour sont à peine refroidis dans leurs linceuls et que des milliers de blessés subiront encore longtemps les séquelles des tirs meurtriers et pour certains, le reste de leur vie.

Indépendamment de ce massacre, cette « saison » était déjà un paravent grotesque pour faire oublier les conditions de vie absolument inhumaines, au quotidien, dans la bande de Gaza, et guère meilleures, dans le reste de la Palestine occupée et emmurée. Déjà dénoncée à ce titre par de nombreuses voix, l’inauguration de cette saison devient maintenant une honte évidente et absolue pour Macron et ses affidés, qui se font par là délibérément complices du crime sioniste permanent. Aujourd’hui, ils sont, quasi littéralement, au pied du mur.

Le Mur n’a que deux côtés…

Le Mur sioniste en Palestine, comme tout mur, n’a que deux côtés, et en inaugurant cette saison, Macron choisit le sien, celui des oppresseurs et des exploiteurs. Pas étonnant, c’est évidemment déjà son camp dans la lutte sociale en France, où il s’est fait le valet de la finance et du patronat, tout comme il se fait celui de l’impérialisme US dans toutes les guerres qui ensanglantent aujourd’hui le monde, en Syrie, au Yémen, etc…

Le Mur n’a que deux côtés, et du côté des victimes du sionisme, du côté de toutes les victimes de l’impérialisme et donc contre ses guerres incessantes, les travailleurs en lutte et tous les humains épris de justice et même simplement des valeurs humanistes supposées de la République, doivent se tenir ensemble, en solidarité avec toutes ces victimes, et aujourd’hui, singulièrement, avec celles du sionisme, à l’occasion de cette kollaboration « culturelle » particulièrement honteuse!

Mettre Macron face à ses responsabilités, au pied du mur, et alors qu’il doit répondre à ses engagements envers les sionistes, c’est déjà ce qu’on fait plus de 8000 signataires, en quelques jours, de la pétition « Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël ».

Oser poser le principe légitime d’une renonciation à cet ensemble de manifestations « culturelles », c’est déjà un premier acte de Résistance, qui en appelle d’autres, au cours des mois à venir, au fil de ces « événements », s’ils sont malgré tout maintenus… On se rappellera, à propos, les « vacances écourtées » du Roi d’Arabie Saoudite, suite à une pétition de 300 000 signatures, commencée pourtant fort modestement…! Evidemment, l’enjeu, ici, à tous points de vue, est encore plus important, mais notre révolte l’est aussi encore davantage, et notre mobilisation doit être en conséquence!

Tribune Marxiste-Léniniste

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« Monsieur le Président de la République, nous demandons l’annulation de la saison France-Israël.

Cette inauguration aura lieu dans un contexte où le droit international dans les territoires palestiniens n’a jamais été aussi bafoué. L’extension des colonies se poursuit et l’ambassade des Etats-Unis a été transférée à Jérusalem. Que la « saison France-Israël 2018 » se déroule dans ces conditions est en soi inopportun, tant il est évident que cet événement participe d’une stratégie visant à redorer le blason d’un État dont la nature annexionniste n’est plus un secret pour personne.

Mais aujourd’hui, il serait inadmissible que cette « saison France-Israël » soit maintenue en dépit du dernier massacre de Gaza.(…)

LE TEXTE COMPLET ET LE LIEN VERS LA PÉTITION:

                                             https://tribunemlreypa.wordpress.com/

2017-2018, d’Octobre à Mai, …en passant par Marx…, 3 anniversaires, un seul combat!

 

 

 

2017-2018 …3 ANNIVERSAIRES…

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

 

 

 

 

… D’OCTOBRE  A  MAI,

 

 

… EN PASSANT PAR MARX !!

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

 

 

 

 

2017-2018, deux années chargées de commémorations symboliques importantes et significatives pour le mouvement ouvrier, ou du moins, ce qu’il en reste… après plusieurs décennies de réaction anti-sociale acharnée de la bourgeoisie, et aujourd’hui encore exacerbée davantage par l’impasse totale de la crise… Pour arracher les derniers lambeaux des concessions faites aux temps de son essor, il lui faut aussi effacer la mémoire des luttes, et sinon, la dénigrer, la criminaliser, pour tenter de justifier sa propre politique criminelle actuelle, manipulant le terrorisme, le sionisme et une cohorte de milices supplétives là où ça ne suffit pas, en plus de ses interventions militaires directes.

La question fondamentale de ces 3 dates, c’est celle d’une alternative au capitalisme, et désormais, plus que jamais, à l’impérialisme, pour la majorité des peuples et des nations, asservies par la finance US.

Ces 3 dates ont évidemment un dénominateur commun, la pensée et l’œuvre de Marx, comme base essentielle de réflexion sur l’origine et sur la nature oppressive de ce système capitaliste-impérialiste.

Ce sont donc à la fois 3 approches de l’histoire concrète et vivante et de la pensée de Marx, non pas figée dans les livres, mais en action sur deux siècles !

Luniterre

 

 

 

Un demi-siècle après Mai 68 : En finir avec

la « gauche » Kollaborationniste

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/

 

 

 

 

« Les rares personnes qui comprendront le système seront soit si intéressées par ses profits, soit si dépendantes de ses largesses qu’il n’y aura pas d’opposition à craindre de cette classe-là  ! La grande masse des gens, mentalement incapables de comprendre l’immense avantage retiré du système par le capital, porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts. »

 

Rothschild Brothers of London, citant John Sherman,

communiqué aux associés, New York, le 25 juin 1863

 

 

Un demi-siècle après Mai 68, la question d’une alternative reste pourtant posée, et plus que jamais, avec la crise systémique…

 

« Ce que le socialisme prolétarien interroge, en réalité, ce n’est pas la forme, plus ou moins démocratique, ni du pouvoir d’État, ni même de la gestion des entreprises, mais la finalité sociale du travail lui-même. (…)

Ce que le socialisme interroge, en fin de compte, c’est la correspondance entre les valeurs d’usages crées par le travail et les besoins sociaux réels et urgents. Cette question, dans un premier temps, celui de la transition, non seulement n’exclut pas, mais implique la notion d’échange d’équivalents entre travailleurs producteurs, même si en tenant compte des besoins sociaux collectifs de l’ensemble de la population, y compris en dehors du secteur productif. Il y a donc là une notion collective d’utilisation de la valeur d’échange, et de la loi de la valeur, donc, telle que définie par Marx, au demeurant, dès les premières lignes du Capital, et telle que reprise dans sa non moins célèbre et controversée Critique du Programme de Gotha.

En dépit de ses litanies et rodomontades marxisantes, c’est donc l’ensemble du discours de la gauche française, même dite « extrême », anarcho-syndicaliste, trotskyste, maoïste, etc… qui se situe en dehors de toute critique réelle et sérieuse du capitalisme, et notamment en dehors de toute critique marxiste. »

 

 

Un demi-siècle après Mai 68, il est plus que temps

d’en revenir aux fondamentaux pour ouvrir enfin

une perspective politique réellement nouvelle et anticapitaliste…

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/

 

 

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https://tribunemlreypa.wordpress.com    

 

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1er Mai 2018

1er Mai 2018

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Le premier mai n’est pas une célébration, moins encore une fête ni une cérémonie funèbre destinée à faire hommage aux victimes du capitalisme. Ce n’est pas non plus une journée rituelle pour des militants. Le 1er mai, dès ses origines, a été organisé par les directions politiques des travailleurs afin de commencer à donner vie à un mouvement international uni des travailleurs du monde. C’est avant tout une manifestation politique internationaliste conduite et organisée par l’avant-garde politique des travailleurs de l’époque: les Internationales Ouvrières.

Cette volonté internationaliste, inscrite dans la nature même du mouvement ouvrier, a été peu à peu dévoyée par les dirigeants opportunistes sous la pression de la bourgeoisie qui, sans pouvoir la réprimer, fait tous les efforts possibles pour changer son caractère. Notre devoir est de lui rendre sa véritable nature de journée de lutte internationaliste.

 Aujourd’hui le combat mondial des travailleurs, le mot d’ordre que les unit et doit les unir est la lutte consciente et déterminée contre le fléau mondial le plus important et le plus dangereux: l’impérialisme US et ses laquais volontaires ou forcés dont se trouve l’impérialisme français. Les agressions de l’impérialisme US au Moyen Orient, en Syrie particulièrement où il agit par djihadistes et « rebelles » interposés, après avoir détruit la Yougoslavie, l’Irak, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen, fait partie d’un plan concerté, mûrement réfléchi de perpétuation de sa domination mondiale.

 Au Moyen Orient son soutien au régime raciste et criminel de l’entité sioniste permet à celle-ci de massacrer impunément, en ce moment même, le peuple de la prison à ciel ouvert de Gaza, et de continuer ses plans de liquidation de la république syrienne laïque cette fois-ci par le bombardement et l’augmentation de la présence de ses troupes comme de ses supplétifs diverses afin de créer une situation lourde de dangers dans la région.

La défaite de ses supplétifs « rebelles » et djihadistes ne l’a pas encore contraint à lâcher cette proie mais ses secteurs les plus agressifs jettent encore de l’huile sur le feu, créant toutes les conditions pour l’embrassement de la région. Les dirigeants de l’entité sioniste provoquent afin de créer des conditions encore plus difficiles à la conclusion de cette guerre qui à été principalement gagnée par le courage du peuple syrien, de son armée et la ferme volonté de son Président de ne pas céder à la pression impérialiste.

 Cette situation durablement douloureuse n’a été possible que par l’absence d’un fort mouvement internationaliste des travailleurs mais surtout, dans les conditions actuelles, par la trahison ouverte ou cachée de la soi-disant gauche et extrême-gauche de tant des pays, en France particulièrement, où le NPA s’auto-érige en conseiller de l’impérialisme et lui demande d’appuyer et d’armer encore plus les bandes réactionnaires sur place. Quelle honte! D’autres se positionnent « au milieu » tels de modernes Ponce Pilate et soutiennent indirectement l’impérialisme en faisant les dégoutés du leader d’un petit pays qui se bat depuis sept ans, courageusement contre les menées impérialistes contre son pays.

 Macron, s’aligne sur les positions de l’impérialisme US espérant gagner des miettes d’un butin qui s’éloigne à mesure des triomphes de l’armée arabe syrienne, et il s’obstine sans trouver aucune opposition réelle à sa politique d’agression en Syrie, sans que sa presse ne dise un seul mot réaliste des horribles massacres de Gaza, et en poussant des lois contre la classe ouvrière.

 Ce 1er mai, journée de lutte internationaliste des travailleurs manque hélas d’une direction politique internationale. Mais c’est cela la perspective car sans un mouvement concerté et conscient des travailleurs, qui, aujourd’hui, passe par l’opposition aux agissements de l’impérialisme US et de ses supplétifs, soient ils les impérialismes de deuxième ordre, comme la France, ou les sionistes, avant de prendre le chemin de la liquidation du capitalisme et de la construction collective d’une société réellement socialiste dans les pays libérés et, à terme, à l’échelle de la planète.

  Tribune Marxiste-Léniniste         https://tribunemlreypa.wordpress.com/

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En Version PDF:      1er MAI 2018

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Un demi-siècle après Mai 68 : En finir avec la « gauche » Kollaborationniste

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Un demi-siècle

après Mai 68 :

En finir avec la « gauche »

Kollaborationniste

 

 

« Les rares personnes qui comprendront le système seront soit si intéressées par ses profits, soit si dépendantes de ses largesses qu’il n’y aura pas d’opposition à craindre de cette classe-là  ! La grande masse des gens, mentalement incapables de comprendre l’immense avantage retiré du système par le capital, porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts. »

Rothschild Brothers of London, citant John Sherman,

communiqué aux associés, New York, le 25 juin 1863.

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Un demi-siècle après Mai 68, encore Marxiste-Léniniste?

Que peut bien encore signifier « être ML » en 2018 ?

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1968, ce n’est pas seulement l’année de Mai en France…

Même si les « événements » de Mai 68 resteront en quelque sorte, et pour très longtemps, en France, la « partie émergée » d’un étrange iceberg sur lequel le vaisseau fantôme « Équilibre Mondial » est venu heurter la structure de sa carcasse déjà bien vermoulue…

En réalité, effectivement, le monde de cette époque est déjà miné par une somme de contradictions et d’inégalités qui appelaient à un autre équilibre, sur d’autres bases.

Malgré la croissance encore exponentielle des économies « occidentales », mais plus pour très longtemps, et comme si les peuples de ces nations sentaient déjà la fin de cette ère initialement sensée finir à la fois le siècle et le millénaire dans une apothéose de science et de technologie, une remise en cause de ces « raisons de vivre » traversait toutes les couches de cette société où l’opulence semblait prochainement accessible à tous et pratiquement sans limites…

La gauche française, née et bercée initialement dans les utopies de la fin du XIXème siècle, n’était devenue, formellement et intellectuellement, « marxiste », que par mimétisme, sous l’influence de l’URSS d’avant-guerre, en voie de développement et de construction accélérée, puis sous l’influence, plus symboliquement ambigüe, de la bataille devenue légendaire de Stalingrad. Sans comprendre que ce que les soviétiques avaient défendu avec un tel esprit de sacrifice, ce n’était pas essentiellement la perspective d’une utopie, lucidement lointaine, pour eux, mais bien les vitales conquêtes des premiers pas du socialisme, qui les avait simplement sorti de la misère des isbas, de l’asservissement aux grands propriétaires fonciers, et surtout, finalement, de l’analphabétisme et de l’ignorance.

La véritable base initiale de la Révolution Bolchevique et celle de la gauche française appartenaient déjà depuis longtemps à deux mondes différents, mais les « élites intellectuelles » dirigeantes idéologiques de la gauche française étaient incapables d’assumer ce décalage, autant , et sinon plus, par opportunisme que par manque de lucidité…

C’est déjà cette faillite idéologique que symbolise le célèbre mot que l’on prête volontiers à Sartre :« Il ne faut pas désespérer Billancourt. »

Que le mot soit apocryphe ou non, il résume en même temps tellement bien la faillite de ce « philosophe » et de son monde qu’on ne saurait réellement le lui retirer…

C’était une époque où la gauche intellectuelle française vantait sans complexes les mérites de l’école républicaine et prétendait même encore savoir lire… Elle faisait néanmoins de Marx une lecture essentiellement utopiste, ce qui tendrait à rendre douteuse cette prétention, et généralement, de plus, en se complaisant dans d’interminables débats sur les diverses interprétations byzantines qu’elle en faisait…

A l’occasion, elle pratiquait de la même manière avec les textes de Lénine, espérant préserver par là le lien entre ses chimères utopiques et sa vision « globale » de l’URSS, qui n’était (et n’est toujours …), précisément, qu’une « vision », et « globalisante », de plus, c’est à dire aux antipodes du matérialisme historique et de la dialectique marxiste, en réalité.

Le caricatural « globalement positif », également apocryphe mais pleinement assumé par Marchais en 1979 est à la fois l’aboutissement, (23ème Congrès du PCF), et, très vite, le point de retournement à partir duquel cette même « vision globale » devient tout aussi globalement négative et toujours aussi antithétique du marxisme, mais enfin « globalement » conforme à ce que la bourgeoisie française attendait de son aile gauche…

Le « globalement positif » est significatif en ce qu’il précède de peu l’intervention armée de l’URSS en Afghanistan. 1979 est donc aussi le début du reflux des luttes de libération nationales du tiers monde, qui formaient, à l’échelle mondiale, une vaste zone d’influence de l’URSS et une résistance encore farouche au déploiement de l’impérialisme US et de ses valeurs financières et sociétales.

Quel rapport avec 1968 ?

1968 commence avec l’offensive du Têt au Sud-Vietnam. Un échec militaire mais transformé en réussite politique par son impact psychologique, essentiellement sur l’opinion public occidentale…

En réalité, c’est le tournant décisif de cette guerre, une des plus emblématiques de la deuxième moitié du XXème siècle. Elle marque un moment important de l’indécision du rapport de forces dans ce que l’on appelle encore la guerre froide.

Dans son rapport avec la gauche française le statut du rôle de l’URSS n’a sans doute jamais été aussi ambigu. Mai 68 se trouve placé, chronologiquement, entre cette offensive spectaculaire des « communistes » nationalistes vietnamiens et l’intervention de l’URSS et des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, en Août de la même année. Si l’offensive du Têt marque essentiellement par la détermination des combattants assaillants au Sud-Vietnam, en révélant la vulnérabilité de l’Empire US, la nécessité de mobiliser aussi massivement ses troupes pour sauvegarder son influence en Europe de l’Est marque en parallèle la vulnérabilité de l’infrastructure soviétique à cette même époque, déjà. En prétendant la réformer, Khrouchtchev en avait déjà sapé les fondamentaux et Brejnev ne faisait que tenter de limiter cette désagrégation sans pour autant revenir aux fondamentaux. Dubcek à Prague ne faisait que renouveler le réformisme khrouchtchevien et anticiper, en quelque sorte, la perestroïka… C’est à dire une désagrégation encore plus complète des derniers restes d’une économie planifiée et son glissement délibérément organisé d’un capitalisme bureaucratique d’Etat déclinant vers le libéralisme économique « à l’occidentale », même si dans une version hypothétiquement « sociale-démocrate ».

Mai 68 en France, tout comme, à l’échelle internationale, l’ensemble de la révolte de la jeunesse et le resurgissement du mouvement ouvrier, se situe en quelque sorte au point d’un équilibre mondial précaire dont les deux protagonistes essentiels, USA et URSS, sont eux-même à la fois autant sur la défensive qu’à l’offensive et fragilisés par la nécessité même de leurs propres mouvements contradictoires.

Tout était sans doute possible, à cette époque, mais encore fallait-il en avoir une conscience claire. Les contestataires en apparence les plus radicaux de l’époque n’en avaient, au mieux, qu’une conscience instinctive et éventuellement obscurcie par l’usage de psychotropes diverses nouvellement en vogue… Pour ce qui est d’une partie encore relativement marginale de la gauche française, un désir réel et puissant de subversion suffisait, le plus souvent, comme élixir…

Mais avant de creuser dans les motivations confuses et contradictoires des contestataires français, arrêtons nous encore un instant sur ce lien qui semble unir non seulement 1968 et 1979, mais aussi 1979 et notre présente époque…

En 1979 les américains avaient déjà intégré la « leçon du Vietnam », et compris que malgré leurs énormes moyens matériels ils étaient incapables de gagner frontalement une guerre réellement populaire.

En Afghanistan, on sait maintenant qu’ils avaient déjà réussi à introduire et manipuler les premiers spécimens de ceux qui allaient devenir les djihadistes répandant aujourd’hui la terreur à travers le monde… L’intervention russe était donc déjà une première tentative d’enrayer ce fléau, en réalité, et les cris d’orfraies des occidentaux, même et surtout des « intellectuels » de gauche, n’étaient déjà que le reflet de leur cécité en matière d’analyse politique.

Ce qui avait remis en cause le rapport de force avec les USA durant le quart de siècle précédent, ce n’était pas le « socialisme » en URSS, qui n’était plus qu’une coquille bureaucratique dans laquelle nichaient les Bernard-l’Hermite brejneviens et autres, mais le développement intense des luttes de libération nationales dont l’URSS était encore la seule base arrière réelle, suite à la défection de la Chine, en voie de passer du côté US, malgré ses rodomontades maoïstes gauchisantes.

Comprendre que la bourgeoisie nationale bureaucratique en URSS ne défendait plus le socialisme mais continuait néanmoins une forme importante de résistance nationale et internationale anti-impérialiste, c’eut été, de la part de la gauche, en France et ailleurs, du reste, simplement faire preuve de lucidité, et devant cette évidence réaliste, un moyen d’adapter sa stratégie, sans cultiver de non-dits, recouverts d’une phraséologie à double sens, hypocrite et alambiquée.

Passant du mythe « globalement positif » qui assimilait de façon idéaliste l’histoire de l’URSS à une seule phase, celle du socialisme, à une légende noire, celle du « globalement négatif », qui reprenait exactement tous les poncifs classiques de l’anticommunisme, la gauche française condamnait donc aussi, en réalité, le socialisme.

Bien évidemment, cette analyse eut été déjà à faire, non seulement en 1968, déjà, mais dès la fin des années 50, en réalité.

A travers les débuts du djihadisme en Afghanistan, on vient donc également d’aborder le lien entre cette époque et la notre, mais à propos du rôle de la Russie actuelle, celle de Poutine, on y reviendra, nécessairement, pour comprendre le fil qui la relie donc aussi bien à 1979 qu’à 1968, de par le fait.

Ce qui marque le contexte de Mai 68 c’est en quelque sorte une session de rattrapage brutal de la jeunesse française par rapport à l’anglo-saxonne, déjà fortement en ébullition « radicale » depuis quelques années.

En 1968 c’est donc essentiellement la jeunesse d’un occident gavé qui s’interroge, assez massivement, sur ses raisons de continuer à vivre le modèle « consumériste » et l’ « american way of life »…

Si la lutte pour la paix au Vietnam est évidemment un aspect emblématique de la contestation aux USA, c’est, plus simplement, le rejet des carcans archaïques autoritaires de l’époque qui sera le déclencheur en France.

Cet aspect anti-autoritaire se retrouvera largement dans le déclenchement de la grève ouvrière, qui, après un 13 Mai massif mais relativement encadré va prendre de court les syndicats et les déborder, dans un premier temps.

Néanmoins, il faut bien comprendre que, même dans un contexte préalable d’essor économique, de nombreuses inégalités et injustices sociales subsistaient, et restaient nécessairement mal vécues, à la base. Révolte anti-autoritaire et revendications sociales entraient donc soudainement en synergie, bousculant les bureaucraties syndicales, qui se voyaient dépossédées de leur rôle accepté de longue date comme entremetteuses sociales en quelque sorte…

Elles se trouvaient donc confrontées à la nécessité de faire à la fois de la « récupération » syndicale au niveau revendicatif et de la « récupération » politique pour endiguer ce flot d’anti-autoritarisme qui menaçait de les emporter complètement.

Toute l’ambiguïté du rôle des syndicats en France, entre action revendicative et lobby d’influence politique, était déjà posée là de manière urgente à l’époque, et même si les conditions et les termes ont changés, cette ambiguïté reste le syndrome des bureaucraties syndicales actuelles. Même délestées de l’essentiel de leurs troupes militantes et de la plus grande partie de leur influence directe, elle restent un levier indispensable au système pour tenter de légitimer ses « réformes » et ses multiples formes de reculs sociaux autrement que par la seule force de la loi imposée.

Si l’idée du retour à un syndicalisme de lutte de classe n’a pas fait florès depuis, le fait de tolérer ce genre de tendance dans leurs rangs permet aux bureaucraties syndicales de se farder d’un rouge assez pâle mais suffisant pour se présenter comme interlocutrices « légitimes » des luttes locales qui pourraient encore les déborder, et notamment celles qui prennent de plus en plus souvent un tour désespéré, engendré par la seule durabilité réellement en cours de développement, celle de la crise. Au moment même où ces lignes étaient écrites Muriel Pénicaud, Ministre du Travail, faisait une éloge appuyée de Jean-Claude Mailly, leader syndical FO en fin de mandat, en proclamant haut et fort, et manifestement avec intention, vu l’écho dans la presse aux ordres : « On a besoin des syndicats ! » http://www.francesoir.fr/actualites-france/penicaud-besoin-des-syndicats

Pour en finir avec le chapitre des syndicats, il ne faut évidemment pas en conclure que toute activité syndicale est nécessairement contre-révolutionnaire, mais que l’utilisation de la forme syndicale du mouvement ouvrier, une de ses conquêtes les plus basiques, dépend entièrement du contexte politique, lui est soumise, et ne le commande pas. Son rôle dépend du rapport de force. Elle peut être un premier pas en avant dans un contexte où il n’existe pas d’autre moyen d’expression, mais, politiquement, elle ne devient « révolutionnaire » que dans un contexte qui l’est déjà et généralement pas à l’avant-garde du mouvement, qui, précisément et par définition, ne peut qu’être politique. A terme, substituer un syndicat à l’organisation politique de masse des travailleurs, c’est lui faire remplir une fonction organisationnelle étatique qui est précisément l’antithèse de son rôle initial. Cette contradiction absolue est celle de l’anarcho-syndicalisme, une maladie ancienne et chronique de la gauche française.

Mais au delà de la forme, syndicale ou non, le débat des motivations du mouvement ouvrier en Mai 68 se trouve donc posé entre plus de consumérisme ou contestation du consumérisme. Il ne fait pas de doute que pour les catégories ouvrières les moins qualifiées et les moins payées, les « ouvriers spécialisés », la motivation d’améliorer leur niveau de vie est la première à entrer en ligne de compte. En un sens, c’est aussi, et même d’abord, plus d’accès à la société de consommation, alors encore en plein essor. En même temps, si le prix à payer est toujours plus de soumission au système qui les opprime déjà, la question des conditions de vie au travail se trouve également posée et le rapport à l’autoritarisme de l’encadrement technique et patronal aussi. L’idée d’un autre type de rapports sociaux dans l’entreprise surgit donc comme un corollaire assez naturel, dans ce contexte, des revendications purement matérielles. Mais, spontanément, il n’y a pas de perception globale de cette problématique, et donc une relative séparation de la notion de pouvoir politique étatique et de pouvoir dans l’entreprise. Cela laissait donc de la place pour le développement, au moins dans l’imaginaire populaire, de conceptions sociales utopiques localistes, et parmi celles-ci, l’autogestion, qui était donc reprise par les tendances réformistes de la gauche politique et syndicale, PSU, CFDT, gauche du PS , ensuite, se parant ainsi d’une nouvelle image de contestation sociale, tout à fait apte à récupérer les espoirs nés de la grève générale. Cette duplicité des illusionnistes de la gauche réformiste, secondés par la renaissance de l’anarcho-syndicalisme organisé, est une des plus efficaces parmi les manœuvres de récupération politique qui ont mené à l’ « alternance » Mitterrandiste en 1981. Le fait que la transformation des rapports sociaux dans l’entreprise n’avait pas de sens en dehors d’une transformation des rapports économiques et des rapports de production à l’échelle de l’ensemble de la société était largement escamoté par la plupart des intervenants politiques de ce temps.

Malgré l’ébauche d’une remise en cause du consumérisme, c’est la finalité sociale globale du système de production, dans sa réponse ou non-réponse aux besoins sociaux réels, qui n’est tout simplement pas réellement remise en cause, en dépit de l’influence supposée dominante d’un très formel « marxisme » dans la gauche française.

Le « gauchiste » moyen débat des éventuelles formes que pourrait prendre le pouvoir ouvrier, localement ou à l’échelle nationale, et même internationale, de ses formes plus ou moins démocratiques, conseil, syndicat ou autre, il discute doctement de savoir si elles correspondent ou non à la conception marxiste de la dictature du prolétariat, et même de savoir s’il faut conserver ou rejeter cette conception, mais il oublie que l’essentiel est dans le contenu social et économique du programme et non dans les formes.

Au mieux il a sa liste de « mesures » d’un réformisme plus ou moins démagogique ou « radical », genre « répartition des richesses » (… du capital), à la fin desquelles il glisse comme certificat final de « marxisme » une ou deux lignes sur la « socialisation des moyens de production », mais la finalité sociale de l’ensemble du processus de production n’y est jamais autrement définie ni remise en question.

Or si elle ne l’est pas, ou même simplement pas avec suffisamment de précision, en rapport des besoins sociaux les plus élémentaires, c’est la loi du marché qui s’imposera toujours, même si les secteurs essentiels de la production sont tous nationalisés. Et l’on ne s’éloigne donc toujours pas d’une conception économique capitaliste, en réalité.

La véritable « socialisation des moyens de production » n’est pas simplement une forme de collectivisation plus ou moins démocratique ou plus ou moins étatique.

Ce que le socialisme prolétarien interroge, en réalité, ce n’est pas la forme, plus ou moins démocratique, ni du pouvoir d’État, ni même de la gestion des entreprises, mais la finalité sociale du travail lui-même.

Le mythe de l’ « autogestion » opposée au « socialisme «étatique » est particulièrement emblématique et symptomatique de ce faux débat qui a traversé la gauche française depuis Mai 68 et a rendu son discours inaudible et inopérant en regard des problèmes sociaux réels engendrés par la crise, concrètement inaugurée, en réalité, dès le début des années 70 et le premier « choc pétrolier », son premier symptôme spectaculaire.

La finalité « démocratique » de l’autogestion ne change rien au cadre général dans lequel se situe l’entreprise, ni son rapport à l’ensemble des autres entreprises et de la société, car il ne l’extrait nullement de la logique du marché, de la loi du marché, et en aucun cas elle ne saurait le faire, du reste, sans se nier elle-même, et d’abord dans son principe d’autonomie de gestion.

En commençant à donner une finalité sociale et non marchande au travail et à l’entreprise, le socialisme contraint nécessairement la gestion des entreprises à s’inscrire dans un plan collectif de correspondance entre le travail et les besoins sociaux définis collectivement, et il limite donc l’autonomie de gestion des entreprises en les extrayant totalement de la logique du marché pour satisfaire ces besoins sociaux urgents, indépendamment des valeurs de marché, devenues caduques, tant au sens littéral qu’au sens figuré et « culturel » du terme, alors qu’une entreprise réellement autonome et « autogérée » ne peut évidemment sortir du cadre de ces valeurs sans se condamner elle-même, pratiquement, à la faillite à brève échéance.

La situation n’est pas tellement différente pour une « socialisation » ou « collectivisation » conçue comme un ensemble de « nationalisations » étatiques, avec ou sans indemnisation des capitalistes.

Ce que le socialisme interroge, en fin de compte, c’est la correspondance entre les valeurs d’usages crées par le travail et les besoins sociaux réels et urgents. Cette question, dans un premier temps, celui de la transition, non seulement n’exclut pas, mais implique la notion d’échange d’équivalents entre travailleurs producteurs, même si en tenant compte des besoins sociaux collectifs de l’ensemble de la population, y compris en dehors du secteur productif. Il y a donc là une notion collective d’utilisation de la valeur d’échange, et de la loi de la valeur, donc, telle que définie par Marx, au demeurant, dès les premières lignes du Capital, et telle que reprise dans sa non moins célèbre et controversée Critique du Programme de Gotha.

En dépit de ses litanies et rodomontades marxisantes, c’est donc l’ensemble du discours de la gauche française, même dite « extrême », anarcho-syndicaliste, trotskyste, maoïste, etc… qui se situe en dehors de toute critique réelle et sérieuse du capitalisme, et notamment en dehors de toute critique marxiste.

Aujourd’hui comme hier, l’ « anticapitalisme » de la gauche française n’est qu’une phraséologie gauchisante de pacotille, mais du moins la gauche de la fin des des années 60 avait-elle fait sa part dans le travail de rejet de l’interventionnisme US au Vietnam et elle avait donc contribué à ce que le rapport de force dans le monde penche en faveur des luttes de libération nationale, et notamment contre l’impérialisme US. Elle avait donc joué au moins en partie son rôle internationaliste et anti-impérialiste, et contribué, même si sans une conscience suffisamment claire, à ouvrir la brèche qui allait craqueler la structure du système à l’échelle mondiale, et avec un point particulièrement chaud en France, en Mai 68.

Bien entendu, et tout comme aux USA, et notamment dans le mouvement de la jeunesse, l’essentiel de ce mouvement était le pacifisme, et non un soutient actif aux luttes de libération, sauf de façon très marginale. Néanmoins, le refus de combattre, de la part de la jeunesse US, exigeait déjà un très grand courage et contribuait directement à l’évolution du rapport de forces, sur le terrain.

C’est la somme de toutes ces révoltes qui a eu une importance stratégique et contribué à établir un lien entre anti-impérialisme et anticapitalisme, même si de façon indirecte et non réellement consciente. Il y avait assez souvent une synchronicité des deux aspects de la contestation sans que cela soit de propos délibéré une stratégie, et encore moins, une méthode d’agit-prop basée sur une synergie, qui s’établissait pourtant, de fait.

Aujourd’hui, un demi-siècle après, non seulement le lien entre anti-impérialisme et anticapitalisme n’est toujours pas établi, même de façon approximative, y compris dans les vagues restes du mouvement ML, mais la notion même d’impérialisme est devenue tout à fait subjective et sans aucun rapport avec sa définition marxiste-léniniste d’origine.

Au delà de protestations « pacifistes » de pure forme et sans aucune conséquence militante concrète, chacun, chaque secte et groupuscule décrète « impérialiste » le pays qu’il veut voir défait dans les conflits en cours, au gré de ses intérêts et des alliances qu’il espère nouer, de quelques subsides circulant éventuellement en dessous de table, et en dehors de toute analyse basée sur des critères d’appréciation économique et financière réels, de données réelles correspondant à la définition basique de l’impérialisme.

Il est vrai qu’à l’époque le mouvement maoïste avait déjà bien inauguré ce bal des masques réversibles en créant le concept de social-impérialisme soviétique qui lui permettait de jouer provisoirement sur plusieurs tableaux, feignant, à partir d’un hypothétique « non-alignement », une fausse neutralité qu’il espérait transformer en nouveau leadership du tiers-monde, avant de passer avec armes et bagages dans le camp US, ce qu’il fit dès le début des années 70, mais sans entrainer le retournement général espéré…

Ce retournement spécifique de la Chine, à lui seul, néanmoins, déjà préparé par les luttes de factions internes au PCC, sous le masque grotesque de la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne », avec également un tournant essentiel en 1968, est néanmoins une grande victoire stratégique des USA, aux « bons soins » du Dr Henry Kissinger, et amorce la reprise de contrôle de la situation mondiale par l’impérialisme US.

Il est à noter que la seule révolte prolétarienne réelle en Chine « socialiste », le seul moment d’un éphémère pouvoir prolétarien, celui de la Commune de Shanghai, se termine en Avril 1968, écrasée par l’armée alors contrôlée par Lin Biao, et sur ordre de Mao, alors que la jeunesse maoïste française des beaux quartiers parisiens commence à peine à jeter sa gourme à Nanterre et au Quartier Latin. Mao est, en Mai 1968, quarante ans après Tchang Kaï-chek, le plus grand massacreur de la classe ouvrière de Shanghai…

Compte tenu de la difficulté de circulation des infos entre la Chine continentale et l’occident, à l’époque, on veut bien admettre que ce fait ne fut pas immédiatement saillant pour les maoïstes français en Mai 68. Néanmoins, la remise en ordre générale sous la tutelle de l’armée était tout à fait officiellement annoncée. Ainsi que l’envoi « à la campagne » des gardes rouges, pour une durée à priori indéterminée…

Trois ans plus tard, la véritable nature des accords Chine-USA, sous l’égide de Nixon, ne pouvait être tenue pour une simple « entrevue diplomatique de reconnaissance », compte tenu des premières mises en vente à la bourse de Hong Kong de titres sur les entreprises chinoises continentales. C’était bel et bien la mise en place d’une affaire juteuse pour les deux parties et le début de la mutation de la bourgeoisie « nationale » maoïste du PCC en une bourgeoisie néo-comprador, entièrement vendue à l’impérialisme US, indépendamment de ses luttes de fractions internes. Ce fait, encore peu connu aujourd’hui, était pourtant, même à l’époque, facilement accessible, en termes d’infos, pour nos « dirigeants » maoïstes français, essentiellement issus de la bourgeoisie et proches des milieux d’affaires, dans leurs contextes d’origine.

Mais la duplicité de ces « dirigeants », en France, n’était précisément qu’un pâle et morbide reflet de celle de Mao Zedong lui-même, et dès lors que la base militante en France ébauchait réellement l’amorce d’une résistance prolétarienne anticapitaliste et anti-impérialiste, en opérant notamment une fusion avec la solidarité populaire pour la lutte de résistance palestinienne, leur stratégie manipulatoire et putschiste se trouvait en échec, la lutte échappant à leur contrôle, et il leur fallait la casser rapidement pour réintégrer à temps le giron de leur classe d’origine.

Bien entendu il n’existe pas de catégorie réellement définie pour ce genre de pratique politique manipulatoire, mais la génération des « gardes rouges » quasiment déportée pour plusieurs années en Chine s’est trouvée sacrifiée sur l’autel des règlements de comptes entre factions maoïstes et l’on pourrait légitimement définir ce fait comme un « génocide générationnel », même si la violence y est plus psychique que physique. Pas de telle contrainte, en France, mais les quelques éléments populaires et prolétariens qui ont servi de masse de manœuvre « militante » à ces manipulateurs se sont trouvés tout autant rejetés par le mépris et le cynisme de ces « gosses de riches » ayant juste fini de jeter leur gourme. La violence de la désillusion, la marginalisation et le suicide devenait au mieux, pour les manipulateurs, un sujet d’étude sociologique, sinon carrément l’amorce d’un business spectaculaire marchand.

Il ne s’agit pas ici de stigmatiser particulièrement la « trahison » des « dirigeants inspirés » de telle ou telle tendance, maoïste ou autre, qui n’ont fait qu’agir selon leur véritable nature de classe, mais bien de comprendre que le réalignement de plus en plus formel et généralisé qui gagne, à partir du début des années 70, l’ensemble de la gauche française en faveur de l’impérialisme US et du sionisme, s’enracine en réalité profondément dans les carences de la critique qui en avait été précédemment formulée, aussi virulente et radicale qu’elle ait pu paraître, dans sa forme.

Il ne s’agit pas non plus, à l’occasion de ce cinquantenaire, de refaire un exposé des principes de base, mais au moins de bien montrer jusqu’à quelle dérive aussi absurde et systématique, et surtout, ultra-réactionnaire, leur « oubli » a pu mener la gauche française. Le fait est, basique et malgré tout nécessaire à rappeler, que l’impérialisme n’est pas un phénomène « extérieur », comme une sorte de « supplément d’âme » particulièrement noir, du capitalisme, mais bien une évolution logique et incontournable de sa nature profonde, reposant sur la domination, tout aussi logique et incontournable, du capital financier et spéculatif, et sur sa capacité à asservir d’autres nations et d’autres peuples en captant leurs ressources et le fruit de leur travail par l’exportation massive de capitaux. L’utilisation de la force militaire n’étant qu’un corollaire fréquent mais ni indispensable ni symptomatique par lui-même. Le nombre de pays qui sont réellement des pôles financiers d’envergure mondiale et exportateurs massifs de capitaux reste en réalité assez restreint et n’évolue que très peu, d’une époque à l’autre, même à un demi-siècle d’écart, et aucune confusion ne devrait être possible, en dehors de la cécité volontaire des « idéologues » stipendiés de la gauche au service du système. Les rapports de force à l’échelle mondiale ont certes évolué en passant par diverses phases caractéristiques, mais si l’ouverture et la « compradorisation » du marché chinois a permis le rétablissement de la suprématie US, elle n’a fait qu’accentuer la vassalisation des autres acteurs majeurs, France, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, au suzerain USA.

Dans un deuxième temps, la constitution d’un capital financier chinois suffisamment autonome a permis à la Chine de se poser aujourd’hui en challenger N°1 de l’impérialisme US, loin devant les quatre vassaux principaux, qui le restent donc, plus que jamais. En un demi-siècle la physionomie économique et sociale de la planète a certes considérablement évolué, mais pas au point d’être méconnaissable pour un hypothétique « voyageur temporel »… Sur ce plan, le surgissement de la Chine est l’événement majeur, tandis que l’effondrement du capitalisme national-bureaucratique en Russie et en Europe de l’Est n’a fait que renforcer la domination US sur ce continent.

Après une brève période de « compradorisation » chaotique, la Russie tente, ni plus ni moins, que de reconstituer son capital national, sans y parvenir encore de manière efficace, et donc encore très loin d’approcher le stade impérialiste, évidemment, et cela quoi qu’en disent les phraseurs de la gauche française, même « extrême », et larbins plumitifs du système.

Cette réalité est ce que nous révèlent les relents de « guerre froide » qui parcourent à nouveau le monde, et semblent à s’y méprendre constituer un tragique « remake » de l’époque, et sans même l’illusoire notion de « coexistence pacifique »… !

La différence réelle et profonde étant donc l’apparition du challenger chinois pour la domination économique et financière, tandis que la Russie constitue à nouveau le pôle de résistance des nations qui refusent la soumission à l’impérialisme, mais délesté de la plus grande partie de sa zone d’influence diplomatique et géostratégique, qu’elle tente donc de reconstituer. L’alliance Russie-Iran constitue pratiquement, et également sur le terrain, une quasi-ligne de front entre les nations et les peuples qui refusent la soumission et les régimes vassalisés, néo-colonisés et compradors diverses. Cette ligne de front est aujourd’hui une ligne de rupture et de fracture géostratégique entre l’ensemble de ces peuples et nations et l’impérialisme US. Cet ensemble comprend notamment la Nouvelle Russie (Donbass), la Syrie, la Palestine, le Yémen.

L’ensemble des nations refusant actuellement le diktat de l’impérialisme US est particulièrement hétéroclite en raison des différentes vagues d’agressions impérialistes et de tentatives de résistance dont elles sont en quelques sorte les survivantes. Même si la mémoire de l’URSS reste un fond diffus dans l’arrière plan culturel et idéologique de nombre de ces nations, ce n’est jamais que l’héritage de la bourgeoisie nationale bureaucratique de l’époque Khrouchtchev-Brejnev, et non celui de la période socialiste de l’URSS, et il n’y a donc aucune nostalgie à cultiver envers de chimériques “rescapés du camp socialiste”, ce qui ne serait qu’un nouveau concept idéaliste globalisant et confusionniste, favorisant uniquement les manipulations et les intérêts du nouvel impérialisme chinois.

La plupart de ces régimes reposent sur une alliance de la bourgeoisie nationale, de la petite-bourgeoisie et très rarement, avec la participation d’une partie de la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre, mais qui n’en sont jamais une avant-garde réellement constituée. Il n’y a donc pas d’ambiguïté idéologique à cultiver, et ces régimes doivent être caractérisés pour ce qu’ils sont, et soutenus pour ce qu’ils sont, et uniquement dans la mesure de leur résistance à l’impérialisme.

Bien évidemment, l’attention première des anticapitalistes et anti-impérialistes conséquents doit se porter sur la constitution d’organisations d’avant-garde prolétarienne et sur le soutient aux très rares qui existeraient encore. Mais dans la situation de carence actuelle sur cet objectif en France et dans la plupart des pays, ne pas soutenir clairement, ouvertement et activement, sur le plan politique, la résistance des nations en lutte contre l’impérialisme n’est pas seulement un déni formel de tous les principes de lutte, mais une attitude de Kollaboration objective, et même de Kollaboration active, dans les faits.

Ce ne peut être que dans une dynamique générale de lutte contre l’impérialisme que peut renaitre le mouvement ouvrier, en France, en Europe et ailleurs. Un demi-siècle après, c’est l’une des leçons essentielles de Mai 68, et l’une de celles qui n’a toujours pas été “comprise” par la gauche française, même dans ses composantes supposées “extrêmes” et soi-disant “marxistes-léninistes”.

Mais au bout d’un demi-siècle, “incompréhension” n’est sans aucun doute nullement le terme adapté en ce qui concerne la plupart des responsables politiques de la gauche française et de son fiasco permanent, qui ne fait que s’approfondir au fil des générations et des luttes, en fait de “révolution permanente” telle que sporadiquement remise au goût du jour par les trotskystes, dont c’est l’une des prétentions idéologiques d’origine.

Emblématique de ce type d’attitude Kollaborationiste, celle du NPA et de son porte-parole médiatique, Olivier Besancenot. Après avoir ouvertement soutenu l’agression impérialiste en Libye, avec le résultat que l’on connait, à savoir, avec le retour de l’anarchie capitaliste primitive, du chaos et de la violence, celui de l’esclavagisme, Besancenot et le NPA “remettent le couvert” pour le dépeçage de la Syrie et vont même jusqu’à se poser en quasi-”conseillers politiques” de l’interventionnisme impérialiste en préconisant plus d’armement pour les factions militaires qui ont enclenché le processus de “guerre civile”, en réalité déjà manipulés et téléguidés par leurs commanditaires occidentaux. S’il prétend affirmer quelques doutes sur les récents bombardements impérialistes, ce n’est pas sur l’indépendance bafouée de la nation syrienne que porte son indignation, mais sur l’effet “contre-productif ” de ces frappes pour les intérêts occidentaux:

« On est dans cette situation où aujourd’hui on va avoir une déstabilisation supplémentaire de la région et qui risque finalement paradoxalement de rendre un grand service à Assad, c’est à dire de solidariser une partie de sa population sur le thème de l’anti-impérialisme”

Tout comme les autres intervenants au service de ces criminels, il est incapable de comprendre que la défaite de l’impérialisme est déjà consommée, pour l’essentiel, en Syrie, et que ces frappes d’arrière-garde ne visent qu’à en ralentir la libération totale et à sauver la face des assassins stipendiés par le capitalisme financier international. Mais Besancenot affirme donc sans vergogne savoir mieux que les impérialistes ce qui serait encore bon pour eux !!

Difficile de descendre plus bas dans l’échelle de la duplicité…

Besancenot n’était certes pas encore né en 1968, mais toute son évolution politique, comme celle de son parti NPA, reflète la dérive générale de la gauche française, inaugurée avec les faux débats de l’après-Mai 68, évitant soigneusement la remise en question de la finalité sociale du travail, susceptible de saper la base idéologique et économique du capitalisme et de l’impérialisme.

Assez logiquement c’est ce genre de “leader” que les médias du système mettent en avant comme “représentatif” des mouvements de contestation sociale en 2018, à l’approche du cinquantenaire de Mai 68. On comprend aisément pourquoi…!

La structure du capitalisme financier était ébranlée, en 1968, tant par les contradictions internes de la dynamique expansionniste du dollar que par le surcoût et l’inefficacité de la guerre impérialiste, double syndrome aboutissant à la liquidation des accords monétaires de Bretton Woods, en 1971. Au même moment, le retournement de la Chine est venu apporter un très gros ballon d’oxygène à l’impérialisme US, mais aujourd’hui il menace de lui éclater à la figure et la crise financière de 2008 n’a trouvé que des solutions palliatives fragilisant durablement la structure du système. La multiplication des guerres par procuration est le seul moyen réel de survie du capitalisme financier, à l’heure actuelle, et le seul moyen qu’il a de se relégitimer, par le truchement du développement “incontrôlé” du terrorisme.

Faire le choix de soutenir politiquement et activement les luttes anti-impérialistes en cours, c’est le seul point de départ possible pour la renaissance réelle des luttes anticapitalistes et le début de construction d’une alternative.

Luniterre

AVRIL 2018 : La situation actuelle et le rôle des Marxistes-Léninistes

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En quelques mots…

La situation actuelle

et le rôle des Marxistes-Léninistes

 

 

Suite à la republication de l’article de l’OCF sur le mouvement social, assortie de notre critique sur le manque le lien avec les luttes anti-impérialistes actuelles.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/09/l-anti-macronisme-un-nouveau-style-branche/

PDF : OCF – Avril 2018 – Sur le mouvement social en France

La situation actuelle confirme de manière encore plus éclatante que l’on ne peut séparer les questions sociales locales de la politique impérialiste internationale.

Il est évident que Macron utilise toutes les complicités possibles dans la « gauche », même et surtout « extrême », pour empêcher que ce lien se concrétise par un rejet réel et profond de sa politique globale et donc du système.

Cela est donc logiquement le rôle et même le devoir des ML de faire apparaître ce lien pour ce qu’il est, le fil fondamental de la politique du système. C’est ce qui devrait marquer la force et la différence politique des ML, même si c’est à très petite échelle, pour commencer.

Faire apparaître ce lien, ce n’est pas se contenter de protestations formelles contre la logique de guerre, mais bien de faire comprendre que le soutien politique réel aux luttes actuellement engagées par l’axe des résistances nationalistes au Proche-Orient, essentiellement, et au Donbass, aussi, c’est le moyen d’affaiblir le front politique des impérialistes, dans lequel le « nôtre » occupe une place importante.

C’est donc le moyen de l’affaiblir également, de modifier le rapport de forces politiques en France, et d’y faire reculer l’influence des réformistes et des Kollabos « de gauche » qui refusent absolument, quant au fond, la solidarité avec ces luttes et cautionnent, soit directement, soit hypocritement, mais à peine masqués, les tentatives impérialistes d’écrasement de ces luttes.

Avec une campagne d’agit-prop claire sur ce thème, même les « doubles jeux » du type « USA-Russie, tous impérialistes » se trouveront démasqués et obligés de dévoiler leur confusionnisme sur le fond, et se trouveront donc en position défavorable face aux critiques justifiées des ML.

C’est maintenant, quand l’actualité plus que brûlante nous offre une tribune potentielle avec une portée fondamentale qu’il faut agir.

Au lieu de cela, on ne voit rien, sinon le ron-ron des formules habituelles ne masquant même pas l’impuissance, le plus souvent complaisante, des diverses sectes et groupuscules supposés d’ « extrême-gauche », et même « ML » pour quelques uns.

L’OCF, par contre, a fait preuve d’une certaine lucidité en publiant son article sur le mouvement social, mais le lien avec les luttes anti-impérialistes actuelles reste à faire.

L’OCF a donc là une occasion réelle de faire la preuve de son existence politique, et même, éventuellement, de commencer à devenir opérationnelle et d’engendrer une dynamique constructive.

Dans la mesure où elle semble être le dernier réduit du mouvement ML organisé en France, beaucoup repose sur la suite de son évolution, après la publication de son constat lucide sur le mouvement social.

Luniterre

David Palestinien Contre Goliath Sioniste : Une leçon de Résistance donnée au monde !

 

 

 

Bande de Gaza : au moins douze Palestiniens tués dans des violences avec l'armée israélienne

SEPT PALESTINIENS TUÉS, 500 BLESSÉS PAR TSAHAL À LA LIMITE DE GAZA

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A l’occasion de son Jour de la Terre 2018 le peuple de Palestine vient de donner au monde entier une leçon de courage et de résistance exemplaire, après déjà 70 ans de luttes pour son droit au retour sur sa terre d’origine dont il a été chassé par l’occupant sioniste.

Le fait est que le monde voyait ou croyait voir sombrer cette cause peu à peu sous les coups des colonialistes israéliens, et sous une chape d’hypocrisie des puissances impérialistes complices, alors qu’elle vient soudainement et massivement de relever la tête pour réaffirmer son droit intangible.

C’est précisément dans ce droit que réside sa force, c’est ce que nous a magistralement rappelé Stanley Cohen en Juillet dernier.

C’est donc l’occasion de republier ce texte remarquable, qui se trouve être, plus que jamais d’actualité!

Mais au moment où un réveil des luttes sociales semble s’opérer en France, c’est aussi une occasion de réfléchir au sens de ces luttes au sein des métropoles impérialistes, qui sont, qu’elles le reconnaissent ou non, liées entre elles contre toutes les luttes de libération, et celles de la Palestine en premier, tant les complicités du sionisme sont extensives, en France comme aux USA et ailleurs.

Il ne s’agit nullement, ici, de prendre le problème à l’envers, comme le font certains supposés « anti-impérialistes », mais bien au contraire et précisément de comprendre qu’un phénomène colonialiste tel qu’il se développe en Palestine, digne des pires barbaries occidentales du siècle dernier, ne pourrait se poursuivre sans le support de ces complicités. Autrement dit, si le sionisme est bien le serviteur obligé de l’impérialisme dans cette région stratégique du monde, il n’en est pas le maître.

Il fut un temps où la solidarité anti-impérialiste internationale arrivait à isoler certaines de ces entreprises colonialistes au point de les faire cesser, comme au Vietnam et en Afrique du Sud. Mais c’était aussi un temps ou les luttes sociales en occident étaient encore une menace politique sérieuse pour le système capitaliste. Il y avait de fait une synergie entre ces deux aspects de la lutte, même si cela ne résultait précisément d’aucune stratégie réelle ni d’aucun concept de résistance globale, qui eut pourtant été utile et même nécessaire à leur survie, en terme à la fois de résistance sociale et de perspective politique.

Si face à la violence des reculs sociaux imposés par la crise la résistance sociale se réveille à nouveau, elle traine néanmoins encore le boulet de ses précédents échecs, contre la réforme des retraites et contre la Loi El Khomri, et pour ce qui est d’une solidarité anti-impérialiste digne de ce nom on n’en voit plus de signe réellement significatif, sauf, au contraire, des signes de Kollaboration active de diverses parties de la « gauche », même « extrême »!

Mais surtout, le constat est que toutes les forces politiques actuellement au pouvoir ou en capacité de gouverner sont directement engagées dans le processus systémique de régression sociale, comme fractions ouvertement représentatives des intérêts du système capitaliste.

La seule qui se tente encore de se faire passer pour une « alternative », en se donnant un style « rebelle », c’est la prétendue « France Insoumise », alors qu’il ressort clairement de son programme qu’il s’agit ni plus ni moins qu’une relance « keynésienne » du système, basée sur une nouvelle manœuvre financière à l’échelle européenne.

Après un succès de départ du à l’effet médiatique de « nouveauté », comme tant d’autres gadgets politiques précédents, elle sombre à nouveau dans l’obscurité des manœuvres politiciennes, obligée de faire face à sa propre impasse.

Nous avons néanmoins eu l’occasion d’échanger sur ces sujets avec un de ses militants les plus lucides, par ailleurs sympathisant de la mouvance trotskyste britannique « Socialist Fight ».

Il ne s’agit pas ici de revenir une Nème fois sur les analyses de la situation économique de la crise systémique, mais au contraire de comprendre ce qui nous sépare d’un peuple tel que celui de Palestine, aussi démuni de tout et dépourvu aussi bien de moyens locaux que de supports internationaux réellement puissants, mais qui lutte quand même massivement et avec toute la dernière énergie dont il est capable, en comparaison avec notre difficulté à relever la tête dans un climat de régression, certes, mais qui est encore loin d’une situation catastrophique telle que celle de la Palestine.

L’article récent de ce camarade sur les mouvements sociaux en France (*) est centré sur un point essentiel à propos de la nécessité de construire un parti d’avant garde du prolétariat. Un long commentaire en réponse semble insister davantage sur la nécessité de la dictature du prolétariat pour la période de transition, bien que les deux soient liés, jusqu’à un certain point, évidemment.

Les deux sont également justes considérés d’un point de vue marxiste-léniniste, mais le niveau de conscience actuel n’en est manifestement pas là, sauf pour quelques pseudos-« ML » sectaires qui « s’y croient » et n’y sont donc précisément pas… !

Pour ce qui concerne le mouvement de masse, ce n’est donc pas encore là la problématique concrète, celle qui le fera avancer plus rapidement, y compris vers ces objectifs transitoires mais incontournables.

Si la FI a rencontré un relatif succès, c’est qu’elle a su mobiliser essentiellement autour d’un projet… C’est le projet, le programme, qui est l’élément fédérateur et constitutif du mouvement et de son organisation.

Le fait qu’il ne soit ni viable ni crédible, et à juste titre, pour une grande masse de prolétaires, qui ont donc préféré s’abstenir, c’est encore une autre question, mais l’amorce du mouvement réside bien dans le projet et non dans le parti en lui-même, ni même dans les formes hypothétiques de son pouvoir… !

Autrement dit, il faut distinguer la problématique stratégique telle que nous la percevons, même si évidemment, fort justement, comme marxistes, de la problématique politique générale telle que la perçoit la grande masse, et qui est la première marche vers l’élévation et la renaissance de la conscience de classe.

Dans la Russie pré-soviétique et soviétique naissante, c’est le projet politique et social en gestation, précisément, autour des soviets, qui a été à la fois l’amorce et le catalyseur de la lutte. C’est ce principe qui est devenu la légitimité prolétarienne et populaire de la Révolution et qui a permis au parti bolchévique de légitimer son pouvoir, y compris du point de vue de la dictature du prolétariat, comprise comme défense indispensable de ce projet et de cette légitimité.

C’est pourquoi la question du parti, dans les circonstances actuelles, où cette notion est totalement dévalorisée pour les masses par la caricature qu’en donne la bourgeoisie, ne se posera réellement que lorsque naitra une convergence non pas tout d’abord et formellement idéologique, mais précisément autour de l’élaboration concrète d’un projet, un peu à l’image du processus de formation de la FI, expérience utile et signifiante, de ce point de vue, même si inutile et même néfaste, quant au fond.

Mais cette réflexion risque de rester incomprise, car le propos reste incomplet ainsi et peut n’être pas clairement saisi dans toutes ses implications.

Car en réalité c’est donc la question de légitimité qui est le nœud de cette problématique.

La survie du système actuel tient à ce qu’il parvient constamment à se relégitimiser, malgré ses failles béantes et même lorsqu’elles sont perçues comme telles.

Actuellement, la menace terroriste est sa meilleure justification, à condition d’être réactivée très souvent, sinon en permanence.

C’est pourquoi il n’y aura pas de mesures vraiment radicales contre les mouvances salafistes, par exemple.

Mais le point fondamental reste la question du travail.

Dans la légitimité bourgeoise le travail n’est utile que s’il est rentable financièrement.

La question de son utilité sociale n’est jamais réellement posée, sauf pour être ouvertement éludée au motif de non-rentabilité sur le plan financier.

Le travail socialement nécessaire mais « non-rentable » est rejeté dans le domaine du bénévolat et de la charité privée…

Le système arrive ainsi à légitimiser même la réduction de toutes les fonctions sociales encore survivantes de son État.

Tout ce qui subsiste de service public doit être « concurrentiel » avec le secteur privé ou disparaître, et au mieux, remplacé par la charité privée, ou carrément supprimé, sinon.

La vraie question est donc celle de la légitimité du travail, à travers son objectif social, en tant que répondant à des besoins sociaux réels, tant en termes de productions que de services.

Travailler utile socialement ou travailler rentable financièrement, ce sont deux notions bien différentes et qui se retrouvent donc également dans le secteur productif, en réalité, au delà de la culture des fantasmes publicitaires.

La production en cours est-elle socialement réellement utile et/ou essentiellement sur le plan de la rentabilité financière ? C’est cette question qui doit donner un sens à la notion de partage du travail.

Car on ne peut partager qu’un travail socialement utile, en fin de compte, dans la mesure où il répond précisément aux besoins de ceux qui le partagent.

Le changement de légitimité se produira quand l’utilité sociale du travail sera au premier plan des revendications.

C’est en ce sens que les révolutionnaires, marxistes ou non, doivent orienter leur travail d’agit-prop, s’ils veulent avoir une chance d’amorcer un réel mouvement de contestation anticapitaliste et commencer à construire une alternative crédible.

C’est évidemment très différent du paradigme de la FI, qui se présente clairement comme un plan de relance du système actuel, même si dans une hypothétique version « keynésienne », désormais tout à fait chimérique et non crédible, de plus.

La question de légitimité du système se retrouve également dans sa dimension impérialiste où son bilan « globalement négatif », à l’échelle de la planète et de la tant vantée « mondialisation » est en réalité carrément spectaculaire et seulement masqué par l’omniprésence entretenue du « terrorisme » justifiant l’omniprésence des forces armées impérialistes et de leurs supplétifs diverses, même parfois « de gauche »…

C’est là encore, sinon là d’abord, que les révolutionnaires doivent sans cesse reposer la question de légitimité en faisant donc également le lien avec la situation économique et sociale désormais en voie de dégradation accélérée dans les métropoles impérialistes.

En résumé, un demi-siècle après Mai 68, un mouvement de contestation anticapitaliste réel ne peut renaître que parmi ceux qui sont prêts à remettre vraiment en cause les fondamentaux de la légitimité du système actuel, et ils sont très peu nombreux, encore, à l’heure actuelle.

La naissance d’un mouvement actif autour de ces thèmes d’agit-prop serait déjà une petite révolution…

La question de savoir s’il surgira des débats actuels est loin d’être réglée, tant ils sont biaisés, effectivement, par des présupposés idéologiques totalement surannés et donc dogmatiques, quant à leur démarche, qui reste imperceptible des larges masses, même lorsqu’elles se mettent en mouvement.

Mais ne s’est-on pas éloigné de la Palestine actuelle en revenant sur Mai 68?

En réalité, il n’en est rien, et d’autant moins que Mai 68 a aussi amorcé le resurgissement de cette cause alors « oubliée » par l’Occident…

En Palestine la légitimité du combat collectif, le projet collectif, autrement dit, repose sur le droit à la terre, le droit au retour.

Elle dépasse largement les clivages entre courants politiques et religieux. Ce qui explique la continuation massive du combat, sur tant de décennies.

En France elle devrait reposer sur le droit à un travail socialement utile, dans la perspective d’une économie de transition, évidemment.

Le parti ou les factions politiques qui deviendront leaders du mouvement seront celles qui incarneront le mieux cette légitimité. Encore faut-il que le mouvement pour une telle légitimité existe… Ce n’est pas le cas… Travaillons donc à le créer, si nous en avons réellement la volonté politique…

Il y a une dialectique à comprendre entre la constitution du mouvement sur le plan organisationnel et sur le plan de son contenu, en termes de perspectives sociales, économiques et politiques.

Le projet est le moteur. La structure sans le projet est une structure stérile, sans objet.

C’est le projet qui est le premier élément de cette dialectique, les problèmes organisationnels, parti et organisations de masses, se règlent autour et en fonction de la dynamique et de l’avancement du projet.

Encore faut-il donc qu’il y ait projet, en termes de transition.

Sur ce point le camarade FI nous reproche d’entretenir une confusion éventuelle sur la notion de travail socialement utile, qui ne pourrait exister en dehors des critères actuels de rentabilité, avec sa notion actuelle de plus-value.

Malentendu sur le sens des termes ???

Ce qui est du travail socialement utile est socialement rentable, dans la mesure où il répond à des besoins sociaux recensés en termes de productions et de services… ! (Et donc pris en compte dans le plan socialiste, équilibré en termes de valeur-travail productive.)

C’est dans ce sens que que le surtravail reste utile pendant la période de transition, ce qui est tout de même assez différent de la plus-value capitaliste qui n’a qu’une vocation financière avérée.

Le « surtravail » en régime socialiste (phase de transition), n’est plus une « plus-value » hasardeuse mais le fruit d’un plan collectif pour satisfaire les besoins sociaux essentiels…

A ce propos nous lui conseillons donc de relire la célèbre Critique du Programme de Gotha de Marx:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Les « besoins sociaux » tels que définis par les idéologues et économistes du capital ne sont que les besoins solvables, et non les besoins sociaux réels et vitaux, qui ne sont réellement pas satisfaits par le système, globalement, et surtout pas à l’échelle mondiale « mondialisée » sous la domination impérialiste, et de plus il y a le retour de la pauvreté en occident, y compris précisément dans certaines catégories de travailleurs.

Tout cela devrait, au moins pour la « gauche » qui se veut « anticapitaliste », faire partie des évidences!!

Marx, dans le Livre III du Capital, notamment, prend aussi la précaution de faire ce distinguo essentiel, entre « besoins » uniquement solvables et besoins sociaux réels, dans le rapport dialectique entre loi du marché et loi de la valeur.

Ayant maintenant quelque peu avancé sur ce concept de légitimité de la lutte anticapitaliste, il est possible de revenir, pour aller plus loin, sur l’une des premières propositions de notre camarade FI que nous avons déjà abordé.

Pour ceux qui se considèrent « marxistes » et plus spécifiquement « léninistes », le concept de légitimité de leur cause leur semble donc d’abord résider dans la construction du parti, en ce qu’il représente l’avant-garde du prolétariat.

Or cette légitimité n’est telle et éventuellement acquise que si le rôle de ce parti est déjà historiquement confirmé, et d’abord par son action sur le terrain.

Autrement dit, poser la construction du parti comme préalable à l’émergence d’un mouvement révolutionnaire prolétarien, c’est carrément prendre le problème à l’envers.

L’acquisition de légitimité du parti ne se fait elle-même, de plus, qu’à travers l’acquisition de légitimité nouvelle et globale du mouvement révolutionnaire, et seulement dans la mesure où ce parti devient lui-même l’incarnation au moins partielle de cette légitimité globale par son action et sa lutte.

L’une des questions historique, en termes de leçons utiles, que nous aurions pu aborder à l’occasion du Centenaire d’Octobre porte précisément sur l’origine de cette légitimité telle qu’acquise par le Parti Bolchevique…

Comment comprendre pourquoi cela est devenu le cas du Parti Bolchevique, et à quel moment ?

C’est bien, en fait, une des question sur lesquelles notre recherche a également porté, à cette occasion, même si cela n’est pas vraiment ressorti dans les polémiques de ce moment.

Celles-ci se sont trouvées concentrées sur la légitimité de la période stalinienne, ce qui était inévitable en raison de sa durée et de son importance stratégique dans l’histoire de l’URSS et du monde du XXème siècle, et de ses conséquences sur le monde actuel.

Pourtant la problématique de base et de départ que nous cherchons à comprendre aujourd’hui, parce qu’elle est celle qui nous concerne plus concrètement, en fait, n’est pas à ce point différente, car en ce qui concerne l’histoire de la Révolution d’Octobre, c’est aussi de la légitimité globale de l’Union Soviétique qu’il est question, en réalité, à traver celle du Parti Bolchevique.

C’est ici à dessein que nous utilisons ici le terme Union des Soviets et non URSS, car à l’évidence cette légitimité est bien antérieure à 1922, fondation officielle de l’URSS…

Cette problématique de légitimité a ressurgi à plusieurs reprises à l’occasion des débats historiques autour du Centenaire d’Octobre. Ils se sont particulièrement cristallisés sur le problème historique de la dissolution de l’Assemblée Constituante en Janvier 1918.

Il apparait d’autant plus évident, à présent, que c’est là que se situe le nœud du problème en ce qui concerne à la fois la légitimité de l’Union des Soviets et celle du rôle historique du parti bolchevique. Et partant de là, de toute la dialectique d’interaction entre ces deux organismes.

Ce n’est pas par hasard si la dissolution de la Constituante, le 6 Janvier 1918 , est devenue, et à nouveau singulièrement à l’occasion du Centenaire, la bouteille à l’encre de tous les historiens anti-bolcheviques, de droite comme « de gauche », au moins aussi souvent.

Si tel est le cas, c’est précisément parce que c’est le véritable point de basculement d’une légitimité vers une autre, c’est à dire de la liquidation des derniers restes, pour l’époque, de la légitimité bourgeoise vers la légitimité prolétarienne.

Le mieux et le plus simple pour comprendre cette situation, c’est de se référer aux trois textes de Lénine sur ce sujet, les plus significatifs sur cette question de légitimité et sur la dialectique qui en ressort concernant l’interaction du parti bolchevique et des soviets.

Il est clair que le parti bolchevique tient sa légitimité de ce qu’il a été le meilleur acteur du pouvoir des soviets. La légitimité la plus fondamentale résidant évidemment dans le pouvoir des soviets et non dans le pouvoir du parti.

C’est ce qui ressort très nettement de ces trois textes, tout simplement parce que c’est une évidence en soi, surtout à l’époque. Or par la suite, avec la guerre « civile », c’est le rôle dirigeant du parti qui a permis la survie du pouvoir des soviets et cette question a perdu de son sens pour plusieurs décennies, tant la fusion parti-soviets est devenue opérationnelle sur le terrain.

En réalité cette question de fusion ou de distanciation relative aurait pu ou même du se reposer à plusieurs reprises, mais le sujet ici est plus global que la polémique sur tel ou tel point historique particulier, comme la constitution de 1936, par exemple, rejetée par les trotskystes, prétendument au nom de la « dictature du prolétariat », et qui en ont bloqué la mise en œuvre via leur influence résiduelle au sein de la bureaucratie, même s’ils ont été finalement les premiers à payer le prix de la situation conflictuelle ainsi créée.

Toujours est-il que cette légitimité fondamentale des Soviets explique aussi en grande partie, même si paradoxalement en apparence, ce prétendu « mystère » du décalage à priori surprenant entre la « nostalgie » majoritaire pour l’URSS en Russie actuelle, et le vote, encore plus majoritaire, en faveur de Poutine.

La nostalgie pour l’URSS porte justement sur le concept de « Nation Soviétique » qui s’est forgé à partir de cette date, à la dissolution de la Constituante en Janvier 1918, à partir de laquelle la « démocratie » parlementaire russe s’est d’elle-même inféodée à l’impérialisme, créant donc ainsi un clivage anti-impérialiste qui s’est précisément creusé en raison du soutient étranger impérialiste à la fois à la réaction blanche et à la réaction « démocratique » bourgeoise.

C’est donc, en réalité, assez logiquement Poutine qui incarne cette nostalgie de la nation soviétique, en tant que restaurateur efficace de l’indépendance nationale russe, et non le KPRF, principal « PC » en Russie, et surtout son secrétaire Ziouganov, à la fois ouvertement inféodé au « PC » chinois et pour le moins très « coopératif » avec l’impérialisme US à propos de l’Ukraine, comme on a pu le voir à l’époque, en pleine bataille décisive pour la ville et le nœud ferroviaire de Debaltsevo :

https://solydairinfo.wordpress.com/2015/09/11/guerre-etou-paix-en-europe-6-mois-apres-minsk-2-le-donbass-a-un-tournant-decisif/

De plus, actuellement, l’étape russe est clairement à la consolidation de l’indépendance et de la résistance anti-impérialiste, et non à la révolution sociale, que le KPRF n’incarne pas non plus, de toutes façons, vu son programme ultra-réformiste.

En Russie, la question de légitimité du pouvoir et de sa nature de classe se trouvera nécessairement reposée à l’issue de l’ère Poutine, mais de l’eau aura encore coulé sous les ponts, d’ici là, en espérant que ce ne soit bien que de l’eau, du reste !

En PDF, les trois textes de Lénine sur la dissolution de la Constituante :

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LENINE – DISSOLUTION CONSTITUANTE

(En intégral, à la suite, avec le texte de Stanley Cohen, le Projet de Décret, proposé par Lénine, pour cette dissolution.)

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est évidemment que cette question de légitimité n’est pas d’abord liée au formalisme parlementariste ou non de la démocratie, mais à sa nature de classe.

Ce que l’une ou l’autre forme consacre, à ce moment de l’histoire russe qu’est la dissolution de l’Assemblée Constituante, en janvier 1918, ce sont d’abord des types de rapports sociaux complètement différents, dont les processus électoraux qui en découlent ne sont que l’une des expressions, mais pas la plus fondamentale, en dernière analyse.

La force et la légitimité des soviets c’est d’abord d’avoir créé de nouveaux rapports sociaux sur le terrain de base, à l’entreprise, et donc d’avoir consacré et légitimisé une nouvelle utilité sociale du travail, ce qui  reste donc tout à fait liée à la la légitimité du mouvement révolutionnaire anticapitaliste.

Cela nous ramène donc directement à la question du rapport entre objectif ou utilité sociale du travail et définition des besoins sociaux qu’il vise à satisfaire. Et donc, par voie de conséquence tout aussi directe au rapport dialectique entre loi du marché et loi de la valeur, tel que traité dans le Livre III du Capital de Marx, que nous avons déjà évoqué plus haut, et comment engager le processus de transition pour se séparer de la domination de la loi du marché, tel qu’ébauché, dans son principe, dans la Critique du Programme de Gotha du même Marx… !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Il est important de rappeler ici qu’à la veille d’Octobre, et même, précisément, en Septembre 1917, Lénine fondait, dans « l’État et la Révolution », notamment au Chapitre 5, les principes économiques de la transition socialiste en Russie sur ce même texte de Marx, la Critique du Programme de Gotha…!

Il y a donc bien un lien direct entre les fondamentaux économiques du marxisme et les fondamentaux politiques du léninisme, et c’est précisément aussi pourquoi nous sommes marxistes-léninistes !!

A noter que ce lien possède un prolongement évidemment encore plus large avec l’expansion du phénomène impérialiste, même s’il relégitimise, de manière partielle et provisoire, le capitalisme de certaines bourgeoisies nationales, celles qui tentent de résister à la domination financière impérialiste.

Quoi qu’il en soit de telle ou telle situation particulière, pour nous, dans les métropoles impérialistes, le lien est direct, à la fois entre utilité sociale du travail et légitimité du combat anticapitaliste et entre ce combat lui-même et le combat anti-impérialiste, qui n’ont donc, du reste et en conclusion, qu’une seule et même légitimité, et c’est à nous, les révolutionnaires, et singulièrement les ML, de la faire apparaître politiquement pour avancer vers nos objectifs.

C’est en ce sens que doit s’orienter notre réflexion et notre travail d’agit-prop.

Mais toutefois cette explication ne satisfait pas notre camarade engagé dans la FI, au motif que cette problématique de légitimité et de motivation ressortirait d’un subjectivisme bourgeois de type « kantien »… Une nouvelle forme de confusionnisme, éventuellement, qui éluderait évidemment inefficacement, la réalité des rapports de forces.

Alors que précisément, à notre avis, si elle a une raison d’être, ce n’est pas pour l’éluder mais bien pour la transformer de manière favorable aux forces progressistes et révolutionnaires.

Ce que nous avons tenté, in fine, de lui expliquer à nouveau, aussi simplement que possible:

« En deux mots, camarade, ne vois-tu donc pas la leçon qui nous vient de Palestine, et qui recoupe également, et littéralement dans sa marche, vers la « frontière » sioniste, la leçon d’histoire de la Révolution Bolchevique, notamment telle que Lénine nous l’explique à l’occasion de cette dissolution de Janvier 1918 ???

Le peuple et le prolétariat se mettent réellement et massivement en marche quand ils perçoivent que la légitimité de leur combat est plus forte que celle du camp d’en face, et en l’occurrence, aujourd’hui, celle des sionistes.

C’est tout le sens de la démonstration de Stanley Cohen…

Évidemment, il s’agit ici d’une démarche plus formaliste sur le plan du droit, car concernant une lutte de libération nationale, mais le principe de motivation est le même, quant au fond.

Même en ce qui concerne les luttes les plus évidentes et les plus quotidiennes sur le plan social ne parle-t-on pas aussitôt de « revendications légitimes », alors que cela n’a précisément aucun rapport avec le droit formel, mais effectivement avec le droit « moral » dont les acteurs du conflit se sentent investis et qui les motive au sens littéral du terme, qui les mets en mouvement, autrement dit…

Les « accords d’entreprises », de branche, de convention collectives, etc, et éventuellement, de nouvelles lois sociales viennent effectivement formaliser cette nouvelle légitimité en ce qu’elle a modifié un rapport de forces sociales.

La légitimité de la lutte précède la transformation sociale, y compris sur le plan juridique formel.

Ce n’est pas un effet subjectif « kantien » ou je ne sais quoi, mais simplement le reflet objectif, dans la conscience populaire et prolétarienne, de l’évolution des rapports de production, des rapports de forces économiques et sociaux, de l’accumulation des forces sociales que cette évolution a engendré.

Actuellement, cela fonctionne carrément dans le sens régressif et réactionnaire, tel que voulu par la bourgeoisie, en réaction à sa propre crise, à ses propres contradictions.

Veut-on réellement inverser le mouvement et repartir à l’assaut de ce système moribond ou bien le laisser continuer à s’enfoncer avec nous, et surtout, à nos dépens ?

Telle est la question…

Oui ou non ?

A nous d’y répondre ! »

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Luniterre

Source de l’article :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/02/palestine-jour-de-la-terre-une-lecon-de-resistance-donnee-au-monde/

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( * https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2018/04/02/workers-struggles-in-france/  )

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Lénine

Projet de décret

sur la dissolution

de l’Assemblée constituante

La révolution russe a, dès son origine, placé au premier plan les Soviets des députés ouvriers, soldats et paysans, en tant qu’organisation de masse de toutes les classes laborieuses et exploitées, seule capable de diriger la lutte de ces classes en vue de leur complet affranchissement politique et économique.

Au cours de la première période de la révolution russe, les Soviets se sont multipliés, ont grandi et se sont renforcés ; leur propre expérience les a débarrassés des illusions de la politique d’entente avec la bourgeoisie et des formes mensongères du parlementarisme démocratique bourgeois ; ils sont arrivés dans la pratique à la conclusion que l’affranchissement des classes opprimées n’est pas possible sans avoir rompu avec ces formes et avec toute politique de conciliation. Cette rupture fut la Révolution d’Octobre, qui remit tout le pouvoir aux Soviets.

L’Assemblée constituante, élue sur des listes dressées avant la Révolution d’Octobre, était l’expression de l’ancien rapport des forces politiques, datant de l’époque où les conciliateurs et les cadets étaient au pouvoir. En votant alors pour les candidats du parti socialiste-révolutionnaire, le peuple ne pouvait pas choisir entre les socialistes-révolutionnaires de droite, partisans de la bourgeoisie, et les socialistes-révolutionnaires de gauche, partisans du socialisme. Ainsi, cette Assemblée constituante qui devait être le couronnement de la république parlementaire bourgeoise, ne pouvait que se mettre en travers de la voie de la Révolution d’Octobre et du pouvoir des Soviets.

En donnant le pouvoir aux Soviets et, par leur intermédiaire, aux classes laborieuses et exploitées, la Révolution d’Octobre a provoqué la résistance désespérée des exploiteurs ; et, dans l’écrasement de cette résistance, elle s’est pleinement affirmée comme le début de la révolution socialiste. Les classes laborieuses ont pu se convaincre par leur expérience que le vieux parlementarisme bourgeois avait fait son temps, qu’il était absolument incompatible avec les tâches posées par la réalisation du socialisme, que seules des institutions de classe (telles que les Soviets) et non des institutions nationales sont capables de vaincre la résistance des classes possédantes et de jeter les fondements de la société socialiste. Tout refus de reconnaître la plénitude du pouvoir des Soviets et la république des Soviets conquise par le peuple, toute attitude favorable au parlementarisme bourgeois et à l’Assemblée constituante, serait aujourd’hui un pas en arrière et signifierait la faillite de toute la Révolution ouvrière et paysanne d’Octobre.

L’Assemblée constituante qui s’est réunie le 5 janvier a, grâce à ces circonstances, donné la majorité au parti socialiste-révolutionnaire de droite, au parti de Kérenski, d’Avksentiev et de Tchernov. Bien entendu, ce parti a refusé de mettre en discussion la proposition parfaitement précise, claire, qui n’admettait aucune équivoque, de l’organe suprême du pouvoir soviétique, le Comité exécutif central des Soviets : reconnaître le programme du pouvoir des Soviets, reconnaître la «Déclaration des droits du peuple travailleur et exploité », reconnaître la Révolution d’Octobre et le pouvoir des Soviets. Par là même, l’Assemblée constituante a rompu tout lien entre elle et la République des Soviets de Russie. Cette Assemblée constituante devait être inévitablement abandonnée par les groupes bolchévik et socialiste-révolutionnaire de gauche, qui constituent aujourd’hui, notoirement, l’immense majorité dans les Soviets et jouissent de la confiance des ouvriers et de la majorité des paysans.

En réalité, les partis socialiste-révolutionnaire de droite et menchévik mènent, hors de l’enceinte de l’Assemblée constituante, une lutte des plus acharnées contre le pouvoir des Soviets ; ils appellent ouvertement dans leurs organes au renversement de ce pouvoir ; ils qualifient d’arbitraire et d’illégale la répression par la force des classes laborieuses, de la résistance des exploiteurs, répression nécessaire pour s’affranchir de l’exploitation ; ils défendent les saboteurs qui servent le capital ; ils vont jusqu’à lancer des appels non déguisés à la terreur que des « groupes inconnus » ont déjà commencé à pratiquer. Il est clair que le reste de l’Assemblée constituante ne pourrait, de ce fait, que jouer le rôle de paravent destiné à masquer la lutte des contre-révolutionnaires pour le renversement du pouvoir des Soviets.

C’est pourquoi le Comité exécutif central décrète : l’Assemblée constituante est dissoute.

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Stanley L Cohen

Il est temps pour Israël d’accepter le fait suivant : en tant que peuple occupé, les Palestiniens ont le droit de résister – de toutes les manières possibles.

Il y a longtemps de cela, il avait été convenu que la résistance et même la lutte armée contre une force d’occupation coloniale n’étaient pas seulement reconnues par le droit international, mais précisément approuvées.

Conformément au droit international humanitaire, les guerres de libération nationale ont été expressément reconnues en tant que telles par l’adoption du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1949 (pdf), en tant que droit protégé et essentiel des peuples occupées à travers le monde.

Dans une évolution pleine de vitalité dans le droit humanitaire, il y a des décennies, l’Assemblée générale des Nations Unies (UNGA) – une fois présentée comme la conscience collective du monde – a noté le droit des peuples à l’autodétermination, à l’indépendance et aux droits de l’homme.

En effet, dès 1974, la résolution 3314 de l’Assemblée Générale des Nations Unies [AGNU] a interdit aux États-membres « toute occupation militaire, même temporaire ».

Dans la partie la plus lourde de signification, la résolution a non seulement affirmé le droit « à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance […] des peuples privés de ce droit, […] en particulier les peuples sous régimes coloniaux et racistes ou autres formes de domination étrangère », mais a noté le droit des peuples occupés « à lutter … et à chercher et obtenir un soutien » dans cet effort.

Le terme « lutte armée » a été intégré dans cette résolution sans définition précise, comme beaucoup d’autres qui ont précédé et qui ont maintenu le droit des populations indigènes à expulser un occupant.

Cette imprécision devait disparaître le 3 décembre 1982. Ce jour-là, la résolution 37/43 de l’Assemblée générale des Nations Unies a supprimé tout doute ou débat sur le droit légal des peuples occupés à résister aux forces d’occupation par tous les moyens reconnus. La résolution réaffirma « la légitimité de la lutte des peuples pour l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la libération de la domination coloniale et étrangère, par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée ».

Israël se berce d’illusions

Bien qu’Israël ait tenté, à maintes reprises, de faire supprimer le sens dépourvu d’ambiguïté de cette résolution précise – et de placer ainsi son occupation d’un demi-siècle en Cisjordanie et à Gaza au-delà de son champ application – c’est un effort voué à l’échec et une illusion si on s’en tient au vocabulaire exigeant de la déclaration elle-même.

Dans la partie la plus significative, l’article 21 de la résolution condamne fermement « les activités expansionnistes d’Israël au Moyen-Orient et le bombardement permanent des civils palestiniens, qui constituent un obstacle sérieux à la réalisation de l’autodétermination et de l’indépendance du peuple palestinien ».

N’hésitant jamais à réécrire l’histoire, et cela bien avant la création des Nations Unies, les sionistes européens se considéraient comme un peuple sous occupation tandis qu’ils émigraient en Palestine.

En effet, 50 ans avant que l’ONU ne parle du droit à la lutte armée comme moyen de libération des peuples indigènes, les sionistes européens se sont attribués frauduleusement le même concept alors que l’Irgun, Lehi et d’autres groupes terroristes imposaient toute une décennie de chaos mortel.

Au cours de cette période, ils ont massacré non seulement des milliers de Palestiniens indigènes, mais ils se sont attaqués aussi à la police et au personnel militaire britanniques qui avaient longtemps maintenu une présence coloniale sur place.

Une histoire des attaques sionistes

Peut-être, alors que les Israéliens s’assoient pour pleurer la perte de deux de leurs soldats qui ont été abattus la semaine dernière à Jérusalem – dans ce que beaucoup considèrent comme un acte de résistance légitime – un retour d’un minimum de mémoire pourrait simplement replacer les événements dans leur contexte historique.

Il y a longtemps, traitant les Britanniques de force d’occupation dans « leur patrie », les sionistes ont ciblé la police britannique et les unités militaires sans la moindre pitié dans toute la Palestine et ailleurs.

Le 12 avril 1938, l’Irgun a assassiné deux policiers britanniques dans un attentat à la bombe dans un train à Haïfa. Le 26 août 1939, deux officiers britanniques ont été tués par une mine placée par Irgun à Jérusalem. Le 14 février 1944, deux agents de police britanniques ont été abattus lorsqu’ils ont tenté d’arrêter des gens qui avaient collé des affiches sur les murs de la ville d’Haïfa. Le 27 septembre 1944, plus de 100 membres de l’Irgun ont attaqué quatre postes de police britanniques, blessant des centaines d’officiers. Deux jours plus tard, un agent de police britannique de haut rang du Service du renseignement a été assassiné à Jérusalem.

Le 1er novembre 1945, un autre policier a été tué alors que cinq trains ont été l’objet d’attaques à la bombe. Le 27 décembre 1945, sept officiers britanniques ont perdu la vie dans une attaque à la bombe au siège de la police à Jérusalem. Entre le 9 et le 13 novembre 1946, les membres juifs « souterrains » ont lancé une série d’attentats à la bombe et aux mines antipersonnel dans les gares ferroviaires, dans les trains et les tramways, tuant 11 soldats et policiers britanniques et huit soldats arabes.

Quatre autres officiers ont été assassinés lors d’une autre attaque sur un quartier général de la police le 12 janvier 1947. Neuf mois plus tard, quatre policiers britanniques ont été assassinés lors d’une attaque de banque commise par l’Irgun et, trois jours plus tard, le 26 septembre 1947, 13 autres agents étaient tués dans une autre attaque terroriste sur un poste de police britannique.

Ce ne sont que quelques-unes des nombreuses attaques dirigées par des terroristes sionistes contre la police britannique, considérés par la plupart des Juifs européens comme des cibles légitimes d’une campagne qu’ils ont qualifiée de « libération » contre une force d’occupation.

Tout au long de cette période, les terroristes juifs ont également entrepris d’innombrables attaques qui n’ont épargné aucune partie de l’infrastructure britannique et palestinienne. Ils ont frappé les installations militaires et policières britanniques, les bureaux du gouvernement et les navires, souvent avec des bombes. Ils ont également saboté les chemins de fer, les ponts et les installations pétrolières.

Des dizaines de cibles économiques ont été attaquées, dont 20 trains endommagés ou faits dérailler, et cinq stations ferroviaires. De nombreuses attaques ont été menées contre l’industrie pétrolière, dont une, en mars 1947, sur une raffinerie de la Shell à Haifa qui a détruit quelque 16 000 tonnes de pétrole.

Des terroristes sionistes ont tué des soldats britanniques dans toute la Palestine, en utilisant tout type de pièges, des embuscades, des tireurs d’élite et des véhicules bourrés d’explosifs.

Une attaque, en particulier, résume le terrorisme de ceux qui – sans aucun support dans le droit international – n’ont vu aucune limitation à leurs efforts pour « libérer » un terrain sur lequel ils avaient en grande partie récemment émigré.

En 1947, l’Irgun a enlevé deux sous-officiers du Corps d’intelligence de l’armée britannique et menacé de les pendre si la condamnation à mort de trois de ses membres était maintenus. Lorsque les trois membres de l’Irgun ont été exécutés par pendaison, les deux sergents britanniques ont été pendus en représailles, et leurs corps remplis d’explosifs ont été laissés dans un bosquet d’eucalyptus.

En annonçant leur exécution, l’Irgun a déclaré que les deux soldats britanniques avaient été pendus après leur condamnation pour « activités criminelles anti-hébraïques » qui comprenaient : l’entrée illégale dans la patrie hébraïque et l’appartenance à une organisation terroriste criminelle britannique – connue sous le nom d’armée d’occupation – qui était « responsable de la torture, du meurtre, de la déportation et du refus du droit à la vie pour le peuple hébreu ». Les soldats ont également été accusés de possession illégale d’armes, d’espionnage anti-juif en civil et de projets hostiles prémédités contre les forces clandestines.

Bien au-delà des limites territoriales de la Palestine, à la fin des années 1946-1947, une campagne continue de terrorisme a visé les Britanniques. Des actes de sabotage ont été effectués sur les routes de transport militaires britanniques en Allemagne. Le Lehi a également essayé, sans succès, de lancer une bombe sur la Chambre des communes à partir d’un avion affrété en provenance de France et, en octobre 1946, il a attaqué à la bombe l’ambassade britannique à Rome.

Un certain nombre d’autres engins explosifs ont été désamorcés dans et autour des cibles stratégiques à Londres. Quelque 21 lettres piégées ont été adressées, à plusieurs reprises, à des personnalités politiques britanniques de premier plan. Beaucoup de ces missives ont été interceptées, tandis que d’autres ont atteint leurs destinataires mais en étant identifiées comme tel avant qu’elles n’explosent.

Le prix élevé de l’autodétermination

L’autodétermination est une voie difficile et coûteuse pour les occupés. En Palestine, quelle que soit l’arme choisie – qu’il s’agisse de la parole, du stylo ou de l’arme à feu – il y a un prix très lourd à payer pour son utilisation.

Aujourd’hui, « dire la vérité face au pouvoir » est devenu un incantation magique de résistance populaire dans les cercles et les sociétés néolibérales. En Palestine, cependant, pour les occupés et les opprimés, c’est un chemin absolument sûr vers la prison ou la mort. Pourtant, pour des générations de Palestiniens dépouillés du moindre souffle d’air pouvant évoquer un sentiment de liberté, l’histoire enseigne qu’il n’y a tout simplement aucun autre choix.

Le silence est une capitulation. Se taire, c’est trahir tous ceux qui sont venus avant et tous ceux qui viendront après.

Pour ceux qui n’ont jamais ressenti le joug constant de l’oppression, ni l’ont vu de près, c’est une vision au-delà de la raison. L’occupation est lourde pour l’occupé, chaque jour, de toutes les manières, en limitant ce que vous êtes et ce que vous pouvez oser devenir.

La présence constante des barrages militaires, des armes à feu, des ordres, de la prison et de la mort sont des compagnons de voyage pour les occupés, que ce soit des nourrissons, des adolescents au printemps de la vie, des personnes âgées ou ceux piégés dans des limites artificielles de frontières sur lesquelles ils n’ont aucun contrôle.

Aux familles des deux policiers druzes israéliens qui ont perdu la vie en essayant de contrôler un lieu qui ne leur appartenait pas, je transmets mes condoléances. Ces jeunes hommes, cependant, n’ont pas été perdus pour le bien d’une « résistance », mais volontairement sacrifiés pour une vicieuse occupation qui n’a aucune légitimité.

En fin de compte, s’il y a un deuil, ce doit être pour les 11 millions d’occupés, en Palestine ou à l’extérieur, en tant que réfugiés apatrides, dépouillés d’une voix et de la moindre chance dans la vie, alors que le monde présente des excuses motivées en grande partie par les paquets cadeaux en retour qui portent l’étoile de David.

Il n’y a pas un jour sans que la gargouille sioniste ne surplombe un nourrisson palestinien enveloppé dans un linceul funèbre, privé de vie parce que l’électricité ou la liberté de mouvement sont devenus un privilège pervers qui soumet des millions d’otages aux caprices politiques de quelques-uns. Qu’ils soient israéliens, égyptiens, ou qu’il s’agisse de ceux qui osent se prétendre la direction politique palestinienne, la responsabilité des infanticides à Gaza est la leur, et à eux seuls.

« S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès »

Les trois jeunes hommes, cousins, qui ont volontairement sacrifié leur vie dans l’attaque contre les deux officiers israéliens à Jérusalem, ne l’ont pas fait comme un geste sans signification né du désespoir, mais plutôt comme une déclaration personnelle de leur fierté nationale, dans la lignée de beaucoup d’autres qui avaient compris que le prix de la liberté peut parfois signifier tout perdre.

Pendant 70 ans, il n’y a pas eu un jour sans la mort de jeunes femmes et hommes palestiniens qui, tragiquement, ont trouvé plus de dignité et de liberté dans le martyre que dans une vie soumise et passive contrôlée par ceux qui ont osé définir les paramètres de ce que serait leur vie.

Des millions d’entre nous dans le monde entier rêvons d’un meilleur temps et d’un meilleur lieu pour les Palestiniens … [pour qu’ils soient] libres de déployer leurs ailes, de se lever, de découvrir qui ils sont et ce qu’ils souhaitent devenir. Jusque-là, je ne pleurerai pas la perte de ceux qui arrêtent leur vol. Au lieu de cela, j’applaudis ceux qui osent lutter, osent gagner par tous les moyens nécessaires.

Il n’y a pas de magie à la résistance et à la lutte. Celles-ci transcendent le temps et le lieu et tirent leur sens et leur ardeur dans l’inclinaison naturelle qui nous conduit tous à vouloir être libres – libres de déterminer le déroulement de nos propres vies.

En Palestine, il n’existe pas une telle liberté. En Palestine, le droit international reconnaît les droits fondamentaux à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance des occupés. En Palestine, cela inclut le droit à la lutte armée, si nécessaire.

Il y a longtemps, le célèbre abolitionniste Frederick Douglass, lui-même ancien esclave, écrivait sur ce qu’est la lutte. Ces mots ne résonnent pas moins aujourd’hui, en Palestine, qu’ils ne l’ont fait il y a 150 ans au cœur des plantations du sud des États-Unis :

« S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès. Ceux qui professent vouloir la liberté, et pourtant critiquent l’action, sont des hommes qui veulent des récoltes sans labourer le sol. Ils veulent de la pluie sans tonnerre et sans foudre. Ils veulent l’océan sans la peur du rugissement de ses eaux immenses. Cette lutte peut être morale, ou elle peut être physique, ou être à la fois morale et physique, mais elle doit être une lutte. Le pouvoir ne concède rien sans une exigence. Il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais. »

* Stanley L Cohen est un avocat et militant des droits de l’homme, spécialisé sur le Moyen-Orient et l’Afrique.

http://www.chroniquepalestine.com/palestiniens-droit-legal-resistance-armee/

Source de la compilation:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/02/palestine-jour-de-la-terre-une-lecon-de-resistance-donnee-au-monde/

Les « petites frappes » de l’Oncle Sam : ce qu’elles nous disent de notre monde, de notre société…

 

France, G-B,

les « petites frappes »

de l’Oncle Sam :

ce qu’elles nous disent

de notre monde,

de notre société…

La pacification et la reconstruction de l’unité nationale syrienne se font, pas à pas, au détriment de l’influence occidentale…

Elle se font, de plus, sur la base de la consolidation d’un front de résistance anti-impérialiste des nations qui refusent de plier le genou devant l’Oncle Sam.

Après la mise à sac, à feu et à sang de la Libye au nom d’une prétendue « démocratie » qui n’a apporté, avec l’anarchie et la mort, que le retour de l’esclavagisme, le monde occidental se voit frustré d’un nouvel os à ronger, qu’il escomptait exploiter jusqu’à la moelle de toutes ses ressources, et en premier lieu, pétrolières.

Incapable d’admettre sa défaite déjà pratiquement effective sur le terrain le monde occidental en recours à nouveau au mensonge médiatique « humanitaire » pour tenter de justifier ses vaines représailles.

Dans ce processus nauséabond la France et la G-B se sont montrées les petits chiens serviles de l’Oncle Sam. Toutes fières de faire briller leurs canines de seconds couteaux et de ramasse-miettes sous la table de l’Oncle Sam. Une table déjà en grande partie vidée par l’Oncle Xi, son faux-frère de Pékin…

Car le véritable enjeu mondial est le bras de fer entre ces deux géants de la finance et de l’économie capitaliste, même si l’un des deux se dissimule encore grossièrement sous le masque d’un prétendu « communisme ».

Mais les nations en ligne de front et les peuples qui sont les premières victimes des conflits en cours sont bien les proies potentielles de cet affrontement, et donc en premier lieu, avec la Syrie, la Russie et l’Iran.

La Russie, déjà étranglée par les sanctions économiques, n’a pas d’autre choix, pour briser son encerclement, également militaire par l’OTAN, que l’engagement ou la soumission.

Ce que nous montre également la renaissance de l’insurrection en Palestine, face au colonialisme sioniste, c’est bien que l’ensemble du Proche et du Moyen-Orient est actuellement la principale ligne de front dans le conflit mondial larvé généré par la « mondialisation démocratique ». Avec l’Irak, entrainé depuis des décennies dans ce conflit, et dont la situation est loin d’être stabilisée, il ne faut pas oublier que le peuple du Yémen, également en lutte pour son indépendance et son unité, est l’un des peuples martyrs de cet enjeu sanguinaire planétaire.

Et là également, le martyr de ce peuple ne pourrait avoir lieu sans le soutien intéressé de l’Oncle Sam et la complicité active, notamment en fournitures d’armes, de la France.

La bourgeoisie financière française, une des premières victimes de l’expansionnisme commercial chinois, cherche par tous les moyens à surmonter sa propre crise, et en premier lieu, en la faisant payer à son propre peuple, en le dépouillant des derniers restes de ses « avantages sociaux » concédés « généreusement » au temps de la splendeur de l’impérialisme français, mais surtout pour acheter la paix sociale en collaboration « démocratique » avec les directions révisionnistes et opportunistes du PCF et de la CGT.

Mais aujourd’hui elle n’a donc plus en réserve de quoi « lâcher du lest » pour entretenir la paix sociale et doit même utiliser le double jeu et la complicité des centrales syndicales pour faire avaler, par la « concertation » et le « dialogue social », de nouvelles pilules très amères qui ne feront qu’accroitre la renaissance de la misère en Occident, déjà portée par le flot des migrations délibérément engendrées par toutes ces guerres impérialistes. Diviser les nations et les peuples pour mieux les asservir, cela se pratique, également et même d’abord, à l’échelle internationale.

Pour la bourgeoisie française, faire appel aux bons sentiments de « solidarité » et à l’ « humanisme » de la classe moyenne en déroute dans la crise, c’est encore un moyen hypocrite de légitimer à la fois ses guerres et les reculs sociaux qu’elle impose localement aux prétendus « nantis » qui, dans les couches populaires, ne sont pas encore tout à fait dépouillés.

La seule solution pour préserver à la fois la paix dans le monde et l’avenir social des générations futures, c’est d’en finir avec le système actuel, capitaliste et impérialiste, qui engendre toutes ces misères et tous ces désordres.

A très court terme, dans la situation présente, cela commence par organiser la solidarité avec les nations et les peuples en lutte contre un ennemi commun, l’impérialisme US, ses sous-fifres français et britanniques, leur bastion sioniste en Palestine, et tous leurs Kollabos complaisants dans la vie sociale et politique française. En résumé, faire front contre l’Oncle Sam sans tomber dans la dépendance de son faux-frère, l’Oncle Xi.

Luniterre

 

 

 

Sur la légitimité des luttes anti-impérialistes, et en premier lieu en Palestine, mais aussi sur la légitimité du combat social anticapitaliste, voir :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/02/palestine-jour-de-la-terre-une-lecon-de-resistance-donnee-au-monde/

 

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Macron à NDDL : un grand défenseur de l’agriculture individuelle… !

 

 

https://www.tendanceouest.com/photos/maxi/270983.jpg

Macron :

un grand défenseur de l’agriculture individuelle… !

« L’opération prévoit d’expulser toute personne n’ayant pas régularisé sa situation en déclarant de nouveaux projets agricoles individuels. »

https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/nddl-les-expulsions-reprennent-toujours-sur-fond-d-affrontements_1999201.html

 

 

https://img.20mn.fr/Gnn9IDHiR9yYQcFTcyzw-g/830x532_affrontements-entre-police-opposants-aeroport-notre-dame-des-landes-24-novembre-2012

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La République

En Marche !!

LE POINT APRÈS LA PREMIÈRE JOURNÉE DE GRÈVE DES CHEMINOTS

 

 

 

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APRÈS LE 22 MARS, LA LUTTE CONTINUE !!

https://static.politis.fr/medias/articles/2018/03/suivez-en-direct-la-journee-de-mobilisation-38564/tete-manif-cheminots.jpg

https://www.ouest-france.fr/sites/default/files/styles/image-640x360/public/2018/03/22/direct-greve-des-fonctionnaires-et-des-cheminots-la-manifestation-parisienne-est-lancee.jpg?itok=BPuwEZSH

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PARIS

Plusieurs centaines de manifestants ont défilé dans les rues à la mi-journée.

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MANIF A TOULOUSE

manif cheminots toulouse 03 04 18

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MANIF GARE DE L’EST

https://img.20mn.fr/nMKP__BLQ7KgOpJTN_d6Eg/960x614_manifestation-elancee-gare

PREMIÈRE JOURNÉE
DE GR
ÈVE
DES CHEMINOTS


Un point actu enthousiaste communiqué par le camarade Viriato…


« La grève des cheminots a démarré avec force et enthousiasme, poussée par une forte mobilisation des travailleurs du rang, des conducteurs de train, des contrôleurs du trafic. Ensemble, avec la grève du personnel d’Air France, cette grève a presque complètement paralysée la France.

Air France a dû annuler environ un tiers des vols longue et moyenne distance à cause de la grève, et la moitié des vols intérieurs ont été annulés. D’autres grèves sont prévues pour les 10 et 11 avril.

La force et la puissance de la classe ouvrière a jailli aveuglante, montrant toutes les possibilités sociales et politiques potentielles des travailleurs quand ils se mobilisent ensemble et quand ils luttent sérieusement. Par contrecoup, cela montre aussi le travail de sape des directions syndicales compromises avec les capitalistes, toujours prêtes à jeter la faute sur les travailleurs qui « ne se mobilisent pas » et à conseiller leur gouvernement sur la meilleure façon de tromper les travailleurs.

D’autres grèves importantes se développent comme celle des étudiants universitaires contre le projet du gouvernement de donner une importance accrue à la « sélection », c’est-à-dire à l‘exclusion et à la discrimination des étudiants venant des quartiers pauvres. Les étudiantes de la faculté de Tolbiac ont bloqué l’entrée de l’Université et sont partis rejoindre la manifestation des cheminots.

Cette manifestation, assez combative, a donné lieux à des heurts avec la police qui a lancé des bombes lacrymogènes contre les grévistes. La conjonction étudiants- cheminots plus d’autres secteur des travailleurs est la formule exacte, manque de véritable direction politique du mouvement, pour le faire triompher.

Le chef de la centrale syndicale FO a déclaré que « Macron ne se rendait pas compte qu’il y avait de l’herbe sèche accumulée et que la moindre étincelle pouvait provoquer une conflagration majeure »

Philippe Martinez chef de la CGT a appelé Macron et le gouvernement à « se déboucher les oreilles » face au « très grand mécontentement » social.

Soixante-dix-sept pour cent des conducteurs de train et 69 pour cent des inspecteurs étaient en grève. En conséquence, sept des huit trains de longue distance[TGV], quatre des cinq trains régionaux et deux des trois trains locaux ont été annulés.

Le gouvernement essaie de pousser la population contre les cheminots, mais en un jour, la cagnotte de grève a reçu des dons pour 157 000 euros de la part des travailleurs et du public solidaires avec leur mouvement.

La manifestation des cheminots à Paris a été rejointe par Mélenchon qui a été interpellé par certains cheminots anarchistes et gauchistes mais bien reçu dans l’ensemble et par le nouveau secrétaire du Parti Socialiste Olivier Faure, qui s’est joint au cortège et qui a été copieusement sifflé. Dans le quartier de la gare de l’Est, le futur premier secrétaire du PS a tenté de se frayer un chemin, avant d’être rapidement sorti de la manifestation.

Tant les militants cheminots de la FI, de LO comme du NPA et des POI (D), plus présents que dans d’autres catégories de travailleurs mais relativement peu nombreux, poussent le wagon en avant et sont surement les éléments le plus avancés et combatifs parmi les grévistes.

La grève continue aujourd’hui et telle qu’elle a commencée, on ne peut qu’attendre une mobilisation semblable ou majeure. De continuer sur le même rythme, si le mouvement des étudiants qui gagne de l’ampleur et qui n’est qu’à ses débuts, continue de grandir, si les directions syndicales ne capitulent en rase campagne, mais cela est très difficile aujourd’hui du fait de la large mobilisation et du succès de la grève, il y a des chances que le mouvement continue de grandir et que « l’herbe sèche » devienne de la poudre sèche.

La classe ouvrière de France, fière de ses traditions historiques, pourra peindre une page importante dans la lutte pour l’émancipation de l’humanité. » __V.

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Grève à la SNCF: La cagnotte lancée pour les cheminots dépasse les 100.000 euros

SOLIDARITÉ :

Une trentaine d’écrivains, réalisateurs ou universitaires avait mis en ligne cette cagnotte pour ceux qui « défendent un de nos biens communs »…

La cagnotte lancée par une trentaine de personnalités pour aider financièrement les cheminots en grève a atteint ce mardi plus de 100.000 euros.

Une trentaine d’écrivains, réalisateurs ou universitaires, parmi lesquels Laurent Binet, Annie Ernaux ou Robert Guédiguian, avait mis en ligne vendredi cette cagnotte pour ceux qui « défendent un de nos biens communs ».

« Nous avons de la sympathie pour les cheminots grévistes. Ils défendent un de nos biens communs, une entreprise de service public que le gouvernement cherche à transformer en « société anonyme » », écrivaient-ils sur un blog de Mediapart.

Solidarité: Mardi en début d’après-midi, ils avaient récolté plus de 102.000 euros. La cagnotte est ouverte jusqu’au 5 juin, peut-on lire sur le site internet.

Alors que la ministre des Transports Élisabeth Borne « n’a pas ouvert de négociations » et que « le pouvoir engage un bras de fer » avec les cheminots, les signataires rappellent que « les journées de grève coûtent et que pour le succès de leurs revendications, il importe que le mouvement puisse durer ».

« Nous nous souvenons des grèves de 1995 et 1968, durant lesquelles les cheminots avaient arrêté le travail. La solidarité entre voisins et collègues mit en échec le calcul gouvernemental de dresser les usagers contre la grève », ont-ils encore écrit.

 

https://www.20minutes.fr/societe/2248091-20180403-greve-sncf-cagnotte-lancee-cheminots-depasse-220000-euros

 

 

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https://static.lexpress.fr/medias_11765/w_640,c_fill,g_north/etudiants-cheminoits-manif_6024130.jpg

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