Front social en France

Inédit de Trotsky : une page d’ Histoire particulièrement révélatrice ! ( Synthèse )

 

 

 

Synthèse des polémiques récemment développées

 

                                           Sur

 

TML :

 

 

 

Un nouveau débat historique sur l’URSS et la question de sa nature de classe nous a récemment amené à la redécouverte d’un texte de Trotsky, écrit en 1932, et republié en France, en 1933, sous le titre : « L’Économie soviétique en danger, signal d’alarme, le danger menace de plus près ! », supputant manifestement que l’URSS était sur le point de s’effondrer…

Étrangement, ce texte n’a jamais été réédité en français, depuis, et reste quasi introuvable, sauf en bibliothèques, avec seulement six exemplaires connus de cette édition française, dont deux seulement en France (Nanterre et BNF).

http://www.worldcat.org/title/economie-sovietique-en-danger-signal-dalarme-le-danger-menace-de-plus-pres-par-l-trotsky/oclc/458398127

Inaccessible, même sur le net, au commun des mortels autodidacte, donc…

L’intérêt historique en était néanmoins apparent par diverses citations, dont l’une, courte mais significative, par Michel « Pablo »-Raptis, dans son étude sur la pensée économique de Trotsky… ( 1 )

La question est venue en débat à la suite de :

De la réalité historique (ou non ? …selon Trotsky ) du socialisme en URSS

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/22/de-la-realite-historique-ou-non-selon-trotsky-du-socialisme-en-urss/

C’est à partir du fragment cité par « Pablo »-Raptis que nous avons pu remonter jusqu’à une version anglaise du texte, accessible sur le net, et de là, à l’original russe de Trotsky…

On doit évidemment s’interroger sur les raisons de cette carence des trotskystes français, qui auraient en quelque sorte ainsi « censuré » cette partie essentielle de l’œuvre de leur maître à penser… !! Ce que ce débat a montré, comme d’autres avant, c’est que les « inédits » et autres textes « oubliés », que ce soient ceux de Trotsky ou de Mao, comme on l’a également déjà vu, ne sont pas restés « inédits » par hasard !

Ce que la suite du débat a montré, également, c’est précisément la nécessité d’en revenir au texte russe de Trotsky lui-même, et non à sa « traduction » anglaise, délibérément édulcorée, semble-t-il, si l’on veut réellement comprendre la vraie nature de la pensée économique de Trotsky !     A présent, ce travail de traduction, concernant le passage débattu, directement à partir du texte russe, est terminé, et quelques nouvelles précisions s’en sont dégagées, en guise de conclusion. Les voici, et, à la suite, ce passage essentiel, dans cette nouvelle traduction, donc, et encore à la suite, l’original russe et la version anglaise.

En effet on peut mesurer à quel point, et surtout sur les derniers paragraphes, le « traducteur » anglais s’est éloigné du texte russe pour en édulcorer la portée méprisante manifeste du texte de Trotsky, spécifiquement dirigée contre le système des Kolkhozes, et non des « fermes collectives » en général…

Il leur fait délibérément le procès d’intention de mener un commerce « individualiste », et non pas même simplement de se comporter en « paysans indépendants », ou même d’être avec eux sur les marchés (« bazars »), alors qu’évidemment une telle catégorie de « paysans individuels » n’existe plus, à cette époque, ce qui dénote l’inculture politique de ce « traducteur » outre sa mauvaise foi, sauf pour faire « avaler » ce texte au lecteur anglophone, spéculant, pour le coup, sur son ignorance. Procédé typiquement trotskyste, et c’est même en cela, seulement, qu’il est « fidèle » à son maître ! Le terme единоличниками utilisé par Trotsky signifie littéralement « individualistes ». Dans le contexte, il ne peut donc plus faire allusion aux anciennes exploitations familiales, mais bien aux productions des lopins « individuels » des Kolkhoziens, qui pouvaient tout à fait légitimement vendre leurs excédents sur le marché. Par la suite, les critiques récurrentes (bourgeoises et trotskystes) porteront sur la différence de « rendement » entre lopins et cultures collectives, passant tout à fait à la trappe cette évidence qu’il ne s’agit pas du tout du même type de culture, principalement maraichère et petit élevage, sur les lopins, et de type extensif et céréalière, en collectif. Il est évident que le Kolkhozien ne faisait pas son pain familial à partir de quelques épis de blé semés dans un coin de son jardin, entre les poireaux et les salades, mais ce genre d’évidence « échappe » mystérieusement à ces « experts en soviétologie » !!

Finalement, après avoir travaillé directement sur le texte russe de Trotsky, il apparait précisément nécessaire de souligner l’emploi du mot базар [« bazar »] qu’il utilise pour caractériser les marchés Kolkhoziens, qu’il oppose expressément ( « bazar asiatique ») à la notion économique globale de « marché » ( рынок ), comprise comme loi de l’offre et de la demande, autrement dit, la loi du marché. Il est en effet clair que c’est là, pour lui, ici, un moyen de souligner concrètement le rôle « régulateur » qu’il entend faire essentiellement jouer à cette loi, tant dans la définition du plan que dans son application. Et cela tout à fait en conformité et cohérence avec ce qui s’avère être systématiquement le fond de sa pensée économique, et notamment en matière de transition.

Considérer que la loi du marché est l’élément régulateur essentiel de l’économie, en lieu et place de la loi de la valeur, c’est, rappelons le, carrément une inversion de la dialectique marxiste qui définit l’interaction de ces deux lois ( 2 ). Comme on l’a déjà vu lors du premier débat de fond sur la question ( 3 ), cette « inversion »-révision des fondamentaux du marxisme n’est pas limitée, chez lui, à la problématique de la transition, mais correspond bien à sa prétendue « lecture », « relecture » en réalité, de Marx. Elle n’en constitue, finalement et formellement, qu’une sorte de paraphrase « marxisante », seulement propre à séduire les « intellectuels » petits bourgeois et les ignorants. Elle n’est jamais, malgré ce vernis « rouge », qu’une vulgaire réinterprétation du mythe libéral de la « main du marché » ! Et, de plus, comme le souligne Michel « Pablo »-Raptis, un de ses disciples de la toute première heure de la pseudo « IVe Internationale », cela constitue pratiquement une anticipation de ce qu’est aujourd’hui le « socialisme de marché », qui n’est en rien une forme de « socialisme » …sauf pour les trotskystes/ »pablistes », évidemment !! ( 1 )

Bien évidemment, outre ce vice fondamental, la rhétorique de Trotsky se raccroche désespérément à toutes les faiblesses et défauts inévitables de la jeune URSS, pour tenter d’en prédire l’échec prochain, qui eut « justifié » son argumentation et ses vaines tentatives de reprendre pied dans la politique soviétique. Or déjà en 1932 son argumentation contient elle-même sa propre contradiction en reconnaissant, notamment, et de façon très appuyée, dès l’introduction de cet ouvrage, les succès de l’économie soviétique, sur le point de décoller, …et donc sur la « pente », en réalité très ascendante, qui en fera la seconde puissance mondiale en seulement une douzaine d’années ! Et cela, de plus, incluant la seconde guerre mondiale, dont elle sortira encore grandie, même si profondément blessée. Le pronostic expressément « alarmiste » contenu dans le titre, surtout en français (l’original, plus sobre, s’arrêtait à « …en danger ! ») s’est donc avéré totalement faux, contrairement à la supposée lucidité prêtée à Trotsky par ses adeptes…

Bien entendu, il ne s’agit pas, pour autant, de considérer comme insignifiants les défauts qui, combinés avec les séquelles de la guerre dans les superstructures de l’URSS, finiront par ouvrir la porte aux révisionnistes dont Trotsky n’était, finalement, qu’un précurseur formellement « gauchisant » pour mieux dissimuler le fond de sa pensée.( 4 )

En effet, la politique qu’il propose pour les Kolkhozes, (« Cela ne veut pas dire, pour autant, que la collectivisation, déjà à son premier stade, mène à la liquidation du marché. La collectivisation ne peut être viable que dans la mesure où elle laisse en vigueur l’intérêt personnel des kolkhoziens, en construisant leurs rapports mutuels, comme les rapports des kolkhozes avec le monde extérieur, sur les fondements du calcul commercial. » ) , c’est évidemment et très précisément une « anticipation » de la future politique liquidationniste de Khrouchtchev à l’égard des Kolkhozes ( 5 ), et de ses « réformes », avec leurs conséquences désastreuses sur le plan économique et social, induisant une dépendance irréversible à l’égard des livraisons de blé occidental, et principalement, US, et un recul, également irréversible, des conditions de vie en URSS, seulement provisoirement « soulagé » pendant quelques années « brejneviennes » par la rente pétrolière. ( 6 ). C’est ce que révèle la véritable cassure démographique en URSS, causée principalement non pas par l’effondrement de l’URSS elle-même, qui n’a fait qu’accentuer le phénomène, mais bien par la contre-révolution khrouchtchevienne :

Naturellement, et selon l’habitude de Trotsky, ce texte se veut une critique cinglante de la politique économique de l’URSS.

En 1932, la situation de l’URSS est celle d’une grande mutation, avec l’abandon de la NEP et l’amorce décisive de l’industrialisation. La collectivisation agricole s’était incontestablement enclenchée dans des conditions particulièrement dramatiques, suite à la « crise des grains » et à la pénurie engendrée par l’action spéculative des Koulaks, exacerbée par les mauvaises conditions climatiques. On sait aujourd’hui, par les historiens et économistes russes contemporains, que la collectivisation était devenue incontournable, dans ces conditions, même si elle intervenait trop tard pour enrayer la catastrophe alimentaire en cours. Du moins en a-t-elle éradiqué les causes qui étaient, selon eux, chroniques depuis la fin du XIXe siècle. ( 7 )

Naturellement, Trotsky, comme ses adeptes après lui, adopte le point de vue occidental, anticommuniste et anti-soviétique, en réalité, qui inverse les effets et les causes, et charge au maximum la politique de l’URSS.

Mais au delà de cet aspect historique polémique, ce qui est particulièrement en cause, dans ce passage, ce sont bien les principes fondamentaux de l’économie de transition.

Veut-on, par la révolution prolétarienne, construire le socialisme ? Veut-on une économie de transition socialiste qui soit donc réellement une rupture avec le capitalisme ?

Ou bien veut-on simplement une politique de « nationalisations » des grandes entreprises, assortie formellement d’une « planification », mais qui reste dans le cadre d’une économie de marché, à la base ?

Une telle alternative n’a évidemment de socialisme que le nom, et c’est ce qui s’appelle, aujourd’hui, « socialisme de marché »… « Pablo »-Raptis n’a donc fait que réactualiser le langage de son maître à penser, sans en altérer aucunement le sens réel, ce que refusent de voir, et même, cherchent à dissimuler, les responsables actuels des différents groupuscules trotskystes qui se disputent l’héritage de l’ « orthodoxie » de ce « maître » ! (A rappeler que « Pablo »-Raptis était tout à fait personnellement et directement proche de Trotsky lui-même lors de la très confidentielle fondation de la IVe internationale, à Périgny, en 1938.)

Mais c’est bien d’une question de choix de société qu’il s’agit ici, et non pas seulement d’une querelle byzantine sur les différents sens du mot « marché ». Dans une économie de transition, en rupture avec le capitalisme, ce qui guide la planification, selon Marx, c’est la définition collective des besoins sociaux, qui, précisément, cesse d’être livrée aux aléas du marché, mais exprime la volonté politique collective du prolétariat et le choix des priorités qu’il se donne, en fonction, évidemment, des moyens et ressources disponibles, qui, à ce stade, sont nécessairement limités.

Il est clair, par contre, que dans la logique du marché, « trotskyste » ou non, ce sont les besoins individuels solvables qui s’expriment et donnent la mesure, entrant évidemment en contradiction avec les nécessités collectives « non rentables » en termes de marché, et que les phénomènes d’inégalités, d’injustice sociales et finalement, de crise économique, ne peuvent que renaître inévitablement, même après une période d’équilibre précaire provisoirement retrouvée. C’est ce que montre l’expérience de la NEP, faisant inévitablement ressurgir le capitalisme et ses tares mortelles.

Il est tout aussi évident que l’économie de transition ne saurait, de manière tout à fait utopique, se débarrasser du jour au lendemain des stigmates de l’économie marchande, mais ce que Marx nous explique, essentiellement dans la Critique du Programme de Gotha, c’est la possibilité de combiner plan collectif et échanges entre producteurs régulés en valeur-travail, en fonction du plan décidé, et non en fonction des aléas du marché. C’est, selon Marx, ce principe d’échange, encore formellement « marchand », au sens de la valeur travail considérée comme mesure de l’échange, qui permet la correspondance entre forces productives et besoins sociaux, individuels et collectifs, et non la loi du marché, ici définie par Trotsky comme principe régulateur, tout à fait à la manière des ultra-libéraux bourgeois et de leur prétendue « main du marché » !! De plus, ici, il associe expressément « démocratie » et « économie de marché »… !

Comme on l’a déjà vu ( 2 ), il finira, en 1939, par « théoriser » cette dérive dans un opuscule destiné à résumer, à sa façon (!), les principes du marxisme :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Rappelons encore, pour mémoire, mais c’est une évidence, que la planification, en économie de marché, ne produit au mieux que des effets marginaux et n’interrompt en rien les cycles de crises du capitalisme, comme le montre, à grande échelle, l’économie chinoise actuelle.

A noter encore, l’habituelle duplicité de Trotsky, dans cet ouvrage, où il commence, dès les premières lignes, contraint par l’évidence et la nécessité de se trouver quelques lecteurs, par faire les louanges des réussites de la construction du socialisme en URSS, pour, aussitôt après, s’emparer des difficultés évidentes et incontournables et en venir à dénigrer la nature socialiste de la même URSS, reprenant sa logique absurde de l’impossibilité d’une telle construction…

Rappelons encore cette évidence, effectivement « oubliée », tant par Trotsky que par ses adeptes modernes, qu’une économie de transition, c’est précisément une économie de transition vers le communisme, et une première phase du communisme, donc, où subsistent donc encore les traces de l’économie marchande, à travers les échanges en valeur-travail, et que c’est en fonction de cette problématique qu’on l’a communément baptisé socialisme, mais que vouloir inventer, comme le fait Trotsky, déjà, ici, et plus tard, avec son « programme de transition », une « transition vers la transition », et en plus, basée sur l’économie de marché, c’est carrément se moquer du monde et en pratique, mettre précisément un obstacle de plus sur la route du socialisme et du communisme, mais il apparaît d’autant plus évident, à la « lumière » de ce texte, que c’est là, de toutes façons, sa fonction politique essentielle.

Ce concept absurde d’une « transition vers la transition » est expressément formulé, du reste, quelques lignes plus loin, dans ce texte de 1932 :

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

A noter, de plus, que cette prétendue « transition vers la transition socialiste » se présente d’emblée comme un renoncement à l’équilibre économique…

On comprend aisément pourquoi… !  

Il est à remarquer que Trotsky utilise ici le terme закономерность, assez peu courant, et qui n’a qu’un sens possible, dans le contexte, celui de loi en tant que « principe de fonctionnement économique », comme on pourrait parler des lois de la physique, de la biologie, etc… Alors que закон, plus courant, peu s’entendre aussi bien pour « les lois de la physique » que pour « les lois de la République », par exemple… ! Il n’est donc pas douteux qu’il nous parle ici d’un stade de transition qu’il entend distinguer du socialisme lui-même, qui se comprend pourtant, dans la pensée marxiste, au sens de la « phase de transition » considérée comme la première phase du communisme, selon le principe économique posé par Marx lui-même, notamment dans la Critique du Programme de Gotha :

     https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

  A souligner encore que ce « développement créatif », de la part de Trotsky, dès 1932, donc, est cohérent avec la stratégie qu’il prétendait construire autour de son célèbre « Programme de Transition » (IVe Internationale, 1938), toujours considéré comme une base du trotskysme actuel, et qui ne peut donc toujours pas être considéré comme un réel programme de transition, au sens marxiste du terme, c’est à dire comme base de la transition socialiste, première phase du communisme.

Il nous est couramment reproché, sur TML, d’être un blog « stalinien »…

En réalité, ce qui nous intéresse, entre autres sujets importants, sur TML, c’est de comprendre les leçons historiques que l’on peut tirer de l’expérience de l’URSS, aussi bien dans les qualités qui lui ont en réalité permis un décollage économique exponentiel, malgré les circonstances dramatiques de sa naissance, ce que Trotsky est bien obligé de reconnaître, et qui permettra, moins de dix ans après, d’arrêter les nazis aux portes de Moscou, que dans les défauts intrinsèques qui ont amené la contre-révolution khrouchtchevienne et l’effondrement final de l’URSS.

Les leçons du processus de transition en URSS sont à chercher aussi bien dans ses qualités et succès que dans ses échecs et défauts, et cela fait de TML un blog qui justifie sa revendication au marxisme-léninisme, et non singulièrement un blog « stalinien »… !

Finalement, le seul effet notable du trotskysme, en se prétendant le « meilleur ami critique » de l’URSS, c’est clairement d’avoir ouvert une porte « de gauche » à l’anti-soviétisme et à l’anticommunisme et encore aujourd’hui, en la maintenant ouverte en collusion avec les autres idéologues du système, de les aider à empêcher la reconstruction d’une avant garde prolétarienne marxiste-léniniste.

Avec des « amis » de cet acabit la cause prolétarienne n’aurait guère besoin d’autres ennemis… Malheureusement, ils sont déjà légions, rien que dans le genre faussaires et manipulateurs…

Le trotskysme, à lui seul, reste une maladie chronique de la « gauche » française et un mouvement réellement marxiste ne pourra renaitre, en France, sans se libérer complètement d’avec ce mensonge !

Luniterre 

( __1 http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53 )

( __2 https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf )

( __3 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/ )

( __4 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/  )

( __5 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/ )

( __6 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/ )

( __7 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/28/holodomor-hoax-joseph-stalins-crime-that-never-took-place/ )

 

Ici, en Ukraine, un de ces marchés kolkhoziens, « bazars », selon Trotsky… :

 

 

 

*********************************

LE PASSAGE ESSENTIEL DE 1932

OU TROTSKY FAIT LE POINT

SUR SES PRINCIPES ÉCONOMIQUES

.

« Conditions et méthodes de l’économie planifiée

Quels sont les organes de construction et d’application du plan ? Quelles sont les méthodes de contrôle et de régulation ? Quelles sont les conditions de son succès ?

A cet égard, trois systèmes doivent faire l’objet d’une brève analyse : (1) les départements spéciaux de l’Etat, c’est-à-dire le système hiérarchique des commissions de plan, au centre et localement ; (2) le commerce, en tant que système de régulation du marché ; (3) la démocratie soviétique, en tant que système de régulation vivante par les masses de la structure de l’économie.

S’il existait un esprit universel, du type de celui qui se projette dans la fantaisie scientifique de Laplace – un esprit qui pourrait enregistrer simultanément tous les processus de la nature et de la société, qui pourrait mesurer la dynamique de leur mouvement, qui pourrait prévoir les résultats de leurs interactions – un tel esprit, bien sûr, pourrait a priori établir un plan économique sans faille et exhaustif, en commençant par le nombre d’acres de blé jusqu’au dernier bouton pour un gilet. La bureaucratie imagine souvent qu’un tel esprit est à sa disposition ; c’est pourquoi elle se libère si facilement du contrôle du marché et de la démocratie soviétique. Mais, en réalité, la bureaucratie se trompe terriblement dans son estimation de ses ressources spirituelles.

Dans son œuvre, elle est obligée de s’appuyer, en réalité, sur les proportions (et on est même endroit de dire, les disproportions) héritées de la Russie capitaliste, des données de la structure économique des nations capitalistes contemporaines, et finalement de l’expérience des succès et des erreurs de l’économie soviétique elle-même. Mais même la combinaison la plus correcte de tous ces éléments permettra de construire seulement le cadre extrêmement imparfait d’un plan, pas plus.

Les innombrables participants vivants à l’économie, qu’ils soient étatiques ou privés, collectifs ou individuels, doivent déclarer leurs besoins et leur importance relative, non seulement par l’intermédiaire des calculs statistiques des commissions du plan mais aussi par la pression directe de l’offre et de la demande. Le plan est vérifié et, dans une large mesure, réalisé par le marché. La régulation du marché lui-même doit s’appuyer sur les tendances détectables par son intermédiaire . Les plans directeurs produits par les ministères doivent démontrer leur efficacité économique par des calculs commerciaux. Le système de l’économie de transition est impensable sans le contrôle par le rouble. Cela présuppose, à son tour, un rouble égal à lui-même . Sans une unité (monétaire) stable le prévisionnel commercial ne peut qu’accroître le chaos.

Les processus de construction économique ne se déroulent pas encore au sein d’une société sans classes. Les questions de la répartition du revenu national constituent l’axe central du plan. Il se déplace sous l’action directe de la lutte de classe et celle des groupes sociaux, y compris les différentes couches du prolétariat lui-même. Ce sont les questions sociales et économiques les plus importantes : le lien entre la ville et le village, c’est-à-dire l’équilibre entre ce que l’industrie obtient de l’agriculture et ce qu’elle lui fournit ; l’interrelation entre l’accumulation et la consommation, entre le fond d’équipement et le fonds pour les salaires ; la régulation des salaires pour différentes catégories de travail ( ouvriers qualifiés et non qualifiés, employés , spécialistes, bureaucratie dirigeante ) ; finalement, la répartition de cette part du revenu national qui revient au village, entre les différentes strates de la paysannerie. Toutes ces questions, de par leur nature même, ne permettent pas les décisions à priori de la bureaucratie, qui s’est mise à l’abri de l’intervention de millions de personnes concernées.

La lutte des intérêts vitaux, en tant que facteur fondamental de la planification, nous introduit dans le royaume de la politique, qui est l’économie concentrée. Les instruments des groupes sociaux de la société soviétique sont – devraient être : les Soviets, les syndicats, les coopératives, et avant tout le parti au pouvoir. Ce n’est seulement que par l’interaction de ces trois éléments, la planification étatique, le marché et la démocratie soviétique, que peut s’effectuer la direction correcte de l’économie de l’époque de transition et que peut être garanti, non pas le dépassement complet des contradictions et des disproportions en quelques années (c’est utopique !), mais leur adoucissement, et par cela même le renforcement de la base matérielle de la dictature du prolétariat jusqu’à ce moment où une nouvelle révolution victorieuse élargira l’arène de la planification socialiste et reconstruira son système. 

ÉTOUFFEMENT DE LA NEP, INFLATION MONÉTAIRE ET LIQUIDATION DE LA DÉMOCRATIE SOVIÉTIQUE

La nécessité d’introduire la NEP, c’est à dire la restauration des rapports de marché, a été déterminée, en son temps, avant tout,par l’existence de 25 millions d’exploitations agricoles indépendantes. Cela ne veut pas dire, pour autant, que la collectivisation, déjà à son premier stade, mène à la liquidation du marché. La collectivisation ne peut être viable que dans la mesure où elle laisse en vigueur l’intérêt personnel des kolkhoziens, en construisant leurs rapports mutuels, comme les rapports des kolkhozes avec le monde extérieur, sur les fondements du calcul commercial. Cela signifie qu’une collectivisation correcte et économiquement justifiée, au stade actuel, ne doit pas mener à l’abrogation de la NEP, mais à une réforme progressive de ses méthodes.

La bureaucratie, néanmoins, est allé directement de l’avant : dans les premiers temps, il pouvait lui sembler, vu ainsi, qu’elle suivait la ligne de moindre résistance. Les succès véridiques et incontestables des forces centralisées du prolétariat, elle les a identifiés aux succès de sa planification à priori. Autrement dit, la révolution socialiste, elle l’a identifiée à elle même. Le problème interdit du lien avec le village, elle l’a masqué par la collectivisation administrative. Étant confrontée aux disproportions à travers la NEP, elle a liquidé la NEP. Les méthodes de marché, elle les a remplacées par l’élargissement des méthodes de contraintes.

Une unité monétaire ferme, sous la forme du Chervonetz, constituait un instrument important de la NEP. En état de vertige, la bureaucratie décida qu’elle se tenait déjà sur ses deux jambes sur le sol de l’harmonie économique ; que les succès d’aujourd’hui garantissaient la progression des futurs succès et que le Chervonetz ne constituait pas un frein à l’envergure du plan, mais au contraire, une source indépendante d’investissements. A la place de la régulation des éléments matériels du processus économique, la bureaucratie a commencé à boucher les accrocs à l’aide de la planche à billets. En d’autres mots, elle a pris le chemin de l’inflation « optimiste ».

Après l’étranglement de la NEP, les fameuses « six conditions de Staline », le calcul économique, le travail aux pièces, etc, se sont changé en un ensemble de paroles vides. Le calcul économique est impensable sans le lien avec le marché. Le Chervonetz est la mesure du cette jonction. Quelle signification peuvent avoir pour l’ouvrier quelques roubles supplémentaires par mois si il est obligé d’acheter les produits vitaux manquants au bazar [marché des producteurs] à un prix décuplé ?

La restauration des bazars est apparue comme l’aveu de l’inopportunité de la liquidation de la NEP, mais un aveu empirique, partiel, improvisé et contradictoire. Appeler les bazars une forme « soviétique » (socialiste ?) de commerce, en contrepoids au commerce privé et à la spéculation, cela signifie de l’aveuglement. Le commerce de bazar, même de la part du Kolkhoze, dans son ensemble, constitue une spéculation sur le besoin en produits de ravitaillement de la ville la plus proche, et, par ses conséquences, mène à une différentiation sociale, c’est à dire à l’enrichissement de la minorité des Kolkhozes les plus heureusement situés. Mais en premier lieu ce ne sont pas les Kolkhozes qui font le commerce, mais des Kolkhoziens en particulier, en parallèle des individualistes. Le commerce des Kolkhoziens, en vendant leurs excédents à des prix spéculatifs, mène à une différentiation entre Kolkhozes. Ainsi le bazar développe des forces centrifuges dans le village « socialiste ».

En abolissant le marché et en restaurant les bazars asiatiques, la bureaucratie a créé, comme parachèvement de tout, les conditions de la danse la plus barbare des prix, et, en conséquence, elle a placé une mine et sous le plan et sous le calcul commercial. Il en est résulté une aggravation du chaos économique.

En parallèle s’étendait l’ossification, qui ne date pas d’hier, des syndicats, des soviets et du parti. Se heurtant aux frictions entre la ville et la campagne, aux revendications du côté de différentes parties de la paysannerie et du prolétariat, la bureaucratie interdisait de la façon la plus résolue quelques revendications, protestations et critique que ce soit. Le seul droit qu’elle a finalement laissé aux ouvriers, c’est le droit de dépasser les consignes de production. Chaque tentative d’action de la base sur la conduite de l’économie est immédiatement ramenée à une déviation droitiste ou gauchiste, c’est à dire pratiquement à un délit de droit commun. Finalement le sommet de la bureaucratie s’est déclaré infaillible dans la sphère de la planification socialiste (bien que ses collaborateurs et leaders se soient souvent révélés les pires saboteurs). Ainsi s’est trouvée liquidée la mécanique basique de la construction socialiste – le système adaptable et souple de la démocratie soviétique. Devant la réalité économique et ses difficultés la bureaucratie s’est trouvée seulement armée d’une ébauche de plan déformée et faussée, et de sa volonté administrative, également considérablement meurtrie. »

***************************************************

LE TEXTE RUSSE D’ORIGINE :

 

УСЛОВИЯ И МЕТОДЫ ПЛАНОВОГО ХОЗЯЙСТВА

Каковы органы построения и проведения плана ? Каковы методы его проверки и регулирования ? Каковы условия его успешности ?

Три системы приходится подвергнуть в этой связи краткому рассмотрению : 1) специальные государственные органы, т. е. иерархическую систему плановых комиссий, в центре и на местах ; 2) торговлю, как систему рыночного регулирования ; 3) советскую демократию, как систему живого воздействия масс на структуру хозяйства.

Если б существовал универсальный ум, рисовавшийся научной фантазии Лапласа : ум, регистрирующий одновременно все процессы природы и общества, измеряющий динамику их движения, предугадывающий результаты их взаимодействия, – такой ум мог бы, конечно, априорно построить безошибочный и законченный хозяйственный план, начиная с числа гектаров пшеницы и кончая пуговицей на жилете. Правда, бюрократии нередко кажется, что она-то именно и обладает подобным умом : поэтому она так легко освобождает себя от контроля рынка и советской демократии. На самом деле бюрократия жестоко ошибается в оценке своих духовных ресурсов. В своем творчестве она вынуждена, на самом деле, опираться на пропорции (с таким же правом можно сказать : диспропорции), унаследованные от капиталистической России ; на данные об экономической структуре современных капиталистических наций ; наконец, на опыт успехов и ошибок самого советского хозяйства. Но даже самое правильное комбинирование всех этих элементов может позволить построить лишь крайне несовершенный проволочный каркас плана, не более того.

Бесчисленные живые участники хозяйства, государственные и частные, коллективные и единоличные, должны заявлять о своих нуждах и о своей относительной силе не только через статистические выкладки плановых комиссий, но и непосредственным давлением спроса и предложения. План проверяется и, в значительной мере, осуществляется через рынок. Регулирование самого рынка должно опираться на обнаруживаемые через его посредство тенденции. Предначертания канцелярий должны доказать свою хозяйственную целесообразность через коммерческую калькуляцию. Система переходного хозяйства немыслима без контроля рублем. Это предполагает, в свою очередь, что рубль равен самому себе. Без устойчивой единицы коммерческий расчет способен только увеличить хаос.

Процессы хозяйственного строительства происходят пока еще не в бесклассовом обществе. Вопросы распределения национального дохода составляют центральную ось плана. Она перемещается под непосредственным действием борьбы классов и социальных групп, в том числе и разных слоев самого пролетариата. Важнейшие социальные и экономические вопросы : смычка города и деревни, т. е. баланс того, что промышленность получает от сельского хозяйства, и того, что она дает ему ; взаимоотношение между накоплением и потреблением, между фондом капитального строительства и фондом заработной платы ; регулирование оплаты разных категорий труда (квалифицированные и неквалифицированные рабочие, служащие, специалисты, правящая бюрократия) ; наконец, распределение той доли национального дохода, которая приходится на деревню, между разными слоями крестьянства, – все эти вопросы, по самому существу своему, не допускают априорных решений бюрократии, оградившей себя от вмешательства заинтересованных миллионов.

Борьба жизненных интересов, в качестве основного фактора планирования, вводит нас в царство политики, которая есть концентрированная экономика. Орудиями социальных групп советского общества являются (должны являться) : советы, профессиональные союзы, кооперативы и, прежде всего, правящая партия. Только взаимодействием трех элементов : государственного планирования, рынка и советской демократии, может осуществляться правильное руководство хозяйством переходной эпохи и обеспечиваться – не полное преодоление противоречий и диспропорций в несколько лет (это утопия !), а их смягчение и тем самым упрочение материального базиса диктатуры пролетариата до того момента, как новая победоносная революция расширит арену социалистического планирования и перестроит его систему.

УДУШЕНИЕ НЭПА, ДЕНЕЖНАЯ ИНФЛЯЦИЯ И ЛИКВИДАЦИЯ СОВЕТСКОЙ ДЕМОКРАТИИ

Необходимость введения НЭПа, т. е. восстановления рыночных отношений, определялась в свое время прежде всего наличием 25 миллионов самостоятельных крестьянских хозяйств. Это не значит, однако, что коллективизация уже на первой стадии своей ведет к ликвидации рынка. Коллективизация может быть жизненна лишь в той мере, в какой оставляет в силе личную заинтересованность колхозников, строя их взаимные отношения, как и отношения колхоза с внешним миром, на основах коммерческого расчета. Это значит, что правильная, экономически обоснованная коллективизация на данной стадии должна была вести не к упразднению НЭПа, а лишь к постепенному преобразованию его методов.

Бюрократия пошла, однако, напролом : на первых порах ей могло при этом казаться, что она идет по линии наименьшего сопротивления. Подлинные и неоспоримые успехи централизованных усилий пролетариата она отождествила с успехами своего априорного планирования. Иначе сказать : социалистическую революцию она отождествила с собою. Неразрешенную проблему смычки с деревней она замаскировала административным коллективизированием. Наталкиваясь на диспропорции через НЭП, она ликвидировала НЭП. Рыночные методы она заменила расширением методов принуждения.

Устойчивая денежная единица, в виде червонца, составляла важнейшее орудие НЭПа. В состоянии головокружения бюрократия решила, что она уже стоит обеими ногами на почве экономической гармонии ; что сегодняшние успехи автоматически обеспечивают прогрессию дальнейших успехов и что червонец является не уздой для планового размаха, а, наоборот, самостоятельным источником капиталовложений. Вместо регулирования материальных элементов хозяйственного процесса бюрократия стала затыкать прорехи при помощи печатного станка. Другими словами, она стала на путь « оптимистической » инфляции.

После административного удушения НЭПа пресловутые « шесть условий Сталина » – хозяйственный расчет, сдельная заработная плата и пр. – превращались в пустой набор слов. Хозяйственный расчет немыслим без рыночных отношений. Метром смычки является червонец. Какое значение имеют для рабочего несколько лишних рублей в месяц, если нехватающие жизненные продукты он вынужден покупать на базаре по удесятеренной цене ?

Восстановление базаров явилось признанием несвоевременности ликвидации НЭПа, но признанием эмпирическим, частичным, непродуманным и противоречивым. Называть базары формой « советской » (социалистической ?) торговли, в противовес частной торговле и спекуляции, значит заниматься самообольщением. Базарная торговля даже со стороны колхоза, как целого, является спекуляцией на нужде ближайшего города в предметах продовольствия и, по последствиям своим, ведет к социальной дифференциации, т. е. к обогащению меньшинства более счастливо расположенных колхозов. Но главное место в торговле занимают не колхозы, а отдельные колхозники, наряду с единоличниками. Торговля колхозников, продающих свои избытки по спекулятивным ценам, ведет к дифференциации внутри колхозов. Так базар развивает в « социалистической » деревне центробежные силы.

Упразднив рынок и восстановив азиатские базары, бюрократия создала, в довершение всего, условия самой варварской пляски цен, следовательно, подвела мину и под план, и под коммерческий расчет. Результатом явилось усугубление экономического хаоса.

Параллельно шло начавшееся не вчера окостенение профессиональных союзов, советов и партии. Наталкиваясь на трения между городом и деревней, на требования со стороны разных частей крестьянства и пролетариата, бюрократия все решительнее запрещала какие бы то ни было требования, протесты и критику. Единственное право, которое она в конце концов оставила рабочим, это право превышать производственные задания. Всякая попытка воздействия снизу на хозяйственное руководство немедленно подводится под правый или левый уклон, т. е. практически под уголовное преступление. Бюрократическая верхушка в конце концов объявила себя непогрешимой в сфере социалистического планирования (несмотря на то, что ее сотрудниками и вдохновителями оказывались зачастую злостные вредители). Так оказалась ликвидирована основная механика социалистического строительства – гибкая и эластичная система советской демократии. Пред лицом хозяйственной действительности и ее затруднений бюрократия оказалась вооружена лишь погнутым и измятым проволочным каркасом плана и своей административной волей, тоже изрядно помятой.

http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm

*********************************

LE TEXTE ANGLAIS

Conditions and Methods of Planned Economy

What are the organs of constructing and applying the plan like ? What are the methods of checking and regulating it ? What are the conditions for its success ?

In this connection three systems must be subjected to a brief analysis : (1) special state departments, that is, the hierarchical system of plan commissions, in the centre and locally ; (2) trade, as a system of market regulation ; (3) Soviet democracy, as a system for the living regulation by the masses of the structure of the economy.

If a universal mind existed, of the kind that projected itself into the scientific fancy of Laplace – a mind that could register simultaneously all the processes of nature and society, that could measure the dynamics of their motion, that could forecast the results of their inter-reactions – such a mind, of course, could a priori draw up a faultless and exhaustive economic plan, beginning with the number of acres of wheat down to the last button for a vest. The bureaucracy often imagines that just such a mind is at its disposal ; that is why it so easily frees itself from the control of the market and of Soviet democracy. But, in reality, the bureaucracy errs frightfully in its estimate of its spiritual resources. In its projections it is necessarily obliged, in actual performance, to depend upon the proportions (and with equal justice one may say the disproportions) it has inherited from capitalist Russia, upon the data of the economic structure of contemporary capitalist nations, and finally upon the experience of successes and mistakes of the Soviet economy itself. But even the most correct combination of all these elements will allow only a most imperfect framework of a plan, not more.

The innumerable living participants in the economy, state and private, collective and individual, must serve notice of their needs and of their relative strength not only through the statistical determinations of plan commissions but by the direct pressure of supply and demand. The plan is checked and, to a considerable degree, realized through the market. The regulation of the market itself must depend upon the tendencies that are brought out through its mechanism. The blueprints produced by the departments must demonstrate their economic efficacy through commercial calculation. The system of the transitional economy is unthinkable without the control of the ruble. This presupposes, in its turn, that the ruble is at par. Without a firm monetary unit, commercial accounting can only increase the chaos.

The processes of economic construction are not yet taking place within a classless society. The questions relating to the allotment of the national income compose the central focus of the plan. It shifts with the direct development of the class struggle and that of social groups, and among them, the various strata of the proletariat itself. These are the most important social and economic questions : the link between the city and the village, that is, the balance between that which industry obtains from agriculture and that which it supplies to it ; the interrelation between accumulation and consumption, between the fund for capital construction and the fund for wages ; the regulation of wages for various categories of labour (skilled and unskilled workers, government employees, specialists, the managing bureaucracy) ; and finally the allotment of that share of national income which falls to the village, between the various strata of the peasantry. All these questions by their very nature do not allow for a priori decisions by the bureaucracy, which has fenced itself off from intervention by concerned millions.

The struggle between living interests, as the fundamental factor of planning, leads us into the domain of politics, which is concentrated economics. The instruments of the social groups of Soviet society are – should be : the Soviets, the trade unions, the co-operatives, and in first place the ruling party. Only through the inter-reaction of these three elements, state planning, the market and Soviet democracy, can the correct direction of the economy of the transitional epoch be attained. Only thus can be assured, not the complete surmounting of contradictions and disproportions within a few years (this is utopian !), but their mitigation, and through that the strengthening of the material bases of the dictatorship of the proletariat until the moment when a new and victorious revolution will widen the arena of socialist planning and will reconstruct the system.

Suppression of the NEP, Monetary Inflation, and Liquidation of Soviet Democracy

The need to introduce the NEP, to restore market relationships, was determined first of all by the existence of 25 million independent peasant proprietors. This does not mean, however, that collectivization even in its first stage leads to the liquidation of the market. Collectivization becomes a viable factor only to the extent to which it involves the personal interest of the members of the collective farms, by shaping their mutual relations, and the relations between the collective farms and the outside world, on the basis of commercial calculation. This means that correct and economically sound collectivization at this stage should lead not to the elimination of the NEP but to a gradual reorganization of its methods.

The bureaucracy, however, went the whole way. At first it might have thought that it was taking the road of least resistance. The genuine and unquestionable successes of the centralized efforts of the proletariat were identified by the bureaucracy with the successes of its a priori planning. Or to put it differently : it identified the socialist revolution with itself. By administrative collectivization it masked the unsolved problem of establishing a link with the village. Confronting the disproportions of the NEP, it liquidated the NEP. In place of market methods, it enlarged the methods of compulsion.

The stable currency unit, in the form of the chervonets, constituted the most important weapon of the NEP. While in its state of dizziness, the bureaucracy decided that it was already standing firmly with both feet on the soil of economic harmony, that the successes of today automatically guaranteed the progression of subsequent successes, that the chervonets was not a bridle that checked the scope of the plan but on the contrary provided an independent source of capital funds. Instead of regulating the material elements of the economic process the bureaucracy began to plug up the holes by means of printing presses. In other words, it took to the road of “optimistic” inflation.

After the administrative suppression of the NEP, the celebrated “six conditions of Stalin” – economic accounting, piecework wages, etc. – became transformed into an empty collection of words. Economic accounting is unthinkable without market relations. The chervonets is the yardstick of the link. Of what possible use for the worker can a few extra rubles a month be if he is compelled to purchase the necessities of life in the open market at ten times their former price ?

The restoration of open markets came as an admission of the inopportune liquidation of the NEP, but an admission that was empirical, partial, thoughtless, and contradictory. To label the open markets as a form of “Soviet” (socialist ?) trade, in contrast to private trade and speculation, is to practice self-deception. Open-market trading even on the part of the collective farm as a whole ends up as speculation on the necessities required in the nearest city, and as a result leads to social differentiation, that is, to the enrichment of the minority of the more fortunately situated collective farms. But the chief place in the open market is occupied not by the collectives but by individual members of the collectives and by the independent peasants. The trading of the members of the collective farms, who sell their surplus at speculative prices, leads to differentiation within the collectives. Thus the open market develops centrifugal forces within the “socialist” village.

By eliminating the market and by installing Asiatic bazaars in its place the bureaucracy has created, to consummate everything, the conditions for the wildest gyration of prices, and consequently has placed a mine both under the plan and under commercial calculation. As a result, economic chaos has been redoubled.

Parallel to this the ossification of the trade unions, the Soviets, and the party, which didn’t start yesterday, continues. Coming up against the friction between the city and the village, against the demands from various sections within the peasantry, from the peasantry as a whole, and from the proletariat, the bureaucracy more and more resolutely ruled out any demands, protests, and criticism whatsoever. The only prerogative which it ultimately left to the workers was the right to exceed production limits. Any attempt to influence economic management from below is immediately described as a right or a left deviation, that is, practically made a capital offence. The bureaucratic upper crust in the last analysis, has pronounced itself infallible in the sphere of socialist planning (disregarding the fact that its collaborators and inspirers have turned out often to be criminal plotters and saboteurs). Thus the basic mechanism of socialist construction – the adaptable and elastic system of Soviet democracy – was liquidated. Face to face with the economic reality and its difficulties, the bureaucracy turned out to be armed only with the twisted and collapsed carcass of the plan, with its own administrative will also considerably deflated.

The Soviet Economy in Danger (L. Trotsky, October 1932)

https://www.marxists.org/archive/trotsky/1932/10/sovecon.htm

**************************************************************

Publicités

Panem et circenses : le pouvoir du pouce…

 

Panem et circenses :

 

>>>Quand le boulanger n’a plus de farine,

il faut trouver du grain à moudre…

 

>>>Après le foot, le street fighting…

 

>>>Jupiter vire son gladiateur…

 

>>>se faire voir le pouce en bas:

 

Seul pouvoir réel de cette marionnette du Capital.

 

Retraites en peau de chagrin : Le Capital comprime et tue pour sauver ses bénéfices !

 

https://s3.reutersmedia.net/resources/r/?m=02&d=20180704&t=2&i=1279498926&r=LYNXMPEE6313V-OFRTP&w=1200

Retraites 

en peau de chagrin :

.

.

Régression

 

de l’espérance de vie,

 

Allongement du temps

de travail nécessaire,

Le Capital

comprime et tue

pour sauver ses bénéfices !

 

 

 

« Il faut reporter l’âge de départ à la retraite », selon les sénateurs…

PARIS (Reuters) –

La réforme systémique des retraites annoncée par le gouvernement ne peut esquiver le relèvement de l’âge de départ à la retraite, estime un rapport sénatorial présenté mercredi, tirant des enseignements des expériences italienne, allemande et suédoise.  

Les sénateurs Jean-Marie Vanlerenberghe (Union centriste) et René-Paul Savary (Les Républicains) se sont rendus avec le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, dans ces trois pays pour observer les “conditions de réussite” des réformes qui y ont été engagées dans les années 1990.

Dans les trois pays que nous avons visités, la question des âges de la retraite demeure centrale”, écrivent-ils dans le rapport présenté devant la commission des Affaires sociales du Sénat. “La réforme des retraites ne pourra pas éluder cette question. La position de notre commission, appelant depuis plusieurs années au relèvement de l’âge minimum légal à 63 ans, demeure plus que jamais d’actualité.”

La réforme vise à unifier les 42 régimes existants et faire en sorte qu’”un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé”. Emmanuel Macron a exclu pendant la campagne présidentielle de modifier l’âge légal de départ à la retraite.

En Italie, en Allemagne et en Suède, l’âge moyen de départ se situe autour de 64 et 65 ans, plutôt qu’à 62 ans comme en France. En Suède, “les femmes et les travailleurs moins qualifiés partent plus tôt avec des niveaux de pension insuffisants”. Une réflexion est donc en cours pour augmenter l’âge minimum de 61 à 64 ans.

Pour les sénateurs, “la difficulté qui consisterait à ne pas augmenter l’âge minimum légal, pour respecter la promesse de campagne du président de la République (…) aurait pour conséquence de ‘fabriquer’ des retraités plus pauvres”.

PAS DE RÉÉQUILIBRAGE AUTOMATIQUE

On n’échappera pas, comme ont fait les autres, à lier l’âge de la retraite et l’espérance de vie”, a-t-il dit à Reuters. “Ce qu’ont fait les partenaires sociaux de manière assez courageuse, c’est de faire en sorte que pour avoir sa retraite complémentaire à taux plein, on a besoin de cotiser plus. Il y a une décote quand on prend sa retraite à 62 ans.”

Il est déjà établi par le haut-commissaire que le nouveau système serait géré par points, c’est-à-dire que chaque actif cumulerait des points tout au long de sa carrière. Ces points seront ensuite convertis en fonction d’un coefficient au moment de la liquidation de la retraite. L’Allemagne a fait le choix de ce type de régime en 1992.

La Suède et l’Italie ont opté pour un système en comptes notionnels, dans lequel chaque actif alimente un capital de retraite virtuel en euros (ou couronne suédoises).

Ce capital, revalorisé chaque année en fonction de l’évolution des salaires, est converti par un coefficient (comme dans le système à points) au moment de la liquidation de la retraite. La pension versée dépend toutefois de l’espérance de vie de la génération à laquelle cet actif appartient ainsi que du montant total des cotisations versées par cette génération.

Les sénateurs estiment que, comme pour ces pays, “il est nécessaire de définir clairement un mécanisme d’alerte” lorsque la pérennité financière du système est à risque, mais souhaitent éviter tout rééquilibrage automatique.

Confrontée à une baisse de la croissance et à une hausse du taux de chômage en 2010, la Suède, qui est dotée d’un tel rééquilibrage, aurait pu voir ses pensions diminuer de 4,2%. Le gouvernement a toutefois décidé de limiter la baisse à 3% en la lissant sur trois ans et en mobilisant des fonds de réserve.

Les parlementaires précisent également que les systèmes visités combinent de façon équilibrée une gestion par répartition pour leur régime de base et par capitalisation pour leur régime complémentaire.

Aucun débat d’émerge pourtant à ce stade sur la question de la capitalisation en France. Les esprits, en particulier des partenaires sociaux, ne semblent pas encore assez mûrs”.

Ils préconisent par ailleurs une période de transition pour passer d’un régime à l’autre de 20 ans, comme en Suède.

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1JU1MC-OFRTP

Retraites – Vieillit-on plus longtemps ?

NON ! On nous ment !

en voici la preuve

jeudi 5 juillet 2018 (Date de rédaction antérieure : 19 octobre 2010).

Note de do du 3 novembre 2016 à 20h20 : Comme France 2, tout en prenant un air narquois, vient de faire de la propagande pour la retraite à 70 ans, je remets à nouveau cet article tout en haut.

Note de do du 20 janvier 2016 : comme pour la première fois le pouvoir vient de reconnaître que l’espérance de vie n’augmentait pas mais baissait, je remets cet article tout en haut.

VIEILLIT-ON PLUS LONGTEMPS ?


Voici la preuve que
L’argument fondamental du pouvoir pour détruire nos retraites
est un mensonge éhonté, une gigantesque manipulation,

que tout le monde doit dénoncer partout où il peut.

Bonjour à toutes et à tous,

Souvenez-vous : avant la « crise », le pouvoir nous faisait une propagande gigantesque pour nous imposer les fonds de pension en lieue et place de notre bon vieux système de retraites par répartition.

Bien sûr, avec la « crise », tout le monde a dû admettre qu’il était bien peu prudent de jouer nos retraites à la bourse. Aussi, pour imposer par la force ses fonds de pension, le pouvoir détruit autant qu’il le peut nos retraites par répartition.

Le 7 septembre 2010, j’écrivais un article que voici :

« On vieillit plus longtemps ! on vieillit plus longtemps ! », ils n’ont que ça à la bouche, tous ceux qui sont en train de nous détruire notre sécu, et nos services publics, et nos retraites, etc.

Mais, quand ils auront tout détruit, l’espérance de vie va très vite cesser d’augmenter pour se mettre à diminuer très rapidement.

Pour preuve, s’il en fallait une, regardez en Russie :

Quand l’URSS a été détruite et que tous les avantages acquis (vraie sécu, vraies retraites, etc.) ont disparu les uns après les autres, l’espérance de vie s’est mise à baisser énormément. À tel point, qu’après 1992, en 10 ans, l’espérance de vie des Russes a baissé de 10 ans !

Le 10 septembre 2010, le comité Valmy publiait sur son site un article de Jean-Yves Crevel confirmant tout à fait ce que j’avais prévu, à ceci près que ça fait déjà au moins deux ans que l’espérance de vie a commencé à reculer. Cet article est essentiel. Il est l’argument massue pour motiver la population à se battre pour sauver son système de retraites. Voici cet article :

L’argument pour reculer l’âge de départ à la retraite bientôt périmé – Jean Yves Crevel

Le grand secret : L’espérance de vie recule !

Dans un même ensemble, tous les pays de l’UE reculent l’âge de départ à la retraite. Cela ne signifie évidemment pas qu’ils auraient tous été incompétents, en même temps, au point que tous auraient négligé de s’assurer du financement de leurs systèmes de retraite. Aussi grotesque soit-elle, c’est pourtant la version officielle, le dogme.

La vraie raison de cette précipitation tient simplement à cette courte péremption, à la terrible faiblesse de l’argument massue, répété en boucle : il faudrait travailler plus longtemps parce que l’espérance de vie augmente… Imparable ! Que répondre à cet argument chic et choc ? Rien, il faudrait donc se soumettre à défaire en 2010 ce qui a été mis en place en 1945, parce qu’on ne pourrait plus assurer dignement les vieux jours ni de nos parents, ni de nos grands-parents, alors que la productivité a été multipliée par trois entre 1945 et 2010 ?

L’argument de l’allongement de l’espérance de vie est indispensable pour masquer le scandale de cette incohérence économique. Le hic, c’est que tous les indicateurs sont au rouge pour signaler qu’il est parfaitement mensonger : en réalité, l’espérance de vie a cessé de s’allonger depuis au moins deux ans pour maintenant amorcer un recul qui risque de s’accélérer.

A titre d’illustration, voici trois informations très peu relayées :

En France : La Croix du 23/12/2009 : L’espérance de vie des femmes a légèrement reculé en 2008. L’an dernier, 542 575 décès ont été constatés en France selon l’Insee, un chiffre en hausse de 2,1 % par rapport à 2007.

Aux USA : WASHINGTON POST du 22/04/2008 : Pour la première fois depuis 1918, une proportion significative des femmes américaines voient leur espérance de vie diminuer », rapporte le quotidien. Telle est la conclusion d’une étude menée par l’université de Washington dans mille comtés du pays, représentant 12 % de la population féminine.

En Afrique : « RFI du mardi 24 novembre 2009 : la durée de vie moyenne d’un Africain ne dépasse pas les 53 ans. Et elle n’est plus que de 50 ans en Afrique du Sud où l’espérance de vie a reculé de 12 ans en moins de vingt ans.

L’allongement de l’espérance de vie n’a donc concerné que les quelques générations qui ont bénéficié des progrès de la médecine sans que ce bénéfice ne soit annulé par les conséquences de la malbouffe, de la pollution, des pandémies modernes et juteuses, sans parler des expérimentations pharmaceutiques en vraie grandeur…

C’est fini ! Désormais, la durée moyenne de vie recule. Voilà pourquoi il est indispensable aux financiers, ceux qui contrôlent par la corruption les institutions européennes, d’utiliser l’argument fallacieux de l’allongement de la durée de vie, avant que la vérité n’éclate.

Enfin, le recul de l’âge de départ à la retraite ne signifie pas un allongement de la durée du travail, mais globalement, un transfert de charges du système de retraite vers l’assurance chômage ou la protection sociale. Pour que la réforme produise réellement un allongement du travail, il faudrait… du travail, ce qui impliquerait de relancer l’activité. Quand le FMI  et l’UE imposent un ralentissement de l’activité et une réduction massive du pouvoir d’achat, on ne voit pas comment le travail reviendrait dans ces conditions.

La constitution européenne a été rebaptisée « Traité TUE ». Faut-il y voir un clin d’œil ? Un message codé ? Une sinistre blague ?

Ce qui est certain, c’est qu’il est urgent d’en sortir !

Note de do : Cet article serait parfait s’il ne s’y était glissé une légère erreur. Je cite : « la productivité a été multipliée par trois entre 1945 et 2010 » Bien mieux que ça : en ce moment, grâce au progrès scientifico-technique, notamment les ordinateurs, la productivité du travail double tous les dix ans ! La productivité a été multipliée par quatre en 20 ans ! (entre 1990 et 2010).

Bien à vous,
do
19 octobre 2010
http://mai68.org

Post-scriptum :

1°) Et de toutes façons, il n’y a aucun problème de retraites :

http://mai68.org/spip/spip.php?article959

2°) Nous ne nous battons pas seulement pour les retraites, nous voulons aussi retrouver une vrai Sécurité Sociale digne de ce nom, comme après mai 68. Nous voulons retrouver aussi de vrais services publics. Nous revoulons nos vieux PTT, notre EDF-GDF, notre bonne vieille SNCF, etc. Par conséquent, nous devons refuser que les directions syndicales amenuisent notre mouvement de contestation en le limitant aux retraites. Nous devons imposer nos slogans. La retraite ne suffirait bien sûr pas à nous motiver comme nous sommes motivés. En fait, c’est un ras-le-bol général. Et cela doit se savoir, cela doit être officiel, nos slogans ne doivent pas parler que de nos retraites. Ils doivent aussi parler de tout le reste. Mais pour cela, il nous faut retrouver la parole. cette parole ne doit pas être laissée entre les mains des directions syndicales.

3°) Pour gagner vraiment, et sur tous les tableaux, nous ne pouvons pas nous contenter de faire confiance aux directions syndicales. Nous devons diriger nous-mêmes notre mouvement de contestation. Pour cela, il nous faut l’auto-organiser en une coordination commune à tous les secteurs en lutte. Ainsi nous reprendrons aussi la parole au lieu de la laisser exclusivement aux grands chefs syndicaux. Autre avantage d’une coordination : dans une intersyndicale, les non-syndiqués ne sont pas du tout représentés ; or, ce sont eux les plus nombreux, et de loin ; dans une coordination, les non-syndiqués sont représentés, et selon leur juste poids !

COORDINATION MODE DEMPLOI :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1081

ou : http://vlr.chez.com/textes/coordination.htm

ou : http://lacarmagnole.free.fr/textes/coordination.htm

Faire circuler ce message partout où vous pouvez. Il y a urgence. Merci !

http://mai68.org/spip/spip.php?article1591

***************************************************************************

Dans l’Angleterre

 

où l’espérance de vie recule

 

 

Pour la première fois depuis un siècle,

l’espérance de vie baisse

dans certaines régions du Royaume-Uni.

Pauvreté, mode de vie mais aussi

coupes budgétaires sont responsables.

 

 

Reportage à Hartlepool

Paul Edmonson-Jones sourit quand on lui mentionne l’étrange concept développé par quelques médecins pour résumer le problème de leurs patients: shit life syndrom, littéralement «le syndrome d’une vie de merde». «Oui, j’en ai entendu parler», confirme le directeur de la santé publique de la mairie de Hartlepool, une ville du nord-est de l’Angleterre. «C’est vrai: ces gens sont malades parce qu’ils ont une vie de merde, qui va en empirant. Ils n’ont pas d’emploi, pas d’espoir, et trouvent consolation en allant boire des bières, fumer des cigarettes, et ils s’abîment la santé.»

Hartlepool est la 18e ville la plus pauvre d’Angleterre. Les chantiers navals, les mines et les usines chimiques ont fermé depuis bien longtemps. La dernière aciérie proche s’est éteinte en 2015. Voilà des générations que la pauvreté et les difficultés sociales sont généralisées.

Hartlepool, février 2018. PHIL HATCHER-MOORE

Mais depuis quelques années, un nouveau phénomène est venu s’ajouter: les gens meurent plus jeunes. Pour la première fois depuis un siècle, l’espérance de vie diminue. Jusqu’à récemment, même des endroits comme celui-ci voyaient la population vivre plus longtemps, malgré un fort retard sur les régions riches. C’est désormais fini.

 

«Si vous atteignez 60 ans, c’est déjà pas mal»

Si dans l’ensemble du Royaume-Uni, l’espérance de vie progresse encore, la tendance s’est inversée dans des dizaines de régions d’Angleterre. A Hartlepool, pour les hommes, elle a chuté de plus d’un an, à 76 ans, de 2011-2013 à 2014-2016. Dans les quartiers les plus pauvres, elle n’est que de 71 ans.

«Dans le quartier, si vous atteignez 60 ans, c’est déjà pas mal.» Sacha Bedding prononce cette phrase le plus sérieusement du monde. Avec Teresa Driver, il dirige l’Annexe, une association plantée au cœur de Dyke House, l’un des endroits les plus pauvres de Hartlepool. «Ici, pendant les vacances scolaires, beaucoup d’enfants qui bénéficient de repas à la cantine gratuits ne sont pas vraiment nourris le midi. Souvent, leur seul vrai repas est un take-away le soir venant du kebab du coin.» La malnutrition mène souvent à l’obésité, ouvrant un cycle vicieux de problèmes de santé.

Campagne de santé publique dans les rues de Hartlepool. PHIL HAT

Se nourrir bien coûte

«Le problème est que la nourriture saine est bien plus chère», réplique Julie Foster, une mère célibataire d’une petite fille de 2 ans, qui habite le quartier. «Il faut pouvoir aller jusqu’au supermarché, ce qui nécessite une voiture. Il faut avoir de quoi payer le gaz pour cuisiner.» Elle-même a un problème de surpoids, après des années à manger des take-away le soir au retour de ses journées de douze heures à faire des ménages.

Un restaurant «tout ce que vous pouvez manger», à Hartlepool, février 2018. PHIL HATCHER-MOORE

A la mairie, Paul Edmonson-Jones voit ces histoires se traduire dans ses statistiques. «Les causes directes de la baisse de l’espérance de vie sont les cancers, les maladies cardiovasculaires et respiratoires. Mais derrière cela se trouve le mode de vie: l’alcool, la cigarette, l’obésité…» Il insiste sur un point: l’espérance de vie saine (sans maladie chronique) n’est que de 55 ans pour les femmes, à peine plus chez les hommes. «Ensuite, la population porte le fardeau du handicap. Regardez au centre-ville, on voit partout des fauteuils roulants, des gens avec des béquilles, des handicaps mentaux…»

Conséquence de l’austérité?

Michael Marmot, professeur de santé publique à l’University College London, a été l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme sur la chute de l’espérance de vie. Selon lui, l’explication se trouve à la jonction entre la pauvreté, le problème d’accès aux soins, le mode de vie, les logements insalubres… Mais il ajoute une théorie supplémentaire: «Jusqu’en 2010, l’espérance de vie au Royaume-Uni progressait à la même vitesse qu’ailleurs en Europe. Ensuite, on a décroché. Cette période semble correspondre aux conséquences non seulement de la crise financière mais aussi de l’austérité.»

Au Trussell Trust, banque alimentaire, Hartlepool, février 2018. PHIL HATCHER-MOORE

A Hartlepool, les coupes budgétaires ne sont pas un concept financier théorique. Le service d’urgence de l’hôpital a fermé. La liste d’attente pour voir un médecin s’allonge, parfois à plusieurs semaines. Le budget de la ville a baissé d’un tiers en valeur réelle depuis 2010. Toutes les associations caritatives de Hartlepool le disent: la mairie se démène de son mieux. Mais avec de telles coupes, impossible de ne pas souffrir de conséquences. Il ne reste plus que quatre infirmières scolaires pour 40 établissements, les aides pour arrêter de fumer ont presque toutes été supprimées et le travail pour pousser à faire plus de sport est réduit à quelques campagnes d’affichage.

Pour Susan Rowley, les conséquences ont été directes. Le visage profondément ridé et les dents abîmées traduisent une vie difficile. Sa fille, droguée, lui a laissé son petit-fils à élever. Ce dernier a désormais 25 ans et a lui-même de sérieux problèmes d’addiction. «La drogue est vraiment difficile à éviter dans le quartier. A tous les coins de rue, on voit des dealers.» Skunk, une forme dure de marijuana, héroïne, cocaïne, tranquillisants, toute la pharmacopée est disponible… «Avant, il y avait trois ou quatre groupes de soutien pour les problèmes de drogue. Aujourd’hui, il n’en reste qu’un seul.»

Au pub. PHIL HATCHER-MOORE

Absurdité du système d’allocations sociales

Son sens de l’humour décapant et son énorme énergie lui ont permis de tenir, malgré tout. A 62 ans, elle travaille au Belle Vue Centre, un centre d’aide social. Mais il y a quelques mois, elle a eu son «moment Daniel Blake», comme elle le surnomme, en référence au film de Ken Loach sur l’absurdité du système d’allocations sociales (Moi, Daniel Blake, 2016).

A ce propos: Ken Loach: «La Palme d’or nous aide à supporter la haine de la classe dirigeante britannique»

Son petit-fils avait enfin décroché un premier vrai emploi à Liverpool, de l’autre côté du pays, mais était convoqué à son centre de sécurité sociale, à Hartlepool. «S’il n’y allait pas, il perdait ses allocations. Mais s’il y allait, il risquait de perdre son emploi. Je suis allée les voir, pour leur expliquer la situation. Ils m’ont répondu que c’était comme ça, qu’il n’y avait rien à faire. J’ai fini par leur dire d’aller se faire foutre, et ils m’ont jetée dehors.» A 62 ans, elle en paraît dix de plus. On vieillit beaucoup plus vite à Hartlepool.

Devant un commerce, Hartlepool, février 2018. PHIL HATCHER-MOORE

https://www.letemps.ch/monde/langleterre-lesperance-vie-recule

Suicide au LIDL du Rousset : Trois ans de combat et une première victoire !

Un combat suivi dès l’origine sur

Solydairinfo et TML

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/06/05/surtravail-conditions-degradees-chomage-suicide-le-capitalisme-tue/

https://solydairinfo.wordpress.com/2015/06/06/la-loi-du-marche-impitoyable-en-realite-temoignage/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/08/24/la-loi-du-marche-impitoyable-en-realite-republication/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/09/28/lidl-du-rousset-plus-de-deux-ans-apres-le-suicide-de-yannick-le-combat-continue/

 

 

 

 

 

 

Suicide au LIDL

du Rousset :

Trois ans de combat

 

et une première victoire !

 

Faire reconnaître la responsabilité de Lidl dans la mort de son frère Yannick : tel est le combat de Nicolas Sansonetti depuis ce drame survenu en mai 2015. La douleur due à la perte d’un être cher ou l’espoir de le faire vivre encore un peu à travers cette lutte pourraient expliquer son acharnement. Sauf que deux rapports et, maintenant, une décision de justice, viennent lui donner raison.

 

Le 16 mai, le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Marseille examinait le cas du suicide de Yannick Sansonetti, technicien de maintenance de Lidl qui s’est donné la mort dans l’entrepôt du site de Rousset le 29 mai 2015. Le jugement a été rendu hier, et la « faute inexcusable » de l’employeur a été reconnue, selon Nicolas Sansonetti. Il serait donc établi que Lidl a manqué à son obligation de sécurité envers son salarié. « Les ayants droit – ma mère, la femme de Yannick et son fils – ont obtenu grain de cause, et Lidl est condamné à leur verser 90 000 euros », assure le frère de la victime.

 

« Si j’ai douté sur ce qui avait pu pousser mon frère à commettre ce geste ? Jamais », affirmait-il en septembre dans nos colonnes. Un sentiment que deux expertises viennent conforter. La première est le rapport du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de Lidl Rousset, rendu en mars 2016, où on peut lire que Yannick Sansonetti a subi un « processus de dégradation de l’état de santé psychologique. (…) Le suicide est l’aboutissement de ce processus. »

Le second avis est le rapport de l’inspection du travail daté du 1er septembre 2017. Il y est indiqué que « l’entreprise Lidl (…) a commis, entre le mois de janvier 2014 et le 29 mai 2015, des agissements répétés de harcèlement moral à l’encontre de Monsieur Yannick Sansonetti (…) ayant eu pour effet une dégradation de ses conditions de travail, de compromettre son avenir professionnel et d’altérer sa santé mentale. » Un salarié avait assuré, quelques jours après le suicide : « Yannick disait qu’il faisait le boulot de cinq personnes ».

 

 

Hier, Nicolas Sansonetti rappelait : « L’avocat de Lidl n’a pas fourni le rapport du CHSCT au juge du Tass, qui en a fait la remarque lors de l’audience. Mais il est versé au dossier pénal. » Un nouveau procès dont la date n’est pas encore fixée.

 

« On ne va pas dire que je suis heureux, confie de son côté Christophe Polichetti, secrétaire général CGT du site de Rousset. Monnayer la mort d’un homme, c’est un peu glauque, mais il faut en passer par là. Le résultat du Tass est une première étape importante, cela va donner la base pour le pénal. Et puis, cela conforte tout ce qu’on a subi et continue de subir. En septembre, une collègue ayant 23 ans de boîte a tenté de se suicider, elle est toujours en arrêt maladie. Et, en février, un chef d’entrepôt a été licencié, il a passé deux mois en psychiatrie. »

Les conditions de travail chez Lidl, jugées plus que déplorables, ont fait l’objet d’une longue séquence dans l’émission Cash investigation d’Élise Lucet de septembre 2017, sur France 2. Hier en fin d’après-midi, la direction régionale de Lidl n’était pas en mesure de nous répondre.

 

https://www.laprovence.com/article/societe/5051821/suicide-la-faute-inexcusable-de-lidl.html

 

****************************

Actualité entreprise : créer et gérer son entreprise - L'Express L'Entreprise

https://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/management/suicide-chez-lidl-l-enseigne-reconnue-responsable_2022150.html

Un technicien de maintenance s’est pendu sur son lieu de travail. Pour la justice, le groupe a commis une faute inexcusable.

Il y a deux ans, Yannick Sansonetti, responsable technique d’un entrepôt Lidl à Rousset (Bouches-du-Rhône), s’est pendu sur son lieu de travail. Le magazine Cash Investigation s’était fait le relais de cette histoire tragique, mettant en lumière des pratiques managériales « inhumaines », faites de pressions et d’objectifs inatteignables. La Sécurité Sociale a reconnu le suicide comme « accident du travail » mais les ayants-droits du disparu ont porté l’affaire devant le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Marseille, pour demander que soit admise la faute inexcusable de l’employeur, Lidl. Il a rendu son jugement ce mercredi 4 juillet: l’enseigne de distribution a bien commis une « faute inexcusable ».  

Des missions surdimensionnées

En droit social, cette notion engage la responsabilité de l’employeur, ouvrant la voie à une majoration de la rente et éventuellement à des dommages et intérêts pour préjudice moral. Pour être retenue, elle doit être invoquée par des salariés qui estiment que leur maladie professionnelle ou leur accident du travail (l’un ou l’autre reconnus comme tels par la Sécurité sociale) découle d’un manquement de leur employeur à son obligation de sécurité.  

 

Pour rendre leur décision, les magistrats phocéens ont pu s’appuyer sur le rapport de l’inspection du travail, qui, après un an et demi d’investigation, a notamment conclu à l’existence d’un harcèlement moral de la part du supérieur hiérarchique du disparu, et à une charge de travail démesurée. Yannick Sansonetti s’était plaint à de nombreuses reprises de son incapacité à remplir ses missions, jugées surdimensionnées. Il devait notamment gérer seul l’entrepôt quand, sur d’autres sites, cette tâche était répartie entre deux ou trois collaborateurs.  

Les proches ont porté plainte

 

« Le verdict est sans appel, commente Christophe Polichetti, secrétaire général de la CGT Lidl PACA. C’est un bon point de gagné pour la procédure pénale qui est en cours en parallèle. » Les proches du défunt employé ont en effet porté plainte et une enquête s’est ouverte, au lendemain de la diffusion du reportage de France 2. Parmi les chefs d’accusation : harcèlement moral et homicide involontaire. 

« Devant le Tass, la seule défense de Lidl a consisté à m’attaquer personnellement en disant que je me servais des médias pour faire le procès du groupe », constate pour sa part Nicolas Sansonetti, le frère de la victime. Combatif, il s’est en effet engagé auprès du leader France Insoumise Jean-François Ruffin, pour une loi visant à reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle. Un texte qui n’a pas rencontré de succès à l’Assemblée, mais dont la presse s’est fait l’écho

 

 

Depuis le suicide de Yannick Sansonetti, Lidl a mis en place des groupes de paroles – les journées « Entre Nous » -, prônant l’écoute et la communication. Un dispositif dont le syndicaliste Christophe Polichetti conteste l’efficacité. « Sur place, la même souffrance perdure, assure-t-il. Depuis le drame, une secrétaire a voulu se jeter du toit. En burn-out, elle a été hospitalisée. » 

 

 

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

ARTICLE REMIS A JOUR LE 19/06/2018 A 0H 30

 

Un article repris du blog

 

TML

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/16/lutte-des-schiappa-ou-lutte-des-classes/

 

 

 

Marlène Schiappa, le 16 mai.

 

 

Lutte des Schiappa

ou lutte des classes ?

 

 

« Un vrai travail, un vrai salaire » ???

 

Le « projet » du gouvernement Macron ?

 

Et si on le prenait à la lettre ?

 

Un « projet » pour la communication, et qu’il est bien évidemment incapable de réaliser, et surtout au sens prétendu de lutter contre la pauvreté!

 

__« Un vrai salaire », même au sens capitaliste du terme, cela signifie qu’un emploi par famille, couple avec enfants en bas âge et/ou en période scolaire, permet à cette famille de vivre décemment selon les critères sociaux de l’époque, permettant à la génération suivante de continuer dans des conditions au moins équivalentes.

Or ce n’est déjà plus le cas pour de nombreuses familles qui ne peuvent survivre, et souvent difficilement, sans l’apport d’au moins deux salaires…

La prétendue « égalité des sexes », tant prônée par Schiappa fille, c’est, actuellement, et même « à salaires égaux », une division par deux du niveau de vie du prolétariat en France, et non aucunement, un « progrès social ».

Tout son langage « communicant » sur le sujet n’est qu’une caution « décalée », « anticonformiste », en apparence, des reculs sociaux rendus inévitables par la crise systémique du capitalisme.

Sur ce seul point, c’est déjà ce qu’un marxiste a à dire…

 

__« Un vrai travail », cela veut dire une activité professionnelle réellement utile à la communauté, que ce soit en matière de production ou de services. Cela signifie que production et services sont organisés pour répondre aux besoins sociaux réels, et d’abord à ceux des travailleurs eux-mêmes et ceux de leurs familles.

L’utilité sociale est le critère d’un « vrai travail », et non le profit financier.

Sans profit financier, pas de salaire ?

Si production et services peuvent être organisés pour répondre à l’ensemble des besoins sociaux, la question réelle est donc bien celle de l’organisation des services et de la répartition, et non celle du profit financier.

Un équilibre entre production et besoins se passe précisément de profits au sens financier du terme.

La seule accumulation nécessaire est celle qui est suffisante pour le renouvellement et le développement, et qui n’a rien à voir avec l’accumulation du profit capitaliste. ( 1 )

C’est, là encore, ce qu’un marxiste a à dire, à propos d’un « vrai travail », objectif évidemment incompatible, donc, avec le capitalisme…

Alors que enfoncer une porte ouverte sur la signification « collective » de la phrase « de Marx ou pas tout à fait »,  selon Schiappa père, c’est se payer de mots et donner, à bon compte, une prétendue « leçon de marxisme » !

__« L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », cela signifie, au delà de l’aspect évidemment collectif de leur organisation, que la transition pour sortir du capitalisme se fait précisément sur la base d’un échange d’équivalents entre travailleurs, en matière de produits et de services, en tenant compte des besoins collectifs de la société. C’est effectivement le sens d’un « vrai travail », émancipateur, et non pas exploité.

C’est le sens politiquement utile de cette phrase qu’un marxiste doit rappeler, et non pas simplement l’aspect collectif de l’action politique, qui est évidemment commun à tous les partis politiques, fussent-ils ultra-réactionnaires, et même sociaux-fascistes… !

Mais en fait de « marxiste », on a affaire ici, avec Schiappa père, à un trotskyste, dans la variété « lambertiste », et qui a en commun avec les autres d’être une forme à peine déguisée de réformisme. Son programme ( 2 ) a toutes les caractéristiques d’une sociale-démocratie « gauchisante » en termes de langage, et sociale-chauvine dans ses objectifs clairement exposés, avec, bien évidemment, l’habituelle et caricaturale ( 3 ) formule prétendument «marxiste » sur la « socialisation des moyens de production et d’échange », qui, dans la logique réformiste du « programme de transition » de Trotsky ( 4 ), se résume à leur « nationalisation » dans le cadre d’un capitalisme monopoliste d’État relooké, en réalité, en « socialisme de marché » ( 5 ), avec de nouvelles formes de collaboration de classe, pompeusement baptisées « contrôle ouvrier » !

Conclusion, entre un père « lambertiste » et sa fille « macroniste » il y a, à plusieurs titres, « match nul » ! Néanmoins, un tel « match » est révélateur de la dégénérescence de la classe politique française et de sa complaisance pour la régression sociale et culturelle voulue et orchestrée par le système, pour tenter de survivre à sa propre crise interne.

Luniterre

(    1    https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondament aux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/   )

        https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/   )

(    2   POID-manifeste lambertiste   )

(    3    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/ 

« Le « gauchiste » moyen débat des éventuelles formes que pourrait prendre le pouvoir ouvrier, localement ou à l’échelle nationale, et même internationale, de ses formes plus ou moins démocratiques, conseil, syndicat ou autre, il discute doctement de savoir si elles correspondent ou non à la conception marxiste de la dictature du prolétariat, et même de savoir s’il faut conserver ou rejeter cette conception, mais il oublie que l’essentiel est dans le contenu social et économique du programme et non dans les formes.« Le « gauchiste » moyen débat des éventuelles formes que pourrait prendre le pouvoir ouvrier, localement ou à l’échelle nationale, et même internationale, de ses formes plus ou moins démocratiques, conseil, syndicat ou autre, il discute doctement de savoir si elles correspondent ou non à la conception marxiste de la dictature du prolétariat, et même de savoir s’il faut conserver ou rejeter cette conception, mais il oublie que l’essentiel est dans le contenu social et économique du programme et non dans les formes.

Au mieux il a sa liste de « mesures » d’un réformisme plus ou moins démagogique ou « radical », genre « répartition des richesses » (… du capital), à la fin desquelles il glisse comme certificat final de « marxisme » une ou deux lignes sur la « socialisation des moyens de production », mais la finalité sociale de l’ensemble du processus de production n’y est jamais autrement définie ni remise en question. »   )

(    4    Trotsky – programme de transition  )

(    5     https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53 )

 

POUR MÉMOIRE, COPIES DES MESSAGES CITÉS :

 

EXTRAIT D’UN DÉBAT EN COURS SUR LE SITE VLR :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article1812#forum1104

NB : Le papa de Marlène ( Une des nombreuses Nadine M de Macron ) est trotskyste ( Lambertiste ) et ex délégué FO // Il a publié un texte court pour recadrer et morigéner sa greluche arriviste de fille / Ce « post » ou « tweet » ou « hashtag » a été publié sur le site « tendance claire du NPA »…

Effectivement nous devons exiger la création immédiate de 6,5 millions d’emplois et un alignement immédiat des salaires français sur les salaires suisses ( salaire médian en France = 2200 euros / en Suisse 6 400 CHF = 5600 euros ) et alignement immédiat des droits sociaux en France sur ceux du Danemark , ou mieux encore de la Libye époque MK !!!

En fait c’est fastoche : créer 12500 sovkhozes dans les 12500 plus petits villages + 1000 en Guyane + 110 à Miquelon / créer 5 villes de 100 000 habitants + 100 villages de 4000 en Guyane – Déplacer la capitale à Pézenas-Agde et trouver une méthodologie efficace pour que les 4 millions de franciliens qui rêvent de quitter cette région puissent le faire – Ajouter 200 000 habitants dans la Creuse et ce qu’il faut dans tous les départements à démographie calamiteuse – Délocaliser les JO dans la vallée de la Charente – Participer à fond à la grande muraille verte d’Afrique-forêt de Lilengo et y installer des réacteurs steinfeld, des « torre atnosferica » et quelques villes nouvelles …

Alors va-y Macron ! Montre nous que tu es la réincarnation de Saint Simon et que Julliard ne délire pas !

Répondre à ce message

  • Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ? 17 juin 20:56, par Luniterre PRÉCISION UTILE : « Tendance claire » n’a fait que republier dans ses « brèves » un article du « Monde » résumant cette polémique familiale. Les « brèves » de « Tendance claire » ne sont en rien l’expression de sa ligne mais une sorte de compilation éclectique sur les sujets d’actu. Parfois on y retrouve même des articles venant de TML ou des blogs en lien direct avec…Suivant son historique assez précis sur Wikipédia, JM Schiappa est bien un authentique « lambertiste », dans la mouvance de D. Gluckstein, et donc actuellement du POID. Sur le fond, le POID revendique et reprend à l’identique le manifeste du POI… (voir en PJ)Le différend POID/POI semblait donc uniquement porter sur des problèmes de fonctionnement interne entre les deux tendances, également sociales-chauvines dans leur souci de défendre et d’opposer la « République Française » aux institutions européennes, comme revendication préalable, tout à fait à l’instar du PRCF, par exemple.

    Mais même sans ce travers opportuniste assez caricatural, le « programme de transition » de Trotsky est bien la recherche d’une étape intermédiaire où un prétendu « contrôle ouvrier » s’exercerait au sein du système, mais sans en finir avec lui… Une situation de collaboration de classe, même si relativement conflictuelle…

    Alors que par définition une véritable économie de transition est néanmoins une économie de rupture avec le capitalisme et l’économie de marché, et doit utiliser la notion de valeur-travail pour une répartition équilibrée des taches et de la production, en fonction des besoins.

    C’est ce que Marx explique clairement dans la Critique du Programme de Gotha, et ce que Trotsky escamote assez habilement dans ses textes, remettant au premier plan la loi du marché pour régler la production, notamment dans sa critique de l’URSS.

    C’est pourquoi la tendance « Pabliste », fondée par Raptis, présent aux côtés de Trotsky lors de la fondation de la IVe Internationale, serait en réalité la plus « orthodoxe » d’un point de vue historique trotskyste, en revendiquant en quelque sorte la paternité du « socialisme de marché » !

    Mais le réformisme « lambertiste » n’est pas forcément loin derrière !

    Rien à voir, de toutes façons, ni avec Marx ni avec Lénine, sauf, tant qu’à faire, à considérer un Attali comme « marxiste » et un Xi Jinping comme « léniniste »…

    Luniterre

    Répondre à ce message

    • Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ? 18 juin 04:17 Je n’interprète pas le « programme de transition » comme un programme destiné à être appliqué mais comme un outil pour mobiliser les masses sur un ensemble de revendications légitimes , compréhensibles immédiatement malgré l’aliénation et les traditions réformistes – Ce programme doit être totalement inacceptable pour la classe dominante qui , ne cédant strictement rien, déclenche une répression exagérée et une riposte révolutionnaire des masses … Ce qui « transite » c’est donc la conscience des masses qui va du syndicalisme défensif et réformiste à une politisation révolutionnaire … Je crois que le vieux Léon a élaboré ce truc à partir de la théorie du renversement de la praxis – Maintenant il se peut que les lambertrucs ou les pablomachins soient abrutis au point de penser que c’est un programme à réaliser !Répondre à ce message

DERNIÈRE RÉPONSE PROPOSÉE:

Luniterre:

Considéré ainsi, du point de vue du renversement de la praxis, il faudrait donc plutôt accorder le point « marxiste » à Schiappa fille, précisément en relevant le défi du mot d’ordre :

« Un vrai salaire, un vrai travail »

Même si le premier aspect reste « capitalisme compatible », dans le principe, il ne l’est déjà plus, en temps de crise actuelle !

« Un vrai travail » ouvre encore davantage la brèche, si les rares marxistes idéologiquement « survivants » arrivent à lui donner son sens par leur agit-prop programmatique, avec pour but d’ouvrir ce débat basique au sein de la classe prolétarienne.

Ce « renversement », c’est tout simplement ce que ce court article propose, ni plus, ni moins !

Concernant Trotsky et son prétendu « programme de transition », c’est aussi la fonction pédagogique qu’avance le camarade Viriato, pour sa défense, en post sur TML.

Cette fonction « éducative » est effectivement évoquée par Trotsky lui-même, du reste, dans ce texte.

Le problème est que cette fonction est liée à des pratiques qui sont précisément de l’ordre de la collaboration de classe, fut-elle relativement conflictuelle.

Toutes les pratiques de « cogestion », type « contrôle ouvrier », en système capitaliste, sont très facilement récupérable, par définition, par le système. C’est ce que l’on a vu depuis l’origine des syndicats, comités d’entreprises, coopératives, entreprises « autogérées », etc…

Ces formes ne représentent en rien une transition entre capitalisme et communisme, dans la mesure où elles restent immergées dans des rapports économiques de marché.

La question est de savoir, en ce qui concerne le trotskysme, si cela correspondait à un choix délibéré de la part de Trotsky, ou simplement à une suite de formules approximatives de sa part…

Le seul trotskyste (et de plus, un leader historique de cette mouvance) a avoir tenté une approche synthétique de la pensée économique de Trotsky est précisément Michel Raptis {(lien lcr-be en PJ)}, dit « Pablo » et fondateur du courant éponyme, aujourd’hui quasiment disparu et voué aux gémonies « révisionnistes » par les autres courants trotskystes…

Or il ressort clairement de cette synthèse que Trotsky considérait la phase de transition comme un « socialisme de marché ».

Et donc son « programme de transition » n’est pas qu’un « instrument pédagogique », mais bien un objectif politique à réaliser, semble-t-il, dans le contexte de son époque.

Aujourd’hui, les mots d’ordres type « contrôle ouvrier » sont constamment repris par les différentes sectes trotskystes, comme héritage revendiqué de ce « programme ». C’est sous ce rapport que l’on peut effectivement les caractériser comme telles. Le « lambertisme » va même plus loin en se réclamant carrément de la démocratie parlementaire « républicaine », tout à fait à la manière d’un Mélenchon, avec lequel il s’allie bien volontiers, du reste !

En ce qui concerne le rôle « régulateur » du marché, tout à fait à l’instar des libéraux pur jus, Trotsky l’avait en quelque sorte théorisé lui-même, à la fin de sa vie, dans son ouvrage sur le marxisme, à vocation précisément didactique :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

In « Le Marxisme et notre époque », Trotsky, 1939

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Si le trotskysme est bien un « renversement », c’est, d’abord, celui des fondamentaux du marxisme !

Luniterre

IL FAUT CHOISIR !

OU…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Mur n’a que deux côtés (Projet de tract pour le 26 Mai)

MACRON AU PIED DU MUR…

Confronté à la fois aux luttes sociales des cheminots et de nombreuses autres catégories de travailleurs, sans oublier les étudiants, Macron doit également faire face à ses engagements anciens envers l’État sioniste, pour démarrer, en Juin, une saison d’échanges « culturels » avec cet État criminel, alors que les cadavres des 113 victimes de la répression sanguinaire de la Marche du Retour sont à peine refroidis dans leurs linceuls et que des milliers de blessés subiront encore longtemps les séquelles des tirs meurtriers et pour certains, le reste de leur vie.

Indépendamment de ce massacre, cette « saison » était déjà un paravent grotesque pour faire oublier les conditions de vie absolument inhumaines, au quotidien, dans la bande de Gaza, et guère meilleures, dans le reste de la Palestine occupée et emmurée. Déjà dénoncée à ce titre par de nombreuses voix, l’inauguration de cette saison devient maintenant une honte évidente et absolue pour Macron et ses affidés, qui se font par là délibérément complices du crime sioniste permanent. Aujourd’hui, ils sont, quasi littéralement, au pied du mur.

Le Mur n’a que deux côtés…

Le Mur sioniste en Palestine, comme tout mur, n’a que deux côtés, et en inaugurant cette saison, Macron choisit le sien, celui des oppresseurs et des exploiteurs. Pas étonnant, c’est évidemment déjà son camp dans la lutte sociale en France, où il s’est fait le valet de la finance et du patronat, tout comme il se fait celui de l’impérialisme US dans toutes les guerres qui ensanglantent aujourd’hui le monde, en Syrie, au Yémen, etc…

Le Mur n’a que deux côtés, et du côté des victimes du sionisme, du côté de toutes les victimes de l’impérialisme et donc contre ses guerres incessantes, les travailleurs en lutte et tous les humains épris de justice et même simplement des valeurs humanistes supposées de la République, doivent se tenir ensemble, en solidarité avec toutes ces victimes, et aujourd’hui, singulièrement, avec celles du sionisme, à l’occasion de cette kollaboration « culturelle » particulièrement honteuse!

Mettre Macron face à ses responsabilités, au pied du mur, et alors qu’il doit répondre à ses engagements envers les sionistes, c’est déjà ce qu’on fait plus de 8000 signataires, en quelques jours, de la pétition « Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël ».

Oser poser le principe légitime d’une renonciation à cet ensemble de manifestations « culturelles », c’est déjà un premier acte de Résistance, qui en appelle d’autres, au cours des mois à venir, au fil de ces « événements », s’ils sont malgré tout maintenus… On se rappellera, à propos, les « vacances écourtées » du Roi d’Arabie Saoudite, suite à une pétition de 300 000 signatures, commencée pourtant fort modestement…! Evidemment, l’enjeu, ici, à tous points de vue, est encore plus important, mais notre révolte l’est aussi encore davantage, et notre mobilisation doit être en conséquence!

Tribune Marxiste-Léniniste

********************************

« Monsieur le Président de la République, nous demandons l’annulation de la saison France-Israël.

Cette inauguration aura lieu dans un contexte où le droit international dans les territoires palestiniens n’a jamais été aussi bafoué. L’extension des colonies se poursuit et l’ambassade des Etats-Unis a été transférée à Jérusalem. Que la « saison France-Israël 2018 » se déroule dans ces conditions est en soi inopportun, tant il est évident que cet événement participe d’une stratégie visant à redorer le blason d’un État dont la nature annexionniste n’est plus un secret pour personne.

Mais aujourd’hui, il serait inadmissible que cette « saison France-Israël » soit maintenue en dépit du dernier massacre de Gaza.(…)

LE TEXTE COMPLET ET LE LIEN VERS LA PÉTITION:

                                             https://tribunemlreypa.wordpress.com/

2017-2018, d’Octobre à Mai, …en passant par Marx…, 3 anniversaires, un seul combat!

 

 

 

2017-2018 …3 ANNIVERSAIRES…

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

 

 

 

 

… D’OCTOBRE  A  MAI,

 

 

… EN PASSANT PAR MARX !!

.

.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

 

 

 

 

2017-2018, deux années chargées de commémorations symboliques importantes et significatives pour le mouvement ouvrier, ou du moins, ce qu’il en reste… après plusieurs décennies de réaction anti-sociale acharnée de la bourgeoisie, et aujourd’hui encore exacerbée davantage par l’impasse totale de la crise… Pour arracher les derniers lambeaux des concessions faites aux temps de son essor, il lui faut aussi effacer la mémoire des luttes, et sinon, la dénigrer, la criminaliser, pour tenter de justifier sa propre politique criminelle actuelle, manipulant le terrorisme, le sionisme et une cohorte de milices supplétives là où ça ne suffit pas, en plus de ses interventions militaires directes.

La question fondamentale de ces 3 dates, c’est celle d’une alternative au capitalisme, et désormais, plus que jamais, à l’impérialisme, pour la majorité des peuples et des nations, asservies par la finance US.

Ces 3 dates ont évidemment un dénominateur commun, la pensée et l’œuvre de Marx, comme base essentielle de réflexion sur l’origine et sur la nature oppressive de ce système capitaliste-impérialiste.

Ce sont donc à la fois 3 approches de l’histoire concrète et vivante et de la pensée de Marx, non pas figée dans les livres, mais en action sur deux siècles !

Luniterre

 

 

 

Un demi-siècle après Mai 68 : En finir avec

la « gauche » Kollaborationniste

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/

 

 

 

 

« Les rares personnes qui comprendront le système seront soit si intéressées par ses profits, soit si dépendantes de ses largesses qu’il n’y aura pas d’opposition à craindre de cette classe-là  ! La grande masse des gens, mentalement incapables de comprendre l’immense avantage retiré du système par le capital, porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts. »

 

Rothschild Brothers of London, citant John Sherman,

communiqué aux associés, New York, le 25 juin 1863

 

 

Un demi-siècle après Mai 68, la question d’une alternative reste pourtant posée, et plus que jamais, avec la crise systémique…

 

« Ce que le socialisme prolétarien interroge, en réalité, ce n’est pas la forme, plus ou moins démocratique, ni du pouvoir d’État, ni même de la gestion des entreprises, mais la finalité sociale du travail lui-même. (…)

Ce que le socialisme interroge, en fin de compte, c’est la correspondance entre les valeurs d’usages crées par le travail et les besoins sociaux réels et urgents. Cette question, dans un premier temps, celui de la transition, non seulement n’exclut pas, mais implique la notion d’échange d’équivalents entre travailleurs producteurs, même si en tenant compte des besoins sociaux collectifs de l’ensemble de la population, y compris en dehors du secteur productif. Il y a donc là une notion collective d’utilisation de la valeur d’échange, et de la loi de la valeur, donc, telle que définie par Marx, au demeurant, dès les premières lignes du Capital, et telle que reprise dans sa non moins célèbre et controversée Critique du Programme de Gotha.

En dépit de ses litanies et rodomontades marxisantes, c’est donc l’ensemble du discours de la gauche française, même dite « extrême », anarcho-syndicaliste, trotskyste, maoïste, etc… qui se situe en dehors de toute critique réelle et sérieuse du capitalisme, et notamment en dehors de toute critique marxiste. »

 

 

Un demi-siècle après Mai 68, il est plus que temps

d’en revenir aux fondamentaux pour ouvrir enfin

une perspective politique réellement nouvelle et anticapitaliste…

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/

 

 

*************************************

******************

https://tribunemlreypa.wordpress.com    

 

*****************************

*************************************************

1er Mai 2018

1er Mai 2018

**************************************************

Le premier mai n’est pas une célébration, moins encore une fête ni une cérémonie funèbre destinée à faire hommage aux victimes du capitalisme. Ce n’est pas non plus une journée rituelle pour des militants. Le 1er mai, dès ses origines, a été organisé par les directions politiques des travailleurs afin de commencer à donner vie à un mouvement international uni des travailleurs du monde. C’est avant tout une manifestation politique internationaliste conduite et organisée par l’avant-garde politique des travailleurs de l’époque: les Internationales Ouvrières.

Cette volonté internationaliste, inscrite dans la nature même du mouvement ouvrier, a été peu à peu dévoyée par les dirigeants opportunistes sous la pression de la bourgeoisie qui, sans pouvoir la réprimer, fait tous les efforts possibles pour changer son caractère. Notre devoir est de lui rendre sa véritable nature de journée de lutte internationaliste.

 Aujourd’hui le combat mondial des travailleurs, le mot d’ordre que les unit et doit les unir est la lutte consciente et déterminée contre le fléau mondial le plus important et le plus dangereux: l’impérialisme US et ses laquais volontaires ou forcés dont se trouve l’impérialisme français. Les agressions de l’impérialisme US au Moyen Orient, en Syrie particulièrement où il agit par djihadistes et « rebelles » interposés, après avoir détruit la Yougoslavie, l’Irak, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen, fait partie d’un plan concerté, mûrement réfléchi de perpétuation de sa domination mondiale.

 Au Moyen Orient son soutien au régime raciste et criminel de l’entité sioniste permet à celle-ci de massacrer impunément, en ce moment même, le peuple de la prison à ciel ouvert de Gaza, et de continuer ses plans de liquidation de la république syrienne laïque cette fois-ci par le bombardement et l’augmentation de la présence de ses troupes comme de ses supplétifs diverses afin de créer une situation lourde de dangers dans la région.

La défaite de ses supplétifs « rebelles » et djihadistes ne l’a pas encore contraint à lâcher cette proie mais ses secteurs les plus agressifs jettent encore de l’huile sur le feu, créant toutes les conditions pour l’embrassement de la région. Les dirigeants de l’entité sioniste provoquent afin de créer des conditions encore plus difficiles à la conclusion de cette guerre qui à été principalement gagnée par le courage du peuple syrien, de son armée et la ferme volonté de son Président de ne pas céder à la pression impérialiste.

 Cette situation durablement douloureuse n’a été possible que par l’absence d’un fort mouvement internationaliste des travailleurs mais surtout, dans les conditions actuelles, par la trahison ouverte ou cachée de la soi-disant gauche et extrême-gauche de tant des pays, en France particulièrement, où le NPA s’auto-érige en conseiller de l’impérialisme et lui demande d’appuyer et d’armer encore plus les bandes réactionnaires sur place. Quelle honte! D’autres se positionnent « au milieu » tels de modernes Ponce Pilate et soutiennent indirectement l’impérialisme en faisant les dégoutés du leader d’un petit pays qui se bat depuis sept ans, courageusement contre les menées impérialistes contre son pays.

 Macron, s’aligne sur les positions de l’impérialisme US espérant gagner des miettes d’un butin qui s’éloigne à mesure des triomphes de l’armée arabe syrienne, et il s’obstine sans trouver aucune opposition réelle à sa politique d’agression en Syrie, sans que sa presse ne dise un seul mot réaliste des horribles massacres de Gaza, et en poussant des lois contre la classe ouvrière.

 Ce 1er mai, journée de lutte internationaliste des travailleurs manque hélas d’une direction politique internationale. Mais c’est cela la perspective car sans un mouvement concerté et conscient des travailleurs, qui, aujourd’hui, passe par l’opposition aux agissements de l’impérialisme US et de ses supplétifs, soient ils les impérialismes de deuxième ordre, comme la France, ou les sionistes, avant de prendre le chemin de la liquidation du capitalisme et de la construction collective d’une société réellement socialiste dans les pays libérés et, à terme, à l’échelle de la planète.

  Tribune Marxiste-Léniniste         https://tribunemlreypa.wordpress.com/

***************************

En Version PDF:      1er MAI 2018

**************************************************

Un demi-siècle après Mai 68 : En finir avec la « gauche » Kollaborationniste

 https://www.washingtonpost.com/resizer/WpbN0j9T7LvliuZLGRCEbxUwYLM=/480x0/arc-anglerfish-washpost-prod-washpost.s3.amazonaws.com/public/TS4H2K433U7GLOI5OZJQMLHWAU.jpg

 Image associée

Un demi-siècle

après Mai 68 :

En finir avec la « gauche »

Kollaborationniste

 

 

« Les rares personnes qui comprendront le système seront soit si intéressées par ses profits, soit si dépendantes de ses largesses qu’il n’y aura pas d’opposition à craindre de cette classe-là  ! La grande masse des gens, mentalement incapables de comprendre l’immense avantage retiré du système par le capital, porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts. »

Rothschild Brothers of London, citant John Sherman,

communiqué aux associés, New York, le 25 juin 1863.

.

.

Un demi-siècle après Mai 68, encore Marxiste-Léniniste?

Que peut bien encore signifier « être ML » en 2018 ?

.

.

.

1968, ce n’est pas seulement l’année de Mai en France…

Même si les « événements » de Mai 68 resteront en quelque sorte, et pour très longtemps, en France, la « partie émergée » d’un étrange iceberg sur lequel le vaisseau fantôme « Équilibre Mondial » est venu heurter la structure de sa carcasse déjà bien vermoulue…

En réalité, effectivement, le monde de cette époque est déjà miné par une somme de contradictions et d’inégalités qui appelaient à un autre équilibre, sur d’autres bases.

Malgré la croissance encore exponentielle des économies « occidentales », mais plus pour très longtemps, et comme si les peuples de ces nations sentaient déjà la fin de cette ère initialement sensée finir à la fois le siècle et le millénaire dans une apothéose de science et de technologie, une remise en cause de ces « raisons de vivre » traversait toutes les couches de cette société où l’opulence semblait prochainement accessible à tous et pratiquement sans limites…

La gauche française, née et bercée initialement dans les utopies de la fin du XIXème siècle, n’était devenue, formellement et intellectuellement, « marxiste », que par mimétisme, sous l’influence de l’URSS d’avant-guerre, en voie de développement et de construction accélérée, puis sous l’influence, plus symboliquement ambigüe, de la bataille devenue légendaire de Stalingrad. Sans comprendre que ce que les soviétiques avaient défendu avec un tel esprit de sacrifice, ce n’était pas essentiellement la perspective d’une utopie, lucidement lointaine, pour eux, mais bien les vitales conquêtes des premiers pas du socialisme, qui les avait simplement sorti de la misère des isbas, de l’asservissement aux grands propriétaires fonciers, et surtout, finalement, de l’analphabétisme et de l’ignorance.

La véritable base initiale de la Révolution Bolchevique et celle de la gauche française appartenaient déjà depuis longtemps à deux mondes différents, mais les « élites intellectuelles » dirigeantes idéologiques de la gauche française étaient incapables d’assumer ce décalage, autant , et sinon plus, par opportunisme que par manque de lucidité…

C’est déjà cette faillite idéologique que symbolise le célèbre mot que l’on prête volontiers à Sartre :« Il ne faut pas désespérer Billancourt. »

Que le mot soit apocryphe ou non, il résume en même temps tellement bien la faillite de ce « philosophe » et de son monde qu’on ne saurait réellement le lui retirer…

C’était une époque où la gauche intellectuelle française vantait sans complexes les mérites de l’école républicaine et prétendait même encore savoir lire… Elle faisait néanmoins de Marx une lecture essentiellement utopiste, ce qui tendrait à rendre douteuse cette prétention, et généralement, de plus, en se complaisant dans d’interminables débats sur les diverses interprétations byzantines qu’elle en faisait…

A l’occasion, elle pratiquait de la même manière avec les textes de Lénine, espérant préserver par là le lien entre ses chimères utopiques et sa vision « globale » de l’URSS, qui n’était (et n’est toujours …), précisément, qu’une « vision », et « globalisante », de plus, c’est à dire aux antipodes du matérialisme historique et de la dialectique marxiste, en réalité.

Le caricatural « globalement positif », également apocryphe mais pleinement assumé par Marchais en 1979 est à la fois l’aboutissement, (23ème Congrès du PCF), et, très vite, le point de retournement à partir duquel cette même « vision globale » devient tout aussi globalement négative et toujours aussi antithétique du marxisme, mais enfin « globalement » conforme à ce que la bourgeoisie française attendait de son aile gauche…

Le « globalement positif » est significatif en ce qu’il précède de peu l’intervention armée de l’URSS en Afghanistan. 1979 est donc aussi le début du reflux des luttes de libération nationales du tiers monde, qui formaient, à l’échelle mondiale, une vaste zone d’influence de l’URSS et une résistance encore farouche au déploiement de l’impérialisme US et de ses valeurs financières et sociétales.

Quel rapport avec 1968 ?

1968 commence avec l’offensive du Têt au Sud-Vietnam. Un échec militaire mais transformé en réussite politique par son impact psychologique, essentiellement sur l’opinion public occidentale…

En réalité, c’est le tournant décisif de cette guerre, une des plus emblématiques de la deuxième moitié du XXème siècle. Elle marque un moment important de l’indécision du rapport de forces dans ce que l’on appelle encore la guerre froide.

Dans son rapport avec la gauche française le statut du rôle de l’URSS n’a sans doute jamais été aussi ambigu. Mai 68 se trouve placé, chronologiquement, entre cette offensive spectaculaire des « communistes » nationalistes vietnamiens et l’intervention de l’URSS et des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, en Août de la même année. Si l’offensive du Têt marque essentiellement par la détermination des combattants assaillants au Sud-Vietnam, en révélant la vulnérabilité de l’Empire US, la nécessité de mobiliser aussi massivement ses troupes pour sauvegarder son influence en Europe de l’Est marque en parallèle la vulnérabilité de l’infrastructure soviétique à cette même époque, déjà. En prétendant la réformer, Khrouchtchev en avait déjà sapé les fondamentaux et Brejnev ne faisait que tenter de limiter cette désagrégation sans pour autant revenir aux fondamentaux. Dubcek à Prague ne faisait que renouveler le réformisme khrouchtchevien et anticiper, en quelque sorte, la perestroïka… C’est à dire une désagrégation encore plus complète des derniers restes d’une économie planifiée et son glissement délibérément organisé d’un capitalisme bureaucratique d’Etat déclinant vers le libéralisme économique « à l’occidentale », même si dans une version hypothétiquement « sociale-démocrate ».

Mai 68 en France, tout comme, à l’échelle internationale, l’ensemble de la révolte de la jeunesse et le resurgissement du mouvement ouvrier, se situe en quelque sorte au point d’un équilibre mondial précaire dont les deux protagonistes essentiels, USA et URSS, sont eux-même à la fois autant sur la défensive qu’à l’offensive et fragilisés par la nécessité même de leurs propres mouvements contradictoires.

Tout était sans doute possible, à cette époque, mais encore fallait-il en avoir une conscience claire. Les contestataires en apparence les plus radicaux de l’époque n’en avaient, au mieux, qu’une conscience instinctive et éventuellement obscurcie par l’usage de psychotropes diverses nouvellement en vogue… Pour ce qui est d’une partie encore relativement marginale de la gauche française, un désir réel et puissant de subversion suffisait, le plus souvent, comme élixir…

Mais avant de creuser dans les motivations confuses et contradictoires des contestataires français, arrêtons nous encore un instant sur ce lien qui semble unir non seulement 1968 et 1979, mais aussi 1979 et notre présente époque…

En 1979 les américains avaient déjà intégré la « leçon du Vietnam », et compris que malgré leurs énormes moyens matériels ils étaient incapables de gagner frontalement une guerre réellement populaire.

En Afghanistan, on sait maintenant qu’ils avaient déjà réussi à introduire et manipuler les premiers spécimens de ceux qui allaient devenir les djihadistes répandant aujourd’hui la terreur à travers le monde… L’intervention russe était donc déjà une première tentative d’enrayer ce fléau, en réalité, et les cris d’orfraies des occidentaux, même et surtout des « intellectuels » de gauche, n’étaient déjà que le reflet de leur cécité en matière d’analyse politique.

Ce qui avait remis en cause le rapport de force avec les USA durant le quart de siècle précédent, ce n’était pas le « socialisme » en URSS, qui n’était plus qu’une coquille bureaucratique dans laquelle nichaient les Bernard-l’Hermite brejneviens et autres, mais le développement intense des luttes de libération nationales dont l’URSS était encore la seule base arrière réelle, suite à la défection de la Chine, en voie de passer du côté US, malgré ses rodomontades maoïstes gauchisantes.

Comprendre que la bourgeoisie nationale bureaucratique en URSS ne défendait plus le socialisme mais continuait néanmoins une forme importante de résistance nationale et internationale anti-impérialiste, c’eut été, de la part de la gauche, en France et ailleurs, du reste, simplement faire preuve de lucidité, et devant cette évidence réaliste, un moyen d’adapter sa stratégie, sans cultiver de non-dits, recouverts d’une phraséologie à double sens, hypocrite et alambiquée.

Passant du mythe « globalement positif » qui assimilait de façon idéaliste l’histoire de l’URSS à une seule phase, celle du socialisme, à une légende noire, celle du « globalement négatif », qui reprenait exactement tous les poncifs classiques de l’anticommunisme, la gauche française condamnait donc aussi, en réalité, le socialisme.

Bien évidemment, cette analyse eut été déjà à faire, non seulement en 1968, déjà, mais dès la fin des années 50, en réalité.

A travers les débuts du djihadisme en Afghanistan, on vient donc également d’aborder le lien entre cette époque et la notre, mais à propos du rôle de la Russie actuelle, celle de Poutine, on y reviendra, nécessairement, pour comprendre le fil qui la relie donc aussi bien à 1979 qu’à 1968, de par le fait.

Ce qui marque le contexte de Mai 68 c’est en quelque sorte une session de rattrapage brutal de la jeunesse française par rapport à l’anglo-saxonne, déjà fortement en ébullition « radicale » depuis quelques années.

En 1968 c’est donc essentiellement la jeunesse d’un occident gavé qui s’interroge, assez massivement, sur ses raisons de continuer à vivre le modèle « consumériste » et l’ « american way of life »…

Si la lutte pour la paix au Vietnam est évidemment un aspect emblématique de la contestation aux USA, c’est, plus simplement, le rejet des carcans archaïques autoritaires de l’époque qui sera le déclencheur en France.

Cet aspect anti-autoritaire se retrouvera largement dans le déclenchement de la grève ouvrière, qui, après un 13 Mai massif mais relativement encadré va prendre de court les syndicats et les déborder, dans un premier temps.

Néanmoins, il faut bien comprendre que, même dans un contexte préalable d’essor économique, de nombreuses inégalités et injustices sociales subsistaient, et restaient nécessairement mal vécues, à la base. Révolte anti-autoritaire et revendications sociales entraient donc soudainement en synergie, bousculant les bureaucraties syndicales, qui se voyaient dépossédées de leur rôle accepté de longue date comme entremetteuses sociales en quelque sorte…

Elles se trouvaient donc confrontées à la nécessité de faire à la fois de la « récupération » syndicale au niveau revendicatif et de la « récupération » politique pour endiguer ce flot d’anti-autoritarisme qui menaçait de les emporter complètement.

Toute l’ambiguïté du rôle des syndicats en France, entre action revendicative et lobby d’influence politique, était déjà posée là de manière urgente à l’époque, et même si les conditions et les termes ont changés, cette ambiguïté reste le syndrome des bureaucraties syndicales actuelles. Même délestées de l’essentiel de leurs troupes militantes et de la plus grande partie de leur influence directe, elle restent un levier indispensable au système pour tenter de légitimer ses « réformes » et ses multiples formes de reculs sociaux autrement que par la seule force de la loi imposée.

Si l’idée du retour à un syndicalisme de lutte de classe n’a pas fait florès depuis, le fait de tolérer ce genre de tendance dans leurs rangs permet aux bureaucraties syndicales de se farder d’un rouge assez pâle mais suffisant pour se présenter comme interlocutrices « légitimes » des luttes locales qui pourraient encore les déborder, et notamment celles qui prennent de plus en plus souvent un tour désespéré, engendré par la seule durabilité réellement en cours de développement, celle de la crise. Au moment même où ces lignes étaient écrites Muriel Pénicaud, Ministre du Travail, faisait une éloge appuyée de Jean-Claude Mailly, leader syndical FO en fin de mandat, en proclamant haut et fort, et manifestement avec intention, vu l’écho dans la presse aux ordres : « On a besoin des syndicats ! » http://www.francesoir.fr/actualites-france/penicaud-besoin-des-syndicats

Pour en finir avec le chapitre des syndicats, il ne faut évidemment pas en conclure que toute activité syndicale est nécessairement contre-révolutionnaire, mais que l’utilisation de la forme syndicale du mouvement ouvrier, une de ses conquêtes les plus basiques, dépend entièrement du contexte politique, lui est soumise, et ne le commande pas. Son rôle dépend du rapport de force. Elle peut être un premier pas en avant dans un contexte où il n’existe pas d’autre moyen d’expression, mais, politiquement, elle ne devient « révolutionnaire » que dans un contexte qui l’est déjà et généralement pas à l’avant-garde du mouvement, qui, précisément et par définition, ne peut qu’être politique. A terme, substituer un syndicat à l’organisation politique de masse des travailleurs, c’est lui faire remplir une fonction organisationnelle étatique qui est précisément l’antithèse de son rôle initial. Cette contradiction absolue est celle de l’anarcho-syndicalisme, une maladie ancienne et chronique de la gauche française.

Mais au delà de la forme, syndicale ou non, le débat des motivations du mouvement ouvrier en Mai 68 se trouve donc posé entre plus de consumérisme ou contestation du consumérisme. Il ne fait pas de doute que pour les catégories ouvrières les moins qualifiées et les moins payées, les « ouvriers spécialisés », la motivation d’améliorer leur niveau de vie est la première à entrer en ligne de compte. En un sens, c’est aussi, et même d’abord, plus d’accès à la société de consommation, alors encore en plein essor. En même temps, si le prix à payer est toujours plus de soumission au système qui les opprime déjà, la question des conditions de vie au travail se trouve également posée et le rapport à l’autoritarisme de l’encadrement technique et patronal aussi. L’idée d’un autre type de rapports sociaux dans l’entreprise surgit donc comme un corollaire assez naturel, dans ce contexte, des revendications purement matérielles. Mais, spontanément, il n’y a pas de perception globale de cette problématique, et donc une relative séparation de la notion de pouvoir politique étatique et de pouvoir dans l’entreprise. Cela laissait donc de la place pour le développement, au moins dans l’imaginaire populaire, de conceptions sociales utopiques localistes, et parmi celles-ci, l’autogestion, qui était donc reprise par les tendances réformistes de la gauche politique et syndicale, PSU, CFDT, gauche du PS , ensuite, se parant ainsi d’une nouvelle image de contestation sociale, tout à fait apte à récupérer les espoirs nés de la grève générale. Cette duplicité des illusionnistes de la gauche réformiste, secondés par la renaissance de l’anarcho-syndicalisme organisé, est une des plus efficaces parmi les manœuvres de récupération politique qui ont mené à l’ « alternance » Mitterrandiste en 1981. Le fait que la transformation des rapports sociaux dans l’entreprise n’avait pas de sens en dehors d’une transformation des rapports économiques et des rapports de production à l’échelle de l’ensemble de la société était largement escamoté par la plupart des intervenants politiques de ce temps.

Malgré l’ébauche d’une remise en cause du consumérisme, c’est la finalité sociale globale du système de production, dans sa réponse ou non-réponse aux besoins sociaux réels, qui n’est tout simplement pas réellement remise en cause, en dépit de l’influence supposée dominante d’un très formel « marxisme » dans la gauche française.

Le « gauchiste » moyen débat des éventuelles formes que pourrait prendre le pouvoir ouvrier, localement ou à l’échelle nationale, et même internationale, de ses formes plus ou moins démocratiques, conseil, syndicat ou autre, il discute doctement de savoir si elles correspondent ou non à la conception marxiste de la dictature du prolétariat, et même de savoir s’il faut conserver ou rejeter cette conception, mais il oublie que l’essentiel est dans le contenu social et économique du programme et non dans les formes.

Au mieux il a sa liste de « mesures » d’un réformisme plus ou moins démagogique ou « radical », genre « répartition des richesses » (… du capital), à la fin desquelles il glisse comme certificat final de « marxisme » une ou deux lignes sur la « socialisation des moyens de production », mais la finalité sociale de l’ensemble du processus de production n’y est jamais autrement définie ni remise en question.

Or si elle ne l’est pas, ou même simplement pas avec suffisamment de précision, en rapport des besoins sociaux les plus élémentaires, c’est la loi du marché qui s’imposera toujours, même si les secteurs essentiels de la production sont tous nationalisés. Et l’on ne s’éloigne donc toujours pas d’une conception économique capitaliste, en réalité.

La véritable « socialisation des moyens de production » n’est pas simplement une forme de collectivisation plus ou moins démocratique ou plus ou moins étatique.

Ce que le socialisme prolétarien interroge, en réalité, ce n’est pas la forme, plus ou moins démocratique, ni du pouvoir d’État, ni même de la gestion des entreprises, mais la finalité sociale du travail lui-même.

Le mythe de l’ « autogestion » opposée au « socialisme «étatique » est particulièrement emblématique et symptomatique de ce faux débat qui a traversé la gauche française depuis Mai 68 et a rendu son discours inaudible et inopérant en regard des problèmes sociaux réels engendrés par la crise, concrètement inaugurée, en réalité, dès le début des années 70 et le premier « choc pétrolier », son premier symptôme spectaculaire.

La finalité « démocratique » de l’autogestion ne change rien au cadre général dans lequel se situe l’entreprise, ni son rapport à l’ensemble des autres entreprises et de la société, car il ne l’extrait nullement de la logique du marché, de la loi du marché, et en aucun cas elle ne saurait le faire, du reste, sans se nier elle-même, et d’abord dans son principe d’autonomie de gestion.

En commençant à donner une finalité sociale et non marchande au travail et à l’entreprise, le socialisme contraint nécessairement la gestion des entreprises à s’inscrire dans un plan collectif de correspondance entre le travail et les besoins sociaux définis collectivement, et il limite donc l’autonomie de gestion des entreprises en les extrayant totalement de la logique du marché pour satisfaire ces besoins sociaux urgents, indépendamment des valeurs de marché, devenues caduques, tant au sens littéral qu’au sens figuré et « culturel » du terme, alors qu’une entreprise réellement autonome et « autogérée » ne peut évidemment sortir du cadre de ces valeurs sans se condamner elle-même, pratiquement, à la faillite à brève échéance.

La situation n’est pas tellement différente pour une « socialisation » ou « collectivisation » conçue comme un ensemble de « nationalisations » étatiques, avec ou sans indemnisation des capitalistes.

Ce que le socialisme interroge, en fin de compte, c’est la correspondance entre les valeurs d’usages crées par le travail et les besoins sociaux réels et urgents. Cette question, dans un premier temps, celui de la transition, non seulement n’exclut pas, mais implique la notion d’échange d’équivalents entre travailleurs producteurs, même si en tenant compte des besoins sociaux collectifs de l’ensemble de la population, y compris en dehors du secteur productif. Il y a donc là une notion collective d’utilisation de la valeur d’échange, et de la loi de la valeur, donc, telle que définie par Marx, au demeurant, dès les premières lignes du Capital, et telle que reprise dans sa non moins célèbre et controversée Critique du Programme de Gotha.

En dépit de ses litanies et rodomontades marxisantes, c’est donc l’ensemble du discours de la gauche française, même dite « extrême », anarcho-syndicaliste, trotskyste, maoïste, etc… qui se situe en dehors de toute critique réelle et sérieuse du capitalisme, et notamment en dehors de toute critique marxiste.

Aujourd’hui comme hier, l’ « anticapitalisme » de la gauche française n’est qu’une phraséologie gauchisante de pacotille, mais du moins la gauche de la fin des des années 60 avait-elle fait sa part dans le travail de rejet de l’interventionnisme US au Vietnam et elle avait donc contribué à ce que le rapport de force dans le monde penche en faveur des luttes de libération nationale, et notamment contre l’impérialisme US. Elle avait donc joué au moins en partie son rôle internationaliste et anti-impérialiste, et contribué, même si sans une conscience suffisamment claire, à ouvrir la brèche qui allait craqueler la structure du système à l’échelle mondiale, et avec un point particulièrement chaud en France, en Mai 68.

Bien entendu, et tout comme aux USA, et notamment dans le mouvement de la jeunesse, l’essentiel de ce mouvement était le pacifisme, et non un soutient actif aux luttes de libération, sauf de façon très marginale. Néanmoins, le refus de combattre, de la part de la jeunesse US, exigeait déjà un très grand courage et contribuait directement à l’évolution du rapport de forces, sur le terrain.

C’est la somme de toutes ces révoltes qui a eu une importance stratégique et contribué à établir un lien entre anti-impérialisme et anticapitalisme, même si de façon indirecte et non réellement consciente. Il y avait assez souvent une synchronicité des deux aspects de la contestation sans que cela soit de propos délibéré une stratégie, et encore moins, une méthode d’agit-prop basée sur une synergie, qui s’établissait pourtant, de fait.

Aujourd’hui, un demi-siècle après, non seulement le lien entre anti-impérialisme et anticapitalisme n’est toujours pas établi, même de façon approximative, y compris dans les vagues restes du mouvement ML, mais la notion même d’impérialisme est devenue tout à fait subjective et sans aucun rapport avec sa définition marxiste-léniniste d’origine.

Au delà de protestations « pacifistes » de pure forme et sans aucune conséquence militante concrète, chacun, chaque secte et groupuscule décrète « impérialiste » le pays qu’il veut voir défait dans les conflits en cours, au gré de ses intérêts et des alliances qu’il espère nouer, de quelques subsides circulant éventuellement en dessous de table, et en dehors de toute analyse basée sur des critères d’appréciation économique et financière réels, de données réelles correspondant à la définition basique de l’impérialisme.

Il est vrai qu’à l’époque le mouvement maoïste avait déjà bien inauguré ce bal des masques réversibles en créant le concept de social-impérialisme soviétique qui lui permettait de jouer provisoirement sur plusieurs tableaux, feignant, à partir d’un hypothétique « non-alignement », une fausse neutralité qu’il espérait transformer en nouveau leadership du tiers-monde, avant de passer avec armes et bagages dans le camp US, ce qu’il fit dès le début des années 70, mais sans entrainer le retournement général espéré…

Ce retournement spécifique de la Chine, à lui seul, néanmoins, déjà préparé par les luttes de factions internes au PCC, sous le masque grotesque de la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne », avec également un tournant essentiel en 1968, est néanmoins une grande victoire stratégique des USA, aux « bons soins » du Dr Henry Kissinger, et amorce la reprise de contrôle de la situation mondiale par l’impérialisme US.

Il est à noter que la seule révolte prolétarienne réelle en Chine « socialiste », le seul moment d’un éphémère pouvoir prolétarien, celui de la Commune de Shanghai, se termine en Avril 1968, écrasée par l’armée alors contrôlée par Lin Biao, et sur ordre de Mao, alors que la jeunesse maoïste française des beaux quartiers parisiens commence à peine à jeter sa gourme à Nanterre et au Quartier Latin. Mao est, en Mai 1968, quarante ans après Tchang Kaï-chek, le plus grand massacreur de la classe ouvrière de Shanghai…

Compte tenu de la difficulté de circulation des infos entre la Chine continentale et l’occident, à l’époque, on veut bien admettre que ce fait ne fut pas immédiatement saillant pour les maoïstes français en Mai 68. Néanmoins, la remise en ordre générale sous la tutelle de l’armée était tout à fait officiellement annoncée. Ainsi que l’envoi « à la campagne » des gardes rouges, pour une durée à priori indéterminée…

Trois ans plus tard, la véritable nature des accords Chine-USA, sous l’égide de Nixon, ne pouvait être tenue pour une simple « entrevue diplomatique de reconnaissance », compte tenu des premières mises en vente à la bourse de Hong Kong de titres sur les entreprises chinoises continentales. C’était bel et bien la mise en place d’une affaire juteuse pour les deux parties et le début de la mutation de la bourgeoisie « nationale » maoïste du PCC en une bourgeoisie néo-comprador, entièrement vendue à l’impérialisme US, indépendamment de ses luttes de fractions internes. Ce fait, encore peu connu aujourd’hui, était pourtant, même à l’époque, facilement accessible, en termes d’infos, pour nos « dirigeants » maoïstes français, essentiellement issus de la bourgeoisie et proches des milieux d’affaires, dans leurs contextes d’origine.

Mais la duplicité de ces « dirigeants », en France, n’était précisément qu’un pâle et morbide reflet de celle de Mao Zedong lui-même, et dès lors que la base militante en France ébauchait réellement l’amorce d’une résistance prolétarienne anticapitaliste et anti-impérialiste, en opérant notamment une fusion avec la solidarité populaire pour la lutte de résistance palestinienne, leur stratégie manipulatoire et putschiste se trouvait en échec, la lutte échappant à leur contrôle, et il leur fallait la casser rapidement pour réintégrer à temps le giron de leur classe d’origine.

Bien entendu il n’existe pas de catégorie réellement définie pour ce genre de pratique politique manipulatoire, mais la génération des « gardes rouges » quasiment déportée pour plusieurs années en Chine s’est trouvée sacrifiée sur l’autel des règlements de comptes entre factions maoïstes et l’on pourrait légitimement définir ce fait comme un « génocide générationnel », même si la violence y est plus psychique que physique. Pas de telle contrainte, en France, mais les quelques éléments populaires et prolétariens qui ont servi de masse de manœuvre « militante » à ces manipulateurs se sont trouvés tout autant rejetés par le mépris et le cynisme de ces « gosses de riches » ayant juste fini de jeter leur gourme. La violence de la désillusion, la marginalisation et le suicide devenait au mieux, pour les manipulateurs, un sujet d’étude sociologique, sinon carrément l’amorce d’un business spectaculaire marchand.

Il ne s’agit pas ici de stigmatiser particulièrement la « trahison » des « dirigeants inspirés » de telle ou telle tendance, maoïste ou autre, qui n’ont fait qu’agir selon leur véritable nature de classe, mais bien de comprendre que le réalignement de plus en plus formel et généralisé qui gagne, à partir du début des années 70, l’ensemble de la gauche française en faveur de l’impérialisme US et du sionisme, s’enracine en réalité profondément dans les carences de la critique qui en avait été précédemment formulée, aussi virulente et radicale qu’elle ait pu paraître, dans sa forme.

Il ne s’agit pas non plus, à l’occasion de ce cinquantenaire, de refaire un exposé des principes de base, mais au moins de bien montrer jusqu’à quelle dérive aussi absurde et systématique, et surtout, ultra-réactionnaire, leur « oubli » a pu mener la gauche française. Le fait est, basique et malgré tout nécessaire à rappeler, que l’impérialisme n’est pas un phénomène « extérieur », comme une sorte de « supplément d’âme » particulièrement noir, du capitalisme, mais bien une évolution logique et incontournable de sa nature profonde, reposant sur la domination, tout aussi logique et incontournable, du capital financier et spéculatif, et sur sa capacité à asservir d’autres nations et d’autres peuples en captant leurs ressources et le fruit de leur travail par l’exportation massive de capitaux. L’utilisation de la force militaire n’étant qu’un corollaire fréquent mais ni indispensable ni symptomatique par lui-même. Le nombre de pays qui sont réellement des pôles financiers d’envergure mondiale et exportateurs massifs de capitaux reste en réalité assez restreint et n’évolue que très peu, d’une époque à l’autre, même à un demi-siècle d’écart, et aucune confusion ne devrait être possible, en dehors de la cécité volontaire des « idéologues » stipendiés de la gauche au service du système. Les rapports de force à l’échelle mondiale ont certes évolué en passant par diverses phases caractéristiques, mais si l’ouverture et la « compradorisation » du marché chinois a permis le rétablissement de la suprématie US, elle n’a fait qu’accentuer la vassalisation des autres acteurs majeurs, France, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, au suzerain USA.

Dans un deuxième temps, la constitution d’un capital financier chinois suffisamment autonome a permis à la Chine de se poser aujourd’hui en challenger N°1 de l’impérialisme US, loin devant les quatre vassaux principaux, qui le restent donc, plus que jamais. En un demi-siècle la physionomie économique et sociale de la planète a certes considérablement évolué, mais pas au point d’être méconnaissable pour un hypothétique « voyageur temporel »… Sur ce plan, le surgissement de la Chine est l’événement majeur, tandis que l’effondrement du capitalisme national-bureaucratique en Russie et en Europe de l’Est n’a fait que renforcer la domination US sur ce continent.

Après une brève période de « compradorisation » chaotique, la Russie tente, ni plus ni moins, que de reconstituer son capital national, sans y parvenir encore de manière efficace, et donc encore très loin d’approcher le stade impérialiste, évidemment, et cela quoi qu’en disent les phraseurs de la gauche française, même « extrême », et larbins plumitifs du système.

Cette réalité est ce que nous révèlent les relents de « guerre froide » qui parcourent à nouveau le monde, et semblent à s’y méprendre constituer un tragique « remake » de l’époque, et sans même l’illusoire notion de « coexistence pacifique »… !

La différence réelle et profonde étant donc l’apparition du challenger chinois pour la domination économique et financière, tandis que la Russie constitue à nouveau le pôle de résistance des nations qui refusent la soumission à l’impérialisme, mais délesté de la plus grande partie de sa zone d’influence diplomatique et géostratégique, qu’elle tente donc de reconstituer. L’alliance Russie-Iran constitue pratiquement, et également sur le terrain, une quasi-ligne de front entre les nations et les peuples qui refusent la soumission et les régimes vassalisés, néo-colonisés et compradors diverses. Cette ligne de front est aujourd’hui une ligne de rupture et de fracture géostratégique entre l’ensemble de ces peuples et nations et l’impérialisme US. Cet ensemble comprend notamment la Nouvelle Russie (Donbass), la Syrie, la Palestine, le Yémen.

L’ensemble des nations refusant actuellement le diktat de l’impérialisme US est particulièrement hétéroclite en raison des différentes vagues d’agressions impérialistes et de tentatives de résistance dont elles sont en quelques sorte les survivantes. Même si la mémoire de l’URSS reste un fond diffus dans l’arrière plan culturel et idéologique de nombre de ces nations, ce n’est jamais que l’héritage de la bourgeoisie nationale bureaucratique de l’époque Khrouchtchev-Brejnev, et non celui de la période socialiste de l’URSS, et il n’y a donc aucune nostalgie à cultiver envers de chimériques “rescapés du camp socialiste”, ce qui ne serait qu’un nouveau concept idéaliste globalisant et confusionniste, favorisant uniquement les manipulations et les intérêts du nouvel impérialisme chinois.

La plupart de ces régimes reposent sur une alliance de la bourgeoisie nationale, de la petite-bourgeoisie et très rarement, avec la participation d’une partie de la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre, mais qui n’en sont jamais une avant-garde réellement constituée. Il n’y a donc pas d’ambiguïté idéologique à cultiver, et ces régimes doivent être caractérisés pour ce qu’ils sont, et soutenus pour ce qu’ils sont, et uniquement dans la mesure de leur résistance à l’impérialisme.

Bien évidemment, l’attention première des anticapitalistes et anti-impérialistes conséquents doit se porter sur la constitution d’organisations d’avant-garde prolétarienne et sur le soutient aux très rares qui existeraient encore. Mais dans la situation de carence actuelle sur cet objectif en France et dans la plupart des pays, ne pas soutenir clairement, ouvertement et activement, sur le plan politique, la résistance des nations en lutte contre l’impérialisme n’est pas seulement un déni formel de tous les principes de lutte, mais une attitude de Kollaboration objective, et même de Kollaboration active, dans les faits.

Ce ne peut être que dans une dynamique générale de lutte contre l’impérialisme que peut renaitre le mouvement ouvrier, en France, en Europe et ailleurs. Un demi-siècle après, c’est l’une des leçons essentielles de Mai 68, et l’une de celles qui n’a toujours pas été “comprise” par la gauche française, même dans ses composantes supposées “extrêmes” et soi-disant “marxistes-léninistes”.

Mais au bout d’un demi-siècle, “incompréhension” n’est sans aucun doute nullement le terme adapté en ce qui concerne la plupart des responsables politiques de la gauche française et de son fiasco permanent, qui ne fait que s’approfondir au fil des générations et des luttes, en fait de “révolution permanente” telle que sporadiquement remise au goût du jour par les trotskystes, dont c’est l’une des prétentions idéologiques d’origine.

Emblématique de ce type d’attitude Kollaborationiste, celle du NPA et de son porte-parole médiatique, Olivier Besancenot. Après avoir ouvertement soutenu l’agression impérialiste en Libye, avec le résultat que l’on connait, à savoir, avec le retour de l’anarchie capitaliste primitive, du chaos et de la violence, celui de l’esclavagisme, Besancenot et le NPA “remettent le couvert” pour le dépeçage de la Syrie et vont même jusqu’à se poser en quasi-”conseillers politiques” de l’interventionnisme impérialiste en préconisant plus d’armement pour les factions militaires qui ont enclenché le processus de “guerre civile”, en réalité déjà manipulés et téléguidés par leurs commanditaires occidentaux. S’il prétend affirmer quelques doutes sur les récents bombardements impérialistes, ce n’est pas sur l’indépendance bafouée de la nation syrienne que porte son indignation, mais sur l’effet “contre-productif ” de ces frappes pour les intérêts occidentaux:

« On est dans cette situation où aujourd’hui on va avoir une déstabilisation supplémentaire de la région et qui risque finalement paradoxalement de rendre un grand service à Assad, c’est à dire de solidariser une partie de sa population sur le thème de l’anti-impérialisme”

Tout comme les autres intervenants au service de ces criminels, il est incapable de comprendre que la défaite de l’impérialisme est déjà consommée, pour l’essentiel, en Syrie, et que ces frappes d’arrière-garde ne visent qu’à en ralentir la libération totale et à sauver la face des assassins stipendiés par le capitalisme financier international. Mais Besancenot affirme donc sans vergogne savoir mieux que les impérialistes ce qui serait encore bon pour eux !!

Difficile de descendre plus bas dans l’échelle de la duplicité…

Besancenot n’était certes pas encore né en 1968, mais toute son évolution politique, comme celle de son parti NPA, reflète la dérive générale de la gauche française, inaugurée avec les faux débats de l’après-Mai 68, évitant soigneusement la remise en question de la finalité sociale du travail, susceptible de saper la base idéologique et économique du capitalisme et de l’impérialisme.

Assez logiquement c’est ce genre de “leader” que les médias du système mettent en avant comme “représentatif” des mouvements de contestation sociale en 2018, à l’approche du cinquantenaire de Mai 68. On comprend aisément pourquoi…!

La structure du capitalisme financier était ébranlée, en 1968, tant par les contradictions internes de la dynamique expansionniste du dollar que par le surcoût et l’inefficacité de la guerre impérialiste, double syndrome aboutissant à la liquidation des accords monétaires de Bretton Woods, en 1971. Au même moment, le retournement de la Chine est venu apporter un très gros ballon d’oxygène à l’impérialisme US, mais aujourd’hui il menace de lui éclater à la figure et la crise financière de 2008 n’a trouvé que des solutions palliatives fragilisant durablement la structure du système. La multiplication des guerres par procuration est le seul moyen réel de survie du capitalisme financier, à l’heure actuelle, et le seul moyen qu’il a de se relégitimer, par le truchement du développement “incontrôlé” du terrorisme.

Faire le choix de soutenir politiquement et activement les luttes anti-impérialistes en cours, c’est le seul point de départ possible pour la renaissance réelle des luttes anticapitalistes et le début de construction d’une alternative.

Luniterre

AVRIL 2018 : La situation actuelle et le rôle des Marxistes-Léninistes

.

.

.

.

En quelques mots…

La situation actuelle

et le rôle des Marxistes-Léninistes

 

 

Suite à la republication de l’article de l’OCF sur le mouvement social, assortie de notre critique sur le manque le lien avec les luttes anti-impérialistes actuelles.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/09/l-anti-macronisme-un-nouveau-style-branche/

PDF : OCF – Avril 2018 – Sur le mouvement social en France

La situation actuelle confirme de manière encore plus éclatante que l’on ne peut séparer les questions sociales locales de la politique impérialiste internationale.

Il est évident que Macron utilise toutes les complicités possibles dans la « gauche », même et surtout « extrême », pour empêcher que ce lien se concrétise par un rejet réel et profond de sa politique globale et donc du système.

Cela est donc logiquement le rôle et même le devoir des ML de faire apparaître ce lien pour ce qu’il est, le fil fondamental de la politique du système. C’est ce qui devrait marquer la force et la différence politique des ML, même si c’est à très petite échelle, pour commencer.

Faire apparaître ce lien, ce n’est pas se contenter de protestations formelles contre la logique de guerre, mais bien de faire comprendre que le soutien politique réel aux luttes actuellement engagées par l’axe des résistances nationalistes au Proche-Orient, essentiellement, et au Donbass, aussi, c’est le moyen d’affaiblir le front politique des impérialistes, dans lequel le « nôtre » occupe une place importante.

C’est donc le moyen de l’affaiblir également, de modifier le rapport de forces politiques en France, et d’y faire reculer l’influence des réformistes et des Kollabos « de gauche » qui refusent absolument, quant au fond, la solidarité avec ces luttes et cautionnent, soit directement, soit hypocritement, mais à peine masqués, les tentatives impérialistes d’écrasement de ces luttes.

Avec une campagne d’agit-prop claire sur ce thème, même les « doubles jeux » du type « USA-Russie, tous impérialistes » se trouveront démasqués et obligés de dévoiler leur confusionnisme sur le fond, et se trouveront donc en position défavorable face aux critiques justifiées des ML.

C’est maintenant, quand l’actualité plus que brûlante nous offre une tribune potentielle avec une portée fondamentale qu’il faut agir.

Au lieu de cela, on ne voit rien, sinon le ron-ron des formules habituelles ne masquant même pas l’impuissance, le plus souvent complaisante, des diverses sectes et groupuscules supposés d’ « extrême-gauche », et même « ML » pour quelques uns.

L’OCF, par contre, a fait preuve d’une certaine lucidité en publiant son article sur le mouvement social, mais le lien avec les luttes anti-impérialistes actuelles reste à faire.

L’OCF a donc là une occasion réelle de faire la preuve de son existence politique, et même, éventuellement, de commencer à devenir opérationnelle et d’engendrer une dynamique constructive.

Dans la mesure où elle semble être le dernier réduit du mouvement ML organisé en France, beaucoup repose sur la suite de son évolution, après la publication de son constat lucide sur le mouvement social.

Luniterre