solydairinfo

Pour le 1er MAI, un projet de tract proposé en débat par TML…

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Pour le PREMIER MAI,

un projet de tract à débattre…

Avis, critiques et propositions d’initiatives à communiquer par voie de commentaires ou directement par e-mail à:

tml-info@laposte.net

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Un Premier Mai consacré à la lutte  

contre l’impérialisme et le danger de guerre

Pendant des décennies Les USA ont fait d’excellentes affaires avec la Chine, en la laissant inonder la planète, et notamment l’Europe, de leur production, et en accaparant les principaux flux de capitaux, au détriment de tous les autres, sauf quelques grosses miettes pour la bureaucratie chinoise.

Mais ce système faisant de la Chine « l’usine du monde » est déjà arrivé à saturation. D’autre part, les chinois veulent récupérer un bout plus grand de la manne financière, et les USA ne peuvent pas le supporter, et d’autant moins dans le contexte actuel de crise.

Avec Trump, une faction des capitalistes US a tenté d’instrumentaliser la Russie contre la Chine, mais ce changement de stratégie n’a pas plus ni à la CIA, ni au complexe militaro-industriel US et une majorité anti-Trump s’est formée au sein même de l’administration US, obligeant Trump à faire volte-face pour continuer et même renforcer l’ancienne politique de confrontation aussi bien contre la Russie que contre la Chine.

C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre toutes les attaques de ces derniers mois, y compris « terroristes » en Russie, et les frappes US en Syrie, supposées en « représailles », mais sans aucune preuve réelle.

Et ce n’est pas par hasard si tout cela se produit au moment où reprennent les négociations entre la Chine et les USA, et même au moment précis, pour les frappes en Syrie, où le président chinois est chez Trump aux USA…

De même les manœuvres et les menaces de guerre nucléaire contre la Corée du Nord sont dirigées en vue de diviser davantage ce qui reste d’alliance avec la Chine et la Russie et de briser définitivement la République Démocratique Populaire de Corée, ce petit pays qui résiste depuis toujours aux USA, au cœur de l’Asie, après avoir été victime des pires bombardements « classiques » de l’histoire de l’humanité, au début des années 50.

De même, le largage sur l’Afghanistan de la plus grosse bombe de l’arsenal US, depuis Hiroshima et Nagasaki, est un symbole fort que les USA sont toujours décidés à régler leurs problèmes par la guerre, quelles qu’en soient les conséquences.

Les divers échecs subis récemment, comme en Syrie à Alep, malgré leur interventionnisme à peine dissimulé, via des mercenaires et des terroristes, directement ou indirectement manipulés, via les régimes fantoches à leur solde, se trouvent à l’origine de ces nouvelles provocations. C’est une honte que des partis qui se prétendent d’extrême-gauche et anti capitalistes embouchent les trompettes de la propagande impérialiste et accusent sans preuves la Syrie et la Corée du Nord, là où les impérialistes sont les vrais responsables des guerres.

La Syrie a choisi librement ses alliances internationales avec la Russie et l’Iran. Seuls les intervenants US, britanniques, français, israéliens et leurs mercenaires terroristes sont les agresseurs dans ce conflit.

Cette agression, ainsi que les menaces contre la République Populaire de Corée doivent cesser pour que ces peuples retrouvent enfin la paix et que la menace d’une nouvelle guerre mondiale s’éloigne. Cette menace ne sera véritablement éradiquée, toutefois, qu’avec l’impérialisme lui-même, à commencer par l’impérialisme US, principal fauteur des guerres.

En France, refuser sa domination, c’est aussi trouver une alternative à notre propre régime impérialiste, allié des USA, et qui a sa propre part de responsabilité guerrière et de massacres. Cette alternative ne peut se construire durablement que par l’unité prolétarienne et populaire dans les luttes sociales, et comme alternative au système capitaliste, qui est la base économique de l’impérialisme.

POUR UNE VOIE POLITIQUE RÉELLEMENT SOCIALISTE 

Toutes les richesses crées, en biens et services socialement utiles, sont actuellement le fruit de l’exploitation des travailleurs par une minorité. Leur fonction naturelle serait de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète.

Alors que dans le même temps les fauteurs de guerres préparent encore des agressions contre des pays souverains, les peuples du monde sont assez évolués pour décider par eux-même de leurs orientations politiques, et aucun n’a le droit légitime d’en décider pour les autres, et donc pas davantage l’État US, au nom d’une prétendue « démocratie », qu’ils bafouent constamment, qu’une autre nation.

Notre défense du principe élémentaire d’auto-détermination des peuples ne vaut pas soutient politique inconditionnel  aux régimes en place, ni en Syrie ni en Corée. Mais indépendamment de nos considérations critiques à leur égard il est un devoir, dans la situation actuelle, pour tous les travailleurs conscients d’un pays impérialiste, comme l’est encore la France, de soutenir les peuples en lutte contre leur ennemi principal commun et le premier fauteur de guerres, l’impérialisme US et ses complices.

Devant cette réalité des conflits actuels qui peuvent nous conduire à une Troisième Guerre Mondiale nous appelons tous les partis et organisations populaires et de travailleurs à bâtir un large mouvement de masses contre la guerre, pour la paix, pour un monde libéré de l’impérialisme et du capitalisme qui en est la base économique.

__Nous nous opposons de même à toute idée d’augmentation du budget militaire et au rétablissement du service militaire (comme l’a proposé un des candidats de la droite) car ces mesures visent à la participation des armées françaises dans la prochaine boucherie que les impérialistes préparent en sous-main.

__Nous condamnons catégoriquement les frappes états-uniennes contre un pays souverain et appelons le mouvement ouvrier et les forces démocratiques à riposter ensemble à toute escalade militaire impérialiste, non seulement au Proche-Orient, mais en Ukraine et en Extrême-Orient

__Nous dénonçons l’attitude belliciste du gouvernement actuel et des candidats qui lui emboîtent  le pas  : cette attitude est non seulement attentatoire à la paix mondiale et à l’indépendance de la Syrie, mais très dangereuse pour la sécurité et la dignité des travailleurs.

__Nous appelons les forces communistes, ouvrières, syndicales, patriotiques, progressistes et démocratiques, à  s’unir pour créer le plus vaste mouvement de masses contre la guerre et l’impérialisme, pour le socialisme prolétarien.

__Plus que jamais le refus populaire des politiques de guerre doit se retrouver au cœur des luttes sociales et leur donner une signification anticapitaliste et anti-impérialiste.

__Nous nous disons prêts à agir avec toute force sociale réellement désireuse de défendre la paix mondiale, la souveraineté des nations opprimées par l’impérialisme, prêts à agir pour la solidarité internationale des travailleurs et la coopération équitable entre Etats libres et indépendants.

TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE          https://tribunemlreypa.wordpress.com/

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Quelques articles importants récemment parus sur TML…

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RÉCAPITULATIF DES PRINCIPAUX ARTICLES RÉCENTS

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Sur TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE

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« …Même si l’on considère qu’une fois au pouvoir Marine Le Pen serait ramenée à des réalités pragmatiques, il n’en reste pas moins que l’on ne peut pas vraiment la considérer comme une sorte de Charlot féminin jouant pathétiquement avec un ballon France percé de toutes parts et jusqu’à son dégonflement total. » (…)

 

« C’est, typiquement, un aller simple pour une aventure de type sociale-fasciste dont nul ne connait l’issue, nécessairement désastreuse et possiblement très lointaine. Un voyage qui ne vaut nullement d’être tenté, même pour ses éventuelles « leçons de l’expérience », comme certains « gauchistes » le prétendent. Celles du passé nous suffisent plus que largement, en la matière ! »…

 

 

 

 

Catch à 4 pour l’Élysée

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/13/catch-a-4-pour-lelysee-chronique-du-pire-et-du-moins-pire-du-pire-nouvelle-edition/

 

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 POUR LA SYRIE, une question urgente : d’où proviennent les gaz mortels ?

 

Le prétendu « retournement » de la politique de Trump arrive étrangement en même temps que la visite du chef d’État chinois, et à un moment où les USA ont besoin de moyens de pression plus forts pour rétablir le rapport de force qui tourne à leur désavantage en Syrie, soutenue concrètement par la Russie, mais aussi, même si plus discrètement, par la Chine…


On se rappellera que Trump a d’abord été élu dans l’objectif de rabaisser la puissance de la Chine et de ses alliés.


Quand on connait le machiavélisme traditionnel des USA pour monter des plans de manipulations guerrières partout à travers le monde, on comprendra également pourquoi la version russe des évènements est probablement la plus véridique.
En effet, cet article nous rappelle, entre autres, que les infos sur les raids aériens sont échangées à l’avance entre russes et américains, pour des raisons diplomatiques évidentes, et donc la possibilité que la Russie ait été piégée dans ce cas est bien réelle.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/08/pour-la-syrie-une-question-urgente-dou-proviennent-les-gaz-mortels/

 

 

Sur le même sujet :

Poutine répond sur les gaz utilisés comme provocation par les USA

Avec le commentaire d’un lecteur apportant un complément d’info documenté sur une première menace similaire dès 2012, relatée à l’époque par le quotidien britannique Daily Mail.

 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/12/poutine-repond-sur-les-gaz-utilises-comme-provocation-par-les-usa/

 

Voir aussi, sur TML, la première réaction au bombardement US, avec, en liens, des analyses connexes:

Acte de guerre impérialiste à grande échelle

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/07/acte-de-guerre-imperialiste-a-grande-echelle/

 

 

 

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La Guyane en marche …vers la liberté !!

Analysée par un militant ayant vécu en Guyane, la situation actuelle et les forces sociales en présence et en action sur le terrain…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/06/la-guyane-en-marche-vers-la-liberte/

 

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Loi de la valeur,

Débat du « Collectif Défense »

(Suite et fin… !?)

 

 Ce débat, voulu par le groupe « Collectif Défense », dans une perspective d’unification des Marxistes-Léninistes, n’a pas réellement abouti, faute d’avoir déjà remis en lumière, pour commencer, les fondamentaux du problème. Néanmoins, quelques efforts ont été tentés dans ce sens, et cela valait donc la peine de s’y intéresser…

 

Récapitulatif des articles du débat :

 

DEBAT SUR L’ACTION DE LA LOI DE LA VALEUR
EN RÉGIME SOCIALISTE

  

 

 

Loi de la valeur : pour éclaircir le débat du Collectif Défense

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/03/30/loi-de-la-valeur-pour-eclaircir-le-debat-du-collectif-defense/

 

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Loi de la valeur : pour éclaircir le débat du Collectif Défense ( 2ème volet )

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/02/loi-de-la-valeur-pour-eclaircir-le-debat-du-collectif-defense-2eme-volet/

 

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Loi de la valeur, débat du Collectif Défense, un nouvel éclaircissement sur le premier volet.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/06/loi-de-la-valeur-debat-du-collectif-defense-un-nouvel-eclaircissement-sur-le-premier-volet/

 

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 Loi de la valeur, débat du Collectif Défense, un nouvel éclaircissement sur le 2ème volet.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/07/loi-de-la-valeur-debat-du-collectif-defense-un-nouvel-eclaircissement-sur-le-2eme-volet/

 

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Loi de la valeur, « Collectif Défense », FIN DU DÉBAT !?

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/08/loi-de-la-valeur-collectif-defense-fin-du-debat/

 

 

 

« Sans théorie révolutionnaire,

 

il ne peut y avoir de mouvement révolutionnaire »

 

V.I. Lénine

 

 


 

 

 

 

 

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POUR LA SYRIE, une question urgente : d’où proviennent les gaz mortels ?

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Urgent! – Срочно! – Urgente!

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Le prétendu « retournement » de la politique de Trump arrive étrangement en même temps que la visite du chef d’État chinois, et à un moment où les USA ont besoin de moyens de pression plus forts pour rétablir le rapport de force qui tourne à leur désavantage en Syrie, soutenue concrètement par la Russie, mais aussi, même si plus discrètement, par la Chine…


On se rappellera que Trump a d’abord été élu dans l’objectif de rabaisser la puissance de la Chine et de ses alliés.


Quand on connait le machiavélisme traditionnel des USA pour monter des plans de manipulations guerrières partout à travers le monde, on comprendra également pourquoi la version russe des évènements est probablement la plus véridique.
En effet, cet article nous rappelle, entre autres, que les infos sur les raids aériens sont échangées à l’avance entre russes et américains, pour des raisons diplomatiques évidentes, et donc la possibilité que la Russie ait été piégée dans ce cas est bien réelle.

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Syrie:

D’où viennent

les gaz ?

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Former DIA Colonel:

“US strikes on Syria based on a lie”

Posted on April 7, 2017 by L

In the coming days the American people will learn that the [US]Intelligence Community knew that Syria did not drop a military chemical weapon on innocent civilians in Idlib.”

Former DIA Colonel Patrick Lang

Former DIA Colonel Patrick LANG

 

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Patrick Lang — a former DIA Colonel — does not mince words about the US attacks on Syria. Lang claims that Donald Trump’s decision to launch cruise missile strikes on a Syrian Air Force Base was based on a lie.

Patrick Lang is truly a top expert on the Middle-East. The former DIA Colonel is highly respected for his deep knowledge and absolute honesty.

https://en.wikipedia.org/wiki/W._Patrick_Lang

Follow us on Twitter: @INTEL_TODAY

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[NOTE: Many years ago, Lang helped me to understand a very ‘murky’ dossier regarding Libya. I trust his analysis 100%. Last week — knowing full well that ‘the shit was going to hit the fan’ — I asked him permission to reproduce his posts on my blog. Colonel Lang kindly agreed.]

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ANALYSIS by retired Col.  Patrick LANG

Donald Trump’s decision to launch cruise missile strikes on a Syrian Air Force Base was based on a lie.  In the coming days the American people will learn that the Intelligence Community knew that Syria did not drop a military chemical weapon on innocent civilians in Idlib. Here is what happened.

  1. The Russians briefed the United States on the proposed target. This is a process that started more than two months ago. There is a dedicated phone line that is being used to coordinate and deconflict (i.e., prevent US and Russian air assets from shooting at each other) the upcoming operation.

  2. The United States was fully briefed on the fact that there was a target in Idlib that the Russians believes was a weapons/explosives depot for Islamic rebels.

  3. The Syrian Air Force hit the target with conventional weapons. All involved expected to see a massive secondary explosion. That did not happen. Instead, smoke, chemical smoke, began billowing from the site. It turns out that the Islamic rebels used that site to store chemicals, not sarin, that were deadly. The chemicals included organic phosphates and chlorine and they followed the wind and killed civilians.

  4. There was a strong wind blowing that day and the cloud was driven to a nearby village and caused casualties.

  5. We know it was not sarin. How? Very simple. The so-called “first responders” handled the victims without gloves. If this had been sarin they would have died. Sarin on the skin will kill you. How do I know? I went through “Live Agent” training at Fort McClellan in Alabama.

There are members of the U.S. military who were aware this strike would occur and it was recorded. There is a film record. At least the Defense Intelligence Agency knows that this was not a chemical weapon attack. In fact, Syrian military chemical weapons were destroyed with the help of Russia.

This is Gulf of Tonkin 2. How ironic. Donald Trump correctly castigated George W. Bush for launching an unprovoked, unjustified attack on Iraq in 2003. Now we have President Donald Trump doing the same damn thing. Worse in fact. Because the intelligence community had information showing that there was no chemical weapon launched by the Syrian Air Force.

Here’s the good news. The Russians and Syrians were informed, or at least were aware, that the attack was coming. They were able to remove a large number of their assets. The base the United States hit was something of a backwater. Donald Trump gets to pretend that he is a tough guy. He is not. He is a fool.

This attack was violation of international law. Donald Trump authorized an unjustified attack on a sovereign country. What is even more disturbing is that people like Secretary of Defense Jim Mattis, CIA Director Mike Pompeo and NSA Director General McMaster went along with this charade. Front line troops know the truth. These facts will eventually come out. Donald Trump will most likely not finish his term as President. He will be impeached, I believe, once Congress is presented with irrefutable proof that he ignored and rejected intelligence that did not support the myth that Syria attacked with chemical weapons.

It should also alarm American taxpayers that we launched $100 million dollars of missiles to blow up sand and camel shit. The Russians were aware that a strike was coming. I’m hoping that they and the Syrians withdrew their forces and aircraft from the base. Whatever hope I had that Donald Trump would be a new kind of President, that hope is extinguished. He is a child and a moron. He committed an act of war without justification. But the fault is not his alone. Those who sit atop the NSC, the DOD, the CIA, the Department of State should have resigned in protest. They did not. They are complicit in a war crime.

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About Patrick Lang

https://en.wikipedia.org/wiki/W._Patrick_Lang

Walter Patrick “Pat” Lang, Jr. (born May 31, 1940) is a commentator on the Middle East, a retired US Army officer and private intelligence analyst, and an author. After leaving uniformed military service as a Colonel, he held high-level posts in military intelligence as a civilian. He led intelligence analysis of the Middle East and South Asia for the Defense Department and world-wide HUMINT activities in a high-level equivalent to the rank of a lieutenant general. [WIKIPEDIA]

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Une traduction, proposée par le camarade Viriato

Ancien colonel de la DIA nord américaine: « Les attaques américaines contre la Syrie sont fondées sur un mensonge »

Publié le 7 avril 2017 par Intel Today

« Dans les jours à venir, les Américains apprendront que la Communauté d’Intelligence [US] savait que la Syrie n’avait pas bombardé avec des armes chimiques militaires des civils innocents à Idlib. »

Patrick Lang – un ancien colonel de la DIA – ne mâche pas ses mots pour parler des attentats américains contre la Syrie. Lang affirme que la décision de Donald Trump de lancer des frappes de missiles de croisière sur une base aérienne syrienne était basée sur un mensonge.

Suivez-nous sur Twitter: @INTEL_TODAY

Patrick Lang est vraiment un expert de premier plan sur le Moyen-Orient. L’ancien colonel DIA est très respecté pour sa connaissance approfondie et son honnêteté absolue.

[NOTE: Il y a plusieurs années, Lang m’a aidé à comprendre un dossier très «obscur» concernant la Libye. Je me fie à son analyse à 100%. La semaine dernière – sachant très bien que «ça allait être le chaos» – je lui ai demandé la permission de reproduire ses articles sur mon blog. Le colonel Lang a accepté avec gentillesse.]

ANALYSE par le colonel retraité Patrick LANG

La décision de Donald Trump de lancer des missiles de croisière sur une base aérienne syrienne était basée sur un mensonge. Dans les jours à venir, le peuple américain apprendra ce que la communauté du renseignement savait. C’est-à-dire que la Syrie n’avait pas bombardé avec des armes chimiques militaires des civils innocents à Idlib.

Voici ce qui s’est passé.

Les Russes ont informé les États-Unis de l’objectif proposé. Il s’agit d’un processus qui a démarré il y a plus de deux mois. Il existe une ligne téléphonique dédiée qui est utilisée pour coordonner et « déconflictualiser » l’opération à venir (c.-à-d., empêcher les moyens aériens américains et russes de se tirer dessus entre eux).

Les États-Unis ont été pleinement informés du fait qu’il y avait une cible dans Idlib que les Russes croyaient être un dépôt d’armes / explosifs des rebelles islamiques.

La Force aérienne syrienne a frappé la cible avec des armes conventionnelles. Toutes les parties impliquées s’attendaient à voir une explosion secondaire massive. Cela n’a pas eu lieu. Au lieu de cela, de la fumée, de la fumée chimique, a commencé à échapper du site. Il s’avéra que les rebelles islamiques ont utilisé ce site pour stocker des produits chimiques, qui étaient mortels, mais pas du gaz sarin. Les produits chimiques comprenaient des phosphates organiques et du chlore et ils ont été emportés par le vent et ont tué des civils.

Il y avait un fort vent soufflant ce jour-là et le nuage a été conduit dans un village voisin et a provoqué des pertes.

Nous savons que ce n’était pas du sarin. Comment? Très simple. Les soi-disant « premiers intervenants » ont traité les victimes sans gants. Si cela avait été du sarin, ils seraient morts. Le sarin sur la peau vous tue. Comment puis-je savoir ? Je suis passé par la formation « Live Agent » à Fort McClellan, en Alabama.

Il y a des membres de l’armée américaine qui étaient conscients que cette attaque se produirait et cela a été enregistré. Il y a un film d’enregistrement. Au moins, l’Agence de renseignement de la Défense [ NDLR: la DIA ] sait que ce n’était pas une attaque d’armes chimiques. En fait, les armes chimiques militaires syriennes ont été détruites avec l’aide de la Russie.

C’est « Golf du Tonkin 2 ». Quelle ironie. Donald Trump a correctement fustigé George W. Bush pour avoir lancé une attaque injustifiée et non provoquée contre l’Irak en 2003. Maintenant, nous avons le président Donald Trump faisant la même chose. Pire encore. Car la communauté du renseignement avait des informations montrant qu’il n’y avait aucune arme chimique lancée par la Force aérienne syrienne.

Voici les bonnes nouvelles. Les Russes et les Syriens ont été informés, ou pour le moins, étaient au courant que l’attaque arrivait. Ils ont pu enlever un grand nombre de leurs actifs. La base que les États-Unis ont frappé était une coquille vide. Donald Trump prétend qu’il est un dur. Il ne l’est pas. C’est un imbécile.

Cette attaque a été une violation du droit international. Donald Trump a autorisé une attaque injustifiée contre un pays souverain. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que des gens comme le secrétaire de la Défense, Jim Mattis, le directeur de la CIA, Mike Pompeo, et le directeur général de la NSA (National Security Agency), McMaster, ont accepté cette charade. Les troupes de première ligne connaissent la vérité. Ces faits apparaîtront à la lumière, inévitablement. Donald Trump ne terminera probablement pas son mandat de président. Il sera mis en accusation, je crois, une fois que sera présentée devant le Congrès la preuve irréfutable qu’il a ignoré et rejeté des renseignements qui ne soutenaient pas le mythe que la Syrie avait attaqué avec des armes chimiques.

Cela devrait aussi alarmer les contribuables américains car nous avons lancé 100 millions de dollars de missiles pour faire sauter du sable et des crottes de chameau. Les Russes étaient conscients qu’une attaque arrivait. J’espère qu’eux et les Syriens ont retiré leurs forces et leurs avions de la base. Quel que soit l’espoir que j’ai eu, que Donald Trump serait un nouveau type de président, cet espoir est éteint. C’est un enfant et un imbécile. Il a commis un acte de guerre sans justification. Mais sa faute n’est pas uniquement la sienne. Ceux qui siègent au sommet de la NSA, du DOD, de la CIA, du Département d’État devraient avoir démissionné en signe de protestation. Ils ne l’ont pas fait. Ils sont complices d’un crime de guerre.

À propos de Patrick Lang

https://en.wikipedia.org/wiki/W._Patrick_Lang

Walter Patrick « Pat » Lang, Jr. (né le 31 mai 1940) est un commentateur sur le Moyen-Orient, un officier de l’armée américaine à la retraite et un analyste privé du renseignement, et un auteur. Après avoir quitté le service militaire comme colonel , il a tenu les plus hauts postes en intelligence militaire en tant que civil.

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(Source de l’article original:

https://gosint.wordpress.com/2017/04/07/former-dia-colonel-us-strikes-on-a-syria-based-on-a-lie/   )

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« Hamon-tour » : l’arnaque en ligne et sur les routes de France !

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« Hamon-tour »

sur les routes de France

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l’arnaque politique,

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une affaire

qui nous roule ?

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Le « Revenu universel » ou la loi de la jungle…? Selon certains journalistes « mainstream », comme ceux du Huffington Post, jusqu’à cinq versions différentes (*) du « RU »-Hamon on été recensées et comparées… Aujourd’hui Hamon tente de sauver sa candidature en déroute en remettant précisément sur les routes de France ses « caravanes Hamon-tour » pour tenter d’en refaire la « promo »!

En outre, il lance sur le net un « simulateur » où chacun est sensé pouvoir calculer son potentiel « bonus » dû à cette proposition.

Comme chacun a pu le constater la poule aux œufs d’or qu’était le « RU » s’est vu considérablement rogner les ailes et ne risque pas trop de s’envoler, même avec les cloches de pâques…

Réduite comme peau de chagrin, à tel point que à partir de 2200 € de revenus, pour une famille monoparentale avec trois enfants, la machine commençait à indiquer des pertes de revenu… Test effectué par les journalistes de la revue « Marianne »…

https://www.marianne.net/politique/quand-le-simulateur-de-revenu-universel-de-benoit-hamon-fait-perdre-de-l-argent-aux

Revue suite à une interpellation de leur part, la machine indique désormais « 0 » pour ce type de situation, mais nous avons également fait le test, du point de vue de la personne seule, sans enfant, mais avec un revenu équivalent, soit 2495€ de salaire, au lieu de 2200+295 d’allocations familiales…

Cette personne sans enfants aurait néanmoins droit, dans ces conditions, à un « RU » de 57€ mensuels, alors que la mère célibataire de trois enfants n’a donc droit à rien!

On se demande bien où est le social, là dedans, et on comprend qu’il ne s’agit en fait que d’acheter à bon compte, et en fait juste pour un chiffre sur l’écran, les votes des électeurs-gogos qui tomberont dans ce piège, si par chance la poule électronique leur pond un œuf en or virtuel, si modeste soit-il, déjà, sur l’écran de leurs rêves…

Hamon vient encore ainsi d’inventer une nouvelle arnaque politique assez originale: le clientélisme électoral virtuel… « Votez d’abord pour moi, et vous verrez bien si la paye est au bout plus tard… »

Une version « interactive », en quelque sorte, de la démagogie électorale habituelle, mais où l’électeur se fait la promesse à lui-même… Gageons qu’il ne pourra que s’en prendre à lui-même, du reste, par la suite, selon le résultat pourtant couru d’avance…

Mais pour plus de réalisme encore, nous avons refait le test avec le cas, déjà étudié dans nos articles précédents, de notre mère célibataire, entre 18 et 24 ans, avec un enfant en bas âge…

Nous avons étudié son cas selon les critères actuels et selon le simulateur du « RU »-Hamon.

Et à chaque fois sous les deux versions suivantes:

__1 jf avec 1 enfant né le 25/01/2016

sans revenus professionnels – 1 loyer de 400€/mois.

__1 jf avec 1 enfant né le 25/01/2016

avec revenus à temps partiel 475€/mois

– 1 loyer de 400€/mois.

Dans le premier cas, la simulation « RU » aboutit à un résultat de 446€, ce qui est cohérent avec la méthode de calcul annoncée ici:

Soit 600€ – (Allocation logement + PAJE) x 27,4% >>> 600-154=446

Cette personne semble donc devoir vivre avec seulement 446+563=1009€/mois, au lieu de 1375€, actuellement…!

(Simulation CAF en PDF:

Resultat_ Simulation cas n°1 RSA ALS PAJE  )

Toutefois, nous avons refait le calcul en tenant compte de ce dernier paragraphe

à supposer qu’il soit réellement applicable…

Ainsi nous avons recalculé la majoration augmentée de 10%…

soit 812-446=366 >>>366+36,6=402,6€

soit un « RU » hypothétique de 848,6€, au lieu d’un RSA actuel de 812€

soit tout de même au final un œuf en or virtuel de 36,6€/mois…

soit pas même le prix des couches « virtuelles » du petit…

Merci, « Président Hamon »…!

Revoyons ce qu’il en est pour cette courageuse maman, qui, en outre rêve de s’insérer professionnellement, bien qu’il lui en coûte en frais de garde de l’enfant, en frais de transports, en sus de la séparation d’avec son bébé…

Sans tenir compte des dits frais, en l’état actuel elle gagnerait au total

654+97 (RSA+PPA) +563 +475 = 1789 €uros/mois

(Simulation CAF en PDF:

Resultat_ Simulation- cas n°2  RSA +activ tps partiel 475€    )

En simulation « RU », et en conformité avec la même méthode de calcul que ci-dessus, le « RU » tombe à 316€… (315,6 stricto sensu…)

Soit, le « RU » remplaçant le RSA et la PPA, selon cette disposition:

un revenu mensuel de:

316 +563 +475= 1354€euros

soit une perte brute de 435 €uros/mois!

Si l’on applique néanmoins la même méthode de « bonification » que ci-dessus, dont on ne sait pas, au juste si elle s’applique encore, dans ce cas…

On a 654 -316 =338 >>>338 +33,8 =371,8

soit un « RU » hypothétique de:

316 +371,8 =687,8 €uros

soit un revenu total de:

687,8 +475 +563 = 1725,8 €uros

soit encore une perte sèche de:

1725,8 -1789 = -63,2€uros/mois!

Encore merci, « Président Hamon », pour cette jeune personne courageuse et son bébé qui devra donc être strictement rationné quant aux couches…!!!

A l’approche de Pâques et du premier tour, non seulement Hamon a du rogner sévèrement les ailes de sa poule aux œufs d’or plus « virtuels » que jamais, mais en plus, encore une fois, il nous prend pour des cloches!

Luniterre

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( * http://www.huffingtonpost.fr/2017/03/10/apres-l-mission-politique-benoit-hamon-en-est-a-sa-cinquieme-v/)

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La Guyane en marche !!

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La Guyane En Marche!!

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Macron cherche sa voie…

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Octobre 1917, 2017, Centenaire de la Russie Soviétique: Pour les prolétaires, L’Histoire comme drapeau!

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Octobre 17, 2017,

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Centenaire

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de la Russie Soviétique:

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Pour les prolétaires,

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L’Histoire

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comme drapeau!

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A l’occasion de l’année du centenaire d’Octobre, il y a toutes les réactions possibles qui s’expriment, soit pour être sûres de bien enterrer le souvenir de l’URSS, dès fois que, …avec le syndrome de l' »ostalgie », on ne sait jamais…, soit pour récupérer ce qui peut encore être utile au service de telle ou telle petite boutique politique très formellement « de gauche », parfois, mais pas que…

Et dans la prétendue « extrême-gauche », voire même s’affichant parfois « marxiste-léniniste », quelques appels à une commémoration « unitaire » ont récemment jailli ici et là…

Célébrer Octobre, ce n’est pas célébrer n’importe quelle révolution.

C’est célébrer la première alternative au capitalisme enfin réalisée et construite, et construite durablement sur une période et une étendue suffisamment extensibles pour avoir marqué profondément l’histoire de l’humanité.

La question est donc de savoir si l’on veut se contenter de célébrer les « 10 jours qui ébranlèrent le monde », comme un évènement folklorique sur lequel on peut broder n’importe quelle légende de circonstance, au gré des obsessions politiciennes intéressées des uns ou des autres, ou bien si l’on considère que cette voie ouverte vers le socialisme, durant plusieurs décennies, est une première tentative humaine d’envergure et qu’il y a des leçons positives à en tirer pour réussir la prochaine…

Et dans ce cas, que peut bien vouloir dire « commémoration unitaire »?

L’idée de vouloir dépasser les clivages idéologiques hérités du passé peut paraître bonne, et d’autant meilleure qu’ils sont le plus souvent réduits à des clivages purement sectaires, où c’est uniquement la doxa de chaque secte qui tient lieu de référence, et non pas même, simplement, les classiques du Marxisme-Léninisme, et pour cause…

Précisément, dans cette commémoration, il ne s’agit pas de dépoussiérer les vieux livres, mais au contraire, de chercher à comprendre de quelle façon et dans quelles conditions concrètes les théories ont été mises à l’épreuve de la pratique.

Et non pas pour « refaire » ni même réécrire l’histoire, mais simplement pour déterminer quels sont nos critères d’évaluation.

Ce sont ces critères d’évaluation qui donneront le sens et la portée politique de notre célébration militante éventuelle.

Il est clair que le sens d’Octobre ne change pas, pour les communistes marxistes-léninistes, que ce soit au 99ème anniversaire, au 101ème ou n’importe quand, du reste, mais le 100ème, c’est bien une occasion incontournable de débats, de médiatisations diverses, dont il peuvent faire, à l’occasion, une arme politique.

Et une telle arme politique n’a évidemment de sens que dans le contexte présent…

Et le sens lui-même est d’autant plus fort et significatif que la situation actuelle, en France notamment, est elle-même celle d’une crise politique potentiellement aiguë, qui vient se surajouter à la crise économique générale.

En réalité, dans un contexte économiquement et socialement dégradé depuis de longues années, le climat de crise politique a également longuement « muri », et il atteint aujourd’hui un sommet pestilentiel, tel un abcès sur le point d’éclater.

Les recettes réformistes usuelles dites de « concertation sociale » ayant toutes échoué les unes après les autres, c’est maintenant à marche forcée, comme on l’a déjà vu avec les lois « Macron », « El Khomri », que le capital entend imposer les reculs sociaux les plus draconiens, sous les formes les plus diverses, et avec l’aide de tous ses pantins démagogues, de Hamon à Le Pen, de la supposée « extrême-gauche » à la véritable extrême-droite, relookée en « nationaux républicains », de tous poils, mais au discours désormais officiellement « acceptable », « démocratique », « néo-gaulliste », etc…

Que l’extrême-droite soit officiellement rendue « respectable » par la démocratie libérale, alors que son influence militante s’est étendue extensivement, et même probablement, de façon majoritaire, dans les services de police, de gendarmerie, dans l’armée, cela démontre suffisamment que, malgré ses adjurations effarouchées, la bourgeoisie libérale est prête à franchir le pas d’un régime totalement policier, où le rideau d’une « démocratie », déjà d’opérette, ne sera plus levé que sur les décombres fumants de ce qu’elle avait prétendu être.

C’est donc dans cette impasse totale pour son avenir social que le prolétariat de France est éventuellement amené à reconsidérer d’un autre œil, surtout si les militants marxistes-léninistes sont à la hauteur de leur tâche, les communications « culturelles » diverses qui éclaireront les mois qui viennent de leurs lueurs incertaines, mais dont certaines peuvent être rouges, si, là encore, les communistes marxistes-léninistes le veulent réellement!

Parler de communistes ML comme s’ils étaient en quelque sorte les héritiers légitimes d’Octobre, cela peut paraitre d’une outrecuidance sectaire certaine, mais déjà, dans un premier temps, on admettra que ceux qui osent encore ouvertement se réclamer du Marxisme-Léninisme auraient au moins une certaine logique de comportement s’ils s’efforçaient de faire en sorte que ce reproche soit en correspondance avec la réalité de leur action…

Mais divisions, querelles sectaires, réminiscences de l’opportunisme thorézien et allégeances conséquentes à diverses variantes du social-chauvinisme font qu’il n’en est rien et que la bourgeoisie en déconfiture n’a malgré tout rien à craindre de ces « héritiers » qui se contenteront de la part congrue qu’elle voudra bien leur laisser…

Donc, non, pas de sectarisme ici, et on comprendra bien qu’au delà de ce rappel de principe historique selon lequel le Marxisme-Léninisme a porté aux quatre coins du monde les idéaux de la Russie Soviétique surgie d’Octobre, il nous apparait que cet héritage est toujours, et simplement, celui de tous ceux qui, constatant l’impasse et l’inanité du système actuel, considèrent que la possibilité de construire à nouveau une alternative socialiste réelle au capitalisme est la seule issue pour éviter la fatalité du recul civilisationnel auquel mène ce système déjà potentiellement failli.

Pour autant, le socialisme soviétique et son influence rayonnante, pour plus d’un tiers de l’humanité, au cours du XXème siècle, a presque totalement disparu, sous l’influence de la corruption bureaucratique et du social-chauvinisme, aboutissant à la division et aux conflits nationalistes, également alimentés par la corruption financière, très souvent émanant des sources impérialistes, et principalement US (cas tristement exemplaire de Mao et de ses affidés).

C’est pourquoi, si l’on sent bien, aujourd’hui, avec la crise chronique du capital, même avec plusieurs décennies de « rebonds », en faits autant de sursauts stériles, que l’évolution de cette « civilisation » mondialisée, littéralement « contre nature », ne peut plus être que régressive, l’effacement brutal et spectaculaire du « continent socialiste » peut apparaitre, lui aussi, comme l’engloutissement d’une autre civilisation, ce qu’il fut, pour partie, en réalité.

Pourtant, si l’on veut comparer historiquement le destin des sociétés et des civilisations, il faut rappeler que la bourgeoisie, apparue en tant que classe avec le tournant de l’an mille, a encore mis plus de huit siècles avant de s’imposer radicalement comme classe politiquement dominante, en France, malgré sa domination économique déjà progressivement acquise au cours des siècles et définitivement réaffirmée avec les prémisses de la révolution industrielle.

Là peut s’arrêter cette comparaison, car chaque mutation profonde de société a ses propres caractéristiques, à nulle autre pareille.

Néanmoins, les convulsions révolutionnaires, de la fin du XVIIIème siècle au début du XXème, montrent que ces processus de transformation ne sont pas linéaires, mais comportent des sauts brusques, des retours en arrière, des situations que l’on peut qualifier d' »hybrides », etc…

De l’an mille à aujourd’hui, la bourgeoisie a constamment évolué, et tente de le faire encore, même si elle apparait comme en bout de course, dans ses possibilités de régler la crise…

Le prolétariat moderne, né avec la révolution industrielle, a déjà beaucoup changé, et change encore radicalement, sous l’effet de la « mondialisation », résultante de la domination impérialiste actuellement sans partage, autre qu’interne, et sans résistance, autre que très locale ou très partielle.

Mais de même que la bourgeoisie tenait entre ses mains, depuis le cœur du moyen-âge, les clefs de l’avenir, c’est, aujourd’hui encore, et depuis son apparition en tant que classe industrielle, le prolétariat qui les détient, désormais.

Cela peut paraitre moins évident, aujourd’hui, en Occident, mais le prolétariat industriel mondial continue de croitre, et ici, l’extension du secteur tertiaire, combinée avec la paupérisation des classes moyennes et la marchandisation des services, crée, avec la crise, une nouvelle extension du prolétariat.

Au cours des trois derniers siècles, les plus grandes révolutions, bourgeoises comme prolétariennes, et presque conjointement dans certains cas, ont connu leur lots d’épopées, de tragédies et d’errements, mais dans tous les cas, l’histoire est écrite par les vainqueurs.

Actuellement, c’est la bourgeoisie qui semble avoir repris le dessus, même si tout le monde comprend bien que cette « domination » repose sur les sables mouvants et boueux de sa propre crise.

Même dans ses tentatives vaines de raffermir sa base instable, la bourgeoisie n’en continue donc pas moins de proclamer haut et fort, et même d’autant plus fort, ses prétendues « valeurs éthiques », y comprit à grands renforts, précisément, de rappels « historiques », pourtant parfois nauséabonds, comme celui du colonialisme, puisant ses racines dans l’esclavagisme.

Et même si la bourgeoisie n’affirme pas plus vouloir rétablir l’esclavagisme que l’échafaud ou la guillotine, elle n’en continue pas moins à vouloir nous faire entonner ce couplet selon lequel un sang « impur » abreuve son sillon, qu’elle continue très concrètement et quasi quotidiennement d’irriguer , par ses opérations militaires aux quatre coins du monde.

Très récemment, grâce aux très beaux costumes du « Très Honorable François Fillon », a ressurgi l’ombre de la « Françafrique », fer de lance néocolonialiste de notre « très démocratique » bourgeoisie française…

Rappelons en deux mots l’un des « exploits » les plus saillants de la dite « Françafrique », en 1994, en seulement 3 mois, le génocide rwandais a fait très « officiellement » 800 000 victimes, le plus souvent massacrées à la machette, jusque dans les églises… 800 000, et beaucoup plus, selon d’autres sources, peu suspectes de partialité:

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Genocide-au-Rwanda-un-million-de-morts-en-100-jours-2014-04-10-1134203

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_des_Tutsis_au_Rwanda

Sur trente années, la répression politique en URSS « stalinienne » n’en a pas fait autant, selon les sources originales, à l’ouverture des archives soviétiques, sur lesquelles se sont précipitées nos « chercheurs » occidentaux, et US, notamment, en premiers…

Mais si les 800 000 morts du Rwanda ont à peine le droit à des procédures symboliques concernant leurs bourreaux directs, et évidemment aucune, concernant les complices français des commanditaires du massacre, les victimes de la répression en URSS se sont, elles, « multipliées » exponentiellement, pour devenir 100 millions, sous la plume des scribes médiatiques au service du capitalisme!

Et c’est, quotidiennement, cette armée de 100 millions de fantômes qui pilonne les consciences populaires, via les médias du système, à la moindre occasion où il est question de communisme ou d’URSS !!

Tandis que les amis de la « Françafrique » se taillent, eux, des costumes de luxe dans les dépouilles de leurs massacres.

Il ne s’agit justement pas, ici, d’ébaucher une sordide « échelle de valeur » entre les origines des victimes de l’histoire.

Les victimes du Génocide des Tutsis au Rwanda ont toutes autant droit à notre respect humain que les victimes des exécutions et massacres de la Grande Révolution Française, et tout autant que celles de la Révolution Soviétique.

Dans le cas du Rwanda, il s’agissait tout à fait clairement et officiellement d’une contre-révolution, mais quoi qu’il en soit, le but d’une révolution n’est jamais, fondamentalement, de massacrer ses ennemis. Il est d’abord et toujours de lutter contre une oppression, quelle qu’en soit la nature, et d’établir des rapports humains plus sociaux et plus justes.

Dans la Résistance, le but des Partisans n’était pas d’abord de tuer des allemands, mais de libérer le monde de la barbarie fasciste.

Rappelons encore, à cette occasion, que c’est à l’URSS et à ses Partisans, sur tout le continent eurasiatique, que l’on doit, et de loin, le plus gros effort et les plus grands sacrifices pour en finir avec le nazisme.

Or cette capacité de résistance n’est pas le fruit du hasard, mais bien l’héritage le plus direct du Grand Octobre!

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Elle repose sur l’édification de la Russie Socialiste Soviétique, à partir d’un pays-continent complètement ruiné par la guere de 1914-18 et les armées blanches, ensuite, soutenues directement par toutes les puissances impérialistes de l’Occident, au cours de la dite « Guerre Civile ».

C’est donc en à peine 20 ans qu’a surgi  de ce champ de ruines la puissance socialiste soviétique avec la capacité de défaire le nazisme, première puissance capitaliste industrielle européenne.

Il est donc impossible de parler d’échec du socialisme et de la Révolution d’Octobre, même si cela n’empêche pas un regard historique critique et analytique.

Il est également notable que le même élan de reconstruction s’est reproduit après guerre, maintenant l’URSS au rang de très grande puissance mondiale, seule capable de tenir tête à l’impérialisme US, qui commence alors à étendre son emprise sur le reste du monde.

Cette résistance anti-impérialiste a finalement été vaincue par le retournement des fondamentaux économiques du socialisme, essentiellement opéré sous l’ère Khrouchtchev, et parachevé sous l’ère Gorbatchev. Un lent déclin de 35 ans, pour arriver à saper jusqu’à la base l’héritage des générations héroïques d’Octobre!

Sans doute, en notre début de XXIème siècle, même si nous n’avons pas nécessairement besoin d’un tel développement exponentiel des forces productives, tel que celui de ces premières générations, mais de plus de démocratie et d’un respect plus grand de l’environnement, il n’en reste pas moins qu’en tirant les leçons utiles du socialisme prolétarien, pour en reprendre les fondamentaux économiques, il y a là l’alternative potentielle à la déchéance économique et sociale dans laquelle s’enfonce notre société « mondialisée ».

C’est l’un des travaux d’analyse essentiels que doivent faire les marxistes-léninistes du XXIème siècle, à l’occasion de ce centenaire, et que nous pouvons considérer comme un élément de la Révolution du Retour au Réel!

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Luniterre

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ARTICLES CONNEXES:

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/03/19/en-2017-etre-marginal-avec-marx-glose-marginale-1-aux-racines-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/10/11/lenine-1-siecle-apres-ringard-ou-visionnaire/

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https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/09/marx-au-banc-dessai-de-lhistoire_vf.pdf

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En 2017, être « marginal » avec Marx : « Glose marginale 1 », aux racines de la transition socialiste prolétarienne!

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En 2017

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être « marginal »

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avec Marx ?

Glose marginale 1

de la Critique du Programme de Gotha

Première esquisse

des principes économiques

de la transition socialiste…

(1875)

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En 1875, Marx écrit ce texte comme analyse critique des principaux points du programme d’unification des socialistes allemands, dont Ferdinand Lassalle ( …rien à voir avec notre Jean Lassalle) est l’un des principaux leaders.

Dans les circonstances concrètes de l’Europe de l’époque, cela l’amène à préciser les principes économiques qui sont ceux de la transition vers la première phase du communisme, couramment désignée, par la suite, comme socialisme, mot qui a depuis longtemps perdu cette signification, au profit du réformisme, puis de l’opportunisme, et actuellement, en France, de l’affairisme et de la corruption.

A l’échelle d’un pays, ces idées n’ont jamais été réellement prises en compte, sauf très provisoirement, en URSS, au XIXème congrès du PCUS, où elles ont servi de base à un projet de remise en ordre de l’économie, mais rejeté peu après par Khrouchtchev et ses successeurs.


Le débat, au XIXème Congrès, portait sur la possibilité d’utiliser la loi de la valeur (fondée sur la valeur-travail) non à la manière capitaliste, pour le profit, mais pour un développement rationnel et harmonieux de l’économie socialiste.


Dans un contexte différent et sous des formes différentes, c’est exactement ce que Marx envisage dans ce texte de 1875, publié seulement après sa mort, mais qui, quant à ses idées et principes fondamentaux, n’a pas pris une ride, voire même, reste plus que jamais d’actualité, en tenant compte, évidemment, là aussi, de la différence de contexte!

Luniterre

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A ce sujet, articles connexes sur TML:

Marx au banc d’essai de l’Histoire

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/09/marx-au-banc-dessai-de-lhistoire_vf.pdf

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2017, Pour sortir de l’impasse…

La Révolution du retour au réel !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/03/02/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/

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Documents historiques sur la préparation du XIXème congrès:
Les problèmes économiques du socialisme en URSS

http://michel.delord.free.fr/jstal-probecosoc.pdf

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/11/j-staline-reponse-a-sanina-et-venger.pdf

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Rejet par Mao de ces principes,

lors de son tragique « Grand Bond en Avant »:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/05/en-commentaire-general-a-propos-des-inedits-de-mao/

 

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1875, le texte

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1. – Le travail est la source de toute richesse et de toute culture, et comme le travail productif n’est possible que dans la société et par la société, son produit appartient intégralement, par droit égal, à tous les membres de la société.

PREMIÈRE PARTIE DU PARAGRAPHE : «Le travail est la source de toute richesse et de toute culture. »

Le travail n’est pas la source de toute richesse [1]. La nature est tout autant la source des valeurs d’usage (qui sont bien, tout de même, la richesse réelle !) que le travail, qui n’est lui-même que l’expression d’une force naturelle, la force de travail de l’homme. Cette phrase rebattue se trouve dans tous les abécédaires, et elle n’est vraie qu’à condition de sous-entendre que le travail est antérieur, avec tous les objets et procédés qui l’accompagnent. Mais un programme socialiste ne saurait permettre à cette phraséologie bourgeoise de passer sous silence les conditions qui, seules, peuvent lui donner un sens. Et ce n’est qu’autant que l’homme, dès l’abord, agit en propriétaire à l’égard de la nature, cette source première de tous les moyens et matériaux de travail, ce n’est que s’il la traite comme un objet lui appartenant que son travail devient la source des valeurs d’usage, partant de la richesse. Les bourgeois ont d’excellentes raisons pour attribuer au travail cette surnaturelle puissance de création : car, du fait que le travail est dans la dépendance de la nature, il s’ensuit que l’homme qui ne possède rien d’autre que sa force de travail sera forcément, en tout état de société et de civilisation, l’esclave d’autres hommes qui se seront érigés en détenteurs des conditions objectives du travail. Il ne peut travailler, et vivre par conséquent, qu’avec la permission de ces derniers.

Mais laissons la proposition telle qu’elle est, ou plutôt telle qu’elle boite. Quelle conclusion en devrait-on attendre ? Evidemment celle-ci :

« Puisque le travail est la source de toute richesse, nul dans la société ne peut s’approprier des richesses qui ne soient un produit du travail. Si donc quelqu’un ne travaille pas lui-même, il vit du travail d’autrui et, même sa culture, il la tire du travail d’autrui. »

Au lieu de cela, à la première proposition, on en ajoute une seconde par le moyen du mot-cheville : « et comme » pour tirer de la seconde, et non de l’autre, la conséquence finale.

DEUXIÈME PARTIE DE LA PROPOSITION : « Le travail productif n’est possible que dans la société et par la société. »

D’après la première proposition, le travail était ta source de toute richesse et de toute culture, donc pas de société possible sans travail. Et voilà que nous apprenons au contraire que le travail « productif » n’est pas possible sans société.

On aurait pu dire, tout aussi bien, que c’est seulement dans la société que le travail inutile, et même socialement nuisible, peut devenir une branche d’industrie, que c’est seulement dans la société qu’on peut vivre de l’oisiveté, etc., etc. – bref recopier tout Rousseau [2].

Et qu’est-ce qu’un travail « productif » ? Ce ne peut être que le travail qui produit l’effet utile qu’on se propose. Un sauvage, – et l’homme est un sauvage après avoir cessé d’être un singe -, qui abat une bête d’un coup de pierre; qui récolte des fruits, etc., accomplit un travail « productif ».

TROISIÈMEMENT, LA CONSEQUENCE : « Et comme le travail productif n’est possible que dans la société et par la société, son produit appartient intégralement, par droit égal, à tous tes membres de la société. »

Belle conclusion ! Si le travail productif n’est possible que dans la société et par la société, son produit appartient à la société, et, au travailleur individuel, il ne revient rien de plus que ce qui n’est pas indispensable au maintien de la société, « condition » même du travail.

En fait, cette proposition a toujours été défendue par les champions de l’ordre social existant, à chaque époque. En premier viennent les prétentions du gouvernement, avec tout ce qui s’ensuit, car le gouvernement est l’organe de la société chargé du maintien de l’ordre social; puis viennent les prétentions des diverses sortes de propriété privée qui, toutes, sont le fondement de la société, etc. On le voit, ces phrases creuses peuvent être tournées et retournées dans le sens qu’on veut.

Il n’y a de lien logique entre la première et la seconde partie du paragraphe que si l’on adopte la rédaction suivante :

« Le travail n’est la source de la richesse et de la culture que s’il est un travail social », ou, ce qui revient au même : « que s’il s’accomplit dans la société et par elle ».

Cette proposition est incontestablement exacte, car le travail isolé (en supposant réalisées ses conditions matérielles), s’il peut créer des valeurs d’usage, ne peut créer ni richesse ni culture.

Non moins incontestable cette autre proposition :

« Dans la mesure où le travail évolue en travail social et devient ainsi source de richesse et de culture, se développent, chez le travailleur, la pauvreté et l’abandon, chez le non-travailleur, la richesse et la culture. »

Telle est la loi de toute l’histoire jusqu’à ce jour. Au lieu de faire des phrases générales sur le « travail » et la « société », il fallait donc indiquer ici avec précision comment, dans la société capitaliste actuelle, sont finalement créées les conditions matérielles et autres qui habilitent et obligent le travailleur à briser cette malédiction sociale.

Mais, en fait, tout ce paragraphe, aussi manqué au point de vue de la forme que du fond, n’est là que pour qu’on puisse inscrire sur le drapeau du Parti, tout en haut, comme mot d’ordre, la formule lassalienne du « produit intégral du travail ». Je reviendrai plus loin sur le « produit du travail », le « droit égal », etc., car la même chose reparaît sous une autre forme un peu différente.

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2.- Dans la société actuelle, les moyens de travail sont le monopole de la classe capitaliste. L’état de dépendance qui en résulte pour la classe ouvrière est la cause de la misère et de la servitude sous toutes ses formes.

La proposition, empruntée aux statuts de l’Internationale, est fausse sous cette forme « améliorée ».

Dans la société actuelle, les moyens de travail sont le monopole des propriétaires fonciers (le monopole de la propriété foncière est même la base du monopole capitaliste) et des capitalistes. Les statuts de l’Internationale, dans le passage en question [3], ne nomment ni l’une ni l’autre classe monopoleuse. Ils parlent du « monopole des moyens de travail, c’est-à-dire des sources de la vie ». L’addition des mots : « sources de la vie » montre suffisamment que la terre est comprise parmi les moyens de travail.

On a introduit cette rectification parce que Lassalle, pour des raisons aujourd’hui connues, attaquait seulement la classe capitaliste et non les propriétaires fonciers [4]. En Angleterre, le plus souvent, le capitaliste n’est pas même le propriétaire du sol sur lequel est bâtie sa fabrique.

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3. – L’affranchissement du travail exige que les instruments de travail soient élevés à l’état de patrimoine commun de la société et que le travail collectif soit réglementé par la communauté avec partage équitable du produit.

« Les instruments de travail élevés à l’état de patrimoine commun », cela doit signifier sans doute : « transformés en patrimoine commun ». Mais ceci seulement en passant.

Qu’est-ce que c’est que le « produit du travail » ? L’objet créé par le travail ou sa valeur ? Et, dans ce dernier cas, la valeur totale du produit ou seulement la fraction de valeur que le travail est venu ajouter à la valeur des moyens de production consommés ?

Le « produit du travail » est une notion vague qui tenait lieu, chez Lassalle, de conceptions économiques positives.

Qu’est-ce que le « partage équitable [5] » ?

Les bourgeois ne soutiennent-ils pas que le partage actuel est « équitable » ? Et, en fait, sur la base du mode actuel de production, n’est-ce pas le seul partage « équitable » ? Les rapports économiques sont-ils réglés par des idées juridiques ou n ‘est-ce pas, à l’inverse, les rapports juridiques qui naissent des rapports économiques ? Les socialistes des sectes [6] n’ont-ils pas, eux aussi, les conceptions les plus diverses de ce partage « équitable» ?

Pour savoir ce qu’il faut entendre en l’occurrence par cette expression creuse de « partage équitable », nous devons confronter le premier paragraphe avec celui-ci. Ce dernier suppose une société dans laquelle «les instruments de travail sont patrimoine commun et où le travail collectif est réglementé par la communauté », tandis que le premier paragraphe nous montre que « le produit appartient intégralement, par droit égal, à tous les membres de la société ».

« A tous les membres de la société » ? Même à ceux qui ne travaillent pas ? Que devient alors le « produit intégral du travail » ? – Aux seuls membres de la société qui travaillent ? Que devient alors le « droit égal » de tous les membres de la société ?

Mais « tous les membres de la société » et le « droit égal » ne sont manifestement que des façons de parler. Le fond consiste en ceci que, dans cette société communiste, chaque travailleur doit recevoir, à la mode lassalienne, un « produit intégral du travail ».

Si nous prenons d’abord le mot « produit du travail » (Arbeitsertrag) dans le sens d’objet créé par le travail (Produkt der Arbeit), alors le produit du travail de la communauté, c’est « la totalité du produit social » (das gesellschaftliche Gesamtprodukt).

Là-dessus, il faut défalquer :
Premièrement : un fonds destiné au remplacement des moyens de production usagés;
Deuxièmement : une fraction supplémentaire pour accroître la production;
Troisièmement : un fond de réserve ou d’assurance contre les accidents, les perturbations dues à des phénomènes naturels, etc.

Ces défalcations sur le « produit intégral du travail » sont une nécessité économique, dont l’importance sera déterminée en partie, compte tenu de l’état des moyens et des forces en jeu, à l’aide du calcul des probabilités; en tout cas, elles ne peuvent être calculées en aucune manière sur la base de l’équité.

Reste l’autre partie du produit total, destinée à la consommation.

Mais avant de procéder à la répartition individuelle, il faut encore retrancher :

Premièrement les frais généraux d’administration qui sont indépendants de la production.
Comparativement à ce qui se passe dans la société actuelle, cette fraction se trouve d’emblée réduite au maximum et elle décroît à mesure que se développe la société nouvelle.

Deuxièmement : ce qui est destiné à satisfaire les besoins de la communauté : écoles, installations sanitaires, etc.
Cette fraction gagne d’emblée en importance, comparativement à ce qui se passe dans la société actuelle, et cette importance s’accroît à mesure que se développe la société nouvelle.

Troisièmement : le fonds nécessaire à l’entretien de ceux qui sont incapables de travailler, etc., bref ce qui relève de ce qu’ on nomme aujourd’hui l’assistance publique officielle.

C’est alors seulement que nous arrivons au seul « partage » que, sous l’influence de Lassalle et d’une façon bornée, le programme ait en vue, c’est-à-dire à cette fraction des objets de consommation qui est répartie individuellement entre les producteurs de la collectivité.

Le « produit intégral du travail » s’est déjà métamorphosé en sous-main en « produit partiel », bien que ce qui est enlevé au producteur, en tant qu’individu, il le retrouve directement ou indirectement, en tant que membre de la société.

De même que le terme de « produit intégral du travail » s’est évanoui, de même nous allons voir s’évanouir celui de « produit du travail » en général.

Au sein d’un ordre social communautaire, fondé sur la propriété commune des moyens de production, les producteurs n’échangent pas leurs produits; de même, le travail incorporé dans des produits n’apparaît pas davantage ici comme valeur de ces produits, comme une qualité réelle possédée par eux, puisque désormais, au rebours de ce qui se passe dans la société capitaliste, ce n’est plus par la voie d’un détour, mais directement, que les travaux de l’individu deviennent partie intégrante du travail de la communauté. L’expression : « produit du travail », condamnable même aujourd’hui à cause de son ambiguïté, perd ainsi toute signification.

Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue. Le producteur reçoit donc individuellement – les défalcations une fois faites – l’équivalent exact de ce qu’il a donné à la société. Ce qu’il lui a donné, c’est son quantum individuel de travail. Par exemple, la journée sociale de travail représente la somme des heures de travail individuel; le temps de travail individuel de chaque producteur est la portion qu’il a fournie de la journée sociale de travail, la part qu’il y a prise. Il reçoit de la société un bon constatant qu’il a fourni tant de travail (défalcation faite du travail effectué pour les fonds collectifs) et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux d’objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail. Le même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour, sous une autre forme [7].

C’est manifestement ici le même principe que celui qui règle l’échange des marchandises pour autant qu’il est échange de valeurs égales. Le fond et la forme diffèrent parce que, les conditions étant différentes, nul ne peut rien fournir d’autre que son travail et que, par ailleurs, rien ne peut entrer dans la propriété de l’individu que des objets de consommation individuelle. Mais pour ce qui est du partage de ces objets entre producteurs pris individuellement, le principe directeur est le même que pour l’échange de marchandises équivalentes : une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme.

Le droit égal est donc toujours ici dans son principe… le droit bourgeois, bien que principe et pratique ne s’y prennent plus aux cheveux, tandis qu’aujourd’hui l’échange d’équivalents n’existe pour les marchandises qu’en moyenne et non dans le cas individuel.

En dépit de ce progrès, le droit égal reste toujours grevé d’une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu’il a fourni; l’égalité consiste ici dans l’emploi DU TRAVAIL comme unité de mesure commune.

Mais un individu l’emporte physiquement ou moralement sur un autre, il fournit donc dans le même temps plus de travail ou peut travailler plus de temps; et pour que le travail puisse servir de mesure, il faut déterminer sa durée ou son intensité, sinon il cesserait d’être unité. Ce droit égal est un droit inégal pour un travail inégal. Il ne reconnaît aucune distinction de classe, parce que tout homme n’est qu’un travailleur comme un autre; mais il reconnaît tacitement l’inégalité des dons individuels et, par suite, de la capacité de rendement comme des privilèges naturels. C’est donc, dans sa teneur, un droit fondé sur l’inégalité, comme tout droit. Le droit par sa nature ne peut consister que dans l’emploi d’une même unité de mesure; mais les individus inégaux (et ce ne seraient pas des individus distincts, s’ils n’étaient pas inégaux) ne sont mesurables d’après une unité commune qu’autant qu’on les considère d’un même point de vue, qu’on ne les saisit que sous un aspect déterminé; par exemple, dans le cas présent, qu’on ne les considère que comme travailleurs et rien de plus, et que l’on fait abstraction de tout le reste. D’autre part : un ouvrier est marié, l’autre non; l’un a plus d’enfants que l’autre, etc., etc. A égalité de travail et par conséquent, à égalité de participation au fonds social de consommation, l’un reçoit donc effectivement plus que l’autre, l’un est plus riche que l’autre, etc. Pour éviter tous ces inconvénients, le droit devrait être non pas égal, mais inégal.

Mais ces défauts sont inévitables dans la première phase de la société communiste, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste, après un long et douloureux enfantement. Le droit ne peut jamais être plus élevé que l’état économique de la société et que le degré de civilisation qui y correspond.

Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l’asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l’horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! »

Je me suis particulièrement étendu sur le « produit intégral du travail », ainsi que sur le « droit égal », le « partage équitable », afin de montrer combien criminelle est l’entreprise de ceux qui, d’une part, veulent imposer derechef à notre Parti, comme des dogmes, des conceptions qui ont signifié quelque chose à une certaine époque, mais ne sont plus aujourd’hui qu’une phraséologie désuète, et d’autre part, faussent la conception réaliste inculquée à grand-peine au Parti, mais aujourd’hui bien enracinée en lui, et cela à l’aide des fariboles d’une idéologie juridique ou autre, si familières aux démocrates et aux socialistes français.

Abstraction faite de ce qui vient d’être dit, c’était de toute façon une erreur que de faire tant de cas de ce qu’on nomme le partage, et de mettre sur lui l’accent.

A toute époque, la répartition des objets de consommation n’est que la conséquence de la manière dont sont distribuées les conditions de la production elles-mêmes. Mais cette distribution est un caractère du mode de production lui-même. Le mode de production capitaliste, par exemple, consiste en ceci que les conditions matérielles de production [8] sont attribuées aux non-travailleurs sous forme de propriété capitaliste et de propriété foncière, tandis que la masse ne possède que les conditions personnelles de production : la force de travail. Si les éléments de la production sont distribués de la sorte, la répartition actuelle des objets de consommation s’ensuit d’elle-même. Que les conditions matérielles de la production soient la propriété collective des travailleurs eux-mêmes, une répartition des objets de consommation différente de celle d’aujourd’hui s’ensuivra pareillement. Le socialisme vulgaire (et par lui, à son tour, une fraction de la démocratie) a hérité des économistes bourgeois l’habitude de considérer et de traiter la répartition comme une chose indépendante du mode de production et de représenter pour cette raison le socialisme comme tournant essentiellement autour de la répartition. Les rapports réels ayant été depuis longtemps élucidés, à quoi bon revenir en arrière ?

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4.- L’affranchissement du travail doit être l’œuvre de la classe ouvrière, en face de laquelle toutes les autres classes ne forment qu’une masse réactionnaire.

Le premier couplet provient du préambule des statuts de l’internationale, mais sous une forme « améliorée [9] ». Le préambule dit : « L’affranchissement de la classe des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes»; tandis qu’ici c’est la « classe des travailleurs » qui doit affranchir – quoi ? le « travail ». Comprenne qui pourra.

En compensation l’antistrophe est, par contre, une citation lassalienne de la plus belle eau « [la classe ouvrière] en face de laquelle toutes les autres classes ne forment qu’une masse réactionnaire ».

Dans le Manifeste communiste, il est dit : « De toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. »

La bourgeoisie est ici considérée comme une classe révolutionnaire, – en tant qu’elle est l’agent de la grande industrie, – vis-à-vis des féodaux et des classes moyennes résolus à maintenir toutes les positions sociales qui sont le produit de modes de production périmés. Féodaux et classes moyennes ne forment donc pas avec la bourgeoisie une même masse réactionnaire.

D’autre part, le prolétariat est révolutionnaire vis-à-vis de la bourgeoisie parce que, issu lui-même de la grande industrie, il tend à dépouiller la production de son caractère capitaliste que la bourgeoisie cherche à perpétuer. Mais le Manifeste ajoute que «les classes moyennes… sont révolutionnaires… en considération de leur passage imminent au prolétariat ».

De ce point de vue, c’est donc une absurdité de plus que de faire des classes moyennes, conjointement avec la bourgeoisie, et, par-dessus le marché, des féodaux « une même masse réactionnaire » en face de la classe ouvrière.

Lors des dernières élections, a-t-on crié aux artisans, aux petits industriels, etc., et aux paysans : « Vis-à-vis de nous, vous ne formez, avec les bourgeois et les féodaux, qu’une seule masse réactionnaire » ?

Lassalle savait par cœur le Manifeste communiste, de même que ses fidèles savent les saints écrits dont il est l’auteur. S’il le falsifiait aussi grossièrement, ce n’était que pour farder son alliance avec les adversaires absolutistes et féodaux contre la bourgeoisie.

Dans le paragraphe précité, sa maxime est d’ailleurs bien tirée par les cheveux, sans aucun rapport avec la citation défigurée des statuts de l’internationale. Il s’agit donc ici simplement d’une impertinence et, à la vérité, une impertinence qui ne peut-être nullement déplaisante aux yeux de M. Bismarck : une de ces grossièretés à bon compte comme en confectionne le Marat berlinois [10].

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5.- La classe ouvrière travaille à son affranchissement tout d’abord DANS LE CADRE DE L’ETAT NATIONAL ACTUEL, sachant bien que le résultat nécessaire de son effort, qui est commun aux ouvriers de tous les pays civilisés, sera la fraternité internationale des peuples.

Contrairement au Manifeste communiste et à tout le socialisme antérieur, Lassalle avait conçu le mouvement ouvrier du point de vue le plus étroitement national. On le suit sur ce terrain et cela après l’action de l’internationale !

Il va absolument de soi que, ne fût-ce que pour être en mesure de lutter, la classe ouvrière doit s’organiser chez elle en tant que classe et que les pays respectifs sont le théâtre immédiat de sa lutte. C’est en cela que sa lutte de classe est nationale, non pas quant à son contenu, mais, comme le dit le Manifeste communiste, « quant à sa forme». Mais le « cadre de l’Etat national actuel », par exemple de l’Empire allemand, entre lui-même, à son tour, économiquement, « dans le cadre » du marché universel, et politiquement « dans le cadre » du système des Etats. Le premier marchand venu sait que le commerce allemand est aussi commerce extérieur et la grandeur de M. Bismarck réside précisément dans le caractère de sa politique internationale.

Et à quoi le Parti ouvrier allemand réduit-il son internationalisme ? A la conscience que le résultat de son effort « sera la fraternité internationale des peuples » – expression ronflante empruntée à la bourgeoise Ligue de la liberté et de la paix [11], que l’on voudrait faire passer comme un équivalent de la fraternité internationale des classes ouvrières dans leur lutte commune contre les classes dominantes et leurs gouvernements. Des fonctions internationales de la classe ouvrière allemande par conséquent, pas un mot ! Et c’est ainsi qu’elle doit faire paroi [12] face à sa propre bourgeoisie, fraternisant déjà contre elle avec les bourgeois de tous les autres pays, ainsi qu’à la politique de conspiration internationale de M. Bismarck !

En fait, la profession d’internationalisme du programme est encore infiniment au-dessous de celle du parti libre-échangiste. Celui-ci prétend, lui aussi, que le résultat final de son action est la « fraternité internationale des peuples ». Mais encore fait-il quelque chose pour internationaliser l’échange et ne se contente-t-il pas du tout de savoir… que chaque peuple fait, chez lui, du commerce.

L’action internationale des classes ouvrières ne dépend en aucune façon de l’existence de l’Association internationale des travailleurs. Celle-ci fut seulement la première tentative pour doter cette action d’un organe central; tentative qui, par l’impulsion qu’elle a donnée, a eu des suites durables, mais qui, sous sa première forme historique, ne pouvait survivre longtemps à la chute de la Commune de Paris.

La Noradeutsche [13] de Bismarck était pleinement dans son droit quand elle annonçait, pour la satisfaction de son maître, que le Parti ouvrier allemand a, dans son nouveau programme, abjuré l’internationalisme.

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( La source de la présente traduction est

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500a.htm

sauf pour les mots « DU TRAVAIL », bizarrement supprimés de cette phrase essentielle:

« Le droit du producteur est proportionnel au travail qu’il a fourni; l’égalité consiste ici dans l’emploi DU TRAVAIL comme unité de mesure commune. »

et que nous avons donc remis, et en majuscules, tant qu’à en souligner l’importance!

Mais on pourra vérifier le texte original ici:

http://www.mlwerke.de/me/me19/me19_013.htm

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et sa version anglaise:

https://www.marxists.org/archive/marx/works/1875/gotha/ch01.htm

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Notes :

[1] Marx : Le Capital, tome 1° : « Le travail n’est donc pas l’unique source des valeurs d’usage qu’il produit, de la richesse matérielle. Il en est le père, et la terre, la mère, comme dit Wlliam Petty (Célèbre économiste et statisticien anglais – NdE). »

[2] Rousseau, J.-J. (1712-1778): Philosophe français de l’ « époque des lumières ». Représentant l’aile gauche de la bourgeoisie (le tiers état), de la démocratie bourgeoise ascendante, il fut l’éloquent avocat de la lutte contre l’exploitation féodale et l’absolutisme et défendit la théorie de la « souveraineté populaire » qui fut réalisée dans la lutte révolutionnaire plébéienne des Jacobins. Rousseau établit sa critique du système féodal sur la conception abstraite et nullement historique de l’égalité naturelle, de la condition heureuse de l’homme dans le communisme primitif et de la supériorité de la nature et des relations naturelles sur celles de la société.

[3] Le passage en question se trouve dans le célèbre préambule (rédigé par Marx en 1864) des statuts de la première Internationale : « [Considérant] que l’assujettissement économique des travailleurs aux détenteurs des moyens de travail, c’est-à-dire des sources de la vie, est la cause première de la servitude dans toutes ses formes : misère sociale, avilissement intellectuel et dépendance politique… »

[4] Lassalle avait passé un accord avec Bismarck, représentant politique des grands propriétaires fonciers. Voir la lettre de Marx à Kugelmann sur le sujet plus loin dans ce document.

[5] Voir l’article critique d’Engels « Un salaire équitable pour une journée de travail équitable », dans l’ouvrage de Marx : Salaire, prix et profit.

[6] C’est-à-dire les saints-simoniens, fouriéristes, icariens, owenistes, etc.

[7] Marx nous a déjà donné une fois le tableau d’une société communiste dans laquelle « le temps de travail joue un double rôle » : « D’un côté, sa distribution dans la société règle le rapport exact des diverses fonctions aux divers besoins; de l’autre, il mesure la part individuelle de chaque producteur dans le travail commun et en même temps la portion qui lui revient dans la partie du produit commun réservée à la consommation. » (Le Capital, t. I. p. 90).

[8] C’est-à-dire les instruments de production (terre, bâtiments, outillage, etc).

[9] Voir l’ Adresse inaugurale de l’Association Internationale des Travailleurs.

[10] Marx désigne, sous cette appellation ironique, Hasselmann, le rédacteur en chef du Neuer Sozial-Demokrat, organe central des lassalliens.

[11] La Ligue internationale pour la paix et la liberté, fondée à Genève en 1867, était une organisation internationale de démocrates bourgeois et de pacifistes partisans du libre-échange, contre laquelle Marx et la I° Internationale menèrent une lutte résolue.

[12] Faire paroli : doubler la mise, renchérir.

[13] La Noradeutsche Allgemeine Zeitung (Gazette générale de l’Allemagne du Nord), fondée en 1861, était l’un des principaux journaux bismarckiens.

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