Israël / Iran : premier acte de guerre directe, suite aux menaces de Trump !

Israël/Iran :

premier acte

de guerre directe,

suite aux menaces de Trump !

Fortes tensions entre Israël et l’Iran, des échanges des tirs sur le plateau du Golan

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MOYEN-ORIENT Dans un contexte d’animosité à la suite de plusieurs opérations israéliennes contre des intérêts iraniens en Syrie, les tensions ont été avivées par les incertitudes autour de l’accord nucléaire iranien…

20 Minutes avec AFP

Publié le 10/05/18 à 06h41 — Mis à jour le 10/05/18 à 06h41

Les tensions entre Israël et l’Iran autour du théâtre syrien ont connu un brusque accès jeudi matin avec, pour la première fois, des tirs de roquettes directement attribués à l’Iran vers des positions israéliennes, provoquant une vigoureuse riposte de l’Etat hébreu en Syrie.

Après des semaines de crispations grandissantes, les premières lignes militaires sur la partie du Golan occupée par Israël ont essuyé un barrage d’une vingtaine de projectiles et roquettes déclenché selon l’armée israélienne par les forces iraniennes de l’autre côté de la ligne de démarcation en Syrie.

Les tirs n’ont pas fait de victimes et ont causé des dégâts limités selon l’armée israélienne, mais l’armée a déclenché « une action contre des objectifs iraniens en Syrie », a dit un de ses porte-parole, Avichay Adrae, sur Twitter. « Toute intervention syrienne pour contrer cette action sera sévèrement réprimée », a-t-il prévenu.

Des tensions avivées par les incertitudes autour de l’accord nucléaire iranien

Un correspondant de l’AFP a rapporté de fortes détonations à Damas. La télévision a retransmis en direct des images de la capitale syrienne montrant des projectiles lumineux dans le ciel et plusieurs missiles détruits selon elle par les systèmes anti-aériens syriens. Des échanges nourris de projectiles, qui auraient commencé dès mercredi soir, ont été rapportés de part et d’autre de la ligne de démarcation.

Certains missiles israéliens ont touché des bases militaires ainsi qu’un dépôt d’armes et un radar militaire, a rapporté l’agence officielle syrienne Sana sans préciser leurs emplacements. Les batteries anti-aériennes syriennes ont abattu des dizaines de missiles israéliens, a-t-elle affirmé.

 

Rien ne permettait de dire si ces évènements constituaient simplement un accès de fièvre plus fort que les autres, ou s’ils marquaient le début d’une escalade redoutée depuis des semaines, dans un contexte d’animosité à la suite de plusieurs opérations attribuées à l’armée israélienne contre des intérêts iraniens en Syrie. Des tensions qui ont encore été avivées par les incertitudes autour de l’accord nucléaire conclu en 2015 par les grandes puissances avec l’Iran et dénoncé mardi soir par le président américain Donald Trump.

https://www.afp.com/fr/infos/327/brusque-acces-de-tension-entre-israel-et-iran-sur-le-theatre-syrien-doc-14q2sq2

VOIR ÉGALEMENT CE POINT ACTU RÉCENT:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/10/trump-contre-liran-coup-de-force-ou-aveu-de-faiblesse/

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/83ee6ab63885225cc89d13309cb28cf8-syrie-une-frappe-nocturne-attribuee-israel-tue-15-personnes-dont-8-iraniens.jpg?width=1260&height=712&fill=0&focuspoint=50%2C24&cropresize=1

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Trump contre l’Iran : Coup de force ou aveu de faiblesse ?

 

 

 

Trump contre l’Iran :

Coup de force

ou aveu de faiblesse ?

Seule chose évidente dans ce « coup d’éclat » : c’est une nouvelle frappe… sur le nez de son petit chien Emmanuel Macron, trop avide de lui lécher les bottes, une fois de plus… !

Déçu par ce maitre peu reconnaissant de sa docilité, Macron fait mine de vouloir lui mordiller les jarrets en « maintenant », voire en « renégociant » l’accord avec l’Iran…

Mais chat échaudé craint l’eau froide, et l’on voit mal ce qui inciterait l’Iran à « lâcher du lest » dans ces nouvelles circonstances…

Surtout face à la parole de peu de poids de ses partenaires dans cet accord sur le nucléaire.

Cela impliquerait que les européens soient assez unis et assez forts pour contourner les sanctions que Trump projette de mettre en œuvre à l’égard des « récalcitrants »…

Un fine, c’est la calculette qui sera l’arbitre des décisions, en comparant la valeur des affaires en cours avec l’Iran et le coût des sanctions US…

Dans un cas comme dans l’autre, c’est donc une perte sèche pour les économies des « alliés » européens de l’Amérique et une perte de crédibilité venant dévaluer la parole des USA sur la scène diplomatique internationale.

Et dans tous les cas, un regain de tension internationale et un recul considérable pour toute perspective de paix dans cette région du monde, notamment en Syrie, et bien au delà, évidemment.

En accréditant, contre toute évidence internationalement reconnue, la thèse sioniste selon laquelle l’Iran développerait une arme nucléaire et favoriserait le terrorisme, Trump entend justifier par avance une intervention armée contre l’Iran, soit directe, soit par ses supplétifs sionistes eux-mêmes.

Il apparait donc d’autant moins douteux que les dernières attaques sionistes perpétrées en Syrie ont eu lieu en plein accord et en totale coordination avec les responsables militaires US déjà opérationnels dans la région. Le geste nauséabond de Trump, même critiqué et le plus souvent, condamné, par la communauté internationale, et y incluant d’abord, ses propres alliés, est bien le premier pas délibéré vers une nouvelle guerre internationale, et non le signe d’une volonté d’apaisement.

Il est donc plus que jamais temps, pour la « gauche » prétendument anticapitaliste et anti-impérialiste, de prendre conscience du cadre international de conflit mondial larvé dans lequel se déroule ses luttes « sociales », et qu’elle ne peuvent ni s’en extraire ni avancer sans en tenir compte pour établir un rapport de force nouveau et déterminant contre Macron, le petit chien couchant de l’impérialisme US et du sionisme.

Luniterre

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WASHINGTON ― President Donald Trump’s decision to withdraw from the Iran nuclear deal will weaken U.S. relationships around the world and create problems that U.S. foreign policy will be grappling with for years, but it’s also a boon for the U.S. rival that American intelligence said helped Trump get elected: Russia.

Trump’s move will likely lead toward progress on Russian President Vladimir Putin’s two chief goals: splintering the U.S.-led alliance of democratic powers that currently dominates global affairs and fortifying Russia’s alternative network, which includes Iran and its partners across the Middle East.

A split between the U.S. and its three most powerful allies — France, Germany and the U.K. — was clear immediately after Trump’s announcement. The leaders of the latter three countries issued a joint statement expressing “regret and concern” and saying they want to sustain the Iran agreement, which promised Iran some freedom from international sanctions in exchange for limits on and guarantees of transparency about its nuclear development. They reiterated what Trump’s own military advisers and new secretary of state have said: Iran is abiding by the deal.

America moves further away from our key allies, which has implications that are extremely important and detrimental,” said Rep. John Garamendi (D-Calif.), a prominent member of the House Armed Services Committee.

The U.S. committed to the 2015 nuclear agreement with Iran, Germany, France, Russia, China and the U.K. All the other countries plan to stay in the accord.

The U.S. and Europe have always had disputes. But the worry is that something fundamental is shifting.

Trump’s reneging on past U.S. commitments on Iran and climate change, along with his willingness to wage a trade war with Europe and continuously misrepresent NATO, has made it hard for America’s foreign partners to think he truly sees them as friends.

That the president made his Tuesday announcement despite warnings from his own party’s top national security voices and independent experts reminds other countries that they can’t assume that U.S. supporters of traditional diplomacy and international norms will be able to keep American relationships on track. The implicit promise of an experienced, largely bureaucratic foreign service is that it brings professionalism and longterm thinking to whatever policy an elected official wants to pursue ― and on Tuesday, U.S. diplomats didn’t even have a plan for next steps after Trump’s speech.

The Europeans would prefer that the U.S. continue to operate as it traditionally did, said Federiga Bindi, a former official in the Italian government and a senior fellow at Johns Hopkins University’s School of Advanced International Studies. “I think with [the Iran deal announcement] they start to see who Trump really is. The U.S. is never going to recover from that.”

The Trump administration did try to soften the blow of the announcement. The president spoke of developing future Iran policy alongside foreign partners. And a White House statement said foreign companies that began work in Iran under the terms of the accord ― including some huge European firms ― would have a grace period to exit before potentially being hit with U.S. sanctions that Trump wants to reapply.

But that only underscored how U.S. priorities now diverge from those of its longtime allies. European leaders are committed to the Iran deal because they believe it prevents the spread of nuclear weapons and they know Iran will not stay in unless it receives some economic benefit. So now those same leaders, Bindi said, must try to shield their companies from U.S. sanctions by, for instance, helping them create ways to do business in Iran that can’t be disturbed by American regulators. But there’s only so much time in the day. It’s unlikely that European officials will focus much on trying to craft the “better deal” Trump pledged, particularly because the president didn’t seem to care about the months of work they and their American counterparts put into negotiations for side agreements that he had suggested might help convince him to stay in the deal.

Meanwhile, in Moscow, Putin began his fourth term in office this week with a chance to show that unlike the U.S., Russia does abide by international promises like the Iran agreement.

The accord was useful for Russia because it wanted to avoid more countries gaining nuclear weapons and thereby making one of its own assets less valuable. “It never really was comfortable with Iran’s potential for breakout,” said Michael Stephens of the Royal United Services Institute in London.

But a world in which U.S. credibility is in the gutter and the deal is in tatters is hardly a nightmare scenario for Putin.

As the U.S. puts more economic pressure on Iran, the Islamic republic will find it harder to acquire friends. That leaves Tehran with Moscow. Though the two are uneasy partners, they have cooperated to combat international initiatives that might challenge their own interests. In Syria, for instance, they fight side-by-side and present a united front in global organizations to defend their mutual friend Syrian President Bashar Assad.

Hard-liners in Tehran want to deepen that relationship. In the process, they seek to boost the sense of righteous resistance to the West that keeps aggressive nationalism strong among their base and ensure that their country remains a Putin-style autocratic society, rather than gaining more exposure to the Western liberties that many ordinary Iranians have clamored for.

A more isolated and paranoid Iran means “the Russians gain geostrategically,” said Reza Marashi, the research director at the National Iranian American Council and a former State Department official.

The United States, he added, is helping reinforce a perception that the Russians want to strengthen: that today Washington may hold sway in the southern half of the Middle East, but the north ― including key areas in Syria, Iraq, Iran and Turkey ― is under Moscow’s influence.

And that plays precisely into what Putin deeply desires ― to make Russia, 27 years after the fall of the Soviet Union, once again look like an equal to the U.S.

https://www.huffingtonpost.com/entry/trump-iran-deal-exit-win-for-russia_us_5af21ea9e4b00a3224ee17d1

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Avec la décision de Trump, l’Amérique se tire une balle dans le pied…

Boeing will lose $20 billion because of Trump’s Iran decision

President Trump’s high-stakes decision to withdraw the U.S. from the multilateral Iran nuclear deal has winners and losers, and leaves serious questions about what happens next, but one clear loser is Boeing. After the U.S. and Iran signed the deal with China, Russia, and European allies in 2015, Boeing signed a $17 billion deal with Iran Air to deliver 80 aircraft and another $3 billion deal with Iran’s Aseman Airlines. Airbus also inked a deal to sell Iran Air 100 planes for $19 billion, only three of which have been delivered. « The Boeing and Airbus licenses will be revoked, » Treasury Secretary Steven Mnuchin said Tuesday. « The existing licenses will be revoked. »

« We will consult with the U.S. government on next steps, » Boeing vice president Gordon Johndroe said in a statement. « As we have throughout this process, we’ll continue to follow the U.S. government’s lead. » Boeing stock fell a modest 0.6 percent on the sanctions news, in part because Boeing already has a long backlog of orders pending, The Washington Post reports.

Trump’s decision immediately snaps back sanctions on Iran, prohibiting new deals with Iran and giving companies 90 days to wind down contracts involving airplanes and airplane parts, gold and other metals, U.S. dollar transactions, or auto deals, and 180 days to stop buying Iranian oil or conduct business with Iran’s insurance and shipping sectors. « These sanctions do impact all of the major industries, » Mnuchin said. « These are very, very strong sanctions; they worked last time. That’s why Iran came to the table. » He didn’t explain why Iran would return to the table after the U.S. broke its word. Peter Weber

http://thehill.com/homenews/administration/386849-boeing-losing-20-billion-as-trump-withdraws-from-iran-pact

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ANALYSE « LES ECHOS ». Le président américain a choisi de retirer les Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, ouvrant une période de grandes incertitudes.

« Le pire accord de l’histoire. Horrible. Désastreux. » Mardi 8 mai, Donald Trump a finalement annoncé sa décision de dénoncer l’arrangement du 14 juillet 2015 conclu à Vienne entre l’Iran et six grandes puissances, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France) plus l’Allemagne. Un compromis arraché après douze années de complexes négociations, et qui vise à limiter la capacité de l’Iran à enrichir l’uranium à un niveau militaire.

Cet accord avait été mis sous la surveillance des inspecteurs de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), qui, depuis sa mise en oeuvre en janvier 2016, ont réalisé dix vérifications pour s’assurer que Téhéran en respectait les conditions. En échange, l’Iran avait obtenu une levée progressive des sanctions internationales prises pour l’obliger à négocier. Ce qui, aux yeux du président Hassan Rohani, devait ouvrir la voie à une normalisation de son pays sur la scène internationale et donner une bouffée d’oxygène à l’économie iranienne.

Pour sortir de  l’accord de Vienne , le 45e président américain a néanmoins choisi l’option la plus extrême en réimposant les sanctions les plus dures contre Téhéran et en exigeant le retrait des entreprises étrangères d’Iran.

Détricoter les accords conclus par Obama

Il est vrai que le milliardaire américain avait nombre de motifs pour rendre une décision négative. Le premier est politique. Il s’agit de détricoter ce qu’a fait son prédécesseur démocrate, Barack Obama. Comme l’Accord de Paris sur le climat, celui sur le nucléaire iranien devait absolument être abandonné.

Les autres raisons tiennent à la nature de l’accord. Son champ est en effet limité aux activités nucléaires à but militaire et ne concerne pas le développement de missiles balistiques.  D’après l’IISS (International Institute for Strategic Studies), un certain nombre des systèmes de cet arsenal, le plus important au Moyen-Orient, seraient, en théorie, capables d’emporter des charges nucléaires.

En outre, la durée de l’accord est temporaire, fixée à dix ans. Ce qui laisse une grande interrogation sur l’après-2025. Enfin, il ne couvre pas les actions dénoncées comme déstabilisatrices de l’Iran dans le monde arabe, que ce soit en Irak, au Yémen, au Liban et en Syrie où plusieurs centaines de conseillers des forces spéciales iraniennes Al Qods et la milice du Hezbollah libanais ont été déployées. Une crainte qui a poussé à un rapprochement de circonstances entre l’Arabie saoudite et Israël et à des conflits par procuration avec l’Iran.

Un revers pour les Européens

Sur le papier, l’effet direct de la réimposition de nouvelles sanctions par les Etats-Unis est néanmoins relativement limité. Car dans le cadre de l’accord, Washington avait maintenu un éventail d’autres sanctions liées à d’autres domaines, notamment balistiques et militaires. Il s’agit en revanche d’un sévère revers pour Angela Merkel, Theresa May et Emmanuel Macron, qui ont tenté jusqu’à la dernière minute de faire changer d’avis le président américain.

Le vrai risque pour les Européens est économique, en raison de l’application de l’extraterritorialité des législations américaines contre des entreprises européennes tentées d’investir en Iran. Trump a donné six mois aux entreprises étrangères pour se retirer d’Iran. Personne n’a oublié l’amende de près de 9 milliards de dollars imposée à BNP Paribas en 2014. Jusqu’à présent, les Etats-Unis ont refusé, en outre, d’accorder des licences d’exportation pour les équipements aéronautiques américains.

Les dirigeants iraniens divisés

L’avenir dépend désormais de l’Iran. Les autorités de Téhéran restent divisées sur le point de savoir si elles se maintiendront dans l’accord ou si, au contraire, elles le quitteront après la sortie américaine. Pour les réformateurs comme le président Hassan Rohani, il s’agit d’un échec. De l’autre côté, les durs du régime, les religieux et les gardiens de la Révolution (Pasdaran) n’ont jamais vu d’un bon oeil ce qu’ils considèrent comme une compromission avec l’Occident. Toute décision appartient désormais au guide suprême, Ali Khamenei.

En cas de reprise de l’enrichissement de l’uranium au-delà des niveaux autorisés par l’accord de 2015, les options sont limitées. Car le président Trump n’a proposé aucune perspective pour parvenir à un « meilleur accord » avec l’Iran. Militairement, Israël ne peut répéter des raids comme celui mené en 1981 contre Osirak, le réacteur expérimental nucléaire construit par la France en Irak, ou plus récemment, en 2007, en Syrie.

Un plan B encore possible

La dissémination des sites iraniens, parfois construits à des profondeurs telles que seules des bombes à charge pénétrante, les « bunker busters » américains, peuvent les atteindre, rend impossible la réussite de telles attaques. Dans une région hautement instable, une offensive militaire d’envergure contre l’Iran n’est pas réalisable à moins de déclencher un conflit de très grande ampleur. La guerre menée contre l’Iran par l’Irak de Saddam Hussein (1980-1988) soutenu alors par les Etats-Unis et les Européens, a été un échec cuisant et une tragédie qui a fait plus de 800.000 morts.

Reste le plan B. Car l’Europe a une carte à jouer pour que l’Iran respecte les termes de la limitation nucléaire. A condition de parvenir à convaincre la Chine et surtout, l’alliée de circonstance de Téhéran, la Russie. Car le risque principal en cas de reprise du programme nucléaire militaire est de voir  une crise de prolifération nucléaire au Moyen-Orient. Peut-on imaginer que l’Arabie saoudite, la Turquie et les Etats du Golfe restent sans réagir face à un Iran doté de la bombe nucléaire ?

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301658466686-pourquoi-trump-a-choisi-loption-la-plus-dure-contre-liran-2174822.php

Soutien à la « Marche du Retour » – Palestine – Manif samedi 12 mai

 

 

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LYON 15 heures

PLACE BELLECOUR

 

La « Coordination des associations Palestiniennes à Paris » vous invite à adopter et relayer cet appel à manifester le samedi 12 mai 2018 partout en France. A Paris, comme partout en province, manifestons notre soutien à la « Marche du Retour » et au « Soumoud » du peuple Palestinien.

 

 

 

 

 

 

 

 

1er Mai 2018

1er Mai 2018

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Le premier mai n’est pas une célébration, moins encore une fête ni une cérémonie funèbre destinée à faire hommage aux victimes du capitalisme. Ce n’est pas non plus une journée rituelle pour des militants. Le 1er mai, dès ses origines, a été organisé par les directions politiques des travailleurs afin de commencer à donner vie à un mouvement international uni des travailleurs du monde. C’est avant tout une manifestation politique internationaliste conduite et organisée par l’avant-garde politique des travailleurs de l’époque: les Internationales Ouvrières.

Cette volonté internationaliste, inscrite dans la nature même du mouvement ouvrier, a été peu à peu dévoyée par les dirigeants opportunistes sous la pression de la bourgeoisie qui, sans pouvoir la réprimer, fait tous les efforts possibles pour changer son caractère. Notre devoir est de lui rendre sa véritable nature de journée de lutte internationaliste.

 Aujourd’hui le combat mondial des travailleurs, le mot d’ordre que les unit et doit les unir est la lutte consciente et déterminée contre le fléau mondial le plus important et le plus dangereux: l’impérialisme US et ses laquais volontaires ou forcés dont se trouve l’impérialisme français. Les agressions de l’impérialisme US au Moyen Orient, en Syrie particulièrement où il agit par djihadistes et « rebelles » interposés, après avoir détruit la Yougoslavie, l’Irak, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen, fait partie d’un plan concerté, mûrement réfléchi de perpétuation de sa domination mondiale.

 Au Moyen Orient son soutien au régime raciste et criminel de l’entité sioniste permet à celle-ci de massacrer impunément, en ce moment même, le peuple de la prison à ciel ouvert de Gaza, et de continuer ses plans de liquidation de la république syrienne laïque cette fois-ci par le bombardement et l’augmentation de la présence de ses troupes comme de ses supplétifs diverses afin de créer une situation lourde de dangers dans la région.

La défaite de ses supplétifs « rebelles » et djihadistes ne l’a pas encore contraint à lâcher cette proie mais ses secteurs les plus agressifs jettent encore de l’huile sur le feu, créant toutes les conditions pour l’embrassement de la région. Les dirigeants de l’entité sioniste provoquent afin de créer des conditions encore plus difficiles à la conclusion de cette guerre qui à été principalement gagnée par le courage du peuple syrien, de son armée et la ferme volonté de son Président de ne pas céder à la pression impérialiste.

 Cette situation durablement douloureuse n’a été possible que par l’absence d’un fort mouvement internationaliste des travailleurs mais surtout, dans les conditions actuelles, par la trahison ouverte ou cachée de la soi-disant gauche et extrême-gauche de tant des pays, en France particulièrement, où le NPA s’auto-érige en conseiller de l’impérialisme et lui demande d’appuyer et d’armer encore plus les bandes réactionnaires sur place. Quelle honte! D’autres se positionnent « au milieu » tels de modernes Ponce Pilate et soutiennent indirectement l’impérialisme en faisant les dégoutés du leader d’un petit pays qui se bat depuis sept ans, courageusement contre les menées impérialistes contre son pays.

 Macron, s’aligne sur les positions de l’impérialisme US espérant gagner des miettes d’un butin qui s’éloigne à mesure des triomphes de l’armée arabe syrienne, et il s’obstine sans trouver aucune opposition réelle à sa politique d’agression en Syrie, sans que sa presse ne dise un seul mot réaliste des horribles massacres de Gaza, et en poussant des lois contre la classe ouvrière.

 Ce 1er mai, journée de lutte internationaliste des travailleurs manque hélas d’une direction politique internationale. Mais c’est cela la perspective car sans un mouvement concerté et conscient des travailleurs, qui, aujourd’hui, passe par l’opposition aux agissements de l’impérialisme US et de ses supplétifs, soient ils les impérialismes de deuxième ordre, comme la France, ou les sionistes, avant de prendre le chemin de la liquidation du capitalisme et de la construction collective d’une société réellement socialiste dans les pays libérés et, à terme, à l’échelle de la planète.

  Tribune Marxiste-Léniniste         https://tribunemlreypa.wordpress.com/

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En Version PDF:      1er MAI 2018

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Un demi-siècle après Mai 68 : En finir avec la « gauche » Kollaborationniste

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Un demi-siècle

après Mai 68 :

En finir avec la « gauche »

Kollaborationniste

 

 

« Les rares personnes qui comprendront le système seront soit si intéressées par ses profits, soit si dépendantes de ses largesses qu’il n’y aura pas d’opposition à craindre de cette classe-là  ! La grande masse des gens, mentalement incapables de comprendre l’immense avantage retiré du système par le capital, porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts. »

Rothschild Brothers of London, citant John Sherman,

communiqué aux associés, New York, le 25 juin 1863.

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Un demi-siècle après Mai 68, encore Marxiste-Léniniste?

Que peut bien encore signifier « être ML » en 2018 ?

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1968, ce n’est pas seulement l’année de Mai en France…

Même si les « événements » de Mai 68 resteront en quelque sorte, et pour très longtemps, en France, la « partie émergée » d’un étrange iceberg sur lequel le vaisseau fantôme « Équilibre Mondial » est venu heurter la structure de sa carcasse déjà bien vermoulue…

En réalité, effectivement, le monde de cette époque est déjà miné par une somme de contradictions et d’inégalités qui appelaient à un autre équilibre, sur d’autres bases.

Malgré la croissance encore exponentielle des économies « occidentales », mais plus pour très longtemps, et comme si les peuples de ces nations sentaient déjà la fin de cette ère initialement sensée finir à la fois le siècle et le millénaire dans une apothéose de science et de technologie, une remise en cause de ces « raisons de vivre » traversait toutes les couches de cette société où l’opulence semblait prochainement accessible à tous et pratiquement sans limites…

La gauche française, née et bercée initialement dans les utopies de la fin du XIXème siècle, n’était devenue, formellement et intellectuellement, « marxiste », que par mimétisme, sous l’influence de l’URSS d’avant-guerre, en voie de développement et de construction accélérée, puis sous l’influence, plus symboliquement ambigüe, de la bataille devenue légendaire de Stalingrad. Sans comprendre que ce que les soviétiques avaient défendu avec un tel esprit de sacrifice, ce n’était pas essentiellement la perspective d’une utopie, lucidement lointaine, pour eux, mais bien les vitales conquêtes des premiers pas du socialisme, qui les avait simplement sorti de la misère des isbas, de l’asservissement aux grands propriétaires fonciers, et surtout, finalement, de l’analphabétisme et de l’ignorance.

La véritable base initiale de la Révolution Bolchevique et celle de la gauche française appartenaient déjà depuis longtemps à deux mondes différents, mais les « élites intellectuelles » dirigeantes idéologiques de la gauche française étaient incapables d’assumer ce décalage, autant , et sinon plus, par opportunisme que par manque de lucidité…

C’est déjà cette faillite idéologique que symbolise le célèbre mot que l’on prête volontiers à Sartre :« Il ne faut pas désespérer Billancourt. »

Que le mot soit apocryphe ou non, il résume en même temps tellement bien la faillite de ce « philosophe » et de son monde qu’on ne saurait réellement le lui retirer…

C’était une époque où la gauche intellectuelle française vantait sans complexes les mérites de l’école républicaine et prétendait même encore savoir lire… Elle faisait néanmoins de Marx une lecture essentiellement utopiste, ce qui tendrait à rendre douteuse cette prétention, et généralement, de plus, en se complaisant dans d’interminables débats sur les diverses interprétations byzantines qu’elle en faisait…

A l’occasion, elle pratiquait de la même manière avec les textes de Lénine, espérant préserver par là le lien entre ses chimères utopiques et sa vision « globale » de l’URSS, qui n’était (et n’est toujours …), précisément, qu’une « vision », et « globalisante », de plus, c’est à dire aux antipodes du matérialisme historique et de la dialectique marxiste, en réalité.

Le caricatural « globalement positif », également apocryphe mais pleinement assumé par Marchais en 1979 est à la fois l’aboutissement, (23ème Congrès du PCF), et, très vite, le point de retournement à partir duquel cette même « vision globale » devient tout aussi globalement négative et toujours aussi antithétique du marxisme, mais enfin « globalement » conforme à ce que la bourgeoisie française attendait de son aile gauche…

Le « globalement positif » est significatif en ce qu’il précède de peu l’intervention armée de l’URSS en Afghanistan. 1979 est donc aussi le début du reflux des luttes de libération nationales du tiers monde, qui formaient, à l’échelle mondiale, une vaste zone d’influence de l’URSS et une résistance encore farouche au déploiement de l’impérialisme US et de ses valeurs financières et sociétales.

Quel rapport avec 1968 ?

1968 commence avec l’offensive du Têt au Sud-Vietnam. Un échec militaire mais transformé en réussite politique par son impact psychologique, essentiellement sur l’opinion public occidentale…

En réalité, c’est le tournant décisif de cette guerre, une des plus emblématiques de la deuxième moitié du XXème siècle. Elle marque un moment important de l’indécision du rapport de forces dans ce que l’on appelle encore la guerre froide.

Dans son rapport avec la gauche française le statut du rôle de l’URSS n’a sans doute jamais été aussi ambigu. Mai 68 se trouve placé, chronologiquement, entre cette offensive spectaculaire des « communistes » nationalistes vietnamiens et l’intervention de l’URSS et des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, en Août de la même année. Si l’offensive du Têt marque essentiellement par la détermination des combattants assaillants au Sud-Vietnam, en révélant la vulnérabilité de l’Empire US, la nécessité de mobiliser aussi massivement ses troupes pour sauvegarder son influence en Europe de l’Est marque en parallèle la vulnérabilité de l’infrastructure soviétique à cette même époque, déjà. En prétendant la réformer, Khrouchtchev en avait déjà sapé les fondamentaux et Brejnev ne faisait que tenter de limiter cette désagrégation sans pour autant revenir aux fondamentaux. Dubcek à Prague ne faisait que renouveler le réformisme khrouchtchevien et anticiper, en quelque sorte, la perestroïka… C’est à dire une désagrégation encore plus complète des derniers restes d’une économie planifiée et son glissement délibérément organisé d’un capitalisme bureaucratique d’Etat déclinant vers le libéralisme économique « à l’occidentale », même si dans une version hypothétiquement « sociale-démocrate ».

Mai 68 en France, tout comme, à l’échelle internationale, l’ensemble de la révolte de la jeunesse et le resurgissement du mouvement ouvrier, se situe en quelque sorte au point d’un équilibre mondial précaire dont les deux protagonistes essentiels, USA et URSS, sont eux-même à la fois autant sur la défensive qu’à l’offensive et fragilisés par la nécessité même de leurs propres mouvements contradictoires.

Tout était sans doute possible, à cette époque, mais encore fallait-il en avoir une conscience claire. Les contestataires en apparence les plus radicaux de l’époque n’en avaient, au mieux, qu’une conscience instinctive et éventuellement obscurcie par l’usage de psychotropes diverses nouvellement en vogue… Pour ce qui est d’une partie encore relativement marginale de la gauche française, un désir réel et puissant de subversion suffisait, le plus souvent, comme élixir…

Mais avant de creuser dans les motivations confuses et contradictoires des contestataires français, arrêtons nous encore un instant sur ce lien qui semble unir non seulement 1968 et 1979, mais aussi 1979 et notre présente époque…

En 1979 les américains avaient déjà intégré la « leçon du Vietnam », et compris que malgré leurs énormes moyens matériels ils étaient incapables de gagner frontalement une guerre réellement populaire.

En Afghanistan, on sait maintenant qu’ils avaient déjà réussi à introduire et manipuler les premiers spécimens de ceux qui allaient devenir les djihadistes répandant aujourd’hui la terreur à travers le monde… L’intervention russe était donc déjà une première tentative d’enrayer ce fléau, en réalité, et les cris d’orfraies des occidentaux, même et surtout des « intellectuels » de gauche, n’étaient déjà que le reflet de leur cécité en matière d’analyse politique.

Ce qui avait remis en cause le rapport de force avec les USA durant le quart de siècle précédent, ce n’était pas le « socialisme » en URSS, qui n’était plus qu’une coquille bureaucratique dans laquelle nichaient les Bernard-l’Hermite brejneviens et autres, mais le développement intense des luttes de libération nationales dont l’URSS était encore la seule base arrière réelle, suite à la défection de la Chine, en voie de passer du côté US, malgré ses rodomontades maoïstes gauchisantes.

Comprendre que la bourgeoisie nationale bureaucratique en URSS ne défendait plus le socialisme mais continuait néanmoins une forme importante de résistance nationale et internationale anti-impérialiste, c’eut été, de la part de la gauche, en France et ailleurs, du reste, simplement faire preuve de lucidité, et devant cette évidence réaliste, un moyen d’adapter sa stratégie, sans cultiver de non-dits, recouverts d’une phraséologie à double sens, hypocrite et alambiquée.

Passant du mythe « globalement positif » qui assimilait de façon idéaliste l’histoire de l’URSS à une seule phase, celle du socialisme, à une légende noire, celle du « globalement négatif », qui reprenait exactement tous les poncifs classiques de l’anticommunisme, la gauche française condamnait donc aussi, en réalité, le socialisme.

Bien évidemment, cette analyse eut été déjà à faire, non seulement en 1968, déjà, mais dès la fin des années 50, en réalité.

A travers les débuts du djihadisme en Afghanistan, on vient donc également d’aborder le lien entre cette époque et la notre, mais à propos du rôle de la Russie actuelle, celle de Poutine, on y reviendra, nécessairement, pour comprendre le fil qui la relie donc aussi bien à 1979 qu’à 1968, de par le fait.

Ce qui marque le contexte de Mai 68 c’est en quelque sorte une session de rattrapage brutal de la jeunesse française par rapport à l’anglo-saxonne, déjà fortement en ébullition « radicale » depuis quelques années.

En 1968 c’est donc essentiellement la jeunesse d’un occident gavé qui s’interroge, assez massivement, sur ses raisons de continuer à vivre le modèle « consumériste » et l’ « american way of life »…

Si la lutte pour la paix au Vietnam est évidemment un aspect emblématique de la contestation aux USA, c’est, plus simplement, le rejet des carcans archaïques autoritaires de l’époque qui sera le déclencheur en France.

Cet aspect anti-autoritaire se retrouvera largement dans le déclenchement de la grève ouvrière, qui, après un 13 Mai massif mais relativement encadré va prendre de court les syndicats et les déborder, dans un premier temps.

Néanmoins, il faut bien comprendre que, même dans un contexte préalable d’essor économique, de nombreuses inégalités et injustices sociales subsistaient, et restaient nécessairement mal vécues, à la base. Révolte anti-autoritaire et revendications sociales entraient donc soudainement en synergie, bousculant les bureaucraties syndicales, qui se voyaient dépossédées de leur rôle accepté de longue date comme entremetteuses sociales en quelque sorte…

Elles se trouvaient donc confrontées à la nécessité de faire à la fois de la « récupération » syndicale au niveau revendicatif et de la « récupération » politique pour endiguer ce flot d’anti-autoritarisme qui menaçait de les emporter complètement.

Toute l’ambiguïté du rôle des syndicats en France, entre action revendicative et lobby d’influence politique, était déjà posée là de manière urgente à l’époque, et même si les conditions et les termes ont changés, cette ambiguïté reste le syndrome des bureaucraties syndicales actuelles. Même délestées de l’essentiel de leurs troupes militantes et de la plus grande partie de leur influence directe, elle restent un levier indispensable au système pour tenter de légitimer ses « réformes » et ses multiples formes de reculs sociaux autrement que par la seule force de la loi imposée.

Si l’idée du retour à un syndicalisme de lutte de classe n’a pas fait florès depuis, le fait de tolérer ce genre de tendance dans leurs rangs permet aux bureaucraties syndicales de se farder d’un rouge assez pâle mais suffisant pour se présenter comme interlocutrices « légitimes » des luttes locales qui pourraient encore les déborder, et notamment celles qui prennent de plus en plus souvent un tour désespéré, engendré par la seule durabilité réellement en cours de développement, celle de la crise. Au moment même où ces lignes étaient écrites Muriel Pénicaud, Ministre du Travail, faisait une éloge appuyée de Jean-Claude Mailly, leader syndical FO en fin de mandat, en proclamant haut et fort, et manifestement avec intention, vu l’écho dans la presse aux ordres : « On a besoin des syndicats ! » http://www.francesoir.fr/actualites-france/penicaud-besoin-des-syndicats

Pour en finir avec le chapitre des syndicats, il ne faut évidemment pas en conclure que toute activité syndicale est nécessairement contre-révolutionnaire, mais que l’utilisation de la forme syndicale du mouvement ouvrier, une de ses conquêtes les plus basiques, dépend entièrement du contexte politique, lui est soumise, et ne le commande pas. Son rôle dépend du rapport de force. Elle peut être un premier pas en avant dans un contexte où il n’existe pas d’autre moyen d’expression, mais, politiquement, elle ne devient « révolutionnaire » que dans un contexte qui l’est déjà et généralement pas à l’avant-garde du mouvement, qui, précisément et par définition, ne peut qu’être politique. A terme, substituer un syndicat à l’organisation politique de masse des travailleurs, c’est lui faire remplir une fonction organisationnelle étatique qui est précisément l’antithèse de son rôle initial. Cette contradiction absolue est celle de l’anarcho-syndicalisme, une maladie ancienne et chronique de la gauche française.

Mais au delà de la forme, syndicale ou non, le débat des motivations du mouvement ouvrier en Mai 68 se trouve donc posé entre plus de consumérisme ou contestation du consumérisme. Il ne fait pas de doute que pour les catégories ouvrières les moins qualifiées et les moins payées, les « ouvriers spécialisés », la motivation d’améliorer leur niveau de vie est la première à entrer en ligne de compte. En un sens, c’est aussi, et même d’abord, plus d’accès à la société de consommation, alors encore en plein essor. En même temps, si le prix à payer est toujours plus de soumission au système qui les opprime déjà, la question des conditions de vie au travail se trouve également posée et le rapport à l’autoritarisme de l’encadrement technique et patronal aussi. L’idée d’un autre type de rapports sociaux dans l’entreprise surgit donc comme un corollaire assez naturel, dans ce contexte, des revendications purement matérielles. Mais, spontanément, il n’y a pas de perception globale de cette problématique, et donc une relative séparation de la notion de pouvoir politique étatique et de pouvoir dans l’entreprise. Cela laissait donc de la place pour le développement, au moins dans l’imaginaire populaire, de conceptions sociales utopiques localistes, et parmi celles-ci, l’autogestion, qui était donc reprise par les tendances réformistes de la gauche politique et syndicale, PSU, CFDT, gauche du PS , ensuite, se parant ainsi d’une nouvelle image de contestation sociale, tout à fait apte à récupérer les espoirs nés de la grève générale. Cette duplicité des illusionnistes de la gauche réformiste, secondés par la renaissance de l’anarcho-syndicalisme organisé, est une des plus efficaces parmi les manœuvres de récupération politique qui ont mené à l’ « alternance » Mitterrandiste en 1981. Le fait que la transformation des rapports sociaux dans l’entreprise n’avait pas de sens en dehors d’une transformation des rapports économiques et des rapports de production à l’échelle de l’ensemble de la société était largement escamoté par la plupart des intervenants politiques de ce temps.

Malgré l’ébauche d’une remise en cause du consumérisme, c’est la finalité sociale globale du système de production, dans sa réponse ou non-réponse aux besoins sociaux réels, qui n’est tout simplement pas réellement remise en cause, en dépit de l’influence supposée dominante d’un très formel « marxisme » dans la gauche française.

Le « gauchiste » moyen débat des éventuelles formes que pourrait prendre le pouvoir ouvrier, localement ou à l’échelle nationale, et même internationale, de ses formes plus ou moins démocratiques, conseil, syndicat ou autre, il discute doctement de savoir si elles correspondent ou non à la conception marxiste de la dictature du prolétariat, et même de savoir s’il faut conserver ou rejeter cette conception, mais il oublie que l’essentiel est dans le contenu social et économique du programme et non dans les formes.

Au mieux il a sa liste de « mesures » d’un réformisme plus ou moins démagogique ou « radical », genre « répartition des richesses » (… du capital), à la fin desquelles il glisse comme certificat final de « marxisme » une ou deux lignes sur la « socialisation des moyens de production », mais la finalité sociale de l’ensemble du processus de production n’y est jamais autrement définie ni remise en question.

Or si elle ne l’est pas, ou même simplement pas avec suffisamment de précision, en rapport des besoins sociaux les plus élémentaires, c’est la loi du marché qui s’imposera toujours, même si les secteurs essentiels de la production sont tous nationalisés. Et l’on ne s’éloigne donc toujours pas d’une conception économique capitaliste, en réalité.

La véritable « socialisation des moyens de production » n’est pas simplement une forme de collectivisation plus ou moins démocratique ou plus ou moins étatique.

Ce que le socialisme prolétarien interroge, en réalité, ce n’est pas la forme, plus ou moins démocratique, ni du pouvoir d’État, ni même de la gestion des entreprises, mais la finalité sociale du travail lui-même.

Le mythe de l’ « autogestion » opposée au « socialisme «étatique » est particulièrement emblématique et symptomatique de ce faux débat qui a traversé la gauche française depuis Mai 68 et a rendu son discours inaudible et inopérant en regard des problèmes sociaux réels engendrés par la crise, concrètement inaugurée, en réalité, dès le début des années 70 et le premier « choc pétrolier », son premier symptôme spectaculaire.

La finalité « démocratique » de l’autogestion ne change rien au cadre général dans lequel se situe l’entreprise, ni son rapport à l’ensemble des autres entreprises et de la société, car il ne l’extrait nullement de la logique du marché, de la loi du marché, et en aucun cas elle ne saurait le faire, du reste, sans se nier elle-même, et d’abord dans son principe d’autonomie de gestion.

En commençant à donner une finalité sociale et non marchande au travail et à l’entreprise, le socialisme contraint nécessairement la gestion des entreprises à s’inscrire dans un plan collectif de correspondance entre le travail et les besoins sociaux définis collectivement, et il limite donc l’autonomie de gestion des entreprises en les extrayant totalement de la logique du marché pour satisfaire ces besoins sociaux urgents, indépendamment des valeurs de marché, devenues caduques, tant au sens littéral qu’au sens figuré et « culturel » du terme, alors qu’une entreprise réellement autonome et « autogérée » ne peut évidemment sortir du cadre de ces valeurs sans se condamner elle-même, pratiquement, à la faillite à brève échéance.

La situation n’est pas tellement différente pour une « socialisation » ou « collectivisation » conçue comme un ensemble de « nationalisations » étatiques, avec ou sans indemnisation des capitalistes.

Ce que le socialisme interroge, en fin de compte, c’est la correspondance entre les valeurs d’usages crées par le travail et les besoins sociaux réels et urgents. Cette question, dans un premier temps, celui de la transition, non seulement n’exclut pas, mais implique la notion d’échange d’équivalents entre travailleurs producteurs, même si en tenant compte des besoins sociaux collectifs de l’ensemble de la population, y compris en dehors du secteur productif. Il y a donc là une notion collective d’utilisation de la valeur d’échange, et de la loi de la valeur, donc, telle que définie par Marx, au demeurant, dès les premières lignes du Capital, et telle que reprise dans sa non moins célèbre et controversée Critique du Programme de Gotha.

En dépit de ses litanies et rodomontades marxisantes, c’est donc l’ensemble du discours de la gauche française, même dite « extrême », anarcho-syndicaliste, trotskyste, maoïste, etc… qui se situe en dehors de toute critique réelle et sérieuse du capitalisme, et notamment en dehors de toute critique marxiste.

Aujourd’hui comme hier, l’ « anticapitalisme » de la gauche française n’est qu’une phraséologie gauchisante de pacotille, mais du moins la gauche de la fin des des années 60 avait-elle fait sa part dans le travail de rejet de l’interventionnisme US au Vietnam et elle avait donc contribué à ce que le rapport de force dans le monde penche en faveur des luttes de libération nationale, et notamment contre l’impérialisme US. Elle avait donc joué au moins en partie son rôle internationaliste et anti-impérialiste, et contribué, même si sans une conscience suffisamment claire, à ouvrir la brèche qui allait craqueler la structure du système à l’échelle mondiale, et avec un point particulièrement chaud en France, en Mai 68.

Bien entendu, et tout comme aux USA, et notamment dans le mouvement de la jeunesse, l’essentiel de ce mouvement était le pacifisme, et non un soutient actif aux luttes de libération, sauf de façon très marginale. Néanmoins, le refus de combattre, de la part de la jeunesse US, exigeait déjà un très grand courage et contribuait directement à l’évolution du rapport de forces, sur le terrain.

C’est la somme de toutes ces révoltes qui a eu une importance stratégique et contribué à établir un lien entre anti-impérialisme et anticapitalisme, même si de façon indirecte et non réellement consciente. Il y avait assez souvent une synchronicité des deux aspects de la contestation sans que cela soit de propos délibéré une stratégie, et encore moins, une méthode d’agit-prop basée sur une synergie, qui s’établissait pourtant, de fait.

Aujourd’hui, un demi-siècle après, non seulement le lien entre anti-impérialisme et anticapitalisme n’est toujours pas établi, même de façon approximative, y compris dans les vagues restes du mouvement ML, mais la notion même d’impérialisme est devenue tout à fait subjective et sans aucun rapport avec sa définition marxiste-léniniste d’origine.

Au delà de protestations « pacifistes » de pure forme et sans aucune conséquence militante concrète, chacun, chaque secte et groupuscule décrète « impérialiste » le pays qu’il veut voir défait dans les conflits en cours, au gré de ses intérêts et des alliances qu’il espère nouer, de quelques subsides circulant éventuellement en dessous de table, et en dehors de toute analyse basée sur des critères d’appréciation économique et financière réels, de données réelles correspondant à la définition basique de l’impérialisme.

Il est vrai qu’à l’époque le mouvement maoïste avait déjà bien inauguré ce bal des masques réversibles en créant le concept de social-impérialisme soviétique qui lui permettait de jouer provisoirement sur plusieurs tableaux, feignant, à partir d’un hypothétique « non-alignement », une fausse neutralité qu’il espérait transformer en nouveau leadership du tiers-monde, avant de passer avec armes et bagages dans le camp US, ce qu’il fit dès le début des années 70, mais sans entrainer le retournement général espéré…

Ce retournement spécifique de la Chine, à lui seul, néanmoins, déjà préparé par les luttes de factions internes au PCC, sous le masque grotesque de la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne », avec également un tournant essentiel en 1968, est néanmoins une grande victoire stratégique des USA, aux « bons soins » du Dr Henry Kissinger, et amorce la reprise de contrôle de la situation mondiale par l’impérialisme US.

Il est à noter que la seule révolte prolétarienne réelle en Chine « socialiste », le seul moment d’un éphémère pouvoir prolétarien, celui de la Commune de Shanghai, se termine en Avril 1968, écrasée par l’armée alors contrôlée par Lin Biao, et sur ordre de Mao, alors que la jeunesse maoïste française des beaux quartiers parisiens commence à peine à jeter sa gourme à Nanterre et au Quartier Latin. Mao est, en Mai 1968, quarante ans après Tchang Kaï-chek, le plus grand massacreur de la classe ouvrière de Shanghai…

Compte tenu de la difficulté de circulation des infos entre la Chine continentale et l’occident, à l’époque, on veut bien admettre que ce fait ne fut pas immédiatement saillant pour les maoïstes français en Mai 68. Néanmoins, la remise en ordre générale sous la tutelle de l’armée était tout à fait officiellement annoncée. Ainsi que l’envoi « à la campagne » des gardes rouges, pour une durée à priori indéterminée…

Trois ans plus tard, la véritable nature des accords Chine-USA, sous l’égide de Nixon, ne pouvait être tenue pour une simple « entrevue diplomatique de reconnaissance », compte tenu des premières mises en vente à la bourse de Hong Kong de titres sur les entreprises chinoises continentales. C’était bel et bien la mise en place d’une affaire juteuse pour les deux parties et le début de la mutation de la bourgeoisie « nationale » maoïste du PCC en une bourgeoisie néo-comprador, entièrement vendue à l’impérialisme US, indépendamment de ses luttes de fractions internes. Ce fait, encore peu connu aujourd’hui, était pourtant, même à l’époque, facilement accessible, en termes d’infos, pour nos « dirigeants » maoïstes français, essentiellement issus de la bourgeoisie et proches des milieux d’affaires, dans leurs contextes d’origine.

Mais la duplicité de ces « dirigeants », en France, n’était précisément qu’un pâle et morbide reflet de celle de Mao Zedong lui-même, et dès lors que la base militante en France ébauchait réellement l’amorce d’une résistance prolétarienne anticapitaliste et anti-impérialiste, en opérant notamment une fusion avec la solidarité populaire pour la lutte de résistance palestinienne, leur stratégie manipulatoire et putschiste se trouvait en échec, la lutte échappant à leur contrôle, et il leur fallait la casser rapidement pour réintégrer à temps le giron de leur classe d’origine.

Bien entendu il n’existe pas de catégorie réellement définie pour ce genre de pratique politique manipulatoire, mais la génération des « gardes rouges » quasiment déportée pour plusieurs années en Chine s’est trouvée sacrifiée sur l’autel des règlements de comptes entre factions maoïstes et l’on pourrait légitimement définir ce fait comme un « génocide générationnel », même si la violence y est plus psychique que physique. Pas de telle contrainte, en France, mais les quelques éléments populaires et prolétariens qui ont servi de masse de manœuvre « militante » à ces manipulateurs se sont trouvés tout autant rejetés par le mépris et le cynisme de ces « gosses de riches » ayant juste fini de jeter leur gourme. La violence de la désillusion, la marginalisation et le suicide devenait au mieux, pour les manipulateurs, un sujet d’étude sociologique, sinon carrément l’amorce d’un business spectaculaire marchand.

Il ne s’agit pas ici de stigmatiser particulièrement la « trahison » des « dirigeants inspirés » de telle ou telle tendance, maoïste ou autre, qui n’ont fait qu’agir selon leur véritable nature de classe, mais bien de comprendre que le réalignement de plus en plus formel et généralisé qui gagne, à partir du début des années 70, l’ensemble de la gauche française en faveur de l’impérialisme US et du sionisme, s’enracine en réalité profondément dans les carences de la critique qui en avait été précédemment formulée, aussi virulente et radicale qu’elle ait pu paraître, dans sa forme.

Il ne s’agit pas non plus, à l’occasion de ce cinquantenaire, de refaire un exposé des principes de base, mais au moins de bien montrer jusqu’à quelle dérive aussi absurde et systématique, et surtout, ultra-réactionnaire, leur « oubli » a pu mener la gauche française. Le fait est, basique et malgré tout nécessaire à rappeler, que l’impérialisme n’est pas un phénomène « extérieur », comme une sorte de « supplément d’âme » particulièrement noir, du capitalisme, mais bien une évolution logique et incontournable de sa nature profonde, reposant sur la domination, tout aussi logique et incontournable, du capital financier et spéculatif, et sur sa capacité à asservir d’autres nations et d’autres peuples en captant leurs ressources et le fruit de leur travail par l’exportation massive de capitaux. L’utilisation de la force militaire n’étant qu’un corollaire fréquent mais ni indispensable ni symptomatique par lui-même. Le nombre de pays qui sont réellement des pôles financiers d’envergure mondiale et exportateurs massifs de capitaux reste en réalité assez restreint et n’évolue que très peu, d’une époque à l’autre, même à un demi-siècle d’écart, et aucune confusion ne devrait être possible, en dehors de la cécité volontaire des « idéologues » stipendiés de la gauche au service du système. Les rapports de force à l’échelle mondiale ont certes évolué en passant par diverses phases caractéristiques, mais si l’ouverture et la « compradorisation » du marché chinois a permis le rétablissement de la suprématie US, elle n’a fait qu’accentuer la vassalisation des autres acteurs majeurs, France, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, au suzerain USA.

Dans un deuxième temps, la constitution d’un capital financier chinois suffisamment autonome a permis à la Chine de se poser aujourd’hui en challenger N°1 de l’impérialisme US, loin devant les quatre vassaux principaux, qui le restent donc, plus que jamais. En un demi-siècle la physionomie économique et sociale de la planète a certes considérablement évolué, mais pas au point d’être méconnaissable pour un hypothétique « voyageur temporel »… Sur ce plan, le surgissement de la Chine est l’événement majeur, tandis que l’effondrement du capitalisme national-bureaucratique en Russie et en Europe de l’Est n’a fait que renforcer la domination US sur ce continent.

Après une brève période de « compradorisation » chaotique, la Russie tente, ni plus ni moins, que de reconstituer son capital national, sans y parvenir encore de manière efficace, et donc encore très loin d’approcher le stade impérialiste, évidemment, et cela quoi qu’en disent les phraseurs de la gauche française, même « extrême », et larbins plumitifs du système.

Cette réalité est ce que nous révèlent les relents de « guerre froide » qui parcourent à nouveau le monde, et semblent à s’y méprendre constituer un tragique « remake » de l’époque, et sans même l’illusoire notion de « coexistence pacifique »… !

La différence réelle et profonde étant donc l’apparition du challenger chinois pour la domination économique et financière, tandis que la Russie constitue à nouveau le pôle de résistance des nations qui refusent la soumission à l’impérialisme, mais délesté de la plus grande partie de sa zone d’influence diplomatique et géostratégique, qu’elle tente donc de reconstituer. L’alliance Russie-Iran constitue pratiquement, et également sur le terrain, une quasi-ligne de front entre les nations et les peuples qui refusent la soumission et les régimes vassalisés, néo-colonisés et compradors diverses. Cette ligne de front est aujourd’hui une ligne de rupture et de fracture géostratégique entre l’ensemble de ces peuples et nations et l’impérialisme US. Cet ensemble comprend notamment la Nouvelle Russie (Donbass), la Syrie, la Palestine, le Yémen.

L’ensemble des nations refusant actuellement le diktat de l’impérialisme US est particulièrement hétéroclite en raison des différentes vagues d’agressions impérialistes et de tentatives de résistance dont elles sont en quelques sorte les survivantes. Même si la mémoire de l’URSS reste un fond diffus dans l’arrière plan culturel et idéologique de nombre de ces nations, ce n’est jamais que l’héritage de la bourgeoisie nationale bureaucratique de l’époque Khrouchtchev-Brejnev, et non celui de la période socialiste de l’URSS, et il n’y a donc aucune nostalgie à cultiver envers de chimériques “rescapés du camp socialiste”, ce qui ne serait qu’un nouveau concept idéaliste globalisant et confusionniste, favorisant uniquement les manipulations et les intérêts du nouvel impérialisme chinois.

La plupart de ces régimes reposent sur une alliance de la bourgeoisie nationale, de la petite-bourgeoisie et très rarement, avec la participation d’une partie de la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre, mais qui n’en sont jamais une avant-garde réellement constituée. Il n’y a donc pas d’ambiguïté idéologique à cultiver, et ces régimes doivent être caractérisés pour ce qu’ils sont, et soutenus pour ce qu’ils sont, et uniquement dans la mesure de leur résistance à l’impérialisme.

Bien évidemment, l’attention première des anticapitalistes et anti-impérialistes conséquents doit se porter sur la constitution d’organisations d’avant-garde prolétarienne et sur le soutient aux très rares qui existeraient encore. Mais dans la situation de carence actuelle sur cet objectif en France et dans la plupart des pays, ne pas soutenir clairement, ouvertement et activement, sur le plan politique, la résistance des nations en lutte contre l’impérialisme n’est pas seulement un déni formel de tous les principes de lutte, mais une attitude de Kollaboration objective, et même de Kollaboration active, dans les faits.

Ce ne peut être que dans une dynamique générale de lutte contre l’impérialisme que peut renaitre le mouvement ouvrier, en France, en Europe et ailleurs. Un demi-siècle après, c’est l’une des leçons essentielles de Mai 68, et l’une de celles qui n’a toujours pas été “comprise” par la gauche française, même dans ses composantes supposées “extrêmes” et soi-disant “marxistes-léninistes”.

Mais au bout d’un demi-siècle, “incompréhension” n’est sans aucun doute nullement le terme adapté en ce qui concerne la plupart des responsables politiques de la gauche française et de son fiasco permanent, qui ne fait que s’approfondir au fil des générations et des luttes, en fait de “révolution permanente” telle que sporadiquement remise au goût du jour par les trotskystes, dont c’est l’une des prétentions idéologiques d’origine.

Emblématique de ce type d’attitude Kollaborationiste, celle du NPA et de son porte-parole médiatique, Olivier Besancenot. Après avoir ouvertement soutenu l’agression impérialiste en Libye, avec le résultat que l’on connait, à savoir, avec le retour de l’anarchie capitaliste primitive, du chaos et de la violence, celui de l’esclavagisme, Besancenot et le NPA “remettent le couvert” pour le dépeçage de la Syrie et vont même jusqu’à se poser en quasi-”conseillers politiques” de l’interventionnisme impérialiste en préconisant plus d’armement pour les factions militaires qui ont enclenché le processus de “guerre civile”, en réalité déjà manipulés et téléguidés par leurs commanditaires occidentaux. S’il prétend affirmer quelques doutes sur les récents bombardements impérialistes, ce n’est pas sur l’indépendance bafouée de la nation syrienne que porte son indignation, mais sur l’effet “contre-productif ” de ces frappes pour les intérêts occidentaux:

« On est dans cette situation où aujourd’hui on va avoir une déstabilisation supplémentaire de la région et qui risque finalement paradoxalement de rendre un grand service à Assad, c’est à dire de solidariser une partie de sa population sur le thème de l’anti-impérialisme”

Tout comme les autres intervenants au service de ces criminels, il est incapable de comprendre que la défaite de l’impérialisme est déjà consommée, pour l’essentiel, en Syrie, et que ces frappes d’arrière-garde ne visent qu’à en ralentir la libération totale et à sauver la face des assassins stipendiés par le capitalisme financier international. Mais Besancenot affirme donc sans vergogne savoir mieux que les impérialistes ce qui serait encore bon pour eux !!

Difficile de descendre plus bas dans l’échelle de la duplicité…

Besancenot n’était certes pas encore né en 1968, mais toute son évolution politique, comme celle de son parti NPA, reflète la dérive générale de la gauche française, inaugurée avec les faux débats de l’après-Mai 68, évitant soigneusement la remise en question de la finalité sociale du travail, susceptible de saper la base idéologique et économique du capitalisme et de l’impérialisme.

Assez logiquement c’est ce genre de “leader” que les médias du système mettent en avant comme “représentatif” des mouvements de contestation sociale en 2018, à l’approche du cinquantenaire de Mai 68. On comprend aisément pourquoi…!

La structure du capitalisme financier était ébranlée, en 1968, tant par les contradictions internes de la dynamique expansionniste du dollar que par le surcoût et l’inefficacité de la guerre impérialiste, double syndrome aboutissant à la liquidation des accords monétaires de Bretton Woods, en 1971. Au même moment, le retournement de la Chine est venu apporter un très gros ballon d’oxygène à l’impérialisme US, mais aujourd’hui il menace de lui éclater à la figure et la crise financière de 2008 n’a trouvé que des solutions palliatives fragilisant durablement la structure du système. La multiplication des guerres par procuration est le seul moyen réel de survie du capitalisme financier, à l’heure actuelle, et le seul moyen qu’il a de se relégitimer, par le truchement du développement “incontrôlé” du terrorisme.

Faire le choix de soutenir politiquement et activement les luttes anti-impérialistes en cours, c’est le seul point de départ possible pour la renaissance réelle des luttes anticapitalistes et le début de construction d’une alternative.

Luniterre

Guerre du Yémen: …chut, « on » (dont la France) tue!

 

Guerre du Yémen:

      …chut, on tue!

Mohammed ben Salmane reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron, le 10 avril 2018. | Yoan Valat / Pool / AFP

 

Encore un pays où l’impérialisme français vient soutenir activement les autres agresseurs criminels, et en premier lieu, l’Arabie Saoudite…

 

«Plus de vingt-deux millions de Yéménites ont désormais besoin d’une certaine forme d’aide humanitaire, dont seize millions n’ont pas accès à l’eau potable, tandis que 8,4 millions sont menacés de famine.»

Ces trois chiffres des Nations unies résument à eux seuls l’ampleur du désastre humanitaire engendré par le conflit –désormais entré dans sa quatrième année– que se livrent par procuration l’Arabie saoudite et l’Iran sur le sol yéménite.

 

[ NDLR : en réalité, depuis plusieurs décennies l’Arabie Saoudite tente de coloniser, pratiquement, le Yémen, et la rébellion Houthi est en fait une force unifiant largement au delà de son groupe ethnique, en vue de restaurer l’indépendance nationale.]

 

Le pays est depuis mars 2015 en proie à des combats acharnés entre les rebelles houthis, soutenus par Téhéran et l’autorité centrale, appuyée par une coalition militaire menée par Riyad.

L’opération «Tempête de fermeté» lancée il y a trois ans par l’Arabie saoudite a fait jusque-là plusieurs milliers de morts et mis l’économie et la société à plat dans l’un des pays les moins avancés (PMA) du monde, tandis que la rébellion du groupe Ansar Allah (les rebelles houthis) n’a fait qu’aggraver la crise humanitaire.

Le pays a subi en 2017 la pire épidémie de choléra de l’histoire moderne

Début avril, dix organisations humanitaires et de défense des droits de l’Homme, dont Human Rights Watch, Action contre la faim et Amnesty International, ont tiré la sonnette d’alarme, appelant dans une lettre commune le président français, Emmanuel Macron, à faire pression sur le prince hériter saoudien Mohammed ben Salmane, lequel était en visite à Paris du 8 au 10 avril, pour «mettre un terme aux attaques illégales contre les civils au Yémen et de lever le blocus qui entrave l’acheminement de l’aide humanitaire».

«Souvent présenté comme un réformateur, le fils du roi Salmane joue un rôle majeur, en tant que ministre de la Défense, dans la guerre conduite au Yémen», ont souligné les signataires de l’appel, accusant sans emphase Riyad d’être à l’origine de la «pire catastrophe humanitaire» de ce début du XXIe siècle.

Selon le consortium d’ONG, citant le Yemen Data Project, «le Yémen a subi plus de 16.000 raids aériens depuis mars 2015 –l’équivalent d’un bombardement toutes les quatre-vingt-dix minutes– tandis que plus d’un tiers de ces attaques ont ciblé des positions non-militaires».

«Depuis trois ans, 6.100 civils ont été tués et 9.683 blessés», dont 61% par la coalition, tandis que les autres victimes sont tombées sous les «tirs d’artillerie indiscriminés et tirs de snipers des Houthis dans des zones densément peuplées, précisent les dix ONG.
La diphtérie est de retour et le pays a subi en 2017 la pire épidémie de choléra de l’histoire moderne. La catastrophe humanitaire est aggravée par le blocus des ports et des aéroports imposé par l’Arabie saoudite.»

Blocus et envolée des prix

Dans un même registre, un rapport sous le titre «They die of Boms, We die of need: impact of collapsing public health systems in Yemen», élaboré par l’ONG International Rescue Committee (IRC), indique que «plus de Yéménites sont morts de privation de produits et services de base qu’en raison des combats. Le blocus de facto imposé depuis novembre dernier par Riyad a étouffé davantage un pays dont 85% des besoins de santé sont importés».

«Les retards systématiques et les restrictions sur les importations ont conduit à une situation où les importations commerciales ont atteint leur plus bas historique en février. Ces pénuries ainsi que la hausse supplémentaire des prix qui en découle ont de graves répercussions», nous indique Frank Mc Manus, directeur de IRC au Yémen.

Le coût d’un conteneur de fournitures médicales a ainsi augmenté de 280%, selon IRC, tandis que des maladies a priori curables ont proliféré avec près d’un million de cas de choléra selon l’organisation.

Cette nouvelle envolée des prix vient s’ajouter à une forte inflation ayant atteint en moyenne 16% par an entre 2011 et 2016 –avec un pic à 39% en 2015, selon les chiffres du FMI– contribuant ainsi à une forte érosion du pouvoir d’achat, notamment chez les ménages les plus défavorisés, et précipitant des dizaines de milliers sous le seuil de pauvreté, qui concernait déjà 55% de la population en 2012, selon la Banque mondiale. À Sanaa, les prix des produits élémentaires ont bondi de 80% pour le seul mois de février 2016 par rapport au mois précédent, selon le Studies and Economic Media Center (SEMC), présent sur le terrain.

Selon l’IRC, un enfant yéménite de moins de cinq ans meurt ainsi «chaque dix minutes en raison de l’absence de traitements préventifs», tandis que «520.000 femmes enceintes n’ont pas accès aux services de santé reproductive et 462.000 enfants souffrent de malnutrition aigue, un chiffre en hausse de 200% depuis le début de la guerre», précise le rapport.

ONG: des conditions de travail extrêmes

«Depuis novembre 2017, nous faisons face à des obstacles logistiques et administratifs supplémentaires pour faire acheminer les aides importées. Cela a des conséquences sur le nombre de bénéficiaires, d’autant que certains produits sont quasiment périmés une fois dédouanés», affirme à Slate Johathan Cunliffe, directeur régional de l’ONG Action contre la faim (ACF).

L’ONG a fourni en 2017 de l’eau potable à 178.000 personnes et pu aider environ 320.000 Yéménites.

L’assassinat de l’ancien président Ali Abdallah Saleh a compliqué davantage son action ainsi que celle d’ONG, notamment dans le gouvernorat de Hadaida, certaines zones de combat étant devenues totalement inaccessibles.

«Outre le blocus, l’acheminement des aides à l’intérieur du territoire constitue une autre paire de manches. Il faut pouvoir les distribuer aux différents bénéficiaires à travers un territoire semé d’embûches, avec des routes coupées, des ponts détruits. […] Cela a aussi largement augmenté le coût de transport et de financement des opérations», déplore-t-il, alors que les contributions des pays donateurs représentent moins de 10% des besoins réels.

En 2017, le Fonds humanitaire du Yémen a totalisé 189 millions de dollars, soit 8,2% du Plan de réponse humanitaire estimé à 2,3 milliards de dollars, selon les données du bureau de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires (UNOCHA). Pour 2018, les prévisions sont supérieures –signe d’une prise de conscience?– avec deux milliards de dollars promis au total, sur les trois milliards réclamés par les ONG humanitaires.

Riyad débourse «200 millions de dollars par jour»

International Rescue Committee n’a pas hésité dans son rapport à accuser de manière directe les États-Unis et le Royaume-Uni de soutenir l’Arabie saoudite dans sa «guerre dévastatrice» contre le pays.

Selon IRC, Riyad aurait déboursé jusqu’à 200 millions de dollars par jour sur cette guerre, alors que le montant de 20% alloué aux services de santé dans le budget 2018 du Yémen (de trois milliards de dollars) représente seulement trois jours de dépenses par l’Arabie Saoudite pour financer ses efforts de guerre.

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Quant aux États-Unis, ils ont approuvé la vente d’armes à l’Arabie Saoudite d’un montant de 17,9 milliards de dollars, soit près de vingt-sept fois l’aide humanitaire accordée par Washington au Yémen.

Mais Riyad et ses parrains ne sont pas les seuls responsables du désastre actuel.

«Toutes les parties prenantes au conflit partagent une responsabilité morale et juridique quant à la crise humanitaire en cours. La première recommandation du rapport de notre ONG est que le gouvernement du Yémen et le groupe Ansar Allah oeuvrent en faveur d’une cessation des hostilités», tempère Frank Mc Manus.

Espoirs de transition douchés

Les espoirs d’une transition politique ordonnée et pacifique au Yémen, au lendemain du renversement de l’ancien dictateur Ali Abdallah Saleh, avaient pourtant émergé dans la foulée de l’accord conclu début 2014 entre plus de 500 représentants de la société yéménite, au terme de neuf mois de négociations chapeautées par l’ONU.

Celui-ci portait sur l’adoption, dans un délai d’un an, d’une nouvelle Constitution par voie référendaire et la création d’un système fédéral où six régions, en plus de la capitale, jouiraient de davantage d’autonomie. Mais ces espoirs ont été douchés par la résurgence des tensions et des cycles de violence à partir de septembre 2014, liée, entre autres, au projet de réforme constitutionnel, auquel les Houthis sont profondément opposés. Ces derniers, de confession zaydite, une branche minoritaire de l’islam chiite –qui jouissait d’un Imamat dans le nord-ouest du pays jusqu’au coup d’État républicain de 1962– aspirent à un découpage du Yémen en deux provinces, leur conférant le contrôle quasi total de la partie septentrionale.

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Le plus grave dans la guerre actuelle reste qu’elle exacerbe les problèmes structurels – partiellement à l’origine des manifestations géantes de 2011. Avec un PIB/habitant de moins de 1 500 dollars, le Yémen souffrait déjà, à la veille du printemps arabe, d’un très faible taux de scolarisation, d’une malnutrition chronique et d’une absence d’accès à l’eau potable pour près d’un tiers de la population.

 

 

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SOURCE:

http://www.slate.fr/story/160576/guerre-yemen-famine-conflit-cholera-morts#xtor=RSS-2

 

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NOUVEAUX CRIMES SAOUDIENS…:

 

Des raids aériens, attribués par les rebelles Houthis à la coalition militaire sous commandement de l’Arabie Saoudite, ont fait des dizaines de morts et de blessés, dimanche soir, à Bani Qais.

Au moins 20 personnes ont été tuées et 40 blessées dans des raids aériens qui ont touché une cérémonie de mariage dimanche soir, à Hadjjah, dans le nord-ouest du Yémen. Un responsable local, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a donné un bilan de 23 morts, dont des femmes et des enfants, et de 36 blessés dans deux raids.

Les rebelles Houthis, qui contrôlent la région, ont attribué les frappes à la coalition militaire sous commandement saoudien qui intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir les forces progouvernementales. Coalition dont le porte-parole n’a pas encore réagi. 

Quarante blessés ont été admis dans un hôpital de la capitale provinciale Bani Qais, a indiqué sur Twitter Médecins sans frontières, qui soutient cet établissement.

Les Houthis dénoncent « un crime saoudien »

Al-Massirah, chaîne de télévision contrôlée par les rebelles, a donné un premier bilan de 20 morts et 40 blessés puis un autre de 33 morts et 55 blessés. La chaîne, citant le directeur de l’hôpital de Hajja, a affirmé que 30 enfants figurent parmi les blessés et que trois d’entre eux ont subi des opérations d’amputation de membres. 

De son côté, l’agence Saba, contrôlée également par les Houthis, a avancé un bilan de 88 morts ou blessés, dont des femmes et des enfants, en dénonçant « un nouveau crime saoudien »

Les mariages déjà ciblés par des raids aériens

Ce n’est pas la première fois que des fêtes de mariage au Yémen sont touchées par des bombardements imputés à la coalition : 131 personnes avaient ainsi été tuées dans la région de Mokha (sud-ouest) en septembre 2015 et 28 dans la province de Dhamar (centre) en octobre 2015. En octobre 2016, un raid aérien avait fait 140 lors d’une cérémonie funéraire dans la capitale Sanaa. 

Le Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, est entré dans la quatrième année d’une guerre meurtrière entre rebelles Houthis, appuyés par l’Iran, et forces progouvernementales, soutenues par la coalition menée par Ryad. Le conflit a fait près de 10 000 morts et provoqué « la pire crise humanitaire du monde », selon l’ONU.

 

SOURCE:

https://www.ouest-france.fr/monde/yemen/mariage-sanglant-au-yemen-plus-de-vingt-morts-apres-des-bombardements-5717461

 

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Un haut responsable politique des rebelles au Yémen, Saleh al-Sammad, a été tué par une frappe aérienne, ont annoncé lundi ces insurgés en accusant la coalition menée par l’Arabie saoudite.

Il s’agit d’un coup très dur pour les rebelles qui luttent contre le pouvoir yéménite aidé depuis mars 2015 par cette coalition militaire de plusieurs pays dirigée par l’Arabie saoudite, voisine du Yémen.

Dans un communiqué diffusé par l’agence de presse Saba, le rebelles Houthis ont affirmé que Sammad, chef du Conseil politique suprême de la rébellion, était « tombé en martyr » le 19 avril dans une frappe sur la province de Hodeida (ouest).

Début avril, Saleh al-Sammad avait proclamé 2018 « l’année balistique par excellence », en allusion aux tirs de missiles tirés contre le royaume saoudien par les rebelles.

Depuis novembre, les Houthis ont tiré plusieurs missiles balistiques vers l’Arabie saoudite voisine, qui ont été interceptés par la défense anti-aérienne.

Le chef suprême des rebelles Houthis est Abdel Malek al-Houthi, qui n’apparaît que très rarement en public et cultive l’image d’un guide spirituel.

AFP/https://www.afp.com/fr/infos/335/yemen-le-chef-politique-rebelle-tue-par-la-coalition-selon-les-insurges-doc-14950p6

 

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R GAZA, R comme Résistance !!

 

 

 

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Gaza  R  Force !

 

 

Gaza

 

 

Résistance

 

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Palestinians prepare a fire bomb attached to a kite before trying to fly it over the border fence with Israel, in Rafah in southern Gaza Strip on April 20, 2018.
Palestinians protesting along the Gaza border have begun attaching Molotov cocktails to kites to fly over the fence into Israel in a new tactic as demonstrations enter their fourth week. / AFP PHOTO / SAID KHATIB

Palestinian protesters fly a kite with a burning rag dangling from its tail to during a protest at the Gaza Strip’s border with Israel, Friday, April 20, 2018. Activists use kites with burning rags dangling from their tails to set ablaze drying wheat fields on the Israeli side. (AP Photo/ Khalil Hamra)

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Vue par les médecins, la réalité des crimes sionistes

 

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Le samedi 14 avril, les équipes de Médecins Sans Frontières ont exceptionnellement ouvert la clinique de Khan Younis pour fournir des soins postopératoires aux personnes blessés par balles ces dernières semaines. Palestine. 2018.

 

 

 

RÉALITÉ

 

 

 

DES CRIMES

 

 

 

SIONISTES

 

 

 

 

Depuis le début de la « Marche du Retour », les patients sévèrement blessés par balle, affluent par centaines dans les trois cliniques de MSF à Gaza.

Ce sont principalement des jeunes hommes, autour de la vingtaine. Ils parlent de leur désespoir, de leur incapacité à trouver du travail, de l’extrême pauvreté ou encore du sentiment d’abandon. Beaucoup vont à la frontière avec Israël en connaissant les risques, mais aussi avec le sentiment de ne plus rien avoir à perdre. La plupart espèrent guérir rapidement afin de pouvoir retourner manifester.

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Gaza : des blessures par balle inhabituelles et dévastatrices

Depuis le 1er avril, les équipes de Médecins Sans Frontières à Gaza ont accueilli en soins postopératoires près de 500 personnes blessées par balles lors de la « Marche du retour ». En trois semaines, l’association a traité plus de patients que lors de toute l’année 2014, qui avait pourtant connu l’offensive israélienne « Bordure protectrice ».

Le personnel médical de MSF fait état de blessures dévastatrices d’une sévérité inhabituelle, extrêmement complexes à soigner et qui laisseront de lourdes séquelles à la majorité des patients.

Un chirurgien vasculaire de MSF et un infirmer de bloc opératoire procèdent au lavage chirurgical des mains avant d’entrée en salle d’opération. © Laurie Bonnaud/MSF
Un chirurgien vasculaire de MSF et un infirmer de bloc opératoire procèdent au lavage chirurgical des mains avant d’entrée en salle d’opération. © Laurie Bonnaud/MSF

Alors que les équipes médicales des hôpitaux de Gaza se préparent à faire face à un possible nouvel afflux de blessés ce vendredi, les chirurgiens MSF présents sur place font état de blessures par balle réelle dévastatrices parmi les centaines de personnes atteintes lors des manifestations des dernières semaines. Dans les cliniques prodiguant des soins postopératoires spécialisés, l’énorme majorité des patients – des hommes pour la plupart, mais aussi quelques femmes et des enfants – présente des blessures d’une sévérité inhabituelle aux membres inférieurs.

Les équipes médicales MSF constatent notamment un niveau extrême de destruction des tissus et des os, et des orifices de sortie de balles démesurés, qui peuvent avoir la taille d’un poing. « Chez la moitié des 500 victimes de tirs que nous avons prises en charge, la balle a littéralement détruit les tissus après avoir pulvérisé l’os, explique Marie-Elisabeth Ingres, Cheffe de mission MSF en Palestine, les patients doivent subir des opérations chirurgicales extrêmement complexes, et nombre d’entre eux auront des séquelles à vie. »

La prise en charge de ces blessures est en effet très lourde. Au-delà des soins infirmiers réguliers, les patients auront souvent besoin d’opérations chirurgicales supplémentaires, et de très longues périodes de kinésithérapie et de rééducation. De nombreux patients garderont des déficits fonctionnels à vie et certains risquent encore l’amputation, faute de soins suffisants à Gaza, s’ils ne parviennent pas à obtenir les autorisations nécessaires pour se faire soigner en dehors de Gaza.

Pour faire face à cet afflux massif de patients, MSF a renforcé son dispositif sur place, augmenté le nombre de lits de ses trois cliniques et recruté et formé du personnel médical supplémentaire. Une quatrième clinique ouvrira bientôt ses portes dans le centre de la bande de Gaza afin d’accueillir les patients originaires de cette zone.

Dans l’urgence, MSF a également déployé une équipe de chirurgiens (vasculaire, orthopédique et de chirurgie reconstructrice) et d’anesthésistes, pour opérer ou réopérer les cas les plus sévères. Ces équipes travaillent actuellement aux côtés des équipes des hôpitaux publics d’Al-Shifa et Al-Aqsa.

https://www.msf.fr/actualites/gaza-des-blessures-par-balle-inhabituelles-et-devastatrices

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« Les os ont littéralement été pulvérisés ». Thierry, chirurgien MSF à Gaza

Thierry Saucier est chirurgien orthopédiste pour MSF à Gaza. Il détaille la complexité de la prise en charge des centaines de personnes blessées lors des manifestations des dernières semaines. Ces blessures, très graves, imposent d’importants défis aux chirurgiens, et nécessiteront des mois, voire des années de soins.

Quels types de blessures observez-vous aujourd’hui parmi les blessés de Gaza ?

Il s’agit de blessures par balles réelles, ciblant dans plus de 95 % des cas, les membres inférieurs, et notamment les genoux. Nous constatons également quelques blessures par balle à l’abdomen et aux membres supérieurs.

Ce qui est plus impressionnant, chez les patients que nous rencontrons depuis trois semaines, ce sont les orifices de sorties des balles. Lorsqu’une balle traverse un corps, elle présente toujours un orifice de sortie légèrement plus large que celui d’entrée. Mais chez les patients que nous traitons aujourd’hui dans nos cliniques de soins postopératoires, l’orifice de sortie témoigne d’une destruction inhabituelle des tissus mous et des os à l’intérieur de la plaie. L’orifice de sortie est démesurément plus large. Il peut avoir la taille d’un poing, voire d’une main ouverte. Ces lésions spectaculaires sont évidemment difficiles à réparer et nécessiteront souvent des greffes ultérieures.

Chez la moitié des blessés que nous rencontrons, la balle a atteint l’os, provoquant des fractures multi-fragmentaires, ce qui signifie que l’os a littéralement été pulvérisé. Les plaies par balle entraînent également des déchirures multiples et irrégulières des tissus mous (la peau, les tendons, les muscles, les nerfs, les artères). Ceci entraîne une dévascularisation, c’est-à-dire l’arrêt de l’alimentation par l’afflux sanguin, ce qui présente de forts risques d’infections.

Si la balle touche le nerf sciatique, c’est la paralysie, qui peut être définitive. Lorsqu’il s’agit d’une plaie artérielle, nous faisons alors face à un risque vital immédiat, ainsi qu’à une dévitalisation des membres. Une amputation est alors souvent nécessaire.

Quels types de chirurgie réalisez-vous pour ces blessés ?

Sur les blessures aux jambes, nous menons principalement des opérations de parage des lésions, qui consistent à retirer les tissus morts. Quand l’os est touché, il s’agit exclusivement de la pose de fixateurs externes. Les nerfs, les muscles et les tendons ne peuvent en général pas être réparés en urgence.

Les blessures étant très sévères, les tissus sont souvent difficilement reconnaissables dans la blessure, quand ils ne sont pas tout simplement absents, emportés par la balle. On ne peut pas toujours reconnaître l’ordre anatomique normal, les repères ne sont plus présents. On doit donc inciser, en amont ou en aval de la blessure, pour retrouver la base d’un nerf, d’un tendon, d’un vaisseau sanguin. Cela se rapproche des chirurgies que l’on pourrait mener en présence de blessures de guerres.

 

Ces chirurgies sont extrêmement complexes à réaliser et peuvent durer plusieurs heures. Elles sont également compliquées par le manque de certains matériels et équipements. Aujourd’hui, seul un hôpital à Gaza possède l’équipement nécessaire aux greffes de peau et je suis moi-même venu avec mon kit de microchirurgie qui contient notamment des sutures et des loupes. Les équipes aux côtés desquelles nous travaillons, aux hôpitaux Al-Aqsa et Al-Shifa, sont des équipes qualifiées, avec lesquelles nous avons une bonne collaboration.

Quelles seront les séquelles pour les blessés ?

Tout d’abord, les risques de complications, d’infections notamment, sont très importants sur ce type de blessures. Il y a également un risque de perte de substance : lorsqu’un os pulvérisé par une balle se ressoude, il devient nécessairement plus court que celui du membre opposé. Ensuite, bien que les patients soient stabilisés grâce à des opérations d’urgence, la plupart d’entre eux auront besoin de nouvelles opérations. Sans parler des mois, voire des années de rééducation.

La majorité des blessés, dont les balles ont atteint les os, les articulations, les nerfs et les artères, garderont des séquelles toute leur vie. Il s’agit de raccourcissement des membres pour les fractures, de raideurs pour les blessures articulaires, de paralysie pour les nerfs, et de souffrance vasculaires pour les plaies des artères, avec parfois des amputations ultérieures. Le pronostic fonctionnel est très grave chez tous les patients que nous avons vus.

Ces blessures sont indéniablement destructrices pour les vies des patients. Ils les porteront sur le long terme, sans garantie même de pouvoir retrouver un jour leur pleine capacité physique.

Entretien recueilli le 17 avril 2018.

https://www.msf.fr/actualites/les-os-ont-litteralement-ete-pulverises-thierry-chirurgien-msf-a-gaza

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Témoignages de Gazaouis résistants blessés

« Beaucoup vont à la frontière avec Israël en connaissant les risques, mais aussi avec le sentiment de ne plus rien avoir à perdre. La plupart espèrent guérir rapidement afin de pouvoir retourner manifester… »

Depuis le début de la « Marche du Retour », les patients sévèrement blessés par balle, affluent par centaines dans les trois cliniques de MSF à Gaza.

Ce sont principalement des jeunes hommes, autour de la vingtaine. Ils parlent de leur désespoir, de leur incapacité à trouver du travail, de l’extrême pauvreté ou encore du sentiment d’abandon. Beaucoup vont à la frontière avec Israël en connaissant les risques, mais aussi avec le sentiment de ne plus rien avoir à perdre. La plupart espèrent guérir rapidement afin de pouvoir retourner manifester.

Parmi ces près de 500 jeunes hommes en béquilles qui sont venus grossir les salles d’attentes des cliniques MSF au cours des trois dernières semaines, on trouve aussi quelques présences dissonantes : sept femmes, quelques hommes d’âge mur, des enfants…

Yahya, 11 ans

Yahya a 11 ans. Il a été blessé par balle à la jambe.  © MSF/Laurie Bonnaud
Yahya a 11 ans. Il a été blessé par balle à la jambe.  © MSF/Laurie Bonnaud

Je m’appelle Yahya, j’ai 11 ans et je suis est en CM2. Avant d’être blessé j’aimais beaucoup aller à l’école et je n’ai jamais eu de notes en dessous de 95 / 100 !

Je suis allé à la « Marche du Retour » avec deux de mes frères, pour découvrir la terre de mes parents, voir de mes propres yeux les gens qui bombardent Gaza et tirent sur les Gazaouis. Je voulais comprendre pourquoi. Vous savez, la seule chose qui rend les Israéliens plus forts que nous ce sont leurs armes.

J’étais très proche de la barrière de séparation quand on m’a tiré dessus. J’étais le seul enfant de mon âge à en être si près ! Je voulais me rapprocher pour voir le paysage de l’autre côté. C’était très beau, beaucoup plus beau que Gaza ! Mais ensuite je me suis fait tirer dessus. Je me souviens du visage de la personne qui a fait ça, c’était une jeune femme blonde.

J’ai reçu une balle à la jonction entre le pied et la jambe. Tout était blessé : les muscles, les tendons, l’os. Je ne peux bouger que mes doigts de pied maintenant, et encore, juste un peu. Quand on m’a tiré dessus, cela m’a fait très mal, comme une décharge électrique. Mais maintenant, je me sens un peu mieux. J’ai eu une première opération à l’hôpital et je devrais en avoir une autre. En attendant, je viens trois fois par semaine à la clinique MSF de Beit Lahia et l’on m’a dit que je devrais pouvoir remarcher dans six mois.

Je ne pense pas être trop jeune pour avoir été blessé. Je peux supporter la douleur et la peine, comme toutes les autres personnes de Gaza qui ont été blessées par balle.

Jameel, 50 ans

Jameel a 50 ans. Il est suivi par les équipes de Médecins Sans Frontières à la clinique de Beit Lahia pour une blessure par balle.  © Laurie Bonnaud/MSF
Jameel a 50 ans. Il est suivi par les équipes de Médecins Sans Frontières à la clinique de Beit Lahia pour une blessure par balle.  © Laurie Bonnaud/MSF

Je m’appelle Jameel et j’ai 50 ans. Je suis vendeur de glace, marié et père de quatre filles. Je ne peux plus aller travailler depuis que j’ai été blessé, et je ne sais pas quand est-ce que je pourrais recommencer mon travail.

Je suis allé à la manifestation du 30 mars pour évacuer le stress de la vie à Gaza, pour changer d’air, mais aussi simplement pour montrer que j’existe.

Je n’avais pas d’attentes particulières pour ce jour. D’ailleurs, on ne peut pas dire que je protestais activement, j’observais plutôt. Je ne jetais pas de pierres et je ne criais même pas. J’étais debout, au milieu d’un groupe de personnes que je ne connaissais pas, à 600 mètres de la barrière de séparation, et je mangeais un encas.

C’est à ce moment que j’ai subitement ressenti une vive douleur à la jambe. On venait de me tirer dessus. Je suis tombé et les gens autour de moi m’ont immédiatement emmené vers une ambulance, qui m’a transporté à l’hôpital. Je perdais énormément de sang. Quand je suis arrivé, mon taux d’hémoglobine était de 3g/dL [ndlr : contre 12 à 14g/dL en temps normal].

Là-bas, on m’a opéré pour arrêter l’hémorragie. Il était 11h, je faisais partie des premiers blessés de la « Marche » et donc j’ai eu la chance de pouvoir être opéré rapidement. J’avais une artère sectionnée et c’est un miracle qu’ils aient pu me sauver la vie à temps. J’aurais besoin d’une seconde opération en revanche et en attendant, je ne peux ni marcher, ni baisser ma jambe.

Je ne suis pas retourné à la frontière depuis. J’en suis physiquement incapable tout d’abord, mais même si je pouvais marcher je n’irais pas. Je ne juge pas les gens qui y vont, ils ont leurs raisons, mais pour moi c’est trop difficile. Je passe mon temps à me remémorer la scène. Je pense à cela tout le temps. Que s’est-il passé ? Qu’ai-je fais de mal pour que l’on me tire dessus ?

Sana, 30 ans

Sana a 30 ans. Elle a été blessée par balle aux deux jambes et elle est prise en charge à la clinique MSF de Khan Younis. © Laurie Bonnaud/MSF
Sana a 30 ans. Elle a été blessée par balle aux deux jambes et elle est prise en charge à la clinique MSF de Khan Younis. © Laurie Bonnaud/MSF

Je m’appelle Sana et j’ai 30 ans. Je vis avec ma famille qui se compose de 16 personnes. Je ne suis pas mariée et j’aide donc ma mère dans les tâches ménagères. Je suis très attachée à la lutte pour mon pays, et ma mère avant moi a pris part de très nombreuses manifestations. À Gaza, il n’y a pas d’espoir, pas de futur. Les gens sont pauvres et nous mourons petit à petit. Je suis moi-même désespérée par la vie que je mène ici.

Quand je suis partie à la« Marche », je voulais mourir. Mourir en héros est largement préférable à la vie que nous menons à Gaza. Avant de partir, j’ai donné de l’argent à mon père, pour qu’il puisse acheter des gâteaux et des friandises pour mon enterrement. J’ai fait mes adieux à tout le monde. Je ne voulais pas revenir. J’étais déterminée.

Mes parents et mes frères m’ont interdit d’aller à la manifestation et de m’approcher de la barrière de séparation, mais je suis partie en cachette, avec deux de mes amies. Ma mère m’a suivie mais elle n’a pas pu me retrouver dans la foule.

Mes deux amies et moi avons été blessées par balle. Dans mon cas, j’ai eu les deux jambes blessées, par deux tirs différents. Une personne qui venait m’aider à me relever pour me conduire à une ambulance a également était visée et blessée.

Après la manifestation, ma famille ne savait pas si j’étais saine et sauve, blessée ou morte. Ils m’ont cherché pendant quatre heures dans les hôpitaux du sud de Gaza, avant de me retrouver.

Maintenant, avec ma blessure, je suis devenue un fardeau pour ma famille. Le comité des blessés a refusé de donner de l’argent à mon père en compensation car je n’ai pas été amputée et qu’aucun os n’a été touché. Je me sens abandonnée par les dirigeants du pays que je voulais défendre.

Il me tarde donc de guérir, et d’y retourner. Ma mère essaie de m’en dissuader, c’est normal, c’est ma mère. Mais moi je veux mourir cette fois-ci. Le signe V de la victoire est le seul espoir qu’il me reste.

https://www.msf.fr/actualites/recits-et-desespoirs-de-gazaouis-blesses-a-la-frontiere-israelienne

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éclairage

Palestine : auprès des populations dans les territoires occupés

(NDLR: une autre excellente documentation de MSF, avec  d’autres vidéos, également.)

https://www.msf.fr/eclairages/palestine-aupres-des-populations-dans-les-territoires-occupes

19 avril 2018

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Quand les blessures des Gazaouis

témoignent de leurs conditions de vie

Présente en Palestine depuis 1989, MSF répond à l’évolution des besoins en santé des populations de la bande de Gaza depuis 2000. Actuellement, ses équipes offrent des soins post-opératoires (pansements, kinésithérapie, rééducation) à près de 5 000 personnes par an, brûlés et blessés, dans trois cliniques. Les blessures et les témoignages des patients donnent un aperçu de la vie quotidienne à Gaza.

Gaza, c’est tout d’abord l’enfermement. Une bande de terre de 42 kilomètres de long et de 12,5 kilomètres de large au maximum. Elle se traverse du Nord au Sud en 1h30 de voiture.

Cet espace est encadré à l’Ouest par la mer, et à l’Est par une « clôture de sécurité » (comprendre : des clôtures grillagées et barbelées, auxquelles s’ajoutent, au Nord, un mur de plusieurs mètres de hauteur, empêchant quiconque de passer librement, et bientôt un mur supplémentaire, souterrain celui-ci, actuellement en construction). C’est là que vivent presque deux millions de personnes.

Nombreux sont les habitants à ne jamais avoir quitté Gaza, en particulier depuis le verrouillage de la bande par les Israéliens, en 2007, suite à la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes. « Je ne suis sortie qu’une fois de Gaza pour aller me faire opérer en Egypte quand j’avais 8 ans, et je n’en ai aucun souvenir ! », explique Hassan, 22 ans, blessé par balle à la frontière en décembre dernier.

Un tunnel d'un kilomètre sépare Gaza d’Israël au point de passage d'Erez

Un tunnel d’un kilomètre sépare Gaza d’Israël au point de passage d’Erez. © Laurie Bonnaud/MSF

Aujourd’hui encore, les autorisations de sorties sont accordées au compte-gouttes par Israël. Le chiffre a même été divisé presque de moitié entre 2016 et 2017. D’après OCHA, bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, sur les six premiers mois de 2017 seules 240 personnes par jour ont été autorisées à franchir la frontière dans un sens ou dans l’autre que ce soit pour affaires, études, raisons médicales, ou encore parce qu’elles sont membres d’organisations internationales. Pour les autres, le trajet est tout bonnement impossible. « Nous n’avons pas le droit de nous déplacer comme n’importe quel être humain », affirme Hassan.

MSF s’est dotée d’un programme de chirurgie plastique reconstructrice depuis 2010, pour pallier le manque d’accès aux soins des populations, notamment dû à ces restrictions de circulation. Des chirurgiens et des anesthésistes internationaux viennent appuyer notre équipe palestinienne d’infirmiers pour prodiguer des opérations complexes, qui ne sont pas disponibles sur place.

4 à 6 heures d’électricité par jour

La question de l’électricité est celle qui illustre le mieux les difficultés quotidiennes des Gazaouis. Ce problème s’est aggravé au printemps dernier dans le cadre du conflit interne entre l’Autorité palestinienne et le Hamas. Durant plusieurs mois, les Gazaouis se sont vus rationnés à hauteur de 2 à 3 heures d’électricité par tranche de 24 heures. Et ces heures d’accès à l’électricité avaient parfois lieu… la nuit.

À cette époque, plusieurs patients rapportaient aux équipes MSF que leurs épouses se réveillaient en pleine nuit pour cuisiner ou utiliser les machines à laver. « « Ma femme est une héroïne ! », m’a dit un jour un patient. » Abu Abed, est référent médical pour le projet de Gaza. Il ajoute que chez lui ses enfants devaient alors « faire des choix que des enfants ne devraient pas faire. Vais-je utiliser ces deux heures d’électricité pour charger mon portable ? Regarder un dessin animé ? Ou mettre un jus de fruit au frigo ? ». Le simple fait de conserver de la nourriture au frais, dans l’été gazaoui, durant lequel les températures dépassent les 30 degrés, s’avérait alors impossible.

Depuis la situation s’est légèrement améliorée, mais les habitants doivent toujours faire vivre leur foyer avec quatre à six heures d’électricité maximum par jour.

Une rue de Gaza la nuit. © Laurie Bonnaud/MSF

« Les heures pendant lesquelles l’électricité fonctionne, nous essayons de tout faire en même temps, cela crée de l’empressement, et augmente les risques pour nos enfants », détaille la grand-mère d’Ussaid, un patient de 14 mois admis suite à des brûlures aux mains.

Dans les cliniques MSF de la zone, 35 % des patients admis sont âgés de moins de 5 ans, et 60 % ont moins de 15 ans.

Des conditions de vie qui se détériorent

Réduits à une cohabitation en vase clos, il leur faut donc s’adapter à cette vie, et à ce qu’elle peut leur offrir.

Or, depuis des années, les conditions de vie se détériorent lentement à Gaza. De l’extérieur, la quasi-totalité des bâtiments détruits durant l’offensive de 2014, a été reconstruit, principalement grâce à l’aide internationale. Mais derrière les portes, c’est près de la moitié de la population qui vit en situation d’insécurité alimentaire. Chacun se débrouille à sa manière et la solidarité familiale est devenue l’un des piliers de l’adaptation et de la résistance des Gazaouis.

« Quand je n’ai pas assez d’argent pour acheter à manger, je demande autour de moi. Parfois ma belle-mère me prête 15 shekels. Cela me fait honte. Mais elle dit que nous sommes une famille, que je suis comme son fils, et que nous devons nous épauler. », détaille Abdel Raheem, un patient de 30 ans admis à la clinique MSF de Gaza.

L’accès à l’eau potable est un problème majeur pour les habitants de Gaza : plus de 95 % de la nappe phréatique souterraine est impropre à la consommation, et l’eau qui sort des robinets est trop salée. Le système privé de production d’eau ne permet de remédier à cela que de manière très imparfaite.

En outre, l’ensemble du système d’évacuation et de traitement des eaux usées est peu efficace. Elles se déversent dans la mer, et les Gazaouis ne peuvent plus s’y baigner. La mer, qui pourrait être une source de revenus pour les habitants de la bande de Gaza, est elle aussi un espace de contraintes, à cause du niveau de pollution et des limitations des zones de pêches imposées par les Israéliens.

Des accidents domestiques fréquents

Dans ce contexte, la vie suit pourtant son cours. Des familles nombreuses vivent dans des habitations modestes, et les repas sont l’occasion de moments de convivialité. À Gaza, certaines personnes cuisinent et préparent encore le thé sur des réchauds, ou sur des feux à même le sol. De nombreux patients sévèrement brûlés sont référés vers les cliniques MSF suite à des accidents domestiques, liés à ces pratiques. Les deux tiers d’entre eux impliquent des brûlures dues à des liquides bouillants.

C’est le cas de Shaheb, 15 mois. La théière posée sur le feu s’est entièrement renversée sur elle, lors d’une réunion familiale il y a quelques mois. « C’est tellement douloureux de voir notre fille comme ça que nous n’avons pas refait de thé à la maison depuis ce jour », déclare sa mère. Dans le cas d’Asma, 6 ans et demi, c’est une marmite d’eau bouillante, que son père voulait utiliser pour sa toilette, qui s’est renversée sur elle.

Asma, 6 ans, victime d’un accident domestique. © Laurie Bonnaud/MSF

Les brûlures liées aux explosions de générateurs électriques, utilisés par certains pour pallier le manque d’électricité sur le réseau public, sont également courantes. Tout comme les brûlures par contact direct avec un feu.

64,9 % de chômeurs parmi les jeunes

À Gaza, les restrictions imposées par Israël en termes de mouvements des biens et des personnes limitent les capacités économiques sur le territoire. Des matériaux de construction sont bloqués à la frontière par exemple, idem pour certains équipements médicaux suspectés de pouvoir faire l’objet d’un usage détourné. D’après l’OCHA, pour le troisième trimestre de 2017, le taux de chômage sur l’ensemble de la population était de 46,6 %, et ce chiffre atteignait 64,9 % parmi les jeunes.

Hassan, 22 ans, a été blessé par balle à la jambe par un soldat israélien. © Laurie Bonnaud/MSF

« Nous sommes éduqués, nous ne sommes pas ignorants. Nous accumulons les diplômes et nous retrouvons malgré tout sans emploi. Nous ne pouvons pas avoir de vie respectable si nous ne travaillons pas » explique Hassan, 22 ans, étudiant de 4e année en comptabilité.

Abdel Raheem, 30 ans, été blessé par balle à la jambe et à la main alors qu’il manifestait à la frontière, suite à l’annonce du président américain reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël, en décembre dernier. Il est à présent immobilisé et se rend trois fois par semaine à la clinique de Médecins Sans Frontières sur un brancard.

Avant cela il travaillait dans la construction : « Un mois tu as du travail, et pendant trois mois tu n’en n’a plus. Les mois ou je n’avais pas de travail je devais aller au marché du cuivre, j’achetais une pièce 20 shekels et j’espérais pouvoir la revendre 25. Mais une bouteille de gaz pour la cuisine coûte 60 à 70 shekels à elle-seule », indique-t-il.

« Tout ce que tu gagnes, tu finis par le perdre »

Après les affrontements entre partisans du Hamas et du Fatah en 2007, trois offensives israéliennes en 2008-2009, 2012 et 2014, et après plus de 10 ans de blocus, la population peine à trouver ses repères et les adolescents ont du mal à croire en un avenir dans la bande de Gaza.

Mohammed et Faris, 22 ans, blessés par balle à la frontière israélienne. © Laurie Bonnaud/MSF

Beaucoup vivent de petits boulots, entrecoupés de périodes d’inactivité. « J’ai travaillé en tant que pêcheur, comme peintre, j’ai travaillé dans la construction et dans des restaurants. Je ne travaille plus depuis ma blessure. J’ai sept métiers mais zéro chance. », estime Mohamed M., 22 ans, blessé par balle à la frontière israélienne où il était parti manifester un jour de juin 2017, drapeau palestinien à la main. Faris a le même âge et il a connu le même sort que Mohamed à quelques semaines de différence. À la clinique de MSF où ils se sont rencontrés, ils sont devenus inséparables. Il renchérit, « Ici, tout ce que tu gagnes, tu finis par le perdre. »

Ce constat est largement partagé par les jeunes hommes, souvent autour de la vingtaine, qui partent fréquemment manifester leur colère et leur sentiment d’injustice à la frontière israélienne, au risque de leur vie ou de blessures sérieuses. Depuis décembre 2017, de nombreux jeunes ont ainsi participé aux manifestations contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump, à l’appel des différentes autorités de Gaza. Et Médecins Sans Frontières a constaté une augmentation du nombre de blessés admis dans ses cliniques de Gaza, passant de 19 en novembre à 162 le mois suivant, et presque 200 en janvier. Ces blessures sont essentiellement des blessures par balles, au niveau des membres inférieurs.

Les jeunes ont grandi entourés de violence comme nous le raconte Mohammed H. : « Lorsque j’ai vu ma jambe, entièrement ouverte suite à l’impact de la balle explosive, je ne me suis même pas évanoui. Nous avons l’habitude ici. Il y a eu les guerres, et nous avons vu nos amis blessés ».

Mohammed a été opéré 4 fois par les chirurgiens de MSF. © Laurie Bonnaud/MSF

Le sentiment de ne rien avoir à perdre est omniprésent. « Nous devons rappeler que nous existons. Qui d’autre le fera pour nous ? » s’interroge Abdel Raheem. « C’est notre seule façon de montrer ce que nous ressentons, ce que Gaza ressent. Que pouvons-nous faire d’autre ? » ajoute Mustafa.

Inutile de leur parler de réconciliation entre le Hamas et l’Autorité palestinienne, de leaders politiques ou de communauté internationale : « Chacun sert ses seuls intérêts personnels », affirme Hassan. À la question « Avez-vous de l’espoir pour Gaza ? », il répond simplement, comme beaucoup d’autres : « Inch’allah. »

Un groupe de jeunes dans la zone d'attente de la clinique de MSF à Gaza.

Un groupe de jeunes dans la zone d’attente de la clinique de MSF à Gaza. © Laurie Bonnaud/MS

https://www.msf.fr/actualites/quand-les-blessures-des-gazaouis-temoignent-de-leurs-conditions-de-vie

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Le sionisme :

CRIME ET MENSONGE…

AFP, publié le vendredi 20 avril 2018 à 10h15

L’armée israélienne a publié la semaine dernière une photo censée montrer que les journalistes couvrant les manifestations de Palestiniens à Gaza servent, peut-être sciemment, de boucliers humains. Une vidéo et le témoignage d’un reporter sur le terrain décrivent une autre réalité.

La bande de Gaza, coincée entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée et contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, qualifié de « terroriste » par Israël, est en proie depuis le 30 mars à des manifestations massives de Palestiniens. 

Certains vont défier la mort en s’approchant de la frontière pour lancer des projectiles ou pousser des pneus enflammés en direction des soldats israéliens postés sur la barrière de sécurité. Ces derniers veillent à stopper, y compris à balles réelles, toute intrusion sur leur territoire.

Les tensions culminent le vendredi, jour de prière et de repos hebdomadaire pour les habitants de Gaza.

Le 13 avril, l’armée israélienne a posté une photo prise de loin et exposant selon elle la dangereuse proximité physique des journalistes avec les « terroristes ». 

Elle montre un journaliste de l’AFP auprès d’une caméra sur son trépied parmi les manifestants, dont un homme sur des béquilles. A leurs pieds, un autre homme en keffieh tend le bras en direction d’Israël.

– « On accusera Israël » –

« Un terroriste brandissant un engin explosif présumé, alors que des journalistes et un handicapé se tiennent juste derrière lui », a légendé l’armée sur les réseaux sociaux. L’armée s’appuie sur cette prise de vue pour « mettre en garde les personnes présentes sur les lieux des violences car on se sert d’elles pour dissimuler des actes de terrorisme ».

L’armée accuse constamment le Hamas, auquel elle a livré trois guerres depuis 2008, de se servir de la population civile, de l’ONU ou de la presse pour couvrir ses agissements contre Israël.

Mais elle-même est mise en cause pour usage excessif de la force.

Trente-quatre Palestiniens ont été tués et des centaines d’autres blessés depuis le 30 mars. Parmi eux (les morts… NDLR) figure un journaliste qui, selon des témoins, portait un gilet tagué « presse » quand il a été atteint par les tirs israéliens.

L’armée dit pour sa part n’ouvrir le feu que quand c’est nécessaire. 

Le cliché publié par l’armée ne reflète guère les tensions régnant tout près de la frontière, là où les manifestants jouent leur vie. La plupart des milliers de Palestiniens se massent à distance des tirs israéliens.

Le porte-parole de l’armée en langue arabe, Avichay Adraee, a cependant tweeté la photo à ses 190.000 followers, assortie d’un dialogue imaginaire et suggérant un parti pris anti-israélien de la part de la presse.

« Je suis venu tout seul, mais je me fiche de servir de bouclier humain. S’il m’arrive quelque chose, on accusera Israël », fait dire une bulle au vidéaste de l’AFP.

– Distance de sécurité –

La vidéo tournée par le journaliste et les éléments qu’il fournit rendent compte d’une réalité différente. Elle montre l’homme en keffieh s’évertuant vainement à allumer ce qui ressemble fort à un feu d’artifice paraissant peu susceptible de représenter un danger pour les soldats israéliens à cette distance. Il finit par renoncer.

L’AFP avait décidé de ne pas diffuser ces images cocasses, mais peu informatives, et la scène serait passée inaperçue si l’armée ne s’en était saisie.

Les faits se déroulent à au moins une centaine de mètres des soldats israéliens, dit le journaliste. Celui-ci, habitué à la couverture des conflits, explique s’être placé là pour réaliser un direct précisément parce que l’endroit était à une distance assez sûre.

L’AFP n’est pas parvenue à identifier ou à retrouver l’homme au keffieh.

Des feux d’artifice comme celui de la vidéo ont été lancés à plusieurs reprises sur les soldats, a dit l’armée à l’AFP.

Interrogée sur ce qui permettait à son porte-parole de supposer qu’un journaliste mettrait en cause Israël en cas d’incident, elle a répondu que le propos était « de montrer dans quelle situation dangereuse et complexe se placent les journalistes et les civils quand ils choisissent d’être sur les lieux de violences organisées par l’organisation terroriste Hamas ».

« Le propos n’était pas de mettre en cause précisément et personnellement le journaliste en question », a-t-elle dit.

https://actu.orange.fr/societe/culture/ 

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https://static.timesofisrael.com/fr/uploads/2018/04/a1.jpg

Des enfants palestiniens font du vélo près de la frontière avec Israël à la périphérie de Khan Younes dans le sud de la bande de Gaza, alors qu’ils participent à une course cycliste exigeant un « droit au retour » en Israël pour des millions de Palestiniens, le 26 mars 2018 (AFP / Said Khatib)

AVRIL 2018 : La situation actuelle et le rôle des Marxistes-Léninistes

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En quelques mots…

La situation actuelle

et le rôle des Marxistes-Léninistes

 

 

Suite à la republication de l’article de l’OCF sur le mouvement social, assortie de notre critique sur le manque le lien avec les luttes anti-impérialistes actuelles.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/09/l-anti-macronisme-un-nouveau-style-branche/

PDF : OCF – Avril 2018 – Sur le mouvement social en France

La situation actuelle confirme de manière encore plus éclatante que l’on ne peut séparer les questions sociales locales de la politique impérialiste internationale.

Il est évident que Macron utilise toutes les complicités possibles dans la « gauche », même et surtout « extrême », pour empêcher que ce lien se concrétise par un rejet réel et profond de sa politique globale et donc du système.

Cela est donc logiquement le rôle et même le devoir des ML de faire apparaître ce lien pour ce qu’il est, le fil fondamental de la politique du système. C’est ce qui devrait marquer la force et la différence politique des ML, même si c’est à très petite échelle, pour commencer.

Faire apparaître ce lien, ce n’est pas se contenter de protestations formelles contre la logique de guerre, mais bien de faire comprendre que le soutien politique réel aux luttes actuellement engagées par l’axe des résistances nationalistes au Proche-Orient, essentiellement, et au Donbass, aussi, c’est le moyen d’affaiblir le front politique des impérialistes, dans lequel le « nôtre » occupe une place importante.

C’est donc le moyen de l’affaiblir également, de modifier le rapport de forces politiques en France, et d’y faire reculer l’influence des réformistes et des Kollabos « de gauche » qui refusent absolument, quant au fond, la solidarité avec ces luttes et cautionnent, soit directement, soit hypocritement, mais à peine masqués, les tentatives impérialistes d’écrasement de ces luttes.

Avec une campagne d’agit-prop claire sur ce thème, même les « doubles jeux » du type « USA-Russie, tous impérialistes » se trouveront démasqués et obligés de dévoiler leur confusionnisme sur le fond, et se trouveront donc en position défavorable face aux critiques justifiées des ML.

C’est maintenant, quand l’actualité plus que brûlante nous offre une tribune potentielle avec une portée fondamentale qu’il faut agir.

Au lieu de cela, on ne voit rien, sinon le ron-ron des formules habituelles ne masquant même pas l’impuissance, le plus souvent complaisante, des diverses sectes et groupuscules supposés d’ « extrême-gauche », et même « ML » pour quelques uns.

L’OCF, par contre, a fait preuve d’une certaine lucidité en publiant son article sur le mouvement social, mais le lien avec les luttes anti-impérialistes actuelles reste à faire.

L’OCF a donc là une occasion réelle de faire la preuve de son existence politique, et même, éventuellement, de commencer à devenir opérationnelle et d’engendrer une dynamique constructive.

Dans la mesure où elle semble être le dernier réduit du mouvement ML organisé en France, beaucoup repose sur la suite de son évolution, après la publication de son constat lucide sur le mouvement social.

Luniterre

David Palestinien Contre Goliath Sioniste : Une leçon de Résistance donnée au monde !

 

 

 

Bande de Gaza : au moins douze Palestiniens tués dans des violences avec l'armée israélienne

SEPT PALESTINIENS TUÉS, 500 BLESSÉS PAR TSAHAL À LA LIMITE DE GAZA

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A l’occasion de son Jour de la Terre 2018 le peuple de Palestine vient de donner au monde entier une leçon de courage et de résistance exemplaire, après déjà 70 ans de luttes pour son droit au retour sur sa terre d’origine dont il a été chassé par l’occupant sioniste.

Le fait est que le monde voyait ou croyait voir sombrer cette cause peu à peu sous les coups des colonialistes israéliens, et sous une chape d’hypocrisie des puissances impérialistes complices, alors qu’elle vient soudainement et massivement de relever la tête pour réaffirmer son droit intangible.

C’est précisément dans ce droit que réside sa force, c’est ce que nous a magistralement rappelé Stanley Cohen en Juillet dernier.

C’est donc l’occasion de republier ce texte remarquable, qui se trouve être, plus que jamais d’actualité!

Mais au moment où un réveil des luttes sociales semble s’opérer en France, c’est aussi une occasion de réfléchir au sens de ces luttes au sein des métropoles impérialistes, qui sont, qu’elles le reconnaissent ou non, liées entre elles contre toutes les luttes de libération, et celles de la Palestine en premier, tant les complicités du sionisme sont extensives, en France comme aux USA et ailleurs.

Il ne s’agit nullement, ici, de prendre le problème à l’envers, comme le font certains supposés « anti-impérialistes », mais bien au contraire et précisément de comprendre qu’un phénomène colonialiste tel qu’il se développe en Palestine, digne des pires barbaries occidentales du siècle dernier, ne pourrait se poursuivre sans le support de ces complicités. Autrement dit, si le sionisme est bien le serviteur obligé de l’impérialisme dans cette région stratégique du monde, il n’en est pas le maître.

Il fut un temps où la solidarité anti-impérialiste internationale arrivait à isoler certaines de ces entreprises colonialistes au point de les faire cesser, comme au Vietnam et en Afrique du Sud. Mais c’était aussi un temps ou les luttes sociales en occident étaient encore une menace politique sérieuse pour le système capitaliste. Il y avait de fait une synergie entre ces deux aspects de la lutte, même si cela ne résultait précisément d’aucune stratégie réelle ni d’aucun concept de résistance globale, qui eut pourtant été utile et même nécessaire à leur survie, en terme à la fois de résistance sociale et de perspective politique.

Si face à la violence des reculs sociaux imposés par la crise la résistance sociale se réveille à nouveau, elle traine néanmoins encore le boulet de ses précédents échecs, contre la réforme des retraites et contre la Loi El Khomri, et pour ce qui est d’une solidarité anti-impérialiste digne de ce nom on n’en voit plus de signe réellement significatif, sauf, au contraire, des signes de Kollaboration active de diverses parties de la « gauche », même « extrême »!

Mais surtout, le constat est que toutes les forces politiques actuellement au pouvoir ou en capacité de gouverner sont directement engagées dans le processus systémique de régression sociale, comme fractions ouvertement représentatives des intérêts du système capitaliste.

La seule qui se tente encore de se faire passer pour une « alternative », en se donnant un style « rebelle », c’est la prétendue « France Insoumise », alors qu’il ressort clairement de son programme qu’il s’agit ni plus ni moins qu’une relance « keynésienne » du système, basée sur une nouvelle manœuvre financière à l’échelle européenne.

Après un succès de départ du à l’effet médiatique de « nouveauté », comme tant d’autres gadgets politiques précédents, elle sombre à nouveau dans l’obscurité des manœuvres politiciennes, obligée de faire face à sa propre impasse.

Nous avons néanmoins eu l’occasion d’échanger sur ces sujets avec un de ses militants les plus lucides, par ailleurs sympathisant de la mouvance trotskyste britannique « Socialist Fight ».

Il ne s’agit pas ici de revenir une Nème fois sur les analyses de la situation économique de la crise systémique, mais au contraire de comprendre ce qui nous sépare d’un peuple tel que celui de Palestine, aussi démuni de tout et dépourvu aussi bien de moyens locaux que de supports internationaux réellement puissants, mais qui lutte quand même massivement et avec toute la dernière énergie dont il est capable, en comparaison avec notre difficulté à relever la tête dans un climat de régression, certes, mais qui est encore loin d’une situation catastrophique telle que celle de la Palestine.

L’article récent de ce camarade sur les mouvements sociaux en France (*) est centré sur un point essentiel à propos de la nécessité de construire un parti d’avant garde du prolétariat. Un long commentaire en réponse semble insister davantage sur la nécessité de la dictature du prolétariat pour la période de transition, bien que les deux soient liés, jusqu’à un certain point, évidemment.

Les deux sont également justes considérés d’un point de vue marxiste-léniniste, mais le niveau de conscience actuel n’en est manifestement pas là, sauf pour quelques pseudos-« ML » sectaires qui « s’y croient » et n’y sont donc précisément pas… !

Pour ce qui concerne le mouvement de masse, ce n’est donc pas encore là la problématique concrète, celle qui le fera avancer plus rapidement, y compris vers ces objectifs transitoires mais incontournables.

Si la FI a rencontré un relatif succès, c’est qu’elle a su mobiliser essentiellement autour d’un projet… C’est le projet, le programme, qui est l’élément fédérateur et constitutif du mouvement et de son organisation.

Le fait qu’il ne soit ni viable ni crédible, et à juste titre, pour une grande masse de prolétaires, qui ont donc préféré s’abstenir, c’est encore une autre question, mais l’amorce du mouvement réside bien dans le projet et non dans le parti en lui-même, ni même dans les formes hypothétiques de son pouvoir… !

Autrement dit, il faut distinguer la problématique stratégique telle que nous la percevons, même si évidemment, fort justement, comme marxistes, de la problématique politique générale telle que la perçoit la grande masse, et qui est la première marche vers l’élévation et la renaissance de la conscience de classe.

Dans la Russie pré-soviétique et soviétique naissante, c’est le projet politique et social en gestation, précisément, autour des soviets, qui a été à la fois l’amorce et le catalyseur de la lutte. C’est ce principe qui est devenu la légitimité prolétarienne et populaire de la Révolution et qui a permis au parti bolchévique de légitimer son pouvoir, y compris du point de vue de la dictature du prolétariat, comprise comme défense indispensable de ce projet et de cette légitimité.

C’est pourquoi la question du parti, dans les circonstances actuelles, où cette notion est totalement dévalorisée pour les masses par la caricature qu’en donne la bourgeoisie, ne se posera réellement que lorsque naitra une convergence non pas tout d’abord et formellement idéologique, mais précisément autour de l’élaboration concrète d’un projet, un peu à l’image du processus de formation de la FI, expérience utile et signifiante, de ce point de vue, même si inutile et même néfaste, quant au fond.

Mais cette réflexion risque de rester incomprise, car le propos reste incomplet ainsi et peut n’être pas clairement saisi dans toutes ses implications.

Car en réalité c’est donc la question de légitimité qui est le nœud de cette problématique.

La survie du système actuel tient à ce qu’il parvient constamment à se relégitimiser, malgré ses failles béantes et même lorsqu’elles sont perçues comme telles.

Actuellement, la menace terroriste est sa meilleure justification, à condition d’être réactivée très souvent, sinon en permanence.

C’est pourquoi il n’y aura pas de mesures vraiment radicales contre les mouvances salafistes, par exemple.

Mais le point fondamental reste la question du travail.

Dans la légitimité bourgeoise le travail n’est utile que s’il est rentable financièrement.

La question de son utilité sociale n’est jamais réellement posée, sauf pour être ouvertement éludée au motif de non-rentabilité sur le plan financier.

Le travail socialement nécessaire mais « non-rentable » est rejeté dans le domaine du bénévolat et de la charité privée…

Le système arrive ainsi à légitimiser même la réduction de toutes les fonctions sociales encore survivantes de son État.

Tout ce qui subsiste de service public doit être « concurrentiel » avec le secteur privé ou disparaître, et au mieux, remplacé par la charité privée, ou carrément supprimé, sinon.

La vraie question est donc celle de la légitimité du travail, à travers son objectif social, en tant que répondant à des besoins sociaux réels, tant en termes de productions que de services.

Travailler utile socialement ou travailler rentable financièrement, ce sont deux notions bien différentes et qui se retrouvent donc également dans le secteur productif, en réalité, au delà de la culture des fantasmes publicitaires.

La production en cours est-elle socialement réellement utile et/ou essentiellement sur le plan de la rentabilité financière ? C’est cette question qui doit donner un sens à la notion de partage du travail.

Car on ne peut partager qu’un travail socialement utile, en fin de compte, dans la mesure où il répond précisément aux besoins de ceux qui le partagent.

Le changement de légitimité se produira quand l’utilité sociale du travail sera au premier plan des revendications.

C’est en ce sens que les révolutionnaires, marxistes ou non, doivent orienter leur travail d’agit-prop, s’ils veulent avoir une chance d’amorcer un réel mouvement de contestation anticapitaliste et commencer à construire une alternative crédible.

C’est évidemment très différent du paradigme de la FI, qui se présente clairement comme un plan de relance du système actuel, même si dans une hypothétique version « keynésienne », désormais tout à fait chimérique et non crédible, de plus.

La question de légitimité du système se retrouve également dans sa dimension impérialiste où son bilan « globalement négatif », à l’échelle de la planète et de la tant vantée « mondialisation » est en réalité carrément spectaculaire et seulement masqué par l’omniprésence entretenue du « terrorisme » justifiant l’omniprésence des forces armées impérialistes et de leurs supplétifs diverses, même parfois « de gauche »…

C’est là encore, sinon là d’abord, que les révolutionnaires doivent sans cesse reposer la question de légitimité en faisant donc également le lien avec la situation économique et sociale désormais en voie de dégradation accélérée dans les métropoles impérialistes.

En résumé, un demi-siècle après Mai 68, un mouvement de contestation anticapitaliste réel ne peut renaître que parmi ceux qui sont prêts à remettre vraiment en cause les fondamentaux de la légitimité du système actuel, et ils sont très peu nombreux, encore, à l’heure actuelle.

La naissance d’un mouvement actif autour de ces thèmes d’agit-prop serait déjà une petite révolution…

La question de savoir s’il surgira des débats actuels est loin d’être réglée, tant ils sont biaisés, effectivement, par des présupposés idéologiques totalement surannés et donc dogmatiques, quant à leur démarche, qui reste imperceptible des larges masses, même lorsqu’elles se mettent en mouvement.

Mais ne s’est-on pas éloigné de la Palestine actuelle en revenant sur Mai 68?

En réalité, il n’en est rien, et d’autant moins que Mai 68 a aussi amorcé le resurgissement de cette cause alors « oubliée » par l’Occident…

En Palestine la légitimité du combat collectif, le projet collectif, autrement dit, repose sur le droit à la terre, le droit au retour.

Elle dépasse largement les clivages entre courants politiques et religieux. Ce qui explique la continuation massive du combat, sur tant de décennies.

En France elle devrait reposer sur le droit à un travail socialement utile, dans la perspective d’une économie de transition, évidemment.

Le parti ou les factions politiques qui deviendront leaders du mouvement seront celles qui incarneront le mieux cette légitimité. Encore faut-il que le mouvement pour une telle légitimité existe… Ce n’est pas le cas… Travaillons donc à le créer, si nous en avons réellement la volonté politique…

Il y a une dialectique à comprendre entre la constitution du mouvement sur le plan organisationnel et sur le plan de son contenu, en termes de perspectives sociales, économiques et politiques.

Le projet est le moteur. La structure sans le projet est une structure stérile, sans objet.

C’est le projet qui est le premier élément de cette dialectique, les problèmes organisationnels, parti et organisations de masses, se règlent autour et en fonction de la dynamique et de l’avancement du projet.

Encore faut-il donc qu’il y ait projet, en termes de transition.

Sur ce point le camarade FI nous reproche d’entretenir une confusion éventuelle sur la notion de travail socialement utile, qui ne pourrait exister en dehors des critères actuels de rentabilité, avec sa notion actuelle de plus-value.

Malentendu sur le sens des termes ???

Ce qui est du travail socialement utile est socialement rentable, dans la mesure où il répond à des besoins sociaux recensés en termes de productions et de services… ! (Et donc pris en compte dans le plan socialiste, équilibré en termes de valeur-travail productive.)

C’est dans ce sens que que le surtravail reste utile pendant la période de transition, ce qui est tout de même assez différent de la plus-value capitaliste qui n’a qu’une vocation financière avérée.

Le « surtravail » en régime socialiste (phase de transition), n’est plus une « plus-value » hasardeuse mais le fruit d’un plan collectif pour satisfaire les besoins sociaux essentiels…

A ce propos nous lui conseillons donc de relire la célèbre Critique du Programme de Gotha de Marx:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Les « besoins sociaux » tels que définis par les idéologues et économistes du capital ne sont que les besoins solvables, et non les besoins sociaux réels et vitaux, qui ne sont réellement pas satisfaits par le système, globalement, et surtout pas à l’échelle mondiale « mondialisée » sous la domination impérialiste, et de plus il y a le retour de la pauvreté en occident, y compris précisément dans certaines catégories de travailleurs.

Tout cela devrait, au moins pour la « gauche » qui se veut « anticapitaliste », faire partie des évidences!!

Marx, dans le Livre III du Capital, notamment, prend aussi la précaution de faire ce distinguo essentiel, entre « besoins » uniquement solvables et besoins sociaux réels, dans le rapport dialectique entre loi du marché et loi de la valeur.

Ayant maintenant quelque peu avancé sur ce concept de légitimité de la lutte anticapitaliste, il est possible de revenir, pour aller plus loin, sur l’une des premières propositions de notre camarade FI que nous avons déjà abordé.

Pour ceux qui se considèrent « marxistes » et plus spécifiquement « léninistes », le concept de légitimité de leur cause leur semble donc d’abord résider dans la construction du parti, en ce qu’il représente l’avant-garde du prolétariat.

Or cette légitimité n’est telle et éventuellement acquise que si le rôle de ce parti est déjà historiquement confirmé, et d’abord par son action sur le terrain.

Autrement dit, poser la construction du parti comme préalable à l’émergence d’un mouvement révolutionnaire prolétarien, c’est carrément prendre le problème à l’envers.

L’acquisition de légitimité du parti ne se fait elle-même, de plus, qu’à travers l’acquisition de légitimité nouvelle et globale du mouvement révolutionnaire, et seulement dans la mesure où ce parti devient lui-même l’incarnation au moins partielle de cette légitimité globale par son action et sa lutte.

L’une des questions historique, en termes de leçons utiles, que nous aurions pu aborder à l’occasion du Centenaire d’Octobre porte précisément sur l’origine de cette légitimité telle qu’acquise par le Parti Bolchevique…

Comment comprendre pourquoi cela est devenu le cas du Parti Bolchevique, et à quel moment ?

C’est bien, en fait, une des question sur lesquelles notre recherche a également porté, à cette occasion, même si cela n’est pas vraiment ressorti dans les polémiques de ce moment.

Celles-ci se sont trouvées concentrées sur la légitimité de la période stalinienne, ce qui était inévitable en raison de sa durée et de son importance stratégique dans l’histoire de l’URSS et du monde du XXème siècle, et de ses conséquences sur le monde actuel.

Pourtant la problématique de base et de départ que nous cherchons à comprendre aujourd’hui, parce qu’elle est celle qui nous concerne plus concrètement, en fait, n’est pas à ce point différente, car en ce qui concerne l’histoire de la Révolution d’Octobre, c’est aussi de la légitimité globale de l’Union Soviétique qu’il est question, en réalité, à traver celle du Parti Bolchevique.

C’est ici à dessein que nous utilisons ici le terme Union des Soviets et non URSS, car à l’évidence cette légitimité est bien antérieure à 1922, fondation officielle de l’URSS…

Cette problématique de légitimité a ressurgi à plusieurs reprises à l’occasion des débats historiques autour du Centenaire d’Octobre. Ils se sont particulièrement cristallisés sur le problème historique de la dissolution de l’Assemblée Constituante en Janvier 1918.

Il apparait d’autant plus évident, à présent, que c’est là que se situe le nœud du problème en ce qui concerne à la fois la légitimité de l’Union des Soviets et celle du rôle historique du parti bolchevique. Et partant de là, de toute la dialectique d’interaction entre ces deux organismes.

Ce n’est pas par hasard si la dissolution de la Constituante, le 6 Janvier 1918 , est devenue, et à nouveau singulièrement à l’occasion du Centenaire, la bouteille à l’encre de tous les historiens anti-bolcheviques, de droite comme « de gauche », au moins aussi souvent.

Si tel est le cas, c’est précisément parce que c’est le véritable point de basculement d’une légitimité vers une autre, c’est à dire de la liquidation des derniers restes, pour l’époque, de la légitimité bourgeoise vers la légitimité prolétarienne.

Le mieux et le plus simple pour comprendre cette situation, c’est de se référer aux trois textes de Lénine sur ce sujet, les plus significatifs sur cette question de légitimité et sur la dialectique qui en ressort concernant l’interaction du parti bolchevique et des soviets.

Il est clair que le parti bolchevique tient sa légitimité de ce qu’il a été le meilleur acteur du pouvoir des soviets. La légitimité la plus fondamentale résidant évidemment dans le pouvoir des soviets et non dans le pouvoir du parti.

C’est ce qui ressort très nettement de ces trois textes, tout simplement parce que c’est une évidence en soi, surtout à l’époque. Or par la suite, avec la guerre « civile », c’est le rôle dirigeant du parti qui a permis la survie du pouvoir des soviets et cette question a perdu de son sens pour plusieurs décennies, tant la fusion parti-soviets est devenue opérationnelle sur le terrain.

En réalité cette question de fusion ou de distanciation relative aurait pu ou même du se reposer à plusieurs reprises, mais le sujet ici est plus global que la polémique sur tel ou tel point historique particulier, comme la constitution de 1936, par exemple, rejetée par les trotskystes, prétendument au nom de la « dictature du prolétariat », et qui en ont bloqué la mise en œuvre via leur influence résiduelle au sein de la bureaucratie, même s’ils ont été finalement les premiers à payer le prix de la situation conflictuelle ainsi créée.

Toujours est-il que cette légitimité fondamentale des Soviets explique aussi en grande partie, même si paradoxalement en apparence, ce prétendu « mystère » du décalage à priori surprenant entre la « nostalgie » majoritaire pour l’URSS en Russie actuelle, et le vote, encore plus majoritaire, en faveur de Poutine.

La nostalgie pour l’URSS porte justement sur le concept de « Nation Soviétique » qui s’est forgé à partir de cette date, à la dissolution de la Constituante en Janvier 1918, à partir de laquelle la « démocratie » parlementaire russe s’est d’elle-même inféodée à l’impérialisme, créant donc ainsi un clivage anti-impérialiste qui s’est précisément creusé en raison du soutient étranger impérialiste à la fois à la réaction blanche et à la réaction « démocratique » bourgeoise.

C’est donc, en réalité, assez logiquement Poutine qui incarne cette nostalgie de la nation soviétique, en tant que restaurateur efficace de l’indépendance nationale russe, et non le KPRF, principal « PC » en Russie, et surtout son secrétaire Ziouganov, à la fois ouvertement inféodé au « PC » chinois et pour le moins très « coopératif » avec l’impérialisme US à propos de l’Ukraine, comme on a pu le voir à l’époque, en pleine bataille décisive pour la ville et le nœud ferroviaire de Debaltsevo :

https://solydairinfo.wordpress.com/2015/09/11/guerre-etou-paix-en-europe-6-mois-apres-minsk-2-le-donbass-a-un-tournant-decisif/

De plus, actuellement, l’étape russe est clairement à la consolidation de l’indépendance et de la résistance anti-impérialiste, et non à la révolution sociale, que le KPRF n’incarne pas non plus, de toutes façons, vu son programme ultra-réformiste.

En Russie, la question de légitimité du pouvoir et de sa nature de classe se trouvera nécessairement reposée à l’issue de l’ère Poutine, mais de l’eau aura encore coulé sous les ponts, d’ici là, en espérant que ce ne soit bien que de l’eau, du reste !

En PDF, les trois textes de Lénine sur la dissolution de la Constituante :

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LENINE – DISSOLUTION CONSTITUANTE

(En intégral, à la suite, avec le texte de Stanley Cohen, le Projet de Décret, proposé par Lénine, pour cette dissolution.)

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est évidemment que cette question de légitimité n’est pas d’abord liée au formalisme parlementariste ou non de la démocratie, mais à sa nature de classe.

Ce que l’une ou l’autre forme consacre, à ce moment de l’histoire russe qu’est la dissolution de l’Assemblée Constituante, en janvier 1918, ce sont d’abord des types de rapports sociaux complètement différents, dont les processus électoraux qui en découlent ne sont que l’une des expressions, mais pas la plus fondamentale, en dernière analyse.

La force et la légitimité des soviets c’est d’abord d’avoir créé de nouveaux rapports sociaux sur le terrain de base, à l’entreprise, et donc d’avoir consacré et légitimisé une nouvelle utilité sociale du travail, ce qui  reste donc tout à fait liée à la la légitimité du mouvement révolutionnaire anticapitaliste.

Cela nous ramène donc directement à la question du rapport entre objectif ou utilité sociale du travail et définition des besoins sociaux qu’il vise à satisfaire. Et donc, par voie de conséquence tout aussi directe au rapport dialectique entre loi du marché et loi de la valeur, tel que traité dans le Livre III du Capital de Marx, que nous avons déjà évoqué plus haut, et comment engager le processus de transition pour se séparer de la domination de la loi du marché, tel qu’ébauché, dans son principe, dans la Critique du Programme de Gotha du même Marx… !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Il est important de rappeler ici qu’à la veille d’Octobre, et même, précisément, en Septembre 1917, Lénine fondait, dans « l’État et la Révolution », notamment au Chapitre 5, les principes économiques de la transition socialiste en Russie sur ce même texte de Marx, la Critique du Programme de Gotha…!

Il y a donc bien un lien direct entre les fondamentaux économiques du marxisme et les fondamentaux politiques du léninisme, et c’est précisément aussi pourquoi nous sommes marxistes-léninistes !!

A noter que ce lien possède un prolongement évidemment encore plus large avec l’expansion du phénomène impérialiste, même s’il relégitimise, de manière partielle et provisoire, le capitalisme de certaines bourgeoisies nationales, celles qui tentent de résister à la domination financière impérialiste.

Quoi qu’il en soit de telle ou telle situation particulière, pour nous, dans les métropoles impérialistes, le lien est direct, à la fois entre utilité sociale du travail et légitimité du combat anticapitaliste et entre ce combat lui-même et le combat anti-impérialiste, qui n’ont donc, du reste et en conclusion, qu’une seule et même légitimité, et c’est à nous, les révolutionnaires, et singulièrement les ML, de la faire apparaître politiquement pour avancer vers nos objectifs.

C’est en ce sens que doit s’orienter notre réflexion et notre travail d’agit-prop.

Mais toutefois cette explication ne satisfait pas notre camarade engagé dans la FI, au motif que cette problématique de légitimité et de motivation ressortirait d’un subjectivisme bourgeois de type « kantien »… Une nouvelle forme de confusionnisme, éventuellement, qui éluderait évidemment inefficacement, la réalité des rapports de forces.

Alors que précisément, à notre avis, si elle a une raison d’être, ce n’est pas pour l’éluder mais bien pour la transformer de manière favorable aux forces progressistes et révolutionnaires.

Ce que nous avons tenté, in fine, de lui expliquer à nouveau, aussi simplement que possible:

« En deux mots, camarade, ne vois-tu donc pas la leçon qui nous vient de Palestine, et qui recoupe également, et littéralement dans sa marche, vers la « frontière » sioniste, la leçon d’histoire de la Révolution Bolchevique, notamment telle que Lénine nous l’explique à l’occasion de cette dissolution de Janvier 1918 ???

Le peuple et le prolétariat se mettent réellement et massivement en marche quand ils perçoivent que la légitimité de leur combat est plus forte que celle du camp d’en face, et en l’occurrence, aujourd’hui, celle des sionistes.

C’est tout le sens de la démonstration de Stanley Cohen…

Évidemment, il s’agit ici d’une démarche plus formaliste sur le plan du droit, car concernant une lutte de libération nationale, mais le principe de motivation est le même, quant au fond.

Même en ce qui concerne les luttes les plus évidentes et les plus quotidiennes sur le plan social ne parle-t-on pas aussitôt de « revendications légitimes », alors que cela n’a précisément aucun rapport avec le droit formel, mais effectivement avec le droit « moral » dont les acteurs du conflit se sentent investis et qui les motive au sens littéral du terme, qui les mets en mouvement, autrement dit…

Les « accords d’entreprises », de branche, de convention collectives, etc, et éventuellement, de nouvelles lois sociales viennent effectivement formaliser cette nouvelle légitimité en ce qu’elle a modifié un rapport de forces sociales.

La légitimité de la lutte précède la transformation sociale, y compris sur le plan juridique formel.

Ce n’est pas un effet subjectif « kantien » ou je ne sais quoi, mais simplement le reflet objectif, dans la conscience populaire et prolétarienne, de l’évolution des rapports de production, des rapports de forces économiques et sociaux, de l’accumulation des forces sociales que cette évolution a engendré.

Actuellement, cela fonctionne carrément dans le sens régressif et réactionnaire, tel que voulu par la bourgeoisie, en réaction à sa propre crise, à ses propres contradictions.

Veut-on réellement inverser le mouvement et repartir à l’assaut de ce système moribond ou bien le laisser continuer à s’enfoncer avec nous, et surtout, à nos dépens ?

Telle est la question…

Oui ou non ?

A nous d’y répondre ! »

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Luniterre

Source de l’article :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/02/palestine-jour-de-la-terre-une-lecon-de-resistance-donnee-au-monde/

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( * https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2018/04/02/workers-struggles-in-france/  )

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Lénine

Projet de décret

sur la dissolution

de l’Assemblée constituante

La révolution russe a, dès son origine, placé au premier plan les Soviets des députés ouvriers, soldats et paysans, en tant qu’organisation de masse de toutes les classes laborieuses et exploitées, seule capable de diriger la lutte de ces classes en vue de leur complet affranchissement politique et économique.

Au cours de la première période de la révolution russe, les Soviets se sont multipliés, ont grandi et se sont renforcés ; leur propre expérience les a débarrassés des illusions de la politique d’entente avec la bourgeoisie et des formes mensongères du parlementarisme démocratique bourgeois ; ils sont arrivés dans la pratique à la conclusion que l’affranchissement des classes opprimées n’est pas possible sans avoir rompu avec ces formes et avec toute politique de conciliation. Cette rupture fut la Révolution d’Octobre, qui remit tout le pouvoir aux Soviets.

L’Assemblée constituante, élue sur des listes dressées avant la Révolution d’Octobre, était l’expression de l’ancien rapport des forces politiques, datant de l’époque où les conciliateurs et les cadets étaient au pouvoir. En votant alors pour les candidats du parti socialiste-révolutionnaire, le peuple ne pouvait pas choisir entre les socialistes-révolutionnaires de droite, partisans de la bourgeoisie, et les socialistes-révolutionnaires de gauche, partisans du socialisme. Ainsi, cette Assemblée constituante qui devait être le couronnement de la république parlementaire bourgeoise, ne pouvait que se mettre en travers de la voie de la Révolution d’Octobre et du pouvoir des Soviets.

En donnant le pouvoir aux Soviets et, par leur intermédiaire, aux classes laborieuses et exploitées, la Révolution d’Octobre a provoqué la résistance désespérée des exploiteurs ; et, dans l’écrasement de cette résistance, elle s’est pleinement affirmée comme le début de la révolution socialiste. Les classes laborieuses ont pu se convaincre par leur expérience que le vieux parlementarisme bourgeois avait fait son temps, qu’il était absolument incompatible avec les tâches posées par la réalisation du socialisme, que seules des institutions de classe (telles que les Soviets) et non des institutions nationales sont capables de vaincre la résistance des classes possédantes et de jeter les fondements de la société socialiste. Tout refus de reconnaître la plénitude du pouvoir des Soviets et la république des Soviets conquise par le peuple, toute attitude favorable au parlementarisme bourgeois et à l’Assemblée constituante, serait aujourd’hui un pas en arrière et signifierait la faillite de toute la Révolution ouvrière et paysanne d’Octobre.

L’Assemblée constituante qui s’est réunie le 5 janvier a, grâce à ces circonstances, donné la majorité au parti socialiste-révolutionnaire de droite, au parti de Kérenski, d’Avksentiev et de Tchernov. Bien entendu, ce parti a refusé de mettre en discussion la proposition parfaitement précise, claire, qui n’admettait aucune équivoque, de l’organe suprême du pouvoir soviétique, le Comité exécutif central des Soviets : reconnaître le programme du pouvoir des Soviets, reconnaître la «Déclaration des droits du peuple travailleur et exploité », reconnaître la Révolution d’Octobre et le pouvoir des Soviets. Par là même, l’Assemblée constituante a rompu tout lien entre elle et la République des Soviets de Russie. Cette Assemblée constituante devait être inévitablement abandonnée par les groupes bolchévik et socialiste-révolutionnaire de gauche, qui constituent aujourd’hui, notoirement, l’immense majorité dans les Soviets et jouissent de la confiance des ouvriers et de la majorité des paysans.

En réalité, les partis socialiste-révolutionnaire de droite et menchévik mènent, hors de l’enceinte de l’Assemblée constituante, une lutte des plus acharnées contre le pouvoir des Soviets ; ils appellent ouvertement dans leurs organes au renversement de ce pouvoir ; ils qualifient d’arbitraire et d’illégale la répression par la force des classes laborieuses, de la résistance des exploiteurs, répression nécessaire pour s’affranchir de l’exploitation ; ils défendent les saboteurs qui servent le capital ; ils vont jusqu’à lancer des appels non déguisés à la terreur que des « groupes inconnus » ont déjà commencé à pratiquer. Il est clair que le reste de l’Assemblée constituante ne pourrait, de ce fait, que jouer le rôle de paravent destiné à masquer la lutte des contre-révolutionnaires pour le renversement du pouvoir des Soviets.

C’est pourquoi le Comité exécutif central décrète : l’Assemblée constituante est dissoute.

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Stanley L Cohen

Il est temps pour Israël d’accepter le fait suivant : en tant que peuple occupé, les Palestiniens ont le droit de résister – de toutes les manières possibles.

Il y a longtemps de cela, il avait été convenu que la résistance et même la lutte armée contre une force d’occupation coloniale n’étaient pas seulement reconnues par le droit international, mais précisément approuvées.

Conformément au droit international humanitaire, les guerres de libération nationale ont été expressément reconnues en tant que telles par l’adoption du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1949 (pdf), en tant que droit protégé et essentiel des peuples occupées à travers le monde.

Dans une évolution pleine de vitalité dans le droit humanitaire, il y a des décennies, l’Assemblée générale des Nations Unies (UNGA) – une fois présentée comme la conscience collective du monde – a noté le droit des peuples à l’autodétermination, à l’indépendance et aux droits de l’homme.

En effet, dès 1974, la résolution 3314 de l’Assemblée Générale des Nations Unies [AGNU] a interdit aux États-membres « toute occupation militaire, même temporaire ».

Dans la partie la plus lourde de signification, la résolution a non seulement affirmé le droit « à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance […] des peuples privés de ce droit, […] en particulier les peuples sous régimes coloniaux et racistes ou autres formes de domination étrangère », mais a noté le droit des peuples occupés « à lutter … et à chercher et obtenir un soutien » dans cet effort.

Le terme « lutte armée » a été intégré dans cette résolution sans définition précise, comme beaucoup d’autres qui ont précédé et qui ont maintenu le droit des populations indigènes à expulser un occupant.

Cette imprécision devait disparaître le 3 décembre 1982. Ce jour-là, la résolution 37/43 de l’Assemblée générale des Nations Unies a supprimé tout doute ou débat sur le droit légal des peuples occupés à résister aux forces d’occupation par tous les moyens reconnus. La résolution réaffirma « la légitimité de la lutte des peuples pour l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la libération de la domination coloniale et étrangère, par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée ».

Israël se berce d’illusions

Bien qu’Israël ait tenté, à maintes reprises, de faire supprimer le sens dépourvu d’ambiguïté de cette résolution précise – et de placer ainsi son occupation d’un demi-siècle en Cisjordanie et à Gaza au-delà de son champ application – c’est un effort voué à l’échec et une illusion si on s’en tient au vocabulaire exigeant de la déclaration elle-même.

Dans la partie la plus significative, l’article 21 de la résolution condamne fermement « les activités expansionnistes d’Israël au Moyen-Orient et le bombardement permanent des civils palestiniens, qui constituent un obstacle sérieux à la réalisation de l’autodétermination et de l’indépendance du peuple palestinien ».

N’hésitant jamais à réécrire l’histoire, et cela bien avant la création des Nations Unies, les sionistes européens se considéraient comme un peuple sous occupation tandis qu’ils émigraient en Palestine.

En effet, 50 ans avant que l’ONU ne parle du droit à la lutte armée comme moyen de libération des peuples indigènes, les sionistes européens se sont attribués frauduleusement le même concept alors que l’Irgun, Lehi et d’autres groupes terroristes imposaient toute une décennie de chaos mortel.

Au cours de cette période, ils ont massacré non seulement des milliers de Palestiniens indigènes, mais ils se sont attaqués aussi à la police et au personnel militaire britanniques qui avaient longtemps maintenu une présence coloniale sur place.

Une histoire des attaques sionistes

Peut-être, alors que les Israéliens s’assoient pour pleurer la perte de deux de leurs soldats qui ont été abattus la semaine dernière à Jérusalem – dans ce que beaucoup considèrent comme un acte de résistance légitime – un retour d’un minimum de mémoire pourrait simplement replacer les événements dans leur contexte historique.

Il y a longtemps, traitant les Britanniques de force d’occupation dans « leur patrie », les sionistes ont ciblé la police britannique et les unités militaires sans la moindre pitié dans toute la Palestine et ailleurs.

Le 12 avril 1938, l’Irgun a assassiné deux policiers britanniques dans un attentat à la bombe dans un train à Haïfa. Le 26 août 1939, deux officiers britanniques ont été tués par une mine placée par Irgun à Jérusalem. Le 14 février 1944, deux agents de police britanniques ont été abattus lorsqu’ils ont tenté d’arrêter des gens qui avaient collé des affiches sur les murs de la ville d’Haïfa. Le 27 septembre 1944, plus de 100 membres de l’Irgun ont attaqué quatre postes de police britanniques, blessant des centaines d’officiers. Deux jours plus tard, un agent de police britannique de haut rang du Service du renseignement a été assassiné à Jérusalem.

Le 1er novembre 1945, un autre policier a été tué alors que cinq trains ont été l’objet d’attaques à la bombe. Le 27 décembre 1945, sept officiers britanniques ont perdu la vie dans une attaque à la bombe au siège de la police à Jérusalem. Entre le 9 et le 13 novembre 1946, les membres juifs « souterrains » ont lancé une série d’attentats à la bombe et aux mines antipersonnel dans les gares ferroviaires, dans les trains et les tramways, tuant 11 soldats et policiers britanniques et huit soldats arabes.

Quatre autres officiers ont été assassinés lors d’une autre attaque sur un quartier général de la police le 12 janvier 1947. Neuf mois plus tard, quatre policiers britanniques ont été assassinés lors d’une attaque de banque commise par l’Irgun et, trois jours plus tard, le 26 septembre 1947, 13 autres agents étaient tués dans une autre attaque terroriste sur un poste de police britannique.

Ce ne sont que quelques-unes des nombreuses attaques dirigées par des terroristes sionistes contre la police britannique, considérés par la plupart des Juifs européens comme des cibles légitimes d’une campagne qu’ils ont qualifiée de « libération » contre une force d’occupation.

Tout au long de cette période, les terroristes juifs ont également entrepris d’innombrables attaques qui n’ont épargné aucune partie de l’infrastructure britannique et palestinienne. Ils ont frappé les installations militaires et policières britanniques, les bureaux du gouvernement et les navires, souvent avec des bombes. Ils ont également saboté les chemins de fer, les ponts et les installations pétrolières.

Des dizaines de cibles économiques ont été attaquées, dont 20 trains endommagés ou faits dérailler, et cinq stations ferroviaires. De nombreuses attaques ont été menées contre l’industrie pétrolière, dont une, en mars 1947, sur une raffinerie de la Shell à Haifa qui a détruit quelque 16 000 tonnes de pétrole.

Des terroristes sionistes ont tué des soldats britanniques dans toute la Palestine, en utilisant tout type de pièges, des embuscades, des tireurs d’élite et des véhicules bourrés d’explosifs.

Une attaque, en particulier, résume le terrorisme de ceux qui – sans aucun support dans le droit international – n’ont vu aucune limitation à leurs efforts pour « libérer » un terrain sur lequel ils avaient en grande partie récemment émigré.

En 1947, l’Irgun a enlevé deux sous-officiers du Corps d’intelligence de l’armée britannique et menacé de les pendre si la condamnation à mort de trois de ses membres était maintenus. Lorsque les trois membres de l’Irgun ont été exécutés par pendaison, les deux sergents britanniques ont été pendus en représailles, et leurs corps remplis d’explosifs ont été laissés dans un bosquet d’eucalyptus.

En annonçant leur exécution, l’Irgun a déclaré que les deux soldats britanniques avaient été pendus après leur condamnation pour « activités criminelles anti-hébraïques » qui comprenaient : l’entrée illégale dans la patrie hébraïque et l’appartenance à une organisation terroriste criminelle britannique – connue sous le nom d’armée d’occupation – qui était « responsable de la torture, du meurtre, de la déportation et du refus du droit à la vie pour le peuple hébreu ». Les soldats ont également été accusés de possession illégale d’armes, d’espionnage anti-juif en civil et de projets hostiles prémédités contre les forces clandestines.

Bien au-delà des limites territoriales de la Palestine, à la fin des années 1946-1947, une campagne continue de terrorisme a visé les Britanniques. Des actes de sabotage ont été effectués sur les routes de transport militaires britanniques en Allemagne. Le Lehi a également essayé, sans succès, de lancer une bombe sur la Chambre des communes à partir d’un avion affrété en provenance de France et, en octobre 1946, il a attaqué à la bombe l’ambassade britannique à Rome.

Un certain nombre d’autres engins explosifs ont été désamorcés dans et autour des cibles stratégiques à Londres. Quelque 21 lettres piégées ont été adressées, à plusieurs reprises, à des personnalités politiques britanniques de premier plan. Beaucoup de ces missives ont été interceptées, tandis que d’autres ont atteint leurs destinataires mais en étant identifiées comme tel avant qu’elles n’explosent.

Le prix élevé de l’autodétermination

L’autodétermination est une voie difficile et coûteuse pour les occupés. En Palestine, quelle que soit l’arme choisie – qu’il s’agisse de la parole, du stylo ou de l’arme à feu – il y a un prix très lourd à payer pour son utilisation.

Aujourd’hui, « dire la vérité face au pouvoir » est devenu un incantation magique de résistance populaire dans les cercles et les sociétés néolibérales. En Palestine, cependant, pour les occupés et les opprimés, c’est un chemin absolument sûr vers la prison ou la mort. Pourtant, pour des générations de Palestiniens dépouillés du moindre souffle d’air pouvant évoquer un sentiment de liberté, l’histoire enseigne qu’il n’y a tout simplement aucun autre choix.

Le silence est une capitulation. Se taire, c’est trahir tous ceux qui sont venus avant et tous ceux qui viendront après.

Pour ceux qui n’ont jamais ressenti le joug constant de l’oppression, ni l’ont vu de près, c’est une vision au-delà de la raison. L’occupation est lourde pour l’occupé, chaque jour, de toutes les manières, en limitant ce que vous êtes et ce que vous pouvez oser devenir.

La présence constante des barrages militaires, des armes à feu, des ordres, de la prison et de la mort sont des compagnons de voyage pour les occupés, que ce soit des nourrissons, des adolescents au printemps de la vie, des personnes âgées ou ceux piégés dans des limites artificielles de frontières sur lesquelles ils n’ont aucun contrôle.

Aux familles des deux policiers druzes israéliens qui ont perdu la vie en essayant de contrôler un lieu qui ne leur appartenait pas, je transmets mes condoléances. Ces jeunes hommes, cependant, n’ont pas été perdus pour le bien d’une « résistance », mais volontairement sacrifiés pour une vicieuse occupation qui n’a aucune légitimité.

En fin de compte, s’il y a un deuil, ce doit être pour les 11 millions d’occupés, en Palestine ou à l’extérieur, en tant que réfugiés apatrides, dépouillés d’une voix et de la moindre chance dans la vie, alors que le monde présente des excuses motivées en grande partie par les paquets cadeaux en retour qui portent l’étoile de David.

Il n’y a pas un jour sans que la gargouille sioniste ne surplombe un nourrisson palestinien enveloppé dans un linceul funèbre, privé de vie parce que l’électricité ou la liberté de mouvement sont devenus un privilège pervers qui soumet des millions d’otages aux caprices politiques de quelques-uns. Qu’ils soient israéliens, égyptiens, ou qu’il s’agisse de ceux qui osent se prétendre la direction politique palestinienne, la responsabilité des infanticides à Gaza est la leur, et à eux seuls.

« S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès »

Les trois jeunes hommes, cousins, qui ont volontairement sacrifié leur vie dans l’attaque contre les deux officiers israéliens à Jérusalem, ne l’ont pas fait comme un geste sans signification né du désespoir, mais plutôt comme une déclaration personnelle de leur fierté nationale, dans la lignée de beaucoup d’autres qui avaient compris que le prix de la liberté peut parfois signifier tout perdre.

Pendant 70 ans, il n’y a pas eu un jour sans la mort de jeunes femmes et hommes palestiniens qui, tragiquement, ont trouvé plus de dignité et de liberté dans le martyre que dans une vie soumise et passive contrôlée par ceux qui ont osé définir les paramètres de ce que serait leur vie.

Des millions d’entre nous dans le monde entier rêvons d’un meilleur temps et d’un meilleur lieu pour les Palestiniens … [pour qu’ils soient] libres de déployer leurs ailes, de se lever, de découvrir qui ils sont et ce qu’ils souhaitent devenir. Jusque-là, je ne pleurerai pas la perte de ceux qui arrêtent leur vol. Au lieu de cela, j’applaudis ceux qui osent lutter, osent gagner par tous les moyens nécessaires.

Il n’y a pas de magie à la résistance et à la lutte. Celles-ci transcendent le temps et le lieu et tirent leur sens et leur ardeur dans l’inclinaison naturelle qui nous conduit tous à vouloir être libres – libres de déterminer le déroulement de nos propres vies.

En Palestine, il n’existe pas une telle liberté. En Palestine, le droit international reconnaît les droits fondamentaux à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance des occupés. En Palestine, cela inclut le droit à la lutte armée, si nécessaire.

Il y a longtemps, le célèbre abolitionniste Frederick Douglass, lui-même ancien esclave, écrivait sur ce qu’est la lutte. Ces mots ne résonnent pas moins aujourd’hui, en Palestine, qu’ils ne l’ont fait il y a 150 ans au cœur des plantations du sud des États-Unis :

« S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès. Ceux qui professent vouloir la liberté, et pourtant critiquent l’action, sont des hommes qui veulent des récoltes sans labourer le sol. Ils veulent de la pluie sans tonnerre et sans foudre. Ils veulent l’océan sans la peur du rugissement de ses eaux immenses. Cette lutte peut être morale, ou elle peut être physique, ou être à la fois morale et physique, mais elle doit être une lutte. Le pouvoir ne concède rien sans une exigence. Il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais. »

* Stanley L Cohen est un avocat et militant des droits de l’homme, spécialisé sur le Moyen-Orient et l’Afrique.

http://www.chroniquepalestine.com/palestiniens-droit-legal-resistance-armee/

Source de la compilation:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/02/palestine-jour-de-la-terre-une-lecon-de-resistance-donnee-au-monde/