solydairinfo

Le RU, c’est la RUine sociale, le partage en valeur-travail, c’est la seule issue !!

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Un article de Pierre Grindsable,

Repris sur 

FRONT
des LAïCS

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/10/le-ru-cest-la-ruine-sociale-le-partage-en-valeur-travail-cest-la-seule-issue/

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kduk

petition

Bonjour,

Aujourd’hui, il est bientôt temps de clore cette pétition (*), qui n’a plus de sens, et qui n’en a pas eu longtemps, il est vrai…

La problématique du « revenu universel » a en effet largement supplanté celle de la loi El Khomri…

Aujourd’hui, selon le dernier sondage diffusé

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN15P17G

Hamon (16%), et Mélenchon (13%), représentent ensemble une dynamique potentielle (29%), avec le renfort éventuel des « verts » (+1% >>>total aux environs de 30%), pour amener la gauche d’inspiration « sociale » au second tour, c’est à dire à la victoire, en fait…

Pour autant, l’alliance n’est pas encore faite…

Le candidat qui parait presque « crédible » au regard des critères de notre pétition, reste Mélenchon, dans la seule mesure où il continue à ne pas intégrer le RU dans son programme et à maintenir l’option d’abrogation de la loi El Khomri.

Parmi ses militants, dont nous ne sommes pas, certains avaient déjà osé mettre en doute la « crédibilité » de Hamon sur plusieurs points, et y compris sur le RU.

L’approche définie par ce groupe de militants,

https://blogs.mediapart.fr/yvster14/blog/310117/larnaque-hamon

https://comptoir.org/2017/01/30/benoit-hamon-lennemi-autorise-du-capital/

cette approche est assez proche de la notre pour ce qui concerne la question du partage du travail, qui reste la seule solution viable à la crise, si on a la volonté de régler ce partage correctement, c’est à dire en rupture avec le capitalisme.

Ce site reprend notamment cette approche d’un « économiste atterré », qui, sur ce point, fait un constat évident:

« __Dany Lang : « C’est une proposition qui acte l’idée de la fin du travail, c’est-à-dire que le plein emploi ne pourra plus être assuré pour tous. Or, dans une société où il y a beaucoup de besoins sociaux non satisfaits, parce que les mécanismes du marché n’arrivent pas à les satisfaire et parce que l’État et les collectivités ne prennent pas leurs responsabilités, il y a de la place pour davantage de travail et pour un travail mieux partagé. Acter l’idée de la fin de la possibilité du plein emploi au vu de l’immensité des besoins sociaux non satisfaits me paraît quelque peu curieux. »

Désastreux, en réalité…!

Mais même en dehors de cette citation, particulièrement significative, l’article présente le RU dans son contexte concret et ses conséquences:

« __Le revenu universel a vocation à remplacer une bonne partie des prestations sociales en fournissant aux individus une allocation inconditionnelle pour tous. Pourtant, la multiplication des prestations sociales a justement pour but de répondre à des besoins bien spécifiques. Un bénéficiaire de l’allocation handicapé ou de l’allocation pour mère isolée n’a pas les mêmes besoins financiers qu’un couple de cadres dynamiques. La création d’un revenu universel autour de 700 euros risque de défavoriser ceux qui ont le plus besoin de la solidarité nationale. Enfin, la mise en œuvre par l’État d’un tel revenu est une totale remise en cause du consensus issu de 1945, qui permettait une gestion paritaire de la Sécu entre les partenaires sociaux. Si les gouvernements possèdent les pleins pouvoirs sur la fixation ou les modalités du revenu de base, comment sera-t-on en mesure d’assurer sa pérennité et un niveau décent lors de l’élection d’un gouvernement ultra-libéral ? »

Faut-il pour autant appeler à voter Mélenchon? En l’état actuel des choses, c’est Hamon, porté par l’intox médiatique démagogique autour du RU, qui occupe la position stratégique dans une alliance éventuelle. Il est difficile d’anticiper, comme le prouve la très courte vie de notre pétition, mais il est peu probable qu’une alliance à trois (Hamon-Jadot-Mélenchon), ou même à deux, puisse maintenant revenir en arrière sur ce point du RU, sauf sous la pression populaire en faveur d’autres revendications…

Ce qui devient donc important, c’est plutôt de remettre en avant le principe du partage du travail, non pas dans l’esprit d’une « réduction » au pifomètre du temps de travail hebdomadaire, décidée par une bureaucratie politique quelconque, mais bien au contraire dans l’esprit d’une répartition du travail en fonction des besoins sociaux réels à satisfaire.

Ce qui implique une rupture avec le capitalisme.

En effet, si le travail partagé entre tous est réparti de façon à répondre aux besoins sociaux essentiels, c’est la durée moyenne pour remplir cet objectif qui devient la nouvelle règle du temps de travail, et quelle que soit cette durée, le salaire, même au « SMIC », qui en découlera, sera par définition réajusté en correspondance pour accéder à ces besoins, notamment au logement.

Et le système de santé s’en trouvera non seulement préservé, mais amélioré, et non plus en « peau de chagrin », comme aujourd’hui.

Le travail, partagé collectivement, doit inclure évidemment une part pour assurer les besoins de solidarité avec les retraités, les handicapés, sur tous les plans, et notamment sur le plan logement.

En résumé:

__Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

Pierre Grindsable

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( *  https://www.change.org/p/adress%C3%A9e-%C3%A0-tous-les-candidats-de-gauche-r%C3%A9cup%C3%A9rant-ce-slogan-en-2017-abolir-enfin-la-loi-el-khomri   )

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Catherine Joffroy : « J’ai voulu prendre, à 18 ans, la nationalité soviétique »

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Catherine Joffroy  :
«  J’ai voulu prendre,
à 18 ans,
la nationalité soviétique  »

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Catherine Joffroy

est avocate associée au sein du cabinet Dentons.

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Venue en Russie en 1978,

alors qu’elle n’était qu’une adolescente,

elle ne s’en est jamais détournée

et y séjourne, depuis, plusieurs mois par an.

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Rencontre avec une férue de la Russie.

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Une interview reprise du site Le Courrier de Russie 

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Le Courrier de Russie  : D’où venez-vous  ?

Catherine Joffroy  : Je suis née dans l’est de la France, puis ai grandi à Toulouse.

LCDR  : Pourquoi la Russie  ?

C.J.  : Mon père, professeur de médecine, voulait que j’apprenne le russe  : en tant qu’anti-communiste, il pensait qu’il fallait connaître la langue de l’«  ennemi  ». Il disait  : Si ton ennemi d’aujourd’hui devient ton ami de demain, ce que je te souhaite par-dessus tout, tu auras dix ans d’avance sur tout le monde. Ce qui était assez visionnaire  ! Si ça a d’abord impliqué de changer de lycée, ça voulait dire aussi me rendre en URSS dès l’adolescence. Au départ, j’étais contre, évidemment, mais ensuite, je suis tombée totalement amoureuse de la langue russe  : ça a été pour moi une véritable révélation, un coup de foudre.

LCDR  : À quand remonte votre premier séjour en Russie  ?

C.J.  : À 1978 – j’avais 15 ans. Pour les mineurs, à l’époque, la seule possibilité de voyager en Union soviétique était de passer par l’association France-URSS, très engagée dans le combat pour le communisme.

LCDR  : Et ça vous a plu  ?

C.J.  : À partir de cette année 1978, j’ai passé en URSS deux à trois mois par an tous les ans, soit la totalité des vacances scolaires – même l’hiver  ! J’étais complètement accro  ! Nous apprenions le russe et le marxisme-léninisme, et nous séjournions dans des camps de pionniers. Plus je découvrais le pays, plus ça me plaisait.

«  Rien dans les magasins, rien sur les étagères, mais tout sur la table  »

LCDR  : Qu’est-ce qui vous plaisait  ?

C. J.  : J’ai découvert des gens de tous horizons, de toutes cultures, ce furent des années vraiment fabuleuses. Ces années n’avaient rien à voir avec la Russie d’aujourd’hui. Les gens n’avaient rien, et moins ils possédaient, plus ils donnaient  : rien dans les magasins, rien sur les étagères, mais tout sur la table. Il y avait une solidarité très spécifique, une entraide véritablement fraternelle qui, j’imagine, a probablement existé en France après la guerre. Et puis, les étrangers étaient accueillis de façon incroyable (et vous savez à quel point les Russes aiment les Français, ça, ça n’a pas changé malgré tout)  : les gens avaient soif d’échanger, ils venaient nous parler, nous invitaient chez eux – et prenaient des risques en le faisant. Bref, j’étais adolescente, et je ne voyais que le bon côté des choses.

LCDR  : Aucun souvenir négatif, vraiment  ?

C. J.  : Il y a une seule expérience qui m’a traumatisée. Un jour, je suis allée dans une ville interdite aux étrangers – je voulais faire une surprise à des amis qui y habitaient. Je ne l’ai su que des années après, mais j’ai été trahie par quelqu’un de mon entourage  : trois hommes du KGB m’attendaient à la descente du train, et j’ai subi plusieurs heures d’interrogatoire – comme dans les films. J’ai été renvoyée en France sur-le-champ et j’ai bien cru que je ne pourrais jamais revenir. Mais les services ont rapidement compris que j’étais tout sauf une espionne, que j’étais juste… eh bien, une jeune fille.

LCDR  : Comment étaient perçus ces voyages répétés par votre entourage, en France  ?

C.J.  : Tout le monde craignait  que je sois endoctrinée. Mes parents surtout ont pris peur à mes 18 ans – à juste titre, car à l’époque, je voulais prendre la nationalité soviétique  ! J’étais tellement passionnée  ! Le tout s’est soldé par une année complète sans voyage en Russie. Je ne sais pas si j’étais endoctrinée… j’étais totalement déconnectée de la politique. Pour moi, ce qui comptait, c’étaient les êtres humains, la culture, la langue russe… tout était tellement convivial, amical, aux antipodes de l’individualisme. Je n’ai jamais été ni pour, ni contre  : et ça, en France, à l’époque, ce n’était pas compréhensible.

«  La chute du mur a constitué la deuxième plus grande aventure de ma vie  »

LCDR  : Quand êtes-vous finalement venue en Russie pour des raisons professionnelles  ?

C.J.  : En 1990, j’ai prêté serment  : j’avais suivi des études de droit des affaires en France. J’ai tout fait pour que mon métier me permette de continuer à voyager et parler russe. J’étais la seule avocate française à l’époque, je pense, à avoir déjà une telle connaissance du pays, et j’ai rejoint un cabinet d’avocats parisien, où j’étais chargée de la zone de l’ex-URSS. Pendant neuf ans, j’ai fait des allers-retours en Russie tous les mois, car j’étais responsable du bureau de Moscou. La chute du mur a donc constitué la deuxième plus grande aventure de ma vie  : c’était le Far East  !

LCDR  : Quels dossiers vous ont le plus marquée, en tant qu’avocate  ?

C.J.  : Un des dossiers les plus incroyables que j’aie eu à traiter fut celui d’un Français qui voulait implanter des usines de transformation de bois en république de Komi, pour concurrencer la Finlande toute proche. Pendant des mois et des mois, nous avons négocié avec le ministre des forêts de l’époque, Pouchkov, le premier bail forestier jamais rédigé en Russie. En 1992-93, j’ai également créé la filiale de la Société Générale à Moscou  : la première banque étrangère, à l’époque, à avoir reçu une licence de la Banque centrale.

LCDR  : Et puis  ?

C.J. : En 1999, le cabinet Jeantet, où j’exerçais, a explosé, et les bureaux étrangers ont fermé. J’ai donc rejoint Salans – aujourd’hui Dentons. Et je viens toujours très régulièrement en Russie, environ une semaine à dix jours par mois.

«  Je ne peux pas vivre sans ce pays  »

LCDR  : Pourquoi ne vous êtes-vous jamais installée définitivement  ?

C.J.  : On me l’a proposé. J’adore ce pays. Je ne peux pas vivre sans ce pays. Mais je ne peux pas vivre dans ce pays non plus. Précisément parce que j’y ai vécu. Je le connais. Je sais.

LCDR  : Vous savez quoi  ?

C.J.  : Que j’ai besoin d’être physiquement ici, souvent. Mais que si je l’étais tout le temps, ce serait trop. Tout est trop. Comme j’ai moi-même un caractère entier, excessif, je tomberais rapidement dans cet excès russe… Et je m’y perdrais. J’ai donc trouvé un équilibre qui me convient bien. En France, je reçois aussi des hommes d’affaires russes, je les aiguille. Je peux accompagner les entreprises dans les deux sens. Je conseille des entreprises russes en France et des entreprises françaises en Russie.

 

LCDR  : Quelles sont les plus grandes difficultés des Russes en France, actuellement  ?

C.J.  : Elles résident dans le fait de décoder la complexité de notre système… et de se faire comprendre – aussi parce qu’ils n’ont pas toujours l’art et la manière de faire et peuvent se heurter à des incompréhensions. Et puis, il faut dire qu’ils sont parfois, malheureusement, mal reçus. Aujourd’hui, par exemple, il est devenu extrêmement difficile pour un Russe d’ouvrir un compte bancaire en France, même s’il souhaite juste acquérir une maison.

«  Les banques françaises ne financent presque plus rien en direction de la Russie  »

LCDR  : Et qu’en est-il des sociétés françaises en Russie, après les sanctions  ?

C. J.  : Je n’ai pas eu affaire à des sociétés qui se seraient retirées du marché russe. Tous ceux qui se sont implantés sont toujours là  ; ils font le dos rond en attendant que ça passe, mais ils restent. En revanche, certains projets non réalisés avant la crise ont été mis en sommeil  : essentiellement parce que les banques françaises ne financent presque plus rien en direction de la Russie.

LCDR  : Ressentez-vous un climat de méfiance vis-à-vis de la Russie  ?

C. J.  : La Russie demeure, dans la tête de beaucoup de Français, associée à tout un tas de clichés terrifiants. Les gens sont généralement méfiants, ils n’ont pas la curiosité d’aller au-delà de ce qu’ils peuvent entendre et lire facilement. Ça s’est même empiré avec le temps  ! Une fois sur deux, lorsque l’on propose aux entreprises françaises, PME ou PMI, de s’implanter en Russie, la réponse est négative, sous prétexte que c’est «  trop compliqué  ».

LCDR  : Et est-ce en effet plus compliqué qu’ailleurs  ?

C.J.  : Si on a la volonté de décoder les choses et l’intelligence de bien s’entourer – et je ne parle pas seulement des avocats, mais de manière générale –, ce n’est pas un pays plus difficile qu’un autre  ! Mais tout est relatif, n’est-ce pas  ? Moi je conseille toujours de venir voir – et de ne surtout pas rester dans la capitale. La Russie ce n’est pas Moscou, ce n’est surtout pas Moscou. La Russie, ce sont les villages, c’est là où personne ne va, ce sont les gens, avant tout. Et de là-bas, tout le monde sans exception revient enchanté  !

LCDR  : En tout cas, il est clair que vous, vous l’êtes toujours, enchantée…

C.J.  : Je suis consciente, je pense, de beaucoup de défauts de ce pays – on les connaît tous, et ici, tout n’est pas idéal, évidemment. Mais on parle tellement toujours de ce qui ne va pas – essayons de parler aussi du positif. Les gens arrivent ici angoissés, pleins de ces images négatives en tête, et pourtant généralement, sur place, ils adorent  ! Et nous, Français, nous avons beaucoup de chance, car il suffit de dire d’où l’on vient pour, déjà, être aimé.

«  Les Russes sont entiers, spontanés, excessifs  »

LCDR  : Qu’est-ce qui caractérise les Russes, selon vous  ?

C.J.  : Les Russes sont entiers, spontanés, excessifs, plus «  collectifs  » que nous peut-être, même encore aujourd’hui. Je me souviens, à l’époque soviétique surtout, de cette sensation d’être toujours en groupe. J’étais choyée, jamais seule, on chantait beaucoup… Mais c’est une époque révolue – et j’en éprouve une grande nostalgie.

LCDR  : Alors, laissez-vous aller à cette nostalgie. Racontez-nous Moscou en 1980.

C.J.  : Il y avait une voiture qui circulait par heure, et quand on en apercevait une, c’était quelque chose  ! Tout était absolument gris – mais gris, à tel point  ! Je me souviens aussi de l’odeur. Dans les avions d’Aeroflot, dans les années 1980, ça sentait la naphtaline. C’est bête à dire, mais cette odeur me manque. Comme si vous alliez dans le grenier et que vous retrouviez l’habit d’une grand-mère…

LCDR  : Votre meilleur souvenir  ?

C.J.  : À chaque fois que je reviens, même encore actuellement, je me fais un «  meilleur  » souvenir. Différent, beau à sa manière, émouvant…

LCDR  : Êtes-vous optimiste sur l’avenir de la Russie  ?

C.J.  : Je suis optimiste parce que ça fait presque quarante ans que je vois évoluer ce pays. La Russie est tombée très bas – mais elle est toujours remontée très haut. Ce n’est pas pour rien qu’on dit les «  montagnes russes  », d’ailleurs  ! Elle va surprendre le monde. Les gens ont vécu tellement de choses dures, que j’ai d’ailleurs vues de mes yeux… Imaginez que dans les années Eltsine, ici, aux environs de Moscou, c’était la famine. Les Russes faisaient la queue dès 6h du matin, et s’ils arrivaient à avoir un morceau de beurre l’après-midi, c’était la fête  ! Alors les sanctions, c’est bien peu comparé à tout ce que la Russie a connu.

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http://www.lecourrierderussie.com/societe/des-grenouilles-dans-la-vodka/2015/07/catherine-joffroy-nationalite-sovietique/

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Fillon, Fillonette, fille honnête… (Suite) Ne pas confondre…!!

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Lettre d’une infirmière,
à la famille Fillon :

 

http://www.20minutes.fr/high-tech/2008847-20170205-lettre-ouverte-infirmiere-famille-fillon-devient-virale-facebook

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« Je suis infirmière depuis plus de 12 ans et j’ai reçu la paie de janvier hier. Je travaille en 12 heures et comme j’ai fait 3 week-ends et 10 nuits en décembre, je touche 1745 euros nets d’impôts. On est très loin des sommes à 6 ou 7 chiffres dont j’entends parler à la télé depuis une semaine.
« Dans la famille Fillon, je voudrai le père ». Monsieur est payé depuis 1976 sur nos impôts car j’ai regardé son cv et entre assistant parlementaire, député, sénateur, ministre, premier ministre, président conseil général, monsieur n’a jamais bossé autrement que comme un parasite politicien qui voudrait maintenant présider la France pour mieux s’en mettre plein les poches. Hier soir, on apprenait via Médiapart que monsieur aurait aussi trempé les mains dans la magouille côté sénat. Pourquoi j’suis même plus étonnée ? Il y a quelques semaines on apprenait aussi que monsieur avait investit 1000 euros dans une société de conseil qui lui a rapporté 1500000 euros en 18 mois.
« Dans la famille Fillon, je voudrai la mère ». Madame, réputée femme au foyer, est depuis peu médiatiquement assistante parlementaire de monsieur. Elle a gagné entre 3200 et 7900 euros par mois pendant des années. Avant que Saint Canard Enchaîné n’ébruite, madame était éloignée de la vie politique de son époux. On apprend aussi que madame a été payée 100.000 euros en 16 mois par une maison d’édition pour rédiger 3 ou 4 notes de lecture.
« Dans la famille Fillon, je voudrai les enfants ». Là aussi les enfants ont été employés dans la holding parlementaire Fillon. Même quand ils étaient encore étudiants en droit, ils gagnaient déjà plus que moi chez papa.
Monsieur Fillon rebaptisé Monsieur Propre a fait du nettoyage son cheval de bataille et son programme électoral. Il a manifestement oublié de balayer devant sa porte. A lui qui veut supprimer 500.000 fonctionnaires et nous faire bosser 39 heures payées 35, je dis que moi, citoyenne contribuable, décrète qu’il faut supprimer toute cette racaille mafieuse politicienne qui nous pourrit la France. Le pire dans cette histoire est que la seule qui profite en se taisant est Marine Lepen.
Quand on fait la liste des familles Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Juppé, Hollande, Valls, Fillon qui ont conduit la France dans la merde actuelle avec 8 millions de chômeurs et autant de pauvres, il y a de quoi vomir. Quand on voit comment les gens se privent de soins parce que les mutuelles sont devenues trop chères, quand on voit comment Touraine nous ment en permanence sur la santé, il y a de quoi gerber. Quand on fait la liste des scandales politiques, la liste des scandales sanitaires pour ne citer que ceux-ci, il y a de quoi ne plus aller voter car oui ils sont tous pourris. »

linfirmiere

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Egalement republié sur FRONTdesLAïCS:

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/05/fillon-fillonette-fille-honnete-suite-ne-pas-confondre/

 

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ET sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/05/fillon-fillonette-fille-honnete-suite-ne-pas-confondre/

 

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Hamon, 2ème tour, Ou l’arnaque relookée…!

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Un article repris sur le blog TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/26/hamon-2eme-tour-ou-larnaque-relookee/

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Hamon, 2ème tour,

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Ou l’arnaque relookée…!

 

 

Par une série de faux-fuyants, en grande partie entretenus par les médias, Hamon continue à faire avancer l’idée du « revenu universel » dans la société française.

Secouru, en outre par un quarteron d' »économistes distingués »… c’est à dire essentiellement par le système, même si ce sont plutôt ceux qui se font parfois les portes-paroles des critiques petits bourgeois du capitalisme, qui, précisément, visent à le « réformer » au sens de leur intérêt de classe.

L' »utopie » ainsi relookée permet de maintenir l’attention du public, mais devient à géométrie variable, selon les objections, le plus souvent de simple bon sens, qui lui sont opposées.

Mais en réalité, la dernière « mouture », sortie à l’occasion du débat d’entre deux tours, n’en contient pas moins les mêmes aberrations que les précédentes, reposant d’entrée de jeu, dès sa « première phase », sur une coupe sombre des budgets sociaux, y compris en matière d’allocations familiales et d’allocations logement.

A l’horizon très prochain de 2020, et de sa « deuxième phase », elles sont donc bien condamnées à disparaitre, comme en attestent différentes études sur le sujet (*), ce qui est d’autant plus absurde et même monstrueux que cette « nouvelle mouture » spécifie bien que ce revenu dit « universel » de 750 euros ne commencera en fait qu’à partir de 18 ans… Ainsi, une famille monoparentale devra survivre avec 750 euros, comme nous l’avions déjà signalé dans d’autres articles (**).

A noter que pour un couple, avec 1500 euros et éventuellement plusieurs enfants à élever, la situation n’est guère différente, économiquement.

Cette question de la liquidation de ces aides sociales est notamment abordée dans l’étude comparative du Journal « le Monde », entre les « variantes » du « projet Hamon…:

« De fait, le revenu universel est le point saillant du programme de M. Hamon, et probablement le plus dispendieux. L’ex-ministre de l’éducation suggère que ce revenu minimal d’existence soit étendu de façon progressive à l’ensemble de la population et atteigne 750 euros mensuels.

Un coût total de près de 380 milliards d’euros par an pour le revenu proposé par Benoît Hamon

S’il devait étendre cette mesure à l’ensemble des Français majeurs, M. Hamon aurait besoin de trouver 468 milliards d’euros en année pleine pour la financer (selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, il y avait environ 52 millions de Français de plus de 18 ans au 1er janvier). De ce coût, on pourrait déduire plusieurs aides sociales, dont :

les prestations maternité-famille (53 milliards d’euros en 2014, selon le ministère des affaires sociales) : allocations familiales, aides à l’enfance, etc. ;

les aides au logement (18 milliards d’euros en 2014) ;

les aides pour la lutte contre la pauvreté, principalement le revenu de solidarité active (RSA) mais aussi la prime d’activité et l’allocation spécifique de solidarité (17,7 milliards d’euros en 2014).

M. Hamon n’a pas détaillé quelles aides pourraient disparaître au profit du revenu universel, mais cela pourrait représenter une enveloppe de l’ordre de 90 milliards d’euros à déduire de son coût. Resterait donc, tout de même, autour de 380 milliards d’euros à trouver, soit l’équivalent peu ou prou du budget actuel de l’Etat (387 milliards d’euros de dépenses prévus en 2017).

( *   http://mobile.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/01/24/hamon-valls-deux-revenus-de-base-un-meme-flou-de-financement_5068403_4355770.html

Dans le comparatif:

http://mobile.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/01/17/comment-benoit-hamon-a-rabote-son-revenu-universel-en-pleine-campagne_5064235_4355770.html   )

Comme on le voit, il n’y a rien de nouveau, quant au fond, par rapport à nos premières estimations, qui se basaient sur la totalité de la population, et non sur les « plus de 18 ans », sinon une confirmation, en réalité, du pire, en raison même de cette « surestimation », de notre part…!

Une autre étude économique, d’un journal réputé incontestablement pour son sérieux en la matière, se trouve sur le site des « Echos », et vaut d’être republiée telle quelle, en guise de conclusion, qui se passe d’autres commentaires…

Pour autant, il ne s’agit pas de cultiver d’autres illusions sur une « alternative Valls », dont la « Loi-Travail » était en quelque sorte un échantillon « Fillonesque » avant l’heure…

Une alternative redonnant son vrai sens au partage du travail ne peut reposer ni sur la précarité ni sur une réduction d’horaire plus ou moins arbitraire, 35 ou 32 heures, et finalement sans contre-partie possible dans le système actuel. Dans le monde de la « compétitivité », c’est à dire de la concurrence acharnée entre capitalistes, entre pays capitalistes, dans le monde des « gains de productivité », où seuls les besoins non seulement solvables, mais avec larges bénéfices sont pris en compte, il n’y a pas d’équilibre possible entre forces productives et besoins sociaux réels.

Le partage du travail n’est possible, en réalité, entre tous les travailleurs qui ont ces besoins, pour eux et pour leurs familles qu’en partageant la Valeur-Travail (***) des forces productives nécessaires à satisfaire ces besoins sociaux, ce qui implique d’en finir avec le capitalisme.

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Luniterre

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( **  Hamon : « Fillon de gauche »? Ou l’incroyable arnaque du « revenu universel »…  

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   https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/08/hamon-fillon-de-gauche-ou-lincroyable-arnaque-du-revenu-universel/

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« Loi Travail », Valeur-Travail, « revenu minimum », où en est-on aujourd’hui, au moment du 1er débat de la « primaire de gauche »?

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/12/loi-travail-valeur-travail-revenu-minimum-ou-en-est-on-aujourdhui-au-moment-du-1er-debat-de-la-primaire-de-gauche/

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De la « Loi Travail » au « revenu universel », ou comment un piège anti-social peut en cacher un autre…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/14/de-la-loi-travail-au-revenu-universel-ou-comment-un-piege-anti-social-peut-en-cacher-un-autre/

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Primaires de « gauche »: la Valeur-Travail est-elle condamnée ?

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https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/23/primaires-de-gauche-la-valeur-travail-est-elle-condamnee/     )

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( *** Marx au banc d’essai de l’Histoire, doc PDF:

     marx-au-banc-dessai-de-lhistoire    )

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http://www.lesechos.fr/elections/primaire-a-gauche/0211729000435-benoit-hamon-a-t-il-securise-le-financement-de-son-revenu-universel-2060048.php

 

Pour Manuel Valls, c’est « la ruine de notre budget ». Pour Benoît Hamon, « il n’y a rien d’utopiste à cela ». Les deux finalistes de la primaire de la gauche s’écharpent depuis plusieurs jours sur le revenu universel. C’est en effet la proposition-phare du programme de Benoît Hamon, qui espère bien fédérer la gauche autour de ce projet novateur. Avec écueil : le financement de cette mesure.

Sur ce point, écrire qu’on nage dans un certain flou est un doux euphémisme. Il y a d’abord le coût de la mesure, où les chiffres s’entrechoquent. La mise en place du revenu universel coûterait 588 milliards d’euros chaque année, dont 488 milliards de dépenses supplémentaires pour le budget de l’Etat, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) , pour que les allocataires actuels de minima sociaux ne soient pas perdants. Benoît Hamon estime, lui, le coût à 300 milliards d’euros annuels pour la collectivité. Si l’on prend 750 euros mensuels – le montant prévu à terme par le socialiste – pour chaque Français âgé de plus de 18 ans, alors le coût du revenu universel passe à 450 milliards d’euros, soit tout de même 22 % du PIB de l’Hexagone ! Le Think tank Génération Libre, de tendance libérale, qui cite Michel Foucault et Milton Friedman dans son étude sur le sujet, juge, lui, que si l’ensemble de la population touchait 450 euros par mois, le montant exigé pour les finances publiques atteindrait 320 milliards d’euros.

Certains partisans du revenu universel jugent toutefois qu’agiter ces chiffres bruts ne fait pas beaucoup de sens. Leur idée : il faut raisonner en coût net. Certes la pression fiscale augmentera nécessairement pour financer le revenu universel, mais les individus recevront en retour une somme qui réduira les sommes déboursées et participera à la redistribution. Benoît Hamon assume cette idée, lui qui veut fusionner IR et CSG : « Le niveau des prélèvements augmentera, mais principalement et quasiment exclusivement sur les plus hauts revenus », expliquait-il en décembre aux « Echos » , ajoutant qu’il comptait aussi sur une taxe sur les robots et sur la lutte contre l’évasion fiscale pour boucler son financement ­- sur ce point, les sommes qui étaient évoquées au début de sa campagne pour ces deux mesures ont disparu de son site… Les ordres de grandeur était cependant considérables. L’individualisation de l’impôt sur le revenu souhaitée par Benoît Hamon représentait à elle seule une hausse d’impôts de 24 milliards. Plusieurs dizaines de milliards devaient aussi provenir d’un nouvel impôt unique sur le patrimoine (ISF, taxes foncières, etc.), de même que de la fameuse taxe robot. Le candidat mettait aussi en avant les quelque 80 milliards de niches fiscales qui devraient être « rabotées » et un montant équivalent lié à la lutte contre l’évasion et à l’optimisation fiscale…

L’idée de coût net est par ailleurs loin de faire consensus. Dans une tribune publiée aujourd’hui dans Le Monde , une dizaine d’économistes parmi lesquels on retrouve Thomas Piketty, Emmanuel Saez (université de Berkeley, en Californie), Antoine Bozio (Ecole d’Economie de Paris), « dézinguent » au passage ce système. « Cela n’aurait guère de sens de verser 600 euros par mois à des personnes gagnant 2 000 euros ou 5 000 euros de salaire mensuel, pour ensuite leur reprendre immédiatement la même somme en augmentant d’autant leurs impôts », écrivent-ils.

C’est la raison pour laquelle ils proposent une architecture différente, dont ils jurent qu’elle correspond aux idées de Benoît Hamon. « Le nouveau système pourrait être sous conditions de ressources et concernerait uniquement les salaires inférieurs à 2.000 euros, avec des montants qui ne seraient évidemment pas les mêmes pour tous », avancent-ils sans toutefois donner de chiffre précis. Le problème est qu’ils n’ont visiblement pas lu les propositions de Benoît Hamon, qui veut instaurer un revenu universel pour tous, pas une extension des minima sociaux. De fait, il ne s’agirait pas d’un revenu universel, sinon !

Tout juste ce dernier a-t-il précisé sa copie, en prévoyant plusieurs étapes dans la mise en place. « Pour la première étape, dès 2018, le RSA sera augmenté de 10% à hauteur de 600 euros et versé automatiquement à tous les ayant-droits », écrit-il dans son programme. Il sera alors étendu aux jeunes âgés de 18 à 25 ans. Coût : environ 45 milliards d’euros. Une paille par rapport aux quelque 300 milliards de la suite. Mais même à 45 milliards, le financement n’est pas détaillé…

Guillaume 2 Calignon

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Primaires de « gauche »: la Valeur-Travail est-elle condamnée ?

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Un article de Pierre Grindsable,

Repris sur 

FRONT
des LAïCS

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/23/primaires-de-gauche-la-valeur-travail-est-elle-condamnee/

 

 

 

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Primaires de « gauche »:

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La Valeur-Travail

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est-elle condamnée?

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3-maux

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Au lendemain de ce premier tour de « primaire de la gauche », il ne s’agit pas de philosopher sur une quelconque « valeur morale » qui serait menacée par le « revenu universel » de Benoît Hamon, qui est pourtant déjà vu par certains comme une »prime à l’oisiveté », sinon carrément un encouragement à la paresse et à l’assistanat…

Non, il s’agit bien de la notion économique et sociale du travail comme créateur de valeur, également et précisément économique et sociale.

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Il s’agit de comprendre, à l’issue de ce débat, ce que sont les pistes possibles pour une alternative à la crise du capitalisme.

 

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Prendre prétexte de la « révolution numérique » et de la « robotisation » pour entériner le chômage chronique comme un fait normal de société et renoncer à toute forme de répartition et de partage du travail, c’est réellemnt entériner la précarisation, c’est à dire, au sens à la fois économique et social du terme, la dévalorisation du travail.

C’est une démarche qui arrange fondamentalement les affaires du grand capital, pour lequel ce sont là les conditions les plus favorables à la baisse du « côut du travail », que ce soit en salaire direct ou indirect, sous formes de prestations sociales de santé, de retraites, etc…

Reduire le coût du travail, pour le capital, cela signifie d’abord « rentabiliser » au maximum le personnel déjà existant, et non embaucher pour partager le travail, ce qui implique inévitablement davantage de charges.

C’est pourquoi les expériences précédentes, et notamment celle des 35 heures, n’ont pas abouti à un résultat significatif et durable en terme de lutte pour le retour à l’emploi.

En un sens, la précarisation est une forme de « partage », au moindre coût pour le capital, mais qui ne permet pas au travailleur précaire de vivre décemment. Le « revenu universel » de Benoît Hamon, en se positionnant comme roue de secours de ce système malsain, peut-il être une solution socialement acceptable et de par le fait, durable?

C’est ce qui peut sembler crédible, et donc séduire l’électorat de gauche, tant qu’il prétend venir davantage compléter les autres aides sociales, à priori indispensables, comme la sécu ou les retraites, plutôt que de s’y substituer. C’est cette approche qui parait compatible avec la première « phase » envisagée pour la mise en place du « revenu universel »…

Mais dès lors qu’il s’agit d’atteindre sa phase « finale », avec l’objectif des 750 euros par habitant, le coût, on l’a vu (*), devient exorbitant, et cesse d’être compatible non seulement avec le maintien des allocations familiales, des assurances chômage, mais aussi avec celui des retraites et de la sécu.

Et c’est là que l’on en revient au fait qu’avec 750 euros, et même quelques « petits boulots » pour compléter, il n’est pas possible de vivre, se loger, se soigner, sans même parler de préparer sa retraite… Ou de survivre, pour ceux qui y sont déjà, et dont les caisses seront asséchées par cette mesure…

La victoire de Benoît Hamon, ce n’est pas celle de l’espoir, ni même celle de l’utopie sociale, mais bien une nouvelle victoire de la démagogie populiste et de l’obscurantisme réactionnaire!

Pour autant, la « victoire »relative de Manuel Valls est donc encore possible, au second tour de cette primaire…

Même en très mauvaise posture, selon toute vraisemblance, Valls n’en reste pas moins l’un des principaux piliers fondateurs de la « Loi El Khomri » et grand apôtre de la précarisation du travail, même si sous une autre forme, plus évidente encore que le « revenu universel », mais pas incompatible, bien évidemment… Complémentaire, serait-on tentés de dire, du point de vue du capital!

Montebourg, grand perdant, et presque « perdant surprise », à ce point, dans cette bataille, paye sans aucun doute le flou peu facile à dissimuler de son bref passage dans le secteur de la « productivité » au gouvernement!

Formellement rallié, depuis sa « sortie » gouvernementale au profit de Macron, sinistre nouvel « ange blanc » de la finance, à une vague « résistance » anti-mondialiste, et purement sociale-chauvine, en réalité, il n’en est pas moins resté le chantre précurseur de la « compétitivité » comme moyen de la relance économique… Or, que recouvre ce terme, au delà de son évocation réaliste du monde de la concurrence capitaliste?

Précisément, en fait, tous les ingrédients de la « rentabilisation » financière des « investissements productifs » tels qu’ils génèrent davantage de précarisation, plutôt que de création d’emplois stables, et notamment dans le domaine le plus réducteur d’emplois à court terme, celui qui précisément est censé justifier le « revenu universel »: la « robotisation » de l’industrie…

Que l’on se comprenne bien, là aussi, il n’est pas question de refuser les bienfaits du progrès technologique dans la réalisation de tâches pénibles et répétitives qui peuvent effectivement être assurées au mieux par des machines, mais de comprendre comment ces nouveaux enjeux du progrès doivent concrètement bénéficier à l’ensemble de la société, et non au contraire contribuer à la survie d’entreprises monopolistiques en concurrence délétère, détruisant, dans le processus même de leur « victoire » le tissus social du « marché » qu’elles sont supposé conquérir…

En effet, générant chômage et précarité, la « compétitivité », en réalité, ne répond à aucuns besoins sociaux et contribue, en fait, à accentuer la crise, même si en « sauvant » provisoirement le monopole des uns au détriment de celui des autres.

En effet les « gains de compétitivité », s’ils permettent de regagner des parts de marché et de recréer quelques emplois, véritablement utiles, dans le domaine de la robotique, ne le font de manière significative qu’à l’exportation et au détriment d’autres pays eux-mêmes « exportateurs », soit sur d’autres marchés, soit sur le nôtre…

Or, à l’évidence, ces « autres marchés » souffrent, même si à des degrés divers, du même syndrome que le nôtre, avec chômage, précarisation, et donc réduction drastique de la clientèle potentielle, que ne compensent pas les quelques « nouveaux métiers » de la « révolution numérique » et de la « robotique »…

La réduction de la part salariale dans les revenus globaux est un phénomène mondial déjà notablement étudié par l’OIT dans son rapport 2012-2013, et montre l’impasse que constitue cette « compétitivité » comme issue à la crise mondiale du système capitaliste.

Un bref résumé de ce point, paru en décembre 2012, vaut d’être cité textuellement:

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L’Organisation internationale du Travail (OIT) a publié début décembre son «  Rapport mondial sur les salaires 2012/13« 

 

Un des points clés mis en avant dans cette édition est que «  la part des salariés dans le revenu national s’est rétrécie dans la plupart des pays  ».  En d’autres termes, «  davantage du gâteau national est allé aux profits, et moins aux salariés  ».

«  Des preuves récentes montrent que cette tendance se poursuit depuis des décennies, contrairement aux hypothèses formulées précédemment.

Dans 16 économies développées, la part moyenne du travail est tombée de 75% du revenu national au milieu des années 1970 à 65% dans les années qui ont précédé la crise. Elle a ensuite quelque peu rebondi pour décliner à nouveau après 2009.

Dans un groupe de 16 pays émergents ou en développement, cette part a diminué, passant de 62% du PIB au début des années 1990 à 58% juste avant la crise. Même en Chine, où les salaires ont triplé au cours de la décennie écoulée, la part du revenu national qui revient aux salariés a baissé.  »

 

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En bleu, les pays développés (moyenne pondérée). La part du travail dans la valeur ajoutée baisse depuis 30 ans.

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Pour l’OIT, cela pose un problème de fond. «  Dans bien des cas, cela a affecté l’économie en étouffant la demande ou en entraînant un endettement insupportable des ménages«  , explique le rapport, qui pointe un «  mirage de la réduction des coûts du travail« 

«  Réduire les coûts du travail pour stimuler la compétitivité sur le marché de l’export semble être une option de plus en plus séduisante pour les pays frappés par la crise, mais rien ne garantit que cela évite la stagnation économique ou le déficit actuel de la balance des transactions courantes (quand les pays importent davantage qu’ils n’exportent, y compris les services et les capitaux).

Et, même si des politiques de ce type sont attrayantes au niveau national, elles seraient intenables à l’échelle mondiale. «Alors qu’à titre individuel chaque pays pourrait en principe accroître la demande pour ses biens et services en exportant davantage, tous les pays ne peuvent le faire en même temps», rappelle Sangheon Lee, autre coauteur du rapport.  »

Pour le dire autrement, l’analyse de l’OIT suggère que la stratégie allemande de modération salariale  (depuis les réformes de Schröder) n’est pas vraiment imitable, et peut même devenir dangereuse.

Par Jean-Marie Perbost

http://www.caminteresse.fr/economie-societe/oit-part-des-salaires-dans-valeur-ajoutee-baisse-depuis-30-ans-1156634/

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En faits, la réalité aujourd’hui apparente, c’est que si la stratégie de « compétitivité » peut maintenir provisoirement la suprématie de l’économie d’un pays sur les autres, comme c’est le cas de l’Allemagne en Europe, cela ne résoud en rien les problèmes fondamentaux du système et ne fait qu’exacerber les contradictions entre grandes puissances impérialistes, aboutissant à des situations de conflits potentiellement de plus en plus violents, et déjà réellement, sur le terrain, dans les zones « périphériques  » où elles s’affrontent, comme au proche-orient.

Les « succès » électoraux du populisme, comme ceux du « Brexit » en Grande Bretagne, et surtout celui de Trump, aux USA, montrent que l’heure des conflits ouverts et directs entre ces grandes puissances, non seulement n’est pas passée, mais revient, comme le naturel de ce système mortifère, au galop, mais d’une cavalerie guerrière et à nouveau armée jusqu’aux dents, y compris celles du feu nucléaire, en voie de reconstitution.

On peut voir ainsi qu’il y a un lien direct entre les séismes en cours dans notre vie économique et sociale et les séismes en gestation à l’échelle planétaire, qui menacent à nouveau de recouvrir le monde des sombres nuées de la guerre.

Pour autant, si nous en sommes à nouveau, en France, et plus généralement en Occident, à discuter des avantages et méfaits éventuels du progrès technologique, nous ne devons surtout pas oublier qu’une grande partie des habitants de la planète ne bénéficie toujours pas de ces évidences séculaires que sont pour nous l’électricité, l’eau courante, et toutes les facilités de soins de santé, d’éducation, de confort élémentaire qui vont avec.

Créer des valeurs économiques et sociales par notre travail n’a de sens que pour répondre à des besoins, et d’abord à des besoins vitaux, qui déjà, de plus en plus souvent, ne sont plus satisfaits chez nous, et encore moins dans d’autres parties du monde.

Ce ne sont donc pas les objectifs de travail qui manquent, ni les moyens technologiques, utiles et nécessaires.

Et il n’y a pas de « compétition » dans cet objectif, mais un « challenge » global: celui du partage, non pas de bénéfices financiers, mais du travail correspondant réellement à ces besoins, ici comme ailleurs, tout simplement.

Et ainsi la Valeur-Travail, loin d’être caduque ou dévaluée, reprendra tout son sens, tant social que économique et humain.

Ce que l’on doit comprendre par socialisme, le vrai, non galvaudé par nos bateleurs d’estrades électorales.

Pierre Grindsable

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(* De la « Loi Travail » au « revenu universel », ou comment un piège anti-social peut en cacher un autre…

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/14/de-la-loi-travail-au-revenu-universel-ou-comment-un-piege-anti-social-peut-en-cacher-un-autre/

Hamon : « Fillon de gauche »? Ou l’incroyable arnaque du « revenu universel »…

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/08/hamon-fillon-de-gauche-ou-lincroyable-arnaque-du-revenu-universel/

« Loi Travail », Valeur-Travail, « revenu minimum », où en est-on aujourd’hui, au moment du 1er débat de la « primaire de gauche »?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/01/12/loi-travail-valeur-travail-revenu-minimum-ou-en-est-on-aujourdhui-au-moment-du-1er-debat-de-la-primaire-de-gauche/ )

 9 MARS ELEPH

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Anti-Trump : Jour Debout aux USA !!!

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Jour Debout

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Aux USA !!

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L’Amérique démocratique et
antifasciste est dans la rue…

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Contre la diatribe de Trump, en route pour la troisième guerre mondiale…

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21 janvier 2017

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Le discours prononcé par Donald Trump vendredi à son investiture en tant que président n’a pas de parallèle dans l’histoire américaine. C’était une tirade violente, nationaliste, aux traits distinctement fascistes. Trump a proclamé son programme « America First », menaçant le reste du monde avec des conséquences désastreuses s’ils ne se soumettent pas à ses exigences, à la fois économiques et politiques.

Le discours était tout sauf un «discours inaugural» dans le sens d’esquisser au début d’une administration les idéaux généraux auxquels il sera consacré et de tenter de leur donner une signification universelle, si lourd, maladroit ou hypocrite que puisse être cet effort.

Dans quelques cas, le plus célèbre étant Abraham Lincoln, l’adresse inaugurale a perduré et devenu un repère politique. À l’époque moderne, Franklin Roosevelt a déclaré, au milieu de la Grande Dépression, que le peuple américain n’avait «rien à craindre d’autre que la peur».

Le message de Trump était tout le contraire: « Nous craignons le monde, mais le monde entier doit être fait pour nous craindre. »

Toute conception selon laquelle, une fois qu’il aurait effectivement pris le pouvoir, un Trump «présidentiel» émergerait a été rapidement dissipé par le contenu de ses remarques. Il avait un regard furieux et vociférait. Il n’avait qu’un ton de voix: un cri de colère. Le discours a provoqué une secousse, signalant au monde que le nouveau président américain est un mégalomane hors de contrôle.

Contrairement aux présidents américains du siècle passé qui se sont posés en tant que dirigeants du «monde libre» ou ont suggéré que les États-Unis avaient un intérêt dans le développement mondial, Trump a traité tous les pays étrangers comme des ennemis économiques et les a blâmés pour la crise du capitalisme américain. « Nous devons protéger nos frontières des ravages d’autres pays fabriquant nos produits, volant nos entreprises et détruisant nos emplois », a-t-il déclaré.

Trump a remporté les élections dans des États industriels économiquement ravagés comme la Pennsylvanie, l’Ohio, le Michigan et le Wisconsin en exploitant cyniquement les dévastations sociales dans les villes d’usine et les zones rurales, offrant une solution entièrement réactionnaire et fausse à la crise, basée sur le nationalisme économique.

C’était le thème principal de son discours inaugural, «Nous avons enrichi l’industrie étrangère aux dépens de l’industrie américaine … et dépensé des milliards et des milliards de dollars à l’étranger alors que l’infrastructure américaine est tombée de plus en plus en ruines. Nous avons enrichi d’autres pays, tandis que la richesse, la force et la confiance de notre pays s’est dissipée à l’horizon. « 

Trump a résumé sa perspective chauvine avec la phrase: «La richesse de notre classe moyenne a été arrachée de leurs foyers puis redistribuée partout dans le monde.»

https://i1.wp.com/eeena.rosselcdn.net/sites/default/files/dpistyles/ena_16_9_extra_big/node_10325/558400/public/afp/2017/1/21/17/ae46c410878db56751b9c24aebfe7710ad840403.jpg

Pas vrai! La richesse produite par les travailleurs a en effet été volée et «redistribuée», mais pas aux étrangers. Il a été saisi par les capitalistes américains – la petite élite des aristocrates financiers comme Trump lui-même et une grande partie de son cabinet, les milliardaires et multi-millionnaires.

Le «grand mensonge» d’Hitler était de blâmer les Juifs, et non les capitalistes, pour les conséquences dévastatrices de la crise du système de profit qui a produit la Grande Dépression des années 1930. Le «grand mensonge» de Trump offre un bouc émissaire différent pour détourner la colère populaire sur la crise économique qui a éclaté en 2008, mais il est tout aussi faux et réactionnaire.

Comme en Allemagne dans les années 1930, la perspective de restaurer la grandeur nationale grâce à l’autarcie économique et à l’expansion militaire mène inévitablement à la guerre. `

Le discours de Trump est une justification directe que (…) la croissance du militarisme américain au cours du dernier quart de siècle découle de l’effort de l’élite dirigeante américaine pour trouver une solution violente à la décadence économique à long terme des États-Unis.

Le discours de Trump était parsemé de langage tiré du vocabulaire du fascisme, avec l’aide sans doute de son principal assistant politique, Stephen K. Bannon, ancien chef de Breitbart News, un refuge pour les «nationalistes blancs», c’est-à-dire les suprématistes blancs, les antisémites et les néonazis.

Le nouveau président a déclaré: «Nous partageons un cœur, un foyer et un destin glorieux». Il a demandé «une allégeance totale aux États-Unis d’Amérique», a salué «les grands hommes et femmes de nos forces armées et de l’application de la loi», Pour «une nouvelle fierté nationale», et conclut que «nous saignons tous le même sang rouge des patriotes».

Son engagement fanatique allégué pour détruire «le terrorisme islamique radical, que nous allons éradiquer de la face de la Terre» pourra être légitimement considéré comme une menace, par les larges masses du Moyen-Orient et de tout le monde musulman, environ 1,6 milliard de personnes . Trump a déjà déclaré qu’ils devaient être interdits d’entrée aux États-Unis.

Il ne fait aucun doute que le discours de Trump sera considéré comme une déclaration de guerre, non seulement à Pékin, Moscou et Téhéran, mais aussi à Berlin, Paris, Londres et Tokyo. Quand il a dit que «c’est le droit de toutes les nations de mettre leurs propres intérêts en premier», il annonçait le début d’une lutte aux couteaux tirés entre les grandes puissances impérialistes pour les marchés, les sources de matières premières et la main-d’œuvre bon marché, et aussi les places stratégiques. La logique inexorable de cette lutte mène à la guerre mondiale.

Plusieurs centaines de milliers de manifestants étaient présents à Washington.

La politique d’expansion militaire et de nationalisme extrême de Trump a les implications les plus sinistres pour les droits démocratiques du peuple américain. Il parle pour une oligarchie financière impitoyable qui ne tolérera aucune opposition, étrangère ou domestique. Son appel à une Amérique forteresse, mobilisée contre tous les pays du monde, signifie sa tendance vers suppression de toute dissidence nationale.

Il est remarquable que le discours de Trump ait écarté la rhétorique démocratique qui est traditionnelle pour les inaugurations. Il n’y a pas eu d’hommage au processus électoral, pas d’appel aux dizaines de millions de personnes qui n’ont pas voté pour lui, pas de réconfort pour les opposants à ce que leurs droits soient respectés, pas de promesse d’être président de «tout le peuple». « Il n’y avait même pas une reconnaissance qu’il avait reçu seulement 44 pour cent des voix, en dessous de son adversaire démocrate Hillary Clinton par près de trois millions de voix.

Au contraire, Trump dénonçait «un petit groupe dans la capitale nationale», identifié comme «politicien» et «l’establishment», c’est-à-dire tout le monde assis autour de lui sur la face occidentale du bâtiment du Capitole (NDLR:les représentants des institutions US).

Il a déclaré qu’ils seraient privés de tout pouvoir parce que «nous transférons le pouvoir de Washington, DC, et pour vous le rendre, à vous, le peuple» – avec Trump lui-même, bien sûr, agissant comme la courroie de transmission pour «le peuple».

Il n’y a qu’une conclusion politiquement sérieuse qui puisse être tirée de cette inauguration: Trump cherche à développer un mouvement fasciste américain, offrant un faux ennemi pour être tenu responsable des crimes et des échecs du capitalisme, diabolisant n’importe qui s’étant opposé à ses politiques comme ‘déloyal’ et se présentant comme la personnification de la volonté populaire et le seul qui peut apporter une solution à la crise.

Trump a rassemblé un cabinet de milliardaires, idéologues de droite et anciens généraux. L’administration Trump ira beaucoup plus loin que ce que l’on imagine dans la poursuite d’un programme de guerre, d’atteintes aux droits démocratiques et de destruction des emplois et des conditions de vie des travailleurs.

Le Parti démocrate ne fera rien pour s’opposer à Trump. La direction du Parti démocratique, depuis Obama aux autres, restèrent assis à travers la diatribe militariste et anti-démocratique de Trump comme s’ils écoutaient une adresse politique « normale ». Obama a passé la période de transition en se répandant en propos complaisants sur l’administration entrante, alors que les démocrates du Congrès s’engagaient à travailler avec Trump et embrassaient son nationalisme économique toxique et réactionnaire.

Les travailleurs vont subir de grands chocs. Quelle que soit la confusion initiale, qu’ils aient voté pour Clinton, pour Trump ou qu’ils aient refusé de choisir entre eux, ils apprendront rapidement que ce gouvernement est leur ennemi. Le capitalisme américain s’est engagé sur la route du désastre et seul peut l’arrêter un mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière.

Traduction Viriato, d’après WSWS

Les femmes aussi brandissent le poing ce samedi à Washington pour dénoncer les propos machistes du président Trump.

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https://www.wsws.org/en/articles/2017/01/21/pers-j21.html

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De la « Loi Travail » au « revenu universel », ou comment un piège anti-social peut en cacher un autre…

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Un article repris de

FONT DES LAïCS

 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/14/de-la-loi-travail-au-revenu-universel-ou-comment-un-piege-anti-social-peut-en-cacher-un-autre/

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De la « Loi Travail »

au « revenu universel »,

ou comment

un piège anti-social

peut en cacher

un autre…


 


Au lendemain du premier débat de la « primaire de gauche » on comprend qu’un nouvel enjeu sous-tend les contradictions entre les candidats « de gauche » à la présidentielle 2017: pour ou contre le « revenu universel »…

Et c’est Benoît Hamon, un des rares « opposants » apparemment encore engagé contre la « loi travail » qui s’en fait le principal promoteur…
La justification en serait la disparition « inexorable » du travail, due à la « révolution numérique » et à la robotisation de nombreux secteurs d’activité…


Le système de protection sociale, en France, de la santé aux retraites, en passant par l’indemnisation du chômage, et sans oublier l’aide au logement, le soutien aux familles, toute cette protection est effectivement le produit du travail, via les diverses systèmes de cotisations.
Ces dernières décennies, et singulièrement, ces dernières années, il a subi de nombreuses atteintes et dégradations, notamment au nom de la « compétitivité », sensée relancer l’emploi…


En quoi le « revenu universel » serait-il la conquête d’un nouveau « droit social », selon ses promoteurs, et notamment Benoît Hamon, et comment peut-il être financé?
En fait d' »universalité », il sera donc « de droit », à tout un chacun, indépendamment de toute condition d’emploi et de ressource.
Pour le chômeur, il deviendra son unique ressource, et pour le travailleur, il sera un revenu garanti, indépendamment de son employeur.


Évidemment, pour le travailleur déjà « précaire », c’est une incitation à accepter n’importe quel « petit boulot » pour compléter et améliorer son sort…


Pour l’employeur, c’est une incitation à embaucher de manière précaire, en toute « bonne conscience », et même à remettre en cause le SMIG, qui n’aurait, au regard du patronat, plus de réelle raison d’être…


En « compensation » de cette « flexibilité » extrême, quel est l' »avantage » financier éventuel de cette précarisation du travail?
Le « projet » repose sur un « processus » progressif qui commencerait par une revalorisation du RSA à 600 euros et son extension systématique à tous les 18-25 ans, étape chiffrée à 45 milliards d’euros par Benoît Hamon. Déjà très lourd, mais encore crédible, sous réserve de vérification plus précise… Ensuite il se propose d’atteindre l’objectif de 750 euros par mois, généralisés à tous les habitants du pays, à l’horizon 2020…! Pourquoi pas, serait-on tenté de dire, à priori… Le coût? 300 milliards, selon lui…


Qu’en est-il, en réalité? 300 milliard, en termes de revenu mensuel, pour 66,6 millions d’habitants, c’est 375 euros par mois, et non 750…


Et même si l’on en exclu les « moins de 18 ans », et en vertu de quoi, vu que ce « revenu » remplacera toutes autres allocations familiales et aides au logement, ce n’est encore que 470 euros par mois, et non 750…


750 euros par mois et par habitant, c’est donc, en réalité, près de 600 milliards, et non 300…


A comparer avec le budget global actuel de l’État français…
Voici ce qu’il en est, de ce budget, tel que prévu pour 2017:

« Il prévoit un déficit de 69,3 milliards d’euros, soit 2,7 % du PIB. Les dépenses nettes de l’État seraient de 381,7 milliards d’euros, contre 374,3 en 2016, et les recettes nettes de 307 milliards d’euros, contre 301,7 en 2016. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Budget_de_l’%C3%89tat_fran%C3%A7ais_en_2017#cite_note-minefi-chiffres-cles-2017-1

 

On mesure tout de suite l’absurdité de ce projet, mais l’on doit s’interroger sur les raisons qui poussent un grand nombre de médias, comme BFM-TV, à lui accorder une crédibilité, et à en faire un enjeu de société… Cette démarche est relayée, en outre et à la base, par un grand nombre d »’intellectuels de gauche », sociologues et « économistes » de tous poils, et y compris par des institutions « libérales », comme l’OFCE, fondé par Raymond Barre…(*)

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Bien entendu, Benoît Hamon, qui s’affirme « de gauche », prétend qu’il ne touchera pas à certaines protections sociales actuelles, comme la santé et les retraites, déjà financées par le monde du travail, et non par l’État…


Mais déjà, on l’a vu, sa première étape reprend le RSA, et ensuite, assez logiquement, l’aide au logement, les allocations familiales, et les indemnités de chômage…
Autant de droits spécifiques, adaptés à des catégories de population ayant des difficultés et des besoins particuliers. Autant de droits sociaux qui seront « fusionnés » et « répartis », sur tous le habitants de France…


Mais qui, sur la base actuelle de financement, représentent un équivalent de « revenu » mensuel par habitant de …150 euros par mois!
Il lui resterait donc encore l’équivalent d’un revenu de 600 euros par mois et par habitant à trouver, d’ici 2020, s’il veut atteindre l’objectif des 750 euros…

Or on a vu que cet objectif vaut 600 milliards, à priori introuvables, sauf à doubler le budget de l’État, actuellement déjà « prévu » avec un déficit de près de 70 milliards…

C’est à dire, au minimum, doubler le poids de la pression fiscale…


Tous ces « intellos de gauche » et autres « experts » et « économistes » distingués seraient-ils idiots à ce point ?


En réalité, évidemment, l’argent existe… dans les caisses de la Sécu, de l’Assurance chômage, des retraites de base, des retraites complémentaires…


Au total, il y a précisément de quoi financer un tel « revenu universel », à hauteur de 750 euros par mois…

A condition de renoncer à tous autres  droits sociaux…

Avec cette somme il faudrait donc survivre en cas de chômage, y compris question logement, élever ses enfants, le cas échéant, se soigner en cas de maladie, et finalement, s’en contenter comme retraite, pour tous ceux qui n’auront pas eu les moyens, et ils seront nombreux, de se constituer une rente privée…


Bien évidemment, selon les promoteurs de cette « brillante idée », il s’agit d’un processus progressif, qui, on l’a vu, commence par une bonne  intention, d’aider les jeunes, et qui « promet » de ne pas toucher à certains droits sociaux fondamentaux, mais on a bien vu
également que ce processus ne peut avancer qu’en se substituant « progressivement » aux  autres droits sociaux, y compris en matière de financement, faute de toute autre ressource évidente, sauf une fiscalité totalement débridée et ubuesque, doublant quasiment en l’espace de quatre ans à peine…


Il ne parait donc pas douteux que ce chiffre de 750 euros par mois n’a pas été déterminé au hasard, mais qu’il correspond bien à une volonté de liquider les derniers droits sociaux en France, et livrer la « protection » à la marchandisation totale, c’est à dire limitée, en fait, à ceux qui en auront les moyens…

Les autres devant se « dém… » avec leur 750 euros, ce qui, de l’aveu du « MFRB » (**), l’une des officines qui fait la promotion de ce type de projet, dont celui de Benoît Hamon, reste nettement inférieur au seuil de pauvreté…


Une pauvreté désormais institutionnalisée, pour finir, dans notre pays.


Comme on le voit maintenant, à l’issue de ce « premier débat », et des projets politiques actuels, le critère choisi pour notre pétition,

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https://www.change.org/p/adress%C3%A9e-%C3%A0-tous-les-candidats-de-gauche-r%C3%A9cup%C3%A9rant-ce-slogan-en-2017-abolir-enfin-la-loi-el-khomri


à savoir l’unité autour de la revendication d’abrogation de la « Loi Travail », ce critère s’avère désormais insuffisant, et il faut nettement y rajouter le critère de refus du « revenu universel », ce qui disqualifie franchement un candidat comme Benoît Hamon, qui s’en est fait le principal promoteur et porte-parole dans notre pays.

Paradoxe? Non, en réalité, car la « Loi El Khomri », dans le cas de figure où ce projet de « revenu universel » avance, se trouve reléguée au rang d’accessoire, tant la précarité sera généralisée et incontournable, sous ce régime, prétendument « socialiste »… En fait, une forme particulièrement réactionnaire et même extrême, de capitalisme…


Pierre GRINDSABLE

 

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(*  http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/seminaires/sem20161013/2.pdf  )

(**  http://www.revenudebase.info/2016/12/23/revenu-universel-protection-sociale-hamon/      )

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